Le Koran (Traduction de Kazimirski)/1

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Librairie Charpentier (p. 1-2).

CHAPITRE PREMIER[1].


Donné à la Mecque. — 7 versets.


Au nom du Dieu clément et miséricordieux[2].


  1. Louange à Dieu, maître de l’univers[3]
  2. Le clément, le miséricordieux,
  3. Souverain au jour de la rétribution[4].
  4. C’est toi que nous adorons, c’est toi dont nous implorons le secours.
  5. Dirige-nous dans le sentier droit[5],
  6. Dans le sentier de ceux que tu as comblés de tes bienfaits[6],
  7. Non pas de ceux qui ont encouru ta colère, ni de ceux qui s’égarent[7].

  1. Le premier chapitre est appelé fatihat ol kitâb, chapitre qui ouvre le livre, ou simplement el fatiha ; on l’appelle aussi : el sourat el ouafiyè, le chapitre qui complète tous les autres ; el sourat et kafiyé, le chapitre suffisant, c’est-à-dire qui tient lieu des autres ; el sourat el hamd, ou el choukr, ou el doua, le chapitre de la louange et des actions de grâces et de la prière ; el sourat el chafiye, le chapitre qui guérit ; el chefa, le remède ; aças, la base ; sourat el kenz, chapitre du trésor. On l’appelle encore sab’ol meçani, les sept (versets) répétés ; car les musulmans les récitent plus souvent que les autres, et en font une prière à laquelle ils attribuent des vertus merveilleuses. On le nomme enfin omm’ol Kour’an, mère du Koran ; omm’ol kitâb, mère du livre ; il ne faut pas confondre l’acception que ce dernier nom a ici avec celles des autres passages du Koran que nous ferons remarquer en leur lieu. Voyez entre autres, chap. III, 5, et chapitre XLIII, 3.
  2. En arabe, bismillahi’rrahmani’rrahim. Cette invocation se lit en tête de tous les chapitres du Koran, le chapitre IX seul excepté. Le mot rahman est appliqué à Dieu comme embrassant dans sa miséricorde tous les êtres, sans distinction aucune ; rahim, au contraire, veut dire miséricordieux, dans un sens plus restreint, envers les bons, les fidèles, ceux qui méritent sa grâce. Bien que la traduction donnée ici ne rende pas la nuance qui existe entre ces deux mots arabes, nous l’avons conservée comme étant généralement adoptée.
  3. Le mot alemin qui se trouve dans le texte a été traduit diversement. La collation de différents passages où se trouve ce mot nous permet de le traduire tantôt par univers, tantôt par tous, tout le monde, les humains.
  4. Arbitre suprême et absolu au jour du jugement dernier, parce que ce jour-là donnera pour séjour éternel, aux uns le paradis, et aux autres l’enfer.
  5. Le sentier droit est l’islâm : l’islamisme.
  6. Ou entend par les mots : Ceux que tu as comblés, etc., les prophètes et les envoyés de Dieu.
  7. Les commentateurs expliquent les mots : qui ont encouru ta colère, les juifs, et les mots : qui s’égarent, aux chrétiens. En général, Mahomet traite avec beaucoup plus de douceur les chrétiens que les juifs. Voy. ch. V, vers. 85-87.
    Après le dernier verset de ce chapitre, il faut dire amin (amen) ; c’est la sunna (usage) fondée par ces paroles de Mahomet : « Gabriel m’a appris à dire amen chaque fois que j’aurais achevé de réciter la Fatiha.