Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations/Livre 1/6

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Traduction par Germain Garnier, Adolphe Blanqui .
Guillaumin (tome Ipp. 65-73).


CHAPITRE VI.

des parties constituantes du prix des marchandises.


Dans ce premier état informe de la société, qui précède l’accumulation des capitaux et l’appropriation du sol, la seule circonstance qui puisse fournir quelque règle pour les échanges, c’est, à ce qu’il semble, la quantité de travail nécessaire pour acquérir les différents objets d’échange. Par exemple, chez un peuple de chasseurs, s’il en coûte habituellement deux fois plus de peine pour tuer un castor que pour tuer un daim, naturellement un castor s’échangera contre deux daims ou vaudra deux daims. Il est naturel que ce qui est ordinairement le produit de deux jours ou de deux heures de travail, vaille le double de ce qui est ordinairement le produit d’un jour ou d’une heure de travail.

Si une espèce de travail était plus rude que l’autre, on tiendrait naturellement compte de cette augmentation de fatigue, et le produit d’une heure de ce travail plus rude pourrait souvent s’échanger contre le produit de deux heures de l’autre espèce de travail. De même, si une espèce de travail exige un degré peu ordinaire d’habileté ou d’adresse, l’estime que les hommes ont pour ces talents ajoutera naturellement à leur produit une valeur supérieure à ce qui serait dû pour le temps employé au travail. Il est rare que de pareils talents s’acquièrent autrement que par une longue application, et la valeur supérieure qu’on attribue à leur produit n’est souvent qu’une compensation raisonnable du temps et de la peine qu’on a mis à les acquérir.

Dans l’état avancé de la société, on tient communément compte dans les salaires du travail, de ce qui est dû à la supériorité d’adresse ou de fatigue, et il est vraisemblable qu’on en a agi à peu près de même dans la première enfance des sociétés.

Dans cet état de choses, le produit du travail appartient tout entier au travailleur, et la quantité de travail communément employée à acquérir ou à produire un objet échangeable est la seule circonstance qui puisse régler la quantité de travail que cet objet devra communément acheter, commander ou obtenir en échange.

Aussitôt qu’il y aura des capitaux accumulés dans les mains de quelques particuliers, certains d’entre eux emploieront naturellement ces capitaux à mettre en œuvre des gens industrieux, auxquels ils fourniront des matériaux et des substances, afin de faire un profit sur la vente de leurs produits, ou sur ce que le travail de ces ouvriers ajoute de valeur aux matériaux. Quand l’ouvrage fini est échangé, ou contre de l’argent, ou contre du travail, ou contre d’autres marchandises, il faut bien qu’en outre de ce qui pourrait suffire à payer le prix des matériaux et les salaires des ouvriers, il y ait encore quelque chose de donné pour les profits de l’entrepreneur de l’ouvrage, qui hasarde ses capitaux dans cette affaire. Ainsi, la valeur que les ouvriers ajoutent à la matière se résout alors en deux parties, dont l’une paye leurs salaires, et l’autre les profits que fait l’entrepreneur sur la somme des fonds qui lui ont servi à avancer ces salaires et la matière à travailler. Il n’aurait pas d’intérêt à employer ces ouvriers, s’il n’attendait pas de la vente de leur ouvrage quelque chose de plus que le remplacement de son capital, et il n’aurait pas d’intérêt à employer un grand capital plutôt qu’un petit, si ses profits n’étaient pas en rapport avec l’étendue du capital employé.

Les profits, dira-t-on peut-être, ne sont autre chose qu’un nom différent donné aux salaires d’une espèce particulière de travail, le travail d’inspection et de direction. Ils sont cependant d’une nature absolument différente des salaires ; ils se règlent sur des principes entièrement différents, et ne sont nullement en rapport avec la quantité et la nature de ce prétendu travail d’inspection et de direction. Ils se règlent en entier sur la valeur du capital employé, et ils sont plus ou moins forts, à proportion de l’étendue de ce capital. Supposons, par exemple, que dans une certaine localité où les profits des fonds employés dans les manufactures sont communément de dix pour cent par an, il y ait deux manufactures différentes, chacune desquelles emploie vingt ouvriers à raison de 15 livres par an chacun, soit une dépense de 300 livres par an pour chaque atelier ; supposons encore que la matière première de peu de valeur, employée annuel­lement dans l’une, coûte seulement 700 livres, tandis que dans l’autre on emploie des matières plus précieuses qui coûtent 7,000 livres : le capital employé annuellement dans l’une sera, dans ce cas, de 1,000 livres seulement, tandis que celui employé dans l’autre s’élèvera à 7,300 livres. Or, au taux de dix pour cent, l’entrepreneur de l’une comptera sur un profit annuel d’environ 100 livres seulement, tandis que l’entre­pre­neur de l’autre s’attendra à un bénéfice d’environ 730 livres. Mais, malgré cette diffé­rence énorme dans leurs profits, il se peut que leur travail d’inspection et de direction soit tout à fait le même ou à peu près l’équivalent. Dans beaucoup de grandes fabriques, souvent presque tout le travail de ce genre est confié à un premier commis. Ses appointements expriment réellement la valeur de ce travail d’inspection et de direction. Quoique, en fixant ce salaire, on ait communément quelque égard, non-seule­ment à son travail et à son degré d’intelligence, mais encore au degré de confiance que son emploi exige, cependant ses appointements ne sont jamais en proportion réglée avec le capital dont il surveille la régie ; et le propriétaire de ce capital, bien qu’il se trouve par là débarrassé de presque tout le travail, n’en compte pas moins que ses profits seront en proportion réglée avec son capital. Ainsi, dans le prix des marchandises, les profits des fonds ou capitaux sont une part constituante dans la valeur, entièrement différente des salaires du travail, et réglée sur des principes tout à fait différents.

Dans cet état de choses, le produit du travail n’appartient pas toujours tout entier à l’ouvrier. Il faut, le plus souvent, que celui-ci le partage avec le propriétaire du capital qui le fait travailler. Ce n’est plus alors la quantité de travail communément dépensée pour acquérir ou pour produire une marchandise, qui est la seule circonstance sur laquelle on doive régler la quantité de travail que cette marchandise pourra communément acheter, commander ou obtenir en échange. Il est clair qu’il sera encore dû une quantité additionnelle pour le profit du capital qui a avancé les salaires de ce travail et qui en a fourni les matériaux.

Dès l’instant que le sol d’un pays est devenu propriété privée, les propriétaires, comme tous les autres hommes, aiment à recueillir où ils n’ont pas semé, et ils deman­dent un fermage[1], même pour le produit
naturel de la terre. Il s’établit un prix addi­tionnel sur le bois des forêts, sur l’herbe des champs et sur tous les fruits naturels de la terre, qui, lorsqu’elle était possédée en commun, ne coûtaient à l’ouvrier que la peine de les cueillir, et lui coûtent maintenant davantage. Il faut qu’il paye pour avoir la permission de les recueillir, et il faut qu’il cède au propriétaire du sol une portion de ce qu’il recueille ou de ce qu’il produit par son travail. Cette portion ou, ce qui revient au même, le prix de cette portion constitue le fermage (rent of land) et, dans le prix de la plupart des marchandises, elle forme une troisième partie constituante.

Il faut observer que la valeur réelle de toutes les différentes parties constituantes du prix se mesure par la quantité de travail que chacune d’elles peut acheter ou commander. Le travail mesure la valeur, non-seulement de cette partie du prix qui se résout en travail, mais encore de celle qui se résout en fermage, et de celle qui se résout en profit[2].

Dans toute société, le prix de chaque marchandise se résout définitivement en quelqu’une de ces trois parties ou en toutes trois, et dans les sociétés civilisées, ces parties entrent toutes trois, plus ou moins, dans le prix de la plupart des marchandises, comme parties constituantes de ce prix.

Dans le prix du blé, par exemple, une partie paye la rente du propriétaire, une autre paye les salaires ou l’entretien des ouvriers, ainsi que des bêtes de labour et de charroi employées à produire le blé, et la troisième paye le profit du fermier.

Ces trois parties semblent constituer immédiatement ou en définitive la totalité du prix du blé. On pourrait peut-être penser qu’il faut y ajouter une quatrième partie, nécessaire pour remplacer le capital du fermier ou pour compenser le dépérissement de ses chevaux de labour et autres instruments d’agriculture. Mais il faut considérer que le prix de tout instrument de labourage, tel qu’un cheval de charrue, est lui-même formé de ces mêmes trois parties : la rente de la terre sur laquelle il a été élevé, le travail de ceux qui l’ont nourri et soigné, et les profits d’un fermier qui a fait les avances, tant de cette rente, que des salaires de ce travail. Ainsi, quoique le prix du blé doive payer aussi bien le prix du cheval que son entretien, la totalité du prix de ce blé se résout toujours, soit immédiatement, soit en dernière analyse, dans ces mêmes trois parties, rente, travail et profit.

Dans le prix de la farine, il faut ajouter au prix du blé les profits du meunier et les salaires de ses ouvriers ; dans le prix du pain, les profits du boulanger et les salaires de ses garçons, et dans les prix de l’un et de l’autre, le travail de transporter le blé de la maison du fermier à celle du meunier, et de celle du meunier à celle du boulanger, ainsi que les profits de ceux qui avancent les salaires de ce travail.

Le prix du lin se résout dans les mêmes trois parties constituantes que celui du blé. Dans le prix de la toile, il faut comprendre le salaire de ceux qui sérancent le lin, de ceux qui le filent, du tisserand, du blanchisseur, etc., et à tout cela ajouter les profits de ceux qui mettent en œuvre ces différents ouvriers.

À mesure qu’une marchandise particulière vient à être plus manufacturée, cette partie du prix qui se résout en salaires et en profits devient plus grande à proportion de la partie qui se résout en rente[3]. À chaque transformation nouvelle d’un produit, non-seulement le nombre des profits augmente, mais chaque profit subséquent est plus grand que le précédent, parce que le capital d’où il procède est nécessairement toujours plus grand. Le capital qui met en œuvre les tisserands, par exemple, est nécessairement plus grand que celui qui fait travailler les fileurs, parce que non-seulement il remplace ce dernier capital avec ses profits, mais il paye encore en outre les salaires des tisserands ; et, comme nous l’avons vu, il faut toujours que les profits soient en certaine proportion avec le capital.

Néanmoins, dans les sociétés les plus avancées, il y a toujours quelques marchandises, mais en petit nombre, dont le prix se résout en deux parties seulement, les salaires du travail et le profit du capital ; et d’autres en beaucoup plus petit nombre encore, dont le prix consiste uniquement en salaires de travail. Dans le prix du poisson de mer, par exemple, une partie paye le travail des pêcheurs, et l’autre les profits du capital placé dans la pêcherie. Il est rare que la rente fasse partie de ce prix, quoique cela arrive quelquefois, comme je le ferai voir par la suite[4]. Il en est autrement, au moins dans la plus grande partie de l’Europe, quant aux pêches de rivière. Une pêcherie de saumon paye une rente, et cette rente, quoiqu’on ne puisse pas trop l’appeler rente de terre, fait une des parties du prix du saumon, tout aussi bien que les salaires et les profits. Dans quelques endroits de l’Écosse, il y a de pauvres gens qui font métier de chercher le long des bords de la mer ces petites pierres tachetées, connues vulgairement sous le nom de cailloux d’Écosse. Le prix que leur paye le lapidaire est en entier le salaire de leur travail ; il n’y entre ni rente ni profit.

Mais la totalité du prix de chaque marchandise doit toujours, en dernière analyse, se résoudre en quelqu’une de ces parties ou en toutes trois, attendu que, quelque partie de ce prix qui reste après le payement de la rente de la terre et le prix de tout le travail employé à la faire croître, à la manufacturer et à la conduire au marché, il faut de toute nécessité que cette partie soit le profit de quelqu’un.

De même que le prix ou la valeur échangeable de chaque marchandise prise séparément, se résout en l’une ou l’autre de ces parties constituantes ou en toutes les trois, de même le prix de toutes les marchandises qui composent la somme totale du produit annuel de chaque pays, prises collectivement et en masse, se résout nécessairement en ces mêmes trois parties, et doit se distribuer entre les différents habitants du pays, soit comme salaire de leur travail, soit comme profit de leurs capitaux, soit comme rente de leurs terres. La masse totale de ce que chaque société recueille ou produit annuellement par son travail, ou, ce qui revient au même, le prix entier de cette masse, est primitivement distribué de cette manière entre les différents membres de la société. Salaire, profit et rente sont les trois sources primitives de tout revenu, aussi bien que de toute valeur échangeable. Tout autre revenu dérive, en dernière analyse, de l’une ou de l’autre de ces trois sources.

Quiconque subsiste d’un revenu qui lui appartient en propre, doit tirer ce revenu, ou de son travail, ou d’un capital qui est à lui, ou d’une terre qu’il possède. Le revenu qui procède du travail se nomme salaire. Celui qu’une personne retire d’un capital qu’elle dirige ou qu’elle emploie, est appelé profit. Celui qu’en retire une personne qui n’emploie pas elle-même ce capital, mais qui le prête à une autre, se nomme intérêt. C’est une compensation que l’emprunteur paye au prêteur, pour le profit que l’usage de l’argent lui donne occasion de faire. Naturellement une partie de ce profit appar­tient à l’emprunteur, qui court les risques de l’emploi et qui en a la peine, et une partie au prêteur, qui facilite au premier les moyens de faire ce profit. L’intérêt de l’argent est toujours un revenu secondaire qui, s’il ne se prend pas sur le profit que procure l’usage de l’argent, doit être payé par quelque autre source de revenu, à moins que l’emprunteur ne soit un dissipateur qui contracte une seconde dette pour payer l’intérêt de la première[5]. Le revenu qui procède entièrement de la terre est appelé fermage (rent), et appartient au propriétaire. Le revenu du fermier provient en partie de son travail, et en partie de son capital. La terre n’est pour lui que l’instrument qui le met à portée de gagner les salaires de ce travail et de faire profiter ce capital. Tous les impôts et tous les revenus qui en proviennent, les appointements, pensions et annuités de toutes sortes, sont, en dernière analyse, dérivés de l’une ou de l’autre de ces trois sources primitives de revenu, et sont payés, soit immédiatement, soit médiatement, ou avec des salaires de travail, ou avec des profits de capitaux, ou avec des rentes de terre.

Quand ces trois différentes sortes de revenus appartiennent à différentes personnes, on les distingue facilement ; mais quand ils appartiennent à la même personne, on les confond quelquefois l’un avec l’autre, au moins dans le langage ordinaire.

Un propriétaire (gentleman) qui exploite une partie de son domaine, devra gagner après le payement des frais de culture, et la rente du propriétaire et le profit du fermier. Cependant tout ce qu’il gagne de cette manière, il est porté à le nommer profit, et il confond ainsi la rente dans le profit, au moins dans le langage ordinaire. C’est le cas de la plupart de nos planteurs de l’Amérique septentrionale et des Indes occidentales ; la plupart d’entre eux exploitent leurs propres terres, et en conséquence on nous parle souvent des profits d’une plantation, mais rarement de la rente qu’elle rapporte.

Il est rare que de petits fermiers emploient un inspecteur pour diriger les princi­pa­les opérations de leur ferme. Ils travaillent eux-mêmes en général une bonne partie du temps, et mettent la main à la charrue, à la herse, etc. Ce qui reste de la récolte, la rente payée, doit remplacer, non-seulement le capital qu’ils ont mis dans la culture avec ses profits ordinaires, mais encore leur payer les salaires qui leur sont dus, tant comme ouvriers que comme inspecteurs. Cependant ils appellent profit ce qui reste après la rente payée et le capital remplacé, quoique les salaires y entrent évidemment pour une partie. Le fermier, en épargnant la dépense de ces salaires, les gagne nécessairement pour lui-même. Aussi, dans ce cas, les salaires se confondent avec le profit.

Un ouvrier indépendant qui a un petit capital suffisant pour acheter des matières et pour subsister jusqu’à ce qu’il puisse porter son ouvrage au marché, gagnera à la fois, et les salaires du journalier qui travaille sous un maître, et le profit que ferait le maître sur l’ouvrage de celui-ci. Cependant la totalité de ce que gagne cet ouvrier se nomme profit, et les salaires sont encore ici confondus avec le profit[6].

Un jardinier qui cultive de ses propres mains son jardin, réunit à la fois dans sa personne les trois différents caractères, de propriétaire, de fermier et d’ouvrier. Ainsi le produit de son jardin doit lui payer la rente du premier, le profit du second et le salaire du troisième. Néanmoins le tout est regardé communément comme le fruit de son travail. Ici la rente et le profit se confondent avec le salaire.

Comme dans un pays civilisé il n’y a que très-peu de marchandises dont toute la valeur échangeable procède du travail seulement, et que, pour la très-grande partie d’entre elles, la rente et le profit y contribuent pour de fortes portions, il en résulte que le produit annuel du travail de ce pays suffira toujours pour acheter et commander une quantité de travail beaucoup plus grande que celle qu’il a fallu employer pour faire croître ce produit, le préparer et l’amener au marché. Si la société employait annuellement tout le travail qu’elle est en état d’acheter annuellement, comme la quantité de ce travail augmenterait considérablement chaque année, il s’ensuivrait que le produit de chacune des années suivantes serait d’une valeur incomparablement plus grande que celui de l’année précédente. Mais il n’y a aucun pays dont tout le produit annuel soit employé à entretenir des travailleurs[7]. Partout les oisifs en consomment une grande partie ; et selon les différentes proportions dans lesquelles ce produit se partage entre ces deux différentes classes, les travailleurs et les oisifs[8], sa valeur ordinaire ou moyenne doit nécessairement ou augmenter, ou décroître, ou demeurer la même, d’une année à l’autre.


  1. Le mot rente est pris, dans tout le cours de cet ouvrage, dans une acception un peu différente de celle qu’il a communément en français. Il désigne ici le fermage ou le revenu net appartenant au propriétaire foncier, en sa qualité de propriétaire.
  2. Ici je ne peux être de l’avis de Smith, ou plutôt je ne sais quel est l’avis de Smith. Quel travail mesure le profit de la terre et celui du capital qui ont concouru à la création d’un produit ? ce profit est tout à fait indépendant du travail de l’homme et montre que le service rendu par la terre et par le capital, est autre chose que celui rendu par le travail. Même un capital, qui est une accumulation de valeurs dues en partie au travail de l’homme, rend un service où le travail de l’homme n’a plus de part. Le capital représente en partie un travail humain, et partie de sa valeur en provient ; mais la valeur du service qu’il rend ne représente plus de travail humain. Il n’en entre pas dans le service que rend le capital. Note inédite de J.-B. Say.
  3. Ici la rente est évidemment ce que nous appelons l’intérêt.
  4. Chapitre x.
  5. Voyez le chapitre iv du livre II.
  6. Voyez encore au chapitre x du livre I.
  7. Ce chapitre, d’une si admirable simplicité, renferme des détails qui semblent aujourd’hui bien vulgaires, mais dont l’exposé constate une véritable découverte. En distinguant d’une manière si juste et si vraie les différentes sources de nos revenus, Adam Smith a rendu un service immense à la science et à l’humanité. Quoi de plus profond et de plus ingénieux à la fois que ces analyses d’où ressort avec tant de clarté la part que prennent aux produits et que doivent prendre aux profits les diverses classes de la société ! « Mais, dit l’auteur, il n’y a aucun pays dont tout le produit annuel soit employé à entretenir des travailleurs ; partout les oisifs en consomment une grande partie… » Voilà le mal nettement indiqué ; notre génération cherche déjà le remède. A. B.
  8. Voyez plus au long la définition de ces deux classes, selon la théorie de l’auteur, au livre II, chap. iii.