Histoire du Canada (Garneau)/Tome I/Sommaires

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Imprimerie N. Aubin (Ip. 549-557).
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TABLE DES MATIÈRES.


INTRODUCTION.

De l’Amérique ; a-t-elle été connue des anciens ? — L’Atlantide. — L’Amérique n’était pas connue des modernes. — Découvertes des Portugais et des Espagnols. — Christophe Colomb ; sa naissance, sa vie ; il s’établit à Lisbonne ; va en Espagne ; Ferdinand et Isabelle à qui il fait part de son projet d’aller aux Indes par l’Ouest, lui donnent trois bâtimens. — Il découvre l’Amérique. — Son retour ; réception magnifique qu’on lui fait à la cour. — Suite de ces découvertes. — Envoyé en Espagne dans les fer par Bovadilla. — Caractère de Colomb. — Continuation des découvertes des Espagnols et des Portugais. — Sébastien Cabot, Vénitien, découvre la Floride, Terreneuve et les côtes de Labrador pour Henri vii d’Angleterre. — Verazzani, au service de François i, côtoie l’Amérique, depuis la Floride jusqu’à Terreneuve. — Les pécheurs basques, bretons et normands faisaient la pêche de la morue sur les bancs de Terreneuve depuis longtemps.

Paix de Cambrai. — Projet d’établissement en Amérique. — Jacques Cartier est nommé pour commander la 1re expédition ; il explore le golfe St.-Laurent ; son retour en France. — Second voyage de Jacques Cartier ; il découvre le fleuve St.-Laurent. — Stadaconé (Québec). — Beautés naturelles du pays. — Hochelaga (Montréal). — Cartier hiverne dans la rivière St. Charles. — Le scorbut parmi les Français ; il en meurt 26. — Départ de Cartier pour la France. — La guerre fait suspendre les expéditions en Amérique. — Roberval est nommé gouverneur du Canada au rétablissement de la paix. — Troisième voyage de Jacques Cartier ; il remonte le St. Laurent jusqu’au lac St.-Louis et hiverne au Cap-Rouge. — Il part pour l’Europe et rencontre à Terreneuve Roberval qui allait au Canada, et qu’il refuse de suivre. — Roberval au Cap-Rouge ; il s’y fortifie et y passe l’hiver. — Maladie qui emporte 50 personnes. — Cartier vient le chercher pour le ramener en France sur l’ordre du Roi qui le fait mander, la guerre étant de nouveau déclarée avec l’empereur.

Roberval part pour l’Amérique après la guerre, et périt avec tous ceux qui l’accompagnent. — M. Villegagnon tente de fonder une colonie dans le Brésil ; la désunion des colons cause leur ruine. — Fondation de la Caroline dans la Floride. — Massacre des Français de cette colonie par les Espagnols, en pleine paix ; Catherine de Médicis, régente, néglige d’en demander satisfaction. — De Gourgues les venge. — Pendant longtemps on ne pense plus en France aux colonies. — Observations à cet égard. — Les troubles du royaume entravent la colonisation. — Progrès des pêcheries et du commerce des pelleteries. — Le marquis de la Roche veut fonder un établissement en Acadie ; il échoue. — 40 colons abandonnés dans l’île de Sable, périssent, excepté 12 que le roi envoie chercher au bout de cinq ans. — De la Roche, ruiné par son entreprise, meurt de chagrin. — Obstacles qu’éprouvait alors la colonisation.

LIVRE PREMIER.

ÉTABLISSEMENT PERMANENT DE LA NOUVELLE-FRANCE.


Observations sur la civilisation de l’Europe à cette époque. — Importance des colonies pour la France. — M. Chauvin, à la suggestion de Pontgravé, se fait nommer lieutenant-général du Canada et de l’Acadie, et obtient le privilège exclusif d’y faire le commerce des pelleteries. — Il meurt. — Le commandeur de Chaste lui succède ; il forme une société de commerce pour faciliter la colonisation. — Pontgravé et Champlain font un voyage en Canada. Le Commandeur étant mort, M. de Monts, calviniste, est nommé lieutenant-général de cette contrée où l’on permet aux protestans de s’établir. — Expédition de M. de Monts en Acadie, province découverte par les Français. — De Monts et Champlain découvrent la baie de Fundy, et les rivières St.-Jean, Penobscot et Kénébec. Les colons débarquent à l’île Ste-Croix. — Champlain explore les côtes jusqu’à 20 lieues au sud du cap Cod. — De Monts, ou plutôt le baron de Poutrincourt fonde Port-Royal : il retourne en France. — Port-Royal concédé au baron de Poutrincourt. — Lescarbot. — Progrès de Port-Royal — Retrait du privilège accordé à de Monts — Dissolution de la société des pelleteries — Abandon temporaire de Port-Royal. — Poutrincourt y retourne en 1610. — Il refuse d’y mener des Jésuites. — Assassinat de Henri IV. — La marquise de Guercheville achète les droits des associés de de Monts pour envoyer des Jésuites en Acadie. — Difficultés entre les colons et les Jésuites. — Mde. de Guercheville les envoie fonder St.-Sauveur sur la rivière Penobscot. — Les Anglais de la Virginie détruisent St.-Sauveur et Port-Royal, en pleine paix. — Le gouvernement français ne s’intéresse point au sort de ces deux colonies qui n’étaient que des entreprises particulières.

M. de Monts abandonne l’Acadie pour le Canada. — Fondation de Québec. — Conspiration contre Champlain punie. — Alliance avec les Algonquins et leurs alliés. — 1ère expédition contre les Iroquois. — 2de expédition contre les mêmes. — De Monts se retire des affaires du Canada. — Le comte de Soissons le remplace comme lieutenant-général. — Il meurt. — Le prince de Condé lui succède. — Champlain forme une société qui obtient le privilège exclusif de la traite des pelleteries. — Opposition que ce privilège fait naître. — Le prince de Condé vend sa lieutenance générale au duc de Montmorenci. — Traité de Champlain avec les Hurons. — Il explore la rivière des Outaouais, et découvre le lac Ontario et le lac Nipissing. — 3me expédition contre les Iroquois. — Paix entre les Algonquins et leurs alliés et les cinq cantons. — Le duc de Ventadour lieutenant-général de la Nouvelle-France. — Arrivée des Jésuites en Canada. — Champlain passe deux ans en France. — Richelieu dissout la compagnie du Canada, et forme celle dite des cent associés.

Les persécutions politiques et religieuses et la conquête étrangère déterminent les émigrations : exemple, les Irlandais et les Écossais. — Les Huguenots formellement exclus de la N.-France. — Grandes espérances que donne en France la compagnie des cent associés — Elle envoie un armement considérable à Québec, sous les ordres de Roquemont. — Acadie : le chevalier Alexander obtient de Jacques I la concession de cette province pour la peupler d’Écossais ; et une partie reçoit alors le nom de Nouvelle-Écosse. — Une colonie y est envoyée et s’en revient sans avoir débarqué. — Création d’une chevalerie à l’occasion de cette contrée. — Guerre entre la France et l’Angleterre. Kirtk s’avance contre Québec, puis abandonne son entreprise. — Il rencontre en se retirant dans le bas du fleuve l’escadre de Roquemont et s’en empare. — Québec réduit à la famine par cette perte, se rend l’année suivante à Louis et Thomas Kirtk, ses frères, qui secourent les habitans mourant de faim. — Le Cap-Breton pris par une partie de la flotte de Kirtk, est repris par le capitaine Daniel. — Le chevalier la Tour attaque le fort du cap de Sable défendu par son propre fils, et est repoussé. — Le chevalier Alexander lui cède la N.-Écosse, excepté Port-Royal. — La France et l’Angleterre occupent en même temps l’Acadie. — Traité de St.-Germain-en-Laye.

LIVRE II

Nom donné aux premières terres découvertes dans l’Amérique septentrionale. — Frontières des colonies mal définies ; sujet de beaucoup de contestations. — Description du Canada. — Tableau des populations indiennes de l’Amérique du Nord, et en particulier des tribus du Canada. — Leur nombre. — Description de leur personne, de leurs vêtemens, de leurs armes. — Leur manière de faire la guerre et la chasse. — Gouvernement des Sauvages. — Ils n’ont pas de religion. — Leurs devins. — Leur respect pour les morts ; leurs funérailles. — Leurs fêtes. — Ils sont fort passionnés pour le jeu et peu pour les femmes ; mais très attachés à leurs enfans. — Éloquence figurée des Sauvages. — Formation de leurs langues : ils ne connaissaient point les lettres : caractère synthétique des langues indiennes. — Facultés intellectuelles de ces peuples. — Leur origine. — Descendent-ils de nations qui ont été civilisées ?

LIVRE III

Louis Kirtk rend Québec à la France en 1632. — Champlain revient en Canada comme gouverneur, et travaille à s’attacher les Indigènes plus étroitement que jamais. — Collége des Jésuites construit à Québec. — Mort de Champlain, (1635). — M. de Montmagny le remplace. — Guerre entre la confédération iroquoise et les Hurons ; les succès sont partagés. — Le P. Le Jeune établit le village indien de Sillery. — Fondation de Montréal (1641), par M. de Maisonneuve. — Fondation de l’Hôtel-Dieu et du couvent des Ursulines. — Paix entre toutes les nations indiennes ; elle est rompue par les Agniers. — M. d’Aillebout relève M. de Montmagny comme gouverneur de la Nouvelle-France. — La guerre devient extrêmement vive entre les Iroquois et les Hurons : succès prodigieux des premiers ; les Hurons ne pouvant leur tenir tête sont dispersés, les uns vers le lac Supérieur, d’autres vers la baie d’Hudson, le reste vers le bas St.-Laurent (1649–50). — La Nouvelle-Angleterre fait proposer au Canada un traité de commerce et d’alliance perpétuelle. — M. de Lauson succède à M. d’Aillebout. — Les Iroquois après leurs victoires sur les Hurons, lâchent leurs bandes sur les établissemens français. — M. d’Argenson vient remplacer M. de Lauson. — Le dévouement de Daulac sauve le Canada. — Les Iroquois demandent et obtiennent la paix. — Le baron d’Avaugour arrive comme gouverneur à Québec ; remontrances énergiques qu’il fait à la cour sur l’abandon de la colonie ; on y envoie 400 hommes de troupes. — Dissentions entre le gouverneur et l’évêque, M. de Pétrée. — Célèbre tremblement de terre de 1663. — Rappel de M. d’Avaugour auquel succède M. de Mésy. — La compagnie des cent associés rend le Canada au roi et se dissout (1663).

La France redevenue maîtresse de toute l’Acadie par le traité de St.-Germain, la divise en trois parties qu’elle concède au commandeur de Rasilli, gouverneur, à Charles Étienne de la Tour et à M. Denis. — Ces concessionnaires prennent Pemaquid [Penobscot] sur les Anglais. — Ils se font la guerre entre eux ; la Tour demande des secours au Massachusetts qui consulte la Bible pour savoir s’il peut en donner ; réponse favorable. — Traité de paix et de commerce entre l’Acadie et la Nouvelle-Angleterre, et la Tour est abandonné. — Héroïsme de sa femme qui repousse deux fois les troupes de Charnisé, successeur de Rasilli. — Trahie par un étranger qui se trouve parmi ses suivans, elle tombe avec le fort qu’elle défend au pouvoir de l’ennemi qui fait pendre ses soldats, et l’oblige elle-même d’assister à l’exécution une corde au cou. — Elle meurt de chagrin. — La guerre civile continue en Acadie. — Cromwell y envoie une expédition qui s’empare de Port-Royal et de plusieurs autres postes [1654] ; et il concède à la Tour, qui se met sous la protection de l’Angleterre, au chevalier Temple et à Brown, cette province qui fut ensuite rendue à la France par le traité de Breda en 1667.

Le chevalier de Mésy arrive en Canada ; motifs de sa nomination comme gouverneur général. — Il fait une réponse menaçante aux ambassadeurs iroquois qui s’en retournent dans leur pays. — Efforts et plan de Colbert pour peupler la colonie. — Sa population en 1663 ; manière dont s’y forment les établissemens ; introduction du système féodal ; tenures en franc-aleu et à titre de fief et seigneurie, emportant les mêmes priviléges et les mêmes servitudes à peu près qu’en France ; le roi se réserve la suzeraineté ; mais accorde le droit de haute, moyenne et basse justice à la plupart des seigneurs, qui cependant ne s’en prévalent point. — Pouvoir absolu des gouverneurs. — Administration de la justice jusqu’en 1663. — Arrivée de M. Gaudais, commissaire royal. — Nouvelle organisation du gouvernement. — Érection du conseil souverain par lequel doivent être enrégistrés les édits, ordonnances &c, pour avoir force de loi. — Séparation des pouvoirs politique, administratif et judiciaire. — Introduction de la coutume de Paris. — Création de tribunaux inférieurs pour les affaires civiles et criminelles à Montréal et aux Trois-Rivières, sous le nom de juridictions royales. — Nomination d’un Intendant : ses fonctions embrassent l’administration civile, la police, la grande et la petite voierie, les finances et la marine. — Cour de l’intendant. — Juge-consul. — Justices seigneuriales. — Commissaires des petites causes. — Élection d’un maire et de deux échevins qui sont remplacés par un syndic dit des habitations. — Cours prévôtales établies en Canada. — Mesures de précaution prises par les rois de France pour empêcher les idées de liberté et d’indépendance de naître dans les colonies.

Missions établies en Canada ; elles sont desservies d’abord par les Franciscains (Récollets), et plus tard par les Jésuites, et relèvent de l’archevêché métropolitain de Rouen. — La Nouvelle-France est érigée en vicariat apostolique (1657), puis en évêché (1670). — M. de Laval premier évêque de Québec ; caractère de ce prélat. — Opposition et difficultés que suscite sa nomination. — M. de Queylus refuse de le reconnaître. — Établissement du séminaire de Québec, auquel toutes les dîmes du pays sont affectées à condition qu’il pourvoira à la subsistance des curés. — Ces dîmes, fixées au 13ème par l’évêque, sont réduites au 26ème par le conseil souverain. — Les Récollets s’offrent de desservir les paroisses gratis. — Les curés d’abord amovibles sont rendus inamovibles par l’édit de 1679, qui confirme en outre l’arrêt du conseil souverain touchant la quotité des dîmes. — Depuis la conquête les curés sont nommés sujets à révocation. — Opinions diverses sur les avantages et désavantages de ce système. — Fabriques paroissiales. — Contributions pour la bâtisse des églises. — Institutions de bienfaisance et d’éducation. — L’éducation populaire extrêmement négligée. — Caractère du clergé canadien sous le régime français. — Les débats au sujet des libertés de l’Église gallicane n’ont point d’écho en Canada. — Jansénisme. — Quiétisme. — Ils font quelques adeptes en Canada.

LIVRE IV.

Le conseil souverain : division au sujet du syndic des habitations. — M. de Mésy suspend les conseillers de l’opposition. — Moyen étrange qu’il veut employer pour les remplacer. Nouveaux membres nommés. — M. de Villeray passe en France pour porter les plaintes contre lui. — Il est révoqué ; sa mort. — M. de Courcelles lui succède. — Arrivée de M. de Tracy, vice-roi, de M. de Courcelles et de M. Talon 1er intendant, d’un grand nombre d’émigrans et du régiment de Carignan. — La liberté du commerce est accordée à la colonie, sauf certaines réserves. — Guerre contre les Iroquois. — Deux invasions de leurs cantons les forcent à demander la paix. — M. de Tracy repasse en France. — Le projet de franciser les Indiens échoue. — L’intendant suggère de restreindre l’autorité du clergé dans les affaires temporelles. — Travaux et activité prodigieuse de Talon ; impulsion qu’il donne à l’agriculture et au commerce. — Licenciement du régiment de Carignan à condition que les soldats s’établiront dans le pays. — Talon passe en France. — Le gouverneur empêche les Iroquois d’attirer la traite des pays occidentaux à la Nouvelle-York ; et apaise les Indiens prêts à se faire la guerre. — Mortalité effrayante parmi eux. — Talon, revenu en Canada, forme le vaste projet de soumettre à la France tout l’occident de l’Amérique. — Traité du Sault-Ste.-Marie avec les nations occidentales qui reconnaissent la suprématie française. — Fondation de Catarocoui (Kingston). — Le comte de Frontenac remplace M. de Courcelles : ses talens, son caractère. — Discours qu’il fait au conseil souverain. — Lois nombreuses décrétées touchant l’administration de la justice et d’autres objets d’utilité publique. — Suppression de la compagnie des Indes occidentales. — Division entre M. de Frontenac et M. Perrot gouverneur de Montréal ; celui-ci est emprisonné au château St.-Louis. — Le clergé appuie M. Perrot. Le conseil souverain est saisi de l’affaire qui est finalement renvoyée au roi. — M. Duchesneau relève M. Talon. — Querelles avec M. de Pétrée au sujet de la traite de l’eau-de-vie. — Dissensions entre le gouverneur et M. Duchesneau : ils sont rappelés tous deux. — Rivalité de l’Église et du gouvernement. — Arrivée de M. de la Barre qui vient remplacer M. de Frontenac.

Des découvertes des Français dans l’intérieur de l’Amérique septentrionale. — Voyageurs et missionnaires. — Les Jésuites : activité et courage des missionnaires de cet ordre. — Voyages au Nord : le P. Le Quen découvre le lac St.-Jean (Saguenay) 1647 ; et Després Couture pénètre par cette route à la baie d’Hudson (1663). — Voyages dans l’Est et dans l’Ouest : le P. Druillettes va du St.-Laurent à la mer par les rivières Chaudière et Kénébec. — Les lacs Érié, Huron et Michigan sont successivement visités. — Deux jeunes traitans se rendent en 1659 à la tête du lac Supérieur et jusqu’aux Sioux ; nombreuses tribus de ces contrées. — Excursions apostoliques des PP. Raimbault, Jogues et Mesnard ; les PP. Allouez et Dablon s’avancent jusqu’aux limites de la vallée du Mississipi, où ils sont informés par les Indigènes qu’elle est arrosée par un grand fleuve. — Le P. Marquette et Joliet, de Québec, choisis par Talon pour aller reconnaître la vérité de ce rapport, parviennent à ce fleuve le 17 juin 1673, et le descendent jusqu’il la rivière des Arkansas. — Sensation que fait en Canada cette découverte. — La Salle résout de descendre le nouveau fleuve jusqu’à la mer. — Il bâtit à Niagara le premier vaisseau (le Griffon) qui ait navigué sur les lacs Érié, Huron et Michigan ; il construit le fort des Miamis, et le fort de Crèvecœur sur la rivière des Illinois. — Le P. Hennepin remonte le Mississipi jusqu’au Sault-St.-Antoine, et tombe entre les mains des Sioux. — Difficultés et embarras de tous genres de la Salle, qui triomphe de tous les obstacles et réussit enfin à reconnaître le Mississipi jusqu’à la mer en 1682, et donne le nom de Louisiane aux immenses contrées que traverse ce fleuve. — Il va rendre compte de ses découvertes à Louis XIV, après s’être fait précéder à Paris par le P. Mambré ; gracieux accueil qu’il reçoit du roi.

Administration de M. de la Barre : caractère de ce gouverneur ; il se laisse prévenir contre les partisans de M. de Frontenac, et particulièrement contre la Salle. La guerre étant imminente, il convoque une assemblée des notables ; leurs cahiers ; l’on demande des colons au roi. — Louis XIV, qui force par la révocation de l’édit de Nantes 500, 000 Huguenots à s’expatrier, n’a que 200 hommes à envoyer au Canada. — Dongan, gouverneur de la Nouvelle-York, malgré les ordres de sa cour, excite les Iroquois à la guerre. — La Barre s’en laisse imposer par les barbares qui le trompent, et qui lèvent enfin le masque en attaquant le fort de Crèvecœur aux Illinois. — Maladresse de Dongan qui veut réunir tous les cantons contre les Français. — Le gouverneur part de Montréal avec une armée pour attaquer les Iroquois ; lenteur et désordre de sa marche ; il arrive à la baie de la Famine (lac Ontario) ; disette dans le camp ; paix honteuse avec l’ennemi. — M. de la Barre est rappelé et remplacé par le marquis de Denonville dont l’administration est encore plus malheureuse que celle de son prédécesseur. — Il veut exclure les traitans anglais et les chasseurs iroquois de la rive gauche du St.-Laurent et des lacs. — Dongan rassemble les chefs des cantons à Albany et les engage à reprendre les armes. — M. Denonville, instruit de ces menées par le P. Lamberville, se décide à les prévenir. — Sous prétexte d’une conférence, il attire plusieurs chefs de ces tribus en Canada, les saisit et les envoye chargés de fers en France. — Noble conduite des Onnontagués envers le P. Lamberville, instrument innocent de cette trahison. — On attaque les Tsonnonthouans avec 2700 hommes ; ils tendent une embuscade ; l’on réduit tous leurs villages en cendres. — On ne profite point de la victoire. — Fondation de Niagara. — Pourparlers inutiles pour la paix ; perfidies profondément ourdies de le Rat, chef huron, pour rompre les négociations : la guerre continue. — Le chevalier de Callières propose la conquête de la Nouvelle-York. — Calme trompeur dans la colonie : massacre de Lachine le 24 août (1689). Ineptie du gouverneur ; il est révoqué. — Guerre entre la France et l’Angleterre. — M. de Frontenac revient en Canada ; il tire le pays de l’abîme, et le rend par ses talens et par sa vigueur bientôt victorieux de tous ses ennemis.

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FIN DES SOMMAIRES.