L’Encyclopédie/1re édition/CHAUDIERE

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

* CHAUDIERE, s. f. (Art méch.) c’est en général un grand vaisseau de cuivre ou d’airain à l’usage d’un grand nombre d’artistes, entre lesquels on peut compter les suivans, qui sont les principaux, mais non les seuls. On a appliqué le nom de chaudiere en plusieurs occasions où l’on a été suggéré par la ressemblance des formes : ainsi on dit la chaudiere d’un volcan.

Chaudiere, en terme d’Argenteur, est un vase de fonte peu profond, sur lequel on place les mandrins de porte-mouchettes, parce qu’il faut toûjours les entretenir très-chauds ; ce qui se fait par le moyen du feu dont la chaudiere est pleine. Voyez Pl. de l’Argent. fig. 15. La fig. 3. représente un ouvrier qui travaille sur un porte-mouchette posé sur la chaudiere, qui est posée sur un tonneau pour qu’elle soit plus élevée. Voyez Argenteur.

Chaudiere, c’est un vaisseau de cuivre dont on se sert dans les navires pour faire cuire les viandes & les autres vivres de l’équipage. On dit faire chaudiere, pour dire faire à manger à l’équipage. (Z)

Chaudiere d’etuve, (Marine.) c’est une grande chaudiere de cuivre maçonnée, dans laquelle on fait chauffer le goudron pour goudronner les cables. Voyez la Pl. X. Marine, fig. 2. la situation de la chaudiere A sur les fourneaux dans l’étuve. (Z)

Chaudiere, (Brasseur.) grand vase d’airain dont les Brasseurs se servent pour faire chauffer l’eau & cuire la bierre. Voyez Brasserie.

Chaudiere, terme de Chapelier : ces ouvriers ont deux chaudieres principales ; l’une très-grande, pour la teinture ; l’autre plus petite, pour la foule. Ces deux chaudieres ont chacune leur fourneau. Voyez Chapeau. Voyez Pl. du Chapelier.

Chaudiere, ustensile de cuisine à une anse de fer, faite de cuivre jaune battu, à-peu-près de la même profondeur par-tout. Il y a des chaudieres de cuisine de toute grandeur.

Chaudiere, en terme d’Epinglier ; c’est un grand vase de cuivre rouge très-profond, & qui n’a pas plus de circonférence qu’il en faut pour contenir les plaques. Voyez Plaques, & les fig. 12. & 13. Pl. II. de l’Epinglier ; 12. est le couvercle, & 13. la chaudiere.

Chaudiere, terme de Papeterie ; c’est une espece de cuve d’airain B (Planches de Papeterie) ordinairement surmontée de bois, dans laquelle on met la pâte délayée avec de l’eau destinée à la fabrique du papier. Cette chaudiere est ordinairement garnie tout-autour d’un massif de maçonnerie : au-dessous de la chaudiere est pratiqué un fourneau C, où on entretient toûjours un feu leger, pour communiquer une chaleur modérée à la matiere, & l’empêcher de se mettre en grumeaux. La chaudiere qui est de forme elliptique ou ovale, n’occupant point tout le massif de maçonnerie qui est quarré, les angles de ce massif sont recouverts par une table de bois quarrée, dans un côté de laquelle est une entaille assez grande pour que l’ouvrier A puisse s’y placer.

Chaudiere, s. f. ustensile de pêche avec lequel on prend les salicots ou barbaux, sorte de poissons. C’est une espece de filet qu’on voit Pl. A de Pêche, fig. 4.

Les pêcheurs qui veulent faire cette pêche ont cinq ou six cercles de fer rond, de la grosseur du doigt, & de douze à quinze pouces de diametre, sur lesquels sont amarrés de petits sacs de rets dont les mailles ont environ quatre lignes en quarré ; ainsi elles sont semblables au bouteux ou bout de quievre. Les pêcheurs placent quelques crabes au fond du sac pour servir d’appas aux salicots : sur le cercle de la chaudiere sont trois bouts de lignes qui se réunissent à un demi-pié de distance du cercle de fer ; ces trois bouts de lignes sont frappés sur une autre ligne plus longue, garnie par le haut d’une flote de liége, pour que le pêcheur puisse reconnoître où sont les chaudieres : le bas de cette grande ligne est aussi garni d’une flote de liége, dont l’usage est de soûtenir dans l’eau les trois premieres lignes dont nous avons parlé. Le pêcheur jette ces sortes d’instrumens garnis d’appas entre les roches, & les releve de tems en tems au moyen d’une petite fourche qu’il passe sous la flote qui est à la surface de l’eau : il retire de cette maniere les salicots qui se trouvent dans la chaudiere. Il continue cette pêche tant que la basse eau le lui permet. Cette pêche se fait depuis le printems jusqu’en automne. Voyez la fig. 3. Pl. IV. de Pêche : l’homme qui est à côté de celui qui releve les chaudieres, fait avec un crochet la recherche du poisson plat entre les roches.

Chaudiere, en terme de Fondeur de petit plomb, est un grand vaisseau de fonte monté sur un fourneau de maçonnerie, dans lequel on fait fondre le plomb.

Chaudiere, en terme de Raffineur de sucre, c’est un grand vase de cuivre rouge, creux, élargi vers ses bords, composé de pieces rapportées, dont la grandeur n’est déterminée que par l’usage. Il y en a de trois ou quatre sortes, à qui, outre le nom général de chaudiere, on ajoûte pour les distinguer celui des matieres à la perfection desquelles elles servent. Voy. Chaudiere à cuire, Chaudiere à clarifier, Chaudiere à clairée, Chaudiere à ecumer.

Chaudiere à clairée, est parmi les Raffineurs, un grand vase très-profond, moins élargi par en-haut à proportion de son fond, que les chaudieres à clarifier & à cuire. Voyez ces mots à leurs articles. Elle est descendue dans terre jusqu’à plus de la moitié de sa hauteur : elle n’a point de bord postiche, & ne sert qu’à contenir la clairée en attendant qu’on la cuise. Voyez Clairée & Cuire.

Chaudiere à clarifier, en terme de Raffineur, ainsi nommée parce qu’elle n’est d’usage que dans la clarification des matieres. V. Clarifier. Quant à sa forme & à sa position, elles sont les mêmes que celles de la chaudiere à cuire. Voyez Chaudiere à cuire.

Chaudiere à cuire, en terme de Raffineur, est montée sur un fourneau de brique à qui son fond sert de voûte. Le bord antérieur de cette chaudiere est postiche ; mais on le rejoint si solidement au corps de la chaudiere par les tenons de fer dont il est garni, & à force de linge, qu’il ne laisse aucune issue. On appelle cette chaudiere à cuire, parce qu’elle ne sert qu’à cela, plûtôt par la commodité qu’elle donne aux ouvriers qui n’ont pas si loin à transporter la cuite dans l’empli qui est tout près d’elle, que par aucune propriété déterminée ; pouvant servir à clarifier, pendant que celle qui sert à clarifier serviroit à cuire, sans autre inconvénient que la difficulté du transport, comme nous venons de le dire. Voyez Chaudiere à clarifier.