L’Encyclopédie/1re édition/BOTTE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 345-346).
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BOTTE, s. s. (Manége.) chaussure de cuir-fort, dont on se sert pour monter à cheval : elle est composée de la genouillere, d’une tige aussi large en-haut près du genouil, qu’en-bas près du cou-de-pié, & d’un soulier armé d’un éperon qui tient à la tige. La botte-forte est celle dont la tige est dure & ne fait aucun pli ; elle sert ordinairement aux chasseurs, aux postillons, & à la cavalerie. Voyez Planche du Cordonnier-Bottier, fig. 47. La botte-molle, est celle qui fait plusieurs plis au-dessus du cou-de-pié ; les académistes & les dragons s’en servent. Les bottes à la houssarde [[]]& à l’Angloise sont molles & n’ont point de genouillere. On met quelquefois aux chevaux qui se coupent, un morceau de cuir qu’on attache avec des boucles, & qui entoure la jambe dans l’endroit où le cheval se coupe. On appelle ce cuir une botte. Voyez la suite de cet article. (V)

Botte à baleine, en terme de Bottier, c’est une espece de botte molle, soûtenue par plusieurs brins de baleine enfermés dans des fourreaux. Ce sont ces bottes que l’on garnit, sur-tout de garnitures rondes. Voyez Garnitures rondes.

Botte de chasse, en terme de Bottier. Voyez Botte de cour.

Botte à chaudron, en terme de Bottier. V. Botte de cour.

Bottes à contrefort, en terme de Bottier, sont des bottes qu’on garnit de pieces rapportées sur la tige, pour les rendre plus fermes. Voyez Contre-fort.

Botte de cour, en terme de Bottier, est une espece de botte dont la genouillere est évasée en forme d’entonnoir ou de chaudron, ce qui les fait aussi nommer bottes à chaudron. On les appelle cependant le plus ordinairement bottes de cour, parce que c’est de cette espece de botte dont toute la suite du Roi se sert dans les parties de chasse ; c’est proprement l’uniforme des cavaliers en fait de bottes. Voyez Genouillere. Voyez Planche du Cordonnier-bottier, fig. 47.

Bottes de courier, sont des bottes ainsi nommées parce qu’elles ne servent guere qu’aux couriers ; elles sont beaucoup plus fortes que les autres : les garnitures sont jointes l’une à l’autre par des jarretieres à boucles. Ces bottes se changent de jambe, ce qu’on ne peut faire avec toutes les autres.

Bottes, demi-chasse, (en terme de Bottier) sont les bottes dont le dedans de la genouillere est échancré ; ce qui la distingue de la botte de chasse, ou à chaudron, qui ne l’est point. Voyez Botte de chasse, ou à chaudron.

Bottes, demi-chasse à quatre coutures, (en terme de Bottier) sont des bottes ornées de quatre cordons en maniere de couture sur les quatre faces. Voyez Couture.

Bottes de gardes du Roi, (en terme de Bottier) sont des bottes dont les genouilleres sont grandes & quarrées, & les garnitures rondes ou en forme de fil.

Bottes de mousquetaire, (en terme de Bottier) sont des bottes auxquelles on a laissé un pli derriere le talon, qui fait que la botte se plie en marchant ; ce qui lui donne à peu près le même usage que la botte molle, dont on a parlé plus haut.

Bottes de poste de courier, (en terme de Bottier) sont des bottes qui ne different des bottes de courier ordinaire, que parce qu’elles ont double tige. Voyez Tige.

Botte, aller à la botte, (Manege) c’est une action d’un cheval colere, qui porte sa bouche à la botte ou à la jambe de celui qui le monte pour mordre.

Serrer la botte, (Manege) est une expression figurée, qui veut dire presser un cheval d’avancer en serrant les jambes. Ce terme est usité à la guerre.

BOTTE, (en Vénerie) c’est ainsi qu’on appelle le collier avec lequel on mene aux bois le limier.

* BOTTE, s. f. espece de forces dont on se sert dans les manufactures de lainage de la province de Champagne, & avec laquelle il est ordonné par les reglemens de donner la derniere tonte aux droguets.

BOTTE, tonneau ou vaisseau de bois propre à mettre du vin ou d’autres liqueurs. On dit une botte de vin d’Espagne, une botte d’huile.

La botte pour les huiles est à peu près semblable à un muid. Celles pour les vins sont plus larges par le milieu que par les extrémités, allant toûjours en diminuant depuis le bondon jusqu’au jable.

Le terme de botte est usité particulierement dans les provinces de France, qui approchent de l’Italie, où l’on appelle bottais un tonnelier. Il est aussi en usage chez les Espagnols, où la botte contient trente arobes de vingt-cinq livres chacune. Voyez Arobe.

En Angleterre la botte contient cent vingt-six gallens, c’est-à-dire 504 pintes de Paris. Voyez Gallon.

En Bretagne, on jauge les bottes par veltes ; chaque velte est estimée 4 pots, c’est-à-dire 8 pintes mesure de Paris.

Les bottes de Portugal jaugent 67 à 68 veltes, celles d’Espagne ne sont pas si grandes.

Les bottes d’huile d’Espagne & de Portugal pesent environ un millier. Il y a aussi des demi-bottes.

La botte de Venise est la moitié de l’amphora. Voyez Amphora. Celle de Lisbonne est moindre que celle d’Espagne, la premiere ne rendant à Amsterdam que 26 à 27 stekans, & l’autre 36 à 37.

BOTTE se dit aussi d’un fagot, ou paquet de plusieurs choses de la même espece liées ensemble. Une botte d’échalas, une botte de lattes, une botte d’allumetes, &c.

Botte de paille ou de foin, (Œconom. rustiq.) est une certaine quantité de paille ou de foin, qu’on entoure avec des liens de même nature, & qui pese plus ou moins selon les différentes pays : on en nourrit les chevaux qui sont à l’écurie.

Botte de mouchoirs, se dit d’un paquet de mouchoirs des Indes qu’on vend au Caire ; dix-huit fins, ou dix gros, font une botte.

Botte, soie en botte, paquet de soie platte ou autre pliée de la longueur d’un pié sur deux pouces d’épaisseur en tout sens, & dont la livre est de 15 onces.

Botte est aussi le nom qu’on donne aux gros paquets de chanvre du poids de 150. (G)

Botte de corde de boyau, (terme de Boyaudier) c’est ainsi qu’on nomme un petit paquet de cordes de boyau plié en sept ou huit plis. Voyez Corde à boyau.

Botte de parchemin, c’est une certaine quantité de peaux ou de feuilles de parchemin liées ensemble en paquet.

La botte de parchemin en cosse, aussi bien que celle de parchemin raturé, soit qu’il soit équarrié ou non, est composée de trente-six peaux.

Le parchemin raturé mis en cahier se vend aussi à la botte, qui est composée de soixante & douze feuilles, ou de dix-huit cahiers de quatre feuilles chacun. Voyez Parchemin.

Botte de bordure, (en terme de Boisselerie) c’est une douzaine de feuilles de hêtre de six pouces de largeur, liées ensemble & préparées pour faire des bordures.

Botte de seaux, (en terme de Boisselerie) c’est un paquet de six corps de seaux, tels qu’ils sortent de la premiere main & de la forêt.

BOTTE ou estocade, (en terme de Maître en fait d’armes.) Voyez Estocade.

BOTTE, s. f. (terme de Sellier) c’est une espece de marche-pié, fait de maroquin en dessus, rembouré par dessous le maroquin, & suspendu par des courroies de cuir aux côtés ou brancards d’une berline, d’un carrosse, & de toute autre voiture, vis-à-vis des portieres ; on appuie le pié sur la botte pour entrer dans la voiture. Voyez les Planches du Sellier.