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Le Coran (Traduction de Montet)/Le Coran/Sourate 9

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Traduction par Édouard Montet.
Payot (p. 119-162).


Sourate 9.

INTRODUCTION[1]


C’est la seule sourate qui ne soit pas précédée de l’invocation habituelle : « Au nom d’Allâh très miséricordieux et compatissant ».

Diverses raisons ont été données pour expliquer cette omission : 1o Les théologiens musulmans ont dit que cette sourate faisait partie primitivement de la Sourate 8, qui se trouve avant elle dans le recueil coranique ; 2o Le calife Othmân disait que, révélée peu de temps avant la mort du Prophète, Mahomet n’avait laissé aucune instruction à son sujet. Cette sourate est, en effet, une des moins anciennes du Coran ; 3o Il est probable et possible que l’omission de la formule résulte simplement d’une erreur de copiste.

La Sourate 9, comme la Sourate 5, manque d’inspiration ; il y a de nombreuses répétitions de textes antérieurs du Coran. Médinoise, comme la Sourate 5, elle est incontestablement, comme celle-ci, l’une des plus récentes de la collection coranique.

Cette sourate a pris un intérêt particulier dans les débats et les controverses qui ont été soulevés, il y a peu de mois encore, sur la question du califat.

La Sourate 9 a été invoquée par les adversaires du califat ; certains versets de ce chapitre ont pu, en effet, être cités comme condamnant en principe non seulement les faux califes et les usurpateurs du califat, mais le califat lui-même.

C’est à tort, croyons-nous, que le témoignage de cette sourate a été mis en avant par les adversaires du califat. Comme on le verra plus loin, en lisant le texte de la sourate, les passages auxquels on a renvoyé ne se rapportent que d’une manière très indirecte au califat, à supposer même qu’on puisse les lui appliquer.

La question du califat est, historiquement parlant et coraniquement parlant, très simple et très claire.

Mahomet, à partir du jour où il a proclamé et établi sa réforme religieuse, n’a cessé, pendant toute sa carrière, d’être le chef suprême des Arabes, à la fois comme chef politique et religieux, et comme chef civil et militaire. Il réunissait en lui tous les pouvoirs.

Les premiers califes, ses successeurs, c’est-à-dire les premiers califes élus, lui ont succédé à la fois comme chefs politiques et religieux et comme chefs civils et militaires. Tous les pouvoirs étaient concentrés sur une seule et même tête, dans un seul et même cerveau.

Le mot arabe Khilâfat, califat, signifie : lieutenance, vicariat, charge de lieutenant ou de vicaire, c’est-à-dire de remplaçant. Ce mot dérive du radical verbal Khalafa, qui signifie : suivre, succéder, être derrière, être après, venir comme successeur ou être successeur. Le calife est donc le successeur de Mahomet, son remplaçant, celui qui, après Mahomet, exerce les mêmes fonctions.

Quelles qu’aient été les destinées du califat, les luttes et les intrigues qui ont eu lieu entre dynasties rivales pour le califat, entre compétiteurs isolés qui aspiraient à cette charge (et ces luttes et ces intrigues se sont produites dès la mort du Prophète), quelque usurpation dont le califat ait été l’objet de la part des Turcs, tous ces faits ne portent aucune atteinte au principe même du califat.

L’Assemblée d’Angora nous paraît donc avoir agi non seulement contre l’Islam et contre la tradition islamique, mais en dehors de l’esprit de l’Islam, tout d’abord en séparant dans la souveraineté de l’État le pouvoir civil et politique du pouvoir religieux, le temporel du spirituel, et ensuite en décrétant l’abolition du califat.

Pour nous, avec la connaissance que nous avons acquise de l’Islam, et avec l’expérience que nous avons faite de ce fait historique, si vivant encore, qu’on appelle l’Islam, nous ne croyons pas qu’au point de vue purement islamique on puisse séparer le califat de l’Islam.




Sourate 9.

SOURATE DU REPENTIR[2]

Médine :  130 versets.

1. Une immunité de la part d’Allâh et de Son Apôtre pour ceux des idolâtres avec lesquels vous avez fait alliance[3] !

2. Voyagez dans le pays pendant quatre mois[4], mais sachez que vous ne l’emporterez pas sur Allâh et qu’Allâh couvrira de honte les infidèles[5].

3. Proclamation d’Allâh et de Son Apôtre aux hommes pour le jour du grand pèlerinage : « Allâh est pur d’idolâtres et Son Apôtre (aussi)[6]. » Si vous vous repentez, cela sera meilleur pour vous. Mais si vous tournez le dos sachez que vous ne l’emporterez pas sur Allâh. Annonce à ceux qui ne croient pas le châtiment douloureux !

4. Mais fais exception[7] pour ceux des idolâtres avec lesquels vous avez conclu une alliance, et qui, depuis, n’y ont en rien manqué et n’ont prêté assistance à personne contre vous. Soyez fidèles, pour eux, à votre alliance aussi longtemps qu’elle doit durer. En vérité, Allâh aime ceux qui (Le) craignent.

5. Lorsque les mois sacrés[8] seront passés, tuez les idolâtres partout où vous les trouverez. Saisissez-les, assiégez-les, mettez-vous en embuscade pour les prendre. Mais, s’ils se repentent, s’ils sont fermes dans la prière[9], s’ils donnent l’aumône[10], laissez-les aller leur chemin. En vérité, Allâh pardonne ; Il est compatissant.

6. Si l’un des idolâtres cherche un asile auprès de toi, accorde-le-lui pour qu’il entende[11] la parole d’Allâh. Puis fais-le parvenir dans le lieu sûr qui est le sien. C’est ce que tu dois faire[12], parce que ce sont des gens qui ne savent pas.

7. Comment pourrait-il y avoir, pour les idolâtres, un traité avec Allâh et avec Son Apôtre, excepté pour ceux avec qui vous avez fait alliance auprès de la Mosquée Sainte[13] ? Tant qu’ils se tiennent auprès de vous, tenez-vous auprès d’eux ! En vérité, Allâh aime ceux qui (Le) craignent.

8. Eh quoi ! S’ils l’emportent sur vous, ils n’observeront ni les liens du sang ni ceux[14] de l’état de client. Ils chercheront à vous plaire avec leurs bouches, mais leur cœur se refusera ; et la plupart d’entre eux font des œuvres abominables.

9. Ils vendent les signes d’Allâh à vil prix[15], et ils détournent de Sa voie. En vérité, c’est le mal qu’ils ont fait.

10. Ils n’auront aucun égard, chez le croyant, aux liens du sang, ni à ceux de l’état de client[16]. Ceux-là sont les transgresseurs.

11. (Mais) s’ils se repentent et sont fermes dans la prière et donnent l’aumône[17], ils sont vos frères en religion. Nous exposons en détail les signes[18] aux gens qui savent.

12. (Mais) s’ils violent leurs serments, après avoir traité avec vous, et s’ils attaquent votre religion, (alors) combattez les chefs des infidèles. En vérité, il n’y a pas de serments pour eux. (Mais) peut-être cesseront-ils[19] ?

13. Est-ce que vous ne combattrez pas un peuple qui a violé ses serments et qui a cherché à chasser l’Apôtre ? Ce sont eux qui ont commencé avec vous, en premier. Est-ce que vous avez peur d’eux ? Allâh mérite bien davantage que vous Le craigniez, si vous êtes des croyants.

14. Combattez-les ! Allâh les châtiera par vos mains et les déshonorera ; Il vous aidera contre eux et guérira les cœurs du peuple des croyants.

15. Il chassera la colère de leurs cœurs. Allâh revient à celui qu’Il veut. Allâh sait ; Il est sage.

16. Est-ce que vous pensez que vous serez abandonnés, comme si Allâh ne connaissait pas ceux d’entre vous qui combattent (pour la guerre sainte), et qui ne sont unis à aucun autre qu’Allâh, à Son Apôtre, et aux croyants par les liens d’une intime amitié ? Car Allâh sait bien ce que vous faites.

17. Ce n’est pas aux idolâtres de visiter les mosquées d’Allâh, eux qui portent en eux-mêmes le témoignage de leur infidélité. Ceux-là, leurs œuvres sont vaines ; ils demeureront éternellement dans le feu.

18. Celui-là seul visitera les mosquées d’Allâh qui croit à Allâh et au dernier jour, est ferme dans la prière, donne l’aumône[20] et ne craint qu’Allâh. Il se peut[21] que ceux-là soient de ceux qui sont guidés[22].

19. Est-ce que vous avez placé celui qui porte de l’eau au pèlerin et qui visite la Mosquée Sainte[23] sur le même rang que celui qui croit à Allâh et au dernier jour, et qui combat dans le sentier d’Allâh ? Ils ne sont pas égaux auprès d’Allâh[24]. Allâh ne guide pas les gens injustes[25].

20. Ceux qui croient, qui ont pris part à l’hégire et combattu dans le sentier d’Allâh avec leurs biens et leurs personnes, sont les plus hauts par le rang auprès d’Allâh. Ceux-là sont les heureux[26].

21. Leur Seigneur leur donne la bonne nouvelle de la miséricorde de Sa part, de (Sa) satisfaction, et des jardins (qui) leur (sont réservés), où (il y aura) une vie de délices constantes.

22. Ils y demeureront toujours[27]. En vérité, Allâh ! À Lui la récompense sans limite !

23. Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas vos pères et vos frères pour patrons, s’ils aiment mieux l’infidélité que la foi ; celui qui, parmi vous, les prend pour patrons, ceux-là sont les injustes[28].

24. Dis : « Si vos pères et vos fils, et vos frères, et vos femmes, et vos parents[29], et vos biens que vous avez acquis, et le commerce dont vous craignez le déclin, et les demeures où vous vous plaisez, vous sont plus chers qu’Allâh et Son Apôtre, et la guerre sainte dans Son sentier, attendez-vous à ce qu’Allâh vienne (accomplir) Son œuvre. » Allâh ne guide pas les gens qui commettent des scélératesses.

25. Allâh vous a déjà secourus dans maints lieux (divers) et au jour de Honéïn[30], quand vous étiez dans l’admiration de votre grand nombre ; mais il ne vous a servi à rien. La terre était trop étroite pour vous, quelque vaste qu’elle soit. Alors vous avez tourné le dos et vous avez fui.

26. Alors Allâh[31] fit descendre « Sa Présence divine »[32] sur Son Apôtre et sur les croyants. Il fit descendre des armées que vous ne voyiez point[33], et Il châtia ceux qui ne croyaient pas. C’est là la rétribution des infidèles.

27. Alors, après cela, Allâh reviendra à qui Il voudra. Allâh pardonne ; Il est miséricordieux.

28. Ô vous qui croyez ! Les idolâtres ne sont que des êtres immondes. Qu’ils ne s’approchent pas de la Mosquée Sainte[34], après cette année. Mais si vous craignez la détresse[35], Allâh vous enrichira par Sa grâce, si telle est Sa volonté ; en vérité, Allâh est savant ; Il est sage.

29. Tuez ceux qui ne croient pas en Allâh ni au dernier jour, et qui n’interdisent pas ce qu’Allâh et Son Apôtre ont interdit, et quiconque ne pratique pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre[36], jusqu’à ce qu’ils aient payé le tribut de leurs (propres) mains et qu’ils soient humiliés.

30. Les Juifs disent : « Ozaïn (Esdras) est fils de Dieu[37]. » Les Chrétiens disent : « Le Messie est fils de Dieu. » Ce sont là les paroles de leurs bouches ; ils imitent ce que disaient ceux qui étaient incroyants avant eux. Qu’Allâh leur fasse la guerre ! Car ils sont menteurs !

31. Ils[38] ont pris leurs docteurs et leurs moines comme Seigneurs[39] au lieu d’Allâh, ainsi que le Messie, fils de Marie. Mais ils n’ont reçu l’ordre que d’adorer un Dieu unique. Il n’y a pas d’autre Dieu que Lui. Gloire à Lui, loin de ceux qui Lui associent (d’autres divinités).

32. Ils désirent éteindre la lumière d’Allâh avec leurs bouches ; mais Allâh ne veut que rendre parfaite Sa lumière, quelque répugnance qu’éprouvent (à Son égard) les incroyants.

33. C’est Lui qui a envoyé Son Apôtre avec la direction et la religion de la vérité pour la faire prévaloir[40] sur toute (autre) religion, quelque aversion qu’aient (pour elle) les incroyants.

34. Ô vous qui croyez ! En vérité, beaucoup de docteurs et de moines dévorent les biens des hommes en pure perte[41] et détournent ceux-ci de la voie d’Allâh. Quant à ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans la voie d’Allâh, annonce-leur un châtiment douloureux.

35. Le jour où cela[42] sera chauffé dans le feu de l’enfer, et où l’on en fera des marques brûlantes sur leurs fronts, leurs flancs et leurs dos, (on leur dira) : « Voilà ce que vous avez amassé pour vous-mêmes. Goûtez (maintenant) ce que vous avez amassé ! »

36. En vérité, le nombre des mois, auprès d’Allâh, est de 12 mois dans le Livre d’Allâh[43], au jour où Il créa les cieux et la terre. De ces (mois) 4 sont sacrés[44] ; c’est la croyance constante. Pendant ces (mois)[45], ne commettez pas vous-mêmes l’iniquité, mais combattez les idolâtres en tout temps[46], de même qu’ils vous combattent en tout temps, et sachez qu’Allâh est avec ceux qui (Le) craignent.

37. Seulement le report au mois suivant[47] (d’un mois sacré)[48] est un accroissement d’incroyance. C’est égarer par là ceux qui sont infidèles. Ceux-ci le rendent légal[49] une année, et illégal une autre année, en sorte qu’ils s’accordent quant au nombre (des mois) qu’Allâh a rendus sacrés, et déclarent licite ce qu’Allâh a interdit. Ils embellissent (ainsi) leurs mauvaises actions[50]. Mais Allâh ne guide pas le peuple des infidèles[51].

38. Ô vous qui croyez ! Qu’aviez-vous donc, lorsqu’on vous a dit de vous élancer les premiers dans le sentier d’Allâh, pour tomber lourdement à terre ? Étiez-vous satisfaits de la vie de ce monde plutôt que de celle de l’autre (monde) ? Mais la possession de la vie de ce monde, (comparée) à celle de l’autre (monde), n’est que peu de chose !

39. À moins que vous ne vous élanciez les premiers (dans le sentier d’Allâh), Il vous punira d’une punition douloureuse. Il vous remplacera par un peuple autre que vous. Et vous ne pouvez Lui nuire en quoi que ce soit ! Car Allâh est puissant en toute chose.

40. À moins que vous ne veniez à son secours[52] ! Allâh est déjà venu à son secours, lorsque ceux qui ne croient pas l’avaient chassé[53], lui, le deuxième des deux[54]. Lorsqu’ils étaient tous deux dans la caverne[55], lorsqu’il dit à son compagnon : « N’aie pas peur ! En vérité, Allâh est avec nous », Allâh fit descendre Sa « Présence divine »[56] sur lui et vint à son aide avec les armées que vous ne pouviez pas voir[57]. Il rendit tout à fait inférieure la parole des infidèles. Mais la parole d’Allâh est la plus élevée. Allâh est puissant ; Il est sage.

41. Élancez-vous les premiers, légers et chargés, et combattez fortement avec vos biens et vos personnes[58] dans la voie d’Allâh. C’est meilleur pour vous, si vous le savez[59] !

42. Si le succès avait été proche et le voyage court, certes ils t’auraient suivi ; mais la distance était trop éloignée pour eux. Cependant ils jureront par Allâh : « Si nous l’avions pu, nous serions sortis avec vous (pour combattre). » Ils se perdent eux-mêmes, mais Allâh sait qu’ils mentent.

43. Qu’Allâh te pardonne ! Pourquoi leur as-tu permis (de rester), jusqu’à ce qu’il te fût manifeste qu’ils disaient la vérité, (jusqu’à ce que) tu connusses les menteurs ?

44. Ceux qui croient en Allâh et au jour dernier ne te demanderont pas la permission de combattre fortement avec leurs biens et leurs personnes. Allâh connaît ceux qui (Le) craignent.

45. Ce sont seulement ceux qui ne croient pas en Allâh ni au jour dernier, qui te demanderont la permission (de combattre). Leurs cœurs sont dans le doute, et dans leur doute ils hésitent.

46. S’ils avaient désiré aller à la guerre, ils s’y seraient préparés. Mais Allâh était dégoûté de les faire partir ; Il les a rendus paresseux, et il (leur) a été dit : « Restez avec ceux qui restent. »

47. S’ils étaient partis avec vous, ils n’auraient fait qu’augmenter vos charges ; ils n’auraient agi que pour soulever parmi vous la sédition. Parmi vous, il y en a qui les auraient écoutés. Mais Allâh connaît les injustes

48. Déjà, auparavant, ils ont cherché à soulever la révolte et ils ont bouleversé tes affaires, jusqu’au jour où la vérité est venue, et où la cause d’Allâh a brillé, malgré leur opposition.

49. Parmi eux, il y en a qui disent : « Donne-moi la permission[60] ! Ne me mets pas à l’épreuve[61] ! » Ne sont-ils pas tombés déjà dans la tentation[62] ? En vérité, l’enfer entourera les infidèles.

50. Si un bonheur t’arrive, pour eux c’est un mal ; mais si un malheur te frappe, ils disent : « Nous avions pris (en mains) notre affaire auparavant[63]. » Puis ils tournent le dos et ils sont dans la joie.

51. Dis (leur) : « Rien ne nous arrive si ce n’est ce qu’Allâh a écrit pour nous. » Il est Notre Maître, et c’est en Allâh que les croyants se confient.

52. Dis : « Est-ce que vous attendez pour nous autre chose que l’une des deux meilleures (choses)[64] ? Nous (aussi) nous attendons pour vous qu’Allâh vous inflige un châtiment de Sa part ou par nos mains[65]. Attendez (donc) ; nous aussi nous attendons avec vous. »

53. Dis : « Ruinez-vous en aumônes volontaires ou non. (Rien) ne sera accepté de votre part. En vérité, vous êtes un peuple de corrompus ! »

54. Et rien n’empêche que leurs dons charitables ne soient acceptés de leur part, si ce n’est qu’ils ne croient pas en Allâh ni en Son Apôtre, qu’ils ne pratiquent la prière[66] qu’avec paresse, qu’ils ne donnent l’aumône[67] qu’à contre-cœur[68].

55. Ne soyez pas dans l’admiration au sujet de leurs richesses ni de leurs enfants. Allâh ne veut qu’une chose : les tourmenter à cause de cela dans la vie de ce monde, pour que leurs âmes disparaissent[69] pendant qu’ils sont incroyants.

56. Ils jurent par Allâh qu’ils sont vraiment de votre parti ; et ils n’en sont pas. Mais ils sont un peuple qui a peur.

57. S’ils trouvent un refuge, ou des cavernes, ou des entrées secrètes[70], ils se détournent pour s’y (réfugier) avec la plus grande hâte.

58. Parmi eux, il en est qui te diffament au sujet des aumônes[71]. Si on leur en donne une part, ils sont contents ; si on ne leur en donne pas, ils se mettent en colère.

59. S’ils étaient contents de ce qu’Allâh et Son Apôtre leur ont donné et s’ils disaient : « Allâh nous suffit ! Allâh nous fera don de Sa grâce, et Son Apôtre (la désire)[72] ! En vérité, c’est Allâh que nous recherchons ! »

60. Les aumônes sont seulement pour les pauvres et les nécessiteux[73], et pour ceux qui travaillent pour elles[74], et pour ceux dont les cœurs ont été gagnés[75], et pour ceux qui sont captifs[76], et pour ceux qui ont des dettes, et pour ceux qui sont dans le sentier d’Allâh[77], et pour les voyageurs. C’est un ordre d’Allâh. Allâh est savant ; Il est sage.

61. Parmi eux, il en est qui s’en prennent aux oreilles avec le Prophète[78], et qui disent : « Il est tout oreille. » Dis : « C’est une oreille du bien pour vous ! » Il croit en Allâh et il croit en ceux qui croient.

62. Il y a miséricorde pour ceux d’entre vous qui croient. Mais ceux qui s’en prennent aux oreilles de l’Apôtre d’Allâh, à ceux-là (est réservé) un châtiment douloureux.

63. Ils jureront par Allâh pour vous plaire ; mais Allâh et Son Apôtre sont bien plus dignes de leur plaire, s’ils étaient croyants.

64. Ne savent-ils pas qu’à celui qui s’oppose à Allâh et à Son Apôtre (est réservé) le feu de l’enfer, pour la durée éternelle ? C’est là le grand opprobre !

65. Les hypocrites[79] redoutent qu’une sourate[80] ne soit révélée contre eux, pour leur faire connaître ce qui est dans leurs cœurs. Dis : « Moquez-vous ! En vérité, Allâh mettra en pleine lumière ce que vous redoutez. »

66. Mais si tu les interroges[81], certainement ils diront : « Nous discutions seulement et nous plaisantions. » Dis : « Est-ce d’Allâh, et de Ses signes, et de Son Apôtre que vous étiez en train de vous moquer ? »

67. « Ne vous excusez pas ! Vous êtes devenus incroyants après avoir cru. Si nous pardonnons à une partie d’entre vous, nous en châtierons une autre, parce qu’ils ont péché. »

68. Les hypocrites, hommes et femmes, les uns suivant les autres, ordonnent le mal et empêchent le bien ; ils ferment leurs mains[82]. Ils oublient Allâh et Allâh les oublie ! En vérité, les hypocrites commettent des abominations.

69. Allâh a menacé les hypocrites, hommes et femmes, ainsi que les incroyants, du feu de l’enfer, pour une durée éternelle. C’est assez pour eux ! Allâh les châtiera : à eux (est réservé) un tourment qui ne cessera pas.

70. Vous êtes comme ceux qui ont été avant vous. Ils étaient plus forts que vous, plus riches en biens et en enfants. Ils jouissaient de leur part de bonheur (ici-bas), et vous (aussi) vous jouissez de votre part de bonheur, comme jouissaient de leur part de bonheur[83] ceux qui étaient avant vous ; et vous discutez comme ils discutaient. Leurs œuvres ont été vaines dans ce monde et dans l’autre ! Ceux-là sont perdus !

71. Est-ce que l’avertissement de ceux qui étaient avant eux ne leur est pas parvenu : du peuple de Noé, de ’Ad[84], de Thamoûd[85], du peuple d’Abraham, et des compagnons de Midian[86], et des (cités) renversées[87] ? Leurs apôtres[88] vinrent à eux avec des signes évidents. Ce n’est pas Allâh qui était injuste à leur égard ; mais c’était eux-mêmes qui agissaient mal.

72. Les croyants et les croyantes sont les patrons les uns des autres. Ils ordonnent ce qui est convenable et interdisent ce qui est blâmable. Ils sont fermes dans la prière[89] ; ils donnent l’aumône[90], et obéissent à Allâh et à Son Apôtre. Ceux-là, Allâh aura pitié d’eux. En vérité, Allâh est puissant ; Il est sage.

73. Allâh a promis aux croyants et aux croyantes des jardins sous lesquels courent des ruisseaux ; ils y demeureront toujours ; ils auront de bonnes places dans les jardins d’Éden[91]. Mais la satisfaction d’Allâh est ce qu’il y a de plus grand ! C’est la félicité absolue.

74. Ô toi Prophète ! Combats les incroyants et les hypocrites (en religion), et sois sans pitié pour eux. L’enfer est leur demeure. Ce sera une mauvaise fin !

75. Ils jurent par Allâh qu’ils n’ont pas dit cela, mais ils ont dit la parole de l’incroyance, et ils ont été incroyants, après avoir embrassé l’Islam. Ils n’ont point atteint l’objet de leur dessein[92] ; ils ne l’ont désapprouvé[93] que parce qu’Allâh et Son Apôtre les ont enrichis de Sa grâce[94]. S’ils reviennent à Allâh[95], ce sera mieux pour eux ; mais s’ils tournent leur dos, Allâh les tourmentera d’un tourment douloureux dans ce monde et dans l’autre, et ils n’auront sur la terre ni patron ni protecteur.

76. Il en a été parmi eux qui avaient pris cet engagement envers Allâh : « S’Il nous accorde Sa grâce, certainement nous donnerons l’aumône et nous serons assurément parmi les justes. »

77. Et lorsqu’Il leur eut accordé (les dons de) Sa grâce, ils s’en sont montrés avares ; ils ont tourné le dos et se sont mis à l’écart[96].

78. Alors Il a fait suivre l’hypocrisie dans leurs cœurs[97], jusqu’au jour où ils Le rencontrèrent[98], parce qu’ils ont repoussé Allâh, après s’être engagés envers Lui et après avoir été menteurs[99].

79. Ne savent-ils pas qu’Allâh connaît leurs secrets et leurs chuchotements, et qu’Allâh a la connaissance des choses invisibles ?

80. Ceux qui calomnient les croyants qui s’engagent spontanément et volontairement dans (le don) des aumônes[100], ainsi que ceux qui ne trouvent (de quoi donner) que ce qu’ils gagnent à force de travailler, et qui se moquent d’eux[101], Allâh se moquera d’eux ; c’est à eux (qu’est réservé) un châtiment douloureux.

81. Implore le pardon pour eux ou ne l’implore pas[102] ! Si tu implorais soixante-dix fois leur pardon, Allâh ne leur pardonnerait pas, parce qu’ils n’ont pas cru en Allâh ni en Son Apôtre. Allâh ne guide pas les gens qui commettent l’abomination.

82. Ceux qui avaient été laissés en arrière[103] se réjouissaient d’être placés derrière l’Apôtre d’Allâh ; ils éprouvaient de la répugnance à combattre avec leurs biens et leurs personnes dans le sentier d’Allâh. Ils disaient : « Ne vous lancez pas (dans le combat) pendant ces chaleurs. » Dis (leur) : « Le feu de l’enfer est bien plus fort par (sa) chaleur ; si vous pouviez le comprendre ! »

83. Qu’ils rient un peu[104], puis qu’ils pleurent beaucoup. Ce sera la récompense pour ce qu’ils ont gagné[105].

84. Si Allâh te ramène[106] vers un groupe de ceux-ci[107], et s’ils te demandent la permission de faire une sortie[108], dis (leur) : « Vous ne ferez jamais de sortie avec moi, et vous ne combattrez (jamais) avec moi l’ennemi ! En vérité, la première fois, vous avez été contents de rester en arrière. Restez (donc) avec ceux qui se tiennent à l’arrière. »

85. Ne prie jamais pour l’un d’eux, s’il meurt ; ne t’arrête pas auprès de sa tombe[109]. En vérité, ils n’ont pas cru en Allâh ni en Son Apôtre, et ils sont morts en faisant des œuvres d’abomination.

86. Ne te laisse pas séduire par leurs biens et par leurs enfants. Allâh veut seulement les tourmenter par là[110] en ce monde ; leurs âmes se sépareront (de leurs corps), tandis qu’ils ne croient pas[111].

87. Et lorsqu’une sourate a été révélée, (leur ordonnant) de croire en Allâh et de faire la guerre sainte avec Son Apôtre, ceux d’entre eux qui possédaient des richesses t’ont demandé la permission (de rester en arrière), et ils ont dit : « Laisse-nous avec ceux qui restent en arrière. »

88. Ils ont préféré être avec ceux qui restent en arrière. Un sceau est placé sur leurs cœurs : ils ne comprennent rien.

89. Mais l’Apôtre, et ceux qui croient avec lui, font la guerre sainte avec leurs biens et leurs personnes. À ceux-là (sont réservées) les meilleures choses ; ceux-là auront du bonheur.

90. Allâh a préparé pour eux des jardins sous lesquels courent des ruisseaux ; ils y demeureront toujours : c’est la plus grande félicité.

91. Plusieurs Arabes nomades vinrent pour pouvoir se faire excuser[112]. Sont restés en arrière ceux qui ont traité de menteurs Allâh et Son Apôtre. Un châtiment douloureux atteindra ceux d’entre eux qui n’ont pas cru.

92. Il n’y a rien à reprocher aux faibles, aux malades, et à ceux qui ne trouvent pas de quoi dépenser[113], à la condition qu’ils soient sincères envers Allâh et Son Apôtre. On ne s’en prendra pas (non plus) à ceux qui font le bien[114]. Car Allâh pardonne ; Il est miséricordieux.

93. Ni à ceux[115] qui, lorsqu’ils sont venus à toi pour que tu leur fournisses une monture, et que tu (leur) as dit : « Je n’ai pas de monture à vous donner », ont tourné le dos, leurs yeux débordant de larmes, de chagrin de ne pouvoir en faire la dépense.

94. On s’en prendra seulement à ceux qui te demanderont l’exemption, bien qu’ils soient riches. Ils préfèrent être avec ceux qui restent à l’arrière. Allâh a mis un sceau sur leurs cœurs : ils ne savent rien.

95. Ils vous présenteront des excuses, quand vous reviendrez vers eux. Dis (leur) : « Ne vous excusez pas. Nous n’avons pas foi en vous. Allâh nous a déjà instruits sur votre compte. Allâh et Son Apôtre voient vos actions. » Alors vous retournerez à Celui qui connaît l’invisible et le visible, et qui vous fera savoir ce que vous avez fait.

96. Ils vous adjureront par Allâh, lorsque vous reviendrez à eux, de vous détourner d’eux[116]. Détournez-vous d’eux (alors). En vérité, ils sont infâmes, et leur demeure, c’est l’enfer ! C’est la récompense pour ce qu’ils ont gagné[117] !

97. Ils vous adjureront d’être bienveillants envers eux. (Mais), si vous êtes bienveillants à leur égard, en vérité, Allâh ne sera pas bienveillant pour ceux qui commettent des abominations.

98. Les Arabes nomades sont plus violents[118] dans l’incroyance et l’hypocrisie. (Mais) il est plus compréhensible[119] qu’ils ne connaissent pas les devoirs qu’Allâh a révélés à Son Apôtre. Allâh est savant ; Il est sage.

99. Parmi les Arabes nomades, il en est qui prennent pour une obligation ce qu’ils dépensent, et qui attendent un changement de fortune de vous. C’est contre eux qu’aura lieu un mauvais changement de fortune[120]. Car Allâh entend et sait.

100. Parmi les Arabes nomades, il en est qui croient en Allâh et au jour dernier, et qui prennent ce qu’ils dépensent (en aumônes)[121] comme des moyens de s’approcher d’Allâh et d’avoir accès aux prières de Son Apôtre. N’est-ce pas, en vérité, un moyen de s’en approcher ? Allâh les fera pénétrer dans Sa grâce. En vérité, Allâh pardonne ; Il est miséricordieux.

101. Quant aux plus anciens (dans la foi), les premiers des Mouhâdjerîn[122] et des Ansâr[123], et de ceux qui les ont suivis dans leur belle conduite, Allâh est satisfait d’eux, et eux sont satisfaits de Lui. Il a préparé pour eux des jardins sous lesquels courent des ruisseaux, pour y demeurer toujours : c’est la plus grande félicité.

102. Et quant à ceux qui sont autour de vous d’entre les Arabes nomades, il en est d’hypocrites, et parmi les gens de Médine, il en est qui sont obstinés dans l’hypocrisie. Tu ne les connais pas[124] ; (mais) Nous les connaissons. Nous les tourmenterons deux fois[125] ; alors ils seront livrés à un douloureux châtiment.

103. D’autres ont avoué leurs fautes. Ils ont (ainsi) mêlé à une bonne action une autre (action) mauvaise. Il peut se faire qu’Allâh revienne à eux. En vérité, Allâh pardonne ; Il est miséricordieux.

104. Prends de leurs biens une aumône pour les purifier et les rendre sans taches, et prie pour eux[126]. En vérité, ta prière est une retraite[127] pour eux. Allâh entend ; Il sait.

105. Ne savent-ils pas qu’Allâh accepte le repentir[128] de Ses serviteurs, et qu’Il agrée les aumônes ? Et qu’Allâh est Celui qui revient au pécheur et qui est miséricordieux ?

106. Et dis (leur) : « Agissez ! » Et Allâh verra vos actions, et Son Apôtre et les croyants (les verront aussi), et vous reviendrez (ainsi) à Lui, qui connaît l’invisible et le visible. Et Il vous fera savoir[129] ce que vous avez fait.

107. D’autres attendent la décision d’Allâh, soit qu’Il veuille les tourmenter, soit qu’Il veuille revenir à eux. Car Allâh est savant ; Il est sage.

108. Il y a ceux qui ont pris une mosquée[130] pour nuire et pour répandre une fausse croyance, pour établir la séparation entre les croyants ; c’est un lieu d’embuscade[131] pour celui qui, avant, a combattu Allâh et Son Apôtre. Ils font sûrement le serment : « Nous n’avons voulu que le bien » ! Mais Allâh témoigne qu’ils sont des menteurs.

109. N’y sois jamais debout[132] ! Il y a une mosquée fondée sur la crainte (d’Allâh) depuis les premiers jours[133]. Il est plus juste que tu t’y tiennes debout. Là sont des hommes qui aiment à être purs et Allâh aime ceux qui aspirent à la pureté.

110. Est-ce celui qui a établi les fondations de son édifice sur la crainte (d’Allâh) et le désir de (Lui) plaire, qui a le mieux agi ? Ou bien celui qui a établi les fondations de son édifice au bord d’une terre rongée par l’eau et croulant[134] dans le feu de l’enfer ? Mais Allâh ne guide pas ceux qui font le mal.

111. L’édifice, qu’ils[135] ont construit, ne cessera pas d’être une cause de doute dans leurs cœurs, jusqu’à ce que leurs cœurs soient brisés[136]. (Mais) Allâh sait ; Il est sage.

112. En vérité, Allâh a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens pour le paradis, qu’ils auront. Ils combattront dans le sentier d’Allâh ; ils tueront et ils seront tués. C’est une promesse véridique dans la Loi[137], l’Évangile et le Coran. Et qui est plus fidèle à Son alliance qu’Allâh ? Réjouissez-vous (donc) de l’alliance que vous avez faite avec Lui ! C’est la plus grande félicité.

113. Ceux qui se repentent, ceux qui adorent, ceux qui louent (Allâh), ceux qui jeûnent, ceux qui s’inclinent, ceux qui se prosternent, ceux qui recommandent le bien et défendent le mal, qui respectent les limites d’Allâh[138].....[139]. Porte la bonne nouvelle aux croyants !

114. Ce n’est pas au Prophète, ni à ceux qui croient, d’implorer le pardon (d’Allâh) pour les idolâtres, même s’ils sont leurs proches parents, après qu’il est devenu manifeste qu’ils sont les compagnons de l’enfer.

115. Abraham n’aurait pas imploré le pardon (de Dieu) pour son père, sans la promesse qu’il lui avait faite. (Mais), lorsqu’il fut manifeste qu’il était un ennemi de Dieu, il s’abstint de le faire[140]. Et cependant Abraham était compatissant et bon[141].

116. Allâh n’égare un peuple, après l’avoir guidé, qu’après lui avoir fait savoir ce qu’il devait craindre. Car Allâh, en vérité, connaît tout.

117. En vérité, c’est à Allâh qu’appartient le royaume des cieux et de la terre ! Il donne la vie et Il fait mourir ! Hors de Lui, il n’y a ni patron, ni protecteur.

118. Allâh revint[142] bien au Prophète, et aux Mouhâdjerîn, et aux Ansâr[143], qui L’avaient suivi à l’heure des difficultés, alors que les cœurs d’une partie d’entre eux étaient près de dévier[144]. Alors Il revint à eux. En vérité, Il est à leur égard bon et miséricordieux.

119. (Il revint aussi) aux trois[145] qui étaient restés en arrière, de telle sorte que la terre, avec tout son vaste espace, était trop étroite pour eux, et qu’en eux-mêmes leurs âmes étaient à l’étroit[146], et qu’ils pensaient qu’il n’y avait pas (pour eux) de refuge auprès d’Allâh, sinon (Allâh) Lui-même. Alors, Il revint à eux, pour qu’ils (pussent) revenir à Lui. En vérité, Allâh aime à revenir (au pécheur) ; Il est miséricordieux.

120. Ô vous qui croyez ! Craignez Allâh et soyez avec ceux qui disent la vérité.

121. Ce n’était pas au peuple de Médine, ni à tous ceux qui étaient autour d’eux d’entre les Arabes nomades, de rester en arrière de l’Apôtre d’Allâh et de préférer leurs vies à la sienne[147]. C’est que ni la soif, ni la fatigue, ni la faim ne (pouvaient) les accabler[148] sur le sentier d’Allâh. Ils ne faisaient aucune démarche pour irriter les incroyants ; ils n’attendaient rien de l’ennemi[149], sans qu’une bonne œuvre ne fût inscrite pour eux[150]. En vérité, Allâh ne laisse point tomber la récompense de ceux qui font le bien.

122. Ils ne dépensent pas (en aumônes) de somme petite ou grande, ils ne traversent pas un oued[151], sans que tout soit inscrit pour eux[152], afin qu’Allâh les récompense mieux que (ne valent) les actions qu’ils ont accomplies.

123. Les croyants ne se mettront pas en avant (pour la guerre) tous ensemble. Si une troupe de chaque division[153] ne se met pas en avant (pour la guerre), c’est pour qu’ils (puissent) s’instruire dans la religion et avertir les gens (de leur tribu), quand ils retourneront auprès d’eux. Peut-être ceux-ci y prendront-ils garde[154] ?

124. Ô vous qui croyez ! Combattez les incroyants qui sont près de vous, et qu’ils trouvent en vous de la rudesse[155] ; et sachez qu’Allâh est avec ceux qui (Le) craignent.

125. Et quand une sourate (nouvelle) est révélée, il y en a parmi eux qui disent : « En est-il parmi vous dont la foi a été par là augmentée ? » Quant à ceux qui croient, la foi a été augmentée en eux et eux se réjouissent.

126. Mais quant à ceux qui ont dans leurs cœurs une maladie, elle ne fait qu’ajouter une plaie à leur plaie, et ils meurent incroyants.

127. Ne voient-ils pas qu’ils sont éprouvés chaque année une ou deux fois ? (Mais) ensuite, ils ne reviennent pas[156] et ne se souviennent pas.

128. Et lorsqu’une sourate (nouvelle) est révélée, ils se regardent les uns les autres (et disent) : « Est-ce que quelqu’un nous voit ? » Ensuite, ils tournent le dos et s’en vont. Allâh a détourné leurs cœurs[157] ; car ce sont des gens qui ne discernent pas.

129. Un apôtre est venu vers vous, du milieu de vous, fort pour porter vos péchés[158], anxieux à votre sujet parmi les croyants, compatissant, miséricordieux.

130. (Mais) s’ils tournent le dos, dis (leur) : « Allâh me suffit ! Il n’y a pas d’autre Dieu que Lui. Je m’en remets entièrement à Lui ; car Il est le Seigneur du grand trône. »




  1. À titre exceptionnel, nous faisons précéder d’une introduction le texte de la sourate, ce chapitre du Coran soulevant une question islamique d’un intérêt tout particulier.
  2. Ainsi nommée parce qu’il y est question de repentir. Elle est aussi appelée Sourate de l’immunité, du premier mot de la sourate.
  3. Voici la déclaration d’immunité, etc.
  4. La trêve annuelle des quatre mois, pendant lesquels toute guerre était interdite.
  5. La trêve de Dieu n’empêchera pas la volonté d’Allâh de s’accomplir ici-bas.
  6. Traduction littérale du texte. Cela signifie : il n’y a pas d’idolâtres pour Allâh et pour Son Apôtre. La réforme islamique, c’est-à-dire monothéiste, n’admet pas l’idolâtrie (Voy. ce que nous disons de ce passage dans l’Introduction, p. 49).
  7. C’est-à-dire le châtiment douloureux, que tu annonces, n’est pas pour les idolâtres qui, etc.
  8. Les quatre mois sacrés sont : le 10e mois Chaouwâl (le grand Béïram se célèbre ce mois-là), le 11e mois Dhoulkadah (au temps des anciens Arabes, l’état de guerre était interdit ce mois-là), le 12e mois Dhoulhidjah (le mois du pèlerinage) et le 1er mois Moharrem (où la guerre était défendue avant l’Islam, comme depuis Mahomet).
  9. La prière rituelle.
  10. L’aumône rituelle.
  11. Pour qu’il ait l’occasion d’entendre.
  12. Il y a dans le texte simplement Cela, au lieu de la phrase que nous avons écrite.
  13. La Mecque ou Médine.
  14. Sous-entendu : qui résultent de. Les idolâtres ne respecteront pas la foi jurée, qu’il s’agisse de la foi jurée sur le sang (les incisions pratiquées), ou sur le fait du patronage, dans le cas où l’idolâtre est le client du Musulman.
  15. Ils trafiquent à vil prix de la religion ; ils tirent de la religion d’indignes profits, en la rabaissant.
  16. Voy. v. 8.
  17. Voy. notes 1 et 2, p. 125.
  18. Ici les enseignements de la religion.
  19. Peut-être se convertiront-ils un jour.
  20. Voy. les notes 1 et 2 de la page 125.
  21. Il est frappant de voir que, dans le Coran, Mahomet, en parlant des croyants et de l’avenir qui leur est réservé ici-bas et dans le monde futur, emploie souvent la formule restrictive : peut-être, il se peut que, etc. Il n’abuse pas, comme le font certains sectaires, dans toutes les religions, de l’affirmation de la certitude du salut.
  22. Dans la voie droite.
  23. À La Mecque.
  24. Les deux hommes dont il est ici question.
  25. Ce verset est particulièrement intéressant. Les commentateurs musulmans y trouvent une allusion au fait que l’oncle de Mahomet, Aboû’l ’Abbâs, fait prisonnier, répondit au reproche d’impiété, que lui adressait Mahomet, qu’il avait toujours accompli son devoir, et que cela lui avait attiré autant de considération que s’il avait professé l’Islam. Mais ce verset a une portée bien plus grande : il a été invoqué, dans les controverses récentes sur le califat, pour affirmer le peu de valeur des pratiques religieuses, et, par suite la légitimité d’abolir le califat.
  26. Il s’agit des premiers adeptes de l’Islam.
  27. Dans les jardins du Paradis.
  28. Traduction littérale. Nous avons déjà signalé cet emploi du singulier suivi du pluriel.
  29. Du côté paternel.
  30. Allusion à la bataille de Honéïn (vallée à 3 milles de La Mecque), où Mahomet et ses partisans, au nombre de 12000, furent d’abord repoussés par deux tribus païennes avec 4000 hommes. Mais Mahomet ne tarda pas à reprendre l’offensive et à remporter la victoire. Ce combat eut lieu la 8e année de l’hégire.
  31. La bataille de Honéïn fut gagnée par l’intervention divine.
  32. Il y a dans le texte le mot arabe sakînat. Si on fait venir ce mot du radical arabe sakana, être tranquille, être au repos, il faut lui attribuer la signification de tranquillité, quiétude, repos, ce qui ne donne pas de sens au verset. Les commentateurs arabes, en général, ne comprennent pas ce mot, qui est d’origine juive. Voy. S. 2, v. 249 : « Leur prophète (c’est-à-dire un prophète après la mort de Moïse : v. 247) leur dit (aux Israélites) : « Le signe de son royaume (de Saül, nommé au v. 248 sous le nom de Talout) sera que viendra vers vous l’arche dans laquelle est la Sakînat de Votre Seigneur (c’est-à-dire la présence divine, la présence de Dieu). » Le mot arabe coranique sakînat est donc le terme rabbinique Chekînâh (litt. habitation, repos, du radical verbal châkên, habiter, reposer), qui, chez les Rabbins (Talmuds, etc.) a le sens de divinité, dont le trône est dans le temple, en Israël. La Chekînâh est donc la Divinité présente ou la Présence divine.
  33. Invisibles (armées célestes).
  34. À La Mecque.
  35. Résultat de la guerre et de l’arrêt du commerce qui en est la conséquence. Ce fragment sur la bataille de Honéïn pourrait être plus ancien que le reste de la sourate.
  36. Ce verset est d’une interprétation difficile. Si le texte en est sûr, il signifierait que les idolâtres et que les gens du Livre, c’est-à-dire les Juifs et les Chrétiens, infidèles à leur propre religion, doivent être mis à mort. Quant aux gens du Livre fidèles à leur religion, ils doivent être soumis à la capitation, et par ce fait mis dans un état d’infériorité. Mais est-ce bien là le sens du verset ? — S’il s’agit des Juifs et des Chrétiens, ce verset est en contradiction avec les déclarations très nettes et très positives de Mahomet (S. 5, v. 73 et 85) qui sont très favorables non seulement aux Juifs et aux Chrétiens, mais aussi aux Sabéens (voy. p. 102 et 106). Mais « ceux qui ont reçu le Livre » sont-ils dans ce passage les Juifs et les Chrétiens ? S’agit-il, comme on l’a pensé quelquefois, des adorateurs du feu, qui eux aussi avaient des livres religieux (le Zend Avesta), et qu’on désignait sous le nom de Mages au temps de Mahomet ? Voy. S. 22, v. 17. Ce passage de la S. 9 est très embarrassant.
  37. La tradition musulmane à laquelle il est fait allusion ici rapporte qu’Esdras, cent ans après sa mort, ressuscita et dicta de mémoire le contenu de toute la Bible hébraïque, qui s’était perdue pendant l’exil des Juifs à Babylone ; les Juifs disaient qu’Esdras n’avait pu accomplir ce prodige que parce qu’il était fils de Dieu. Cette tradition, rapportée par les auteurs musulmans, est d’origine juive. — On lit, en effet, au chapitre xiv du 4e Livre d’Esdras, écrit juif apocryphe de la fin du 1er siècle après J.-C., le récit suivant, dont voici le résumé. Avant sa mort, Esdras se tourna vers le Seigneur, en lui demandant ce qu’il arriverait, lorsqu’il ne serait plus là. « Qui enseignera ceux qui naîtront alors ? Le monde est dans les ténèbres et ceux qui y habitent sont privés de lumière, parce que Ta Loi a été brûlée et que personne ne sait ce que Tu as fait, ni ce qui arrivera. Si j’ai trouvé grâce devant Toi, envoie-moi le Saint-Esprit, pour que j’écrive tout ce qui a été fait dans le monde depuis le commencement, ce qui était écrit dans Ta Loi, afin que les hommes puissent retrouver la science, et que ceux qui veulent vivre, dans les nouveaux temps, puissent vivre. » La prière d’Esdras est exaucée. Esdras, après avoir bu dans une coupe le feu céleste, dicte, pendant 40 jours, à cinq scribes à la fois. « Dans ces 40 jours, furent écrits 94 livres. Et lorsque les 40 jours furent achevés, le Très-Haut prit la parole et dit : « Les premiers livres que tu as écrits, fais-les connaître, et que les dignes et les indignes les lisent ; mais les 70 autres et derniers, conserve-les pour les transmettre aux sages de ton peuple ; c’est en eux que se trouvent l’artère de l’intelligence, la source de la sagesse et le fleuve de la science. » — D’après cette légende, Esdras avait été l’instrument d’une inspiration tout à fait exceptionnelle de Dieu, mais il n’est pas dit qu’il fût fils de Dieu, au sens messianique du terme.
  38. Les Juifs et les Chrétiens.
  39. Le terme Rabbi (Seigneur), dont il y a ici le pluriel (’Arbâbân) ne s’applique en arabe (avec ou sans article) qu’au Dieu unique.
  40. La vraie religion.
  41. C’est en pure perte que docteurs et moines dissipent ce que les fidèles des religions juive ou chrétienne leur donnent, pour obtenir des grâces divines, des dispenses, des indulgences, etc. Tout cela n’a aucune valeur, au point de vue musulman.
  42. Cela, c’est-à-dire l’or et l’argent qu’ils auront amassés.
  43. Le Coran.
  44. Voy. leur liste au v. 5 de cette sourate.
  45. Les 12 mois. Il n’est pas admissible que Mahomet recommande la pratique des devoirs seulement pendant les 4 mois sacrés.
  46. Litt. : d’une manière absolue (expression répétée dans le même verset).
  47. Le mot arabe ici employé signifie : mois lunaire reporté au mois suivant, par exemple le Moharrem, mois sacré, reporté au Safer.
  48. Pratique du temps du paganisme arabe, lorsque, pour une raison quelconque, l’Arabe trouvait un avantage personnel à ce transfert. Mahomet condamne absolument cette pratique.
  49. Ils rendent légal cet état de choses, cette pratique illicite.
  50. Les infidèles tournent ainsi en belles actions les actes mauvais qu’ils commettent.
  51. Ce verset embrouillé est très peu clair ; le texte nous en a-t-il été bien conservé ? C’est douteux.
  52. Au secours du Prophète. Ce membre de phrase est la continuation du membre de phrase analogue du v. 39.
  53. Allusion à l’hégire, à la fuite de La Mecque.
  54. L’autre deuxième était Aboû Bekr, son seul compagnon, lorsque Mahomet s’enfuit de La Mecque.
  55. La grotte où les deux fugitifs se réfugièrent, et à l’entrée de laquelle, d’après la tradition, une araignée avait tissé sa toile, après que les fugitifs s’y étaient cachés.
  56. Voy. v. 26.
  57. Les armées célestes.
  58. Consacrez-vous complètement à la lutte.
  59. Si vous avez pleinement conscience de l’acte que vous accomplissez.
  60. La permission de ne pas combattre pour la religion.
  61. Même sens qu’à la note 1.
  62. En parlant ainsi.
  63. C’est-à-dire : Nous avions tout prévu.
  64. La victoire ou le martyre, d’après les commentateurs musulmans.
  65. Le châtiment viendra directement d’Allâh ou par l’intermédiaire du Prophète.
  66. La prière rituelle.
  67. L’aumône rituelle.
  68. Les versets 53 et 54 offrent entre eux une contradiction plus apparente que réelle, et qui provient au fond d’une rédaction négligée.
  69. C’est-à-dire qu’ils aillent dans l’autre monde ; de cette façon leur châtiment dans l’enfer sera d’autant plus terrible. On remarquera la violence avec laquelle le Prophète traite ses adversaires.
  70. Litt. : des espaces où entrer avec difficulté.
  71. C’est-à-dire au sujet de la distribution des aumônes.
  72. Il désire qu’Allâh leur fasse don de Sa grâce.
  73. Les deux mots arabes employés ne sont pas synonymes. Le fakîr (premier terme), c’est le pauvre devant Allâh, celui qui a fait vœu de pauvreté ; le meskin (second terme), c’est le misérable, le malheureux sans argent et sans ressources.
  74. Pour les aumônes. Il s’agit de ceux qui les recueillent et qui les distribuent. Ils ont droit à une part de l’aumône rituelle pour le travail qu’ils accomplissent dans ce but.
  75. À l’Islam.
  76. Pour le rachat des esclaves.
  77. La guerre sainte.
  78. Nous employons cette tournure française pour conserver le jeu de mots du texte. Mahomet fait allusion à ceux qui lui adressent des reproches et qui lui cherchent querelle.
  79. Le terme arabe désigne plus particulièrement les hypocrites en religion.
  80. Une nouvelle sourate du Coran.
  81. Sur la cause de leurs moqueries.
  82. Pour ne pas donner l’aumône.
  83. Triple répétition intentionnelle de la même formule.
  84. ’Ad, peuplade païenne du Sud de l’Arabie détruite par la Divinité pour n’avoir pas voulu reconnaître la mission du prophète Hoûd.
  85. Thamoûd, peuplade païenne de l’Arabie, dont l’habitacle a varié, mais qui se fixa aux confins de la Syrie, et qui fut exterminée par la volonté d’Allâh. Le prophète Salîh, leur compatriote, avait été envoyé aux Thamoudites, mais sa mission auprès de ce peuple rebelle avait été vaine.
  86. Ce sont les Madianites de l’Ancien Testament, population arabe du Nord de l’Arabie. Voy. sur leur prophète Chôaïb notre Introduction, p. 71, note 3.
  87. Sodome et Gomorrhe.
  88. Les apôtres de ces divers peuples.
  89. La prière rituelle.
  90. L’aumône rituelle.
  91. Il y a le pluriel dans le texte arabe. C’est l’Éden de la tradition biblique.
  92. Litt. : ils ont pensé à ce à quoi ils ne sont pas parvenus. Est-ce une allusion, comme l’ont cru certains commentateurs, à un projet de complot contre Mahomet, à une tentative avortée d’assassinat ? Ou n’est-ce pas plutôt la constatation d’un fait : les incroyants n’ont pas atteint le but qu’ils poursuivaient : leur incroyance, loin de s’étendre et de ruiner l’Islam, n’a abouti à rien.
  93. Leur dessein.
  94. Le fait qu’Allâh, par Son Apôtre, les a comblés de bienfaits, leur a fait abandonner leur dessein pervers. Allusion possible à la prospérité du commerce dans l’Arabie islamisée.
  95. Et non s’ils se convertissent, parce qu’ils sont déclarés avoir déjà professé l’Islam.
  96. Ils se sont détournés de la vérité.
  97. L’hypocrisie a été la conséquence de leur mauvaise foi.
  98. Dans le monde à venir.
  99. Litt. : dans ce qu’ils s’étaient engagés envers Lui et dans le fait qu’ils avaient été menteurs.
  100. Sans savoir s’ils pourront faire l’aumône.
  101. Ce sont ceux qui calomnient, qui se moquent de ces croyants qui ont de la peine, malgré leur bonne volonté, à trouver de quoi faire l’aumône. La phrase arabe est mal rédigée.
  102. Peu importe : le résultat sera le même.
  103. Allusion à l’expédition contre Taboûk, entreprise pour soumettre les tribus syriennes, qui s’étaient soulevées sur la frontière de l’Arabie. Cette expédition, la dernière dirigée par Mahomet lui-même, eut lieu la 9e année de l’hégire (630). Mahomet étant mort en 632, la Sourate 9 est donc bien l’une des moins anciennes du Coran.
  104. Ils peuvent rire maintenant de leur belle conduite (v. 82) ! Mais Allâh les punira.
  105. Pour ce qu’ils ont acquis comme œuvre méritoire auprès d’Allâh (ironique).
  106. Du combat.
  107. De ces gens qui ont préféré rester en arrière.
  108. L’expression française correspond bien à l’expression arabe (litt. : sortie, sortie en guerre).
  109. Paroles bien dures pour un réformateur religieux. D’éminents représentants des autres monothéismes peuvent tomber sous une critique aussi sévère.
  110. Par ces biens et ces enfants, dons qu’Allâh leur a faits. Ces bienfaits sont déjà pour eux, dans ce monde, une occasion de punition de la part d’Allâh.
  111. Ils mourront dans l’impénitence finale.
  112. De ne pas prendre part à la guerre sainte.
  113. Pour subvenir à leurs besoins. Ces diverses catégories de personnes sont exemptées du service pour la guerre sainte.
  114. Ces causes singulières (pauvreté, indigence v. 93, bienfaisance) d’exemption du service de guerre rappellent les cas d’exemption non moins étranges stipulés dans l’Ancien Testament : sont exemptés du service de guerre le propriétaire d’une maison neuve qui n’y est pas encore établi, le propriétaire d’une vigne nouvellement plantée mais dont il n’a pas encore récolté le raisin, le fiancé, le poltron (Deut. 20, v. 5-8) et le nouveau marié, la première année de son mariage (Deut. 24, v. 5).
  115. Il n’y aura rien non plus à reprocher à ceux-là.
  116. Dans le vain espoir d’échapper au châtiment que le Prophète leur annonce.
  117. Par leurs œuvres, ils n’ont mérité que l’enfer.
  118. Litt. : plus forts.
  119. Litt. : plus digne (plus acceptable, plus naturel).
  120. Le sens de ce verset paraît être : Il y a des Arabes nomades, qui considèrent toute dépense qu’ils sont contraints de faire comme un impôt qui leur est ordonné de payer. Aussi attendent-ils un changement de sort de vous ; ils pensent que, par un retour de bonne fortune, ils seront débarrassés de cette charge qui pèse sur eux. Mais c’est juste le contraire qui arrivera ; il y aura pour eux un changement de sort, mais mauvais. — Il n’est pas question, croyons-nous, dans ce verset, de l’aumône légale. Il s’agit de considérations beaucoup plus générales, et de l’opposition de la vie nomade des Arabes païens, avec ses nécessités et ses misères, avec la vie de l’Arabe civilisé, c’est-à-dire musulman, avec ses devoirs et ses charges mais avec ses avantages aussi et avec la connaissance de la vérité religieuse.
  121. Dans ce verset, il semble bien qu’il s’agisse d’aumône (rituelle), le texte employant pour désigner la prière le mot salât, qui s’emploie comme expression de la prière rituelle musulmane. Le sujet du v. 100, d’ailleurs, est tout à fait différent de celui du v. 99. Au v. 99, il s’agit d’Arabes païens, au v. 100 d’Arabes islamisés.
  122. Les Mouhâdjerîn, c’est-à-dire ceux qui ont fui de La Mecque avec Mahomet, lors de l’hégire.
  123. Les Ansâr, c’est-à-dire les aides, ceux qui ont aidé Mahomet à Médine.
  124. Toi, Mahomet (c’est Allâh qui parle).
  125. Dans ce monde et dans l’autre.
  126. Le texte arabe emploie les mots de l’Islam : sadaqat (aumône rituelle) et salât (prière rituelle).
  127. Belle pensée : une retraite, c’est-à-dire un moyen et un lieu de repos spirituel.
  128. De là le titre de la sourate : Sourate du repentir.
  129. Il vous redira ce que vous avez fait.
  130. La mosquée dont il est question ici avait été construite par les Beni Ghanem, à l’instigation de Aboû Hâmir, qui avait été un adversaire de Mahomet. Ils avaient désiré que le Prophète consacrât cette mosquée, élevée dans le but d’être la rivale de la mosquée, près de Médine, dont il est parlé au v. 109.
  131. Cette mosquée.
  132. Dans cette mosquée.
  133. C’est la mosquée de Qoubâ, à deux milles de Médine, fondée par Mahomet quatre jours avant son entrée à Médine, après sa fuite de La Mecque. C’est la mosquée la plus ancienne dans l’Islam.
  134. Sur le point de crouler.
  135. Les Beni Ghanem.
  136. Par le repentir.
  137. La Loi juive.
  138. C’est-à-dire les lois d’Allâh.
  139. Sous-entendu : tous ceux-là seront récompensés dans le monde à venir.
  140. Il s’abstint d’implorer encore (une seconde fois) le pardon de Dieu.
  141. Cette légende musulmane sur Abraham s’est formée probablement sur la tradition biblique relative à l’intercession d’Abraham en faveur des habitants de Sodome et de Gomorrhe, parmi lesquels se trouvaient son neveu Lot et sa famille (Gen., chap. 18 et 19).
  142. C’est-à-dire ici pardonna.
  143. Sur ces noms voy. le v. 101.
  144. Allâh leur a pardonné leurs fautes, quelque graves qu’elles eussent été, à cause des services qu’ils avaient rendus à Sa cause.
  145. Trois Ansâr qui avaient refusé de suivre Mahomet à Tahoûk.
  146. Expressions imagées du repentir des trois.
  147. Litt. : leurs âmes à son âme.
  148. Litt. : leur survenir.
  149. C’est-à-dire aucun mal.
  150. Et portée en compte à leur profit dans l’autre monde.
  151. Un oued (wâdy), c’est-à-dire une rivière. En Arabie, le lit d’un oued est généralement à sec, mais, à la suite de pluies ou d’orages, il peut devenir un torrent profond, débordant et par conséquent dangereux.
  152. À leur actif, comme sur un livre de compte.
  153. Tribu ou clan.
  154. La préoccupation de la propagande religieuse limite le nombre des combattants.
  155. Un rude accueil.
  156. Ils ne se repentent pas.
  157. Allâh a fait dévoyer leurs cœurs.
  158. Pensée profonde et digne d’être remarquée. Le lecteur a pu constater déjà combien le sentiment du péché est accusé dans le Coran.