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Le Mahâbhârata (traduction Ballin)/Volume 1/Chap40

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Traduction par Ballin, L..
Paris E. Leroux (1p. 268-272).


CHAPITRE XL


LÉGENDES SARASVATIENNES


Argument : Halâyoudha va à Auçanasa. Légende de ce tîrtha ; accident arrivé à Maliodara qui cherchait à se délivrer de la tête de Rakshasa fixée à sa jambe. Il en est délivré à Auçanasa auquel les rishis donnent à cause de cela le nom de Kapalamocana. Halâyoudha va à l’ermitage de Roushangou.


2246. Vaiçampâyana dit : Râma Halâyoudha, ayant séjourné en cet endroit et honoré les habitants de l’ermitage, montra une dévotion éclatante, à l’égard de Mankanaka.

2247. Après avoir fait des dons aux brahmanes, et avoir passé la nuit en ce lieu, le Lângalin, honoré par les mounis, se leva quand le matin (fut arrivé).

2248. Après avoir imploré (la bienveillance de) tous les mounis et avoir touché l’eau, ô Bharatide, Râma s’empressa de continuer son voyage aux tîrthas.

2249. 2250. De là, Halâyoudha alla au tîrtha appelé Auçanasa (d’Ouçanas) Kapalamocana (qui délivre de la tête), là où le grand mouni Mahodara (qui a un gros ventre), dont la jambe avait été saisie, ô roi, par la grosse tête du Rakshasa frappé jadis par Râma, (fils de Daçaratha), ô grand roi, fut délivré (de cette calamité).

2251. En ce lieu, toutes les pratiques ascétiques furent accomplies par le très magnanime Kâvya (Ouçanas). La prudence entière de ce grand sage y prit naissance.

2252. C’est là qu’il médita sur la guerre (des dieux) contre les daityas et les dânavas. Bala, ô roi, ayant atteint cet excellent et sublime tîrtha,

2253. Fit des libéralités, selon les règles, aux magnanimes brahmanes.

2254, Janamejaya dit : Ô brahmane, pourquoi (appelle-t-on) Kapalamocana (le lieu) où le grand mouni fut délivré ? Comment et pour quel motif la tête (du rakshasa) s’attacha-t-elle à lui ?

2255, 2256. Vaiçampâyana dit : Jadis, ô tigre des hommes, la tête d’un cruel rakshasa fut coupée, à l’aide d’un glaive tranchant, ô Janasthâna, par le magnanime Raghouide (Râmabhadra) qui demeurait dans (la forêt de) Dandakâranya, et qui était destiné à détruire les rakshasas. Cette (tête) tomba dans les grands bois.

2257. Ô roi, elle s’attacha d’elle-même à la jambe de Mahodara qui errait dans la forêt, et, ayant brisé l’os, elle se mit à s’agiter.

2258. Ce brahmane à la grande sagesse fut (alors) empêché, par cette (tête qui s’était) attachée (à lui), de s’approcher des tîrthas et des temples.

2259. Ce grand mouni, atteint de douleurs qui s’accompagnaient d’écoulement de pus, visita (ensuite) 18 à ce que nous avons entendu dire, tous les tîrthas de la terre.

2260. Ce grand ascète alla vers toutes les rivières et vers les mers, et raconta aux rishis à l’esprit purifié, tout ce (qui lui était arrivé),

2261. Et, (que s’étant) baigné dans tous les tîrthas, il n’avait pas obtenu d’être délivré. Cet Indra des brahmânes reçut (alors) un avis important des mounis, (qui lui dirent que)

2262. Le plus excellent des tîrthas de la Sarasvatî, appelé alors Auçanasa calmait tous les maux, (que c’était) le lieu (qui favorisait) l’accomplissement (des désirs des ascètes), et que rien (ne lui était) supérieur.

2263, 2264. Le brahmane alla au tîrtha Auçanasa. Pendant qu’il y faisait son ablution, cette tête abandonna son pied et tomba dans l’eau. Il fut très heureux d’en être délivré.

2265. Et cette tête elle-même disparut à l’intérieur de l’eau. Alors, ô roi, débarrassé de cette tête, l’âme purifiée, délivré de ce qui le souillait,

2266. Mahodara, satisfait, ayant atteint son but, alla à (son) ermitage ; y étant entré après sa délivrance, ô grand roi,

2267-2270. Il raconta tout ce qui lui était arrivé aux rishis à l’esprit purifié. Ceux-ci, ô homme inspirant le respect, s’étant assemblés pour entendre son récit, donnèrent à ce tîrtha le nom de Kapalamocana (qui délivre de la tête). Le mouni, étant revenu au plus excellent des tîrthas, et ayant bu beaucoup d’eau, s’achemina vers la perfection. Le Madhavide, le plus excellent de ceux de Vrishni, après avoir fait en cet endroit de grandes offrandes, et avoir honoré les brahmanes, se dirigea vers l’ermitage de Roushangou, où le Rishtishenien pratiqua un ascétisme excessif, ô Bharatide,

2271. Où le grand mouni Viçvâmitra obtint la qualité de brahmane. Le grand ermitage, où les désirs sont (toujours) accomplis,

2272. Fut constamment habité par les mounis et même par les brahmanes, ô puissant. Alors le fameux Halâyoudha, entouré par les brahmanes,

2273. Alla, ô Indra des rois, là où Roushangou renonça à la ie. Le brahmane Roushangou, vieilli dans la pratique de l’ascétisme, o Bharatide,

2274, 2275. Après avoir beaucoup réfléchi, avait habitué son esprit à l’idée d’abandonner son corps. Roushangou, (l’homme) au grand ascétisme, rassembla tous ses enfants et leur dit : « Conduisez-moi à Prithoûdhaka (où l’eau est abondante). » Ces ascètes, constatant que Roushangou avait (atteint) un grand âge,

2276, 2277. L’amenèrent au tîrtha de la Sarasvatî. Alors ce sage et très grand ascète, conduit par ses fils à la Sarasvatî, (rivière) salutaire, possédant des centaines de tîrthas, (dont les rives sont) habitées par une multitude de prêtres, s’y baigna selon les règles.

2278. Le plus grand des rishis, très satisfait, après avoir reconnu les qualités du tîrtha, dit à ses fils qui s’étaient assis près de lui, ô tigre des hommes :

2279. Celui qui, occupé à murmurer des prières, à Prithoûdaka, sur la rive supérieure de la Sarasvatî, abandonnera volontairement la vie, ne sera pas dorénavant soumis à la mort.

2280-2284. Ce sage Halâyoudha, le fort et majestueux Balabhadra, ayant touché l’eau (de ce tîrtha) et s’y étant baigné, et, dans son amour pour les brahmanes, ayant fait de grandes libéralités aux prêtres, arriva à l’endroit 011 l’adorable ancêtre du monde créa l’univers, là où, ô Kourouide, le Rishtishenien, le plus grand des rishis, aux vœux parfaits, obtint, au prix d’un grand ascétisme, la qualité de brahmane, ainsi que Sindhoudvipa et le râjarshi Devâpa, là où, aussi, l’adorable mouni Viçvâmittra, le grand ascète à l’énergie terrible, après avoir accompli de grandes austérités, obtint la même qualité.