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Quentin Durward/Chapitre 35

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Traduction par Albert Montémont.
Ménard (Œuvres de Walter Scott, volume 19p. 456-463).


CHAPITRE XXXV.

LE PRIX DE LA VALEUR.


La beauté doit être fière de se voir conquise par la meilleure lance.
Le comte Palatin.


Lorsque Quentin Durward arriva à Péronne, le conseil du duc de Bourgogne était assemblé, et le résultat de cette séance devait être beaucoup plus intéressant pour lui qu’il n’aurait pu le supposer : en effet, quoique composée de personnages dont le rang ne lui permettait guère d’imaginer qu’il pût jamais avoir avec eux la moindre communauté d’intérêts, cette réunion eut l’influence la plus extraordinaire sur sa destinée.

Le roi Louis, qui, après avoir pris grand plaisir à l’intermède de l’envoyé de Guillaume de la Marck, n’avait laissé échapper aucune occasion de cultiver le retour de confiance et d’amitié que cette circonstance lui avait valu dans l’esprit du duc, s’était occupé du soin de le consulter, ou, plus exactement peut-être, de recevoir son opinion sur le nombre et la qualité des troupes dont, comme auxiliaire du duc de Bourgogne, il devait se faire accompagner dans l’expédition faite en commun contre Liège. Il vit clairement que Charles, en n’admettant au milieu de ses troupes qu’un petit nombre de Français d’un rang distingué, avait l’intention de s’en faire des otages plutôt que des auxiliaires. Cependant, fidèle aux instructions que lui avait données Comines, il consentit à toutes les demandes du duc, aussi facilement et avec un air aussi empressé que s’il n’eût suivi d’autre impulsion que sa volonté particulière.

Il ne manqua pas, cependant, de s’indemniser de cette complaisance en se livrant à son humeur vindicative, et il en fit sentir les effets au cardinal de la Balue, dont les conseils l’avaient déterminé à accorder une confiance si excessive à son puissant rival. Tristan reçut la double mission de porter aux forces auxiliaires qui devaient marcher sur Liège l’ordre de se mettre en mouvement, puis de conduire le cardinal au château de Loches et de l’enfermer dans une de ces cages de fer dont on assure qu’il était lui-même l’inventeur.

« Il est juste qu’il fasse l’épreuve de ses propres inventions, dit le roi ; il appartient à la sainte Église, et il ne nous est pas permis de répandre son sang. Mais, Pâques-Dieu, si son évêché, pendant un laps d’années, est resserré dans d’étroites limites, il en sera dédommagé par des remparts inexpugnables… Prends soin que les troupes se mettent en marche sur-le-champ. »

Peut-être Louis espérait-il, par ce prompt acquiescement aux demandes du duc, éluder la condition la plus désagréable que ce prince avait attachée à leur réconciliation. Mais s’il conçut un tel espoir, il connaissait encore bien peu le caractère de son cousin, car jamais homme ne se montra plus opiniâtre dans ses résolutions que Charles de Bourgogne, et ne fut moins disposé à se relâcher de ce que le ressentiment d’une injure qu’il croyait avoir reçue, ou l’esprit de vengeance lui donnait le droit d’exiger.

Louis n’eut pas plus tôt expédié les messages nécessaires pour mettre en marche les troupes qui devaient agir comme auxiliaires de la Bourgogne, que son hôte le requit de donner publiquement son consentement au mariage du duc d’Orléans avec Isabelle de Croye. Le roi l’accorda en poussant un profond soupir ; mais, bientôt après, il représenta avec douceur qu’il était convenable de consulter préalablement l’intention du prince.

« C’est un point qui n’a pas été négligé, répondit le duc de de Bourgogne. Crèvecœur a eu une entrevue à ce sujet avec monseigneur d’Orléans, et, chose étrange ! il l’a trouvé tellement insensible à l’honneur d’épouser une princesse du sang royal, qu’il a regardé la proposition de recevoir la main de la comtesse de Croye comme l’offre la plus agréable qu’un père eût pu lui faire. — Il n’en est que plus ingrat et plus coupable, dit Louis ; mais, beau cousin, cette affaire ira suivant votre volonté si vous réussissez à obtenir le consentement des deux parties intéressées. — Soyez sans inquiétude à cet égard, » répondit le duc ; et, en conséquence, quelques minutes après cet entretien, le duc d’Orléans et la comtesse de Croye reçurent l’ordre de paraître devant les deux princes : Isabelle se présenta, comme la première fois, accompagnée de la comtesse de Crèvecœur et de l’abbesse des Ursulines. Le duc de Bourgogne déclara que la sagesse réunie de leurs souverains respectifs avait décidé leur union pour cimenter l’alliance perpétuelle qui existerait désormais entre la France et la Bourgogne. Pendant ce discours, auquel il ne fit aucune objection, Louis garda un sombre silence ; car une telle atteinte portée à son autorité lui faisait éprouver un profond chagrin.

Le duc d’Orléans eut beaucoup de peine à réprimer la joie que lui causait une telle proposition, mais la délicatesse ne lui permettait pas de se livrer à ses transports en présence du roi ; il fallut aussi tout le respect, toute la crainte même que lui inspirait habituellement ce monarque, pour que, dissimulant ses désirs, il se bornât à répondre que « son devoir lui prescrivait de laisser son choix à la disposition de son souverain. — Beau cousin d’Orléans, » dit Louis avec un ton de gravité qui décelait son mécontentement, « puisqu’il faut que je parle dans une occasion si peu agréable, je n’ai pas besoin de vous rappeler que, connaissant votre mérite, j’avais formé le projet de vous choisir une épouse dans ma propre famille ; mais, puisque mon cousin de Bourgogne pense qu’en disposant ainsi de votre main, il obtient le gage le plus assuré de l’union qui doit régner désormais entre ses États et les miens, j’ai trop à cœur le bonheur des deux pays pour hésiter à faire le sacrifice de mes désirs et de mes espérances. »

Le duc d’Orléans tomba aux genoux du roi et baisa, cette fois du moins avec un attachement sincère, la main que Louis lui présentait en détournant la tête. Dans le fait, il reconnut aisément, aussi bien que la plupart de ceux qui assistaient à cette scène, que ce consentement n’était donné qu’à regret ; car, en homme qui possédait à un rare degré le grand art de la dissimulation, Louis laissait à dessein paraître sa répugnance, afin qu’on reconnût en sa personne un roi qui renonçait à son projet favori, et qui sacrifiait ses sentiments paternels au bien de ses États et à l’intérêt de son pays. Le duc de Bourgogne lui-même se sentit ému, et le cœur du duc d’Orléans palpita d’une joie involontaire en se voyant affranchi ainsi de ses engagements. S’il eût su combien le roi le maudissait intérieurement, et quelle vengeance se promettait de tirer un jour de son manque de foi, il est probable que sa délicatesse lui aurait paru moins compromise qu’il ne se le reprochait.

Charles, se tournant ensuite vers la jeune comtesse, lui annonça d’un ton brusque que l’alliance projetée était une affaire qui n’admettait ni délai ni hésitation, ajoutant que c’était là une suite beaucoup trop heureuse de l’opiniâtreté qu’elle avait montrée dans une occasion récente encore.

« Monseigneur, » répondit Isabelle, appelant tout son courage à son aide, » je reconnais l’autorité suzeraine de Votre Altesse, et je m’y soumets. — C’est assez, c’est assez ! » répondit le duc en l’interrompant ; « nous vous dispensons d’un nouveau serment d’allégeance… Votre Majesté, » continua-t-il en s’adressant au roi, « Votre Majesté a eu ce matin le divertissement d’une chasse au sanglier ; voudrait-elle prendre cette après-midi celui de la chasse au loup ? »

La jeune comtesse vit la nécessité de prendre un parti décisif. « Votre Altesse n’a pas compris mon intention, » dit-elle avec timidité, mais assez haut et d’une voix assez ferme pour forcer le duc à lui accorder une attention qu’un pressentiment secret l’aurait volontiers porté à lui refuser. « La soumission dont je parle n’a rapport qu’aux terres et aux domaines que vos ancêtres ont octroyés aux miens, et que je remets à la maison de Bourgogne, si mon souverain pense que ma désobéissance sur ce seul point me rende indigne de les conserver. — Ah ! par saint Georges ! » dit le duc en frappant violemment du pied contre terre, « cette sotte sait-elle en présence de qui elle est, et à qui elle parle. — Monseigneur, » répondit-elle sans se déconcerter, « je suis devant mon suzerain, et j’espère que je puis compter sur sa justice. Si vous me privez de mes biens, vous m’enlevez tout ce que la générosité de vos ancêtres a donné à ma maison, et vous rompez les liens qui nous attachaient à la vôtre. Ce n’est pas de vous que je tiens ni ce corps pauvre et persécuté, ni l’esprit qui l’anime : j’ai dessein de consacrer au ciel l’un et l’autre dans le couvent des Ursulines, et d’y finir mes jours sous la direction de cette sainte mère abbesse. »

La rage et l’étonnement du duc peuvent difficilement se concevoir, à moins que l’on ne se représente la surprise d’un faucon qui verrait une colombe hérisser ses plumes comme pour le défier. « La sainte mère abbesse vous recevra-t-elle sans dot ? » répondit-il d’un air de dédain.

« Si, en me recevant sans dot, elle fait d’abord quelque tort à son couvent, je me flatte qu’il se trouve assez de charité chez les nobles amis de ma maison pour qu’ils ne laissent pas sans secours une orpheline, la fille des seigneurs de Croye, qui veut s’ensevelir dans un couvent. — Cela est faux ! s’écria le duc ; c’est un faux prétexte pour couvrir quelque secrète et indigne passion. Monseigneur d’Orléans, elle sera à vous, dussé-je la traîner à l’autel de mes propres mains ! »

La comtesse de Crèvecœur, femme d’un grand caractère, et qui comptait sur le mérite de son mari ainsi que sur la faveur dont il jouissait, ne put garder plus long-temps le silence. « Monseigneur, dit-elle, vous vous laissez emporter par la colère, et ce langage est indigne de vous… On ne peut disposer par force de la main d’une femme de naissance noble. — Et c’est oublier les devoirs d’un prince chrétien, ajouta l’abbesse, que de s’opposer aux désirs d’une âme pieuse, qui, brisée par les soucis et les persécutions du monde, veut devenir l’épouse du roi du ciel. — D’ailleurs, dit Dunois, mon cousin d’Orléans ne saurait accepter honorablement une proposition de mariage contre laquelle cette dame fait des objections si publiquement. — S’il m’était accordé quelque temps, » dit le duc d’Orléans sur le cœur duquel la beauté d’Isabelle avait fait une profonde impression, « pour tâcher de faire voir mes prétentions à la comtesse sous un jour plus favorable… — Monseigneur, » lui répondit Isabelle, dont la fermeté avait acquis le plus haut degré d’énergie par l’encouragement que lui donnaient les paroles des personnages dont elle était entourée, « ce délai serait tout à fait inutile… ma résolution est prise de refuser cette alliance, quoiqu’elle soit bien au-dessus de ce que je mérite. — Et moi, dit Charles, je n’ai pas le loisir d’attendre que tous ces caprices tournent avec le plus prochain changement de lune… Monseigneur d’Orléans, elle apprendra, avant une heure d’ici, que l’obéissance est pour elle une affaire de nécessité. — Non pas en ma faveur, » répondit le prince, qui sentit qu’il ne pouvait, sans manquer à l’honneur, se prévaloir de l’opiniâtreté du duc. « Avoir essuyé une fois un refus si public et si positif, c’en est assez pour un fils de France ; il ne lui est plus permis d’élever aucune prétention. »

Le duc lança un regard furieux, d’abord sur d’Orléans, puis sur Louis ; et lisant sur la figure de ce dernier, malgré tous les efforts qu’il faisait pour réprimer ses sentiments, le triomphe dont il jouissait en secret, sa fureur ne connut plus aucun frein.

« Écrivez, » dit-il au secrétaire du conseil ; « écrivez notre sentence de confiscation et d’emprisonnement contre cette rebelle et insolente vassale. Qu’on la conduise à la Zucht-Haus, à la maison de pénitence, où elle aura pour compagnes celles que leur vie passée a rendues ses rivales en effronterie. »

Un murmure général s’éleva dans l’assemblée.

« Monseigneur, » dit le comte de Crèvecœur prenant la parole au nom de tous, « cette affaire mérite de plus mûres réflexions. Nous, vos fidèles vassaux, nous ne pouvons souffrir qu’un tel déshonneur soit imprimé sur la noblesse et la chevalerie de Bourgogne. Si la comtesse s’est rendue coupable, qu’elle soit punie, mais que ce soit d’une manière convenable à son rang ainsi qu’au nôtre, puisque nous sommes unis à sa maison par le sang et les alliances. »

Le duc garda un moment le silence, et fixa les yeux sur celui qui osait lui donner un tel conseil, avec l’air d’indécision d’un taureau qui, forcé par le pâtre de s’écarter du chemin qu’il veut suivre, délibère en lui-même s’il obéira, ou s’il fondra sur son conducteur pour le lancer dans les airs.

La prudence l’emporta pourtant sur la fureur ; Charles vit que le conseil se rangeait uniquement à l’opinion de Crèvecœur ; il craignait que Louis ne fît tourner à son avantage le mécontentement de ses vassaux ; et probablement (car son caractère était brusque et violent plutôt que méchant) il sentit quelque honte de l’arrêt sévère autant qu’irréfléchi qu’il venait de prononcer.

« Vous avez raison, Crèvecœur, dit-il ; j’ai parlé trop à la hâte : son sort sera décidé d’après les lois de la chevalerie. Sa fuite dans les états de Liège a été le signal du meurtre de l’évêque : celui qui tirera de ce forfait la vengeance la plus éclatante, celui qui nous apportera la tête du Sanglier des Ardennes, réclamera de nous, comme récompense, le don de sa main ; et si cette belle comtesse s’y refuse, nous nous réservons le droit d’accorder tous ses domaines au vainqueur, laissant à la générosité de celui-ci le soin de lui fournir telles sommes d’argent qu’il jugera nécessaires pour qu’elle puisse se retirer dans un couvent. — Monseigneur, dit Isabelle, songez que je suis la fille du comte de Reinold, de ce vieux, de ce vaillant, de ce fidèle serviteur de votre père. Voudriez-vous me proposer en prix au soldat qui saura le mieux manier l’épée ? — Votre aïeule a été le prix d’un tournoi ; on combattra pour votre main dans une mêlée véritable. Seulement, par respect pour la mémoire du comte de Reinold, l’heureux vainqueur devra être un gentilhomme dont la naissance et les armoiries soient sans tache. Du reste, quel qu’il puisse être, fût-il même le plus pauvre de tous ceux qui ont jamais fait passer l’ardillon d’une boucle dans l’oreillette d’un baudrier, il aura le droit de réclamer votre main ; j’en jure par saint Georges, par ma couronne ducale, par l’ordre que je porte ! Eh bien ! messieurs, » ajouta-t-il en se tournant vers les nobles qui l’entouraient, « je me flatte que cela est conforme aux lois de la chevalerie. »

Les remontrances d’Isabelle ne purent se faire entendre, au milieu des acclamations excitées par une satisfaction et un assentiment universels ; et par-dessus toutes les autres voix on entendit celle du vieux lord Crawford, qui regrettait que le poids des années l’empêchât de se mettre sur les rangs pour remporter un si beau prix. Le duc fut satisfait de ces marques générales d’applaudissement ; et sa violence commença à se calmer, comme celle d’un fleuve débordé lorsque enfin ses eaux rentrent dans leur lit ordinaire.

« Et nous, à qui le sort a déjà accordé des dames, dit Crèvecœur, faudra-t-il que nous nous bornions à n’être que simples spectateurs de cette lutte glorieuse ? Mon honneur serait peu satisfait de ce rôle ; car j’ai fait un vœu et je dois l’accomplir aux dépens de cette brute aux défenses aiguës et aux soies hérissées, aux dépens de ce farouche de la Marck. — Eh bien ! Crèvecœur, lui répondit le duc, montre ton courage, remporte le prix ; et puisque tu ne peux le garder pour toi, cède-la à qui tu voudras… au comte Étienne, ton neveu, si bon te semble. — Grand’merci, monseigneur. Je ferai de mon mieux dans la mêlée ; et si je suis assez heureux pour l’emporter sur mes rivaux, Étienne essaiera si son éloquence peut l’emporter sur celle de l’abbesse. — J’espère, dit Dunois, que les chevaliers français ne seront pas exclus d’un concours qui excite un si vif intérêt ? — À Dieu ne plaise, brave Dunois ! répliqua le duc, ne fût-ce que pour le plaisir de vous voir acquérir une gloire nouvelle. Je ne m’oppose pas à ce que la comtesse épouse un Français. Cependant, ajouta-t-il, j’y mets pour condition expresse que le comte de Croye deviendra vassal du duc de Bourgogne. — C’est assez, s’écria Dunois ; la barre d’illégitimité de mes armoiries ne sera jamais surmontée de la couronne de comte de Croye. Je veux vivre et mourir Français. Mais, si je renonce aux domaines, je n’en frapperai pas moins vigoureusement pour la dame. »

Le Balafré n’osa élever la voix dans cette auguste assemblée, mais il marmotta entre ses dents :

« Maintenant, Saunders Souplesaw[1], il ne s’agit plus de belles paroles. Tu as toujours dit que la fortune de notre maison serait le résultat d’un mariage ; jamais tu ne trouveras une occasion plus favorable de tenir ta promesse. — Personne ne pense à moi, dit le Glorieux ; cependant je suis sûr de remporter le prix, en dépit de vous tous. — Tu as raison, mon sage ami, lui répondit Louis ; quand il s’agit d’une femme, le plus grand fou est toujours le plus favorisé. »

Tandis que les princes et les nobles français et bourguignons, plaisantaient ainsi sur le sort d’Isabelle, l’abbesse et la comtesse de Crèvecœur, qui s’étaient retirées avec elle de la chambre du conseil, faisaient de vains efforts pour la consoler. La première l’assurait que la sainte Vierge refuserait sa protection à quiconque oserait concevoir l’idée d’arracher au couvent de Sainte-Ursule une personne qui voulait se consacrer à Dieu ; la seconde lui donnait à voix basse des consolations plus mondaines, en lui disant qu’aucun chevalier digne de ce nom, après avoir réussi dans l’entreprise proposée, ne voudrait se prévaloir de l’arrêt prononcé par le duc pour obtenir sa main malgré elle ; ajoutant même qu’il pourrait arriver que l’heureux vainqueur fût tel qu’il pourrait trouver grâce à ses yeux et lui faire un plaisir de l’obéissance. L’amour, comme le désespoir, cherche à s’appuyer même sur un fétu de paille, et quelque faible, quelque vague que fût l’espérance que ce discours lui donnait, les pleurs de la comtesse Isabelle coulaient moins amères à mesure qu’elle l’écoutait.



  1. Souples mâchoires. Nous dirions en français le beau parleur, le hâbleur. a. m.