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Le Bouddhisme Japonais/Introduction

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Paris, Maisonneuve et Ch. Leclerc (p. i-xliii).

INTRODUCTION


Ce petit ouvrage n’a pour but que de présenter les points essentiels des doctrines et les faits principaux de l’histoire de douze sectes bouddhiques du Japon.

C’est une compilation faite d’après plusieurs ouvrages japonais et chinois, mais traduite, pour la plus grande partie, d’un livre publié récemment dans notre pays, et intitulé : Histoire sommaire des douze sectes bouddhiques du Japon[1]. On a réuni sous ce titre de courts traités composés par des prêtres contemporains choisis parmi les plus autorisés dans les diverses sectes de notre Bouddhisme.

Je regrette vivement de n’avoir pu donner aux lecteurs plus de détails sur chaque secte ; je n’ai pas sous la main assez d’ouvrages bouddhiques chinois ou japonais pour le faire. Ma connaissance encore insuffisante du français m’a rendu particulièrement sensible une difficulté qui ne laisserait pas d’embarrasser même un traducteur expert ; je veux parler de ces termes techniques du Bouddhisme qui représentent des idées si originales, si étrangères à la pensée occidentale, qu’il est impossible, je crois, d’en trouver dans aucune langue européenne des équivalents exacts.

On pourra sans doute reprocher à ce livre de n’être qu’une simple table des matières, qu’une accumulation de mots techniques et de noms propres. Je ne sais si c’est réellement un défaut que de resserrer sous un volume restreint des données nombreuses, si c’en est un, je dois m’accuser de l’avoir rendu plus manifeste encore en présentant ces noms propres et ces termes techniques à la fois sous leur forme sanscrite et sous leur forme chinoise (lue à la façon japonaise)[2]. J’ai espéré que cette surcharge même rendrait ce livre plus utile en le mettant à la portée des sinologues et des indianistes. J’ai pu retrouver la plus grande partie des équivalents sanscrits à l’aide du dictionnaire sanscrit-chinois.

J’ai adopté pour point de départ de toutes les dates l’ère chrétienne, et j’ai cru pouvoir négliger l’indication selon l’ère japonaise trop peu familière aux lecteurs européens.


I. Définition des termes Hînayâna et Mahâyâna

Avant d’examiner les divers systèmes du Bouddhisme, il faut expliquer ces termes techniques de Mahâyâna (grand véhicule) et de Hînayâna (petit véhicule) que nous employons si souvent dans cet ouvrage et qui sont en général assez mal définis en Occident. Le voici : le mot « véhicule » est consacré dans la langue religieuse du Bouddhisme pour désigner les moyens de salut qui font franchir aux êtres l’océan des transmigrations (Saṃsâra) pour arriver au port du salut (Nirvâṇa). Le grand véhicule est celui des hommes intelligents, le petit véhicule est destiné aux esprits plus faibles. Ainsi les Çrâvakas ont pour véhicule les quatre vérités sublimes (Ârya-satyas) ; les Pratyekabuddhas, les douze causes (Nidânas) ; les Bodhisattvas, les six pratiques parfaites (Pâramitâs). Nâgârjuna dit, dans le Mahâprajnâ-pâramitâ-çâstra « Après l’entrée du Bouddha dans le Nirvâṇa, on composa à trois reprises un recueil de Tripiṭaka (trois corbeilles) ; le dernier, qui fut fait par Mañjuçrî, Maitreya, Ânanda, etc., est celui du Mahâyâna ». Il dit encore dans ce même Çâstra : « Pourquoi appelle-t-on ce véhicule le grand (Mahâ) ? Parce qu’il est le plus haut et le plus grand des deux véhicules et que tous les Bouddhas et que tous les hommes d’une intelligence élevée s’en servent pour assurer leur salut ». Le Hînayâna est le nom que les partisans du Mahâyâna donnent par mépris aux écoles de l’Être et du Néant ; mais les adeptes de ces écoles n’acceptent point cette désignation et s’approprient aussi l’appellation de Mahâyâna. Le vrai Mahâyâna est représenté par les Écoles du Chemin-Milieu qui n’est ni l’être ni le néant. À comparer les deux véhicules, on peut considérer : le Hinayâna comme le système provisoire, le Mahâyâna comme le système définitif. Si on prend comme base de classification les cinq périodes de la prédication du Bouddha[3], les deux premières périodes Agama (doctrine de l’être), et Vaipulya (doctrine du néant relative à l’être), appartiennent au Hînayâna ; les trois dernières, Prajñâo (doctrine du néant pur) Saddharma-Puṇḍarikao et Nirvâṇa-sûtra[4] au Mahâyâna.

Définition du mot Bouddhisme

Ce que nous désignons sous le nom de Bouddhisme dans cet ouvrage, c’est le Bouddhisme actuel du Japon, à l’exclusion du Bouddhisme indien et du Bouddhisme chinois. Le Bouddhisme Indien est depuis longtemps déjà éteint presque entièrement ; il n’en subsiste plus que quelques communautés éparses ; le Népal est le seul État de l’Inde où cette religion prospère encore. En Chine les treize sectes[5] du Hînayâna et du Mahâyâna florissantes avant la dynastie de T’ang (618-907) et de Sung (960-1020) allèrent toujours en décadence depuis la dynastie de Yuen (1280-1368) malgré la création d’une école nouvelle : Le Lamaïsme. Il n’existe plus aujourd’hui que deux sectes : celle de la Robe jaune et celle de la Robe verte. La première est issue de la doctrine du mysticisme thibétain. La seconde a été formée par la fusion des anciennes sectes. La doctrine principale de la Robe verte est fondée sur la Contemplation (Dhyâna) mêlée au Vinaya, par suite on y néglige les Sûtras et les Çâstras, c’est-à-dire l’ensemble des livres sacrés, qu’on regarde comme une tradition inutile. Mais la vraie raison de cette négligence est plutôt l’ignorance ordinaire des prêtres chinois, trop peu instruits pour s’élever à l’intelligence des doctrines du vrai Bouddhisme.

Quoique le Bouddhisme ne soit plus aussi florissant qu’autrefois au Japon, ses livres, ses sectes, ses prêtres en général plus instruits que ceux de la Chine, et surtout les doctrines du Mahâyâna, arrêtent sa décadence. Aussi, ne donnons-nous le nom de Bouddhisme orthodoxe qu’à celui du Japon.

Les contes fantastiques, où quelques orientalistes européens ont prétendu reconnaître des documents sérieux sur le Bouddha, ne peuvent donner l’idée du vrai Bouddhisme. On croit généralement dans l’Occident que les doctrines du Mahâyâna ne représentent pas la prédication du Bouddha. Il est fort difficile de trouver aujourd’hui dans l’Inde, les textes primitifs de ces doctrines ; ceux qu’on y a découverts ne sont que des falsifications, dues aux générations postérieures. L’opinion des Européens sur le Mahâyâna peut, il est vrai, alléguer en sa faveur l’opinion des sectateurs du Hînayâna (v. chap. V). Mais, chez les uns comme chez les autres, l’erreur provient d’une connaissance insuffisante des doctrines profondes du Mahâyâna.

Nous avons lu plusieurs ouvrages sur le Bouddhisme composés par des savants européens ; l’interprétation qu’ils donnent des quatre vérités sublimes (Ârya-satyas) et des douze causes successives (Nidânas) qui sont considérées comme le principe fondamental du Bouddhisme, montre qu’ils n’ont qu’une notion incomplète de ce qu’est le Bouddhisme définitif, c’est-à-dire le Mahâyâna.

Le système du Bouddhisme est très vaste et très varié ; il a dû changer ses formes extérieures selon les temps et les lieux. Si on n’y jette qu’un coup d’œil superficiel, il paraît impossible d’admettre qu’il est le produit du Bouddha seulement. Cependant, si on creuse et si on scrute minutieusement de fond en comble ses divers systèmes, on y voit que le Hînayâna et le Mahâyâna procèdent d’une même source originelle. Il faut savoir d’abord que le Bouddhisme a deux formes : l’intérieure et l’extérieure. La première est toujours une et invariable ; mais la seconde se transforme pour s’adapter aux circonstances.

Nous comparerions volontiers les systèmes du Bouddhisme à des fleurs dont Çâkyamuni a semé la graine ; les plantes ont grandi lentement, puis elles ont fleuri d’une floraison splendide au temps des grands maîtres (Mahâvâdîs) postérieurs : Açvaghosha, Nâgârjuna, Âryadeva, Asaṃga, Vasubandhu[6], etc., qui ont composé d’innombrables Çâstras du Mahâyâna. Si les fleurs épanouies sont de nuances et de formes variées, la substance en est une et identique ; et ces fleurs doivent, à leur tour, donner des graines nouvelles. Dans cette riche floraison, le Mahâyâna s’est développé naturellement ; ainsi, nous pouvons affirmer que le Bouddhisme des trois véhicules remonte directement à Çâkyamuni.

Le fondateur et le premier patriarche du Bouddhisme est certainement Çâkyamuni. Nous nous refusons absolument à admettre les théories récemment exposées par deux illustres orientalistes qui prétendent en quelque sorte disséquer l’histoire et la personne même du Bouddha, et les ramener par une analyse subtile à de simples faits astronomiques, aux éléments communs des mythes solaires. Sans doute la légende a pu, elle a dû même développer, enrichir et transformer les données de l’histoire ; mais de l’ensemble des documents se dégage une personnalité puissante, forte et originale, sans laquelle la prodigieuse expansion de la religion nouvelle reste inexplicable. Toutefois, cette figure est trop extraordinaire, les traits en sont trop complexes, le dessin trop gigantesque, pour qu’on puisse la ramener à des proportions humaines. Les adversaires les plus marquants de l’hypothèse solaire ont été, par réaction, entraînés à cet excès. Ainsi, la science européenne n’a pu restituer encore dans sa complète beauté, la radieuse et sainte figure de Çâkyamuni-Bouddha. « Chez les uns, c’est l’homme qui manque ; chez les autres, c’est le dieu ». (Barth. Bulletin des religions de l’Inde, 1882. p. 234.)

Peu nous importe après tout que le Bouddha ait ou n’ait pas existé, et que les doctrines du Mahâyâna aient été ou non, prêchées directement par lui ; telles qu’elles sont, elles ont anticipé sur les recherches et les spéculations de la philosophie où la sagesse occidentale n’est parvenue qu’après des milliers d’années, et c’est pourquoi nous leur donnons notre foi.


II. Classification des systèmes du Bouddhisme

Nous allons maintenant tracer rapidement la classification des systèmes Bouddhiques. Si on remonte à la source première, il y a environ quatre-vingt-quatre mille lois prêchées par le Bouddha ; mais on peut les grouper soit en deux véhicules : le Mahâyâna et le Hînayâna ; soit en un véhicule unique ou en trois véhicules ; ou encore en doctrine exotérique et en doctrine ésotérique ; ou enfin sous les noms de Chemin-Saint et de Terre-Pure.

Les termes de cette dernière classification demandent une explication. Le Chemin-Saint désigne la voie que les hommes intelligents suivent à mesure que se Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/22 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/23 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/24 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/25 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/26 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/27 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/28 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/29 phénomènes qui se manifestent dans le monde intérieur sont réels et non point faux. C’est pour cela qu’on l’appelle l’École de l’Être du Madhyamayâna.

Le San-Ron. Nier tous ces phénomènes intérieurs et extérieurs, c’est le principe de l’École San-ron qu’on appelle l’École du néant du Madhyamayâna. Mais ce néant est pour ainsi dire synthétique, la chose contingente[7] elle-même y est le néant. Il s’oppose ainsi au néant à proprement parler analytique du Hinayâna.

La vérité absolue, selon l’École San-ron, n’est ni l’être ni le néant ; elle est indépendante de ce couple, c’est-à-dire qu’elle est insaisissable. Cette hypothèse admise, on se demande : en quoi consiste la chose contingente ? Celle-ci n’est qu’une apparence, un phénomène passager, elle est donc insaisissable. Si on dissipe l’idée chimérique de l’Être et du Néant par les huit termes négatifs[8], on trouvera la vérité qui est indépendante absolument de l’être et du néant. Après cette doctrine qui fait disparaître à la fois le monde intérieur et l’extérieur, c’est-à-dire le sujet et l’objet, il ne reste plus qu’un progrès à accomplir. C’est le Chemin-Milieu qui est le dernier terme de ce progrès.

Le Ké-gon. Cette école traite spécialement de « l’état non-conditionné des choses ». Toutes les formes Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/31 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/32 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/33 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/34 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/35 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/36 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/37 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/38 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/39 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/40 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/41 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/42 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/43 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/44 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/45 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/46 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/47 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/48 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/49 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/50 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/51 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/52 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/53 Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/54 un caractère international, mais il n’en est pas ainsi du Bouddhisme qui, propagé depuis nombre de siècles dans une grande partie de l’Orient, est resté pour ainsi dire, inconnu à l’Occident. C’est à peine si, depuis un demi-siècle, une vingtaine de savants en ont fait une étude sérieuse, quoique imparfaite. Quant au grand public, c’est tout au plus s’il en connaît le nom. Serons-nous assez heureux pour l’intéresser, malgré la faiblesse de nos moyens personnels, à des conceptions dont l’originalité mérite l’attention et dont la profondeur mérite un sérieux examen ?

J’ai maintenant la douce satisfaction d’adresser mes remercîments à M. S. Lévi, maître de conférences à la Sorbonne qui a bien voulu seconder mes investigations pour les termes sanscrits qui restaient obscurs et me prêter le secours de ses lumières pour suppléer à mon insuffisance en français.

Ryauon Fujishima

Paris, 25 mars 1888.


  1. Cet ouvrage a déjà été traduit en anglais par mon compatriote et ami M. B. Nanjio, l’un des plus savants indianistes et bouddhistes de notre pays. (A short History of the twelve japanese Buddhist Sects. Tokyo, 1887). Nous avons pensé qu’une traduction nouvelle en langue française ne serait pas sans intérêt. L’ouvrage de M. Nanjio, composé surtout à l’usage des Japonais est resté à peu près inconnu de l’Europe, où les exemplaires en sont très rares. En outre les documents, que nous avons extraits de nombreux textes bouddhiques, ont donné à notre travail un caractère personnel. Nous espérons avoir éclairci, complété et corrigé sur bien des points le sommaire traduit par M. Nanjio.
  2. Pour les termes bouddhiques passés du sanscrit en chinois ou créés par les Chinois ou les Japonais, les prêtres de notre pays ont conservé la prononciation usitée dans la province de l’ancien Wou, c’est-à-dire le Kiang-sou-sang actuel. Ainsi tandis que le chinois classique lit : « Pholomen » les caractères qui servent à transcrire le sanscrit Brâhmaṇa, nous prononçons « Baramon ». De même pour le nom de Hiouen-thsang, par exemple, que nous lisons « Gen-jô ».
  3. D’après la division de l’École Ten-daï, l’ordre de ces cinq périodes est le suivant : 1° l’Avataṃsaka-sûtra ; 2° les quatre Agamasûtras ; 3° le Vaipulya-sûtra ; 4° le Prajñâ-sûtra ; 5° le Saddharma-Puṇḍarikao et le Nirvâṇa-sûtra.
  4. Ces deux dernières doctrines constituent le Chemin-Milieu.
  5. Ces treize sectes sont : 1° Trois Çâstras (v. chapitre V) ; 2° Satya-siddhi-çâstra (v. chapitre II) ; 3° Nirvâna-sûtra ; 4° Daçabhûmika-çâstra : 5° Terre-Pure (v. chapitre XI) ; 6° Dhyâna (v. chapitre IX) ; 7° Mahâyâna-Samparigraha-çâstra ; 8° Ten-daï (v. chapitre VII) ; 9° Avatamsaka-sûtra (v. chapitre VI) ; 10° Dharma-lakshaṇa (v. chapitre IV) ; 11° Abhidharma-koça (v. chapitre I) ; 12° Vinaya (v. chapitre III) ; 13° Mantra (v. chapitre VIII).
  6. Açvaghosha composa le Mahâyâna-çraddhotpâda-çâstra, le Sûtrâlaṃkâra-çâstra, etc ; Nâgârjuna, le Mahâbhaya-çastra, le Mahâprajñâpâramitâ-çâstra, le Madhyamaka-çâstra, le Dvâdaça-nikâya-çâstra, etc ; Âryadeva, le Çata-çâstra ; Asaṃga, le Mahâyâna-saṃparigraha-çâstra, etc ; Vasubandhu composa l’Amitayuḥ-sûtropadeça, le Saddharma-puṇḍarîka-sûtra-çâstra, le Buddhagotra-çâstra, le Nirvâna-çâstra, le Vajracchedikâ-sûtra-çâstra, le Vidyâmâtra-siddhi-tridaça-çâstra, le Daçabhûmika-çâstra. Les œuvres complètes sont au nombre d’un millier.
  7. Nous employons ce mot pour désigner le produit de la combinaison de la cause directe et de la cause occasionnelle.
  8. Voir le chapitre V.