Wikisource:À la découverte de la Littérature Française/Parcours Littérature médiévale/La poésie médiévale

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Cette notice ne prétends pas être un article encyclopédique, son seul objet est de permettre une vue d’ensemble sur la poésie médiévale. Pour le vocabulaire concernant la versification française (strophe, vers, rime, etc.) nous vous invitons à consulter l’article dédié sur wikipédia.



LA POÉSIE MÉDIÉVALE


Nous pourrions dire que toute la littérature du Moyen âge est poésie tant les œuvres en proses sont rares : le roman est poésie, le théâtre est poésie, seules les œuvres historiques sont en prose. Ainsi, parler de poésie médiévale, c’est regrouper tout un ensemble fort complexe d’œuvres diverses.


LA POÉSIE ÉPIQUE

C’est ce qu’on appelle communément la Chanson de geste (du latin gesta : action) qui date, pour les plus anciennes, de la fin XIe au début XIIe siècle. Elle met en scène des exploits de guerre : l’exemple typique est la Chanson de Roland. Le but de cette poésie, déclamée par des jongleurs, est de permettre au public de s’identifier à un héros dans ses exploits, mythiques ou réels. La structure de ces poèmes est généralement en vers octosyllabiques, souvent décassylabiques, et parfois en alexandrins. Le poème, à cette époque, est rarement basé sur la rime ; on lui préfère les laisses assonancées.


LA POÉSIE LYRIQUE

Le nom lyrique vient de la lyre avec laquelle s’accompagnent les jongleurs et ménestrels, qui sont des poètes-musiciens, ce qui signifie que ces texte sont mis en musique. Nous pouvons encore écouter ces chansons aujourd’hui grâce à de nombreux artistes qui font revivre ce patrimoine et restituent la chaleur de la langue médiévale. La poésie lyrique exprime essentiellement le sentiment amoureux : elle est transmise par les trouvères en langue d’oïl (au Nord de la France) et par les troubadours en langue d’oc (au Sud) passant de château en château ou au service d’un seigneur.


Poésie de langue d’oc

La langue d’oc, approximativement au sud de la Loire nous a donné de nombreux poètes ; mais comme l’origine de notre langue française vient de la langue d’oïl, nous citons seulement ici pour mémoire quelques caractéristiques de cette poétique du midi.

Elle exprime la « fin amor », amour absolu et total du poète pour une dame, déjà mariée, à laquelle il voue un culte ; et d’un art de vivre, la courtoisie, fait de raffinement et de mondanité.

La poétique est très savante et très recherchée :

  • les Leys d’amors ((lois d’amour)
  • le trobar leu, composition simple ;
  • le trobar clus, composition hermétique
  • le trobar ric, composition riche

Les genres sont multiples :

  • Le canzo, chanson d’amour sur une même structure styllique terminé par un envoi au destinataire désigné par un surnom
  • La chanson de croisade
  • la chanson pieuse
  • Les débats et jeu-parti, discussion multiple sur des points d’amour. (poème dialogué engageant un débat tranché par un « juge » )

Mais revenons à l’ancêtre de notre français, la langue d’oïl :


Poésie de langue d’oïl

La poétique en langue d’oil est plus simple, elle comprend :

  • la chanson de toile (chanson d’histoire), qui narre de petits drames amoureux versifiés ; le nom de chanson de toile vient du fait qu’elle est chantée par les femmes qui travaillent à leur ouvrage de broderie, de couture, ou de tissage. V. Gaiete et Orriours ;
  • la chanson d’amour ;
  • la chanson de croisade ;
  • le rotrouenge, chant mélancolique comme le rotrouenge du captif de Richard Cœur de Lion ;
  • l’aube, chante la douleur des amants que le jour va séparer. V. Gaete de la tor ;
  • la pastourelle chante la rencontre amoureuse entre un seigneur et une jeune bergère ( « pastoure » ou « pastourelle » ), du temps ou l’on croyait encore que les rois pouvaient épouser des bergères.

Pour les poème à formes fixes nous vous renvoyons à la Nouvelle encyclopédie poétique[1], qui donne des définitions assez courtes suivies d’exemples. (Nous ne listons ici que les formes en vigueur au Moyen âge)


LA POÉSIE DRAMATIQUE

Voir la notice sur le théatre médiéval, dont voici les différents genres sans autres précisions :


Le théâtre semi liturgique
  • Miracle,
  • Mystère.


Le théâtre profane
  • soties,
  • monologue,
  • sermon joyeux,
  • moralité,
  • farce.


LA POÉSIE ALLÉGORIQUE

L’allégorie est une figure rhétorique qui consiste à exprimer une idée en utilisant une histoire ou une représentation qui doit servir de support comparatif. La signification étymologique est : « une autre manière de dire », au moyen d’une image figurative ou figurée. Ainsi dans le Roman de la Rose, dans la partie rédigé par Guillaume de Lorris : Amour, Danger, Largesse, etc., deviennent de véritables personnages.


LA POÉSIE DIDACTIQUE

On qualifie de didactique toute œuvre qui à pour but d’enseigner quelque chose au lecteur, enseignement moral, pratique, scientifique, etc. Le Roman de la Rose, dans sa partie continuée par Jean de Meung, est une somme des idées morales, sociales et philosophiques de l’auteur, qu’il veut partager.


LA POÉSIE NARRATIVE


Le roman antique

Écrit aux Moyen âge, il traite de personnages ou de faits ayant eu lieu pendant l’Antiquité. Le Roman d’Alexandre en est l’archétype : composé en dodécasyllabe, il a donné son nom au vers de douze pieds : l’alexandrin.


La littérature courtoise

Représentée par les roman de Chrétien de Troyes et les Tristan et Iseut, les lais de Marie de France. Elle se caractérise par le service et le code d’Amour.


La littérature satirique

Une satire est une œuvre dont l’objectif est une critique moqueuse de son sujet (des individus, des organisations, des États, etc.), souvent dans l’intention de provoquer, prévenir un changement ou de porter à réfléchir. Elle peut prendre différentes formes :

  • roman comme dans le Roman de Renart ;
  • fabliau (contes à rire) comme par exemple : Brunain, la vache au prêtre. Il existe aussi des fabliaux en prose ;
  • contes moraux ou édifiants visant à dégager un enseignement moral (ex : La houce partie). Comme pour les fabliaux certains sont en vers d’autres en prose.;



Sources :
* Lagarde et Michard, Moyen-âge, André Lagarde et Laurent Michard, Éd. Bordas.
* Précis de littérature par siècle et par genre, Pierre Kardas et Etienne Calais, Éd. Magnard.
* Wikipédia

  1. Nouvelle encyclopédie poétique, Tome XVIII, publié par M. Capelle P., Éd. Ferra, 1819