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LE QUATUOR

De cette aimable enfant le clavecin unique
Me touche plus qu’Isis et toute sa musique.
Je ne veux rien de plus, je ne veux rien de mieux
Pour contenter l’oreille, et l’esprit, et les yeux.

L’oreille toutefois, nous l’avons constaté, est préparée à de plus rudes accents. Après Lulli, viendra Rameau, et après Rameau, Gluck avec les trombones d’Alceste.

Luthiers d’autrefois. ↔ C’est l’Italie qui, presque à la naissance du violon et dans l’espace d’un siècle (1630-1730), a produit ces luthiers illustres de Brescia et de Crémone, les Maggini, les Amati, les Stradivarius, les Guarnerius, les Bergonzi, etc. Et c’est l’Allemagne qui, presque aussitôt, glorifie leur œuvre le jour où, vers 1740 ou 45, Bach écrit cette page magistrale, la Chacone.

Que ces grands luthiers d’Italie ne nous fassent pas oublier les nôtres, les Lupot (1758-1824), les Gand et Bernardel, les Vuillaume et leurs successeurs.

Depuis trois cents ans, les violons d’Amati, de Stradivarius, de Guarnerius, etc., se transmettent de main en main, de virtuose en virtuose, sans donner aucun signe de fatigue, toujours plus recherchés, plus admirés. Ils conservent leur vigueur, leur éclat, leur charme, parce qu’on les joue et qu’ils vivent des battements du cœur de celui qui les joue. Mettez-les au tombeau, c’est-à-dire dans la vitrine d’un musée, ils sont perdus. Le bois que ne secoue jamais plus l’onde sonore se dessèche et perd sa force de résistance à la tension des cordes.

Le musée de notre Conservatoire possède quelques-uns de ces beaux instruments qui, dans quelques années, ne seront plus que de tristes épaves, si on les y oublie.