L’Encyclopédie/1re édition/PLAQUE

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PLAQUE, s. f. (Conchyliol.) on appelle en Conchyliologie, plaque ou couche, la membrane charnue que quelques coquillages font sortir de leur écaille pour pouvoir marcher. (D. J.)

Plaque, (Archit.) Voyez Contrecœur.

Plaque de couche, terme d’Arquebusier, c’est une plaque de fer, de cuivre, ou d’argent, que les Arquebusiers mettent pour garnir le bout de la crosse de fusil ; cette plaque est aussi longue & aussi large d’un côté que la face du bois qui s’appuie sur l’épaule, & le côté qui revient en-dessus de la crosse finit en pointe & est façonné ; ces deux côtés sont assujettis sur le bois avec deux vis, que l’on appelle vis de plaque.

Plaque de barre a aiguille, (Bas au métier.) Voyez Métier à bas.

Plaque, en terme de Blanchisserie de cire, est un morceau de fer-blanc de la forme d’une portion d’entonnoir, qu’on attache au robinet de la cuve, pour ramasser la cire qui en tombe au même point. Voyez nos Planches de la Blanchisserie des cires, & l’article Blanchir.

Plaque, est encore, parmi les Ciriers, une espece de poële percée & peu profonde, qu’on met sur le réchaut de feu pour modérer la chaleur, qui feroit jaunir la cire, si elle étoit trop vive. Quand elle l’est à un certain point, on met la plaque le fond dessous, pour l’étouffer & le ralentir ; quand elle est montée à un degré moindre, on met la plaque le fond en-dessus, afin d’empêcher simplement de pousser davantage. Voyez nos Planches du Cirier.

Plaque, en terme d’Epinglier, se dit d’une lame d’étain coupée en rond, un peu repliée sur les bords, & sur laquelle on étend les épingles pour les étamer ou blanchir. Voyez Blanchir. Il faut que les plaques soient de l’étain le plus fin ; elles peuvent servir jusqu’à ce qu’elles soient tombées en lambeaux. Voyez les Planches de l’Epinglier.

Plaques, (Comm. des Indes.) nom que l’on donne à certains morceaux d’or ou d’argent de divers poids & titres, qui ont retenu la figure des vaisseaux dans lesquels ils ont été fondus ; on tire des Indes & d’Espagne de l’or & de l’argent en plaque.

Plaque, terme d’Eaux & Forêts, c’est la marque du marteau, qu’on met sur des arbres pour tirer des aligemens de l’un à l’autre. (D. J.)

Plaque, (Ferranderie.) morceau de fer ou de fonte figuré, épais d’environ un bon pouce, haut d’un pié & demi, quelquefois plus, & large d’autant ou environ, que l’on attache avec des morceaux de fer, que l’on appelle pattes, au contrecœur de la cheminée, afin que le feu ne le gâte pas. (D. J.)

Plaque. Les Fourbisseurs appellent ainsi la partie de la garde de l’épée qui couvre la main ; elle est ordinairement ouvragée & treillisée. Voyez Epée & Garde, & la Pl. du Cizeleur-Damasquin. & la Pl. du Doreur sur métaux.

Plaque, parmi les Horlogers signifie en général une piece de métal large & mince ; la plaque d’une pendule est celle sur laquelle on fixe le cadran d’un côté, & qui de l’autre s’attache au mouvement au moyen de quatre faux piliers, on l’appelle aussi fausse plaque.

Plaque du poussoir dans une montre à répétition se dit d’une piece d’acier, qui par le moyen de trois vis s’ajuste dans l’intérieur de la boëte contre le poussoir, voyez la fig. 59. Pl. XI. de l’Horlogerie. Cette plaque par sa partie en deux, partage le trou du canon de la boëte dans lequel entre le poussoir, par ce moyen elle l’empêche de tourner dans ce canon, & même d’en sortir. Voyez Poussoir.

Plaque, (Jardinage.) est la partie de la fleur qui soutient son calice.

Plaque, (Lutherie.) dans les orgues on appelle plaque, des morceaux de plomb de forme ronde que l’on soude sur certains tuyaux pour les boucher, & leur faire rendre ainsi un son plus grave d’une octave, que celui qu’ils rendroient s’ils étoient ouverts, voyez la fig. 32. B. Pl. d’Orgue, qui représente un tuyau des tailles du bourdon bouché à rase ; 3 est la plaque à souder sur le tuyau, 4 une autre plaque percée pour le tuyau à cheminée C : on commence par souder la cheminée 2 à la plaque, & l’on soude ensuite celle-ci au tuyau. Voyez l’article Orgue.

Plaques de plomb, (Marine.) pour divers usages, il y en a pour couvrir la lumiere des canons, & pour en boucher l’ame, pour étancher les voies d’eau qui se font dans un combat.

Plaque, piece d’argenterie ouvragée, au bas de laquelle il y a un chandelier ; on en fait aussi de glaces de miroir, de cuivre, & de fer-blanc. (D. J.)

Plaque, (Papeterie.) piece de fer dentelée, qui s’ajuste dans la cuve du moulin à papier à cylindre ; voyez-en la description & l’usage à l’article Moulin à papier à cylindres, & la fig. Pl. de Papeterie.

Plaque, terme de Perruquiers, qui se dit des perruques en bonnets, c’est la partie de la perruque qui couvre précisément l’occiput.

Plaque, en terme de Cornetier, est une piece de fer, plate & presque quarrée, qui aide à applatir les gabins dans la presse à vis, comme la presse à coins. Voyez Presse a vis & Presse a coins. Voyez Pl. du Cornetier.

Plaque, (Monnoie.) ancienne monnoie d’argent de Flandres, & qui avoit cours dans les Pays-Bas, d’où son usage passa en France. M. le Blanc dit, en parlant de Charles VII, que pour monnoie d’argent, on fit pendant son regne des gros d’argent fin, & des plaques à l’imitation de celles que le duc de Bourgogne faisoit faire dans les Pays-Bas : celles du roi se fabriquoient à Tournai ; elles étoient d’argent fin, & pesoient soixante-huit ou soixante-neuf grains ; il y en avoit aussi quelques-unes de billon, c’est-à-dire au-dessous de cinq deniers de loi. Il est parlé des plaques dans un édit d’Henri VI, roi d’Angleterre, en date du 26 Novembre 1426 ; ce mot s’écrivoit en anglois plake, & selon Skinner, venoit de plaque, qui signifioit une petite lame de métal. (D. J.)

Plaque-sein, s. m. terme de Vitrier, espece de petite écuelle de plomb un peu en ovale, dans laquelle les Vitriers détrempent le blanc dont ils signent ou marquent les endroits des pieces de verre, qu’ils veulent couper au diamant. Savary. (D. J.)

Plaques antiques, (Antiq. Rom.) il nous est resté de l’antiquité plusieurs plaques de différens métaux, & même d’or, lesquelles étoient ornées de figures en relief, ou de desseins en creux ; elles servoient à différens usages dont la plûpart nous sont inconnus, & nous ne faisons que soupçonner une partie des autres. Quoi qu’il en soit, le travail de ces monumens mérite l’attention des curieux. Vous en trouverez plusieurs gravures dans le recueil des Antiq. égypt. étrusq. grecq. & rom. de M. de Caylus, tom. II.