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CHAPITRE VI


Navigation depuis Ste. Catherine jusqu’au Port St. Julien, avec quelques remarques sur ce Port et sur le païs situé au Sud de la rivière de la Plata.


En partant de Ste. Catherine, nous quittames le dernier Port ami, où nous nous étions proposé de toucher, et il ne nous restoit plus pour relacher que des Côtes ennemies, ou du moins désertes et qui ne pouvoient nous offrir aucun secours. D’ailleurs en tirant vers le Sud, nous allions vers des Climats plus tempetueux qu’aucun que nous eussions рassé, et le danger d’être dispersés ou d’être exposés à de plus grands périls encore, exigeoit de grandes précautions : aussi Mr. Anson en reglant les divers rendez-vous de l’Escadre, n’oublia aucune des précautions nécessaires pour le succès de l’expédition, même dans le cas où son propre Vaisseau n’eût pas pu doubler le Cap Horn, on fût venu à se perdre. Les ordres donnés aux Capitaines, la veille de notre départ de Ste. Catherine, portoient, qu’en cas de séparation dont il leur étoit recommandé de se garder autant qu’il seroit possible, le premier rendez-vous serait la Baye ou le Port St. Julien qui leur étoit décrit suivant les marques qu’en a données le Chevalier Jean Narborough. Ils devoient charger autant de sel qu’ils pourroient, tant pour leur propre usage que pour celui du reste de l’Escadre, et après y avoir attendu dix jours, s’ils n’étoient pas joints par le Commandeur, ils dévoient continuer la route par le Détroit de le Maire, doubler le Cap Horn, et passer dans la Mer du Sud, ou le prémier rendez-vous étoit fixé à l’Ile de Nostra Senora del Socorro, à 45° de Latitude Méridionale, et à 71° 12’ de Longitude Occidentale du Cap Lizard. Ils devoient croiser dans cet endroit, en laissant cette Ile à l’E. N. E. à la distance de cinq à douze lieues, aussi longtems que le permettoient leurs provisions de bois et d’eau ménagées avec la plus grande économie. Quand ces provisions viendroient à manquer, ils devoient relacher dans cet endroit et y chercher quelque Ancrage, et s’ils n’en trouvoient point, et que le tems fût trop rude pour leur permettre de faire des bordées, ils dévoient gagner le plutôt qu’ils pourroient l’Ile de Juan Fernandez à 33° 37’ de Latitude Méridionale. Après avoir fait du