Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume I/Le Yasna

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Traduction par James Darmesteter.
Texte établi par Musée Guimet, Ernest Leroux (I. La Liturgie (Yasna et Vispéred) (Annales du Musée Guimet, tome 21)p. ).







YASNA



Formules d’introduction.


INTRODUCTION


Deux Mobeds qualifiés 1 [1] entrent dans l’enceinte du sacrifice et lient leur kosti : l’un d’eux, celui qui doit jouer le rôle de Râspî, lave et consacre les instruments du sacrifice et les prépare conformément au cérémonial du Paragra (v. plus haut) : après quoi, il pose la main sur le Barsom et s’assied.


Le Mobed qui doit jouer le rôle de Zôt prononce un Ashem vohû :

 

1. Ashem vohû 2 [2]. La sainteté est le bien suprême, et c’est aussi le bonheur. Le bonheur à celui qui est saint de la sainteté suprême !


Puis, debout devant la cuve à laver les instruments (la kundi), il prononce un Ahunvar :

 

Yathâ ahû vairyô 2 [2]. Le désir du Seigneur est la règle du bien.

Les biens de Vohu Manô aux œuvres faites en ce monde pour Mazda !

Il fait régner Ahura, celui qui secourt le pauvre 3 [3].


Il lave ses deux mains l’une après l’autre, en disant à chaque fois :

 

Khshnaothra Ahurahê Mazdâo. Ashem Vohû. « Réjouissance à Ahura Mazda ! Ashem Vohû. »

 

Les mains lavées, il se tourne vers le feu, le visage vers l’Orient, et dit :

 

Nemase tê 4 [4] …Prière à toi, ô Feu d’Ahura Mazda, divinité bienfaisante et très grande !

Khshnaothra… Réjouissance à Ahura Mazda ! Ashem Vohû.

Fravarânê 5 [5]… Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, sectateur de la loi d’Ahura ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Hâvani 6 [6], saint, maître de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Sàvaṅhi 6 [6] et Vìsya 6 [6] , saints, maîtres de sainteté ;

2. offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification au Feu, fils d’Ahura Mazda ; à toi 7 [7] ô Feu, fils d’Ahura Mazda !

 

Le Zôt.

 

Le désir du Seigneur … — que le Zaotar me le dise !..

 

Le Râspi.

 

Le désir du Seigneur… — que ce prêtre Zaotar me le dise !..

 

Le Zôt.

 

C’est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame 8 [8] !

 

Ensuite le Zôt s’approche du siège bas où il doit s’asseoir (le hindôrà) : il monte en récitant deux Ahunvar, l’un en mettant le pied droit, l’autre en mettant le pied gauche, et se tient debout sur le siège. Alors le Zôt et le Râspì font, s’il y a lieu, le Khoshnùman 9 [9] de la personne ou du Génie à l’intention de qui est offert le sacrifice ; puis, joignant les mains, toujours debout, et le pouce du pied droit placé sur le pouce du pied gauche, ils disent :

 

4 10 [10]. Frastuyê… Je loue et appelle les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions dans ma pensée, dans ma parole, dans mon action.

Je m’empare de toute bonne pensée, toute bonne parole, toute bonne action ; et je m’abstiens de toute mauvaise pensée, toute mauvaise parole, toute mauvaise action.

5. Je vous donne, ô Amesha-Speñtas, sacrifice et prière. Je vous donne ma pensée, ma parole, mon action. Je vous donne mon âme et la vie de mon corps.

6. Je fais l’éloge de la sainteté 11 [11] : « La sainteté est le bien suprême et c’est aussi le bonheur. Le bonheur à celui qui est saint de la sainteté suprême ! »

 

Ici le Zôt plonge les mains dans la cuve, verse quelques gouttes sur le lien du Barsom, tourne le Barsom sur le Màhrù avec les deux mains, le prend dans la main gauche et dit :

 

7. Fravarânê… Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, sectateur de la loi d’Ahura ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Hâvani, saint, maître de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Sâvañhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification aux Génies des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années.

8. 12 [12] Réjouissance 13 [13] à Ahura Mazda, brillant et glorieux ; aux Amesha-Speñtas ;

à Mithra, maître des vastes campagnes, et à Râma Hvâstra ;

9. au Soleil immortel, brillant, aux chevaux rapides ;

à Vayu, le triomphant, qui écrase toutes autres créatures ; — à cette partie de toi, ô Vayu, qui appartient à l’Esprit du Bien ;
à la très droite Cista, créée par Mazda, sainte ;

à la bonne Religion mazdéenne ;


10. à la Parole Divine, sainte, qui exprime le désir du Seigneur ;

à la Loi ennemie des Daêvas, la loi de Zarathushtra ;

à la longue Tradition de la bonne Religion mazdéenne ;

à la Propagande de la Parole Divine ;

à l’Intelligence qui retient la Religion mazdéenne ;

à la Connaissance de la Parole Divine ;

à l’Intelligence naturelle, créée par Mazda ; à l’Intelligence acquise par l’oreille, créée par Mazda ;


11. au Feu, fils d’Ahura Mazda ;

à toi, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux ;

au mont Ushi-darena, créé par Mazda, siège de sainte félicité ;


12. à toutes les divinités saintes du monde spirituel et de ce monde ;

aux redoutables, victorieuses Fravashis des saints ;

aux Fravashis des premiers fidèles ;

aux Fravashis des proches parents ;

Pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

 

13.
Le Zôt.
Le désir du Seigneur… que le Zaotar me le dise !..

 

Le Râspî.
Le désir du Seigneur… que ce prêtre Zaotar me le dise !..

 

Le Zôt.
C’est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame !

 

Ashem vohû (3 fois).

 

14. Réjouir Ahura Mazda ! écraser Angra Mainyu ! C’est le désir le plus ardent des fidèles loyaux. — Ashem vohû (3 fois).


15. Yathâ ahû vairyὸLe désir du Seigneur est la règle du bien.

Les biens de Vohu Manô aux œuvres faites en ce monde pour Mazda !

Il fait régner Ahura, celui qui secourt le pauvre (4 fois).

 

Le Zôt continue à tourner le Barsom sur le Màhrù : au quatrième Ahunvar, il répète par trois fois le mot final dadat vàstàrem « il secourt ».


Hâ I.


Le Nivâedhayêmi haûkârayêmi Ahurahê mazdâo.


Pour que le sacrifice remplisse son objet, il faut que ceux à qui il est destiné en soient informés, afin de le recevoir. Tout sacrifice doit donc commencer par une invitation aux dieux, « Quand on les y invite (amatshân tamâ barâ karìtûnand), ils acceptent le sacrifice ; si on ne les invite pas, ils en restent éloignés à la hauteur d’une lance » (Shâyast lâ Shâyast, IX, 10-13). Cette invitation est l’objet des quatre premiers Hâs.
Le premier Hâ est composé essentiellement du nom des divinités invoquées, précédé des deux mots nivaêdhayêmi hañkârayêmi dont il importe de déterminer le sens précis, parce qu’en fait ils constituent tout le Hâ. Ils sont traduits par Anquetil « je prie et j’invoque » ; par Burnouf « j’invoque et je célèbre » ; par M. Spiegel « Ich lade ein und thue es kund » ; par M. de Harlez « j’offre et j’accomplis ce sacrifice ». Je crois que M. Spiegel se rapproche le plus du sens exact pour le premier mot et M. de Harlez pour le second. Le commentaire pehlvi traduit nivìdînam û hangartìnam, ce qui n’apprend rien, n’étant que la reproduction pehlvie de l’original ; mais il ajoute en glose : ô danâ izishn nividinam, aigh bûn obdûnam ; hangartinam, aighash rὸishâ barâ obdûnam « à ce sacrifice nividinam, c’est-à-dire que je le commence ; hangartinam, c’est-à-dire que je le termine ». Or, comme le persan nivid est l’« annonce d’une nouvelle » et que l’annonce du sacrifice en constitue en effet le premier acte, nous concluons que nivaêdhayêmi est l’annonce du sacrifice au dieu, c’est-à-dire l’invitation : ainsi traduit Fràmjî Aspandyârjî : ijan karū « j’invite ».
On serait porté à attendre, par analogie, que hañkârayêmi doive également s’appliquer à un acte déterminé du sacrifice, et qui serait l’acte final ; mais on voit par d’autres passages que hañkâray signifie « faire complètement, accomplir », par opposition à un acte imparfait et mutilé (cf. Y. 71, 18 [70, 79-80]) : c’est dans ce sens que traduit Nériosengh : sampûrnam karomi « j’accomplis, je parfais » et plus explicitement encore Frâmjî : ijishne avalthine âkharlage sampuran karū « j’accomplis le sacrifice du commencement à la fin ». Par suite, en prenant pour exemple le premier des dieux invités, la formule signifiera : « J’invite [Ahura Mazda à ce sacrifice] et j’exécute d’un bout à l’autre [ce sacrifice] pour Ahura Mazda. » Les nécessités de la concision et de la syntaxe nous forcent d’employer une traduction un peu moins précise ; « J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Ahura Mazda. »


L’énumération des divinités invoquées comprend la plus grande partie du panthéon mazdéen. Elle suit un ordre assez systématique. Elle commence par le dieu suprême et le groupe des Amesha-Speñtas. Suivent presque immédiatement les groupes de génies qui président aux diverses divisions du temps : génies des cinq parties du jour (§§ 3-7), génies des mois et des trois divisions du mois (§ 8), génies des six fêtes de saison (§ 9). Viennent ensuite les génies des astres ; puis un certain nombre d’abstractions religieuses divinisées, et les diverses parties du monde en partant du lieu où se trouve le sacrifiant.


La plupart des divinités reçoivent le titre de ashavan, ashahê ratu, que nous convenons de traduire « saint, maître de sainteté ». Ce mot de ratu, que plus d’une fois nous nous contenterons de reproduire sans le traduire, est un des termes les plus importants de la langue religieuse. Il signifie proprement maître, au sens de maître spirituel, et s’oppose à ahu, le maître matériel ; c’est celui qui donne la règle. Il a trois emplois différents :
1° Il s’applique à des dieux, comme étant la source de la règle, et c’est le cas dans notre chapitre.
2° Il s’applique au prêtre, considéré comme directeur de conscience, comme indiquant au fidèle la règle qu’il doit suivre, autrement dit comme dastô-bar (dastùr) 1 [14] ; dans un sens plus spécial, il désigne un degré élevé de la hiérarchie ecclésiastique (voir Appendice B et Hâ XIX, Introduction).
3° Il désigne le chef qui est supposé placé à la tête de chaque classe d’êtres, comme Ahura est à la tête des dieux, et Zarathushtra à la tête des hommes. Voir Y. 13 et Vispéred I.


Les trois Hâs qui suivent, II-III-IV, sont le complément du premier Hâ. Ils font en détail ce que le Hâ I a fait d’une façon générale. Le Hâ I a annoncé aux dieux le sacrifice qui va leur être offert ; le Hâ II appelle spécialement leur attention sur deux offrandes du sacrifice, la libation et le Baresman ; le Hâ III sur les autres offrandes. Le Hâ IV marque un pas nouveau dans la marche du sacrifice : il consacre ces offrandes à ces dieux.
La liste des divinités invitées est naturellement la même dans les quatre Hâs. Mais la litanie du Hâ II contient quelques variantes d’expression, principalement dans les épithètes.

Zôt et Râspi ensemble :

 

1. J’annonce et j’offre [ce sacrifice] au créateur Ahura Mazda, brillant et glorieux 2 [15] ; le plus grand, le meilleur, le plus beau (des êtres) 3 [16] ; le plus ferme, le plus intelligent, le plus parfait de forme 4 [17] ; suprême en sainteté 5 [18] ; sage pour le bien 6 [19], qui donne la joie à plaisir 7 [20] ; qui nous a créés, qui nous a formés 8 [21], qui nous a entretenus ; qui est l’Esprit très Bienfaisant 9 [22].


2 (5) 10 [23] J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Vohu Manô 10 [23], à Asha Vahishta 10 [23], à Khshathra Vairya 10 [23], à Speñta Ârmaiti 10 [23], à Haurvatât 10 [23] et Ameretât 10 [23] ;
Au Corps du Taureau, à l’Âme du Taureau 11 [24] ;


Au Feu 12 [25] d’Ahura Mazda, le plus prompt à venir 13 [26] des Amesha-Speñtas 14 [27].
3 (7). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux Génies des veilles 15 [28], maîtres de sainteté ;

À Hàvani 16 [29], saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Sàvanhi et à Vîsya 15 [28], saints, maîtres de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Mithra 17 [30] maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux, divinité invoquée par son nom 18 [31], et à Ràma Hvàstra 19 [32].
À partir d’ici le Zôt récite seul ; le Râspi jette des parfums sur le feu.

 

4 (10). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Rapithwina 20 [33], saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Frâdat-fshu et, à Zaṅtuma 15 [28], saints, maîtres de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Asha Vahishta 21 [34] et au Feu d’Ahura Mazda.


5 (13). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Uzayêirina 22 [35], saint, maître de sainteté.
J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Fràdat-vîra et Dahyuma 15 [28], saints, maîtres de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] au grand, au souverain Apām Napât 23 [36] et aux eaux créées par Mazda.
6 (16). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Aiwisrûthrima Aibigaya 24 [37], saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Frâdat-vîspām-hujyàiti 15 [28], et au Zarathustrôtema saints, maîtres de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux Fravashis des justes 25 [38] et aux Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes 26 [39] ;

et au Bonheur de l’année 27 [40] ;

et à la Force bien faite et de belle taille, à Verethraghna, créé par Ahura, et à l’Ascendant destructeur 28 [41].
7(20). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Ushahina 29 [42], saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Berejya et à Nmânya 15 [28] saints, maîtres de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] au pieux Sraosha 30 [43], dévot, victorieux, qui accroît le monde ; et à Rashnu Razishta 31 [44], et à Arshtàt 32 [45], qui accroît le monde, qui fait grandir le monde.
8 (24). J’annonce et j’accomplis [ce sacrifice] aux Mois 33 [46], saints, maîtres de sainteté.

J’annonce et j’accomplis [ce sacrifice] à la Nouvelle Lune 34 [47], sainte, maîtresse de sainteté.

J’annonce et j’accomplis [ce sacrifice] à la Pleine Lune 34 [47] et au Vîshaptatha [47], saints, maîtres de sainteté.
9 (26). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux Fêtes de saison 35 [48], saints, maîtres de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Maidhyôi-zaremaya 35 [48], saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Maidhyôi-shema 35 [48], saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Paitish-hahya 35 [48], saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Ayàthrima 35 [48] où la chaleur tombe et où se fait la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Maidhyàirya 35 [48] ; saint, maître de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Hamaspathmaêdaya 35 [48], saint, maître de sainteté 36 [49].
J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux Années, saintes, maîtres de sainteté.


10 (33). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois 36 [50], qui s’approchent d’ici à l’heure de Hàvani 37 [51]; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra 38 [52].
11 (34). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Ahura et à Mithra 39 [53], grands, impérissables et saints ;

et aux Étoiles, créations de l’Esprit Bienfaisant 40 [54] :

à Tishtrya, étoile brillante et glorieuse 41 [55] ;

à la Lune, qui contient le germe du Taureau 42 [56] ;

au Soleil, aux chevaux rapides, œil d’Ahura Mazda ;

à Mithra, maître des pays 43 [57].
Ici le Zôt invoque le jour et le mois ; les manuscrits donnent pour exemple le premier Jour du premier mois, c’est-à-dire le jour Ormazd du mois Farvardin :

 

[(36-37). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Ahura Mazda, brillant et glorieux.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux Fravashis des justes.]


12 (38). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à toi 44 [58], ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux bonnes eaux 45 [59] et à toutes les eaux créées par Mazda 46 [60], à toutes les plantes créées par Mazda.

 

13 (40). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à la Parole Divine 47 [61], sainte, qui exprime le désir du Seigneur 48 [62] ;

à la Loi ennemie des Daêvas 49 [63], la loi de Zarathushtra ;

à la longue Tradition 50 [64] ;

à la bonne Religion Mazdéenne 51 [65].
14. (41) J’annonce et j’offre [ce sacrifice] au mont Ushidarena 52 [66], créé par Mazda, siège de sainte félicité, et à toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité 53 [67], créées par Mazda ;

à la Gloire des Kavis, créée par Mazda 54 [68]
 ;
à la Gloire insaisissable 55 [69] créée par Mazda ;

à la bonne Richesse (Ashi) 56 [70], à la bonne Sagesse (Cisti) 57 [71], à la bonne Pensée (Erethé) 58 [72], au bon Penser (Rasāstāt) 59 [73] ;

à la Gloire et au Bien-Être, créés par Mazda.


15 (44). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à la bonne Bénédiction du juste 60 [74] et au juste lui-même, saint ; et à la Pensée de malédiction du sage, Divinité redoutable et puissante 61 [75].
16 (45). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à ces lieux et ces contrées ; à ces campagnes, ces demeures, ces étables 62 [76] ; à ces eaux, ces terres, ces plantes ; à cette terre et ce ciel ; au vent saint, aux étoiles, à la lune, au soleil, à la Lumière infinie créée d’elle-même 63 [77] ; à toutes les créatures de l’Esprit Bienfaisant, saintes, maîtres de sainteté.


17 (46). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] au Grand Maître de sainteté 64 [78] ; aux maîtres des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saisons, des années, maîtres de sainteté ; au maître Hàvani 65 [79].

 

18 (47). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux Fravashis des saints, redoutables et victorieuses ; aux Fravashis des premiers fidèles 66 [80] aux Fravashis des proches parents 67 [81], à la Fravashi de mon âme à moi-même.
19 (48). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à tous les maîtres de sainteté.

J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à toutes les divinités 68 [82] bienfaisantes du monde spirituel et de ce monde 69 [83], à qui il faut offrir le sacrifice et la prière 70 [84] avec une sainteté parfaite 71 [85].
20 (50). O Hâvani, saint, maître de sainteté !

O Sâvaṅhi, saint, maître de sainteté 72 [86] !

O Rapithwina, saint, maître de sainteté !

O Uzayêirina, saint, maître de sainteté !

O Aiwisrûthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté !

O üshahina, saint, maître de sainteté !


21 (56). Si je t’ai offensé 73 [87] en pensée, en parole ou en action, avec intention ou sans intention 74 [88] ; pour cela, je te loue [de nouveau] ; je t’invite [de nouveau au sacrifice], si je t’ai manqué en quelque chose dans le sacrifice et la prière.


22 (60). Vous tous Ratus, très grands, saints, maîtres de sainteté ; si je vous ai offensés en pensée, en parole ou en action, avec intention ou sans intention ; pour cela, je vous loue de nouveau ; je vous invite de nouveau [au sacrifice], si je vous ai fait tort en quelque chose du sacrifice et de la prière.
Zôt et Râspi ensemble :

 

23 (65). Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, sectateur de la loi d’Ahura :

En l’honneur de Hâvani, saint, maître de sainteté ; pour lui sacrifier, le prier, le réjouir, le glorifier ;

En l’honneur de Sâvanhi et de Vîsya, saints, maîtres de sainteté ; pour leur sacrifier, les prier, les réjouir, les glorifier ;

En l’honneur des Génies du jour, des veilles, des mois, des saisons, des années, pour leur sacrifier, les prier, les réjouir, les glorifier.


Appendices.





APPENDICE



A. Ahura Mazda. — Speñta Mainyu et Añgra Mainyu. — Vohu Manô, Asha Vahishta, Khshathra Vairya, Speñta Ârmaiti, Haurvatàt, Ameretât.


Appendice A. — Ahüra Mazda et les Amesha-Spentas

Ahura Mazda. — Speñta Mainyu et Añgra Mainyu. — Vohu Manô, Asha Vahishta, Khshathra Vairya, Speñta Ârmaiti, Haurvatàt, Ameretât.


Ahura Mazda est le dieu suprême du Mazdéisme ; les divinités secondaires, Amesha-Speñtas et Yazatas, sont sa création. Il est le créateur par excellence : dâtar, dadhvaô. Il est tout pouvoir et toute science, et ces deux caractères lui ont donné son nom : Ahura 1 [89] « le Seigneur », Maz-dào 2 [90] « le grand sage ».
Il n’a créé que le bien et les choses bonnes : le mal vient d’un autre être, Añgra Mainyu.
Dans cette conception dualiste, Ahura Mazda s’appelle Speñta Mainyu, que nous traduisons « l’Esprit Bienfaisant ou l’Esprit du Bien » 3 [91], ou Mainyu Spénishta « l’Esprit très bienfaisant, le plus bienfaisant des Esprits », par opposition à Añgra Mainyu, Aharman ou Ahrìman, l’Esprit du Mal, littéralement « l’Esprit Destructeur » 4 [92].
Ahura Mazda, comme source du bien, est la source de l’asha, il est l’être ashavan par excellence. Asha et ashavan sont des termes presque intraduisibles par la multiplicité d’idées qu’ils expriment. Asha (pour arta 5 [93]) désigne le bien, la vertu sous ses deux formes, morale et religieuse, et aussi la félicité suprême, que l’on obtient au ciel par l’asha. Ashavan désigne l’être d’asha, le fidèle idéal, le juste, et aussi le bienheureux du paradis, un ashavan sur terre faisant un bienheureux au ciel. Nous avons employé en général les mots « sainteté » et « saint » qui sont assez généraux pour pouvoir s’appliquer à la plupart des cas, et donner en même temps une idée de la hauteur d’idéal que le mot asha comporte, sans nous défendre, quand la traduction ordinaire aurait prêté à obscurité ou erreur, d’employer d’autres expressions pour asha : la vertu, le bien, ou le salut, la félicité ; pour ashavan : le juste, l’homme de bien, ou le bienheureux.
La définition la plus complète d’Ahura Mazda est donnée par la formule du Vendidad II, 1, qui résume tout ce qui précède :
Ahura Mazda, mainya spénishta, dâtare gaêthanãm astvaitinãm, ashâum : Seigneur omniscient. Esprit très bienfaisant, créateur des mondes corporels, saint !
Ahura Mazda réside dans le ciel suprême, le Garô-demâna, dans la Lumière infinie (Anaghra raocâo), qui est son lieu et son corps 6 [94], Angra Mainyu réside dans les Ténèbres infinies. La création a été amenée par une attaque d’Angra Mainyu sur la lumière : Ahura la repousse en prononçant les vingt et une paroles de l’Ahuna vairya (v. Hâ XIX), qui le frappent d’impuissance et le font retomber dans les ténèbres. Pendant son trouble, Ahura, avec la lumière cosmique, crée les six Amesha-Speñtas pour l’aider dans la création et le gouvernement du monde.
Ahura Mazda est un ancien dieu du ciel, à la façon de Varuṇa, de Zeus, de Jupiter ; et si largement que se soit développé le côté spiritualiste et moral de sa nature, au détriment de ses attributs naturalistes, il reste encore de ceux-ci des traces suffisantes pour qu’il soit nécessaire d’en tenir compte, même dans une exposition des conceptions du dernier état. C’est comme ancien dieu du ciel qu’il a pour corps et lieu la Lumière infinie, ce que les anciens Perses exprimaient en appelant Zeus, c’est-à-dire Auramazda, la voûte entière du ciel 7 [95] ; qu’il a pour fils Âtar, le Feu (Y. 11, 4, 18 et passim) ; qu’il fait couple avec la lumière solaire, Mithra (v. Y. I, n. 39) qu’il a pour œil, le Soleil (Y. I, 11, 35) ; pour épouses les Eaux (Y. XXXVIII, 1) et aussi Speñta-Àrmaiti, la Terre, en souvenir du vieil hymen cosmogonique de la Terre et du Ciel (voir page suivante).


Les Amesha-Speñtas ou « Immortels bienfaisants » sont des abstractions divinisées, les quatre premiers représentant des vertus cardinales, les deux derniers, des vertus de la nature. Le système zoroastrien a attribué à chacune de ces abstractions l’empire sur une partie déterminée de la nature (v. Palet Irani, 7-12).
Vohu Manô, ph. Vahûman, p. Bahman, est le premier créé des Amesha-Speñtas 8 [96]. Son nom signifie « Bonne Pensée » ; l’auteur du traité d’Isis et Osiris le définit exactement Θεόζ εύνοίαζ. Mais Vohu Manô représente la Bonne Pensée au sens intellectuel aussi bien qu’au sens moral, et les formules du Sìrôza invoquent avec lui non seulement la Paix, Âkhshti, mais aussi l’Intelligence, Khratu, sous ses deux formes, l’Intelligence 9 [97] naturelle et l’Intelligence acquise par l’étude (àsnô Khratu, gaoshὸ-srùta Khratu). Ahura s’est consulté avec Vohu Manô dans toutes ses créations 10 [98].
Vohu Manô tient les portes du Paradis : c’est lui qui reçoit les justes qui y entrent 11 [99] : les récompenses du Paradis sont dites « les biens de Vohu Manô » 12 [100] parce qu’elles sont données en retour de la Bonne Pensée.
Sur terre, Vohu Manô a sous sa garde le juste (Vd. XIX, 23, 77), et les troupeaux ; le juste, parce que le juste est l’incarnation même de Vohu Manô, les troupeaux pour quelque analogie qui nous échappe (cf. introd. au Mâh Yasht).
Asha Vahista, ph. Ashvahisht, p. Ardibahisht (de la forme parallèle perdue * Areta-Vahishta), « la Sainteté ou la Vertu parfaite » ou plus prudemment l’Asha parfait ». L’auteur d’Isis et Osiris le définit un peu étroitement, Θεόζ άληθείαζ : la vérité est, en effet, une des formes et un des sens de l’Asha, mais ne l’épuise pas.
Dans l’ordre matériel, il règne sur le feu et est invoqué avec Âtar, le dieu du feu (v. Y, I, 4, 12).
Khshathra vairya, ph. Khashtarvar ou Shatrôvêr, p. Shahrêvar, litt : « la Royauté qui fait son désir » (ou peut-être « qui fait le désir » [de Dieu]), est le Génie du bon gouvernement, Θεόζ εύνομίαζ. Comme tel, on invoque avec lui la Charité et la Miséricorde (Sirôza, 4.)
Dans l’ordre matériel, il règne sur les métaux (emblème et instrument de la royauté guerrière).
Speñta-Ârmaiti, ph. Spandârmat, p. Asfandârmad « la bienfaisante Ârmaiti ». Ârmaiti est littéralement « la Pensée parfaite » (bundak manisnih) : c’est la vertu de celui qui ârem mainyêtê (voir Y. XLVXLIV, 11) « qui pense parfaitement bien » et le sens qu’il faut attacher à cette perfection est donné par son adversaire Tarômaiti « l’orgueil, l’arrogance », le vice de celui qui tarem mainyêtê (ibid.), « qui pense par dessus les bornes ». Ârmaiti est la piété soumise et modeste (la définition grecque Θεόζ σοφίαζ ; semble trop large).
Speñta-Ârmaiti est le seul Amshaspand féminin. Dans l’ordre matériel elle est assimilée à la terre, qui elle aussi est femme ; elle est fille d’Ahura Mazda et son épouse aussi ; elle a de lui le premier homme, Gayô Maretan, souvenir des mythes anciens sur le mariage du Ciel et de la Terre, Ouranos et Gê, Jupiter et Tellus 13 [101]. Comme divinité féminine, elle est le type divin de la femme vertueuse.


5° et 6° Haurvatât, ph. Khordat, p. Khordâd, et Ameretât, ph. Amurdat, p. Murdâd, ont été primitivement « la Santé » et « le Non-Mourir » (Longue Vie) ; ils règnent sur les eaux et les plantes qui repoussent la maladie et la mort 14 [102].

Angra Mainyu, par raison de symétrie, a créé six Daêvas principaux pour lutter contre les six Amesha-Speñtas. Leurs noms sont dans l’Avesta Akem-Manô, Iñdra, Sauru, Nâoṅhaithya, Tauru, Zairi. Parmi ces Daêvas, Akem-Manô (Akoman) « la Mauvaise Pensée » est le seul qui réponde exactement à son adversaire : les cinq autres semblent être d’anciens démons que l’on a utilisés pour les nécessités du système et qui n’ont point de rapport direct avec les Amesha-Speñtas qu’ils combattent. Quelquefois on remplace Nâoṅhaithya par Tarmat (Tarômaiti, l’orgueil), Ârmaiti étant, avec Vohu Manô, un des noms d’Amesha-Speñta qui peuvent se retourner.


B. Les Génies des veilles (Gâhs)


I. Les Génies des veilles, Asnyas ou Gâhs : Hâvani, Rapithwina, Uzayêirina,Aiwisrûthrima Aibigaya, Ushahina

II. Les auxiliaires des Gâhs : Sâvanhi, Frâdat-fshu, Frâdat-vîra, Frâdatvispâm-bujyàiti, Berejya. — Visya, Nmânya, Zantuma, Dahyuma, Zarathushtrôtema



Appendice B. — Les Génies des veilles (Gahs)


I. Les Génies des veilles, Asnyas ou Gâhs ; Hàvani, Rapithwina, Uzayêirina, Aiwisrùthrima Aibi-gaya, Ushahina. — II. Les auxiliaires des Gâhs : Sâvaṅhi, Fràdaṭ-fshu, Fràdaṭ-vîra, Fràdaṭ-vîspām-hujyàiti, Berejya. — Vîsya, Nmànya, Zañtuma, Dahyuma, Zarathushtrôtema.

I. Les Gâhs. — La journée est divisée en cinq parties ou veilles dites en zend Asnya 1 [103], plus tard Gâh 2 [104]. Ce sont :

Hâvani 3 [105], Hâvan, le Gâh du matin (prâtassamdhyà, N.), commence à l’aurore (Bd. XXV, 9).

Rapithwina 4 [106], Rapitvin, le midi (madhyâhnas samdhyà).
Uzayêirina 5 [107], Uzirin, le Gâh de l’après-midi (aparâhnas samdhyâ) ; va de Rapitvîn à rapparilion des étoiles (Bd. l. l.).
Aiwisrûthrima Aibigaya 6 [108], Aîpsrùsrîm Aibya, première moitié de la nuit (purvârdharâtrasamdhyâ) ; de l’apparition des étoiles à minuit.
Ushahina 7 [109], Ushahin, seconde moitié de la nuit, de minuit à la disparition des étoiles.
Voir les subdivisions naturelles de la journée, vol. II, Vd. XXI, n. 9.
À chacune de ces parties du jour correspond une prière particulière que l’on trouvera à la section des Gâhs.
Cette division quintuple ne vaut que pour l’été ; en hiver, on ne compte pas le gàh Rapìtvìn, de sorte que l’hiver a deux Gàhs et deux prières de Gàh pour le jour comme pour la nuit, tandis que l'été en a trois pour le jour et deux pour la nuit. Cette différence, qui s’explique aisément par la longueur inégale du jour dans les deux saisons, est expliquée d’une façon originale dans le Bundahish par le fait que Rapìtvìn, le Génie de midi et par suite de la chaleur, est sur terre en été et sous terre en hiver, comme le prouve le fait qu’en hiver il fait plus chaud sous terre qu’en été et inversement (Bd. XXV, 12-14).


II. Les auxiliaires des Gâhs. — Avec chacun de ces cinq Asnyas, le Yasna invoque trois séries de divinités qui sont mises en rapport systématique avec eux. Ce sont :
1° Cinq génies auxiliaires ou Hamkâr qui veillent respectivement :
1° À l’accroissement du grand bétail : Sâvanhi ;
2° Du petit bétail : Frâdat-fshu ;
3° Des hommes : Frâdat-vìra ;
4° Des fruits : Frâdat-vîspām-hujyâiti ;
5° Des blés : Berejya 8 [110].
2° Cinq génies représentant les divers degrés d’une hiérarchie à déterminer : Vîsya, Zañtuma, Dahyuma, Zarathushtrôtema, Nmânya.
Les trois premiers noms et le dernier sont évidemment en rapport avec quatre noms de circonscriptions territoriales qui se représentent souvent dans l’Avesta, mais dans un ordre légèrement différent : nmânem, vîs, zañtu, dahyu. Cet ordre est le vrai, car il suit l’importance croissante des termes et c’est d’ailleurs l’ordre dans lequel se présente aussi notre série dans le sacrifice complet, le Vendidad Sadé (voir page 10, note 16). À la tête de chacune de ces circonscriptions se trouve un chef, et la hiérarchie ascendante des chefs est : nmànôpaiti, vîspaiti, zañtupaiti, daińhupaiti (pour dahyupaiti ; Vd. VU, 4t ; IX, 37 ; Yt. X, 17, 18, etc.).
Le premier terme de la progression, nmânem, est bien connu : c’est la maison. Mais la suite fait difficulté, le pehlvi ayant transcrit vîs et zañtu (vis, zand) sans les traduire ; il rend dahyu par matâ, pays. Dans quel sens et quelle extension faut-il entendre cette expression de « pays » et quels sont les deux intermédiaires entre la maison et le pays ? Nériosengh donne sur

ce point (Y. XIV, I ; XIX, 50) des renseignements qui malheureusement ne pourraient que nous induire en erreur. Pour lui, le terme le plus haut de la série, la dahyu, n’est qu’un village (grâma) et vîs et zañtu sont les minces intermédiaires qui peuvent se trouver entre la maison et le village. Il définit les quatre termes d’après le nombre de couples ou de ménages qu’ils représentent : nmânem est la maison qui contient sept couples 9 [111] ; la vîs en contient quinze ; le zañtu en contient trente ; la dahyu en contient cinquante. Le village aurait été l’horizon politique le plus lointain qu’atteignît l’œil des créateurs du Zoroastrisme. Nériosengh, ou plutôt le commentateur qu’il reproduit, a certainement été la victime d’une illusion qui vient de ce que le mot dahyu a subi, de la langue ancienne à la nouvelle, une déchéance profonde et est devenu le nom du village, deh. Dans l’Avesta il a certainement un sens plus large, et c’est le même probablement qu’il a en vieux perse. Dans les inscription achéménides, en effet, dahyu est le nom donné aux grandes provinces, on peut dire aux royaumes, dont la réunion formait l’empire du Roi des Rois. La Perse, la Médie, la Susiane, l’Assyrie, etc., toutes les satrapies sont des dahyus. Si le mot a la même force en zend, le dahyupaiti « le chef de dahyu », sera soit un satrape, soit un roi, selon qu’il y a ou non un pouvoir centralisé, selon que le Roi des Rois est un souverain à la façon des Achéménides ou à la façon des Arsacides. Or, quand on voit Mithra invoqué dans le carnage par les dainhupaitis luttant les uns contre les autres ou contre les hordes envahissantes (Yt. X, 8) ; ou le dainhupaiti Aurvasâra en guerre contre le roi des Aryens Husravah (Yt. XV, 3 1) ; ou Ahriman, pour tenter Zoroastre, lui promettant le bonheur de Vadhaghna, le dainhupaiti (Vd. XIX, 6, 23) ; ou Mithra nommé le dainhupaiti universel et l’institution du dahyupat rapportée à Hoshang qui fut le premier roi et qui régna sur toute la terre (voir p. 14, note 43), il devient clair que les ambitions et les grandeurs du dainhupaiti ancien ne sont pas celles d’un maire de village et que la dahyu est dans l’Avesta, comme dans

les inscriptions perses, une vaste unité, un pays au sens large du mot 10 [112]. Si l’on se reporte à la hiérarchie sassanide, qui très vraisemblablement reproduit en gros la division ancienne, on trouve l’empire divisé en grandes provinces répondant aux anciennes satrapies, et administrées par des satrapes nommés marzbân « qui garde le marz ». Le nom de ces provinces, dont nous ne connaissons que l’équivalent arabe, balad « pays », était sans doute marz. Nous avons donc dahyu balad (marz ? ) et daṅhupaiti marzbân. Passons au zañtu.
Le balad (ou marz) était divisé en arrondissements ou districts, appelés en arabe kûra (χώρα), en persan shehr, le mot qui en persan moderne a pris le sens de ville, mais qui anciennement désignait toute une région. Or, dans les Gâthas, le mot zañtu est remplacé par le mot shôithra (v. Yasna XXXI, 16, texte et notes), qui est précisément l’original du persan shehr 11 [113]. Nous pouvons donc poser : zañtu-shôithra kûra, shehr ; zañtu-paiti shahrîg 12 [114].
La kûra était subdivisée en cantons, dont le nom semble avoir varié suivant les provinces, rûstâk, tasûg ou astân 13 [115], mais qui, en tout cas, se présentent naturellement pour répondre à nos vîs. Le mot vîs qui, par l’étymologie, répond aussi bien en grec οίκοζ, maison, qu’au latin vicus, réunit les deux emplois, car on le trouve employé au sens de maison ; mais dans la nomenclature technique, il répond soit au vicus, soit à un élément encore plus considérable. Nous convenons de le rendre par « bourg » sans attacher à ce mot un sens trop limitatif. Nous traduirons donc nmânem, vis, zañtu, dahyu par « maison, bourg, district, pays », le pays représentant les vastes unités nationales, gouvernées par les satrapes du Grand Roi sous les Achéminides, par les marzbân sous les Sassanides, par les dynasties nationales, les mulûk’-el-tevàif, sous les Arsacides.
Au-dessus du daiṅhupaiti, l’Avesta connaît une autorité : c’est le Zarathushtrôtema « celui qui ressemble le plus à Zoroastre », c’est-à-dire le chef de la religion, celui qu’on appellera plus tard Mobed des Mobeds. Nous verrons ailleurs les conclusions à tirer de ces faits pour l’âge de la composition de l’Avesta.
Nous pouvons à présent nous demander ce que représente la série de Génies invoqués avec les Gâhs et dont les noms sont en corrélation si évidente avec la série que nous venons d’étudier que l’on serait tenté d’en faire les Génies de la maison, du bourg, du district, du pays, de la religion. Peut-être, en effet, ferions-nous bien de nous en tenir là. Mais le Commentaire pehlvi nous donne de ces personnages une interprétation différente et qui, peut-être artificielle, n’en est pas moins précieuse par les lumières qu’elle nous donne sur l’organisation sacerdotale (Yasna 1, 21, 8, 11, 14, 17) :
Nmànya : est « le génie qui veille sur les hommes qui remplissent les fonctions de dâtôbar » (de dâvar ou juge).
Vìsya : le génie du Magûpat (Mobed ou prêtre).
Zañtuma : le génie du Rat.
Dahyuma : le génie du Magû-andarzpat.
Zarathushtrôtema : le génie du Magûpatân-Magûpat.
La hiérarchie ou l’ordre de dignité dans la classe sacerdotale est donc : Dâtὸbar, Magûpat, Rat, Magû-andarzpat, Magûpatân-Magûpat.
Nous savons par les historiens que la justice était rendue par les Mages (Maçoudi, II, 156 ; Agathias, II ; Lettre de Tansar) : : nous voyons ici que les fonctions civiles (Dâtôbar) étaient considérées comme le degré inférieur de la fonction sacerdotale.
Le Magûpat est le Mobed moderne, c’est-à-dire le prêtre qualifié pour toutes les cérémonies du culte.

Le Rat correspond au Dastûr moderne 14 [116] qui, aujourd’hui, au sens propre du mot, est le prêtre d’un temple du feu, le chef de toute une communauté.
Le Magû-andarzpat n’a point d’équivalent connu aujourd’hui. Son existence est néanmoins confirmée par les textes arméniens de l’époque sassanide, qui parlent d’un fonctionnaire nommé Mogats handerdzapet « l’handerdzapet des Mages » 15 [117]. Il est difficile de déterminer ses fonctions ; le mot handerdzapet est employé dans la traduction arménienne de la Bible pour traduire les mots οίκονόμοζ, προστάτηζ, ταμίαζ, ό έπί τών πραγμάτων (Lagarde, Études arméniennes, p. 84), ce qui ferait du Magû-andarzpat une sorte de ministre des affaires ecclésiastiques. Sans doute l’emploi que le mot emprunté a pu prendre en arménien n’est pas un sûr garant de celui qu’il avait en pehlvi 16 [118] : mais l’analyse du pehlvi concorde avec cette donnée : andarz en pehlvi signifie « conseil », andarzpat est donc « le maître du conseil », et Magû-andarzpat « le conseiller, l’instructeur des Mages ». Andarzpat reparaît avec le même sens dans un autre titre «  « l’andarzpat des cavaliers 17 [119] », que les chroniqueurs arabes rendent muaddib alasâvira « l’instructeur des cavaliers ». Cette traduction est confirmée, en même temps qu’elle l’éclaire elle-même, par la traduction barbare de Nériosengh, bhalâpanâpati, où bhalâpand ne peut s’expliquer que comme un substantif formé, à la façon hindouie, de bhala « bon » : bhalâpand est l’action de rendre bon, de perfectionner, de corriger et le Magû-andarzpat sera une sorte de surveillant général des Mages 18 [120].
On voit par la lettre de Tansar que chacune des quatre classes avait un instructeur, un mu'allim, chargé d’instruire les enfants de cette classe aux métiers et aux sciences qui lui sont propres. Par exemple, il y avait un mu'allimi asdvîrat, chargé d’aller dans les villes et les villages pour y initier les gens de guerre au port d’armes et aux différents exercices de leur métier.
Le Zarathushtrôtema est le chef suprême, le Maubadân-Maubad, le premier personnage dans l’État après le Roi des Rois.

Ces cinq degrés correspondent-ils à la division territoriale ? Il est bien difficile d’admettre qu’il y eût un Dâtôbar par maison : mais le Dâtôbar mis à part, il ne serait pas impossible qu’il y eût dans le reste symétrie entre les deux séries ; qu’il y eût, au moins dans la période sassanide, un Magûpat par bourg, rûstâk ou vis ; un Rat 19 [121] par district, kûra ou zañtu ; un Magû-andarzpat par grande province, balad ou dahyu 20 [122] ; comme il y avait un Zarathushtrôtema pour tout l’empire (cf. Y. XIX, 18).


3° L’on a enfin mis en rapport avec les divers Gâhs un certain nombre de divinités qui ont semblé avoir plus ou moins d’affinité avec chacun d’eux. Ainsi Mithra, dieu du soleil, et son acolyte Rama Hvâstra ont été joints à Hâvani, le Gâh qui commence au soleil levant ; Asha Vahishta et Âtar, Génies du feu, à Rapithwina, le Gâh de la chaleur du jour. Le rapport des deux Gâhs suivants avec les groupes qui leur sont adjoints est moins clair. Sraosha, avec ses acolytes Rashnu et Arshtât, est rattaché par son rôle nocturne à Ushahina, le Gàh qui va de minuit à l’aurore (Vd. XVIII, 23, 51).
Le tableau suivant permettra d’embrasser les rapports complexes que nous venons d’analyser.


GÉNIES DES GÂHS ET LEURS AUXILIAIRES
Ushahina Berejya   Nmânya
  (moitié de la nuit
depuis minuit).
(génie qui fait
croître
les grains).
Sraosha
Rashnu
Arshtât
(génie de la maison).
(dâtôbar, juge).
 
Hâvani Sâvanhi   Vîsya
  (matinée). (le grand bétail). Mithra
Râma Hvâstra
(du bourg)
(magûpat, prêtre).
 
Rapithwina Frâdat-fshu   Zantuma
  (midi). (le petit bétail). Asha Vahista
Âtar
(du district)
(rat, évêque) 21 [123].
 
 
Uzayêrina Frâdat-vîra   Dahyuma
  (après midi, soirée). (les hommes). Apâm Napât (du pays)
Magû-andarzpat,
inspecteur du culte 21 [123]
 

 
Aiwisrûthrima Aibigaya Frâdat-vîspãm-hujyâiti   Zarathushtrôtema
 
  (première moitié de la nuit). (les fruits). Fravashayô
Ama
(de toute la
communauté religieuse)

(Magûpatân-Magûpat,
chef suprême de la religion).


Appendice C. — Les Génies du mois


Le mois. — Le mois dure trente jours ; l’année, qui est solaire et composée de trois cent soixante-cinq jours, contient douze mois faisant 360 jours (30 × 12 360), plus cinq jours complémentaires. L’année 1 [124] commençait à l’équinoxe du printemps, soit le 21 mars. Les douze mois sont consacrés chacun à une divinité spéciale dont ils portent le nom :


1. Farvardin, commençant le 21 mars en zend le mois des Fravashis
2. Ardibahisht, 20 avril, Asha Vahishta
3. Khordâd, 20 mai Haurvatât
4. Tir, 19 juin Tishtrya
5. Murdâd, 19 juillet Ameretât
6. Shahrévar, 18 août Khshathra Vairya
7. Mihr, 17 septembre Mithra
8. Âbân, 17 octobre Apô
9. Âdar, 16 novembre Âtar
10. Dai, 16 décembre Dathush
11. Bahman, 15 janvier Vohu Manô
12. Asfandârmad, 14 février Spenta Ârmaiti


C. Les Génies du mois



Appendice C. — Les Génies du mois


Le mois. — Le mois dure trente jours ; l’année, qui est solaire et composée de trois cent soixante-cinq jours, contient douze mois faisant 360 jours (30 × 12 360), plus cinq jours complémentaires. L’année 1 [124] commençait à l’équinoxe du printemps, soit le 21 mars. Les douze mois sont consacrés chacun à une divinité spéciale dont ils portent le nom :


1. Farvardin, commençant le 21 mars en zend le mois des Fravashis
2. Ardibahisht, 20 avril, Asha Vahishta
3. Khordâd, 20 mai Haurvatât
4. Tir, 19 juin Tishtrya
5. Murdâd, 19 juillet Ameretât
6. Shahrévar, 18 août Khshathra Vairya
7. Mihr, 17 septembre Mithra
8. Âbân, 17 octobre Apô
9. Âdar, 16 novembre Âtar
10. Dai, 16 décembre Dathush
11. Bahman, 15 janvier Vohu Manô
12. Asfandârmad, 14 février Spenta Ârmaiti

Les 30 jours de chaque mois sont consacrés à une divinité spéciale : le 1er, le 8e, le 15e et le 23e sont consacrés à la même divinité, qui est la divinité suprême, appelée de son nom d’Auhrmazd pour le ler jour, de son épithète de Dai 2 [125] « créateur » dans les trois autres. Cette quadruple invocation coupe le mois en 4 semaines, les deux premières de 7 jours, les deux suivantes de 8 :


  1. Auhrmazd, en zend Ahura Mazda
  2. Bahman, Vohu Manô
  3. Ardibahisht, Asha Vahista
  4. Shahrévar, Khshathra Vairya
  5. Asfandârmad, Spenta Ârmaîti
  6. Khordâd, Haurvatât
  7. Murdâd, Ameretât
       
  8. Dai pa Âdar,    
  9. Âdar, Âtar
  10. Âbân, Âpô
  11. Khôr, Hvare khshaêtem
  12. Mâh, Mâonha
  13. Tîr, Tishtrya
  14. Gôsh, Géush
         
  15. Dai pa Mihr,    
  16. Mihr, Mithra
  17. Srôsh, Sraosha
  18. Rashn, Rashnu
  19. Farvardin, Fravashis
  20. Bahrâm, Verethraghna
  21. Râm, Râma
  22. Bâd ; Vâta
         
  23. Dai pa Din,    
  24. Din, Daêna
  25. Ard, Ashi (Vanubi)
  26. Ashtâd, Arshtât
  27. Âsmân, Asman
  28. Zamyâd, Zem
  29. Mârasfand, Mâthra Spenta
  30. Aniran, Anaghra

Les 5 jours épagomènes ou complémentaires qui terminent l’année solaire (16 mars-20 mars) sont consacrés aux cinq Gâhs ou Gâthas, c’est-à-dire aux cinq séries d’hymnes révélées à Zoroastre et qui sont adorées comme divines. On les appelle pour cette raison les Gâhs ou Andargâhs ils portent chacun le nom de l’une de ces Gâthas :


  Akunvat gâh Ahunavaiti Gâtha
  Ushtvat gâh Ushtvaiti
  Spantômat gâh Speñta Maînyu
  Vohushatr gâh Vohu Khshathra
  Vahishtôisht gâh Vahishtôishti 3 [126]

Dans toute cérémonie religieuse l’invocation du jour 4 [127] et du mois 5 [128] est un élément indispensable : c’est une façon de dater la cérémonie. L’ensemble des invocations aux trente jours forme le Sirôza (voir au vol. II).

Outre la division en jours, le mois connaît une division en trois sections, déterminées par trois moments : Añtare-mânha, Perenὸ-mâoṅha et Vîshaptatha « la nouvelle Lune, la pleine Lune et la Lune décroissante » : ces trois moments sont célébrés par la récitation du Yasht de la Lune (voir page 12, note 34).


D. Les Fêtes de saison (Yâiryas, ou Gâhânbars) : Maidhyôi-zaremaya, Maidhyôi-shema, Paitish-hahya, Ayâthrima, Maidhyâirya, Hamaspathmaêdaya. Hâ2. Barsam Yasht (zaothra âyêsî yêshti). SROSH DARUN (Has 3-8) Ha 3. Srôsh Darûn. I (baresmana paiti-bereta). Ha 4. Srôsh Darûn. II (ima humatàca) Ha 5. Srôsh Darûn. III (ithâ ât yazamaidê). Ha 6. Srôsh Darûn. IV (dadhvâonhem Ahurem mazdâm). Ha 7. Srôsh Darûn. V (ashaya dâdhâmi). Ha 8. Srôsh Darûn. VI (ashaya dâdhâmi). ROM YASHT (Has 9-11) Ha 9. Hôm Yasht. I (Hâvanîm â ratûm). Ha 10. Hôm Yasht. II (ima humatâca). Ha 11, 1-15. Hôm Yasht. III (thrâyo apâm idha patentu). Ha 11, 16. (Fravarânê). Ha 11, 17-19. (Sp. 12). (Frastuyê). Ha 12, 1-8. (Sp. 13, 1-27). (Frastuyê). Ha 12, 8 ; 13. (Sp. 13, 27 ; 14). (Âstuyê). Appendice. (Le Hvaêtvadatha). LES STAOTA YÊSNYA (Has 14-58) Ha 14. (Sp. 16). (visâî vê Ameshâ Spentâ). Ha 15. (Sp. 15). (sastica). Appendice. (Le rite du datûsh). Ha 16. (Sp. 17, 1-55). (Ahurem Mazdâm... yaz. hudbâonbem). Ha 17. (Sp. 17, 56-74). (Ahurem Mazdàm... yaz. Ameshâ Spentâ). Appendice. Les feux (I. Les cinq feux : Berezisavanh, Vohu-fryâna, Urvàzishta, Vâzishta, Spénishta. — II. Les trois feux sacrés : Âdar Khordàd, Adar Gushasp, Adar Burzîn Mihr. — III. Le feu Bahram) Ha 18.Spentâ Mainyû (égal Hâ 47).


Traduction par James Darmesteter.
Texte établi par Musée Guimet, Ernest Leroux (I. La Liturgie (Yasna et Vispéred) (Annales du Musée Guimet, tome 21)p. 36-442).
comme divines. On les appelle pour cette raison les Gâhs ou Andargâhs ils portent chacun le nom de l’une de ces Gâthas :


  Akunvat gâh Ahunavaiti Gâtha
  Ushtvat gâh Ushtvaiti
  Spantômat gâh Speñta Maînyu
  Vohushatr gâh Vohu Khshathra
  Vahishtôisht gâh Vahishtôishti 3 [129]

Dans toute cérémonie religieuse l’invocation du jour 4 [130] et du mois 5 [131] est un élément indispensable : c’est une façon de dater la cérémonie. L’ensemble des invocations aux trente jours forme le Sirôza (voir au vol. II).

Outre la division en jours, le mois connaît une division en trois sections, déterminées par trois moments : Añtare-mânha, Perenὸ-mâoṅha et Vîshaptatha « la nouvelle Lune, la pleine Lune et la Lune décroissante » : ces trois moments sont célébrés par la récitation du Yasht de la Lune (voir page 12, note 34).


Appendice D. — Les Fêtes de saison (Yâirya ou Gâhânbâr 1 [132])

Maidhyôi-zaremaya, Maidhyôi-shema, Paitishhahya, Ayâthrima, Maidhyâirya, Hama-spathmaêdaya.


L’année était divisée en quatre saisons correspondant aux nôtres. Cette

division ne paraît guère que dans les textes post-avestéens 2 [133] ; mais il y a dans l’Avesta même des traces de son existence ancienne 3 [134]. La division normale de l’année est, dans l’Avesta, en deux saisons, été et hiver : l’été, hama 4 [135], qui comprend les sept premiers mois (du 1er Farvardîn au 30 Mihr, soit du 21 mars au 16 octobre) ; et l’hiver, zayana 4 [135], qui comprend les cinq autres mois et les cinq jours complémentaires (du 1er Abân au jour Vahishtôisht, soit du 17 octobre au 20 mars). Cette division a une valeur religieuse, non seulement pour le rituel 5 [136], mais aussi pour les pratiques, qui varient selon la saison 6 [137].
À côté de cette division en douze mois et en quatre saisons, l’année est encore divisée en six périodes inégales par six fêtes dites en zend Yâirya ou fêtes d’année, plus tard Gâhânbâr 7 [138]. Cette division et ces fêtes ont une double signification, mythologique et agricole, la première donnée par le témoignage de la tradition, la seconde par les noms, les dates et quelques indices directs.
D’après les textes religieux, les Gâhânbârs ont été établis par Ormazd même pour fêter les divers actes de la création. On supposait que l’œuvre de la création avait duré un an et s’était accomplie en six actes successifs : la création du ciel, des eaux, de la terre, des plantes, des animaux et de l’homme 8 [139]. Chacun de ces actes avait occupé une certaine période, au terme de laquelle Ormazd avait célébré avec les Amshâspands une fête de cinq jours, dite Gâhânbâr. Les six Gâhânbârs sont :
1° Le Maidhyôi-zaremaya, Mêtôkzarmê ; commémoratif de la création du ciel ; célébré le 15 Ardibahisht 9 [140] : soit le 45e jour de l’année.

2° Le Maidhyôi-shema, Mêtôkshem ; commémoratif de la création des eaux ; célébré le 15 Tîr, 60 jours après le précédent : soit le 105e jour de l’année.
3° Le Paitishhahya, Pêtishah ; commémoratif de la création de la terre ; célébré le 30 Shahrêvar, 75 jours après le précédent : soit le 180e jour de l’année.
4° L’Ayâthrima, Ayâsrim ; commémoratif de la création des plantes ; célébré le 30 Mihr, 30 jours après le précédent ; soit le 210e jour de l’année.
5° Le Maidhyâirya, Mêtyàriya ; commémoratif de la création des troupeaux ; célébré le 20 Dai, 80 jours après le précédent : soit le 290e jour de l’année.
6° Le Hamaspathmaêdaya, Hamaspatmêdim ; commémoratif de la création de l’homme ; célébré durant les cinq derniers jours d’Asfandârmat et durant les cinq jours complémentaires, et terminant 75 jours après le précédent ; soit le 365e et dernier jour de l’année.
Il est naturel de penser que cette conception mythologique et cosmogonique des fêtes annuelles est d’ordre secondaire : et en effet leurs noms, leurs dates et leurs épithètes prouvent que ce sont avant tout des fêtes agricoles.
Maidhyôi-zaremaya signifie « la mi-printemps », zaremaya signifiant « printemps » 10 [141] ; il s’agit du printemps de trois mois dans la division de l’année en quatre saisons ; en effet la fête tombe le 45e jour de l’année, laquelle commence à l’équinoxe du printemps ; elle tombe donc bien au milieu du printemps (5 mai).
Maidhyôi-shema signifie « la mi-été » ; mais il ne peut s’agir ici de l’été au sens commun du mot, de l’été de trois mois, qui commence le 91e jour, finit le 180e et dont le milieu serait le 135e jour de l’année

(3 août) : il s’agit du grand été de sept mois ; en effet, le grand été durant 7 30 jours, soit 210 jours, la mi-été doit tomber le 105e jour (le 15 Tîr 4 juillet), qui est précisément la date du Maidhyôi-shema. Le Maidhyôi-shema est dit vâstrô-dâtainya « où l’on coupe les foins » 11 [142] : c’est la fête qui clôt la saison où se fait la fenaison.
Paitishhahya signifie « qui apporte le blé » ; c’est la fête qui clôt la saison où se fait la moisson ; célébrée le 30 Shahrêvar, soit le 16 septembre.
L’Ayâthrima vient le 30 Mihr (16 octobre), 30 jours après le précédent, soit 75 + 30 ou 105 jours après la mi-été ; il marque donc la fin du grand été. Il est dit fraourvaêshtrima, littéralement « qui descend » c’est-à-dire « où le temps de la chaleur descend » 12 [143] (adhasparivartitaushnnkâlâgâmmam 13 [144]), et varshni-harshta « où sont lâchés les mâles 14 [145] » , la saillie ayant lieu entre le 16 septembre et le 16 octobre.
Il nous reste à présent deux Gâhânbârs pour les cinq mois d’hiver et ses 155 jours.
Maidhyâirya doit marquer la mi-hiver ; mais l’hiver ayant un nombre de jours impair, la fête du Gâhânbâr devrait durer du 72e jour et demi au 77e et demi ; pour la symétrie et pour avoir un nombre rond on l’a reculé au 80e jour (20 Dai – 4 janvier). Il porte l’épithète de saredha « où règne le froid ».
Le dernier Gâhânbâr, le Hamaspathmaêdaya, est le seul qui,

semble-t-il, ne se rapporte pas à un fait naturel 15 [146] ; il est dit aretô-karethna « où l’on célèbre sacrifice » (pun îzishn kartârîh) : il s’agit des fêtes célébrées durant les dix derniers jours de l’année en l’honneur des Fravashis des ancêtres (Yt. XIII, 49 sq.), qui, à ce moment de la création, acceptèrent de descendre sur terre (Grand Bundahish).

Le tableau suivant permet d’embrasser les rapports des Gâhânbârs avec l’année.

Mois. Gâhanbâr Jour

de l’année.

HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Printemps

Vahâr

1 Farvardîn
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Printemps

Vahâr

2 Ardibahisht
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Printemps

Vahâr

11-15 Ardibahisht
Maidhyôi-zaremaya

(mi-printemps)
1-5 mai

40e-45e
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Printemps

Vahâr

3 Khordâd
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Été

Hâmîn,

4 Tir
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Été

Hâmîn

11-15 Tir
Maidhyôi-shema

(mi-grand été)
31 juin — 4 juillet

100e-105e
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Été

Hâmîn

5 Murdâd
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Été

Hâmîn

6 Shahrêvar
HAMA

Grand été de 7
mois et 210 jours.

Été

Hâmîn

26-30 Shahrêvar
Paitishhahya

12-16 septembre

175e-180e
HAMA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Automne

Pâtis

7 Mihr
HAMA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Automne

Pâtis

26-30 Mihr
Ayâthrima

12-16 octobre

205e-210e


ZAYANA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Automne

Pâtis

8 Âbân
ZAYANA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Automne

Pâtis

9 Âdar
ZAYANA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Hiver

Zamistân

10 Dai
ZAYANA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Hiver

Zamistân

16-20 Dai
Maidhyâirya

(mi-grand hiver)
31 décembre — 4 janvier

285e-299e
ZAYANA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Hiver

Zamistân

11 Bahman
ZAYANA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Hiver

Zamistân

12 Asfandârmaî
ZAYANA

Grand hiver de 5
mois et 155 jours.

Hiver

Zamistân

26 Asfandârmaî-

Gâtha Vahishtôishti
Hamaspathmaêdaya

11-20, ou 16-20 (selon que l’on fait durer la fête cinq ou dix jours : cf. vol. II, 503, note 11).

355e-365e

troupes » (sarva sainyadâti), par allusion sans doute à la création des multitudes humaines ou des Fravashis. En effet, le Grand Bundahish, p. 23, l’explique comme « le temps où parut le mouvement de l’armée du monde, car les Frôhars des hommes partirent [alors] formant une armée (pun hamspâhih) » (cf. Bd. VI, 3). Il semble, au premier abord, que cette traduction soit purement étymologique, spathma ayant été traduit d’après l’assonance de spâda : mais l’origine de spâda est trop obscure pour qu’il soit prudent de nier tout rapport entre les deux mots.




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HÂ 2


Ce Hâ fait connaître aux dieux deux des éléments du sacrifice, la libation ou eau consacrée (zaothra, zôhr) et le baresman (barsôm). Les manuscrits liturgiques lui donnent le nom de Barsam Yasht « offrande du Barsôm » (N. : baresmaiaçnî) .

La formule essentielle est âyêsê yêshti « j’appelle au sacrifice» (voir note 1) : le prêtre commence par appeler au sacrifice les deux offrandes elles-mêmes, puis avec ces offrandes il appelle les dieux.

L’énumération divine, comparée à celle du Hâ I, présente quelques variantes que nous marquons en note. Elle sert de modèle au Hâ VI, tandis que celle du Hâ I est suivie dans les Hâs III, IV et VII.


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Le Zôt passe en revue du regard tous les objets du sacrifice : jusqu’aux mots imat baresman « ce baresman » il se tient penché et fait tourner le barsôm sur le Mâhrû.


Zôt et Râspî ensemble.


1. J’appelle la libation au sacrifice 1 [147] : j’appelle le baresman au sacrifice.

[148]J’appelle le baresman au sacrifice ; j’appelle la libation au sacrifice.


J’appelle au sacrifice la libation avec son baresman ; j’appelle au sacrifice le baresman avec sa libation.

J’appelle au sacrifice ce baresman avec cette libation 2 [149] ; j’appelle au sacrifice cette libation avec ce baresman.


J’appelle au sacrifice ce baresman avec sa libation : j’appelle au sacrifice ce baresman (imat baresma) avec sa libation, avec son lien pieusement lié 3 [150].


Au mot baresman, le Zôt s’assied, les pieds croisés ; il dépose le barsôm sur le Mâhrû 4 [151] et pose sur le barsôm les deux doigts de la main gauche.


2 (10). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Ahura Mazda, saint, maître de sainteté ;

j’appelle au sacrifice les Amesha-Spentas, les bons souverains, les bienfaisants 5 [152].


3 (12). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les Génies des veilles, saints, maîtres de sainteté ;

j’appelle au sacrifice Hâvani, saint, maître de sainteté ;

j’appelle au sacrifice Sâvanhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Mithra, maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux, divinité invoquée par son nom ; et Râma Hvâstra.

Le Zôt seul.

4 (16). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Rapithwina, saint, maître de sainteté ;

j’appelle au sacrifice Frâdat-fshu et Zantuma, saints, maîtres de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Asha Vahishta et le Feu, fils d’Ahura Mazda.


5 (19). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Uzayêirina, saint, maître de sainteté ;

j’appelle au sacrifice Frâdat-vîra et Dahyuma, saints, maîtres de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice le grand, le souverain Apâm Napât, génie des femmes, brillant, aux chevaux rapides 6 [153], et les eaux créées par Mazda.

6 (23). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Aiwisrùthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté ;

j’appelle au sacrifice Frâdat-vîspâm-hujyâiti et le Zarathushtrôtema, saints, maîtres de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les bonnes, puissantes, bienfaisantes 7 [154] Fravashis des justes, et les Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes ; et le Bonheur de l’année ; et la Force bien faite et de belle taille, Verethraghna, créé par Ahura, et l’Ascendant destructeur.

7 (26). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Ushahina, saint, maître de sainteté ;

j’appelle au sacrifice Berejya et Nmânya, saints, maîtres de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice le pieux Sraosha, à la belle taille 8 [155], victorieux, qui accroît le monde ; et Rashnu Razishta, et Arshtât, qui accroît le monde, qui fait grandir le monde. 8 (31). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les Mois, saints, maîtres de sainteté ;

j’appelle au sacrifice la Nouvelle Lune, sainte, maître de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman, j’appelle au sacrifice la Pleine Lune et Vîshaptatha, saints, maîtres de sainteté.


9 (34) 9 [156]. Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les Fêtes de saison, saintes, maîtres de sainteté ;

j’appelle au sacrifice Maidhyôi-zaremaya, saint, maître de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Maidhyôi-shema, saint, maître de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Paitishhahya, saint, maître de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Ayâthrima, où la chaleur tombe et où se fait la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Maidhyâirya, où le froid règne ; saint, maître de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Hamaspathmaêdaya, saint, maître de sainteté.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les Années, saintes, maîtres de sainteté.

10 (43). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hàvani ; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra.


11 (44). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Ahura et Mithra, grands, impérissables et saints ;

j’appelle au sacrifice les étoiles, la lune, le soleil [qui brille] sur les arbres à baresman, et Mithra, maître de tous les pays 10 [157]. [158]Ici l’invocation du jour et du mois ; on donne pour exemple le premier jour du premier mois.

[(36-37). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice Ahura Mazda, brillant et glorieux.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les Fravasliis des justes].


12 (42). Avec cette libation et ce baresman je t’appelle au sacrifice, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux.

-\vec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les bonnes, les excellentes Eaux 11 [159], créées par Mazda, saintes ;

j’appelle au sacrifice toutes les eaux saintes, créées par Mazda ;

j’appelle au sacrifice toutes les plantes saintes, créées par Mazda.


13 (50). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice la Parole Divine, sainte, très glorieuse 12 [160] ;

j’appelle au sacrifice la Loi donnée contre les démons, la loi de Zarathushtra ;

j’appelle au sacrifice la longue Tradition ;

j’appelle au sacrifice la bonne Religion Mazdéenne.

14 (54). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice le mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité, qui est un dieu 13 [161] ;

j’appelle au sacrifice toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité, créées par Mazda, saintes, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice la redoutable 14 [162] Gloire des Kavis, créée par Mazda.

J’appelle au sacrifice la redoutable 14 Gloire insaisissable, créée par Mazda. Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice la bonne Ashi, brillante, grande, forte, de belle taille, pleine de bonté 15 [163].

J’appelle au sacrifice la Gloire, créée par Mazda ; j’appelle au sacrifice le Bien-Être, créé par Mazda.

15 (58). Avec cette libation et ce baresman, j’appelle au sacrifice la bonne Bénédiction du juste ;

j’appelle au sacrifice le juste lui-même, saint ;

j’appelle au sacrifice la Pensée de malédiction du juste, Divinité redoutable et puissante.

16 (59). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice ces eaux, ces terres, ces plantes ; j’appelle au sacrifice ces lieux, ces contrées, ces campagnes, ces demeures, ces étables 16 [164].

J’appelle au sacrifice le Maître des terres 17 [165], Ahura Mazda.

17 (60). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice le plus grand de tous les Maîtres 18 [166] et les Génies des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années.

Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice les bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des saints.

Zôt et Râspi ensemble.

18 (62). Avec cette libation et ce baresman j’appelle au sacrifice toutes les divinités saintes ;

j’appelle au sacrifice tous les Maîtres de sainteté ;

à l’heure où préside Hâvani, à l’heure où président Sâvanhi et Vîsya ;

à l’heure où président tous les grands maîtres


19. Ou peut-être : « à l’heure où préside le plus grand de tous les maîtres » (Auhrmazd).



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a




HÂ 3 [SRÔSH DARÛN]




Dans les manuscrits liturgiques ce Hâ est intitulé « Srôsh Darûn, commencement » [167] : ce Hâ sert en effet de début à l’office particulier connu sous ce nom et destiné à assurer à l’âme des morts, dans son passage à l’autre monde, la protection de Sraosha.

Le Hà précédent nous présentait le Barsom et l’eau Zôhr préparés pour être offerts ; celui-ci nous présente les autres offrandes, qui sont pour la plupart de nature à être consommées (de la nature du Darûn, le pain consacré).

L’énumération divine est celle du Hâ I ; la formule essentielle est celle du Hâ II.


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Le Râspî met sur la table le Darûn avec le Goshôdâ (gaush hudhâo) ; puis il place trois êsm bôi près de l’autel du feu.

Le Zôt passe en revue du regard tous les instruments du sacrifice, prend de l’eau dans la cuve et la verse sur le Barsom.


Zôt et Ràspî ensemble :


1. Le baresman étant déposé [168], avec la libation, à cette heure où préside Hâvani ;

j’appelle au sacrifice l’aliment du Myazda 3 [169] Haurvatât, Ameretât et le Bœuf bienfaisant 4 [170] ;

pour réjouir Ahura Mazda et les Amesha-Spentas ;

pour réjouir le pieux Sraosha 5 [171] dévot, victorieux, qui accroît le monde.


2 (5). J’appelle au sacrifice le Haoma et le Parahaoma 5 [172] : pour réjouir la Fravashi du saint Zarathushtra, le Spitâma 6 [173]

J’appelle au sacrifice le bois et l’encens 8 [174],

pour te réjouir, ô Feu, fils d’Ahura Mazda 9 [175].


3 (9). J’appelle les Haomas au sacrifice, pour réjouir ces bonnes eaux 10 10 [176], et les bonnes eaux créées par Mazda.}}

J’appelle au sacrifice l’eau de Haoma 11 [177].

J’appelle au sacrifice le [lait] vif de la Vache 12 [178], la plante Hadhanaêpata 13 [179], pieusement préparée 14 [180],
pour réjouir les eaux, créées par Mazda.

4 (15) [181]. J’appelle au sacrifice ce baresman avec sa libation, avec son lien pieusement lié, pour réjouir les Amesha-Speñtas.

J’appelle au sacrifice 15 les paroles de bonne pensée, de bonne parole, de bonne action 16 [182] ;

j’appelle au sacrifice la récitation des Gâthas ;

J’appelle au sacrifice les Commandements bien accomplis 17 [183] ;

j’appelle au sacrifice cette foi et cette vertu 18 [184], cette Maîtrise et cette adoration des Maîtres 19 [185],

pour réjouir les divinités saintes du monde spirituel et de ce monde ; pour réjouir mon âme à moi-même.

5 (21) 20 [186]. J’appelle au sacrifice les Génies des veilles, maîtres de sainteté ; Hâvani, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Sâvanhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice Mithra, maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux, divinité invoquée par son nom, et Râma Hvâstra.


Le Zôt seul ;


6 (24). J’appelle au sacrifice Rapithwina, saint, maître de sainteté. J’appelle au sacrifice Frâdat-fshu et Zantuma, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice Asha Yahishta et le Feu d’Ahura Mazda.

7 (27). J’appelle au sacrifice Uzayêirina, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Frâdat-vîra et Dahyuma, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice le grand, le souverain Apâm Mapât et les eaux créées par Mazda.

8 (30). J’appelle au sacrifice Aiwisrùthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Frâdat-vîspam-hujyàiti et le Zarathushtrôtema, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice les Fravashis des justes, et les Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes ; et le Bonheur de l’année ; et la Force bien faite et de belle taille, Veretbraghna, créé par Ahura, et l’Ascendant destructeur.

9 (34). J’appelle au sacrifice Ushahina, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Berejya et Nmânya, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice le saint Sraosha, dévot, victorieux, qui accroît le monde ; et Rashnu Razishta ; et Arshtât, qui accroît le monde, qui fait grandir le monde.

10 (38). J’appelle au sacrifice les Mois, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice la Nouvelle Lune, sainte, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice la Pleine Lune et Vîshaptatha, saints, maîtres de sainteté.

11 (40). J’appelle au sacrifice les Fêtes de saison, saintes, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice Maidhyôi-zaremaya, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Maidhyôi-shema, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Paitish-hahya, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Ayâthrima, où la chaleur tombe et où a lieu la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Maidhyâirya, où le froid règne ; saint, maître de sainteté. J’appelle au sacrifice Hamaspathmaêdaya, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice les Années, saintes, maîtres de sainteté.

12 (47). J’appelle au sacrifice tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hâvani ; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra.


13 (48). J’appelle au sacrifice Ahura et Mithra, grands, impérissables et saints ;

et les Étoiles, créations de l’Esprit Bienfaisant ;

Tishtrya, étoile brillante et glorieuse ;

la Lune, qui contient le germe du Taureau ;

le Soleil, aux chevaux rapides, œil d’Ahura Mazda ;

Mithra, maître des pays.


Ici l’invocation du jour et du mois ; on donne pour exemple le premier jour du premier mois.


[(36-37). J’appelle au sacrifice Ahura Mazda, brillant et glorieux.

J’appelle au sacrifice les Fravashis des justes.]

14 (52). Je t’appelle au sacrifice, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux.

J’appelle au sacrifice les Bonnes Eaux et toutes les eaux créées par Mazda, toutes les plantes créées par Mazda.


15 (54). J’appelle au sacrifice la Parole Divine, sainte, qui exprime le désir du Seigneur ;

la Loi donnée contre les Daêvas, la loi de Zarathushtra ;

la longue Tradition ;

la bonne Religion Mazdéenne.

16 (55). J’appelle au sacrifice le mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité, et toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité ; créées par Mazda ;

la Gloire des Kavis, créée par Mazda ; la Gloire insaisissable, créée par Mazda ;
la bonne Fortune (Ashi), la bonne Sagesse (Cisti), la bonne Pensée (Erethé), le bon Penser (Rasãstât) ;

la Gloire et le Bien-Être, créés par Mazda.


17 (58). J’appelle au sacrifice la bonne Bénédiction du juste et le juste lui-même, saint ; et la Pensée de malédiction du sage, Divinité redoutable et puissante.


18 (59). J’appelle au sacrifice ces lieux et ces contrées ; ces campagnes, ces demeures, ces étables ; ces eaux, ces terres, ces plantes, cette terre et ce ciel ; le vent saint, les étoiles, la lune, le soleil, la Lumière infinie créée d’elle-même ; toutes les créatures de l’Esprit Bienfaisant, saintes, maîtres de sainteté.


19 (60). J’appelle au sacrifice le Grand Maître de sainteté 21 [187] ; les Maîtres des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années, maîtres de sainteté ; le maître Kâvani.
Le Zôt et le Râspî ensemble :
20 (61) 22 [188]. J’appelle au sacrifice l’aliment du Myazda, Haurvatât, Ameretât et le Bœuf bienfaisant ;

pour réjouir Sraosha, le pieux, le fort, incarnation de l’obéissance 23 [189], « à l’arme étourdissante » (cf. Yasna LVII, n. 4). 24 [190] qui est souverain 25 [191], Divinité invoquée par son nom.


21 (62). J’appelle au sacrifice le Haoma et le Parahaoma, pour réjouir la Fravashi du saint Zarathushtra, le Spitâma, Divinité invoquée par son nom.

J’appelle au sacrifice le bois et l’encens, pour te réjouir, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, Divinité invoquée par ton nom.

J’appelle au sacrifice l’aliment du Myazda (§§ 20-21 répétés 3 fois).
22 (65) 26 [192], J’appelle au sacrifice les redoutables et victorieuses Fravashis des saints, les Fravashis des premiers fidèles, les Fravashis des parents les plus proches, la Fravashi de mon âme à moi-même.

23 (67) 26, J’appelle au sacrifice tous les Maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice toutes les Divinités bienfaisantes du monde spirituel et de ce monde, à qui il faut offrir le sacrifice et la prière avec une sainteté parfaite.


24 (68) 27 [193]. Fravarânê… Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, sectateur de la loi d’Ahura ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Hâvani, saint, maître de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Sâvanhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification, aux Génies des veilles, des jours, des mois, des fêtes de saison, des années.

2528 [194].
Le Zôt.

Le désir du Seigneur… — que le Zaotar me le dise !

Le Râspî.

Le désir du Seigneur… — que ce prêtre Zaotar me le dise !

Le Zôt.

C’est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame !




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HÂ 4 [SRÔSH DARÛN]


Ce Hà reprend l’ensemble des offrandes matérielles et spirituelles énumérées dans les deux Hâs précédents et les consacre aux divinités du sacrifice. L’énumération divine est celle du Hâ I ; la formule essentielle est pairi dademahî âca âvaêdhayamahî. Le premier terme signifie « nous donnons », le second est traduit par la tradition nividînam, c’est-à-dire comme nivaêdhayêmi (Y. 1, 1) ; le pehlvi ajoute ziyam gûft, ce qui semble signifier « comme je l’ai [déjà] dit » ; cf. Yp. X, 11 : le sens serait donc : « nous vous les annonçons, comme nous l’avons déjà fait, et nous vous les offrons ». Mais la véritable offrande n’a lieu que dans le Hâ VII où elle est exprimée par le terme dadhâmi « je donne » : il faut d’autre part qu’il y ait une nuance entre pairi dademahî et dadhâmi d’une part, entre nivaêdhayêmi et âvaêdhayamahî de l’autre. Au point du sacrifice où nous en sommes, les dieux se trouvant d’une part, les offrandes de l’autre, il n’y a de place que pour un acte : c’est l’attribution des unes aux autres, l’annonce que celles-ci sont destinées à ceux-là ; c’est ce que nous convenons d’exprimer par le verbe « consacrer ».

L’intention de la formule est yasnâica vahmâica khshnaothrâica frasastayaêca « en sacrifice, prière, réjouissance et glorification ».

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Le Zôt prend de l’eau dans la cuve et la verse sur le barsom.

Zôt et Râspî ensemble :

1. Ces bonnes pensées, ces bonnes paroles, ces bonnes actions ;

ce Haoma, ce Myazda, ces libations, ce baresman pieusement lié ;

ce bœuf bienfaisant, cette Haurvatât, cette Ameretât 1 [195] ;

cette vache bienfaisante 2 [196], ce Haoma et ce Parahaoma, ce bois et cet encens ;

cette foi et cette vertu ; cette Maîtrise et cette Adoration des Maîtres ; cette récitation des Gâthas et ces Commandements bien accomplis ;

toutes ces choses, nous les donnons et les consacrons.


2 (4). Toutes ces choses, nous les consacrons à Ahura Mazda, au pieux Sraosha, aux Amesha-Speñtas, aux Fravashis des justes, aux âmes des justes, au Feu, fils d’Ahura Mazda ; au Grand Maître 3 [197] et à toute la création du Bien ;

en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


3 (5). Ces bonnes pensées, ces bonnes paroles, ces bonnes actions ;

ce Haoma, ce Myazda, ces libations, ce baresman, pieusement lié ;

ce bœuf bienfaisant, cette Haurvatât, cette Ameretât ;

cette vache bienfaisante, ce Haoma et ce Parahaoma, ce bois et cet encens ;

cette foi et cette vertu ; cette Maîtrise et cette Adoration des Maîtres ; cette récitation des Gâthas et ces Commandements bien accomplis ;


4 (8). toutes ces choses, nous les consacrons aux Amesha-Speñtas, les bons souverains, les bienfaisants, toujours vivants, toujours plus forts 4 [198] qui habitent avec Vohu-Manô 5 [199].


5 (10). Toutes ces choses, nous les consacrons, pour qu’elles multiplient

dans cette maison 6 [200] et pour que grandissent dans cette maison troupeaux et hommes, nés et à naître, saints — dans la maison d’où viennent ces choses.

6 (11). Nous les consacrons aux bonnes Fravashis des justes, [qui sont] redoutables et victorieuses, au secours des justes.

7 (12). Nous les consacrons au créateur Ahura Mazda, brillant, glorieux, esprit dans le monde des esprits 7 [201], et aux Amesha-Speñtas ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

8 (13). Nous les consacrons aux Génies des veilles, maîtres de sainteté ; à Hâvani, maître de pureté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Sâvanhi, et à Vîsya, saints, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Mithra, maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux. Divinité invoquée par son nom ; et à Râma Hvâstra ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


Le Zôt seul :

9 (16). Nous les consacrons à Rapithwina, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Frâdat-fshu et à Zantuma, saints, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Asha Vahishta, et au Feu, fils d’Ahura Mazda ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification. 10 (19). Nous les consacrons à Uzayêirina, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Frâdat-vîra et Dahyuma, saints, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons au grand, au souverain Apâm Napât, et aux eaux créées par Mazda ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

11 (22). Nous les consacrons à Aiwisrûthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Frâdat-vîspâm-hujyâiti et au Zarathushtrôtema, saints, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons aux Fravashis des justes, et aux Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes ; et au Bonheur de l’année ; et à la Force bien faite et de belle taille, à Verethraghna, créé par Ahura, et à l’Ascendant destructeur ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

12 (25). Nous les consacrons à Ushahina, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Berejya et à Nmânya, saints, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons au pieux Sraosha, à la belle taille, dévot, victorieux, qui accroît le monde ; et à Rashnu Razishta, et à Arshtât, qui accroît le monde, qui fait grandir le monde ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


13 (29). Nous les consacrons aux Mois, saints, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à la Nouvelle Lune, sainte, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à la Pleine Lune, et au Vîshaptatha, saints, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


14 (31). Nous les consacrons aux Fêtes de saison, saintes, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification. Nous les consacrons à Maidhyôi-zaremaya, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Maidhyôi-shema, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Paitish-hahya, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Ayâthrima, où la chaleur tombe et où se fait la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Maidhyâirya, où le froid règne ; saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à Hamaspathmaêdaya, saint, maître de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons aux Années, saintes, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

15 (38). Nous les consacrons à tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hâvani ; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


16 (39). Nous les consacrons à Ahura et à Mithra, grands, impérissables et saints ;

aux Étoiles, créations de l’Esprit Bienfaisant ;

à Tishtrya, étoile brillante et glorieuse ;

à la Lune, qui contient le germe du Taureau ;

au Soleil, aux chevaux rapides, œil d’Ahura Mazda ;

à Mithra, maître des contrées ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


Ici l’invocation du jour et du mois ;


[(40-41). Nous les consacrons à Ahura Mazda, brillant et glorieux ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons aux Fravashis des justes ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification. 17 (42). Nous les consacrons à toi, Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons aux Bonnes Eaux et à toutes les eaux créées par Mazda ; à toutes les plantes créées par Mazda ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


18 (44). Nous les consacrons à la Parole Divine, sainte, qui exprime le désir du Seigneur ;

à la Loi donnée contre les Daêvas, la loi de Zarathushtra ;

à la longue Tradition ;

à la bonne Religion Mazdéenne ;

en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

19 (45). Nous les consacrons au mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité, et à toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité, créées par Mazda ;

à la Gloire des Kavis, créée par Mazda ; à la Gloire insaisissable, créée par Mazda ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à la bonne Fortune (Ashi), à la bonne Sagesse (Cisti,) à la bonne Pensée (Erethé), au bon Penser (Rasâstât) ;

à la Gloire et au Bien-Être, créés par Mazda ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


20 (47). Nous les consacrons à la bonne Bénédiction du juste et au juste lui-même, saint ; et à la Pensée de malédiction du sage. Divinité redoutable et puissante ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.


21 (48). Nous les consacrons à ces lieux et ces contrées ; à ces campagnes, ces demeures, ces étables ; à ces eaux, ces terres, ces plantes ; à cette terre et ce ciel ; au vent pur, aux étoiles, à la lune, au soleil, à la Lumière infinie créée d’elle-même ; à toutes les créatures de l’Esprit Bienfaisant, saintes, maîtres de sainteté ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

22 (46). Nous les consacrons au Grand Maître de sainteté ; aux Maîtres des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années, maîtres de sainteté ; au maître Hâvani ; en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

23 8 [202]. Nous les consacrons

Le Zôt et le Râspî ensemble :

pour réjouir Sraosha le pieux, le fort, incarnation de l’obéissance, qui brandit l’arme, qui est souverain,

en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons pour réjouir la Fravashi du saint Zarathushtra, le Spitâma,

en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons pour te réjouir, ô Feu, fils d’Ahura Mazda,

en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

24. Nous les consacrons aux Fravashis des saints, redoutables et victorieuses ; aux Fravashis des premiers fidèles ; aux Fravashis des parents les plus proches,

en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

25. Nous les consacrons à tous les maîtres de sainteté, en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à toutes les divinités bienfaisantes du monde spirituel et de ce monde, à qui il faut offrir le sacrifice et la prière avec une sainteté parfaite.

Nous sacrifions 9 [203] aux Amesha-Spentas, les bons souverains, les bienfaisants.

26. Yênhê hâtâm 10 [204] : Celui et ceux dont le culte, Ahura Mazda le sait, donne le bien aux êtres en retour de leur sainteté, à ceux-là — à eux et à elles — nous offrons le sacrifice 9.





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HÂ 5 [SRÔSH DARÛN]




Ce Hâ est emprunté au Yasna Haptanhâiti (Yasna XXXVII) et est conçu dans le dialecte des Gâthas. Il est intercalé ici comme paraphrase du premier paragraphe du Hâ VI, et l’on pourrait en pratique, en supprimant le § 1 du Hâ VI, considérer V et VI comme un Hà unique dont l’objet est d’offrir le sacrifice (yazamaidê) à Ahura et aux Amesha-Spentas (Hâ V = VI, 1) et aux autres divinités que l’on a en vue (VI, 2-20). L’énumération divine dans le Hâ VI est celle du Hâ II : la formule est yazamaidê « nous sacrifions ».


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Le Zôt prend de l’eau dans la cuve et la verse sur le barsom. « Regarder avec attention tout l’appareil du sacrifice » 1 [205].


1. Ici nous sacrifions à Ahura Mazda, qui a créé le Bœuf, créé le Bien (l’Asha), créé les bonnes eaux et les bonnes plantes ; créé la lumière et la terre, et toute chose bonne 2 [206] ; par sa souveraineté, sa grandeur et sa bonté protectrice 3 [207]. 2 (4). Nous lui sacrifions, en tête de ses adorateurs 4 4. [208] qui vivent avec le bœuf 5 [209].


3 (6). Nous lui sacrifions, par ses noms de Seigneur, ses noms de Grand Sage 6 [210], ses noms bien-aimés et très bienfaisants ;

nous lui sacrifions, de tout notre corps et de toute notre âme.

Nous lui sacrifions, et aux Fravashis des justes, hommes et femmes.

4 (9). Nous sacrifions à Asha Vahishta 7 [211], le très beau, l’immortel bienfaisant, qui est lumineux 8 [212], qui est toute chose bonne 9 [213] ;

nous sacrifions à Vohu-Manô et au bon Khshathra 10 [214] ; à la bonne Religion 11 [215] et la bonne Maîtrise 12 [216] et la bonne Armaiti 13 [217].

Yêńhê hâtâm 14 [218].


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HÂ 6 [SROSH DARÛN]




Voir l’introduction du Hà précédent.

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Le Zôt prend de l’eau dans la cuve et la verse sur le barsom.


1. Nous sacrifions au créateur 1 [219] Ahura Mazda.

Nous sacrifions aux Amesha-Speiltas, les bons souverains, les bienfais ants.

2 (3). Nous sacrifions aux Génies des veilles, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à Hâvani, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Sâvanhi et à Vîsya, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à Mithra, maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux, divinité invoquée par son nom ; et à Râma Hvâstra.


Le Zôt seul :


3 (8). Nous sacrifions à Rapithwina, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Frâdat-fshu et à Zantuma, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à Asha Vahishta, et au Feu, fils d’Ahura Mazda.

4 (11). Nous sacrifions à Uzayêirina, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Frâdat-vîra et Dahyuma, saints, maîtres de sainteté. Nous sacrifions au grand, au souverain Apàm Napât, génie des femmes, brillant, aux chevaux rapides, et aux eaux créées par Mazda. 5 (15). Nous sacrifions à Aiwisrùthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Frâdat-vîspâm-hujyâiti et au Zaratliushtrôtema, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions aux bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des justes.

Nous sacrifions aux Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes.

Nous sacrifions au Bonheur de l’année.

Nous sacrifions à la Force bien faite et de belle taille.

Nous sacrifions à Verethraghna, créé par Ahura.

Nous sacrifions à l’Ascendant destructeur,

6 (18). Nous sacrifions à Ushahina, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Berejya et à Nmânya, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions au pieux Srosha, à la belle taille, victorieux, qui accroît le monde, sainte maître de sainteté.

Nous sacrifions à Rashnu Razishta.

Nous sacrifions à Arshtât, qui accroît le monde, qui fait grandir le monde.

7 (23). Nous sacrifions aux Mois, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à la Nouvelle Lune, sainte, maître de sainteté.

Nous sacrifions à la Pleine Lune et au Vishaptatha, saints, maîtres de sainteté.

8 (26), Nous sacrifions aux Fêtes de saison, saintes, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à Maidhyôi-zaremaya, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Maidhyôi-shema, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Paitish-hahya, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Ayâthrima, où la chaleur tombe et où se fait la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Maidhyâirya, où le froid règne ; saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Hamaspathmaêdaya, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions aux Années, saintes, maîtres de sainteté.

9 (34). Nous sacrifions à tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hàvani ; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra.

10 (36). Nous sacrifions à Ahura et à Mithra, grands, impérissables et saints.

Nous sacrifions aux Étoiles, et à la lune, et au soleil [qui brille] sur les arbres à Baresman, et à Mithra, maître de toutes les contrées.


Ici l’invocation du jour et du mois :


[(37-38). Nous sacrifions à Ahura Mazda, brillant et glorieux.

Nous sacrifions aux Fravahis des justes.]

11 (39). Nous te sacrifions, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux.

Nous sacrifions aux bonnes, aux excellentes Eaux créées par Mazda, saintes.

Nous sacrifions à toutes les eaux saintes, créées par Mazda.

Nous sacrifions à toutes les plantes saintes, créées par Mazda.


12 (41). Nous sacrifions à la Parole Divine, très glorieuse.

Nous sacrifions à la Loi ennemie des Daêvas.

Nous sacrifions à la loi de Zarathushtra.

Nous sacrifions à la longue Tradition.

Nous sacrifions à la bonne Religion Mazdéenne.

13 (45). Nous sacrifions au mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité, qui est un dieu.

Nous sacrifions à toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité, créées par Mazda, saintes, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à la redoutable Gloire des Kavis, créée par Mazda.

Nous sacrifions à la redoutable Gloire insaisissable, créée par Mazda.

Nous sacrifions à la bonne Ashi, brillante, grande, forte, de belle taille, pleine de bonté.

Nous sacrifions à la Gloire et au Bien-Être, créés par Mazda.

14 (48). Nous sacrifions à la bonne Bénédiction du juste et au juste lui-même, saint ; et à la Pensée de malédiction du sage. Divinité redoutable et puissante.

15 (49). Nous sacrifions à ces eaux, ces terres, ces plantes.

Nous sacrifions à ces lieux et ces contrées ; à ces campagnes, ces demeures, ces étables ; et au maître des contrées qui est Ahura Mazda. 16 (50). Nous sacrifions à tous les Grands Maîtres, aux Génies des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années.


Zôt et Râspî ensemble :


17 (51). Nous offrons en sacrifice Haurvatât et Ameretât 2 [220] ;

nous offrons en sacrifice le bœuf bienfaisant 2 :

nous [les] offrons en sacrifice au pieux Sraosha, à la belle taille, victorieux, qui accroît le monde, saint, maître de sainteté.

18 (52). Nous offrons en sacrifice le Haoma et le Parahaoma :

nous [les] offrons en sacrifice à la Vertu et la Fravashi de Zarathushtra, le Spitâma, le saint d’ici-bas 3 [221].

Nous offrons en sacrifice le bois et l’encens :

nous [les] offrons en sacrifice à toi, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, saint, maître de sainteté.

19 (54), Nous sacrifions aux bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des justes.

20 (55). Nous sacrifions à toutes les saintes Divinités :

nous sacrifions à tous les maîtres de sainteté :

à l’heure où préside Hâvani ;

à l’heure où président Sâvanhi et Vîsya ;

à l'heure où président tous les grands maîtres.

21. Yênhê hâtâm [222].

Yathâ ahû vairyô.


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HA 7 [SROSH DARUN]



Dans ce Hâ, les offrandes sont données aux dieux (dadhâmi).

L’énumération des divinités et des offrandes suit le type du Hâ III, la formule est ashaya dadhâmi « je donne pieusement ». L’intention même de la formule est la même que dans le Hà III : khshnûmainê « pour réjouir ».

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Le Râspî.


Le désir du Seigneur… — que ce prêtre Zaotar me le dise !…


Le Zôt.


C’est la règle du bien… — que l’homme de bien qui la connaît la proclame 1 [223] !


Le Zôt prend de l’eau dans la cuve et la verse sur le barsom.


Le Zôt et le Râspî ensemble :


Ashem vohû [3 fois).

1. Je donne pieusement l’aliment du Myazda, Haurvatât, Ameretât, et le bœuf bienfaisant, pour réjouir Ahura Mazda, et les Amesha-Spentas ; pour réjouir le pieux Sraosha, dévot, victorieux, qui accroît le monde. 2. Je donne pieusement le Haoma et le Parahaoma, pour réjouir la Fravashi du saint Zarathushtra, le Spitâma.

Je donne pieusement le bois et l’encens pour te réjouir, ô Feu, fils d’Ahura Mazda.

3 (4). Je donne pieusement le Haoma pour réjouir ces bonnes eaux, et les bonnes eaux créées par Mazda.

Je donne pieusement l’eau de Haoma ; je donne pieusement le [lait] vif de la vache ; je donne pieusement la plante Hadhanaêpata, pieusement préparée ;

pour réjouir les eaux créées par Mazda.

4 (8). Je donne pieusement le baresman avec les libations et le lien pieusement lié ;

pour réjouir les Ameshas-Speñtas.

Je donne pieusement les paroles de bonne pensée, de bonne parole, de bonne action ; je donne pieusement la récitation des Gâthas ; je donne pieusement les Commandements bien accomplis ; je donne pieusement cette foi et cette vertu ; cette Maîtrise et cette Adoration des Maîtres ;

pour réjouir les divinités saintes du monde spirituel et de ce monde, pour réjouir mon âme à moi-même.

5 (13). Je le donne pieusement aux Génies des veilles, maîtres de sainteté ;

à Hâvani, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Sâvanhi et à Vîsya, saints, maîtres de sainteté.

Je le donne pieusement à Mithra, maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux. Divinité invoquée par son nom ; et à Ràma Hvâstra.


Le Zôt seul :


6 (16). Je le donne pieusement à Rapithwina, saint, maître de sainteté. Je le donne pieusement à Frâdat-fshu et à Zañtuma, saints, maîtres de sainteté.

Je le donne pieusement à Asha Vahishta et au Feu d’Ahura Mazda.

7 (19). Je le donne pieusement à Uzayêirina, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Frâdat-vîra et Dahyuma, saints, maîtres de sainteté. Je le donne pieusement au grand, au souverain Apâm Napât et aux eaux créées par Mazda.

8 (22). Je le donne pieusement à Aiwisrûthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Frâdat-vîspâm-hujyâti et au Zarathushtrôtema, saints, maîtres de sainteté.

Je le donne pieusement aux Fravashis des justes, et aux Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes ; et au Bonheur de l’année ; à la Force bien faite et de belle taille, à Verethraghna, créé par Ahura, et à l’Ascendant destructeur.

9 (26). Je le donne pieusement à Ushahina, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Berejya et à Nmânya, saints, maîtres de sainteté.

Je le donne pieusement au pieux Sraosha, dévot, victorieux, qui accroît le monde ; et à Rashnu Razishta ; et à Arshtât, qui accroît le monde, qui fait grandir le monde.


10 (30). Je le donne pieusement aux Mois, saints, maîtres de sainteté.

Je le donne pieusement à la Nouvelle Lune, sainte, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à la Pleine Lune et au Vîshaptatha, saints, maîtres de sainteté.


11 (32). Je le donne pieusement aux Fêtes de saison, saintes, maîtres de sainteté.

Je le donne pieusement à Maidhyôi-zarema, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Maidhyôi-shema, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Paitish-hahya, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Ayâthrima, où la chaleur tombe et où se fait la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Maidhyâirya, où le froid règne ; saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement à Hamaspathmaêdaya, saint, maître de sainteté.

Je le donne pieusement aux Années, saintes, maîtres de sainteté.

12 (39). Je le donne pieusement à tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hâvani ; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra.


13 (40). Je le donne pieusement à Ahura et à Mithra, grands, impérissables et saints.

Je le donne pieusement aux Étoiles, créations de l’Esprit Bienfaisant :

à Tishtrya, étoile brillante et glorieuse ;

à la Lune, qui contient le germe du Taureau ;

au Soleil, aux chevaux rapides, œil d’Ahura Mazda ;

à Mithra, maître des pays.


Ici l’invocation du jour et du mois :


[(41-42). Je le donne pieusement à Ahura Mazda, brillant et glorieux.

Je le donne pieusement aux Fravashis des justes.]


14 (43). Je te le donne pieusement, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux.

Je le donne pieusement aux Bonnes Eaux et à toutes les eaux créées par Mazda, à toutes les plantes créées par Mazda.


15 (45). Je le donne pieusement à la Parole Divine, sainte, qui exprime le désir du Seigneur ;

à la Loi donnée contre les Daêvas, la loi de Zarathushtra ;

à la longue Tradition ;

à la bonne Religion Mazdéenne.

16 (46). Je le donne pieusement au mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité, et à toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité, créées par Mazda ;

à la Gloire des Kavis, créée par Mazda ; à la Gloire insaisissable, créée par Mazda.

Je le donne pieusement à la bonne Fortune (Ashi), à la bonne Sagesse (Cisti), à la bonne Pensée (Erethé), au bon Penser (Rasâstât) ;

à la Gloire et au Bien-Être, créés par Mazda.

17 (49). Je le donne pieusement à la bonne Bénédiction du juste et au juste lui-même, saint ; et à la Pensée de malédiction du sage, Divinité redoutable et puissante.

18 (50). Je le donne pieusement à ces lieux et ces contrées ; à ces campagnes, ces demeures, ces étables ; à ces eaux, ces terres, ces plantes ; à cette terre et ce ciel ; au vent pur, aux étoiles, à la lune, au soleil, à la Lumière infinie créée d’elle-même ; à toutes les créatures de l’Esprit Bienfaisant, saintes, maîtres de sainteté.

19 (51). Je le donne pieusement au Grand Maître de sainteté ; aux maîtres des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années, maîtres de sainteté ;

au maître Hâvani.

20 (52). Je donne pieusement


Le Zôt et le Râspî ensemble :


l’aliment du Myazda, Ilaurvatât etAmeretât, et le bœuf bienfaisant, pour réjouir Sraosha, le pieux, le fort, incarnation de l’obéissance, qui brandit l’arme, qui est souverain. Divinité invoquée par son nom.

21 (53). Je donne pieusement le Haoma et le Parabaoma, pour réjouir la Fravashi du saint Zarathushtra, le Spitâma, Divinité invoquée par son nom.

Je donne pieusement le bois et l’encens pour te réjouir, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, Divinité invoquée par ton nom (§§ à répéter 2 fois).

22 (55). Tout cela je le donne pieusement aux redoutables, victorieuses Fravashis des justes, aux Frasvahis des premiers fidèles, aux Fravashis des parents les plus proches.

23 (56). Je le donne pieusement à tous les maîtres de sainteté.

Je le donne pieusement à toutes les Divinités bienfaisantes du monde spirituel et de ce monde, à qui il faut offrir le sacrifice et la prière avec une sainteté parfaite.


24 (58) 1 [224]. Qu’en retour de notre piété vienne à nous Celui dont ses adorateurs avec leurs présents recherchent les bienfaits 2 [225] !

3 [226] Pour le chanter et redire ta parole, ô Ahura Mazda, nous venons, contents et soumis, La récompense que tu nous promets, ô Mazda Ahura, si nous suivons ta religion,
25 (62). donne-la-nous dans ce monde et dans le monde de l’esprit.

Oui, que nous venions sous ta maîtrise et celle d’Asha, à toute éternité !
26 (65). Yathâ ahû vairyô : Le désir du Seigneur est la règle de la sainteté.

Les biens de Vohu Manô aux œuvres (shyaothnanâm) faites en ce monde pour Mazda !

Il fait régner Ahura, celui qui secourt le pauvre (2 fois).

A chaque shyaothnanâm 4 [227], le Ràspî prend un Esm Bôi dans la pelle et le met sur le feu.

26. Nous sacrifions à l'Ahuna Vairya ; nous sacrifions à la Parole droite 5 [228].

nous sacrifions à la bonne Bénédiction du juste 6 [229] ; nous sacrifions à la Pensée de malédiction du sage, divinité redoutable et puissante 7 [230].

Nous sacrifions à Haurvatât et Ameretât ; nous sacrifions au bœuf bienfaisant :

nous sacrifions au Haoma et au Parahaoma ; nous sacrifions au bois et à l’encens :

en glorification 8 [231] de la bonne Bénédiction du juste.


27. Yêńhê hâtâm.


28. yathâ ahû vairyô.


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HÂ 8 [SRÔSH DARUN]


Ce Hâ est essentiellement consacré à la consommation de l’offrande solide, le Myazda, représenté par les gâteaux de pain appelés darùn et plus spécialement frasasti.

Il débute par une formule identique à celle qui termine le Hâ précédent et qui laisse attendre un Hâ construit sur le même type, mais où l’offrande, au lieu d’être « pour réjouissance » khshnûmainê, serait « en glorification » frasasti. Mais cette nouvelle litanie n’est qu’indiquée et l’on passe à la consommation du Myazda. Les indications liturgiques ne parlent que du Zaotar comme consommant le darûn ; mais le texte prouve clairement que tous les fidèles y sont admis. Cette communion est une sorte d’épreuve religieuse. Il faut que le fidèle se sente en état de grâce pour y toucher et il semble, d’après l’adjuration solennelle faite par le Zaotar (§§ 3-4), que les effets du Myazda trahissent celui qui le consomme en état de péché.

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Le Zôt et le Râspî ensemble :

Ashem vohû (3 fois).

1. Je donne pieusement l’aliment du Myazda, Haurvatât et Amerelât, le bœuf bienfaisant, le Haoma et le Parahaoma, le bois et l’encens ;

Mettre sur le feu du bois et de l’encens 1 [232].
pour glorifier 2 [233] Ahura Mazda, l’Ahuna Vairya, la Parole droite 3 [234] ; la bonne Bénédiction du juste, la redoutable Pensée de malédiction du sage ; Haoma, la Parole Divine, et le saint Zarathushtra.
En retour de notre piété qu’il vienne à nous 4 [235] !

Le Râspî, debout, tourné vers le couchant, met sur le feu le troisième Esm bôï ; puis, se tenant debout à la gauche du Zôt 5 [236], il dit :

2 (4). Mangez ce Myazda, ô hommes, si vous vous en êtes rendus dignes par votre vertu et votre piété.
Le Zôt :
3 (5). O Amesha-Speñtas, ô Religion de Mazda, Dieux bons et Déesses bonnes, et vous, Libations !

Celui qui, parmi ces adorateurs de Mazda, se disant adorateur de Mazda 6 [237] et jouissant de la part réservée au Bien 7 [238], n'est qu’un Yâtu 8 [239]destructeur des mondes du Bien, démasquez-le 9 [240], ô vous, Eaux, Plantes et Libations !

4 (9). Et celui qui, parmi ces adorateurs de Mazda, étant en âge et capable de répéter 10 [241], ne reçoit pas, ne prononce pas ces paroles 11 [242] [après moi], celui-là est convaincu d'être un Yàtu 12 [243].

Ashem vohû vahishtem astî (3 fois).


Le Zôt retire la main gauche du barsom, brise avec la main droite un petit bout du darûn, le prend avec le gôshôdd, lève le padân avec la main gauche et avale. Puis il se lave et s’essuie la bouche, se lave la main et la repose sur le barsom, dit quatre Ashem vohù et deux Yathà ahu vairyô 13 [244].


5 (10) 14 [245]. Et puisses-tu, ô Ahura Mazda, régner heureusement et comme tu veux 3 sur tes créations ! Comme tu veux sur les eaux, comme tu veux sur les plantes, comme tu veux sur toutes les bonnes choses, qui ont leur germe dans le Bien !

6 (12). Donnez puissance au bon, impuissance au méchant !

Que le bon puisse ce qu’il veut et le méchant rien de ce qu’il veut !

Qu’il s’en aille ! qu’il soit détruit 15 [246] emporté de la création de l’Esprit Bienfaisant ! contrarié 16 [247] ne pouvant rien de ce qu’il veut !

7 (15). Moi, Zarathushtra, je veux pousser les premiers 17 [248] de ces maisons, de ces bourgs, de ces districts, de ces pays à penser, à parler, à agir conformément à celle religion, qui est celle d’Ahura, celle de Zarathushtra.


Zôt et Ràspî ensemble :


8. J’appelle de mes vœux expansion et bien-être 18 [249] sur tout le monde du bien.

J’appelle de mes vœux angoisse et mal aise 18 sur tout le monde du mal.

9 19 [250]. Ashem vohû. La Sainteté est le bien suprême, etc . . . (3 fois).

Réjouissance à Haoma, saint de naissance ;

pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification !

Yathâ ahû vairyô 20 [251].



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HÂS 9, 10, 11 — HÔM YASHT


Les trois chapitres qui suivent forment un tout absolument un ; à la différence des précédents, ils se rapportent à un seul et même Génie, Haoma, dont la glorification poétique 1 [252] et le culte font leur objet. Le premier chapitre est exclusivement consacré à sa glorification : dans les deux autres, la liturgie se mêle à la poésie : elle domine dans le troisième, qui se termine par la cérémonie essentielle du culte de Hoama, le prêtre buvant le Haoma préparé (Hâ XI, 9-1 1). C’est le second acte du sacrifice considéré dans son ensemble ; nous venons d’assister au premier, la consommation du Myazda (fin du Hâ VIII).


Le premier chapitre du Hôm Yasht est le plus important de l’Avesta pour l’histoire comparative des croyances de la Perse avestéenne et de l’Inde védique : c’est là que se retrouvent la plupart des mythes et des personnages communs aux deux systèmes, et c’est le texte qui établit le plus clairement la parenté ancienne de ces deux systèmes, quel que puisse être d’ailleurs le caractère exact de cette parenté, — parenté d’origine ou parenté d’alliance, — et si profondes que soient les modifications qu’ils ont subies l’un et l’autre. L’offrande de Haoma est le centre du sacrifice mazdéen, comme l’offrande de Soma est le centre du sacrifice védique. D’un côté, comme de l’autre, il s’agit d’une plante enivrante qui concentre en elle toutes les vertus naturelles et surnaturelles de la nature végétale et dont la sève, goûtée par le prêtre, confère à lui et à la communauté toutes les félicités terrestres et célestes. Les deux plantes ont le même nom, car Haoma est la forme que Soma devait prendre en zend, et il est possible qu’à une époque très ancienne la plante employée ait été la même des deux côtés. Enfin, non seulement les deux cultes sont essentiellement identiques dans leur objet et leur intention, mais le développement mythique qui s’est produit autour de Soma se retrouve dans ses grandes lignes autour de Haoma, et nous rencontrons les mêmes personnages debout autour de l’un et de l’autre. Les prêtres mythiques de Soma et les créateurs de son culte se nomment dans les Védas Vivasvat, Yama, fils de Vivasvat, Trita Âptya : les premiers prêtres de Haoma sont Vîvanhañt, le père de Yima ; Âthwya ; Thrita (voir §§ 4, 7, 10, texte et notes).

Le culte de Haoma est donc antérieur au Zoroastrisme, qui en a parfaite conscience : car Zoroastre nous est présenté comme le fils d’un prêtre de Haoma, qui ne vient que le quatrième dans la succession des grands adorateurs du dieu-plante, et la légende ne fait ici que consacrer un souvenir historique.


Si par le fond, le Hôm Yasht remonte aux plus anciennes traditions de la religion iranienne, par la forme il appartient aux couches les plus récentes. Il contient un passage qui permet, je crois, d’en déterminer la date maximum avec une certaine vraisemblance. C’est le passage sur l'usurpalion du roi impie Keresâni (§ 24) ;

« Haoma a renversé du trône ce Keresâni qui s’était levé dans l’ambition du pouvoir, qui disait : « Désormais le Prêtre du feu n’ira plus à son gré « par le pays enseigner la loi ! » Il allait détruire toute prospérité, il allait abattre toute prospérité 2 [253]. »

On a souvent rapproché ce Keresâni, renversé par Haoma, du Kriçânu des Védas, le gardien jaloux du Soma céleste, l’archer qui lance sa flèche contre le faucon divin qui a enlevé Soma pour l’apporter aux hommes (Rig Véda, IV, 27, 3). Le rapprochement est frappant et peut-être exact ; peut-être y a-t-il eu un temps où les Iraniens connaissaient un Keresâni mythique, qui retient Haoma dans le ciel et l’envoie aux hommes. Mais une chose certaine, c’est que ce nom de Keresâni, quelle qu’ait été sa valeur ancienne, est appliqué par l’auteur de ces lignes à un personnage purement humain, qui doit trouver sa place dans le cadre de l’histoire de la Perse, telle qu’il se la représentait, soit authentique, soit légendaire. Nous devons donc nous demander quelle est, dans les idées parsies, la domination usurpatrice qui a pu un instant étouffer le Zoroastrisme et qui, si elle avait duré, l’aurait anéanti ? J’avais émis jadis 3 [254] l’hypothèse que Keresâni représenterait peut-être le grand ennemi des Mages, l’auteur de la Magophonie, Darius, fils d’Hystaspe. Mais quelque liberté que la tradition prenne avec l’histoire, elle ne pouvait aller jusqu’à faire de Darius un maître passager renversé par le Magisme. La grande usurpation, la seule qui ait failli détruire le Zoroastrisme, celle à laquelle la tradition parsie, aussi haut qu’on peut la suivre, c’est-à-dire dès l’époque sassanide, attribue la décadence de la religion et la perte de la plus grande partie des livres sacrés, c’est celle d’Alexandre le Rûmî, qui, dit-elle, brûla l’exemplaire complet de l’Avesta contenu dans la bibliothèque royale de Persépolis, et massacra les Dastûrs, les Juges, les Herbads, les Prêtres et les Sages de l’Iran, avant d’être enfin précipité dans l’enfer 4 [255]. Nous entendrons donc la phrase citée plus haut : « Haoma a renversé Alexandre, prescripteur de la religion de Zoroastre. » Mais l’idenlification que nous proposons de Keresàni et d’Alexandre ne repose pas seulement sur une induction historique : elle peut aussi invoquer le témoignage direct d’une ancienne tradition. Le Bahman Yasht, texte pehlvi du haut moyen âge, passant en revue les rois bienfaiteurs et restaurateurs de la religion, cite dans le nombre « les rois arsacides qui chassent du monde l’hérésie qui y dominait et détruisent l’impie Alexandre, le Kilisyâk ». Or, le mot Kilisyâk est précisément le terme qui, dans la traduction pehlvie du Hôm Yasht, rend Keresâni. Kilisyâk, il est vrai, est un nom commun, non pas un nom propre : mais rien ne prouve non plus que Keresâni soit, ni pour l’auteur ni pour la tradition, un nom propre ; l’emploi du démonstratif tem avec Keresânim porte plutôt à penser qu’il est déjà dans l’Avesta une simple épithète. D’ailleurs Kilisyâk se retrouve comme traduction du mot keresa, dont sont probablement dérivés et Keresâni et Kilisyâk, et qui désigne un être malfaisant, exorcisé par Zoroastre en compagnie des brigands et des démons 5 [256], de sorte que nous arrivons à la conclusion que Keresâni est employé directement, sous sa forme pehlvie, comme désignation d’Alexandre.

Il suit de là que notre texte est postérieur à la mort d’Alexandre, et plus exactement à la chute de la domination grecque ; car cette domination a survécu dans l’Iran de près de deux siècles à son fondateur et ce n’est que vers l’an 140, après les victoires de Mithridate le Grand, le véritable fondateur de l’empire arsacide, que l’Iran a été définitivement affranchi des Grecs. Mais si notre texte, comme il semble assez probable, a en vue, non pas seulement la chute des Grecs, mais aussi la restauration de la religion, il faudra descendre bien plus bas encore que l’an 140. Le triomphe des Arsacides ne fut pas le triomphe immédiat du Zoroastrisme, et l’hellénisme resta à la mode bien longtemps après la chute du joug hellénique. La renaissance zoroastrienne semble avoir été inaugurée dans le premier siècle de notre ère par l’Arsacide contemporain de Néron, Vologèse, qui est probablement le principal des Arsacides auxquels fait allusion le passage cité plus haut du Bahman Yasht : c’est à lui du moins que le Dînkart attribue la première réunion des fragments dispersés de l’Avesta (Haug, Pahlavi-Pazend Glossary, p. 150). Nous conclurons donc que notre passage, et par suite tout le Hôm Yasht. qui offre une unité trop parfaite pour qu’il y ait à le scinder, est postérieur à la chute de la domination grecque en Iran, et fait allusion à une situation qui nous renvoie, soit à l’an 140 avant notre ère, soit à l’an 50 de notre ère.

Le chapitre ii du Hôm Yasht (Hâ X) contient une expression qui, sans permettre d’arriver à une date absolue, prouve d’une façon nouvelle et toute différente l’âge récent du Yasht dans l’ensemble de la littérature avestéenne. Il y est fait l’éloge de ceux qui offrent à Haoma du gava-irista, c’est-à-dire « ce qui est mêlé à la viande » (Y. X, 13, 38). On verra dans le commentaire (note 41) que cette expression énigmatique renvoie, par abrégé, à une formule d’un usage fréquent et signifie « l’ensemble des offrandes énumérées dans la formule qui clôt les Yashts ». Ce passage suppose donc l’existence littéraire de cette formule et du gros de la littérature où elle paraît, et l’on peut dire d’une façon générale que le Hôm Yasht suppose l’existence des Yashts proprement dits.

Enfin le Hâ X décrit un certain nombre d’opérations qui ne sont accompagnées ni d’indications liturgiques dans les manuscrits à kiryâs, ni en fait d’aucun acte dans la célébration du sacrifice. Ces opérations sont accomplies au cours d’un Hâ postérieur, le Hâ XXVII, et nous n’avons ici qu’un rappel littéraire et anticipé de ces opérations ; preuve que le morceau n’était point nécessaire pour l’accomplissement du sacrifice et qu’il constitue une addition poétique, qui d’ailleurs aurait été mieux placée après le Hâ XXVII.


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HÂ 9 — HÔM YASHT 1




Zôt et Râspî ensemble :


1. A l’heure où préside Hâvani 1 [257], Haoma s’en vint auprès de Zarathushtra qui était à laver l’autel du feu 2 [258] et à chanter les Gâthas 3 [259].

Zarathushtra lui demanda :

Qui es-tu, ô homme ? toi qui, de tout le monde des corps es la plus belle créature que j’aie jamais vue, avec ton bel être d’immortel 4 [260] ?


2 (5). Et le saint Haoma qui éloigne la mort 5 [261], me répondit :

Je suis, ô Zarathushtra, le saint Haoma qui éloigne la mort.

Prends-moi 6 [262], ô Spitâma ; prépare-moi pour me boire ; chante en mon
honneur des chants de louange que chanteront les Saoshyañts 7 [263] de l’avenir.


3 (9). Et Zarathushtra dit : Prière à Haoma !


Le Zôt seul :


Quel est le premier mortel, ô Haoma, qui te prépara pour le monde des corps ? De quel bienfait fut-il payé 8 [264] ? Quelle faveur lui en advint ?


4 (11). Et le saint Haoma, qui éloigne la mort, me répondit :

Vîvañhant 9 [265] est le premier mortel qui me prépara pour le monde des corps. De ce bienfait il fut payé, cette faveur lui en advint, que lui naquit pour fils Yima Khshaêta 10 [266], le bon pasteur 11 [267], le plus glorieux 12 [268] des mortels jamais nés, qui avait entre tous le regard du soleil 13 [269] ; qui sous son règne affranchit de la mort les troupeaux et les hommes, de la sécheresse les eaux et les plantes, rendit les aliments inépuisables sous la dent qui les dévore 14 [270].
[271]
5 (17). Sous le règne du brave 15 [272] Yima, il n’y avait ni froidure, ni chaleur 16 [273] ; il n’y avait ni vieillesse ni mort, ni envie 17 [274] créée des Daêvas.

Père et fils marchaient tous deux dans la taille de quinze ans 18 [275], tant que régna l’homme aux bons troupeaux, Yima, le fils de Vîvañhańt 19 [276].


6 (21). Quel est le second mortel, ô Haoma, qui te prépara pour le monde des corps ? De quel bienfait fut-il payé ? Quelle faveur lui en advint ?


7 (22). Le saint Haoma, qui éloigne la mort, me répondit :

Âthwya 20 [277] est le second mortel qui me prépara pour le monde des corps.

[278]
De ce bienfait il fut payé, cette faveur lui en advint, que lui naquit pour fils Thraêtaona, d’une maison puissante 21 [279] ;


8 (25). Qui tua Azdii Dahâka, aux trois gueules, aux trois têtes, aux six yeux, aux mille sens 22 [280] ; Druj démoniaque très forte 23 [281] ; méchant 24 [282] funeste au monde ; la Druj la plus forte qu’Angra Mainyu ait créée contre le monde des corps, pour la destruction du monde du Bien.


9 (28). Quel est le troisième mortel, ô Haoma, qui te prépara pour le monde des corps ? De quel bienfait fut-il payé ? Quelle faveur lui en advint ?
10 (29). Le saint Haoma, qui éloigne la mort, me répondit :

Thrila, le plus bienfaisant des Sâmas 25 [283], est le troisième mortel qui me prépara pour le monde des corps.

De ce bienfait il fut payé, cette faveur lui en advint, que lui naquirent ces deux fils, Urvâkhshaya et Reresâspa ; l’un justicier, ordonnateur de la loi 26 [284] ; l’autre 27 [285], héroïque 28 [286] jeune homme, bouclé 29 [287], porteur de massue 30 [288] ;
11 (34). lequel tua le serpent cornu 31 [289] qui dévorait les chevaux, dévorait les hommes ; le serpent venimeux et jaune, sur qui ruisselait un poison jaune, sur une épaisseur d’un pouce 32> [290].

Sur son dos Reresâspa était à cuire son repas dans l’airain 33 [291]. A l’heure de midi le monstre brûla 34 [292], il bondit 35 [293], fit sauter l’airain 36 [294], renversa l’eau bouillonnante 37 [295], et tout effrayé recula le vaillant 38 [296] Keresâspa.
[297]
12 (40). Quel est le quatrième mortel, ô Haoma, qui te prépara pour le monde des corps ? De quel bienfait fut-il payé ? Quelle faveur lui en advint ?
13. Le saint Haoma, qui éloigne la mort, me répondit :

Pourushaspa est le quatrième mortel qui me prépara pour le monde des corps. De ce bienfait il fut payé, cette faveur lui en advint, que tu lui naquis, ô pur Zarathushtra 39 [298], dans la maison de Pourushaspa, toi, destructeur des Daêvas, porteur de la loi d’Ahura.


14 (44). Dans le fameux Airyana Vaêjah 40 [299], c’est toi qui, le premier, ô Zarathushtra, prononças d’une voix retentissante 41 [300] l’Ahuna Vairya 42 [301], qui se récite à quatre reprises 43 [302], et plus encore 44 [303].
15 (46). C’est toi qui fis se cacher sous terre tous les Daêvas, ô Zarathushtra, qui auparavant sur cette terre fondaient sous forme virile 45 [304] ; toi en qui a paru la plus forte, la plus vigoureuse, la plus énergique, la plus rapide, la plus victorieuse créature des deux Esprits.
16 (48). Et Zarathushtra dit : Prière à Haoma !

Haoma est bon : Haoma est bien créé, il est créé juste ; il est créé bon 46 [305] et guérisseur. Il est beau de forme, il veut le bien 47 [306], il est victorieux. De couleur d’or, de tige flexible, il est excellent à boire et le meilleur des viatiques pour l’âme 48 [307].
17 (54), O Haoma d’or, je demande de toi 49 [308] la sagesse 50 [309], la force et la victoire ; la santé et la guérison ; la prospérité et la grandeur ; la force de tout le corps et la science universelle 51 [310] ; et que je puisse aller par le monde, en maître souverain, écrasant la malfaisance, détruisant la Druj.
18 (60). Que je puisse écraser la malfaisance de ceux qui infligent le mal 52 [311] ; hommes et Daêvas, Yâtus et Pairikas 53 [312] ; des
[313]
oppresseurs 54 [314], des aveugles et des sourds des bandits 55 [315] bipèdes 56 [316], des Ashemaoghas bipèdes 57 [317] des loups quadrupèdes ; de la horde au large front de bataille 58 [318], aux incursions perfides 59 [319].
19 (61). Le premier don que j’implore de toi, ô Haoma qui éloignes la mort, c’est le Paradis 60 [320] des justes, resplendissant et bienheureux.

Le second don que j’implore de toi, ô Haoma qui éloignes la mort, c’est la santé de ce corps.

Le troisième don que j’implore de toi, ô Haoma qui éloignes la mort, c’est longueur de vie 61 [321].


20 (67). Le quatrième don que j’implore de toi, ô Haoma qui éloignes la mort, c"est que j’aille 62 [322] sur cette terre, satisfait 63 [323], fort et prospère 64 [324], écrasant la malfaisance, détruisant la Druj.

Le cinquième don que j’implore de toi, ô Haoma qui éloignes la mort, c’est que j’aille sur cette terre en victorieux, triomphant dans la lutte 65 [325], écrasant la malfaisance, détruisant la Druj.


21 (69). Le sixième don que j’implore de toi, ô Haoma qui éloignes la mort, c’est que nous soyons les premiers à voir le voleur, à voir le brigand 66 [326], à voir le loup ; que jamais [ennemi] ne soit le premier à nous voir, que toujours nous soyons les premiers à voir 67 [327].
22 (71). Aux guerriers qui pressent la course de leurs coursiers 68 [328], Haoma donne vitesse et force 69 [329].

Aux femmes en désir d’enfant 70 [330], Haoma donne un bel enfant qui sera juste.

Aux chefs de maison qui sont assis à enseigner les Naskas 71 [331], Haoma donne prospérité et sagacité. — Cf. Yasna LXII, n. 9..
23 (74). Aux jeunes filles qui sont restées longtemps vierges 72 [332], Haoma, à la belle intelligence, aussitôt invoqué donne un époux.
24. Haoma a renversé du trône ce Reresâni qui s’était levé dans l’ambition du pouvoir, qui disait 73 [333] : « Désormais le Prêtre du feu n’ira plus à son gré par le pays enseigner la loi 74 [334] ! » Il allait détruire toute prospérité, il allait abattre toute prospérité.
25 (78). Bonheur à toi, Haoma, qui par ta seule force peux ce que tu veux 75 [335] !

Bonheur à toi, qui connais tant des Paroles droites 76 [336] !

Bonheur à toi, qui ne révèles que des Paroles droites, à toi-même révélées 77 [337].
26 (81). Car Mazda t’a apporté l’antique Ceinture brodée d’étoiles 78 [338], faite dans le ciel, la bonne Religion, vouée au culte de Mazda 79 [339]. Et de cette
ceinture tu es ceint sur les hauteurs des montagnes 80 [340], (et ceint) jusqu’à la fin des temps 81 [341] de la récitation des paroles saintes 82 [342].


27 (83). O Haoma, maître de la maison, maître du bourg, maître du district, maître du pays, maître de la prospérité et de la sagesse !

Je t’implore pour ce corps, je te demande pour lui la force, et la victoire et la prospérité riche en jouissances 83 [343].
20 (85), Dérobe-nous à la malice de ceux qui nous font mal, détourne de nous l’âme des furieux 84 [344].
S’il y a dans cette maison, s’il y a dans ce bourg, s’il y a dans ce district, s’il y a dans ce pays un mortel méchant 85 [345], prends la force de ses pieds, égare 86 [346] son intelligence, paralyse sa pensée 87 [347].
29 (90). Qu’il n’ait force dans le pied pour l’avancer 88 [348], ni force dans la main pour l’étendre 89 [349] ! Que son œil ne tombe point sur la terre 90 [350] ! Que son œil ne tombe point sur la vache 90 [350], l’homme qui veut mal à notre âme 91 [351], l’homme qui veut mal à notre corps !
30 (93). Frappe pour le juste, qui veut détruire 92 [352] le corps de l’effrayant serpent jaune, ruisselant de venin 93 [353], ô Haoma d’or !

Frappe pour le juste, qui veut détruire le corps du bandit malfaisant 94 [354], qui aime meurtrir 95 [355] et qui torture, ô Haoma d’or !
31 (9). Frappe pour le juste, qui veut détruire, tête et corps, le tyran méchant et insultant 96 [356], ô Haoma d’or !


Frappe pour le juste qui veut détruire l’Ashemaogha impie 97 [357], destructeur du monde 98 [358], qui de notre religion donne 99 [359] la pensée et la parole 100 [360], et ne la réalise pas dans les œuvres 101 [361].
32 (101). Frappe pour le juste, qui veut détruire le corps de la courtisane 102 [362], livrée à la magie 103 [363], qui abrutit 104 [364] et protège 105 [365] celui dont 106 [366] l’âme oscille 107 [367] comme un nuage poussé par le vent, ô Haoma d’or !

Oui, pour le juste qui veut la détruire, ô Haoma d’or !



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HÂ 10 — HÔM YASHT 2

Le Râspî jette de l’encens sur le feu.


1. Qu’ils s’enfuient d’ici 1 [368] ! Que s’enfuient les Daêvas et les adorateurs des Daêvas 2 [369].

Que le bon Sraosha 3 [370] demeure ! Qu’ici demeure Ashi Vanuhi 4 [371] ! Qu’ici se plaise Asbi Vanuhi, dans cette maison qui est à Ahura, qui est à Haoma, saint de naissance !


2 (4). Je célèbre à haute voix ton mortier inférieur 5 [372], où sont déposées les tiges 6 [373], ô dieu à la belle intelligence !
Je célèbre à haute voix ton mortier supérieur 5, avec lequel je le frappe de toute ma force d’homme 7 [374], ô dieu à la belle intelligence !


3 (6). Je célèbre les nuages et la pluie qui font grandir ton corps sur le sommet des montagnes.

Je célèbre les hautes montagnes où tu as poussé 8 [375], ô Haoma !
4 (8). Je célèbre la terre sillonnée de voies 9 [376] et large, docile au désir du Seigneur 10 [377] et pleine de bonté 11 [378], qui te porte, ô saint Haoma !

Je célèbre la terre où tu pousses 12 [379], odorant et fortifiant 13 [380], belle plante omnisciente 14 [381].

O Haoma, tu pousses sur la montagne. Puisses-tu croître dans tous les sens 15 [382], car tu es clairement la source de la sainteté 16 [383] !
5 (11). Grandis par ma parole 17 [384] !

Le Râspî se joint ici au Zôt et jette de l’encens sur le feu.
dans tous tes troncs 18 [385], dans toutes tes branches 18 [385], dans toutes tes tiges 18 [385] — dans tous tes troncs, dans toutes tes branches, dans toutes tes tiges !


Le Zôt seul :


6 (13). Haoma grandit quand on le loue, et aussi l’homme qui le loue en devient plus victorieux.

La moindre offrande de Haoma, la moindre louange de Haoma, la moindre gorgée de Haoma suffit à tuer mille Daêvas.
7 (15). Tout le mal fait par les démons 19 [386] disparaît à l’instant de la maison où l’homme fait le service de Haoma 20 [387], où il loue Haoma guérisseur. Santé et guérison paraissent 21 [388] dans son bourg et dans sa maison.
8 (18), Toutes les autres ivresses vont avec Aêshma à l’arme meurtrière 22 [389] :

l’ivresse de Haoma va avec la joie sainte du cœur 23 [390] : l’ivresse de Haoma est légère 24 [391].

Celui qui traite Haoma [tendrement] comme un petit enfant, Haoma pénètre son corps pour la santé.
9 (23). Haoma, donne-moi de ces vertus salutaires, avec lesquelles tu sais guérir ! Haoma, donne-moi de ces forces de victoire, dont tu abats victorieusement les ennemis !

Je viens à toi 25 [392], ô Haoma, en ami et en chantre : car Ahura Mazda a proclamé l’ami et le chantre au-dessus même d’Asha Vahishta 26 [393].
10 (26), C’est un dieu bon qui t’a formé, vaillant et sage 27 [394] ; c’est un dieu bon qui t’a déposé, vaillant et sage, sur la hauteur de la Haraithi 28 [395].
11. De là des oiseaux divins 29 [396] t’ont porté dans tous les sens sur le Shkata
Upairisaêna 30 [397], sur le Staêra qui a sa tête dans les étoiles 31 [398], sur le Kusrâ-
dha Kusrô-patâdha 32 [399], sur la passe de Pawràna 33 [400] et sur les Montagnes Blanches 34 [401].
12 (31). Et en tous ces lieux 35 [402] tu pousses en espèces multiples, ô Haoma savoureux 36 [403], couleur d’or.

Les vertus de santé se mêlent en toi, pris dans la mesure du bon sens 37 [404]. Égare l’esprit de celui qui m’insulte 38, trouble l’esprit de celui qui se dresse devant moi, l’insulte aux lèvres 38 [405].
13 (35). Prière à Haoma qui fait que le pauvre se sent aussi grand que le plus riche 39 [406] !
Prière à Haoma qui fait que le pauvre se sent aussi grand que s’il possédait la science parfaite 40 [407]

Tu rends maint homme plus prospère et plus sage ; l’homme qui te donne, ô Haoma d’or, l’offrande de bœuf et celles qui suivent 41 [408].
14 (39). Ne sois pas comme l’étendard de peau de bœuf ! ne te sépare pas rapidement de moi 42 [409] !

Que les pensées 43 [410] se répandent en moi, qu’elles aillent faisant le désir du Seigneur !

O saint Haoma, saint de nature, je le donne ce corps 44 [411] qui me semble si beau.
15 (42). Je fais tomber en t’agitant 45 [412] la maison de la méchante à l’esprit égaré 46 [413], qui s’imagine tromper l’Athravan et Haoma, et qui elle-même est trompée et périt.

Celle qui reste assise à manger la part de Haoma 47 [414] Haoma ne la rend pas mère d’Athravans, ni mère de beaux enfants 48 [415].
16 (45), Il est cinq choses auxquelles je suis et cinq auxquelles je ne suis pas.

A la bonne pensée je suis, à la mauvaise ne suis pas.

A la bonne parole je suis, à la mauvaise ne suis pas.

A la bonne action je suis, à la mauvaise ne suis pas.

A l’Obéissance 49 [416] je suis, à l’Indocilité ne suis pas.

Je suis au bon, au méchant 50 [417] ne suis pas ;

et ainsi de ce jour, jusqu’àla fin des temps, l’heure où sera décidé entre les deux esprits.
17 (52). Et Zarathushtra dit :

Prière à Haoma, créé par Mazda !

Haoma, créé par Mazda, est bon. Prière à Haoma !

Je célèbre tous les Haomas, ceux qui sont sur le sommet des montagnes, ceux qui sont dans les profondeurs des plaines et ceux qui sont tenus en souffrance 51 [418] dans le lien des Jainis 52 [419]

Je te fais passer de la coupe d’argent dans la [coupe] d’or 53 [420] : puissé-je ne rien répandre à terre d’une liqueur si précieuse !

18 (56). Voici tes Gâthas 54 [421], ô Haoma ; voici tes chants de louange. Voici ta collation 55 [422], voici tes paroles Arshukhdha 56 [423], qui donnent la santé, qui donnent la victoire, qui guérissent en guérison 57 [424].
19 (60). Et toi, donne-moi tes ivresses en retour !

Que tes ivresses me pénètrent, qu’elles me pénètrent en m’illuminant ! Ton ivresse est légère 58 [425].

Pour devenir victorieux le fidèle le loue 59 [426], selon celle parole des Gâthas :
20 (62). « Av bœuf m prière, du bœuf notre prière 60 [427] ».

Au bœuf la parole, en lui la victoire 61 [428].
En lui l’aliment, en lui le vêtement 62 [429].

Que le laboureur travaille pour nous nourrir 63 [430] !
21. Nous sacrifions à Haoma d’or, qui pousse haut 64 [431].

Nous sacrifions à Haoma l’invigorant, qui fait croître le monde 64 [431].

Nous sacrifions à Haoma qui éloigne la mort 64 [431].

Nous sacrifions à tous les Haomas 65 [432].

Nous sacrifions à la Vertu 66 [433] et à la Fravashi de Zarathushtra, le Spitàma, le Saint d’ici-bas 67 [434].

Yêńhê hâtâm.





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HÂ 11 — HÔM YASHT 3




« Jeter de l’encens sur le feu 1 [435] »


Zôt et Râspî ensemble :


1. Il est trois êtres d’une sainteté manifeste qui crient malédiction 2 [436] ; le bœuf, le cheval et Haoma.

Le bœuf crie contre son maître 3 [437] :

Puisses-tu être sans enfants et de mauvais renom, toi qui ne fais point libéralité de moi 4 [438] et ne m’engraisses que pour la femme, pour ton fils et pour ton ventre 5 [439] à toi-même !
2 (7). Le cheval crie contre son cavalier :

Puisses-tu être impuissant à conduire, à monter, à retenir 6 [440] les chevaux de guerre, loi qui ne pries pas pour que je sois rapide 7 [441] dans la rencontre des multitudes, dans la mêlée des héros 8 [442].
3 (11). Haoma crie contre celui qui doit le boire 9 [443] :

Puisses-tu être sans enfant et de mauvais renom, toi qui me retiens sans me préparer 10 [444], comme un voleur condamné à mort 11 [445]. Pourtant je ne suis pas un (voleur) condamné à mort, moi, Haoma, le saint, qui éloigne la mort.
4 (16). Mon père, le saint Ahura Mazda, m’a assigné pour ma part, à moi Haoma, la mâchoire 12 [446], avec la langue et l’œil gauche 13 [447].
5 (17). Si quelqu’un me ravit, me dérobe ou m’enlève 14 [448] la part que m’a

donnée le saint Ahura Mazda, [à savoir] la mâchoire, avec la langue et l’œil gauche ;
6 (18), dans sa maison ne naîtra ni prêtre, ni guerrier, ni laboureur 15 [449]. Dans sa maison naîtront des êtres néfastes 16 [450], des idiots 17 [451] et des brouillons 18 [452].


7 (20). Coupe-lui vite sa tranche de l’animal, part du robuste Haoma, de peur que Haoma ne t’enchaîne, comme il enchaîna le bandit touranien Frañhrasyan, au tiers central de la terre, bien qu’il fût enveloppé d’un fort d’airain 19 [453].

8 (23). Et Zarathushtra dit :

Prière à Haoma, créé par Mazda ! Haoma, créé par Mazda, est bon. Prière à Haoma !

Le Vendidad Sadé intercale ici le Vispéred III, 1-5, qui appelle toute la communauté à assister à la consommation du sacrifice.

Le Zôt s’assied : « le Râspi prend dans la main gauche [le vase qui contient] le Parâhôm, se met à la place du Farbartâr 20 [454], tient [le vase] à quatre doigts du Barsôm 21 [455] et dit 22 [456] » :

9 (24), Pour un de nous, deux de toi 23 [457] ; trois et quatre ;
cinq 24 [458] et six ; [sept] et huit 25 [459] ; neuf et dix, venant de vous 26 [460].


« Le Zôt tient la main [gauche] sur le lien 27 [461] du Barsôm. Le Frabartàr 28 [462] met le [vase à] Paràhôm dans la main droite du Zôt 29 [463]. » Le Zôt, regardant le Parâhôm qui est dans le vase, dit :


10 (25). O saint Haoma, saint de nature, je te donne ce corps qui me semble si beau 30 [464] ; à toi, le rapide Haoma, pour que j’aie science 31 [465], paix de conscience 32 [466] et sainteté 33 [467].

Et toi, donne-moi, saint Haoma, qui éloignes la mort, le Paradis des justes, lumineux et bienheureux.


Le Zôt et le Râspî ensemble :


11. Ashem vohû… (3 fois).


Le Zôt soulève le Padân de sa bouche avec la main gauche, en ayant soin de ne pas la rendre impure, boit un tiers du Parâhôm et regarde vers le Râspî. Le Râspî jette de l’encens sur le feu et dit un Ashem vohù.

Le Zôt relève une seconde fois le Padân, boit la moitié du Parâhôm qui reste, et regarde vers le Râspî. Le Râspî jette de l’encens sur le feu et dit un Ashem vohù. Le Zôt relève une troisième fois le Padân, boit le reste du Paràhôra et regarde vers le Ràspî, qui, une troisième fois, jette de l’encens sur le feu et dit un troisième Ashem vohù.

Le Zôt lave trois fois le vase à Hôm, le remplit d’eau et le remet en place. Puis il se lave la bouche et l’essuie, et met la main droite sur le vase à Hôm et la main gauche sur le Barsôm 34 [468]. Alors le Zôt et le Râspi récitent ensemble en Bâj le Khoshnûman, qui indique la destination du sacrifice (cf. page 2, note 5).

Le Zôt prend ensuite le vase à Hôm, rempli d’eau, et récite quatre Ashem vohù.


11. Ashem vohù : La sainteté est le bien suprême, et c’est aussi le bonheur. Bonheur à celui qui est saint de la sainteté suprême !


Au premier Ashem vohù, il verse une goutte d’eau sur la place où était le vase ; au second sur un pied du Mâhrû ; au troisième, sur l’autre pied ; au quatrième, il verse le tout dans le vase qui contient le vars. Puis, le vase vidé, il le retourne et le dépose près de l’assiette à jîvâm, au pied du Mâhrû 35 [469] et dit le vasasca (Y. VIH, 5-8) :


Vasasca : Et puisses-tu, ô Ahura Mazda, régner heureusement et comme tu veux sur tes créations ! Comme tu veux sur les eaux, comme tu veux sur les plantes, comme tu veux sur toutes les bonnes choses, qui ont leur germe dans le Bien !


13. Donnez puissance au bon, impuissance au méchant !

Que le bon puisse ce qu’il veut et le méchant rien de ce qu’il veut !

Qu’il s’en aille ! qu’il soit détruit, emporté de la création de l’Esprit Bienfaisant ! contrarié, ne pouvant rien de ce qu’il veut !
14. Moi, Zarathushtra, je veux pousser les premiers de ces maisons, de ces bourgs, de ces districts, de ces pays, à penser, à parler, à agir conformément à cette religion, qui est celle d’Ahura, celle de Zarathushtra.


Zôt et Râspî ensemble :


15. J’appelle de mes vœux expansion et bien-être sur tout le monde du bien.

J’appelle de mes vœux angoisse et malaise sur tout le monde du mal 36 [470].


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HÂ 11, 16 ; HÂS 12-13 (SP. HÂS 12-14)



Bien que nous conservions la numérotation de l’édition Geldner pour l’uniformité des renvois, nous divisons autrement les textes qui suivent jusqu’au Hâ XIV, en partie sur l’autorité des manuscrits, en partie sur celle du travail le plus ancien que nous possédions sur le texte des Gâthas et qui représente une tradition antérieure à nos plus anciens manuscrits. C’est un essai pehlvi sur la signification des Gâthas (Cimi Gâsân) 1 [471] qui fait de ces textes l’introduction de la littérature gathique et les divise en trois Hâs, le Fravarânê, le Frastuyê et l’Âstuyê.

Le premier de ces textes, qui est la profession de foi mazdéenne proprement dite, est constitué parle § 16 du Hâ XI de Geldner.

Les §§ 17-18-19 du Hâ XI, que M. Geldner rattache encore au Hôm Yasht, forment un Hâ indépendant dans la plupart des manuscrits et c’est ainsi que M. Spiegel les imprime. Ils forment la profession de foi active, le Frastuyê, qui est reproduite en original au début de tous les Yashts et en parsi au début des Patets 2 [472]. Mais le Cimî Gâsan, en désaccord avec les manuscrits, les rattache à ce qui suit, et nous le suivons parce qu’il est plus ancien que nos manuscrits et surtout parce que le staomi ashem qui les termine forme un tout indissoluble avec le nâismî daêva qui ouvre le Hâ XII de Geldner.

L’Âstuyê commence au milieu du § 8 du Hâ XII et va jusqu’à la fin du Hâ XIII.




HÂ 11, 16. — FRAVÂRÂNÊ



Ashem vohû : La sainteté est le bien suprême et c’est aussi le bonheur. Bonheur à celui qui est saint de la sainteté suprême ! (3 fois 1 [473].)


16. Fravarânê. Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, sectateur de la loi d’Ahura ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Hâvani, saint maître de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Sâvanhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification 2 [474] aux Génies des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années.
Le Zôt.
Le désir du Seigneur... — que le Zaotar me le dise !
Le Râspi.
Le désir du Seigneur... — que ce prêtre Zaotar me le dise !
Le Zôt.
C’est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame !
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HÂ 11, 17-19 ; HA 12, 8 (SP. HÂ 12, 13-27).— FRASTUYÊ



Zôt et Râspî ensemble :


G. XI, 17 (Sp. XII, 1). Frastuyê. Je loue et appelle les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions dans ma pensée, dans ma parole, dans mon action 1 [475].

Je prends 2 [476] toute bonne pensée, toute bonne parole, toute bonne action ; et je m’abstiens 2 [476] de toute mauvaise pensée, toute mauvaise parole, toute mauvaise action.

18 (4). Je vous donne, ô Amesha-Spentas, sacrifice et prière ; je vous donne ma pensée 3 [477], ma parole, mon action ; je vous donne mon âme 4 [478] et la vie de mon corps 5 [479].

Je fais louange de la Sainteté 6 [480] :
« La Sainteté est le bien suprême et c’est aussi le bonheur. Bonheur à celui qui est saint d’une sainteté suprême ! » (3 fois).
Le Zôt seul :
G. XII, t (Sp. XIII, 1). — Je conspue 1 [481] les Daêvas.

Fravarânê. Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushlra, ennemi des Daêvas, sectateur de la Loi d’Ahura ;

louant les Amesha-Speñtas, sacrifiant aux Amesha-Speñtas.

Je fais goûter 2 [482] tous les biens du monde à Ahura Mazda, le dieu bon, aux bonnes mesures 3 [483] ; saint, brillant et glorieux, de qui viennent toutes les choses excellentes ; à lui de qui vient le bœuf, de qui la Sainteté (l’Asha), de qui la Lumière 4 [484], de qui la félicité jointe à la Lumière 5 [485].
2 (2). Je désire la bonne Spenta-Ârmaiti 6 [486] ; qu’elle soit à moi 7 [487] !

Ma louange 8 [488] repousse loin du troupeau le larron et le brigand 9 [489] ; ma louange repousse des villages mazdéens désastres et désolation 10 [490].
3 (9). Je donne de toute mon àme 11 [491] à ceux qui à souhait viennent [à la loi], qui à souhait vivent [dans la loi], vivant du bœuf sur cette terre 12 [492]. Ma louange appelle sur eux les biens que la prière apporte à la sainteté.

Puissé-je jamais n’amener sur les villages mazdéens désastres et désolation, fût-ce pour sauver ce corps et cette vie 13 [493] !

4 (14) [494]. Je récuse l’empire 14 des Daêvas méchants, étrangers au bien, qui ignorent la loi 15 [495], qui donnent le mal, les plus malfaisants des êtres, les plus sordides 16 [496], les plus étrangers au bien ;

des Daêvas et des adorateurs de Daêvas, des magiciens et des magiciennes, et de tous les êtres mauvais, quels qu’ils soient ;

de leurs pensées, de leurs paroles, de leurs actions, de leurs manifestations ; je récuse l’empire de tout ce qui est démoniaque et destructeur.
5 (18). Comme Ahura Mazda a enseigné 17 [497] Zarathushtra, dans tous les entretiens, dans toutes les entrevues où se sont entretenus Mazda et Zarathushtra ;
6 (20). et comme Zarathushtra a récusé l’empire des Daêvas, dans tous les entretiens, dans toutes les entrevues où se sont entretenus Mazda et Zarathushtra ;

ainsi, moi, adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, je récuse aussi l’empire des Daêvas, comme l’a fait le saint Zarathushtra.
7 (23). Ce qu’aiment les eaux, ce qu’aiment les plantes, ce qu’aime le bœuf bienfaisant, ce qu’aime Ahura Mazda, qui a créé le bœuf, qui a créé l’homme juste ; ce qu’a aimé Zarathushtra, ce qu’a aimé le roi Vîshtâspa 18 [498], ce qu’ont aimé Frashaoshtra et Jâmâspa 19 [499], ce qu’aime chacun des Saoshyants, des loyaux ouvriers et des justes 20 [500], c’est là ce que j’aime, c’est là ma loi.

Le Ràspî 21 [501].
Je suis adorateur de Mazda.
8 (25). Fravarânê. Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, en louange et déclaration 22 [502].





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T. I.




HA 12, 8 ; 18 (SP. 13, 27 ; 14). — ÂSTUYÊ



8 (27) Àstuyê. Je loue la bonne pensée, je loue la bonne parole, je loue la bonne action ; je loue la bonne Religion de Mazda, qui repousse les querelles et fait baisser les armes 23 23. [503] ; qui suit le Hvaêtvadatha ; qui est sainte 24 [504] ; qui est la plus grande, la meilleure, la plus belle des créatures, présentes, [passées] 25 [505] et futures ; qui est suivante d’Ahura, suivante de Zarathushtra.

A Ahura Mazda je fais goûter toutes les choses bonnes 26 [506].

Voilà la louange (âstûitish) de la Religion de Mazda 27 [507].
G. XIII, 1 (Sp. XIV, 1). — 1. Je proclame Ahura Mazda Ratu du chef de maison 1 [508], Ratu du chef de bourg, Ratu du chef de district, Ratu du chef de pays.

Je proclame Ratu des femmes la Religion Mazdéenne 2 [509], Ashi Vanuhi 3 [510], et Pârendi 4 [511], et la Femme sainte 5 [512], et la Terre qui nous porte 6 [513].
2 (4). Je proclame le Feu d’Ahura Mazda Ratu de l’ami qui t’incarne le mieux 7 [514].

Je proclame Ratu du laboureur 8 [515] celui qui parmi les gens de bien peine le plus et laboure le mieux 9 [516].

Je proclame Ratu du guerrier celui qui manie le plus légèrement l’arme pour la bonne cause 10 [517].
3 (7). Je proclame Ratu du prêtre celui qui connaît le mieu 11 [518] la Religion mazdéenne et qui l’enseigne [le mieux].
J’établis pour Ratus les Amesha-Speñtas et les Saoshyants 12 [519] les plus sages 13 [520] les plus véridiques, les plus empressés 14 [521], les plus intelligents 15 [522].

Je proclame la plus haule puissance de la Religion mazdéenne 16 [523] Ratu du Prêtre, du Guerrier et du Laboureur.
4 (10). O Amesha-Speñtas, bons souverains et bienfaisants, je vous donne ma vie ; je vous donne tous les biens de la vie 18 [524].


Zôt et Râspî ensemble ;


(12). Les deux Esprits ont pensé, ont parlé, ont agi :



5 (13) 18 [525] « mais comme toi, Ahura Mazda, n’as pensé, n’as dit, n’as donné et n’as fait que le bien, ainsi te donnons-nous [le bien], ainsi l’enseignons-nous [aux autres], ainsi t’adorons-nous en t'abordant [avec le bien] ; ainsi te prions-nous [pour le bien], ainsi te mettons-nous en dette pour [le bien], ô Mazda Ahura !
Le Zôt.


6 (16). « Nous venons à loi, t’apparlenant comme à un bon parent, appartenant à la bonne Sainteté, à la bonne Maîtrise, à la bonne Armaili. »


7 (18). Nous sacrifions àlaFravashi du Bœuf bienfaisant et du saint Gayô Mare tan 19 [526].

Nous sacrifions à la Vertu et à la Pravaslii de Zaralhushlra, le saint d’ici bas 20 [527].

Yênhê hâtâm 21 [528]. Celui et ceux dont le culte, Ahura Mazda le sait, donne le bien aux êtres, en retour de leur sainteté, à ceux-là — à eux et à elles — nous offrons le sacrifice.


Le Zôt et le Hàspi ensemble ;


Yathâ ahû vairyô (4 fois).


En récitant les deux premiers Ahunvar, le Zôt prend les deux extrémités de l’Evanghin du Barsom et fait deux nœuds droits à la façon de ceux du kosti. Puis il récite les deux autres Ahunvar.


Ashem vohû (3 fois).


8. Nous sacrifions à l’Ahuna Vairya.

Nous sacrifions à l’Ashem 23 [529], très bon, très beau, immortel, bienfaisant.

Nous sacrifions au Hà de la Profession de Foi 24 [530].

Nous sacrifions à la Profession et la Louange de la Religion mazdéenne 25 [531].

Yêńhê hâtâm.




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APPENDICE


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Le Hvaétvadatha


Le Hvaêtvadatha, ou Khêtùk-das, désigne aujourd’hui chez les Parsis le mariage entre cousins. Il est rare qu’un Parsi prenne femme ailleurs que dans sa famille : épouser une cousine est la chose convenable et la chose normale.

Le mot hvaêtvadatha paraît cinq fois dans l’Avesta 1 [532] : la version pehlvie transcrit le mot sans le traduire, de sorte qu’on serait réduit, pour en déterminer le sens précis, aux lumières incertaines de l’étymologie, s’il n’était naturel de reporter au mot dans le passé le sens qu’il a dans le présent. Mais le témoignage concordant des historiens classiques et musulmans d’une part et de la littérature pehlvie du haut moyen âge de l’autre, semblerait indiquer que le hvaêtvadatha, vanté et glorifié par l’Avesta, n’est point le mariage entre consanguins du second degré, mais l’union incestueuse entre ascendant et descendant ou entre frère et sœur. Depuis que les Parsis sont en rapport avec les Européens, ils n’ont cessé de protester contre une accusation qui entache si gravement la pureté qui fait la gloire de leur religion. Ils récusent les témoignages étrangers, qui, en tout état de cause, ne doivent jamais être reçus qu’avec précaution : car l’ignorance et la médisance sont à la fois imaginatives et crédules, et une religion ne doit jamais être jugée que directement sur ses axiomes et ses œuvres propres : cependant les textes pehlvis, émanés de leurs ancêtres, confirment d’une façon trop frappante les témoignages classiques pour ne pas leur prêter une autorité à laquelle ils n’auraient point droit d’eux-mêmes. Mais la question n’est pas de celles auxquelles on peut répondre par un oui ou par un non ; je crois que les Parsis ont raison dans leur protestation, quand elle se contente de couvrir l’Avesta, et qu’ils ont tort quand elle va au delà.


Un fait certain, c’est qu’aujourd’hui le mariage incestueux est inconnu, non seulement en fait, mais en droit, et que le Khêtûk-das n’a lieu qu’entre cousins. D’autre part, le Khêtùk-das, ainsi entendu, n’est point particulier aux religionnaires parsis : leurs compatriotes persans le connaissent également, quoique depuis l’abolition du Mazdéisme il ne soit plus fondé que sur les mœurs et non sur la religion, et que les révolutions sociales et ethniques, amenées par l’Islam et les invasions mogoles et turques, l’aient réduit considérablement. A l’heure présente, il n’est plus guère pratiqué que dans les provinces qui ont conservé, comme l’ont fait les Parsis, le régime patriarcal et l’unité de la famille — par exemple dans l’Adarbaijan, — ou chez les familles riches, auxquelles le recommandent d’accord l’orgueil de caste et l’intérêt ; car en même temps qu’il préserve la pureté du sang, telle qu’on l’entend là-bas, il empêche la dot et les cadeaux de noce d’aller à l’étranger. Le Persan de vieille roche peut dire qu’une cousine est une fiancée donnée par la nature, et il y a un proverbe qui le dit à sa façon ; xxxx xxxxxx xxxx xx xxxxxx xxx « les mariages entre cousins sont faits au ciel » 2 [533].

Il est clair que ce Khêtûk-das sporadique de la Perse musulmane est un survival d’un état où il était général, comme il l’est à présent chez les Parsis, et que la Perse zoroastrienne tout entière le pratiquait dans les mêmes termes, c’est-à-dire entre parents du second degré. Mais la littérature pehlvie contient des passages nombreux qui prouvent que le Khêtûk-das pouvait être encore quelque chose d’autre et de plus étrange. M. West a réuni un nombre considérable de textes de ce genre 3 [534], et bien que sur l’interprétation de quelques-uns d’entre eux on puisse différer d’opinion, il en est d’une clarté et d’une précision qui ne laisse rien à désirer et devant laquelle ne tiennent pas les doutes que Darabji, le fils du grand prêtre Peshotanji Sanjana, a soulevés dans un habile essai de réfutation, où les observations ingénieuses ne manquent pas, mais dont la méthode n’est pas suffisamment rigoureuse 4 [535]. Le Dînkart contient entre autres un long passage, consacré à la défense du Khêtûk-das contre les attaques d’un Juif. Une grande partie des arguments donnés par le Dînkart s’applique parfaitement aux mariages entre cousins : ce sont les arguments physiologiques du breed in and in et les arguments moraux que l’on devine : sécurité des relations entre époux qui se sont connus de tout temps et ont grandi dans le même milieu et les mêmes mœurs. Mais l’auteur, sans ignorer le mariage entre cousins, met au premier rang, comme constituant les trois formes les plus parfaites du Khêtûk-das, le mariage entre père et fille, le mariage entre mère et fils, le mariage entre frère et sœur. C’est à trois unions de ce genre que l’humanité doit et la vie et l’exemple même du Khêtûk-das. Le premier de ces Khêtûk-das, le plus sacré, est celui d’Auhrmazd avec sa fille Spendârmat (Spenta-Ârmaiti), la Terre 5 [536] ; de ce Khêtûk-das entre père et fille est né le premier homme, Gayômart (Gayô Maretan). Quand Gayômart mourut, son sperme tomba dans le sein de la terre, Spendârmat 6 [537], c’està-dire dans le sein de sa mère ; et de là naquit le premier couple, Mashya et Mashyôî 6 : c’est la seconde sorte de Khêtuk-das, le mariage entre mère et fils. Mashya et Mashyôî s’unirent à leur tour et engendrèrent une série de couples qui suivirent leur exemple, de sorte que toute l’humanité est sortie du Khêtûk-das. Ce fut là la troisième sorte de Khêtûk-das, l’union entre frère et sœur 7 [538].

Darabji observe que ces trois exemples sont des exemples mythiques et ne prouvent point une pratique humaine concordante. L’observation est juste ; mais la première question à résoudre n’est point de savoir si le Khêtûk-das incestueux a été normalement pratiqué, mais s’il est sanctifié et recommandé, et de cela le texte du Dînkart et nombre des textes recueillis par M. West ne permettent pas de douter. Je dois dire que ces textes ne prouvent que pour la période pehlvie et non pour l’Avesta, et il n’est pas permis d’en induire que le Hvaêtvadatha de l’Avesta soit le mariage incestueux. Il y a plutôt des raisons indirectes de croire le contraire, de sorte que l’inceste serait l’idéal des commentateurs et non celui du livre sacré. Les commentateurs ont cherché une allusion au Khêtûk-das, tels qu’ils l’entendent, dans un passage des Gâthas où paraît « Spenta-Armaiti, fille d’Ahura » (Yasna XLV, 4) ; mais il suffit de se reporter au texte pour voir qu’il n’y a là qu’un jeu d’esprit de casuiste en quête d’une preuve scripturale. Un fait plus grave, c’est que la légende ancienne de Zoroastre, c’est-à-dire de l’homme même à qui les apologistes du Khêtûk-das en attribuent l’institution (Dînkart, VII, dans West, p. 412), n’en offre pas d’exemple. Zoroastre épouse, non point sa mère, Dughdo, ni même une parente, mais une étrangère, la fille de Frashaoshtra, qui est de la famille des Hvogvas, tandis que lui-même est un Spitâma 8 [539]. Il donne sa fille Pourucista à un étranger, Jâmâspa, le frère de Frashaoshtra 9 [540]. S’il a prêché le Khêtûk-das incestueux, il s’est gardé de le pratiquer. Cf. cependant Yasna LIII, 3, n. 12.

Mais d’autre part si notre Avesta ignore le Khêtûk-das incestueux, la pratique même de ce Khêtûk-das, autorisée ou non par la religion, paraît dans l'Iran dès une époque ancienne. Hérodote attribue à Cambyse l’institution du Khêtûk-das entre frère et sœur (III, 31) ; cela prouve à tout le moins qu’au temps d’Hérodote déjà, c’est-à-dire au v° siècle avant notre ère, les Perses passaient pour le pratiquer. Cfésias, cinquante ans plus tard, connaît le Khêtûk-das entre mère et fils 10 [541] ; à la même date, Antisthène reproche à Alcibiade d’imiter les Perses avec sa mère, sa fille et sa sœur 11 [542], c’est-à-dire que dès le ive siècle, dix ou douze siècles avant le Dînkart, les trois formes impures de Khêtûk-das leur étaient attribuées à l’étranger. A partir du iie siècle avant notre ère la série des témoignages devient continue. Je ne relèverai que deux des plus importants : l’un de Catulle, qui semble faire du Khêtûk-das entre mère et fils un privilège ou une loi de la caste sacerdotale :

Nam Magus ex matre et gnato gignatur oportet,
Si vera est Persarum impia relligio ;


l’autre de Philon le Juif (ier siècle), qui en fait un privilège de noblesse : « en Perse, les grands épousent leur mère et on regarde les enfants nés de ces unions comme les plus nobles et on dit qu’ils seraient dignes du trône » 12 [543].

Dans quelle mesure ce Khêtûk-das fut pratiqué et dans quelle mesure la religion le justifia, ce sont là deux questions indépendantes et sur lesquelles les données manquent également, pour la période ancienne. Les exemples particuliers que les classiques nous transmettent sont naturellement les exemples illustres, généralement des exemples royaux : Cambyse épousant ses deux sœurs ; Artaxerxès Mnémon. Les Persans l’ont confondu avec Artaxerxès Longue-Main épousant sa fille Atossa 13 [544] ; au temps d’Alexandre le dynaste bactrien Sisimithrès épousant sa mère : mais l’abondance des témoignages généraux et leur caractère affirmatif 14 [545] mettent hors de doute que ces pratiques royales n’étaient point une chose isolée, la fantaisie de perversions individuelles et toutes-puissantes. L’histoire ancienne de la famille est partout trop obscure pour qu’il soit permis de nier a priori l’antiquité de la pratique en Iran.

Sur l’attitude des Mages à l’égard de cette pratique, nous n’avons aucune donnée. D’ailleurs la religion de l’Avesta, à l’époque achéménide, était loin d’être toute-puissante dans la Perse propre et il est impossible d’affirmer que le clergé zoroastrien ait apporté la sanction religieuse à ces formes du Khêtùk-das, encore moins les ait encouragées. Mais si on arrive à des époques plus récentes, le Dînkart et la littérature pehlvie, qui représentent l’esprit sassanide, prouvent que, dans les premiers siècles de notre ère, le mariage incestueux était devenu un sacrement, trop rare, mais d’autant plus méritoire. Le mariage du grand roi Yima avec sa sœur Yimak devint l’idéal du Khêtùk-das 15 [546]. Les exemples historiques sont, il est vrai, moins nombreux sous les Sassanides que sous les Achéménides : le seul, à ma connaissance, est celui de Qobad (448-531) épousant sa fille, Sambyce (Agathias, II). Mais vers la même époque, les invectives d’Eznig, accusant Zoroastre d’avoir inventé des mythes incestueux « afin qu’en voyant cela, sa nation se livrât aux mêmes turpitudes » 16 [547], prennent une valeur particulière de leur concordance singulière avec les théories du Dînkart. Parmi les martyrs qui souffrirent sous Kosroès Parvîz en 614 se trouve un certain Mihrangushnasp qui, avant sa conversion au Christianisme, avait épousé sa sœur « selon la coutume scandaleuse que ces mécréants tiennent pour légitime » 17 [548]. Enfin, deux siècles plus tard, un siècle ou deux avant la rédaction finale du Dînkart, paraît un Zoroastrien, Bah Afrîd, réformateur du Magisme, qui, entre autres réformes, interdit à ses adhérents le mariage avec mères, filles, sœurs et nièces 18 [549].

Mais en fait, par la nature même des choses, ces unions durent être infiniment rares et nous rencontrons nombre de faits qui prouvent que le mariage usuellement recommandé était bien le Khêtùk-das des Parsis modernes. Le fondateur de la dynastie sassanide, celui qui fait du Zoroastrisme la religion de l’État, Ardashîr (226-241), recommande le Khêtùk-das à ses officiers, mais en termes généraux qui font penser à celui des Parsis modernes plus qu’à tout autre : « Épousez vos proches parentes, afin de resserrer les liens de la famille 19 [550]. » Le patriarche arménien, Narsès (ive siècle), interdit en Arménie les mariages entre parents jusqu’au cinquième degré, parce que, dit son historien, les Arméniens persisés épousaient leurs parentes pour préserver la pureté du sang et maintenir l’héritage dans la famille 20 [551] : rien n’indique là que l’on dépassât les bornes du Rhêtûk-das moderne des riches Persans et des Parsis. Les règlements sur le mariage, promulgués dans des circonstances analogues par le patriarche des Nestoriens de Perse, Timothée, interdisent au père et au fils d’épouser les deux sœurs « parce que c’est la coutume des païens et des Mages » (quia iste Ethnicorum et Magorum mos est) ; ils interdisent à l’oncle d’épouser la femme de son neveu « ce qui est une coutume des Mages » : mais dans les articles prohibant les mariages incestueux, il ne prononce point le nom des Mages, ce qu’il n’eût point manqué de faire si la pratique eût été courante 21 [552].

Par quelles associations d’idées le Magisme se trouva-t-il conduit à accepter et à glorifier l’extrême Khêtùk-das ? — Je crois que la théorie du Khêtûk-das incestueux naquit, par outrance de raisonnement, de la pratique du Khêtùk-das normal.

Le Khêtûk-das entre cousins existait sans doute de temps immémorial ; il était né tout naturellement des nécessités, des préjugés et des intérêts de la vie patriarcale, les causes mêmes qui le maintiennent encore aujourd’hui dans une partie de la Perse musulmane. Or, cette coutume laïque offrait au conservatisme religieux des avantages qui la rendaient éminemment recommandable. Les mariages mixtes sont dangereux pour le fanatisme religieux et l’exclusivisme national . A ces unions impies qui mêlent religions, castes et races et altèrent l’idéal moral et physique du Zoroastrien, les docteurs se trouvèrent amenés à opposer, avec un enthousiasme croissant, la pureté et l’unité réalisée par des unions qui mêlent comme le même sang et la même âme. Mais l’union entre cousins ne réalise qu’à moitié cette unité parfaite : il y a loin déjà de la source commune et la diversité s’est introduite ; le produit sera plus pur et plus homogène, si l’époux et l’épouse sont sortis du même sein, et plus encore si l’époux est né de l’épouse ou l’épouse de l’époux. Le sang s’altère en s’alliant à un autre sang ; il n’est plus que de moitié dans le produit qu’il engendre ; pour se conserver, il faut qu’il se mêle à lui-même : le fils qu’un père engendre de sa fille lui doit son être tout entier, et s’il s’agit de dons divins à transmettre, comme le droit royal ou la sainteté suprême, la légitimité de la transmission résulte de l’identité absolue du léguant et du recevant.

Les spéculations cosmogoniques conduisaient à des conclusions analogues. Tout raisonnement sur les origines de l’humanité conduit nécessairement à un inceste de frère et sœur : mais tout commencement est une exception, et la plupart des cosmogonies, en posant l’inceste initial, ne font pas de l’exception du début la loi ou l’idéal de la suite. Les docteurs mazdéens eurent le tort de raisonner, et les accidents de la vieille mythologie naturaliste les amenèrent à mettre entre le Créateur et le premier inceste fraternel une nouvelle série incestueuse. Le mariage d’Ahura et de Spenta-Armaiti n’était à l’origine que la reproduction du vieil hymen cosmogonique entre le Ciel et la Terre, entre Dyaus et Prithivî, Ouranos et Gê, Jupiter Pluvius et Tellus 22 [553] : mais le monothéisme zoroastrien avait fait de Prithivî une création, une fille de Dyaus, et par là leur innocente union se trouvait transformée en inceste. Si ces inductions sont justes, la théorie du Khêtùk-das incestueux n’aura été qu’une création de logiciens poursuivant l’idéal impossible de l’unité du sang. Mais par là même le droit à l’inceste n’a jamais dû être que le droit des très nobles ou des très saints : la chose ressort presque textuellement des termes de Catulle et de Philon : ce n’est qu’à un sang pur et sacré qu’il importe de se renouveler en s’alimentant à sa propre source. L’exaltation avec laquelle les Docteurs glorifient le Rhêtûk-das incestueux montre combien il était rare et peut-être répugnant à la conscience nationale. Il semble parfois que leur objet, en vantant ce Khêtûk-das extrême, soit simplement de faire respecter l’autre et de faire ressortir plus violemment l’horreur du mariage entre étrangers. Tout le mal dans l’humanité est venu, dit un Rivàyat pehlvi, de ce que les hommes n’ont pas suivi l’exemple donné par les ancêtres de la race, Mashya et Mashyôî, et de ce qu’ils vont prendre femme dans d’autres maisons, d’autres villes, d’autres pays, licite un mot d’Auhrmazd à Zoroastre, que parmi les quatre plus belles œuvres qui soient est le Rhêtûk-das avec mère, fille ou sœur, et il annonce qu’à l’arrivée de Sôshyans toute l’humanité pratiquera le Khêtûk-das 23 [554]. Le Khêtûk-das simple était au fond sans doute tout ce qu’il demandait. Les religions encore mal établies, ou menacées, ont de ces excès de doctrine qui demandent le plus pour obtenir le moins : nous en verrons dans la législation du Vendidad des exemples exorbitants qu’il serait naïf de prendre au sérieux, et pour beaucoup de docteurs ces mots « l’idéal serait d’épouser sa fille » signifiaient simplement : « mariez-vous dans la famille ».



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HÂ 14 (SP. 15)



Ici commencent les Staota Yêsnya ou Stôt Yasht qui s’étendent jusqu’au Hâ LIX et forment un sacrifice indépendant à eux seuls. Voir à l’Introduction l’analyse du Yasna.

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1 1 [555]. Me voici, ô Amesha-Spentas, prêt à vous louer, vous appeler, vous invoquer, vous sacrifier, vous proclamer, me saisir de vous, pour sacrifice et prière à vous, les Amesha-Spentas, pour paix de conscience et béatitude à nous, les saints Saoshyants 2 [556].


2 (3). A vous, Amesha-Spentas, les bons souverains, les bienfaisants, je donne ma vie, je donne tous les biens de la vie.


3 (5). Avec cette libation et ce Baresman,

j’appelle au sacrifice toutes les divinités saintes ;

j’appelle au sacrifice tous les Maîtres de sainteté,

à l’heure où préside Hâvani, à l’heure où président Sâvafihi et Vîsya, à l’heure où préside le plus grand de tous les Ratus.


Le Zôt et le Râspî ensemble :


4 (7). Fravarânê : Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, sectateur de la loi d’Ahura :

pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Hâvani, saint, maître de sainteté ;

pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Sâvanhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté ;

pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification aux Génies des veilles, des jours, des mois, des fêtes de saison, des années.


Yathâ ahù vairyô 3 [557].






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HÂ 15 — [SP. HÂ 16]


Le Zôt et le Râspî ensemble ;


1. Avec instruction (sastica) 1 [558] ;

Le Zôt, en prononçant le mot sastica, repousse le nœud de l’Evanghin (cf. Yt. LIX, 28) sur la corne droite du Mâhrû.

Le Zôt seul :
avec assistance (vantaca) 1 [558] ;

En prononçant le mot vantaca , le Zôt frappe au pied du Mâhrû avec la coupe vide qui a servi au Parâhôm et qui était renversée près du Mâhrû (v. page 114, § 11), et la redresse 2 [559].

avec joie (rafnanha) 1 [558] ;

j’invoque les Amesha-Speñtas par leurs bons et leurs beaux noms.

Je leur offre le sacrifice, dans l’amour de la bonne Sainteté, dans l’amour de la bonne Religion mazdéenne.
2 (4) 3 [560]. Yênhê mê ashât hacâ vahishtem yêsnê paitî…
« Celui et ceux dont le culte, Ahura Mazda le sait, nous donne le bien en retour de notre sainteté., à ces êtres, qui ont été et qui sont 4 [561] je sacrifie par leurs noms et leur apporte mon service. »
2 (7). « Sur une royauté qui veut le bien, je confère toutes les faveurs de la fortune 5 [562]. »

Le Zôt et le Râspi prononcent ensemble les mots yênhê me ashât hacâ. En prononçant yênhê mê, le Zôt prend la soucoupe à jivâm et en verse quelques gouttes dans la coupe qui a servi au Parâhôm ; aux mots ashât hacâ, il y verse deux parts de jivâm ; après les mots yêsnê paitî, il prend le zôr-tâê 6 [563], le trempe dans le jîvâm et le passe sur l’Evanghin du Barsom jusqu’au mot ustememcît « à la fin » (§ 3).

3 (8). Que prête l’oreille à ce sacrifice Ahura Mazda, très bienfaisant et saint, qui nous veut le bien, du commencement de ce sacrifice à la fin !

Oui, que prête l’oreille à ce sacrifice Ahura Mazda, très bienfaisant et saint, qui nous veut le bien 7 [564] !

Yathâ ahû vairyo.
Le Zôt.
Le désir du Seigneur… — que l’Âtarvakhsha 8 [565] me le dise !
Le Râspî.
C’est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame !


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APPENDICE



La kiryâ indienne que j’ai suivie dans ce Hâ a laissé tomber un nirang compliqué, qui se trouve dans les manuscrits liturgiques et, qu’il m’aurait été impossible d’interpréter sans l’assistance amicale de M. Tahmuras. M. Tahmuras a bien voulu relever le texte du nirang dans le Vendidad Sadé et le Yasna Sadé de la Bibliothèque Mulla Firoz (Mf2, Mf1) : je prends comme base le texte Mf1 qui est le plus complet et le plus correct :

Au mot sastica :

Zôt Râspîg sastica kâla 2 barâ gavishn ; Barsôm madam vakhdûnishn U bâra 2 nîm lakhvâr kunishn, 8 pun dûkân kûn (lire dûkânakô) min dashan ham ôshmûrtan, êvak tâk râsttar u satpartar pun datûsh kartan, barâ afrâztnishn ; Barsôm var i (Pt4 et Mf2 ol) Mâhrûî asarûnishn.

Littéralement : « Le Zôt et le Râspî disent tous deux sastica. Prendre le Barsôm, le diviser en deux, compter huit tiges en partant de la droite, prendre pour datûsh une tige plus droite et plus forte que les autres, la dresser ; lier le Barsôm sur le Mâhrû. »

Pour éclaircir ces indications obscures, je ne saurais mieux faire que traduire en la résumant une lettre de M. Tahmuras :

« J’ai eu quelque peine à trouver l’explication de la kriyâ dont vous me demandez le sens, par la raison que cette kriyâ n’est pas accomplie par les Mobeds Shahansais et par suite je ne pouvais trouver personne pour me l’expliquer. En continuant mes recherches, j’ai trouvé qu’elle est suivie parles Mobeds Iranis et dans l’Inde même par ceux de la secte Kadmi. Je vous envoie les éclaircissements qu’ils m’ont fournis ......

« Avant de prononcer le mot sastica, le prêtre lève le Barsôm avec la main gauche, puis il le fait dû-gânak, c’est-à-dire qu’il divise le Barsom en deux parties, ce qu’il fait comme il suit. Tenant le Barsom dans sa main gauche, lié comme il est, il compte les tiges deux à deux, en commençant par celles qui sont plus près de sa droite. Il sépare une première paire qu’il lève 1 [566] en murmurant en bâj le mot yazdân (les dieux) ; une seconde paire, en murmurant vahân (les gens de bien), une troisième, une quatrième, une cinquième en murmurant Humat (bonne pensée), Hûkht (bonne parole), Hvarsht (bonne action) ; total dix tiges 2 [567]. Cela fait, il tire une tige unique, la onzième, et l’insère dans le nœud de l’Evanghin, presque à angle droit avec le Barsom. Il continue alors à compter les tiges par paires, en murmurant dans l’intervalle les mots Shast, Haft, Bist, Yand-o-deh (Yanzdeh ?) ; puis après une formule pazende analogue à celle du Mînônâvar, il replace le Barsom sur le Mâhrû et reprend l’Avesta, vañtaca, etc. S’il y a vingt et une tiges, comme dans le Yasna ordinaire, on aura cinq paires d’un côté, cinq paires de l’autre et une tige insérée verticalement dans le nœud (voir aux planches). D’après les prêtres Iranis cette tige droite s’appelle datûsh. Je crois que ce mot n’est autre que le zend dathushô ; car en prononçant le mot dathushô au Hâ XXIV, le prêtre touche précisément la gauche de la tige dite datûsh avec la coupe de hôm et d’urvarâm » (voir plus bas, Hà XXIV, 12 ; le datûsh reparaît encore Hâ XXVII, et Hâ LIX, 28 où son rôle prend fin et où il rentre dans les rangs).

Le reste du nîrang est en accord avec la kiryâ.

Après les mots : « dans l’amour de la bonne Religion mazdéenne » : sûkarak lakhvâr râst vakhdûnishn, jiv lakhvâr khalkûnishn « redresser la coupe et y verser le lait par portions » (cf. p. 138, la kiryâ du § 2, 7).

Après les mots : « je confère toutes les faveurs de la fortune » : Frâgâm û jâm ( ?) ol vari girâhi Barsôm bûrtan « porter le Frâgâm et la coupe ( ? lire jîvâm ?) contre le nœud du Barsom », c’est-à-dire toucher le nœud de l’Evanghin avec le Frâgâm et le Zôr taê ( ? cf. p. 138, la kiryâ du § 2, 7).


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HÂ 16 (SP. HÂ 17)



1. Nous sacrifions à Ahura Mazda, saint, maître de sainteté ; divinité qui fait le bien, très grande, très bienfaisante, qui fait prospérer le monde ; créateur des créatures bonnes.

Et avec ces offrandes 1 [568], avec ces libations, avec ces paroles droites 2 [569], nous sacrifions aussi à toutes les saintes divinités du monde céleste 3 [570].


2 (5). Nous sacrifions à Zarathushtra, saint, maître de sainteté.

Et avec ces offrandes, avec ces libations, avec ces paroles bien dites, nous sacrifions à toutes les saintes divinités de ce monde 4 [571].

Nous sacrifions à la Fravashi du saint Zarathushtra.

Nous sacrifions aux paroles de Zarathushtra 5 [572].

Nous sacrifions à la Religion de Zarathushtra.

Nous sacrifions à la foi et à la loi de Zarathushtra.


3 (10). Nous sacrifions aux premières créations du monde 6 [573], saintes, amantes de la sainteté.

Nous sacrifions à Ahura Mazda, brillant et glorieux.

Nous sacrifions à Vohu Manô.

Nous sacrifions à Asha Vahishta.

Nous sacrifions à Khshathra Vairya.

Nous sacrifions à Spefita-Armaiti.

Nous sacrifions à Haurvatât.

Nous sacrifions à Ameretât 7 [574].
4 (19). Nous sacrifions au Créateur Ahura Mazda 8 [575].

Nous sacrifions au Feu, fils d’Ahura Mazda.

Nous sacrifions aux Bonnes Eaux, saintes, créées de Mazda.

Nous sacrifions au Soleil aux chevaux rapides.

Nous sacrifions à la Lune, qui contient le germe du Taureau.

Nous sacrifions à Tishtrya, étoile brillante et glorieuse.

Nous sacrifions à l'âme du Taureau, qui donne le bien 8 [575].
5 (26). Nous sacrifions au Créateur Ahura Mazda.

Nous sacrifions à Mithra, maître des vastes campagnes.

Nous sacrifions au pieux Sraosha.

Nous sacrifions au très pur Rashnu.

Nous sacrifions aux bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des justes.

Nous sacrifions à Verethragna, créé d’Ahura.

Nous sacrifions à Râma Hvâstra.
Nous sacrifions au Vent bienfaisant, qui fait le bien 9 [576].
6 (34). Nous sacrifions au Créateur Aliura Mazda.

Nous sacrifions à la bonne Religion Mazdéenne.

Nous sacrifions à Ashi Vanuhi,

Nous sacrifions à Arshtât.

Nous sacrifions au Ciel.

Nous sacrifions à la Terre bienfaisante.

Nous sacrifions à la Parole sainte.

Nous sacrifions à la Lumière infinie, créée d’elle-même 10 [577].
7 (42). Nous sacrifions aux beaux palais 11 [578] de la Sainteté, où habitent les âmes des morts, les Fravashis des saints, le Paradis des saints, lumineux et bienheureux 12 [579].
8 (45). Nous sacrifions au miel et à la graisse 13 [580], à l’eau qui court, à l’arbre qui pousse ;

pour lutter contre Àzi 14 [581], créé par les démons, et pour repousser Mûsh,
cette Pairika 15 [582] ; pour les anéantir 16 [583], pour les détruire ; pour repousser la malfaisance, et l'Ashemaogha, impie, et l’oppresseur aux mille morts.
9 (50). Nous sacrifions à toutes les eaux ; nous sacrifions à toutes les plantes.

Nous sacrifions à tous les dieux bons, nous sacrifions à toutes les déesses bonnes.

Nous sacrifions à toutes les divinités du ciel et de ce monde, qui donnent le bien et qui sont saintes.
10 (53). Nous te sacrifions, à toi qui es la demeure même, ô Spenta Ârmaiti 17 [584] ;

et nous te sacrifions, à toi qui es le maître de la demeure, ô saint Ahura Mazda ; que sains y soient les troupeaux, sains y soient les hommes, sain y soit tout ce qui vient du Bon Principe ; et que toutes les créatures, quelles qu’elles soient 18 [585], me demeurent en cette demeure de longs jours, été et hiver 19 [586] !
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HÂ 17 (SP. 17, 56-74)



Ce Hâ est la reproduction du Hâ VI : il en diffère seulement dans l’invocation au feu, où il passe en revue les différentes espèces de feu (Hâ XVII, 11), au lieu de se contenter d’une invocation générale (Hâ VI, 11). De plus il ajoute une invocation aux Génies religieux qui président sur les divers cercles régionaux de l’empire (§ 18).

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Le Zôt et le Râspî ensemble :


1 (56). Nous sacrifions à Ahura Mazda, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions aux Amesha-Spentas, les bons souverains, les bienfaisants.
2 (58). Nous sacrifions aux Génies des veilles, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à Hâvani, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Sâvanhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à Mithra, maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux, divinité invoquée par son nom ; et à Râma Hvâstra.
3. Nous sacrifions à Rapithwina, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Frâdat-fshu et Zantuma, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à Asha Vahishta et au Feu, fils d’Ahura Mazda.
4. Nous sacrifions à Uzayêirina, saint, maître de sainteté ;

Nous sacrifions à Frâdat-vîra et Dahyuma, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions au grand, au souverain Apàm Napât, génie des femmes, brillant, aux chevaux rapides, et aux eaux créées par Mazda.
5. Nous sacrifions à Aiwisrûthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté ;

Nous sacrifions à Frâdat-vîspâm-hujyàiti et au Zarathusthrôtema, saints, maîtres de sainteté.
Nous sacrifions aux bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des justes, et aux Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes ; et au Bonheur de l’année ; et à la Force bien faite et de belle taille, à Verethraghna, créé par Ahura, et à l’Ascendant destructeur.
6. Nous sacrifions à Ushahina, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à Berejya et Nmânya, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions au pieux Sraosha, à la belle taille, victorieux, qui accroît le monde ; et à Rashnu Razishta ; et à Arshtât, qui accroît le monde, qui fait grandir le monde.
7. Nous sacrifions aux Mois, saints, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à la Nouvelle Lune, sainte, maître de sainteté.

Nous sacrifions à la Pleine Lune et à Vîshaptatha, saints, maîtres de sainteté.
8. Nous sacrifions aux Fêtes de saison, saintes, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions au Maidliyôi-zaremaya, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions au Maidhyôi-shema, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions au Paitish-hahya, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions à l’Ayàthrima, où la chaleur tombe et où a lieu la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions au Maidhyâirya, où le froid règne ; saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions au Hamaspathmaêdaya, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions aux Années, saintes, maîtres de sainteté.
9. Nous sacrifions à tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trentetrois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hâvani ; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra.
10. Nous sacrifions à Ahura et à Mithra, grands, impérissables et saints ;

nous sacrifions aux étoiles, à la lune, au soleil [qui brille] sur les arbres à baresman, et à Mithra, maître de tous les pays.

[Ici l’invocation du jour et du mois ; on donne pour exemple le premier jour du premier mois.]

10 (60). Nous sacrifions à Ahura Mazda, brillant et glorieux.

Nous sacrifions aux Fravashis des justes.
11 (62). Nous te sacrifions, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, saint, maître de sainteté 1 [587].

Nous sacrifions au feu Berezisavanli 2 [588].

Nous sacrifions au feu Vohu-fryâna 2.

Nous sacrifions au feu Urvâzishta 2.

Nous sacrifions au feu Vâzishta 2.
Nous sacrifions au feu Spénishta 2.

Nous sacrifions au feu Nairyô-sañha 2, divinité qui réside dans le nombril des rois.

Nous sacrifions au Feu, maître de maison de toutes les maisons 3 [589], créé par Mazda, fils d’Ahura Mazda, maître de sainteté, — avec tous les feux.


12 (70). Nous sacrifions aux bonnes eaux, aux eaux très bonnes, créées par Mazda et saintes 4 [590].

Nous sacrifions à toutes les eaux saintes, créées par Mazda 5 [591].

Nous sacrifions à toutes les plantes saintes, créées par Mazda.
13. Nous sacrifions à la Parole Divine, sainte, très glorieuse.

Nous sacrifions à la Loi donnée contre les démons, la loi de Zarathushtra ;

Nous sacrifions à la longue Tradition.

Nous sacrifions à la bonne Religion Mazdéenne.
14. Nous sacrifions au mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité, qui est un dieu.

Nous sacrifions à toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité, créées par Mazda, saintes, maîtres de sainteté.

Nous sacrifions à la redoutable Gloire des Kavis, créée par Mazda.

Nous sacrifions à la redoutable Gloire insaisissable, créée par Mazda.

Nous sacrifions à la bonne Ashi, brillante, grande, forte, de belle taille, pleine de bonté.

Nous sacrifions à la Gloire, créée par Mazda.

Nous sacrifions au Bien-Être, créé par Mazda.
15. Nous sacrifions à la bonne Bénédiction du juste.

Nous sacrifions au juste lui-même, homme de bien.

Nous sacrifions à la Pensée de malédiction du juste, divinité redoutable et puissante.
16. Nous sacrifions à ces eaux, ces terres, ces plantes ; nous sacrifions à ces lieux, ces terres, ces campagnes, ces demeures, ces étables ; nous sacrifions au Maître des contrées, Ahura Mazda.
17. Nous sacrifions au plus grand de tous les maîtres ; aux Génies des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années.


18 (71) 6 [592]. Je loue, j’invoque, je fais miennes 7 [593] les bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des saints.
Nous sacrifions aux Fravashis des Nmânyas, des Vîsyas, des Zantumas, des Dahyumas, des Zarathushtrôtemas 8 [594].
19 (73). Nous sacrifions à toutes les divinités saintes.

Nous sacrifions à tous les maîtres de sainteté,

à l’heure où préside Hâvani ;

à l’heure où président Sâvanhi et Vîsya ;

à l’heure où préside le plus grand des Ratus 9 [595].

Yênhê hâtâm.









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APPENDICE

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Les Feux 1 [596]


I. Les cinq feux : Berezisavanh, Vohu-fryâna, Urvâzishta, Vâzishta, Spénishta. — Nairyôsanha. — II. Les trois feux sacrés : Âdar Khordâd, Adar Gushasp, Adar Burzîn Mihr. — III. Le feu Bahrâm.


Le Feu, fils d’Ahura Mazda, unique dans sa nature, se présente sous des formes multiples, les unes célestes, les autres terrestres. Aussi les textes en donnent-ils des classifications diverses. Il y en a surtout deux que l’on rencontre, et que l’on peut définir, l’une la classification naturelle, l’autre la classification sociale.


I


La classification naturelle est celle du Hâ que nous venons de traduire : elle distingue les feux d’après leurs manifestations différentes et leur lieu d’origine. Ce sont le Berezisavanh, le Vohu-fryâna, l’Urvâzishta, le Vâzishta, le Spénishta. Voici comment les définit le Commentaire pehlvi :

Berezisavanh : buland sût « de haute utilité » ; nom général du feu Bahram (Varahrân pun êvkartakih).

Vohu-fryâna : shapir farnâftar, uttamasakhâyam, « l’excellent ami » ; cf. Y. XIII, 2 [XIV, 4] : c’est le feu qui brûle dans le corps de l’homme (où il se manifeste par la chaleur vitale).

Urvâzishta : firàkh zîvishn « de large vie » : traduction artificielle et étymologique du mot, décomposé en urvâ-zishta ; le vrai sens semble être « chaud » ; du moins, urvâzishtãm (Y. XLIX, 8), traduit par urvâzishn, est glosé garmôk « chaleur », Urvâzishta est le feu qui brûle dans la plante (qui s’enflamme par le frottement).

Vâzishta : vâzisht « le très rapide ? », nom du feu qui frappe le démon Spanjaghra (c’est-à-dire de l’éclair ; cf. Vd. XIX, 40, 135).

Spénishta : afzûnîk « bienfaisant, accroissant » ; nom du feu céleste qui, dans le Garôtmân, brûle devant Auhrmazd.

Nériosengh, le Bundahish et les Rivâyats donnent les mêmes définitions, sauf qu’ils intervertissent les définitions de Berezisavaňh et de Spénishta : ils font de Berezisavaňh le feu qui est devant Auhrmazd ; et Spénishta devient le feu dont on se sert sur terre et le feu Bahrâm (Bundahish), le feu qui se trouve dans les pierres précieuses (Nériosengh), le feu qui est dans les pierres (Rivâyat de Shâpûr Barûjî). La paraphrase de Zàd Sparam, XI, 1 sq., qui a interverti l’ordre de Berezisavaňh et de Spénishta, afin de commencer par le feu le plus auguste, celui du Paradis, mais a conservé à l’un et à l’autre la définition du Commentaire pehlvi, est décisif en faveur de ce dernier.

Le Bundahish et Nériosengh donnent de cesfeux une autre classification, fantasquement scientifique, fondée sur leurs appétits. « De ces cinq feux, il y en a un qui boit et qui mange : c’est celui qui est dans le corps de l’homme ; un autre qui boit et qui ne mange pas : c’est le feu des plantes qui vivent et croissent par la pluie ; un autre qui mange et qui ne boit pas : c’est celui dont on se sert dans l’usage et le feu Bahrâm ; un autre qui ne boit ni ne mange : c’est le feu de l’éclair ; et aussi le feu Berezisavah (lire Spénisht). » Bund. XVII, 2-3.

Cette classification a eu un grand succès chez les Talmudistes qui l’ont empruntée des Mages avant la clôture de la période des Tanaïm, c’està-dire avant la fin du iie siècle de notre ère, l’ont modifiée et appliquée aux légendes bibliques et post-bibliques (J. Darmesteter, Les six feux dans le Talmud). A la suite de ces cinq feux l’Avesta invoque « Nairyô-saňha, qui réside dans le nombril des rois » 2 [597], c’est-à-dire « qui se transmet de roi en roi par l’hérédité » (N.). Le Bundahish ne le comprend pas dans son énumération et l’Avesta même ne lui donne pas le nom de feu. Dans le Vd. XXII, 7, 22 sq. il paraît comme messager d’Ahura : cela donne à penser que c’est comme messager d’Ahura qu’il est à demeure dans la personne des rois, représentants de Dieu, et qu’à ce titre c’est une forme de la Gloire Royale : aussi le Sirôza, § 9, l’invoque-t-il à la suite des trois formes du Hvarenô. Son nom signifie « Commandement humain ; qui commande aux hommes ». Dans les Védas, Narâçãsa, pour Narâm çãsa, est le nom d’Agni, le feu du sacrifice, conçu comme portant au ciel les vœux de l’homme et à l’homme les ordres du ciel.

Nairyô-saňha est donc un Ized d’origine ignée et c’est à juste droit que l’Avesta lui donne place après les feux.


II


A côté de cette classification naturelle, il y a une classification sociale des feux. La société avestéenne connaît trois classes ; prêtres, guerriers, laboureurs, et chacune de ces classes a un feu spécial qui veille sur elle. Les noms de ces feux ne nous sont donnés que par les textes pehlvis et parsis : « Il y a, dit le Grand Bundahish, trois feux qu’Auhrmazd a créés au début pour la protection du monde : les feux Farnbag, Gûshnasp et Bûrjîn Mitro ; ils sont dans le monde en corps glorieux (p. 127)… Le feu Farnbag est le feu du prêtre (asrav âthravan), le feu Gûshnasp est celui du guerrier, le feu Bûrjîn Mitro celui du laboureur » (p. 130). Les textes parsis les nomment feu Khordâd, feu Gushasp, feu Burzin Mihr. « Adar Rhordâd, dit un Rivâyat du xviie siècle, celui de Shâpûr Barùjî, est préposé à l’intelligence et aux Dastûrs ; Adar Gushasp est le général en en chef des armées d’Iran ; Àdar Burzîn Mihr est préposé aux laboureurs 3 [598].

L’Avesla ne donne pas les noms correspondants ; mais il n’en connaît pas moins ces trois sortes de feu et dans l’invocation du Sîrôza consacrée à Atar, il en donne une sorte de classification anonyme :


A Atar, fils d’Ahura Mazda ;

à la Gloire et au Bonheur, créés par Mazda ;
à la Gloire des Aryas, créée par Mazda ;
à la redoutable Gloire desKavis, créée par Mazda.


A Atar, fils d’Ahura Mazda,

au roi Husravah ;
au mont Âsnavant, créé par Mazda ;
au lac Caêcasta, créé par Mazda ;
à la Gloire des Kavis, créée par Mazda.


A Âtar, fils d’Ahura Mazda ;

au mont Raêvant, créé par Mazda ;
à la Gloire desKavis, créée par Mazda.


Cette invocation à Âtar, trois fois répétée^ vise en réalité trois Âtars différents, dont le caractère spécial est établi pour chacun d’eux et par la tradition et dans le texte même par les invocations particulières qui suivent la formule initiale.

Dans la première invocation il s’agit, dit Nériosengh, du « feu Adaraphrâ^ qui a pour objet la science des docteurs : car c’est lui qui fait les docteurs savants et habiles ; c’est aussi lui qui lutta avec Zohâk » 4 [599]. Dans la seconde il s’agit « du feu Gushasp, dont l’occupation est la science guerrière ; il est dans le pays d’Âdarbaijân et c’est lui qui rend les guerriers plus rapides et plus braves » 5 [600]. Dans la troisième, « il s’agit du feu Burz Mihr : son occupation est la science de l’agriculture ; c’est lui qui rend les laboureurs plus actifs, plus experts dans l’agriculture… Et c’est lui aussi qui lutta contre les rois en compagnie de Gushtasp » 6 [601]. Chacune des trois invocations se termine par celle de la Gloire Royale ou du Hvarenô des Kavis, parce que le Roi étant le patron des trois classes, sa Gloire est composée de la Gloire de ces trois classes : aussi quand Yima, après sa faute, est abandonné du Hvarenô, le Hvarenô s’enfuit de lui en trois fois(Yt. XIX, 34-38).

Le premier feu, l’Âdaraphrâ de Nériosengh, qui incarne la vertu des docteurs, est désigné dans les textes pehlvis et parsis par les noms Adar Khurrâd, Adar Khordâd, Adar Frôbâ, et Adar Farnbag. Ces quatre noms se ramènent à deux séries : Khurrâd-Khordâd, et Frôbâ-Farnbag. Khurrâd et Khordâd directement dérivés de Hvarenô et représentent * Khurn-dât (* Hvarenô-dâtem) « le feu donné parle Hvarenô ». Farnbag, qui paraît sur une gemme représentant un pyrée en feu, avec la mention « feu des Mages » (Noeldeke), signifie « le Dieu du Farn », c’est-à-dire du Hvarenô, Farna étant l’équivalent perse de Hvarenô (voir Y. 1, note 1). Frôbâ (dans le Shikan Gumânî ; IV, 107 : Farôbag) est une fausse lecture de Farnbag, le pehlvi ayant le même signe pour rendre ô et n le Phrâ de Nériosengh est une corruption encore plus avancée de Frôbâ.

Le culte de ce feu était naturellement localisé dans un temple ou dans des temples. « Le feu Farnbag, dit le Rundahish, fut d’abord établi par Jim sur le mont Gadâômand dans le Khvârizm. Quand Jim eut été scié en deux (v. Yt. XIX, 46), le feu Farnbag arracha la gloire de Jim aux mains de Zohâk (v. Yt. XIX, 46-50). Le roi Vishtâsp, quand fut révélée la Religion, le transporta du Khvârizm sur le mont Rôshan, où il est encore. » On n’a pas encore identifié ces deux localités : le déguisement pehlvi de la première, Gâdâômand, signifie « le mont où est le Hvarenô 7 [602] » et par suite cache sans doute un nom iranien Farrukh. On met la seconde, le mont Rôshan, dans le pays de Kâbûl d’après une lecture incertaine du texte publié : le Grand Bundahish la met dans un pays dont le nom est aussi incertain, mais semble être Kârikân matâ, « le pays de Kârikân » ; le pehlvi Kârikânserait en persan Kâryân ; or Kâryânest précisément le nom d’une ville de Perse, célèbre jadis par un feu sacré qui, disait-on, était le feu de Jamshîd transporté du Khvârizm (Maçoudi, IV, 76 ; cf. Yaqout, 471) 8 [603]. Selon une autre tradition, c’est à Dârâbjird 9 [604] fut transporté le feu sacré ; Maçoudi l’y vit en 332 de l’hégire (944) : on l’appelait âzar jûi « le fleuve de feu. »

Une parcelle de ce feu passa pour avoir été emportée aux Indes par les Parsis fugitifs ; car le Rivàyat de Shâpûr Barûjî met le feu Khordâd en Inde sur la montagne de xxxxxx que l’on appelle xxxxxxxx 10 [605] : nous avons affaire évidemment au feu sacré du volcan Javalamukhi, près de Kangra, qui est toujours un objet de pèlerinage pour les Hindous et qui a dû être, il y a quelques siècles, un centre parsi.


La seconde invocation du feu est suivie dans le Sîrôza de l’invocation du roi Husravah, du mont Âsnavant et du lac Caêcasta. Cette triple invocation prouve qu’il s’agit du feu des guerriers, Gushasp. « En effet, rapporte le Bundahish, comme Kai Khosrav (Kavi Husravah) détruisait un temple d’idoles près du lac Caêcast, le feu Gûshnasp se plaça sur la crinière de son cheval, dissipa les ténèbres et fit la lumière jusqu’à ce que le temple fût détruit : alors Kai Khosrav établit le feu sur un autel sur le mont Âsnavand ». Le Caêcasta nous transporte dans l’Adarbaijân, comme nous y conduit d’ailleurs directement Nériosengh : Caêcasta est le nom iranien du lac Urumia, qui longtemps porta dans la géographie persane le nom de Khanjast, simple corruption orthographique de Cijast (xxxxxx au lieu de xxxxxx ; V, Rawlinson, On the site of the Atropatene Ecbatana, p. 79, t. X du Geog. Soc. London). Le mont Àsnavaût doit donc être cherché dans les parages du lac Urumia.

Le Shah Nâma (éd. Vullers, II, 441) et le Rivâyat de Shâpûr rapportent l’apparition du feu Gushasp à la prise du château de Bahman, que Firdausi met près d’Ardabîl ; ce qui, tout en nous transportant assez loin du lac Urumia, nous laisse toujours dans l’Adarbaijân. Sous les Sassanides, il brûlait dans une des capitales de l’Àdarbaijân, Shîz 11 [606] ; chaque roi devait à son avènement au trône s’y rendre en pèlerinage et à pied, en partant d’Al-Madain (Ctésiphon ; Ibn Khordadbeh, tr. de Gœje, p. 18). C’était le temple le plus riche de la Perse 12 [607] : Théophanès compare ses trésors à ceux de Crésus : Héraclius prit la ville, détruisit le temple « et éteignit le feu sacré allumé par l’éclair)> (Cedrenus, Xyl., 18 ; apud Rawlinson), Ce dernier trait, transmis par les Grecs, nous ramène à la légende du Bundahish, et plus loin encore à l’origine naturaliste du mythe, l’éclair étant le feu guerrier. Le nom de Gushasp., plus anciennement Gûshnasp (Bund. V. s.), plus anciennement encore Vishnasp, forme conservée par les Arméniens, répond, comme l’a montré M. Spiegel, au sanscrit vrishanaçva, « le dieu aux chevaux mâles », épithète védique d’Agni.


La troisième invocation se rapporte au troisième feu, celui des laboureurs, le Burzin Mihr. Selon une tradition recueillie par Firdausi et les Rivâyats, ce feu fut apporté du ciel par Zoroastre, qui l’avait pris du feu qui brûle devant Ormazd (le Spénishta) 13 [608]. Le Bundahish nous apprend que Gushtâsp l’établit sur le mont Rêvand, que l’on appelle aussi Pushti Vishtâspân ou Dos de Gushtâsp. Ce mont Rêvand est naturellement le mont Raêvant 13 cité dans le Sîrôza, à la troisième invocation d’Âtar. Il est situé dans le Khorâsân (Bund.) et proche de la ville moderne de Jumain 14 [609]. Un Rivâyat lui donne aussi le nom de Minô karkôh : il est probable qu’il s’agit d’un feu détaché du Rêvand ; car karkôh a tout l’air d’être identique au Karkôya de Yaqout, « ville du Saistân où se voit un temple du feu que les Guèbres ont en grande vénération » 15 [610].

« Ces trois feux, Khordâd, Gushasp et Burzîn, brûlent sans flamme et ne craignent pas l’eau » (Rivâyat J. D.). Autrement dit c’étaient des feux naturels, feux de volcan ou feux de naphte, désignés d’avance par leur apparition merveilleuse et leur éternité à la vénération des fidèles.


III


Ces deux classifications ne s’entre-croisent pas et l’on peut considérer les trois feux sacrés comme rentrant tous trois dans le Berezisavaňh, le premier des cinq feux dans la classification naturelle. Le Commentaire pehlvi définit ce feu « le feu Bahrâm en général » ; le Bundahish (en tenant compte de l’interversion avec Spénishta), le définit « le feu dont on se sert sur terre et le feu Bahrâm ». Peut-être quant à leur origine ces trois feux étaient-ils considérés comme venus du feu d’Ormazd, du Spénishta), et la chose est certaine au moins pour le Burzîn Mihr (voir note 13). Mais une fois sur terre, ils rentrent tous dans la classe du feu Bahrâm. Le feu Bahrâm, proprement le feu de victoire 16 [611], est le feu dans toute sa pureté et dans toute la puissance attachée à sa pureté, par opposition au feu tombé en déchéance par l’usage domestique et industriel. Dans chaque province, il devait y avoir un feu Bahrâm, qui est pour cela dahyupat « chef de pays », et le feu commun, après avoir servi à ses usages profanes, remonte à sa pureté en retournant au feu Bahrâm. D’après les Rivâyats le feu de cuisine qui a servi trois fois devait être porté à un feu dit Âdarân ou Adarân shâh « Bois des feux » et dont il y avait un dans chaque ville ou chaque bourg ; on y portait les autres feux de la maison tous les sept jours. L’Âdarân lui-même était porté tous les ans, ou au moins tous les trois ans, au feu Bahrâm, qui est le résultat de 1001 feux, pris de quinze espèces de feux différents (Anquetil, II, 531, note 2). On verra au Vendidad (Vd. VIII, 81-96) les cérémonies suivies pour former le feu Bahrâm.







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HÂ 18




Le Zôt et le Râspî ensemble ;


1. Ashem vohû (3 fois).

« Toi qui as créé le bœuf et les eaux et les plantes, Ameretât et Haurvatât, et l’énergie et la force, ô très Bienfaisant Esprit, Mazda, donne-les-moi, car j’ai suivi l’enseignement de Vohu Manô » 1 [612].


Le Zôt prend le Zôrtâê, le trempe dans le vase à jîvâm et le passe sur l’Evanghin du Barsom, en disant ;


2 2 [613]. Par l’Esprit du Bien et la Pensée Excellente, par les œuvres et les paroles de Sainteté, Mazda Ahura, avec Khshathra et Ârmaiti, nous donnera Haurvatât et Ameretât (2 fois).


Le Zôt remet le tâê en place et dit :


3. « Pour cet Esprit très Bienfaisant la chose suprême, c’est que le fidèle agisse avec la langue, les paroles, la bouche de Vohu Manô et avec les mains d’Ârmaiti. Là est la sagesse, et c’est ainsi que le fidèle est un sage et père du monde de l’Asha.

4. « En cela tu es bien l’Esprit du Bien que pour nous tu as formé la vache riche en dons, et à elle tu as donné la pâture et l’abri d’Armaiti, alors, ô Mazda, que tu t’es consulté avec Vohu Manô.

5. « Cet Esprit du Bien, ô Mazda, les méchants le blessent et non pas les bons. Si pauvre qu’il soit, le fidèle désire faire du bien et, riche, il désire faire le mal au méchant.

6. « Or donc. Esprit du Bien, Ahura Mazda, fais jouir le juste de tous les biens

du monde : car ce n’est pas selon ton désir que le méchant les distribue, étant en toutes ses œuvres l’hôte de Mauvaise Pensée.


7. « Esprit du Bien, Aliura Mazda, par ton feu tu décides entre les adversaires, selon la supériorité de piété et de sainteté, et maint de ceux qui le voient embrassent la foi. »


Le Zôt reprend le tâê du jîvâm et répète deux fois avec le Ràspî la strophe 2. Puis il ajoute :


Ashem vohù (3 fois).

Nous sacrifions au Hâ Speñta-Mainju
.
Yèhhê hâtàm.


9. Yathâ ahù vairyô (4 fois).

Ashem vohû (3 fois).


Le Zôt dresse les genoux l’un contre l’autre, le pouce du pied droit sur le pouce du pied gauche, trempe l’Evanghin avec le tâê, en prononçant les quatre Ahunvar : il reprend alors la position accroupie et remet le tâê sur le jîvâm. Le Râspî, en prononçant les quatre Ahunvar, prend quatre bois parfumés (îsm bôî) dans la pelle et les porte sur le feu. Puis tous deux disent :


Nous sacrifions à l’Ahuna vairya.

Nous sacrifions à l’Ashem 3 [614] très bon, très beau, immortel, bienfaisant.

Yèñhé hâtàm.





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HÂS 19, 20, 21 — BAGHÂN YASHT



Les trois Hâs qui suivent sont consacrés à la glorification et au commentaire des trois prières les plus saintes, les plus efficaces et les plus fréquemment récitées de tout le rituel : le Yathâ ahû vairyô, l’Ashem vohû et le Yênhê hâtâm. Ils présentent un intérêt particulier pour l’histoire de la littérature avestéenne ; car ils représentent tout ce qui nous reste d’un Nask perdu, le Bak Nask 1 [615], qui contenait vingt-deux chapitres de commentaire sur les vingt-deux sections des Gâthâs. Les trois premiers chapitres du Bak Nask ont été sauvés par leur incorporation dans le Yasna : ce sont nos trois Hâs. Le manuscrit Pt4 les désigne sous les titres de « Baghân Yasht, 1er, 2e, 3e Fargard ». Le Nask doit sans doute ce titre de Bak Nask ou Baghân Yasht 2 [616] au titre donné dans le texte même aux prières qu’il commente, bagha, probablement « prière divine » 3 [617].


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HÂ 19 — BAGHÂN YASHT 1




Le Yathâ ahû vairyô, dit aussi Ahuna vairya, d’après les deux mots essentiels du début (d’où A hunvar, Honover), est la prière mystique par excellence. Elle est antérieure à la création matérielle ; Auhrmazd en a prononcé les vingt et une paroles au moment où Ahrîman envahissait la lumière infinie et la création spirituelle : « Quand il eut prononcé le premier tiers, Zanâk Mînôt plia le corps de terreur ; au second tiers, il tomba sur les genoux ; quand la prière fut achevée, il fut confondu et impuissant à nuire aux créatures d’Auhrmazd 4 [618] . . . » L’Avesta tout entier en dérive, en théorie, et chacun des vingt et un Nasks est sorti d’un des vingt et un mots de la prière 5 [619].

Le texte en lui-même n’a point de prétentions mystiques de ce genre : il n’en mérite pas moins sa fortune, car il résume quelques-uns des principes essentiels de la morale mazdéenne.

L’Ahuna vairya est composé de trois phrases indépendantes :


yathâ abù vairyô athà ratusb ashâإcît bacà
vahbéusb dazdà mananbô sbyaotbenanàm aûbéusb Mazdài
khshatbremcà Aburâi à yim dregubyô dadat vâstârem.


« Le désir du Seigneur est la règle du bien.

« Les biens de Vohu Manô aux œuvres faites en ce monde pour Mazda ! « Il fait régner Ahura, celui qui secourt le pauvre. »


La première phrase pose dans la volonté du Seigneur la loi du bien ; la seconde promet les récompenses du Paradis à ceux qui vivent selon la loi de Dieu ; la troisième investit d’une sorte de droit divin le prince qui use du pouvoir pour soulager le pauvre.


La première phrase résout dans le sens théologique la question débattue par Platon si le bien est bien en soi ou parce que Dieu le veut tel. Le sens littéral est : « comme est le désir du Seigneur, ainsi est la règle en fait de sainteté » ; ainsi du moins traduit le pehlvi 6 [620], prenant ratu au sens abstrait et traduisant ahû vairyô comme une sorte de composé. Mais on peut aussi prendre ratu dans son sens concret ordinaire de » celui qui donne la règle, le directeur de conscience, le maître spirituel, le Dastùr (Dastôbar) » ; en ce cas, vairyô sera qualificatif, comme il l’est dans khshathrem vairîm, et ahû vairyô sera « le Seigneur qui fait ce qu’il désire », c’est-à-dire le Maître absolu. Le sens de la phrase sera : « Comme il est le Seigneur tout-puissant, ainsi est-il le maître spirituel », ce qui présente sous forme concrète le même principe que l’autre traduction donne sous forme abstraite, à savoir l’identité en Ahura du maître temporel ou ahu 7 [621] et du maître spirituel ou ratu.

Il n’y a sur terre de société bien ordonnée que celle qui reconnaît ces deux autorités. Dans la société sassanide, qui réalise l’idéal avestéen, l’une est représentée par le prince, le Khutâi (ahu), l’autre par le prêtre dirigeant, le Rat (ratu), ou Dastùr (Dastôbar), ou Maubad (Magûpat) : le barbare ou l’impie n’a point de chef (asârô), point de guide spirituel dont il suive les avis (asraoshô). Au sommet de la hiérarchie des ahu se trouve le Roi des Rois ; au sommet de celle des ratu le Maubadàn Maubad. Le Constantin du Mazdéisme, Artashir (Ardéchir), expose, en mourant, à son fils Shàhpùhr (Sapor), cette théorie de l’alliance du trône et de l’autel : « Sachez, ô mon fils, que la religion et la royauté (Din et Mulk) sont deux sœurs qui ne peuvent exister l’une sans l’autre ; caria religion est la base de la royauté et la royauté la protectrice de la religion 8 [622]. » Dans la légende épique, Jamshid, le souverain idéal, réunissant en lui le Pape et l’Empereur, s’écrie à son avènement : « Par la gloire divine, je suis à la fois Prince et Prêtre (hamam Shahriyâri uham Maubadi) ; j’empêcherai les méchants de faire le mal et je guiderai les âmes vers la lumière 9 [623]. »

La seconde phrase ne présente de difficulté que dans l’ellipse du verbe d’appartenance ; littéralement : « les dons 10 [624] de Vohu Mauô pour actions du monde à Mazda », c’est-à-dire que Vohu Manô, qui est l’appariteur du Paradis (Vend. XIX, 31), donne ses récompenses à celui qui dans le monde fait ce qu’Ahura désire 11 [625].

La troisième phrase est imitée d’un vers des Gàthas :

tat Mazdà tavâ khshathrem yâ erezhjyôi dâhî drigaovê vahyô (LIII, 9 d).

« Cette royauté est tienne, ô Mazda, qui améliore le sort du pauvre honnête » (cf. Y. XIX, 14, 35). Le premier terme peut signifier : « cette royauté est à toi », ou bien : « vient de toi », c’est-à-dire que le bon roi fait régner Ahura ou bien qu’il règne par Ahura. Le commentaire a les deux explications. Le passage du Y. XIX, 14, 35 (cf. note 50) nous décide en faveur du premier sens.

Kn tête des Yashts et des Gâhs et dans un grand nombre de passages du Yasna (Introd. § 13 ; Y. VIII, 9 ; XI, 16 ; XIV, 4 ; LVII, 1 ; LIX,32 ; LXV, 19 ; forme écourtée Yt. VII, 1 et 28. XXVI, 11 ; l’Atravakhsha remplace le zaotar Y. XV, 4 ; et Vp. III, 6), l’Ahuna Vairya est réduit à la première


phrase et promulgué sous forme de dialogue entre les deux prêtres officiants, celui qui joue le rôle de Zôt et celui qui joue le rôle de Ràspî :
Le Zôt.
Le désir du Seigneur... — que le Zaotar me le dise 12 [626] !...
Le Râspî.
Le désir du Seigneur... — que ce prêtre Zaotar me le dise !...
Le Zôt.
C’est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame !
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1. Zarathushlra demanda à Ahura Mazda :

Ahura Mazda, Esprit très Bienfaisant, créateur des mondes corporels, saint !

Quelle est la parole, ô Ahura Mazda, que, tu m’as prononcée avant l’existence du ciel, avant les eaux, avant la terre, avant le Bœuf 13 [627], avant les plantes, avant le Feu, fils d’Ahura Mazda, avant le Juste 14 [628] avant les démons, les brutes 15 [629] et les hommes, avant tout le monde des corps, avant toutes les choses bonnes, créées par Mazda, issues du Bien 16 [630].
3 (4) . Ahura Mazda répondit :

La prière divine 17 [631] de l’Ahuna Yairya, ô Spitàma Zaralhushtra, voilà la

parole que j’ai prononcée avant l’existence du ciel, avant les eaux, avant la terre, avant le Bœuf, avant les plantes, avant le Feu, fils d’Aliura xAIazda, avant le Juste, avant les démons, les brutes et les hommes, avant tout le monde des corps, avant toutes les choses bonnes, créées par Mazda, issues du Bien.

5 (6). Et cette prière divine de l’Ahuna Vairya, ô Spitâma Zarathustra, chantée (une fois) sans intercalations 18 [632] et sans somnolence 19 [633], vaut cent autres des cantiques maîtres 20 [634], chantés sans intercalations et sans somnolence. Chantée avec intercalations ou avec somnolence, elle vaut dix autres des cantiques maîtres.

6 (9). Et celui qui dans ce mien monde corporel, ô Spitâma Zarathushtra, lit 21 [635]cette prière divine de l’Ahuna Vairya, la lit et la récite par cœur 22 [636], la récite par cœur et la chante la chante 23 [637], et l’offre dans le sacrifice 24 [638], trois fois par dessus le pont Cinvat je ferai passer son âme dans le Paradis 25 [639], moi Ahura Mazda ; oui, jusqu’au Paradis, jusqu’à la Sainteté suprême, jusqu’aux lumières suprêmes.

7 (13). Et celui qui dans ce mien monde corporel, ô Spitâma Zarathushtra, récitant la prière divine de l’Ahuna Vairya, en passe 26 [640] la moitié, le tiers, le quart ou le cinquième, moi, Ahura Mazda, j’éloigne 27 [641] son âme du Paradis d’une distance égale en long et en large aux dimensions de cette terre, et cette terre est aussi longue que large 28 [642].

8 (16). Et cette parole qui contient l’Ahu et le Ratu 29 [643](le Seigneur et le Maître), je l’ai dite avant la création du ciel, avant les eaux, avant la terre, avant les plantes ; avant la création du Bœuf quadrupède, avant la naissance du Juste bipède, avant que j’eusse formé le corps de ce soleil, après avoir créé les Amesha-Speñtas 30 [644]. 9 (21). L’Esprit Bienfaisant m’a prononcé cette parole, pour toutes les créations du Bien, présentes, passées, futures, afin qu’elles agissent en toute action au monde y5o ;<ril/«c(/a(shyaothenanâm anhéush Mazdài) ^'.

10 (24), Et c’est la parole suprême entre toutes les paroles qui jamais ont été dites, sont dites, et seront dites : c’est une parole si puissante que tout le monde des corps, s’il l’apprend et l’ayant apprise la retient, est préservé de la mort^L

11 (27). Et cette parole de nous 33 [645] a été proclamée pour être apprise et récitée, en l’honneur de n’importe quel des êtres [divins] 34 [646] avec sainteté parfaite 35 [647].

12 (28). La phrase yathà dit qu’il faut prendre un Seigneur et un Maître (ahûmca ratûmca) et enseigne qu’Ahura Mazda fut tel pour les créatures qui les premières ont pensé [au bien]

La phrase yathâ^^ enseigne qu’il est le plus grand des êtres ; la phrase athâ^’ fait de lui celui qui enseigne les créatures

Spentas ». On serait disposé à traduire apè comme aipi, après : « après la création des Amesha-Speàtas ».

31. CitatioQ de la prière : deuxième vers.

32. « L’homme qui le récite dans le sacrifice devient immortel » (Comm. P.).




36. Voir plus haut, page 162.

37. Gayomart et les premiers hommes (voir note 65).

38. yalhàaliù vairyù : « comme il est le Seigneur tout-puissant » (v. page 162) ; il est dans le monde ce que le Roi des Rois est parmi les hommes ; voir la note suivante.

39. allia ratusli : « Ainsi est-il le maître spirituel » (v. page 162). Cf. Dinkart, IX, 47 : « Celui qui se livre comme serviteur au Dahyûpal (dans le Comm. P. arf § 36 : malkàân malkà) et comme disciple au JÜastôbar, celui-là fait soumission à .\uhrmazd comme l’ont fait les premières créatures » [ash andar Auhrmazd êrili, cigkn farlîiin dàm kart, kart ijahvûnêt, man tan pun bôndakik ol olà i üalujàpal, pun /idvislitî/i ol oldî din-dastôbar yakbûnêt).

40. atliâ abiuài dàinâii clnastl ; litt. « atbà enseigne en lui les créatures ». cliiasli dans tout ce commentaire verbal,, est très difficile à traduire ; car tantôt il désigne le sens du mot commenté et revient presque à « c’est-à-dire » ; tantôt il est pris, comme ici, au sens propre d’enseigner. 163 ANNALES DU MUSÉE GUIMET

13. Mazda est la source des biens de la vie : c’est la troisième vérité^* [de la prière] : vanhéush

En récitant dazdà mananhô « les biens de [Vohü\ Manô », elle enseigne à l’homme les biens que donne la [Bonne] Pensée.

Instruisant dans la [Bonne] Pensée autant il parfait en pensée, autant il parfait ce monde en actions

14 (34). Eu renseignant aux créatures^^ le mot Mazda fait de lui la lin des créatures^*.

Il fait régner Ahura (khshathrem ahurâi)*®, c’est-à-dire : «cette royauté est tienne, ô Mazda, etc... » [celui qui] secourt le pauvre :, c’est-àdire que [cette royauté] est amie du Spitàma^'.

41. tkaèslia, vic'iv, litt. arrêt, décision.

42. Début de la seconde phrase qui signifie qu’Ahura donne aux justes tes biens du Paradis.

43. àdrefijayelil • glose : dranjishn î frdrùn yamallùnêt « s’il dit bonne récitation », probablement « s’il récite de bonnes choses ».

44. JHnkart, t. §§ 15-16 : « Les récompenses de Vahûman deviennent la propriété de celui qui instruit dans le bien (cf. note 45), récite le bien (cf. note 43) et enseigne à l’homme de bien à éviter le péché ; car élever dans le bien, réciter le bien, et enseigner à l’homme de bien à éviter le péché, — choses qui résident en ce monde avec l’homme de bien et dans le ciel avec les Amshaspands, — tout cela marche surtout par Vahûman ; et pour cette raison, celui qui a les vertus (hùnar) de Vahûman a ses mérites et même mérite vaut même récompense. »

45. yalha pradliakhshtàrem mananlio ; man frâj dakhshakili pun Vahûman, aîgh mandûm i frârûn pun dakhshak barâ vakhdûnêl « celui dont caractère avec Vahûman, c’est-à-dire celui qui donne à quelque chose bon caractère ». — Accusatif absolu : « en tant qu’éducateur ».

46. Rappel de manaiihù sliyaotbeiianàm anhéusli.

47. Mazdài, dans la phrase « Aux actions faites dans le monde pour Mazda » ; c’est la première mention directe d’.Ahura Mazda dans la prière.

48. ilha tem yat ahmài dàmàn ; sous-entendu clnasli ; litt. « l’enseigne comme celui à qui les créations » ; le sens est donné par la glose : « ils reviennent purement en l’appartenance d’Auhrmazd ».

49. Commencement du troisième vers.

50. D'inkart, l. L, 17 : « Ceux qui agissent ainsi donnent la royauté à Auhrmazd : c’est ce qui parait du vers : tat Mazda tavâ khshathrem ». C’est le début du vers des Gàthas cité plus haut (p. 163) : « Cette royauté est tienne, 6 Mazda, qui améliore

le sort du pauvre honnête ».

51. De Zoroastre ; la charité qui constitue le bon roi est donc surtout celle qui s’exerce au profit du pauvre religieux : on se demande si le darvish de l’Avesta est déjà le derviche de l’époque postérieure. [En tout] cinq vérités®^ : parole promulguée tout entière, parole qui est toute d’Aliura Mazda

15 ( 38 ). Très bon, Ahura Mazda alpronoucé l’Ahuna Vairya ; très bon, il l’a accompli

Aussitôt que parut le .Mauvais, il dit non ! au démon, en ces paroles de négation :

« Non, ni nos pensées, nos enseignements, nos inlelligences ; ni nos vœux, nos paroles et nos actes ; ni nos religions, ni nos âmes ne sont d’accord. »

16 ( 44 ). Et cette parole dite par Mazda a trois mesures, quatre classes, cinq maîtres et a son accomplissement dans la libéralité

Quelles sont ces trois mesures^' ? — Bonne pensée, bonne parole, bonne action.

17 ( 46 ). Quelles sont ces quatre classes^® ? — Prêtre, guerrier, laboureur, artisan qui suivent jour et nuit®® un saint homme ®‘, droit de pensée,

52. paûca tkaésha ; ces cinq vérités sont : 1“ Ahura est le maître temporel (§ 12) ; 2“ il est le maître spirituel (§ 12) ; 3“ il est la source de tous les biens mondains (§ 13) ; 4“ il est l’objet des actions des créatures (§ 14) ; 5® il règne quand le roi protège le pauvre (§ 14).

53. L’Aliuna vairya est la parole d’Aliura même, par opposition au Yênhê liiitàm qui émane de Zoroastre (Y. XXI, 1) ; cf. § 20 et Y. XX, 3, note 10.

54. On peut hésiter entre les deux sens : « il l’a prononcé tout entier » ou bien « il l’a mis en action ». Le pehlvi (aîghasfi rôishâ barâ yahvûnt) et le récit du Bundahish (v. s. page 161) décident en faveur du premier sens.

55. aûtare-àmrùta... aya aùtare-ukti ; cf. antare-mrû, c’est-à-dire inter-dico, litt. « dire à intervalle, dire qu’il y ait intervalle entre » (Y. XLIX, 3 ; note 13) ; cf. vî-mni « dire qu’il y ait distance » (Y. XIII, 4, 14). — Les paroles d’Ahura sont la stance des Gàthas : Y. XLV, 2 ; voir là le commentaire.

56. « La libéralité d’un bon roi » (zakî shapîr khùtàî ràtîh ; Dhikart, XLIV).

57. afshman, patmdn.

58. pîshtra, pêshak (litt. « métier »).

59. àtliravan, ratkaeshtar, vâstryù-fskuyàs, liùitisli ; généralement l’Avesta ne cite que les trois premières classes, correspondant aux ti'ois classes nobles de l’Inde (Brahmana, Khshatrya, Vaiçya). De même les proclamations d’Ardashîr, le roi selon le cœur de l’Avesta, s’adressent (aux ministres), « aux docteurs qui sont les soutiens de la religion » ( — dastôbarân dîn burtàrdn ?), aux cavaliers qui défendent l’Etat (asdvira ; pluriel brisé d’asûvdi', aspôbâra ; synonyme de ratkaeshtar « qui se tient sur char »), aux laboureurs, qui lui donnent la fécondité » (Maçoudi, II, 162).

60. vîspaya irina, traduit yôm lailyd « jour et nuit » : on serait tenté d’écrire en un mot ’vîspayaîrina, de vîspa ayare.

61. Qui suivent un Ratu, un Dastûr.

droit de parole, droit d’action ; qui suivent la parole d’un Maître, instruit dans la religion, dont les actions accroissent la sainteté dans le monde 62 [648].
18 (50)). Quels sont ces maîtres ? — Ce sont le Nmânya, le Vîsya, le Zañtuma, le Dahyuma, et Zarathushtra 63 [649] est le cinquième. Cela dans tous les pays, sauf Raji la Zoroastrienne 64.

Dans Raji la Zoroastrienne, il n’y a que quatre maîtres.

Quels sont ces maîtres ? — Le Nmânya, le Vîsya, le Zañtuma, et Zarathushtra est le quatrième 64 [650].
19 (53), Comment (parut) la bonne pensée ? — Dans le Saint qui le premier eut la pensée [d’Ahura] 65 [651].

La bonne parole ? — Dans la Parole Sainte 66 [652] ?

La bonne action ? — Dans les premières créatures qui chantèrent l’Asha 67 [653].
20 (56). Mazda a prononcé cette parole ; pour qui l’a-t-il prononcée ? — Pour le saint terrestre et le saint céleste.
Pourquoi a-t-il prononcé cette formule ? — Pour que le bon ait le pouvoir 68 [654].

Pour combien de justes ? — Pour celui qui fait le bien et même pour celui qui ne peut ce qu’il veut 69 [655].
21. Nous sacrifions à la prière divine de l’Ahuna Vairya.

Nous sacrifions à l’Ahuna Vairya chanté, récité, entonné, offert en sacrifice 70 [656].

Yêñhê hâtâm.








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HÂ 20 — BAGHÂN YASHT 2




Commentaire sur l’Ashem vohû.


ashem vohû vahishtem astî, ushtâ astî ;
ushtâ ahmâi hyat ashâi vahishtâi ashem.


« La sainteté est le bien suprême, et c’est aussi le bonheur. Bonheur à celui qui est saint de la sainteté suprême 1 [657] ! »

Cette prière, étant la plus courte, est aussi la plus fréquemment récitée. Elle est à peu près pour un Parsi ce que le kalima est pour un Musulman. Elle est quelquefois désignée sous le nom d’Ashem vahishtem, d’après le premier et le troisième mot, et par là mise en rapport plus étroit avec l’Amshaspand Asha vahishta qui d’ailleurs personnifie le même principe. On trouvera une glorification enthousiaste de l’Ashem vohû dans le Yasht de cet Amshaspand (Yt. III, 14 sq.).



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a

1. Ahura Mazda a prononcé : Ashem vohû vahishtem astî, « la sainteté est le bien suprême ».

Vohû vahishtem « le bien suprême » ; c’est-à-dire : « à chacun son dû 2 [658]. Les mots vohû vahishtem astî « est le bien suprême » résument toute la justice 3 [659].
2. ushtâ astî ushtâ ahmâi « c’est le bonheur : bonheur à, celui, etc… », c’est-à-dire que le juste doit faire du bien à tout juste 4 [660] ; que tout juste doit se conduire en honnête homme envers tout juste 5 [661].
3. yat ashâi vahishtâi ashem « qui est saint de la sainteté suprême » résume toute l’Écriture pour qui est tout à l’Écriture 6 [662].

Il entend la Royauté exercée pour le Bien 7 [663] ; — il entend le bien à l’égard du juste qui fait appel 8 [664] ; — il entend le bien que vous faites, vous les Saoshyants 9 [665] ; trois vérités ; parole promulguée tout entière, parole qui est toute d’Ahura Mazda 10 [666].

4 11 [667]. Mazda a prononcé cette parole ; pour qui l’a-t-il prononcée ? — Pour le saint terrestre et le saint céleste.

Pourquoi a-t-il prononcé cette formule ? — Pour que le bon ait le pouvoir.

Pour combien de justes ? — Pour celui qui fait le bien et même pour celui qui ne peut ce qu’il veut.


5. Nous sacrifions à la prière divine— de l’Ashem vohû.

Nous sacrifions à l’Ashem vohû, chanté, récité, entonné, offert en sacrifice.

Yênhê hâtâm.



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a




HÂ 21 — BAGHÂN YASHT 3




Commentaire sur le Yênhê hâtâm.

Le Yênhê hâtâm est destiné à faire ressortir le mérite du culte rendu aux Amesha-Spentas.


Yênhê hâtâm âat yêsnê paitî vanhô
Mazdâo Ahurô vaêthâ ashât hacâ
yâohhàmcâ tàscâ tâoscâ yazamaidê 1 [668].

« Celui et ceux dont le culte, Ahura Mazda le sait, donne le bien aux êtres en retour de leur sainteté, à ceux-là — à eux et à elles — nous offrons le sacrifice. » Et plus librement :

« Ceux pour le culte desquels Ahura Mazda promet le bonheur aux fidèles, en récompense de leur sainteté, à ceux-là, dieux et déesses, nous offrons le sacrifice. »

C’est-à-dire que le culte d’Ahuraet des Amesha-Spentas amène la prospérité de ceux qui le pratiquent.

Cette prière est imitée de la première strophe de la Gâtha Vohukhshathra, Y. LI, 22 ; cf. XV, 2 :

Yêhyà moi ashât bacà vahîshtem yêsnê paitî
vaêdà Mazdào Aliurô yoi âoňharecà heñticâ
là yazâi hvâîsh nâménîsh paîrîcâ jasai vantâ.

« Celui et ceux dont le culte, Ahura Mazda le sait, nous donne le bien, en retour de notre sainteté. aux êtres, en retour de leur sainteté, à ces êtres, qui ont été et qui sont 2 [669], je sacrifie par leurs noms et leur apporte mon service. »

Elle peut s’adapter également au culte des Fravashis (Vp. XVI, 3 Sp. XIX, 7 ; Yt. XIII, 148). C’est la formule liturgique par excellence, comme résumant le sacrifice (Yêsnîm vacô), et elle se présente comme conclusion d’un grand nombre des Hâs du Yasna et de toutes les Gàlhas en particulier. A la différence de l’Ahuna Vairya et de l’Ashem vohû qui émanent d’Ahura (Y. XIX, 14 ; XX, 3), elle émane de Zoroastre (§ 1). Comme résumant le sacrifice, le Yêñhé hâtâm est désigné sous le nom de yasnô-kereti (Yt. LVII, 22).


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1. Parole du saint Zarathushtra qui résume le sacrifice 3 [670] : Yênhê hâtâm âat yêsnê paitî... « Celui dont le culte... etc. »
2. « Celui dont le culte... : » celui, c’est-à-dire Mazda ; par le culte de Mazda, on entend les lois d’Ahura 4 [671].
hâtâm yasnem « le culte des êtres… » ; on entend par là les biens de la vie que souhaitent les êtres 5 [672]

« Celles dont le culte » : c’est-à-dire les saintes, Ârmaiti en tête ; on entend par là la prière aux Amesha-Speñtas 6 [673].

[En tout] trois vérités. Toute cette formule se rapporte au sacrifice.

A quel sacrifice 7 [674] ? — Le sacrifice aux Amesha-Speñtas.
3 (4). Et Ahura Mazda dit :

« Le bien à quiconque fait du bien à âme qui vive !

« Que Mazda le tout-puissant lui donne [ses dons] 8 [675] ! »

4 (6). Quel retour annonçait-il en adressant cette parole 9 [676] ?}}

Il annonçait bienfaisance pour bienfaisance au juste présent, passé et futur.

Il répondait au bien parle bien ; il répondait parle bien au juste, très bon à l’égard du juste très bon.
5. Nous sacrifions à la prière divine du Yêñhê hâtâm, qui accompagne tout bon sacrifice. 10 [677].

Yêñhê hâtâm


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HÂ 22 — HÔMAST YASHT

Cf. Shâyast-lâ-Shâyast, 313, n. 8.



Le manuscrit liturgique porte en tête de ce Hâ le titre Hômâst Yasht bûn, où Hômâst (ou mieux Hôm-ast) représente sans doute une corruption, orthographique ou phonétique, de Hômyast « sacrifice de Hôm » ; cf. dans le Dînkart, IX, xii, 1, yasn écrit asn. En effet ce chapitre et les suivants jusqu’aux Gâthas, et l’on peut dire même jusqu’à la fin de la Gâtha Ahunavaiti, sont consacrés à la préparation du Haoma.

Ce Hâ correspond dans le sacrifice de Haoma au Hâ III : il contient l’appel au sacrifice des offrandes qui font partie du sacrifice de Haoma et des divinités qu’on y convie. L’énumération de ces divinités comprend deux parties ; la première est l’énumération normale des premiers Hâs (§§ 4-19 = Hâ III, 4-19) ; la seconde est l’énumération plus rare qui est reproduite dans l’Introït du Yasna (§§ 8-12 ; v. s. pages 3-4).

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« Déposer [sur un plat] du Hôm et de l’Urvaràm » 1 [678].

Le Zôt prend le zôr-tâê, le trempe dans le jivâm, et le passe sur l’Evanghin du Barsom, en disant, avec le Râspî :

1. Ashem vohû. La sainteté est le bien suprême… (3 fois).
Le baresman étant déposé 2 [679], avec la libation, pour le créateur Ahura Mazda, brillant et glorieux, et pour les Amesha-Spentas ;

j’appelle au sacrifice ce Haoma, pieusement préparé 3 [680].

J’appelle au sacrifice le [lait] vif de la vache, pieusement préparé 3.

J’appelle au sacrifice cette plante de Hadhanaêpata, pieusement préparée.
2 [5]. Des Bonnes Eaux, j’appelle au sacrifice ces libations, unies au Haoma, au [lait] de la vache, au Hadhanaêpata 4 [681] ;

Des Bonnes Eaux, j’appelle au sacrifice l’eau de Haoma 5 [682].

J’appelle au sacrifice le mortier d’argent ;

j’appelle au sacrifice le mortier de cuivre 6 [683].
3 (3). J’appelle au sacrifice cette plante-ci qui sert de baresman ; et l’Adoration des Maîtres 7 [684], prompte à accourir 8 [685] ; et l’Étude et la Pratique de la bonne Religion Mazdéenne ; et la Récitation des Gâthas, et l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir, [l’Adoration] du saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice ce bois et ces parfums, pour toi, ô Atar, fils d’Ahura Mazda.

Et j’appelle au sacrifice toutes les bonnes choses, créées par Mazda, issues du Bien ;

Le ZôL remet le zôr-làê sur le jîvâm.

4 (12). Pour réjouir Aliura Mazda, pour réjouir les Amesha-Spentas, et le pieux Sraoslia, et le Feu, fils d’Aliura Mazda, et le grand Maître de sainteté.

5 (13)“. J’appelle au sacrifice les Génies des veilles, saints, maîtres de sainteté. J’appelle au sacrifice Hàvani, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Sâvanhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice Mithra, maître des vastes campagnes, qui a mille oreilles, qui a dix mille yeux, divinité invoquée par son nom ; et Ràma Ilvâstra.

Le Zôt seul :

G. J’appelle au sacrifice Rapithwina, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Fràdat-fshu et Zantuma, saints, maîtres de sainteté. J’appelle au sacrifice Asha Vahishta et le Feu d’Ahura Mazda.

7. J’appelle au sacrifice Uzayêirina, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Fràdat-vira et Dahyuma, saints, maîtres de sainteté. J’appelle au sacrifice le grand, le souverain Apàm Napât et les eaux créées par

Mazda.

8. J’appelle au sacrifice Aiwisrùthrima Aibigaya, saint, maître de sainteté. J’appelle au sacrifice Fràdat-vîspàm- hujyàiti et le Zarathushtrôtema, saints,

maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice les Fravashis des justes, et les Femmes (divines) avec leurs troupes d’hommes ; et le Bonheur de l’année ; et la Force bien faite et de belle taille, Verethraghna, créé par Ahura, et l’Ascendant destructeur.

9. J’appelle au sacrifice Ushahina, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Berejya et Nmânya, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice le saint Sraosha, dévot, victorieux, qui accroît le monde ; et

Rashnu Razishta, et Arsbtàt, qui accroît le monde, qui fait grandir le monde.

JO. J’appelle au sacrifice les Mois, saints, maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice la Nouvelle Lune, sainte, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice la Pleine Lune et Vîsbaptatha, saints, maîtres de sainteté. 11. J’appelle au sacrifice les Fêtes de saison, saintes, maîtres de sainteté. J’appelle au sacrifice Maidhyôi-zaremaya, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Maidhyôi-shema, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Paitish-hahya, saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Ayâthrima, où la chaleur tombe et où a lieu la saillie des troupeaux ; saint, maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice Maidhyâirya, où le froid règne ; saint, maître de sainteté. J’appelle au sacrifice Hamaspathmaêdaya, saint, maître de sainteté.

9. Les §)5 5-19 zr Y. 111, 5-19. J’appelle au sacrifice les Années, saintes, maiires de sainteté.

12. J’appelle au sacrifice tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hàvani ; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra.

13. J’appelle au sacrifice Ahura et Mithra, grands, impérissables et saints ;

et les Etoiles, créations de l’Esprit Bienfaisant ;

Tishtrya, étoile brillante et glorieuse ;

la Lune, qui contient le germe du Taureau ;

le Soleil, aux chevaux rapides, œil d’-Miura Mazda ;

Mithra, maître des pays.

Ici l’invocation du jour et du mois ; on donne pour exemple le premier jour du premier mois :

[J’appelle au sacrifice Ahura Mazda, brillant et glorieux.

J’appelle au sacrifice les Fravashis des justes.]

14. Je t’appelle au sacrifice, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux.

J’appelle au sacrifice les Bonnes Eaux et toutes les eaux créées par Mazda, toutes

les plantes créées par Mazda.

15. J’appelle au sacrifice la Parole Divine, sainte, qui exprime le désir du Seigneur ;

la Loi donnée contre les Daêvas, la loi de Zarathushtra ;

la longue Tradition ;

la bonne Religion Mazdéenne.

16. J’appelle au sacrifice le mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité, et toutes les montagnes, sièges de sainte félicité, sièges de pleine félicité, créées par Mazda ;

la Gloire des Kavis, créée par Mazda ; la Gloire insaisissable, créée par Mazda ;

la bonne Fortune (Ashi), la bonne Sagesse (Cisti), la bonne Pensée (Erethé), le bon Penser (Rasàstâtj ;

la Gloire et le Bien-Être, créés par Mazda.

17. J’appelle au sacrifice la bonne Bénédiction du juste et le juste lui-même, saint ; et la Pensée de malédiction du sage. Divinité redoutable et puissante.

18. J’appelle au sacrifice ces lieux et ces contrées ; ces campagnes, ces demeures, ces étables ; ces eaux, ces terres, ces arbres, cette terre et ce ciel ; le vent saint, les étoiles, la lune, le soleil, la Lumière infinie créée d’elle-même ; toutes les créatures de l’Esprit Bienfaisant, saintes, maîtres de sainteté.

19. J’appelle au sacrifice le Grand Maître de sainteté ; les Maîtres des jours, des veilles, des mois, des fêtes de saison, des années, maîtres de sainteté ; le maître Hàvani.

Même rite qu’au commencement du Hû.

Le Zôt et le Râspî ensemble :

20 (14), Asbem vobû. La sainteté est le bien suprême... (3 fois). Le baresman étant déposé, avec la libatron, pour le créateur Ahura Mazda, brillant et glorieux, et pour les Amesha-Spentas ;

j’appelle au sacrifice ce Haoma, pieusement préparé.

J’appelle au sacrifice le [lait] vif de la vache, pieusement préparé.

J’appelle au sacrifice cette plante de Iladlianaêpata, pieusement préparée.

21 (ITL Des Bonnes Eaux, j’appelle au sacrifice ces libations, unies au Haoma, au [lait] de la vache, au Hadhanaêpata ;

des Bonnes Eaux, j’appelle au sacrifice l’eau de Haoma.

J’appelle au sacrifice le mortier d’argent ; j’appelle au sacrifice le mortier de cuivre.

22 ( 20 ). J’appelle au sacrifice cette plante-ci qui sert de baresman ; et l’Adoration des maîtres, prompte à accourir ; et l’Étude et la Pratique de la bonne Religion Mazdéenne ; et la Récitation des Gâthas, et l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir, [l’Adoi’ation] du saint^ maître de sainteté.

J’appelle au sacrifice ce bois et ces parfums, pour toi, ô Atar, fils d’Aluira Mazda.

Et j’appelle au sacrifice toutes les bonnes choses, créées par Mazda, issues du Bien ;

Le Zôt remet le zôr-tâê sur le jivâm.

23 (24) Pour réjouir Ahura Mazda, brillant et glorieux ; les AmeshaSpentas ;

Mithra“, maître des vastes campagnes, et Râma Hvâstra'® ;

24 (26). le Soleil immortel, brillant, aux chevaux rapides ;

Vayu, le triomphant, qui écrase toutes autres créatures ; — cette partie de toi, ô Yayu, qui appartient à l’Esprit du Bien*^ ;

la très droite Cista*'^, créée par Mazda, sainte ;

la bonne Religion mazdéenne’^ ;

2o (29). la Parole Divine'®, sainte, qui exprime le désir du Seigneur ;

10. Ici commence une nouvelle énumération, celle-là même qui sert d’introduction au Yasna (v. pp. 3-4). Elle comprend Ahura et les Amesha-Spentas ; quatre divinités de caractère naturaliste et plus spécialement solaire (Mithra et Râma Hvâstra ; le Soleil, Vayu) ; une série de divinités liturgiques et abstraites ; enfin le Feu, témoin de tout sacrifice, et les Fravashis.

‘11. Voir Y. I, note 17,

12. Jbid., note 19.

13. Voir l’Introduction au Yt. XV.

14. Voir Y. I, note 57 ; Cista est invoquée avec la Religion (Daêna), le jour Dîn (Sîrâza, 24).

15. Voir Y. 1, note 51 et Sirôza, 24.

16. Mâtlira Spentâ ; v. Y. I, note 47. Les divinités qui suivent sont invoquées en sa compagnie le jour qui lui est consacré, ou jour Maliraspand (Siroza, 29). la Loi ennemie des Daêvas 17, la loi de Zarathushtra ;

la longue Tradition 18 de la bonne Religion mazdéenne ;

la Propagande 19 de la Parole Divine ;

l’Intelligence qui retient la Religion mazdéenne 20 ;

la Connaissance de la Parole Divine 21 ;

l’Intelligence naturelle, créée par Mazda ; l’inlelligence acquise par Toreille, créée par Mazda 22 ;

26 (21). le Feu, fils d’Ahura Mazda,

toi, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux ;

le mont Ushi-darena, créé par Mazda, siège de sainte félicité ;

27 (31). toutes les divinités saintes du monde spirituel et de ce monde ;

les redoutables, victorieuses Fravashis des saints, les Fravashis des premiers fidèles, les Fravashis de mes proches parents : divinité invoquée par son nom 23.

17. Voir Y. I, note 49.

18. Ibid., note 50.

19. zarazdàtôisli màtlirahê speûtahê : raoàk daliislinilii Mdnsaraspand « l’action de faire circuler la Parole Divine » ; cf. Y’t. IX, 26.

20. uslii-darethrem daénayâo : ôshdâshtdrih Mdnsaraspand « l’action de tenir dans son intelligence la Parole sainte ».

21. vaêdhim ; Cf. Y’asna XIII, 3, et note 11.

22. Les connaissances de l’homme sont le fruit soit de l’intelligence naturelle, soit de l’étude : l’une est dite âsnù khratu « l’intelligence naturelle » ou peut-être mieux « l’intelligence bien née, bien faite » (âsna — *à-zana *â-zua ; cf. à-zâta « noble » ; àsna est traduit en sanscrit suçila « de bonne nature » ) ; l’autre est gaosliô srùla khratu « l’intelligence entendue par l’oreille ». — « Qui n’a point l’intelligence naturelle, dit le Grand Bundahish, ne peut rien apprendre de l’intelligence acquise ; qui a l’intelligence naturelle sans l’intelligence acquise, l’intelligence naturelle ne lui sert de rien ». « La connaissance, dit le Dlnkart (éd. Peshotan, ch. lxxx ; p. 409 dans West, Pahlavi Texts, II), naît de l’union de l’intelligence naturelle et de l’intelligence acquise ; la première est femelle, la seconde est mâle » (sans doute comme fécondant l’autre). — L’explication du nom des Mages, donnée par les Parsis à Chardin, conserve un souvenir étrange et confus de cette distinction : « magouch, c’est-à-dire homme sans oreilles, pour insinuer que leur Docteur avoit puisé toute sa science dans le ciel et qu’il ne l’avoit pas aprise par l’ouïe comme les autres hommes » (Voyages., III, 130, éd. d’Amsterdam).

23. Sous le nom à’Artdfarvart (Ashaonàm fravashayô).




HÂ 23 — SRÔSH DARÛN



Ce Hâ continue l’appel au sacrifice : mais il est consacré exclusivement à l’appel des Fravashis : c’est donc le développement de la dernière formule du Hâ précédent. Il manque dans le Vendidad Sadé et par suite ne fait point partie du sacrifice quotidien. Il fait partie du sacrifice aux morts, le Srôsh Darûn, et vient dans cet office après le Hâ III.

________


Le Zôt seul :


1. J’appelle au sacrifice les Fravashis qui ont été autrefois dans ces maisons, ces bourgs, ces districts, ces pays ; qui tiennent en ordre le ciel 1 [686], tiennent en ordre les eaux, tiennent en ordre la terre, tiennent en ordre les troupeaux, tiennent en ordre l’enfant dans le sein de sa mère et l’enveloppent de sorte qu’il ne meurt pas.

2 (3). J’appelle au sacrifice, j’appelle 2 [687] la Fravashi d’Ahura et celles des Amesha-Spentas, avec toutes les saintes Fravashis des Génies célestes.

J’appelle au sacrifice, j’appelle la Fravashi de Gayô-Maretan 3 [688], de Zara- thushtra, le Spilâma, de Kâvi Vîshtàspa'^, el d’lsatvàstra% lils deZaraÜiiisli Ira, avec toutes les saintes Fravashis des premiers fidèles.

3(ô), J’appelle au sacrifice toutes les saintes Fravashis qui sont en aucun lieu de cette terre, après la mort ; Fravashis de femmes vertueuses ou de jeunes filles en bas âge’, de fidèles actifs® ; qui ont demeuré dans cette maison et qui en sont sorlies" et qui attendent'" et méritent bon sacrifice et bonne prière.

4 (6j. J’appelle au sacrifice les redoutables, victorieuses Fravashis des saints ; les Fravashis des Premiers Fidèles ; les Fravashis des proches parents ; la Fravashi de mon âme à moi-même.

J’appelle au sacrifice tous les Maîtres de sainteté.

J’appelle au sacrifice toutes les Divinités célestes et terrestres qui donnent le bien, à ()ui il faut offrir le sacrifice et la prière avec une sainteté par faite.

Le Zot prend le plat qui contient la tige de Hôin et ù.' urvaydui et la coupe k jtvàm qui est près du Màhrù et les tient au-dessus du Barsom en disant “ :

Fravarânê. — Je me déclare adorateur de Mazda, sectateur de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, fidèle à la loi d’Aliura ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à llâvani, saint, maître de sainteté.

4. Le roi protecteur de Zoroastre et de sa religion.

5. Le fils aîné de Zoroastre, représentant de la race sacerdotale (Bd. XX.\.ll, 5).

6. kê asti, exemple unique de ka au sens relatif dans l’Avesta : il réunit le sens relatif et le sens interrogatif en vieux perse comme en persan [Etudes iraniennes, 1,178).

7. aperenàyûkê : ou est aperenàyùka jusqu’à sept ans, ftige où l’on entre par le nauzût dans la communauté religieuse.

8. vâstryàvarezi « faisant œuvre ».

9. Litt. « qui demeurent, qui sortent de cette maison » (izyêiftti, bard ozalunl hava-nd). Peut-être : « qui demeurent dans cette maison et y vont et viennent » (comme elles font aux jours du Hamaspathmaèdaya : Yt. XllI, 49).

10. paitishmarenti : ûmîtînit, mizd û pâtdahishn « espèrent (récompense et retour] » ; cf. Yt. V, Il ; XIII, 49-5-2.

11. Ms. PV : tashtak rnanash Hôm u Urvarâm dar uzay-ic zagasli jdm (lire ytuâm ?) dar ijàdâ yansagûnishn Ivatâ Apastâk Idlâ dârishn « prendre dans la main le plat où sont le Hôm et V Urvarâm et celui où est \e jioâm ( ?)et le tenir en haut avec Avesta » ^c’est-à-dire les tenir au-dessus du Barsom en récitant l’Avesta qui suit).

Le Zôt remet en place le plat et la coupe en disant :
Le désir du Seigneur... — que le Zaotar me le dise !
Râspi.
Le désir du Seigneur.. — que ce prêtre Zaotar me le dise !
Zôt.
C'est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame !
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a

HÂ 24

Ce Hâ correspond dans le sacrifice de Haoma au Hâ IV dans le Srôsh Darûn, Il consacre aux dieux les offrandes du sacrifice de Haoma (âvaêdhayâmahi ; cf. Hâ IV).

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Le Zôt tire le Hâvan de la cuve et le retourne sur la table qui est devant lui.

Zôt et Ràspî ensemble :
1. A Ahura Mazda nous consacrons les Haomas.
Le Zôt seul :
Ces Haomas, ces Myazdas, ces libations, ce baresman pieusement lié ; ce bœuf bienfaisant ; ce [lait] vif de la vache, pieusement préparé ; cette plante Hadhânaêpata, pieusement préparée ;
2 (5) des Bonnes Eaux, ces libations, unies au Haoma, au [lait] de la vache, au Hadhânaêpata, pieusement préparés ;

des Bonnes Eaux, l’eau de Haoma ;

le mortier d’argent, le mortier de cuivre ;
3 (8). cette plante du baresman, et l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir ; et l’Étude et la Pratique de la bonne Religion mazdéenne ;
et la Récitation des Gàthas, et l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir ; [l’Adoration] du Saint, maître de sainteté ;

ce bois et ces parfums, qui sont pour toi, ô Feu, fds d’Aliura Mazda ; et toutes les choses bonnes, créées par Mazda, issues du Bien ;

[toutes ces choses] nous les donnons et les consacrons.

Toutes ces choses nous les consacrons :
4 (12). à Ahura Mazda ; au pieux Sraosha ; aux Amesha-Spentas ; aux Fravaslîis des saints et aux âmes des saints ; au Feu d’.Ahura Mazda ; au Grand Maître et à toute la création du Bien ;

pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification.
5 (13). Xous les consacrons pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification cà la Fravashi du saint Zarathushtra, le Spitâma, qui des deux mondes aima le plus la sainteté ; ainsi qu’à toutes les Fravashis des saints, des saints qui sont morts, des saints qui sont en vie, et des héros encore à naître, des Saoshyants qui travailleront an renouveau du monde 1 [689].
6 (15). Ces Haomas, ces Myazdas, ces libations, ce baresman pieusement lié ; ce bœuf bienfaisant ; ce [lait] vif de la vache, pieusement préparé ; cette plante Hadhânaêpata, pieusement préparée ;
7 (18). des Bonnes Eaux, ces libations, unies au Haoma, au [lait] de la vache, au Hadhânaêpata, pieusement préparés ;

des Bonnes Eaux, l’eau de Haoma ;

le mortier d’argent, le mortier de cuivre ;
8 (21). cette plante du baresman, et l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir ; et l’Étude et la Pratique de la bonne Religion mazdéenne ;

et la Récitation des Gàthas, et l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir ; [l’Adoration] du Saint, maître de sainteté ;

ce bois et ces parfums, qui sont pour toi, ô Feu, fils d’Ahura Mazda ; et toutes les bonnes choses, créées par Mazda, issues du Bien ;

[toutes ces choses] nous les donnons et les consacrons.

Toutes ces choses, nous les consacrons ;
9 (25). Aux.Amesha-Spentas, les bons souverains, les bienfaisants, toujours vivants, toujours plus forts, qui habitent avec Vohu Manô, dieux et déesses. Cf. Yt. IV, n. 5.
10 (27). Nous les consacrons pour qu’elles multiplient dans cette maison,

et que grandissent dans cette maison troupeaux et hommes, nés et à naître, — dans cette maison d’où elles viennent.

H (28). Nous les consacrons aux bonnes Fravashis des justes, [qui sont] redoutables et victorieuses, au secours des justes.

12(29). Nous les consacrons au Créateur (dathushô) Aliura Mazda, brillant et glorieux.

« Ici (c’est-à-dire en prononçant le mot dathushô) on touche la tige datûsh (Voir pages 139-140) avec la coupe qui contient le llôm et l’Urvaràm et l’on remet cette coupe sur Vurvîs ; on fait passer le hnvan du côté gauche au côté droit et on le retourne*. »

13-27^ Nous les consacrons aux Génies des veilles, saints, maîtres de sainteté ;

à Hâvani, saint, maître de sainteté. . etc., etc.

28-32 Nous les consacrons

Zôt et Râspî ensemble :

à Ahura Mazda, brillant et glorieux, et aux Amesha-Spentas ^ ...

33^ Nous les consacrons aux Fravashis des saints, redoutables et victorieuses ; aux Fravashis des premiers fidèles ; aux Fravashis des parents les plus proches ; à la Fravashi de mon âme à moi-même ;

en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

33. Nous les consacrons à tous les maitres de sainteté, en sacrifice, prière, réjouissance et glorification.

Nous les consacrons à toutes les divinités bienfaisantes du monde spirituel et de ce monde, à qui il faut offrir le sacrifice et la prière avec une sainteté parfaite.

2. Ce nh'ang est propre au rituel irani et kadimi et inconnu au service usuel dp Flnde. Voici le texte : danâ jîvâk tashtak manash Hôm u Urvarâm andar pun dnlûsli lakiwâr anakhtûnishn, pun urvîs bara anakhtûnishn ; hâvan min kûstak î hôi ol ktislak dashan yâîtînishn, pun rûi frâj nikîni kunishn.

3. §§ 13-27 Yasna IV, 8-22.

4. §§ 28-32 = Yasna XXII, 23-27.

5. §§ 33-34, presque identiques à Yasna IV, 24-25.


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HÂ 25



Ici commencenL les opérations matérielles de la préparation de Haoma, le Zôt mettant dans le hâvan le Hôm, l’Urvarâm et l’eau Zôhr : tous les éléments du Parâhôm sont ainsi mis en présence.


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Zôt et Râspî ensemble :


1. Nous sacrifions aux Amesha-Spentas, les bons souverains, les bienfaisants.


Le Zôt retourne le hâvan sur la table et le redresse, trois fois de suite ; puis il passe la main à l’intérieur du hâvan pour l’essuyer, y met la tige de Hôm et dit avec le Râspî 1 [690] :


Nous offrons ce Haoma, pieusement préparé.


Il verse du jîvâm dans le hâvan et dit :


Nous offrons ce [lait] vif de la vache, pieusement préparé.


Il met l’urvarâm dans le hâvan et dit ;


Nous offrons cette plante de Hadhânaêpata, pieusement préparée. Il verse dans le hâmn de l’eau de la coupe à zôhr et dit ;

2 (5). Des Bonnes Eaux, nous otîroiis ces libations unies au Haoma, au [lait] delà vache, au Hadhânaêpata, pieusement préparés.

Des Bonnes Eaux, nous offrons l’eau de Haoma ^

Nous offrons le mortier d’argent ; nous offrons le mortier de cuivre.

3 (9). Nous offrons cette plante de Baresman ; et l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir ; l’Étude et la Pratique de la bonne Loi mazdéenne ; la Bécitation des Galbas ; l’Adoration des Maîtres, prompte à accourir ; (l’Adoration) du Saint, maître de sainteté :

nous offrons ce bois et cet encens, à toÉ ô Feu, tils d’Ahura Mazda ; nous offrons toutes les bonnes choses, créées par Mazda, issues du bien.

Ici le khashnûman voulu. On donne pour exemple celui du Mînô nâvar^.

4 (12) \ Nous sacrifions à AhuraMazda, brillant et glorieux ; aux AmeshaSpentas ;

à Mithra, maître des vastes campagnes, et à Ràma Hvàstra ; au Soleil immortel, brillant, aux chevaux rapides ;

5 (16). à Vayu le triomphant, qui écrase toutes autres créatures ; — à cette partie de toi, ô Vayu, qui appartient à l’Esprit du Bien ;

à la très droite Cista, créée par Mazda, sainte ; à la bonne Religion mazdéenne ;

6 (18), à la Parole Divine, sainte, qui exprime le désir du Seigneur ; à la Loi ennemie des Daêvas, la loi de Zarathushtra ;

à la longue Tradition de la bonne Religion mazdéenne ; à la Propagande de la Parole Divine ; à l’Intelligence qui retient la Religion mazdéenne ;

2. Annonce anticipée : l’eau de Haoma ne sera versée qu’à la fin dn Hâ suivant.

3. Pl^ : kuld khasnûman min zag î yahvîmît vicârtan at kkashnûmanî ahlavân patash yahoûnît gûftan ; « faire le khashnûman d’après le cas ; s’il s’agit du khashnûman des bienheureux, dire comme il suit ».

4. L’énumération des divinités est dans les §§ 4-8 celle du Y.XXll, 23-27 ; la partie du § 27 relative aux Fravashis manque ici : elle est développée dans le Hà qui suit. à la Connaissance de la Parole Divine ;

à l’intelligence naturelle, créée par Mazda ; à l’Intelligence acquise par l’oreille créée par Mazda ;

7 (19). Au Feu, fils d’Ahura Mazda ;

à toi, ô Feu, fils d’Ahura Mazda, avec tous les autres feux ;

au mont Ushidarena, créé par Mazda, siège de sainte félicité.

8 (23). A toutes les divinités saintes du monde spirituel et de ce monde.






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a




HÂ 26



Ce Hà est la continuation du précédent auquel le rattachent les meilleurs manuscrits (J2, K2, Pt4). Il est au Hâ précédent dans le même rapport que le Hâ XXIII au Hâ XXII : il est le développement de l’invocation aux Fravashis qui termine le Hâ XXII et qui devrait terminer le Hâ XXV (voir la dernière note de ce Hâ). Comme le Hâ XXIII, il manque dans le Vendidad Sadé.

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Zôt et Ràspi ensemble :


1. Les bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des justes,


Le Zôt seul :


Je les loue, je les appelle, je les fais miennes 1 [691].

Nous sacrifions aux Fravashis des Nmànyas, des Vîsyas, des Zantumas, des Dahyumas, des Zarathushtrôtemas 2 [692].

2 (3)3 [693]. Entre toutes ces Fravashis et avant toutes 4 [694], nous sacrifions à celle d’Aliura Mazda, le plus grand, le meilleur, le plus beau (des êtres) ; le plus ferme, le plus intelligent, le plus parfait de formes ; suprême en sainteté 5.

3 (7). Nous sacrifions aux bonnes, puissantes, bienfaisantes bravashis des justes ; celles des Amesha-Speñtas, les bons souverains, qui ont le bon œil 6 ; grands, empressés 7, vigoureux, souverains 8, impérissables et saints 9.

4 '10) 10. Nous sacrifions à la Raison, à la Religion, aux Sens, à l’Ame et à la Fravashi 11 des premiers fidèles, des premiers disciples 12, saints et saintes d’ici-bas, qui ont lutté pour le bien 13.

Nous sacrifions à l’âme du Taureau bienfaisant 14.

5 (14). Nous sacrifions à la Fravashi de ceux qui ont aimé le bien ; à celle du saint Gayô-Maretan 15.

Nous sacrifions à la Fravashi du saint Kavi Vîshiàspa ;

.Nous sacrifions à la Fravashi du saint Isatvâstra 16, fils de Zarathushtra :

6 (18). Nous sacrifions à la Raison, à la Religion, aux Sens, à l’Ame et à la Fravashi des fidèles, nos proches, saints et saintes d’ici-bas, qui ont lutté pour le bien ; avec toutes les Fravashis des saints qui sont morts, des saints


5. Dans le texte toutes ces épithètes sont au féminin et se rapportent à la Fravashi d’Ahura ; cl’. Yasna 1, 1.

6. L’œil qui fait le bien, par opposition au mauvais œil. vcrczi-dùîtliraiiàin:Mmak flôisr « dont le regard est désir » (ou « amour » ).

7. Empressés aux bonnes œuvres; voir Yasna XI 11, note 14.

8. âhùirya, qui a la nature d’un aluira, d’un souverain.

9. § 3 = Yt. XIII, 82.

10. ^ 4 = Yt. XTIl, 149.

11. Les cinq éléments de la personnalité humaine : alm, daèna, haodhù, urvan, fravashi ; voir le commentaire de ces termes au Yt. XIII, Introduction et 149.

12. Voir plus haut, p. 17, note 66.

13. Traduction con jecturale, yôi ashài vaonarc ; le peblvia inan shapîr fjnhrd aklav yakvûnt kavâ-nd « qui ont été des hommes de bien, des justes », ce qui est soit une glose, soit une fantaisie étymologique qui ferait vaonarez= : *vohu-nare : cf. Y. XX.XIX, note 4..le traduis « ont lutté » d’après le verbe usuel van « frapper >■ ; il semble qu’il y ait eu aussi un verbe van « aider » (cf. vanta, a)/yâr)li), ce qui pourrait donner « qui ont aidé le bien » (FAsba).

14. Le Taureau aêvùdàta, rapproché de Gayô-Maretan (§ suivant), , parce qu’il est le premier-né des animaux, comme Gayô-Maretan est le premier-né des hommes.

15. Cf. Y. XXIII, note 3.

16. Cf. Y. X.XllI, note 5. qui sont en vie, et des héros encore à naître, des Saoshyants qui feront le renouveau du monde

7 (21). Nous sacrilions aux âmes des morts d’ici-bas, aux Fravashis des saints.

Nous sacritions aux Fravashis de tous les proches parents qui sont morts dans cette maison, maîtres et disciples hommes et femmes, saints et saintes d’ici-bas.

8 (23), Nous sacrifions aux Fravashis de tous les maîtres saints ; nous sacrifions aux Fravashis de tous les saints disciples.

Nous sacrifions aux Fravashis de tous les sainf s : nous sacrifions aux Fravashis de toutes les saintes.

9(27). Nous sacrifions aux Fravashis de tous les enfants en bas âge, nés de parents vertueux saints.

Nous sacrifions aux Fravashis des saints de ce pays'-®.

Nous sacrifions aux Fravashis des saints hors de ce pays.

10 (30). Nous sacrifions aux Fravashis des saints ; nous sacrifions aux F ravaslîis des saintes.

Nous sacrifions à toutes les bonnes, puissantes, bienfaisantes Fravashis des saints depuis Gayô-Maretan jusqu’à Saoshyant le victorieux^'.

Zôi et Hiispî ensemble :

1 1 (34). Nous sacrifions à toutes les Fravashis des saints.

17. Cf. Y. XXIV, 5, texte et note.

18. aèllirapaiti et aètlirya. Le mot aèltirapaili, êrpat, qui à présent dési'’ne les rangs inférieurs du clergé parsi, désigne dans l’Avesta le maitre qui instruit (litt. : le maitre de l’aélLra ; le sens proj)re de aèllira est inconnu ; d’après le sens dn composé aèllira-paili on peut conventionnellement le traduire par enseignement ; le disciple est dit aèthr^a ou liàvisbta).

19. dalimù-kerelanàui, /.yo7«», c’est-à-dire vün sliapîri'in zoniliûnt [\\\. Xlll,

23, 02).

20. àdaliju ;,^\ Ij ^ [Mihr Nij(hjisk,\\\ Éludes iraniennes, II, 304).

21. Depuis le premier homme Jusqu’au dernier. Le Zôt prend dans sa main droite la soucoupe aux neuf trous 22 [nô surnkh tns/d), la remplit dans la cuve et la met sur la coupe à jîvâm 24.


Nous sacrifions aux âmes des morts, aux Fravasliis des saints.

Yêhhê hâtâm.


Le Hâspi met de IVs// ? fjôi sur le feu 25.


Le Ras pi

Le désir du Seigneur... — que ce prêtre Zaolar me le dise !

Le Zôt.

Est la règle du bien. Que l’homme de bien qui la connaît la proclame !

Le Zôt, en disant ces mots, frotte le pilon intérieurement contre la cuve‘^'.

22. En bouchant les trous avec la main. Cette soucoupe est le filtre : voir Y. XXVll, 7.

23. Qui contient de l’eau pure, « l’eau de Ilaoma » (Apem liaoiuyàm ; Y. XXll, 2, note 5).

24. L’édition imprimée a « sur la coupe placée près du Màhrù » ; mais le vieux Yasna gujerati de Dastùr Hôshang a plus explicitement /îadm ? ! ? vûl) uparl rnûki.

25. êsm htn annklilùnl ynkoyamûnît var î âtdsli yndrîmishn (Pt*).

26. Ou plutôt l’Âtarvakhsh : car le Raspi vient de revêtir cette qualité en mettant la bûche sur le feu.

27. .Avant de le retirer : voir le début du Ilà suivant.



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a





HÂ 27




Ce Hâ est consacré à la formation du Parâhôm : le Hôm et l’Urvarâm sont pilés (§§ 1-5), mêlés d’eau zôhr (§ 5), pressés et filtrés : le liquide qui coule est le Parâhôm.

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Le Zôt retire le pilon de la cuve 1 [695] et dit avec le Râspî :


1. Ceci est pour prendre, comme le plus grand de tous, pour Seigneur et pour Maître 2 [696], Ahura Mazda.


En disant « pour seigneur » (ahùmca), le Zôt touche la table avec la tète du pilon ; en disant « et pour maître » (ratùmca), il la touche avec le bout du pilon.

Il frappe le pilon contre le hâvan, du côté du Levant, et ils disent ; }}


pour frapper (snathâi) le damné Angra Mainyu ;


il frappe le pilon contre le hàvan, du côté du Midi, et ils disent :


pour frapper Aêshma 3 [697], à l’arme meurtrière ; il frappe le pilon contre le hàvan, du côté du Couchant, et ils disent :

pour frapper les démons du Mâzana^ ;

il frappe le pilon contre le hàvan, du côté du Nord, et ils disent :

pour frapper tous les démons et les damnés de Yareiia'^.

Tous deux en hâj :

[Brisé soit Ganâ Mainyô ! Malédiction mille fois sur Ahriman® !]

2 (3). Pour l’agrandissement (fradathâi) d’Aliura Mazda, brillant et glorieux ;

pour l’agrandissement des Ameslia-Spentas ;

pour l’agrandissement de Tishlrya, étoile brillante et glorieuse ;

pour l’agrandissement du Juste ;

pour l’agrandissement de toutes les créatures saintes (dàmanâm ashaonâm) de l’Esprit du Bien.

« A chaque fVadatliàî lever le pilon de quatre doigts, de telle sorte qu’au cinquième fradathài le Zôt ait la main à la hauteur de l’oreille ; aux mots dàiuanàm ashaonâm, mettre le pilon à l’entrée du hàvan®. »

3. Yathâahû vairyô.Le désir du Seigneur est la règle du bien.

Les biens de Vohu Manô aux œuvres faites en ce monde pour Mazda !

11 fait régner Ahura, celui qui secourt le pauvre [4 fois).

« Au premier Yalhà ahù vairyù, tourner le pilon dans la bouche du hàvan', dans le sens du mouvement du soleil* : frapper un coup® au mot shyaothenanàm, un coup au mot aiihéush, un coup au mot Mazdài*®.

4. Voir Yt. V, 22, texte et note.

5. Shlkasta Ganâ-Mninyô har Akérman lennut sad-kazàr-hàr.

G. Indication mal placée dans le ms. PU qui la reporte à la lin du chapitre : pun kuld fradatliài apar hàvan 4 anfiùshl harâ afràzishn îlîtn aîgh pini panj fradathài gôs/i hâldi xjadà apar ijakhsanûnêl ; pan dàinanàin nsUnonùm aparhdvan ol hahd î hàvan anakhlîinishn.

7. C’est-à-dire lui faire faire le tour du hàvan, sur le bord intérieur. — Voir le texte du A'allià aliii vairyù, page 161 .

8. PL‘ : aparhàvan pun yaiàhûvalryôk farlîun apar liàvau pun bahà î hàvan cigûn khorshél gardêt harà garlhiiahn (supprimer une fois le mot apar hàvan).

9. Pour broyer le Hôm et VUrvaràni.

10. Pun yalàhûvairyûk farlîun pun shyaothcnanàin évàk /n/r, pun anhéush Hak hdr^ pun Maz«lài êvak-hàr kôftan . « Au second Yatlià aliù vairyù, frapper deux coups à chacun des mois cités.

« Au troisième, frapper trois cou[)s" ; au mot khsliallircuicà, lever le pilon à la hauteur de l’oreille.

« .Au quatrième Yatlià aliù vairyù, broyer le Hnm et V (frvnymn^^- d’une façon continue. »

4 Mazda at moi. « 0 Ma/da, dis-moi les paroles et les œuvres excellentes afin que par la Bonne Pensée et la Sainteté [du Fidèle] qui vous paie sa dette de louange, vous puissiez, ô Ahura, en votre puissance, faire paraître à votre gré le monde de la résurrection » ( / fois).

I.e Zôt broie le Hôm et Vürvarnm et sonne '®.

•a. Â Airyémâishyô'A « Qu’Airyaman qui comble les vœux vienne ici pour la joie des hommes et des femmes de Zaralhushtra ! Pour la joie de Yoliu Manô ! Avec la récompense désirée que la Religion mérite !

11. Pun datigar ijalâhûvah'ijôk ham Uùnpiin dand vnjak kulà éoak dô hàr.

Pan salîgar yatâ/nivan’ijâk hnm pun dand vdjilid kulà evak 3 bdv.

Suit une indication moins claire : Uûn man farlîun gahvùnél 3 bdr, pun daligar 6 bdr, pun salîgar 0 bdr kôflak yahvùnrt, ce qui semble signifier : « s’il a frappé trois fois au premier, il frappe six fois au second, neuf fois au troisième », ou mieux, en lisant U au lieu de Uûn (il n’y a qu’un trait à laisser tomber) : « il y en a qui frappent trois fois au premier, six au second, trois au troisième ».

12. Pun klisliallirciiicà salîgar apar hdvan gôshbdldl bard afrdzishn.

Pun yaldhûmîrgôk clbdrûm Hôm û Urvarâm hamdî kôpishn.

Dans la liturgie hindoue « aux trois premiers Abunvars, le Zôt broie le Hôm ; au quatrième il sonne du hdvan ». « Il sonne du hdvan » signifie qu’au lieu de frapper le fond du bâvan, il frappe les côtés, ce qui produit un long son métallique. (De là vient que les traductions indigènes rendent parfois liàvana par « sonnette ».)

13. Strophe finale de la Gàtba Abunavaiti (AA XXXIV, 15).

14. « Les paroles et les actes conformes à l’idéal des Gàthas [gdsdnîk) ». Cette citation est comme une introduction et une invitation à la récitation de la Gàtba Abunavaiti qu’elle termine et qu’elle résume.

15. Le Mazda at mùî est déjà cité dans le A’endidad comme un des Cathrusliàmrùta (X, 12).

16. Hôm U Urvarâm kôftan hdvan shikàflan. L’opération est répétée quatre fois comme la strophe. D’après la liturgie hindoue, le Zôt broie le Hôm aux trois premières fois et sonne à la quatrième. — D'après le iJddisldn (XLVHl, 31), cette sonnerie qui accompagne le pressurage de Haoma et la récitation des paroles sacrées annonce symboliquement l’arrivée sur la terre des trois prophètes de l’avenir (Osbétar, Oshétarmâh, Sôshyans).

17. Y’asna LIV ; prière très efficace, qui termine les Gàthas, dont elle représente ici la récitation complète. — Voir l'Introduction au A'asna LIV. Je demande pour la sainlelé la faveur convoitée qu’Ahura Mazda accorde grandement. ( / /ois)'’^.

Le, Zôt broie le Hôm et l’IIrvarâiii et sonne du liàvan

Ashem vohû. La sainteté est le bien suprême et c’est aussi le bonheur. Bonheur à celui qui est saint de la sainteté suprême (S fois).

« A chaque Aslicm vohù, le Zùl verse un peu de zâhr^'‘ dans le hdvan au mot voliù*'. Puis il fait tourner trois fois le pilon dans le hdvan dans le sens du soleil, en récitant » ” :

b. Voici les llaomas filtrés ô Mazda, Khshathra, Asha, ô Maîtres ! Que le bon Sraosha, qui suit le grand directeur de l’Asha-^, vienne ici avec toi !

7. Nous enseignons la docile observance-® de l’AhunaVairya pieusement

18. Cité déjà comme un des CîtthnisliAinn'ila dans le Vd. 12.

19. Même texte que note 10 ; même liturgie hindoue.

20. zôhr, zaollir.i, la libation consacrée.

"21. As/ipni ]'ulrîih 3 gu flan. Pan. halâ êvahê zôhr andahc pan Voliù dar hdvan hunijshn. — L’opération, trois fois répétée, symbolise, d’après le Dddistdn, .XLVlll, 32, les trois actes du drame atmospbéi ique : l'action de Tisbtrya, saisissant les eaux pour faire les nuées ; la formation de la pluie ; les effets bienfaisants qu’elle produit.

22. aparhüvan cigîm khorshêl gardé ! dar hdvan 3 bdr garlinishn.

23. C’est-à-dire « devenus Parûhôm ». — pairisli-harcshyaùlè : dans le passage correspondant du Vispéred XII (XIV), 1, Iiaomanàm harcsliyaiiianàiu est traduit « le Hôm Paràbôm ». On pourrait traduire aussi, si liaresb est une forme de futur, « les Haomas prêts à être filtrés » ; harcz, proprement « verser », d’où « filtrer » (cf. Iiaoiiuj-aiîliai-czàiia « filtre de llaoma ») : c’est le filtrage qui transforme le Hôm en Paràliôm : il a lion à la strophe suivante.

24. yô aslialiê iiiâzàraya lia<‘altc est pris de Yasna XLHI, 12, où il est traduit : Srush ahll VishUïsp manash zak î mas rat Ivald daslôbarih î Zartûsht « le pieux Srôsli, c’est-à-dire Gushtàsp, qui va avec le grand chef spirituel, c’est-à-dire avec la direction de Zoroastre ». Sraosha personnifie donc ici le fidèle qui suit docilement la direction du Ratu, du Dastùr. — Cf. le commentaire du passage original.

25. liéca idlia yô llmà (Geldner yôltlmà) astu ; la lecture yô tlmà (.P, S', K") est appuyée par le pehlvi zakic lelamâ lak : nivakîh lelamâ min Ink.

26. liuuiaya iipaiihào cislimaidê ; upanbào est ohscur : je le traduis d’après le pehlvi pdnakih ; mais il semble que pànakîh ne soit qu’une traduction étymologique, upanbào étant ramené à pà, ce qui ne pourrait se justifier qu’avec une lecture buiua>a-paiibùo (cf. bava-panbàisb, Y. V, 3), ou eu corrigeant eu bu-panhào. Le pas- récité ; du Hâvana pieusement mis en action-^, et des Paroles bien dites*®.

« Le Zôt prend du Hôm et de t’Urvarâm sur le bout du pilon et en verse- une goutte dans le vase à jîvâm [jiv-dân) »

Et plus docilement encore soient-ils observés de nous ! (athâ zî né humayôtara arihen).

Le Zôt tient entre le pouce et l’inde.v de la main droite 1e pilon avec la tige de Hôm et la tige d’Urvarâm et, en prononçant le mot athà, touche le Barsom ; au mot zi né le vase àjîvârn, au mot humayô la coupe à Hôm placée devant le Mâhrù, au mot tara la table ; au mot aniien, il remet dans le hâvan le pilon, le Hôm et l’Urvarâm

Yathâ ahû vairyô (-4 fois).

« Au premier /l/mnuar, au mot s'iyaothnanàm verser lezô/irdans te filtre ; au mot klishathremcâ, presser ; presser de même au second, au troisième et au quatrième Ahunvar »

8. « O très bienfaisant Ahura Mazda, et Ârmaiti ; et toi, Asha, qui fais croître le monde ; et vous, Vohu Manô et Khshathra ! Écoutez-moi, pardonnez-moi, et donnez-moi partout l’empire (âdâi kahyâcit paitî)

« Répéter cette stance trois fois ; à chaque fois, au mot paitî, presser » [le Hôm et l’Urvaràm].

sage parallèle du Vispéred traduit nivakîh « bonté, bien » ; Frâmji traduit nîkUi des deux côtés.

27. frashulayâo ; indique le mouvement de va-et-vient du pilon dans le mortier.

28. Les formules de l’Avesta : voir Y. XVI, note 2.

29. Bôm U urvarâm pun apar hâvanyansagûntan, srishkê dar jiv-ddn ramîtûnishn.

30. Le ms. Pt* a seulement : apar hâvan Ivatâ Hôm u urvarâm pun sar i Barsom anakhlûntan pun var î zôhrak dar hôi, « mettre le pilon avec le Hôm et l’Urvarâm au-dessus du Barsom ; avec la coupe à Zôhr dans la main gauche ( ?) ».

31. Pun zagî fartûmpun shyaothnanàm zôrdar Hôm pâlak kunishn ; pun khshathremcâ barâ afshârisfm ; pun zag î datîgar usatigar u ciliârûm ham îtûn barâ afshârishn. La kh-yâ imprimée porte : « Pendant les Ahunvar, \q Zôt pile le Hôm et TUrvaràm, il sonne au quatrième. Après quoi il verse quelques gouttes de Hôm du hâvan dans le filtre, presse le Hôm entre les doigts et dit ; ... »

32. Cette strophe et les trois suivantes forment la fin de Yasna XXXlll, où ces opérations sont indiquées à nouveau. Voir là le commentaire et les autres indications rituelles. 9. « Délivrez-moi, ô Ahura ! O Ârmaiti, donnez-moi la force ! O très bienfaisant Esprit, Mazda, puissé-je vertueusement saisir par Asha la force triomphante et par Yohu Manô la Maîtrise !

10. « Donnez-moi que je puisse, par la force qui est vôtre, faire à plaisir la joie [des hommes] ; par les dons de Khshathra, ô Ahura, et par la dévotion de Vohu Manô ; et toi, ô Spenta-Armaiti, forme nos caractères par Asha !

11. « Et Zarathushtra, lui, fait don de son âme. II donne à Mazda la conduite de sa pensée dans le bien ; à Asha, celle de ses actions, et à Khshathra et Sraosha celle de sa parole. »

Ashem vohù [3 fois).

En récitant ces trois Ashem vohû, le Zôt lève la coupe à zô/ir au-dessus du filtre placé sur le hâvan, y verse trois gouttes et dit :

Fravarânê. Je me déclare adorateur de Mazda, disciple de Zarathushtra, ennemi des Daêvas, sectateur de la loi d’Ahura ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Hâvani, saint, maître de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification à Sâvahhi et Vîsya, saints, maîtres de sainteté ;

offrant sacrifice, prière, réjouissance et glorification aux Génies des veilles, des jours, des mois, des fêtes de saison et des années.

Le Zôt remet la coupe à Zôhr au pied du Mâhrû et pose le filtre par-dessus.

33. 3 gùftan pun A'u/âpaiti bara afskdrishn.

33. Dans le rituel irani « le Zôt tient la coupe à Zôhr au-dessus du Barsom datûsh (voir pages 139-140), puis la dépose sur la pierre urvîs » : \tashtak rnanash zôhrak andar pun rôishâ î Barsôm datûsh yakhsanûnishn, pun urvis barâ anakhtûnishn).




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a

GÂTHA AHUNAVAITI



La Gâtha Ahunavaiti, ainsi nommée de l’Ahuna vairya, qui l’ouvre, contient sept lias, composés sur le rythme 3 (7 9) ; c’est-à-dire que la strophe est formée de trois vers, et que chaque vers compte seize syllabes divisées par la césure en deux hémistiches de sept et de neuf syllabes 1 [698].

La première strophe de la Gâtha Ahunavaiti est répétée deux fois à la fin de chacun des sept Hâs qui composent la Gâtha. Ce refrain est suivi de l’Ahuna vairya répété quatre fois, de l’Ashem vohû répété trois fois, de l’invocation du Hâ, désigné par ses premiers mots, enfin d’un Yêńhê hâtâm.

Les trois premiers Hâs, composés chacun de onze strophes, forment un groupe liturgique indépendant, qui est invoqué dans le Vispéred sous le titre de Tishrô paoirya, c’est-à-dire « les trois premières (Gâthas) 2 [699]. »

Le mysticisme des commentateurs a établi entre les Gâthas et les objets de la religion ou du monde des rapports que le texte ne justifie pas toujours. Ainsi les sept Hâs de la Gâtha Ahunavaiti se rapportent, selon le Cîm î Gâsân (§ 14), aux sept Amshaspands et aux objets terrestres qu’ils représentent :

Ahya yâsà (Y. XXVIII) à Auhrmazd et à l’homme de bien ;

Khshmaîhyâ (Y. XXIX) à Vahûman et au troupeau ;

At tâvakhshyâ (Y. XXX) à Ardibahisht et au feu ;

Tà vé urvàtâ (Y. XXXI) à Shahrêvar et aux métaux ;

Hvaêtumaiti (Y. XXXII) à Spendârmat et à la terre ;

Yathàish (Y. XXXIII) à Khordâd et à l’eau ;

Yâ-shyaothanâ (Y. XXXIV) à Amurdâd et aux plantes.

Le second Hà est le seul qui se prête bien à ce rapprochement ; pour les autres, on a profité de quelque rencontre de détail pour établir la symétrie.

Les trois premiers Hâs, les tishrô paoirya, sont le symbole des trois éléments matériels du corps, — eau, vent et feu ; — les onze strophes qui les composent sont le symbole des onze éléments spirituels. Leur récitation rend présents au moment les trois prophètes de l’avenir Oshêtar, Oshêtarmâh et Sôshyans.


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Yathâ ahû vairyô 1 [700] : Le désir du Seigneur est la règle du bien.

Les biens de Vohu Manô aux œuvres faites en ce monde pour Mazda !

Il fait régner Ahura, celui qui secourt le pauvre (4 fois).


Ashem vohû 2 [701] : La sainteté est le bien suprême, et c’est aussi le bonheur. Le bonheur à celui qui est saint de la sainteté suprême (3 fois).


Nous offrons le sacrifice à l’Ahuna vairya.

Nous offrons le sacrifice à l’Ashem très bon 3 [702], très beau, immortel, bienfaisant.


Yêńhê hâtãm 4 [703] ; Celui et ceux dont le culte, Ahura Mazda le sait, donne le bien aux êtres, en retour de leur sainteté, à ceux là — à eux et à elles — nous offrons le sacrifice.

Le Zôt et le Ràspl ensemble 5 [704] :

Bénie 6 [705] est la pensée, bénie la parole, bénie l’action du saint Zarathushtra. Les Amesha-Speñtas ont révélé les Gâthas 7 [706].

Prière aux saintes Gâthas !






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HÂ 28. — GÂTHA AHUNAVAITI 1



Ce Hâ pourrait être défini « le programme de l’apôtre ».


1-3. L’apôtre demande à Dieu la piété et l’intelligence, afin d’accomplir dans sa pureté la loi d’Ahura et d’obtenir en retour la félicité dans les deux mondes (§ 2). Il se donne à Ahura et aux Amshaspands et invoque leur assistance (§ 3).

4-5. Car il veut enseigner aux hommes à chercher le bien. Quand verrat-il la loi divine reconnue de tous ? Quand aura-t-il convaincu et converti les brutes ?

6-8. La vérité révélée assurera le triomphe du prince qui l’adoptera (§ 6). Que Dieu fasse réussir le roi Vîshtâspa et les autres partisans de Zarathushtra ! Qu’il nous donne des princes qui feront de sa loi la religion de l’État (§ 7) ! Puisse l’apôtre gagner à la foi nouvelle Frashaoshtra, qui y gagnera la vie éternelle (§ 8) !

9-10. Pour rien au monde le fidèle ne voudra blesser Asha et Vohu Manô. Ahura aime une royauté qui veut le bien : il comblera les vœux de ceux qui connaissent les deux Amshaspands.

11. Le poète termine en demandant qu’Ahura lui enseigne les lois éternelles.


Le Cîm î Gâsân fait de ce Hâ le Hâ d’Auhrmazd et de l’homme de bien, ce qui pourrait se dire aussi bien de tous les autres. S’il faut absolument le rattacher à un des Amshaspands, on devrait en faire 1e Hâ d’Asha et de Vohu Manô (la Sainteté et la Bonne Pensée) qui reparaissent à chaque strophe et font comme le motif de tout le Hâ.

Consulter Dînkart, IX, 5 [Sûtkar], 28 [Varshtmânsar), 50 (Bak).

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Le Zôt prend le tâè, en asperge le Barsom et dit avec le Râspî :

1. Ahyâ yâsâ. — Dans ma prière, les mains tendues, je demande celle joie : [d’accomplir] toutes les œuvres de sainteté, [qui font] la loi primitive de Mazda, l’Esprit du Bien 1 [707] ; et de [recevoir] l’intelligence de Vohu Manô, pour que je sache satisfaire Géush Urvan 2 [708] (2 fois) ;


Le Zôt seul :


2. Moi qui viens à vous, ô Mazda, avec Vohu Manô 3 [709], afin que vous me donniez dans les deux mondes, celui des corps et celui de l’esprit 4 [710], les biens que l’on obtient par Asha 5 [711], et avec lesquels vous faites le bonheur de ceux qui vous réjouissent 6 [712] ;

3. moi qui me donne à vous 7 [713], ô Asha 8 [714], et à celui qui est le Premier [de tous] 9 [715], Vohu Manô, et à Ahura Mazda, auxquels appartient l’indéfectible

Khshatra 10 [716], et à l’accroissante Ârmaiti 11 [717] : venez à mon appel, pour ma joie !


4. moi qui donne le Paradis à l’âme, avec l’aide de Vohu Manô 12 [718] et leur récompense [divine] aux œuvres 13 [719] [faites] en connaissance de Mazda Ahura 14 [720], autant je le désire et le puis, je veux apprendre aux hommes à chercher l’Asha 15 [721].


5. Quand te verrai-je connu 16 [722], ô Asha, et toi, Vohu Manô ? [Quand verrai-je] le trône d’Ahura 17 [723] ? [Quand verrai-je] obéissance au très Bienfaisant Mazda 18 [724] ? Quand notre langue donnera-t-elle aux brutes 19 [725] la foi 20 [726] en cette Parole, la plus grande de toutes ?
6. Viens avec Vohu Manô, ô Asha : donne-nous les dons qui durent éternellement 21 [727] !

Les paroles de vérité révélées à Zarathushtra, ô Mazda, et aux miens 22 [728], ô Ahura, feront la joie de la puissance 23 [729] qui anéantirait la malice de nos ennemis 24 [730].
7. Donne-moi, ô Asha, cette récompense, cette faveur 25 [731], qui suit Vohu Manô 26 [732]. Donne-leur désir 27 [733], ô Ârmaiti, à Vîshtâspa et aux miens. Donne-nous des princes 28 [734], ô Mazda, qui chantent et organisent votre parole 29 [735].
8. La [loi] excellente, qui est la chose excellente entre toutes, qui est en amitié avec Asha Vahishta 30 [736], je supplie Ahura que je puisse gagner à elle le héros Frashaoshtra et mes disciples 31 [737] ; à qui tu donneras à toute éternité [les biens] de Vohu Manô 32 [738] !

9. Nous ne voudrions pas ne pas vous suivre ô Ahura Mazda, ni pour aucun bien du monde blesser Asha et l’Excellent [Vohu] Manô, nous qui voulons aller vous donner des chantres

Vous aimez une royauté désireuse de faire le bien.

10. Ceux qui connaissent l’Asha et ce que fait Vohu Manô^®, ô Mazda Ahura, remplis bien leur vœu dans sa plénitude. Les hymnes, à vous chantés sans relâche, procurent aliments et vêtements^*.

11. Toi dont le regard protecteur veille*® à toute éternité sur Asha et sur Vohu Manô, ô Mazda Ahura, parle-moi, enseigne-moi de ta bouche céleste^® les lois du monde primitif’^'.

33. anâish nôit vào ; an-aîtûnisfmîh râi (P.), anâgantâ yushmàsu (N.). Anâisli est donc traduit comme composé : an-âisli, âîsh étant une formation invariable de i, « aller » (peut-être une formation de parfait, comme vîdush, n. 14 ; vâunush, n. 31) ; cf. Yasna XXXII, 15_ a, n. 60. Glose : « c’est-à-dire que je n’agis pas contrairement à l’ordre du Dastûr » (N.).

34. Glose : rjânci ê là bôyahûnam î Ashvahisht dushkhvâr madammûnêt « je ne désire pas même un bien qui ferait peine à Ashvahisht ».

35. yôi vé yôithemà dasemê stùtàm ; traduction conjecturale : yôithemâ est traduit comme venant de yat « aller » ; dasemê, formation nominale de das « donner » (P. ya/ibûnêt) ; cf. sscr. dàç. — La glose pehlvie voit dans ces chantres promis par Zoroastre ses trois fils de la fin des temps : « c’est-à-dire que je ferai venir (aîtînûnît) en conversation avec Oshêtar, Oshêtarmâh et Sôshyans ». — Le rapport avec dasemê yôi vé yaêthmà (Y. XI, 9) semble accidentel, dasemê étant là le nombre ordinal ; voir l. l., note 26.

36. « Ceux qui connaissent parfaitement la droiture et la vertu » (P.). — vôistâ n’est point une seconde personne de parfait de vid, c’est un nom d’agent (sscr. vet-tà) ; yeng est le relatif indéclinable.

37. erethwéng : frârûn, P., ekahelayâ « d’un coup » N. ; adjectif adverbial. — perenâ apanâish, pûr anbârit « faites pleine provision » ; de apa-nî.

38. asùnâ… sravâo, a-sûtak… srdyishn. Glose : « celui qui ne se lasse pas du sacrifice à vous, vous lui faites obtenir aliments et vêtements » (P.). Ce passage est la source de Y. LV, 2 [LIV, 6] : « les Gâthas sont pour notre âme et un aliment et un vêtement » ; pour asûnà, cf. Y. XIX, note 19.

39. yé âîslï nipâoiihê ; âish, pun nikîrishn, « en regardant (â 4— ish ; ish — sscr. îksli ; cf. XXXI, 2, |n. 5 ; XXXIII, 1 ; XLVII, n. 20) ». Glose ; « c’est-à-dire que [tu protèges] la droiture et la vertu ». Le Commentaire a en réalité « je protège » et entend : « Si mon regard protecteur veille…, c’est-à-dire « si je protège la droiture » ; mais nipâonhê est certainement une seconde personne ; cf. Yt. X, 78.

40. éeâonhà : pun puma ; le rythme prouve que malgré cette.accumulation de voyelles le mot ne forme que deux syllabes : éeâonhà — sscr. âsâ, lat. ore. — manyéush « de ta nature spirituelle ».

41. « Les choses selon lesquelles le monde premier fut », c’est-à-dire la loi dans sa pureté première, ce que l’on appelle la religion des Gâthas, ddii gdsdnîgîh.
Zôt et Râspi ensemble :


12. Dans ma prière, les mains étendues, je demande cette joie : [d’accomplir] saintement toutes les œuvres [ordonnées] au début par Mazda, l’Esprit du Bien ; et [de recevoir] l’intelligence de Vohu Manô, pour que je sache satisfaire Géush Urvan {2 fois).

Yathâ ahù vairyô (4 fois).

Ashem vohù {3 fois).

Nous sacrifions au Hâ Ahyâ yâsâ.

Yênhê hàtâm.

Le Zôt remet en place le Zôr-tâe.





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a

HÂ 29. — GATHA AHUNAVAITI 2



Le Mazdéisme a proclamé les devoirs de l’homme envers l’animal, en particulier envers le bœuf, qui l’assiste dans son travail, qui le nourrit de sa chair et l’habille de sa peau. L’avènement du Zoroastrisme est représenté comme l’avènement de la justice pour les animaux 1 [739], une sorte de 89 de l’espèce bovine.


« Lorsque mourut le Taureau (c’est-à-dire le Taureau unique, Gaush aêvôdâta, créé par Auhrmazd, et d’où devaient sortir toutes les espèces animales ; cf. p. 9, note 11),… au moment où l’âme du Taureau sortait du corps, Gôshûrûn « l’Ame du Taureau », se tint devant lui et poussa vers Auhrmazd une plainte aussi retentissante que si mille hommes criaient à la fois : A qui as-tu laissé le gouvernement des créatures, maintenant que la destruction est lâchée dans le monde, que les plantes sont desséchées, les eaux empoisonnées ? Où est l’homme dont tu disais : Je le créerai pour qu’il prêche la sollicitude [pour les êtres] ?

« Auhrmazd répondit : Tu es malade, Gôshûrùn, de la maladie d’Ahriman et de la méchanceté que les démons ont déployée sur toi. Si j’avais pu créer cet homme en ce moment, Ahriman ne se serait pas livré à cette violence,

« Gôshûrùn s’avança jusqu’à la sphère des étoiles et répéta sa plainte ; jusqu’à la sphère de la lune et répéta sa plainte ; jusqu’à la sphère du soleil et répéta sa plainte. Alors on lui montra le Frôhar de Zoroaslre, et Auhrmazd dit : Je le créerai dans le monde pour prêcher la sollicitude [pour les êtres]. Gôshûrûn, satisfaite, accepta alors de nourrir les êtres et consentit à une nouvelle création des animaux dans le monde » (Bd. IV).

Ce passage du Bundahish est le meilleur commentaire du Hâ qui nous occupe, quoique le cadre mythologique soit plus accusé et plus développé dans le Bundahish que dans la Gâtha. L’analyse du Yarshtmâmar Nash dans le Dînkart définit ce Ilâ plus sobrement, comme étant « la plainte adressée par Gôshûrûn à Auhrmazd, au moment de la création, dans le conseil des Amshaspands » ; elle voit par l’esprit toutes les oppressions et les souffrances [ainîkih u anâkih) qui l’attendent sur la terre, coups, blessures, égorgement, enlèvement, mauvaise étable, mauvais soins, et supplie Auhrmazd de ne point la créer dans le monde et pour cette cruelle oppression.


Analyse. — La plus grande partie du Hâ est dialoguée : les interlocuteurs sont Géush Urvan ou l’Ame du Taureau (§ 1), Ahura Mazda (§ 2), Asha (§ 3), Vohu Manô (§ 4) et Zarathushtra : dans le reste, c’est le poète qui parle.


1. Géush Urvan se plaint aux Amshaspands. Les hommes maltraitent le bœuf, le battent, l’enlèvent, le tuent à plaisir. Pour qui a-t-il été créé ?

2. Ahura Mazda se tourne vers Asha, personnification du Bien, et lui demande quel Maître spirituel (ratu) il a établi pour enseigner aux hommes leur devoir envers les animaux et quel Maître temporel (Ahura) pour protéger ces animaux contre la violence.

3. Asha fait ressortir l’aveuglement du mauvais maître qui ne sait pas le châtiment qui l’attend, tandis que celui qui fait le bien auquel la loi le convie, sera récompensé et tout-puissant.

4. Mazda, en effet, observe le poète, fait le compte de tous les actes des démons et des hommes ; il est l’arbitre du bien et du mal ; faisons donc selon son désir (§ 4). L’homme de bien ne mourra pas, — la mort n’est que pour le méchant ; — son âme recevra la récompense suprême et il s’entretiendra au ciel avec Ahura (§ 5). Or, Ahura, en donnant sa loi, nous a donné le vrai moyen de lutter contre le mal : malheureusement, les hommes ne la suivent pas, ils n’obéissent pas au Maître spirituel ni au Maître temporel (c’est-à-dire aux deux autorités légitimes). C’est seulement pour le laboureur bon qu’Ahura a créé le bétail.

7. Ahura a donné la graisseau bétail, pournourrirl’homme : età l’homme il a donné sa loi, pour lui apprendre à ménager la vie animale. Mais quel est l’homme, demande Ahura, qui, inspiré de Vohu-Manô, révélera cette loi aux hommes ?

8. J’ai trouvé l’homme unique qui la recueillera, répond Vohu Manô ; c’est Zarathushtra, lequel chantera aux hommes ce qu’il y a à faire pour lutter contre le mal.

9-10. A ces mots Géush Urvan gémit sur l’impuissance de son protecteur, sur la faiblesse de l’apôtre qui devrait être maître absolu. Quand les puissants de la terre mettront-ils leur force à son service ? Elle appelle au secours de Zarathushtra Asha, le Bien, Vohu Manô, la Bonne Pensée, Rhshathra, le Pouvoir, et avant tout Ahura.

11. Zarathushtra paraît et demande à ses quatre protecteurs leurs récompenses célestes.

Consulter Dlnkart, IX, 6 (Sûtkar), 29 (Varshtmânsa ?'), 51 (Bak) \ Dàdistan, XXII.


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Le Zôt seul * :

1. Khshmaibyâ géush urvâ. — L’Ame du Bœuf- pleurait vers vous* : « Pourquoi m’avez-vous créé et qui m’a formé ^ ? Me voici en proie* au

1. « Ici et à toutes les Gâthas verser du lait sur le Barsôm » (Danâ jîvâk ukulâ jîvâk gâsêjiv ol barsôm yadrûnishn\ Pt‘).

2. Géush Urvan, Gôshûrûn ; voir l’Introduction du Hâ.

3. Vers les Amshaspands.

4. Le pehlvi a : « pour qui ai-je été formé ? » ce qui est certainement le sens latent. La réponse directe à cette question se trouve au § 6 : « C’est pour le bon laboureur que t’a formé ton créateur ».

5. àhishàyâ, est traduit am âhûkinit pun hamâk (N. âbadhayati sarvatra jneyam)^ « m’afflige de toute manière ». àhishàyâ (lire âhushàyâ ?) est un instrumental féminin de âhishâ (àhushâ ?), ayant la force verbale de âhûkînîtan, d’où le régime mâ. violent®, au bandit^ au brutal, fi qui me déchire®, à qui me dérobe..le n’ai de prolecteur que vous : assuroz-moi donc bonne pâture®. »


2. Alors le Créateur du Bœuf*® demanda à Asha** : « Quel est le Ratu que tu as donné au troupeau *^ pour que les maîtres, lui donnant leurs soins actifs, le nourrissent et l’accroissent’® ? Et quel bienfaisant Seigneur*® [as-tu établi], pour repousser de lui les violences des méchants*® ? »


3. Asha a su parler*’* au mauvais maître qui fait souffrir le troupeau*®. Il ne sait pas, [le mauvais maître], l’éclatante [récompense] qui adviendra aux justes*® : car il est le plus puissant des êtres, celui qui vient aussitôt, à l’appel, faire le bien*®.

4. Mazda sait faire le compte suprême*® de tout ce qu’ont fait et que


6. aêslimô, l’homme colère qui bat les animaux.

7. hazascâ, le brigand qui les enlève : cf. Yasna XII, 2, note 9.

8. remô, rlshkûn, le brutal « qui les tue sans mesure » (c’est-à-dire au delà du besoin ; am apatmân kûshît) ; cf. note 33. — dareshcà, sikûntâr(p. sîkûn(an~ persan darldan) : « c’est-à-dire qu’il leur fait bôtôkzyat » ; cf. Patel Irânî^ § 14.

9. vohù vàstryà : le sens revient à : « faites que je sois bien traité ».

10. Ahura Mazda.

11. Asha Vahishta, Ahura s’adressé à lui d’abord comme étant l’incarnation du bien.

12. Litt. « Comment de toi le Ratu au bœuf ? », le Ratu étant le maître spirituel qui règle les devoirs de l’homme envers les animaux (rat î gôspandân mon) ; s’oppose à Ahurem, le Seigneur, qui a la force matérielle pour défendre le troupeau (voir la fin de la strophe) ; ratu-ahura = ratu-alm (cf. p. 162j.

13. Litt. « de sorte que les maîtres lui donnent multiplication de bœufs et activité avec fourrage ».

14. paiti-mravat, c’est-à-dire le châtier [pasukh gûft aîghash pâtfrâs obdûnênd ; cf. XXI, note 9). — C’est Asha Vahishta qui règle le degré des châtiments de chaque crime dans l’enfer.

15. nuit sarejâ advaêshô « le maître (sardâr P., svâmin N.) qui n’est pas ne faisant pas souffrir ».

16. La récompense qui les attend dans l’autre monde, el par suite le châtiment qui l’attend, lui (Glose : ûoldshdn darvand pdtfrâsi pun ravdn ci vacand obdûnand Id khavîtûnand : « ces méchants ne savent pas quel châtiment de l’àme et combien grand on leur inflige ».

17. yahinài zavéùg jimâ keredushà : litt. « à qui est action [kartdr’ili) venant à l’appel » ; c’est-à-dire « quand on l’appelle pour lui dire : fais bonnes œuvres, il les fait » [amatash karitûnand âigh : kdr u karfak obdûn, obdûnad). — keredushd, thème féminin, auquel se rapporte l’adjectif composé zavéng-jimà.

18. sahvâré mairislitù « celui qui compte le mieux les choses » (sakhundn amdrînîtdr feront*® démons et hommes : il est l’arbitre souverain^® : faisons donc comme il désire^*.

5. L’âme et les mains tendues^^, adorant Ahura entre vous [tous] mon âme ira avec la vache Azî^^, et j’éclaircirai mes doutes auprès de Mazda*® : car pour l’homme à la vie droite il n’y a pas de mort*®, ni pour le vaillant travailleur : elle n’est que pour les méchants.

6. Ahura, qui le connaît, a dit de sa bouche le moyen de salut contre la Destruction*’^ : mais les hommes n’ont point pris de Seigneur (ahu) et de Maître (ratu) conformément à la loi sainte**.

P.) ; sahvàré est déjà employé au sens général du persan moderne sakfiun « chose, affaire ». Glose : « il sait faire le compte des péchés et des bonnes œuvres » (P.) : Allusion à la balance des comptes qui doit décider du sort des âmes. Cf. Y, XXXll, 6 d, note 23 ; Yt. I, 7.

19. pairi-cithit… aipî-cithît, pêsh… akhar « avant… après… » ; cithit est une formation pronominale (cit —j— it ?).

20. hvô vîcirô, zak barâ vicitâr « il est celui qui choisit » (c’est-à-dire qui décide de ce qui est juste ; A’âr udinâ barâ vicînît).

21. « C’est-à-dire que son désir soit le nôtre » (P.).

22. ustànâish ahvâ zastâish : ûstân ahûih.. u ûstân zastîh, c’est-à-dire de toutes ses forces d’esprit et de corps.

23. frinemnâ, nominatif pluriel : « nous, priant » ; au vers suivant la construction change et le sujet devient « mon âme », mé urvà. — « Entre vous [tous] », c’està-dire « je prie surtout Auhrmazd entre tous les Amshaspands » (P.)

24. Litt. « mon âme [sera] de la vache Azî », c’est-à-dire elle me donnera sa récompense. La vache Azi est la vache de trois ans (trivârshiki), l’âge où elle est le plus précieuse et donne le plus (rânyô-skereti ; Y. XLIV, 6 c). Il s’agit à la fois de la récompense terrestre et céleste : le bon laboureur aura sur terre la vache Azî, et dans le ciel son âme aura aussi sa vache Azî, c’est-à-dire une récompense qui est là-haut ce que la vache Azî est sur terre.

25. hyat mazdàm dvaidi ferasàbyo ; litt. « quand, dans le doute, avec questions à Mazda ». — dvaidî ; pun gûmànig (substantif abstrait, formé de dva « deux », avec le sufûxedi ; cf. advào (a-dvâo) « absence de doute » : Y. XXXI, note 6.

26. « Celui qui vit avec droiture, il n’y a pas de mort pour son âme » (P.).

27. vyânayâ : P. vicârishn, N. viçuddhim ; peut-être de vy-â-nî « écarter >> ; — vafusb : P. vashûpishn, N. vinâçana ( « il a dit qu’il y a remède au mal qui vient d’Ahriman ». Ce moyen de salut est la soumission à la religion d’Ahura (voir la strophe 7) et aux autorités établies par elles, l’ahu et le ratu.

28. « On ne peut pas échapper [au mal qui vient d’Ahriman] parce que les hommes ne considèrent pas le Seigneur (le Khûtà ou Abu, le maître temporel) comme Seigneur… et ne traitent pas non plus comme il convient le maître spirituel » (le Dasiôbar ou Ratu) ; cf. Vd. 1, 20. C’est pour le bon laboureur-^ que t’a formé ton créateur.

7. Cette Parole de Prospérité^®, Ahura l’a faite, d’intelligence avec Asha®’. 3Iazda a donné la graisse aux troupeaux, et à ceux qui s’en nourrissent®^ l’Esprit du Bien a donné ses instructions®®. Quel est l’homme qui, inspiré de toi, ô Voliu Manô, révélera aux hommes les deux lois ?

8. VoHU Mano. — « J’ai trouvé un homme qui écoutera tes instructions®^. C’est Zarathushtra, le Spitâma, qui désire avec nous, ô Mazda, et avec Asha®® ; qui chantera ce qu’il y a à faire®®, et à qui sera donnée belle demeure pour sa parole ®\ »

9. Alors l’Ame du Bœuf gémit sur l’impuissance®® [de Zarathushtra] à lui donner la joie®® et à faire largesse ; [elle gémit] sur la voix de l’homme sans force « lui que je voudrais [dit-elle] maître de l’absolu pouvoir^’.

29. « Actif et modéré » [tûkhshdk u patmdmk) : cf. la strophe suivante. — Ce vers est la réponse à la question de la strophe 1 ; cf. note 4 et Dinkart, IX, 29, 8 ; il est, suivant la glose marginale, dans la bouche d’Ahura.

30. L’Avesta, avec les biens qu’il apporte aux fidèles.

31. Le bien personnifié. « Les récompenses que promet ta Parole sainte, il les donne à ceux qui accomplissent les bonnes œuvres de religion » (P.).

32. hvôurushaêibyù : lire ainsi au lieu de bvô urusbaêibyô [Rev.’1882, 1, 182).

33. « Pour qu’ils s’en nourrissent avec mesure » (P.) et ne tuent pas plus qu’il ne faut (voir note 8). — Cf. Y. XLVll, n. 10.

34. Et acceptera de les porter aux hommes ; cf. Vd. 11, 1 sq. — Glose marginale : pasukh gavishni Vahûman « réponse de Vahûman ».

35. « C’est-à-dire que son désir est pour les bonnes œuvres parfaites » (P.).

36. Aigh cdrak i Drûj dar gêhân bard yamalalûnêt « c’est-à-dire qu’il dira dans le monde le moyen d’échapper à la Drûj » (P.).

37. « A cause des bonnes paroles qu’il dit, on lui donne belle place là-bas dans le ciel » (P.). — hudemem, eu-Sop.ov, « belle demeure » ; ph. hû-damûnili (zend budemem = sscr. su-damam ; ph. damûn, cf. sscr. damùnas).

38. an-aêsbem « n’avoir point son désir », être a-tûvdn (P.) ; régit à la fois le datif khshàménê et l’accusatif ràdcm.

39. bbsbàménè, traduit par décomposition étymologique shdt-minishn, dnanda-manas ; en réalité d’un verbe kbsban, synonyme de kbsbnu.

40. « La religion n’étant pas en progrès » (P.). Zoroastreest encore sans partisans, sans protecteur, sans pouvoir. Comment pourra-t-il faire triompher les prescriptions d’Ahura ? Ce sont les mêmes plaintes que le poète met ailleurs dans la bouche même de Zoroastre : voir Y. XLVl, 2.

41. Revêtu du pouvoir de Mobed des Mobeds (P.). Quand viendra celui qui lui donnera toute-puissante assistance ?

10. «Vous donc, Aliura, Asha et Khshathra, donnez-leur votre secours'^* ; venez avec Vohu Manô, qui leur donnera belle demeure*^ et joie. Mais c’est de toi, ô Mazda, que j’attends qu’il reçoive tout d’abord*^ »

11. Zarathüshtra'^®. — Asha, Vohu Manô et Khshathra, oü viendrezvous à moi^^ ? O Mazda, donnez pleine récompense à ma haute vertu^M A présent^®, ô Ahura, notre désir^®est d’obtenir les libéralités d’un être tel que vous.

12. ALya yàsâ. Dans ma prière, les mains tendues, je demande cette joie, etc. “ (2 fois).

Yatliâ abù vairyô [4 fois).

Asbem voliù [3 fois).

Nous sacrifions au Ilâ Khshmaibyâ géush urvâ.

Yênhê hâtâm.

42. Invite à Vîshtâspa.

43. khshathra représente la royauté, le pouvoir matériel, que l’on souhaite de voir au service du prophète. — aogô, ayyârih. — « Donnez-tewr » ; à Zoroastre et ses suivants.

44. Selon le Commentaire, dans l’autre monde [gâs tamâ).

45. Secours et récompense : tu es son premier et plus sûr protecteur.

46. Les mots gaviskni Zartûhsht dans le commentaire sont une glose marginale passée dans le texte.

47. at mà mashâ : ïtûnô li yâmatûnînét « où faites-vous ainsi venir à moi. » Il est difficile de retrouver un verbe et une forme verbale dans mashâ : mashâ semble être un adverbe indiquant le mouvement rapide ; cf. môshu « rapidement », sscr. makshu. « Où viendrez-vous à moi » signifie « Où recevrai-je les récompenses dont vous disposez ? « [zak mizd aîghjlvâk yakôyamûnlt).

48. â paiti-zânatâ « reconnaissez », au double sens du français (« c’est-à-dire, pour ma pure vertu donnez-moi un retour » pâtdahishn ; P.).

49. « A présent que je connais mieux vos merveilles, je désire plus vivement votre bonté. Selon d’autres : à présent que j’ai établi la loi, mes disciples et moi désirons une récompense » (Comm. P.).

50. nâo avare, probablement pour âvare (YasnaXXX, note 6), de var « désirer » ; cf. âvareta « chose désirée, bien » : est traduit lanâ kdmak.

51. Première stance de la Gâtha Ahunavaiti (XXVIII, 1), refrain final de tous les Hâs de la Gâtha.


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a

HÂ 30. — GÂTHA AHUNAVAITI 3


Exposition du principe du dualisme : on trouvera une exposition parallèle au Hâ XLV.


1-2. Proclamez les lois d’Ahura à qui le désire, et que les hommes écoutent et comprennent ; car du choix qu’ils feront entre les deux religions dépend leur sort dans l’autre monde.

3-6. Il est deux Esprits, contraires de pensée, de parole et d’action ; l’un a choisi le Bien, l’autre le Mal ; l’un apporte la vie, l’autre la mort, et ainsi ont-ils fait depuis le premier homme jusqu’à la fin du monde. Ceux qui veulent satisfaire Ahura suivent l’Esprit du Bien ; les démons et ceux qu’ils trompent ont suivi l’Esprit du Mal.

7-8. Que viennent au secours du fidèle Khshathra, Vohu Manô et Asha ! Le Pouvoir et le Paradis à ceux qui livreront la Druj aux mains d’Asha !

9-10. Quant à nous, notre choix est pour Ahura : nous sommes de ceux qui travaillent à l’avènement du monde futur par le triomphe d’Ahura ; nous voulons briser la Druj et mériter sur terre bon renom pour entrer au Paradis.

11. Ahura a donné sa loi pour le bonheur des hommes et pour leur épargner la souffrance : car longue torture attend le méchant et longue félicité le juste.


Une expression du troisième vers semble avoir donné naissance à la légende des Zervanites qui fait d’Auhrmazd et d’Ahriman deux frères jumeaux conçus dans un même sein (voir note 10).

Consulter Dînkarl, IX, 7 (Sûthar), ‘2Q[Varshtmânsar), 52 (Bak).

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1 . At tâ vakhshyâ. — Ces lois de Mazda', qui les connaît les dise à qui les désire^ ; ces louanges d’Ahura, ces liturgies de Vohu Manô ^ : œuvre sainte et de bonne pensée, ceux qui dans la lumière céleste^ la verront se réjouiront.

2. Ecoutez de vos oreilles la doctrine excellente “ et examinez bien d’une intelligence claire, afin que nous choisissions chacun pour nous, homme et femme, [la loi] à préférer®. [Car] au jour de la grande affaire’, nous recevrons le prix de renseignement que nous aurons suivi *.

3. Les deux Esprits primitifs ® ont eux-mêmes proclamé leurs deux na-

1. Mazili'itlia, contracté de Mazdà-datlià (Auhrmazd-dàt P.) ; litl. : « les dons de Mazda », c’est-à-dire la parole sainte « l’Avesta et le Zend » (P.).

2. « Le sage doit les enseigner » (P.) ; cf. XLV, 1 ; LI, 8.

3. Les staotà en l’honneur d’Ahura et les yêsnyâ inspirées de Vohu Manô (récitées dans un esprit de piété) ; sur les Staotà yêsnyà voir à l’Introduction l’analyse du Yasna.

4. Les dieux. « Les dieux, voyant l’Esprit du sacriflce, se réjouiront » (P.). Paraphrase du Dinkart, IX, 30, 1 : « PEsprit du sacrifice de l’homme sage, instruit, et qui pense le bien, se mêle vite à la lumière du soleil et vient combler les vœux et faire la joie des Amshaspands ». — Le sens littéral est : « [il y en a] qui [sont] pensant le bien avec sainteté ; et il y a vue dans la lumière céleste avec joie ».

5. valiishtà : est rendu ici, non pahlûm, mais p&vvakhshtnishn « qui fait grandir» ;

cf. p. 171, note 68.

6. âvarenào vîcitlialiyà : kâmak lanâ barâ vicînishn.

7. para mazé yâonliô : j)un zak mas kdr, pun pasàkht pun tant pasîn </. à la grande affaire, à l’épreuve [duVar ; v. note 39], au jour de la résurrection ». La grande affaire, la plus grande des affaires (mazishtem yâonliàm), la plus grande de toutes les choses (vîspé-niazislilem) sont des expressions employées pour désigner la résurrection : Y. XXXVI, 2, note 5 ; LVIIl, 7 ; XXXIII, 5.

8. Ou peut-être : « que nous aurons fait suivre ». Litt. « montrant (baodhantô] à nous en retour (paili) pour cet enseignement ». — Glose : ô zak âmûkhtishn lanâ nikizênd pdtdahishn, aîgliamân mandûm î frârûn âmûkhtan râi pâtdahishn obdûnênd '< pour cet enseignement de nous, on nous montre récompense ; c’est-à-dire qu’on nous donne récompense pour notre apprendre quelque chose de bien ». — sazdyâi, de sas(“ sanh)-di ; cf. sàsna.

9. « Auhrmazd et Zanâk Mînôî » (P.). tures : l’un bon, l’autre mauvais, de pensée, de parole et d’action “ ; et de ces deux esprits, l’Esprit Sage a choisi le Droit ; ainsi n’a pas fait l’Esprit d’erreur.

4. Et les deux Esprits se rencontrèrent sur le premier créé des êtres [apportant] la vie et la mort et ainsi en sera-t-il jusqu’à la fin du monde : les méchants au Mauvais [Esprit] et l’excellente pensée à [l’Esprit] Juste

O. De ces deux Esprits, l’Esprit méchant a préféré de faire le mal ; le bien a été préféré par l’Esprit très bienfaisant^ qui a pour vêtement la pierre

10. \à jémà livafnà asrvàtem : zakt gûmàî ( ?) bnafshâ srîit, aighshân vinâs ukarfak bnafshâ barà gûft « ils ont fait entendre eux-mêmes leurs gûmni, c’est-à-dire qu’ils ont dit eux-mêmes le péché et la bonne œuvre ». La glose prouve que gîimâl désigne les deux lois contraires et probablement signifie « le couple des lois », jéuia étant le sanscrit yama « jumeau ». — Le groupe gûmâi réparait Y. X. 32 (baèshaza iriritbare ~ bishazishnîh gûmâi), où il est rendu par le sanscrit yukta « uni, en couple » (arogya-yukta). Comme iritb est généralement traduit par gujnikhtan, peut-être gûmâi doit-il se lire gimiz.

La doctrine zervanite, qui fut la doctrine officielle sou ; Yazdgard II (438-457), et suivant laquelle Auhrmazd et Ahriman sont nés tous deux du Temps sans bornes, Zrvan, et sont « deux jumeaux conçus dans le sein d’une même mère » (cf. ürmazd et Ahriman, p. 327), s’appuyait sans doute sur notre vers, et reconnaissait dans yéiuà les « deux esprits jumeaux » ; carie Dinkart (IX, 30, 4) polémise au sujet de ce vers contre la doctrine zervanite, qu’il attribue au démon Aresh (Y. XXXI, 5 b, note 24). « Le démon Aresh dit aux hommes : Auhrmazd et Ahriman ont été deux frères dans un même sein [2 akhi pun êvak ashkôm) ; de ces deux, préférez l’Amshaspand du mal [Amahlaspand zakî saritâr dôshêt) ». Le Dinkart signale ensuite le mensonge d’Aresb « sur l’origine distincte de la lumière et des ténèbres » [u jûl bûnîh î rôshan utôm).

11. « Zanâk Minôi dit : A moi, ô Spênâk Mainôg (Spenta_ Mainyu), appartiennent les mauvaises pensées, les mauvaises paroles, les mauvaises actions, et mon vêtement est un vêtement de ténèbres, très épais, avec des coins descendants, plus obscurs plus on descend ; les mauvaises pensées, les mauvaises paroles, les mauvaises actions sont mon aliment et j’aime ceux qui y vivent : » Dinkart, l.L, § 5. Le Dinkart met cette profession de foi dans la bouche d’Ahriman à cause des mots hvafnà asrvàtem « ils ont fait entendre eux-mêmes ». Cf. note 16.

12. atcâ hyat « et ainsi [arriva] que » — paoirim dazdè, fartûm dahishn : « c’est-àdire que les deux Esprits vinrent sur Gayômart » (voir dans le Bundahish, 111, le aécit de la lutte qu'Ormazd et Ahriman se livrent autour de Gayômart).

13. « Auhrmazd est occupé à augmenter la vie, et Ahriman à faire périr ».

14. C’est-à-dire « avec les autres hommes après Gayômart », P. — « De la quantité de mort qu’il y avait dans Gayômart sortit la mort pour toutes les créatures jusqu’au jour de la résurrection » [Grand Bundahish, p. 100).

15. Ahriman inspirant les méchants et Auhrmazd ceux qui pensent le bien. très solide [du firmament] et par ceux qui veulent satisfaire Aliura en professant ouvertement Mazda dans leurs œuvres.

6. Les démons et ceux qu’ils trompenf'n’ont point choisi le Droit : c’est eux que vient consulter tout ce qui a préféré les pensées de mal, et ils fondent avec fureur’®, pour le mettre à mal*®, sur le monde des mortels

7. Que vienne donc à lui Khshathra avec Vohu Manô et Asha Qu’à ton corps donne la force l’indomptable^® Ârmaiti ! Qu’ils soient tous avec toi tels qu’ils furent avec le premier homme

8. Et le jour où sur ces pécheurs viendra la vengeance alors, ô Mazda,

16. jé khraozhdisteftjf asénô vaste : zak sdkht sang nuhûft (cf. Yt. XIII, 3). — « Et Auhrmazcl dit : A moi les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions, ô Zanàk Mainôg, et j’ai pour vêtement le ciel, qui a été créé, le premier de ce monde matériel, avec cette pierre qui est au-dessus de toutes les pierres, et incrusté de toutes pierreries [dsmân li ît vastrag man fartûm frâz brêhinit min zak î stihân stî man pun zak sang madani harvisp sang barâ yabbUnt yakoyamûnêt aîghash hamâk gohar dar pôsît yakoyamûnêt) ; les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions sont mon aliment », etc. ; cf. note Il (Dinkart, IX, 30, 7). — Ce vers est un des derniers souvenirs naturalistes du caractère primitif d’Ahura, dieu du ciel ; v. page 22.

17. « Comme Zohâk » (N.). — l‘y»î cî* îsÉ ûdcbaomà, oldshdn man shêdâân frlft yakoijamûnêt. âdebaomà semble être une formation nominale de â-delm « tromper » (voir Y. XXXI, 17, note 66), thème âdebao-man « la tromperie », pris au sens passif et collectif (« ce qui est trompé »).

18. Ou en prenant aêshma pour nom propre : « ils fondent en compagnie d’Aêshma » (le démon de la colère).

19. bànayea, vhnd.rinU « le rendre malade » (le corrompre matériellement et moralement).

20. Nériosengh entend ceci de l’autre monde : ils détruisent l’autre monde pour les hommes (en perdant leur âme).

21. Le juste : old î gdsdnîk ashpun nîvakîh patash kartan madam ydmatûnand « ils viennent à l’homme qui suit la loi des Gâthas pour lui faire du bien » (P.).

22. A'^ohu Manô, la Bonne Pensée, la vertu ; Asha, la Sainteté ; Khshathra, le Pouvoir dirigé vers le bien. « Auhrmazd envoie pour sauver le monde la Royauté et la Connaissance de la Loi » [D\nkart, IX, 30, 10).

23. ànma, pun astûhih « avec non-abattement » [stûh ~ p. sulùh) ; ànma est donc une formation négative, *a-nama, probablement « qui ne plie pas » ; et en effet, nôit tarshtô frànàmaitè « il ne plie pas de terreur » (Y. LVIl, 18), traduit « lâ pun tars frâj dndmit » est glosé « aîgh stûb lâ yahvûnît, c’est-à-dire qu’il ne devient pas abattu » ; cf. Y. XLIV, 20 d. — Cf. Y. XXXIII, 12 o.

24. Pour qu’ils lui inspirent « les mêmes désirs [de vertu] et les mêmes actions ».

25. Au jour de la résurrection. — Vers prononcé par la Terre, selon le Grand Bundahish (p. 41), au moment où Ahriman fondit sur elle. tu donneras Khshalhra avec Voliu Manù'^*^ à ceux qui, selon ton instruction, ô Ahura, livrent la Druj aux mains d’Asha

« Ici jeter du Hôm et de rUrvarùm dans le Hàvan »

9. Et nous, puissions-nous être à toi Etre de ceux qui travailleront au renouveau du monde tenant compagnie à Ahura Mazda et Asha^M Et que notre pensée soit là où demeure la Connaissance !

10. Alors sera abattue, sera brisée l’armée de la Druj et bien vi te accourent à la belle demeure de Vobu Manô, de Mazda et d’Asha tous ceux qui ont mérité bon renom

26. Khsbathra, la domination, avec Vohu Manù, c’est-à-dire avec les biens du Paradis qu’il ouvre (Vd. XIX, 31, 102).

27. Qui écraseront les hérétiques [Drûj î a/iarmôkîh). — C’est sans doute d’après le dernier vers de cette strophe que le Clrn t Gdsân consacre le Ma à Ardibahisht.

28. Acte symbolique de cet écrasement des impies (Pt* : Hôm u Urvarâm dar kâvan ramilûnishn).

29. toi hyama : cf. Y. XL, 4.

30. frashem kerenàun ahùm « qui feront le Frashkart ». L’objet de la lutte soutenue par le bon principe est d’amener la Frasliô-kcreti, le renouveau du monde, l’avènement d’un monde d’où le mal et la mort seront bannis. Ceux qui y travaillent sont des Saosliyaût et sont dits frasho-caretar ; cf. Y. XXIV, 5 et Yt. XIX, 94 sq.

31. Mazdàoscâ ahuràonliù âmùyastrà baraiià ashàcà ; litt. « tenant compagnie, ainsi qu’Ahura Mazda et Asha » (la copule cà joue le rôle d’une préposition avec cas oblique ; le pluriel Mazdàonbô est soit un pluriel de majesté, soit un dvandva : Mazda et les Amshaspands). — àmùyaslrà, Iiamâk anjumanikih, doit se lire âiuôistrà (lecture de L’, exigée par le rythme et l’étymologie : môistra *uiaèt-lra de mit).

32. Litt. « qu’il soit ayant sa pensée là où demeure Cisti » (la Connaissance de la fin des choses, voir Y. 1, note 57). Cette connaissance est incarnée dans le Dastùr : « c'est-à-dire qu’il tient sa pensée dans la règle du Seigneur » (P.). — Paraphrase du Dînkart, IX, 30, 15 : « Celui qui tient sa pensée docile à la règle du Seigneur pense toujours le bien et sa sagesse grandit ».

33. « A la résurrection » (P.).

34. Litt. « Ainsi alors a lieu le bris de l’armée ( ?) de la Drùj ». Je traduis spayatbrabyà « armée » d’après le pehlvi spâh : l’homonymie partielle des deux mots et leur différence d’origine [spâh — spàda) rendent suspecte cette traduction, qui pourrait ne reposer que sur cette homonymie même (cf. p. 41). Le mot semble plutôt de spay « précipiter », qui se dit précisément de Pacte de précipiter dans l’enfer (Vd. III, 35, 119), et l’on serait tenté de voir dans spayatbra « le lieu où l’on précipite » et d’en faire un nom de l’enfer. A la résurrection l’enfer doit disparaître [liund. XXX, 29).

35. « Pour recevoir leur récompense » (P.).

36. Au Paradis. Le pehlvi semble prendre busbitùisb au figuré : ceux qui habitent bien avec Vohu Manô (c’est-à-dire vivent vertueusement).

37. Ceux qui se sont fait une bonne réputation sur terre parleur vertu reçoivent au ciel la récompense spirituelle. Cf. LXII, 6, texte et note. 11. Voilà les doctrines^® et les instructions que iMaz la a données aux hommes, pour leur bonheur et pour qu’ils n’aient pas à souffrir ; car il y aura toujours longue torture pour les méchants^®, et pour les justes il y aura succès et plus tard félicité^'.

Le Zôt et le Râspî ensemble :

12. Dans ma prière, les mains tendues... (XXVIII, 1 ; 2 fois).

Yathà ahù vairyô [4 fois).

Asbem vobù (5 fois).

Nous sacrifions au Hâ At tâ vakhshyâ.

Yônhê hâtàm **.

38. urvàtà ; voir Y. XXXI, notel.

39. hviticà éneiti. La traduction pelilvie manque et nous sommes réduits à des combinaisons étymologiques. La glose indique pourtant qu’il s’agit de résister à l’épreuve finale du feu ; aîgh od am pun pasâkht gazishn là galivûndt « c’est-à-dire pour que dans l’épreuve je ne sois pas mordu ». A la résurrection, les hommes passent dans un ruisseau de métal en fusion, qui ne mord que sur les méchants : les justes ont la sensation de marcher dans un bain de lait chaud (Bund. XXX, 19). C’est une sorte de Var Nlrang (Y. XXXI, note 15) de la fin du monde ; cf. Y. XXXll, 7, note 27.

Nous rapprochons éneiti de anaiti z= a-kînili « non-vengeance » (Zend-Pahl. Glossarg) : hviti, synonyme positif de éneiti, est peut-être *hu-itl « bonne marche » (employé au propre Yt. X, 68, ici au figuré ; l’inverse du sanscrit dnrita).

40. « Dans l’épreuve finale du feu (P.).

41. Il réussit dans l’épreuve et passe de là au bonheur éternel.

42. Ici finit le groupe des Tishrù paoirya et s’intercale, dans le Vendidad Sadé, le Vispéred XIII.




Hâ 31 — GÂTHA AHUNAVAITI 4



L’idée dominante de ce Hâ est le débat de la Vérité et de l’Erreur, de l’Orthodoxie et de l’Hérésie : comment reconnaître l’iine et se garder de Tautre ?


1-4. Prêchons la doctrine d’Ahura : si le peuple n’en reconnaît pas la vérité au premier mot, elle sera établie par une preuve visible. Par l’épreuve du feu (le Var Nirang) 1 [740], Ahura tranche le débat entre les docteurs de la vérité et ceux de l’erreur et abat la Druj.

5-6. Éloge de celui qui fera connaître clairement la doctrine divine.

7-1 1. Proclamation de la divinité d’Ahura, qui a fait le monde, qui a fondé l’Asha (le Bien), qui est la source de la Bonne Pensée, qui est tout ce qu’il y a de bon dans le monde (7-8), qui a formé nous et l’univers et la religion (11). Il aime le bon laboureur et hait l’oisif qui n’agit point, si bien qu’il puisse connaître la loi (9-10).

12. L’Esprit de Vérité et l’Esprit d’Erreur se disputent le cœur de l’homme : mais c’est l’Esprit Divin que suivra l’homme pieux et modeste.

13-16. Ahura connaît toutes les actions des hommes, bonnes et publiques, mauvaises et secrètes.

Le poète lui demande quel est le retour dont seront payés celui qui aide le juste et celui qui aide le méchant ; celui qui fait régner le méchant et opprime le bon laboureur inoffensif et celui qui fait régner Ahura et développe le bien-être du pays.

17-20. Que le croyant ne compromette donc pas sa conscience en conversant avec le mécréant (17) : n’écoutez pas ses doctrines, ce serait la mort du pays ; traitez-le à coups d’épée (18) : écoutez celui qui connaît le bien. Ahura tranche par le Yar Nîrang entre les deux adversaires, et l’hérétique, qui veut tromper le fidèle, ira dans l’enfer (19-20).

21-22. Le pouvoir et la richesse reviendront à celui qui se montre ami d’Ahura en acte et en esprit : le bon Roi est celui qui est au bien, en pensée, en parole et en action : il est l’incarnation de Mazda.

Cf. Dinkart, IX, 8 (Sûfkar), 31 (Varshtmânsar), 53 (Bak). Le Cimî Gâsân attribue ce Hâ à Shahrêvar (§14) et fait de ses vingt-deux stances le symbole des vingt-deux jugements (dàdistân) : c’est le H :\ du juge : quand on le récite bien. Injustice est mieux rendue (§ 6).

1. Tâ vé urvâtâ. — Étudiant vos doctrines *, nous prêchons des paroles stériles^ à ceux qui, par les enseignements de la Druj^, font périr le monde du Bien ; excellentes pourtant pour ceux qui voudraient propager la loi de Mazda'^.

1. Les doctrines d’Ahura. urvâtâ est généralement glosé ûZanda l’Avesta

et le Zend », c’est-à-dire la loi dans son ensemble, comprenant la loi même et l’interprétation traditionnelle, l’une et l’autre révélées. Il est traduit en pehlvi, une fois dîn « religion » (Y. XXXIV, 8 b), généralement âfrlgâmh, te mot qui rend frasasti « glorification, action de rendre célèbre », en sanscrit « connu, célèbre » : urvâtâ semble donc être la loi en tant que proclamée, peut-être la loi dont on fait profession de foi, dont on fait le fravarâne (urvâtâ — *vr-âta, de var « croire » ; cf. note 5). — urvâtâ est un pluriel neutre, que la tradition considère comme un duel (« les deux âfr’igànîh ; tâu prasiddhâu »), afin d’y retrouver les deux lois, l’Avesta et le Zend.

2. agusthâ vaeâo « des paroles non écoutées ». La glose ajoute un renseignement curieux sur les habitudes de la propagande religieuse à l’époque des Sassanides : « en cas de doute, les répéter trois fois ; mais s’il est bien clair que [celui qu’on veut convertir] n’apprendra pas (ne se laissera pas enseigner), les dire une seule fois ». Probablement, après cette sommation unique, on passait la parole au pouvoir séculier.

3. Qui, enseignant l’hérésie ou une fausse religion, réduisent le domaine de la religion dans le monde.

4. Le pehlvi traduit : « excellentes pourtant pour eux. s’ils voulaient, etc... «.C’est ainsi également que l’entend le Dinkart, IX, 31, 1. 2. Si au premier regard l’homme ne croit pas®, la foi® sera plus parfaite établie par des preuves visibles^ Tous viendront à vous®, reconnaissant en vous le maître®, ô Ahura. C’est de Mazda que viennent et notre vertu et notre vie‘®.

3. Avec la connaissance*' que tu donnes divinement au moyen du feu et que tu révèles par Asba*^ entre les adversaires en lutte*®, avec l’épreuve*^ que tu donnes aux arbitres*®, dis-nous, fais-nous connaître, par la langue

5. yèzi àish (=pun nikîrislin ; cf. Y..\.XVIII,l't ;XXXIII, 1) nôit urvànê (lâ airnammit : urvânè = *vr-ànê, forme infînitivale de var « croire » (Y. XXXII, note 23) ; cf. note 1 .

6. advâo ~ a-dvâo : a-gûmânlh « non-doute », litt. « non-duplicité », cf. dvai-di « doute » (Y. XXIX, 5, note 25).

7. Litt. « foi meilleure montrée » (aihîdareshtà, de aibi-dares ; rnadam nikizishnîh), c’est-à-dire établie par des preuves matérielles et visibles (pun andâzakî glti), comme l’épreuve du Var ; voir la strophe suivante.

8. Lit. « tout [est] à aller (àyèi) à vous ».

9. « Reconnaissant les merveilles d’Auhrmazd » (P.).

10. Douteux : le sens littéi’al serait : « Mazda est de ces deux arrivées, que nous vivons [et] vertueusement (yà ashàt hacâ jvàmahi). Dlnkarl, IX, 31, 3 : « La vie des créatures d’Auhrmazd [dàmàn î Auhrmazd zindaklh, répondant à yâ.. jvâmahi) et toutes les autres bonnes choses [apérlkic hatnàk nlvaklh, répondant à ashàt hacâ ?) viennent d’Auhrmazd ».

11. khshnûtem, s^nâM<drî/< ; cf. Y. XXXll, note 29 et Ll, 9.

12. Asha, Génie du feu et incarnation de la vérité (p. 24).

13. rânôibyô : P. patkdr-dàrân « ceux qui tiennent querelle », les parties en présence dans un procès ; N. prativddinâm.

14. urvatem, prakdçatvam « la manifestation » ; cf. note 1.

15. cazdohhyathyô, pratidvandvindm uireAta ?’,» celui qui décide entre adversaires».

Il s’agit du Var Nlrang ou de l’épreuve p ?r le métal en fusion, épreuve instituée par Zoroastre ; c’est au moyen de cette épreuve et en s’y soumettant victoiâeusement, qu’Adarbâd Mahraspand, précurseur heureux de Savonarole, fît reconnaître et triompher la doctrine orthodoxe, battue en brèche par les hérésies, sous aapor IL Elle continua à être en usage jusqu’à la fin des Sassanides (ülnkart, dans VArdd Virdf Haug, pp. 144-145, note). Cette épreuve, qui est la forme iranienne de l’ordalie germanique du fer rouge, consistait à verser le métal en fusion sur le cœur de l’accusé : en cas d’innocence, il lui semble que c’est du lait qu’on verse sur lui s’il est coupable, le cœur brûle et il meurt (Shdyast Id Shdyast, XV, 16-17).

Cette épreuve est dite le Var Nlrang, c’est-à-dire l’épreuve de la poitrine ; le nom zend est garemù-varô, litt. « la poitrine chaude » (Afrlgdn, 1, 9 ; dans la traduction sanscrite kiàdaya-dimja « l’épreuve du cœur ») ou tout simplement varù (Yt. XII,

3 sq.). Les Gâthas y font plusieurs fois allusion : même Hà, §19 ; XXXIV, 4 a ; XLVIl 6 b. Il ne faut pas la confondre, bien que les formules soient parfois très semblables et que le principe soit le même, avec le métal fondu où tous les hommes sont même de la bouche, ce que nous ferons croire à tous ^les vivants*® :

4. et quand nous invoquerons *^ Asha et Mazda Aliura, quand j’appellerai la pieuse Armaiti et l’excellent Vohu Manô, viendra aux miens la souveraineté puissante*® par la force de laquelle nous détruirons la Druj *®.

« [Ici] broyer le Hôm et rUrvarâm^o, sonner avec le Uâvan, jusqu’à la fin de la strophe, verser de l’eau et presser » 21 .

5. Dis-moi d’une façon décisive^Me bien que vous me donnez par la sainteté^® ; et donne-moi de savoir par Vohu Manô, en dépit de l’Envie^^ ce qui sera, ô Mazda Ahura, et ce qui ne sera pas^®.

plongés à la résurrection et qui a pour objet de les purifier en consumant leurs souillures : XXX, note 39 ; LI, 9.

Une expression fréquente dans la littérature pehlvie et employée dans notre passage même à propos du Var Nirang est «qu’elle manifeste le bôkht érakht, ce que Nériosengh rend çuddham açuddham « le pur et l’impur», c’est-à-dire l’innocence et le crime (cf. Y. XXXII, note ‘28 ; XLVII, note 18. Le Var formait le sujet d’une partie du dix-huitième Nask (le Fargard Varistân du NaskSakâtûm ; Dinkart,N\\\, i‘2) .

16. Révèle-nous ta loi et nous en démontrerons la vérité en nous soumettant au Var Nirang. Adarbâd Mahraspand convertit ainsi beaucoup d’incrédules (üinkart, dans VArdâ Virâf de Haug, l. /.).

17. Cette invocation fait sans doute partie de l’ordalie, les dieux étant les témoins et les juges qui décident de l’issue de l’épreuve.

18. Le Khshathra puissant ; c’est-à-dire la force effective, la force de l’État, qui, en se mettant au service du Mazdéisme, écrasera le démon.

19. Formule employée dans l’exorcisme contre la maladie : Vd. XX, 8.

20. Opération placée ici pour répondre symboliquement aux derniers mots prononcés.

21. Hôm II urvarâm kâftan uhâvan shikâftan od vîcîst rôishd yahvûnêt âp dar kartanu afsliârtan ; Pt*.

22. vicidyài vaocâ « dis pour décider ». — méûcâ daidyâi au vers suivant est symétrique à vicidyài ; méncâ est écourté, pour le vers, de manacâ.

23. La récompense donnée en retour delà vertu.

24. yêhyâ ma ereshish « [de savoir] ce dont m’est envie ». Ereshi est personnifié comme démon de l’incrédulité dans le Dînkart, IX, 31 (cf. Y. XXX, note 10), qui résume une polémique entre Zoroastre et Aresh, relative à l’immortalité, et à laquelle ce vers ferait allusion. Le Commentaire pehlvi traduit : « Donne-moi de connaître par Vahùman, c’est-à-dire donne-moi la connaissance de la vertu, avec laquelle moi à Aresh, c’est-à-dire que par cette connaissance vertueuse je puisse réfuter Aresh ». Voir Dlnkart traduction AVest, page 246, note 7.

25. « La bonne Religion est la connaissance parfaite de tout ce qui est, a été et sera » [Üinkart, IX, 31, 5) ; elle contient en effet une théorie du passé, du présent et de l’avenir de l’humanité et du monde. 6. Celui-là a l’excellence, qui me dira en toute connaissance et toute clarté-® la Parole de Santé^^ de Sainteté, d’immortalité : car Mazda règne dans la mesure où grandit Vohu Manô^®.

7. C’est lui qui tout d’abord a pensé le monde^®, lui qui*® a mis la félicité dans la lumière céleste*’. Le monde est à Celui qui par son intelligence*^ a fondé la Sainteté (l’Asha) et l’Excellente Pensée. Tu as fais divinement paraître les deux mondes** et tu es toujours le Souverain universel.

8. J’ai reconnu en toi, tout d’abord, ô Mazda, la matrice de VohuManô*^ ; oui, dès que mes yeux t’ont saisi, [j’ai reconnu que tu es] le père de Vohu Manô, que tu es clairement tout le monde du bien*®, souverain sur tous les actes commis dans ce monde*®.

9. A toi fut Ârmaiti*’, à toi l’Intelligence créatrice du Bœuf, à l’heure, ô Ahura Mazda, où tu ouvris (à l’homme) la route du ciel*®, selon qu’il est bon laboureur ou ne l’est pas*®.

26. haîthîni : ashkàrak, rôshnak.

’il. De Haurvatât. Le pehlvi ne connaissant plus à haurva que le sens de « tout » fait de haurvatât « l’universalité » et explique que par la Parole sainte tous les êtres entrent dans l’appartenance d’Auhrmazd. — Blnkart, § 12 : « De la délivrance de toutes les créatures par la Parole sainte ».

28. Il règne dans l’homme dans la mesure que Vohu Manô, la Bonne Pensée, est développé en cet homme ; autrement dit : il règne dans et par le juste.

29. Litt. « Premier il est venu concevant » (P. mat-ash patmân fartûm « est venu de lui le plan d’abord » ). Le Dînkart voit là une allusion à la création spirituelle et idéale qui, suivant le Bundahish, a précédé la création matérielle : « Auhrmazd crée d’abord l’univei’S spirituel, puis il fait l’univers matériel et mêle le spirituel au matériel ».

30. Le pehlvi supplée un relatif que le rythme réclame également ; probablement yêhyâ.

31. Qui a mis là le séjour des bienheureux ; cité Y. XII, 1, cf. notes 4 et 5.

32. hyô dàmish « le monde est sien, est à lui… ».

33. Le monde spirituel et le monde matériel.

34. Le lieu d’origine ; la source de la Bonne Pensée.

35. « Il est clair que c’est toi qui as créé le monde du Bien » (P.).

36. « Tu tiens le compte du bien et du mal » (P.).

37. Considérée ici comme le Génie de la terre, car dans cette strophe et la suivante il s’agit du bon et du mauvais laboureur.

38. mainyéush : cf. la glose à pathàm : râsi tamâ « le chemin là-bas » (à l’autre monde) ; — abyâi, peut-être « pour lui, en considération de lui » (le Bœuf, géush).

30. vàstrya, varzUâr, présente le même sens et le même développement de sens 10. Et des deux, c’est le bon laboureur qu’il préfère, c’est le maître juste qui fait grandir Voliu Manô^°. L’hypocrite, qui ne fait point d’œuvre, ô 31azda, ne reçoit rien de toi, si bien qu’il ait étudié [la loiJ^L

11. C’est par ta pensée qu’à l’origine, ô Mazda, tu as formé nous et le monde et la religion et les intelligences ; que tu as mis la vie dans le corps que tu as créé les œuvres et la doctrine et que tu inspires leur désir à ceux qui y aspirent^®.

12. L’Étre de mensonge et l’Être de vérité. Celui qui sait et Celui qui ignore^®, élèventla voix pour entraîner^^ le cœur et lapensée de l’homme : mais là où réside Ârmaiti, c’est l’Esprit divin qui est consulté

que « laboureur » (vâstra d’où vàstrya est donc *varez-tra ; vâstra au sens d’herbe, foin, est probablement un mot indépendant) ; cf. Yasna XIII, note 9.

40. Considéré ici comme Génie des troupeaux (cf. § 21 c ; note 79). — fshéng’hîm, parallèle à fshuyantèm : fshu semble être une inversion de *push (sscr. pusli, le verbe de la croissance matérielle) ; fshénghim représente une forme nominale pushanh-îm.

41. La foi qui n’agit point est-ce une foi sincère ?

avàstryô davàscinà : akàrijakartre pratârayitre le pehlvi traduit avàstrya avarzitdr aharmôk « l’Aharmôk qui ne fait pas œuvre » ; il transcrit davàscinà comme un nom propre et semble entendre : « l’Aharmôk qui ne fait rien ne reçoit pas même la récompense de Davàs ». Ce Davàs, qui semble devoir l’existence à un raffinement de scoliaste, a fait fortune dans la littérature postérieure ; d’après le Nask Spend (cité dans le Skâijast, XII, 29 ; cf. Ardâ Vîrâf, XXXII), c’était un puissant seigneur, maître de trente-trois pays, qui de sa vie n’avait fait une bonne œuvre : Zoroastre le vit dans l’enfer, tout le corps dans les tortures, sauf le pied droit qui était exempt : c’est avec ce pied qu’une fois il avait jeté une botte de foin à un bœuf affamé (Shâyast, XII, 29 ; Ardâ Vlrâf, XXXII, où il est donné comme le type de Vashyakân, de l’indolent = avarzilâr). Davàs est le prototype lointain du sultan Mahmoud de V. Hugo.

42. thwâ manaâhà kliratùshcà : la tradition semble entendre « par ta pensée et ton intelligence », ce qui concorderait avec le rôle de « l’Intelligence céleste », mainyava khratu, considérée comme le grand instrument de la création (c’est le sujet du Mînôkhard)-. mais la forme fait difficulté : peut-être kkratùshcâ serait-il un génitif pour kbratéushcà.

43. « Dans Gayômart » (P.).

44. Les bonnes œuvres et la bonne doctrine.

45. yatkrà-varenéùg : vasâo dàyêtê : yathrâ se rapporte aux œuvres et à la doctrine.

46. Auhrmazd et Ahriman (P.).

47. « Zoroastre » (P.) — zeredàcà manaiihâcà ânush-hakksk. Dans leYt. d’Abàn, 18^ voit.\hura adresser ses prières à Anâhita afin qu’il puisse entraîner (hâcayênè) Zarathushtra à penser, parler, agir conformément à sa loi (auu-matéè, etc.). Ahriman, de son côté, essaie de le séduire : Vd. XIX, 6 sq.

48. Mais l’homme dont la pensée est pieuse et sage (àrmaiti) se détourne d’Ahri- 13. Les œuvres que l’on fait au grand jour’’% et celles, ô Mazda, que l’on fait en secret et les grandes fautes que l’on commet pour échapper au châtiment d’une petite les unes et les autres, toutes ensemble tu les surveilles, tu les vois toutes de tes yeux.

14. Je te demande, ô Ahura, ce qui vient et adviendra®^ : quelle est la dette [de récompense] qui sera payée pour les dons faits aux justes et quelle, ô Mazda, pour les dons faits aux méchants, à l’heure où elle sera soldée

15. Je te demande quelle est la punition^® de celui qui donne l’empire au méchant®’; du malfaiteur, ô Ahura Mazda, qui n’accepte point de rançon pour la vie®® ; de celui qui opprime le laboureur ®® qui n’a maltraité ni troupeaux ni hommes

man et va demander ses enseignements à Auhrmazd. — Le pehlvi semble entendre yathrà au sens de yâ tathrà. « Armaiti interroge l’Esprit divin et va résider là-bas », c’est-à-dire que « celui qui s’instruit avec perfection de pensée, sa place est là-bas » (au ciel).

49. « Les bonnes œuvres » P. — yà frasà àvisliyà ; litt. « les choses consultées ouvertement », sur lesquelles on se consulte au plein.jour.

50. Les mauvaises œuvres.

51. yé va kaséush aênanliù â mazislitàm ayamaitê hûjem « ou qui essaie ? [ûzmàyêt] très grande délivrance de petite faute », c’est-à-dire « quand quelqu’un fait une petite faute et ensuite en fait une grande pour que celle-là ne se révèle pas ».

52. tliwisrâ:gûmêzak; bien et mal mêlés.

53. àzî âiti jeiighaiticà:probablement les suites futures des actes d’aujourd’hui.

54. yào ishudü dadeûtê dàthranàm hacà asbaonù « quelles dettes sont données des dons du côté du juste »; cf. Vd. XIX, 29, 96. — Dlnkart, IX, 31, 18 : « sur la grande récompense de celui qui donne au juste de sa fortune ; quant à celui qui donne au méchant, dans une intention criminelle, il secourt les ténèbres et non la lumière ». Cf. Yasna XXXII, 8, note 38.

55. yathà tâo aûhen hénkeretà hyat « quand elles seront en accomplissement ». — Ou peut-être : « et comment elles seront soldées ».

56. mainish ; pâtfrâs.

57. Peut-être : « au Méchant », à Ahriman ; cf. le début de la strophe suivante. — hunàitè, obdûnand « fait » ; le verbe employé en parlant de la préparation de Haoma.

58. Litt. « qui ne fait pas obtenir vie en récompense » (hanare, mizd-, de ban « mériter » ). Glose : « même quand on lui offre de l’argent, il ne laisse pas vivre l’homme » ; il s’agit du prince sanguinaire ou du bandit qui tue pour le plaisir de tuer, ou peutêtre du juge qui n’accepte pas de composition, cf. XLIV, 20, note 66.

59. vâstryèbê aênanbù ; « oppresseur du vàstrya » ; vàstrya, varzitâr’; cf. note 39.

60. paséusb vîràatcà adrujyaùtô « qui ne fait point de mal du côté du troupeau et de l’homme ».

Le Dlnkart, IX, 31, 19 résume cette strophe comme il suit ; « le pire prince est le 16. Et je te demande comment il en sera de celui®’en la demeure de qui règne le [Dieu] sage®^, qui ne jalouse point®* le développement du bien ®^ dans le district et le pays ®^, qui te ressemble, ô Mazda Ahura, dans ses actions.

17. Lequel des deux a la foi la plus forte, du juste ou du méchant ®® ? Que celui qui sait ne parle pas à celui qui ne sait pas, de peur que l’ignorant ne le trompe ®® ! Fais-nous connaître, ô Ahura Mazda, les signes de Vohu Manô ®^ !

18. De la bouche du méchant, que nul de vous n’écoute la Loi et les instructions ®® ! Il apporterait à la maison, au bourg, au district®®, au pays, le malheur et la mort : traitez-le à coups d’épée’’®.

19. Mais écoutez celui qui a l’idée du Bien et qui le connaît dans les deux mondes ô Ahura ; celui qui sait dire la vérité et dont la langue est libre Avec ton feu rouge, ô Mazda, tranche entre les deux adversaires*.

malfaiteur, de mauvaise religion, qui, même pour argent ne fait pas de bien ; qui tue l’innocent ; — cruel châtiment dans l’enfer de celui qui fait roi un tel méchant ».

61. Quelle sera sa récompense ?

62. Au figuré : « c’est-à-dire celui qui idéalement établit Auhrmazd roi en sa personne » (P.).

63. asperezatà, akôshilàv, « celui qui dans le monde ne s’oppose pas au prince qui fait le bien » P. — cf. sperezvào « jaloux » ; Y. LXV, 8, 30.

64. De l’Asha, du bien moral et religieux. — shôithrahyâ vâ dahyéusb va : sbôitbra répond à zantu dans la nomenclature territoriale ; voir note 69. Cf. page 20.

65. verenvaitè mazyô ; c’est-à-dire, a la foi la plus énergique, la plus agissante [lûkhshâkihâtar].

66. Que le croyant ne converse pas avec l’hérétique, qui pourrait l’induire en erreur. — màevîdvào aipi-débâvayat : je traduis débàvayat d’après àdebaomà (Y. XXX, note 17), comme dérivé d’un verbe deb-u tromper (z. dab, sscr. dabb) ; le pehlvi semble y voir un dérivé de bù, dé-bu, et entend « de peur qu’ensuite il ne devienne ignorant » (U ne tombe dans l’erreur).

67. Les signes de la Bonne Pensée, les signes auxquels on reconnaît la doctrine orthodoxe.

68. « N’écoutez pas l’Avesta et leZend de la bouche des hérétiques » (P. Aharmôkân).

69. demànem, visem, sbôitbrem, dahyùm ; répond à la momenclature usuelle ; nmànem, visem, zaûtùm, dahyûm (v. p. 29, et plus haut note 64).

70. Le principe de saint Louis sur les controverses entre juifs et laïques.

71. Qui sait en quoi il consiste dans nos rapports avec les êtres de ce monde et avec ceux du ciel.

72. bizvô-vasô, le contraire de bîtô-bizvô ; qui ose parler (apêhim) et qui sait parler.

73. Dans l’épreuve du Var, appliquée ici, semble-t-il, aux controverses publiques 20. Celui qui aura voulu tromper le juste à celui-là plus tard gémissements’®, longue demeure dans les ténèbres, nourriture infecte"® et paroles d’insulte. Voilà le monde, ô méchants, où vous conduisent vos œuvres et votre religion.

21. Mazda Ahura a donné la plénitude ” de Haurvatât et d’Amerelât’® et d’Asha, et la souveraineté de Khshathra, et la graisse de Vohu Manô, à celui qui lui est ami en acte et en esprit.

22. Le bon roi est celui qui exerce le Bien en pensée, en parole, en action, conformément à la leçon du sage®®, et c’est lui, ô Aliura, l’être qui t’incarne le mieux®’.

23. Dans ma prière, les mains tendues… (Y. XXVIIl, 1 ; 2 fois).

Yallià aliii vairyô (4 fois).

Ashem toLû [3 fois).

Nous sacrifions au Hâ Ta vé urvâtâ.

Yènhê hâtàm.

sur le dogme ; « il met à jour le droit et le tort » [bôkhl êrakht). Le Dinkart applique ceci à l’épreuve finale qui a lieu à la résurrection. Voir plus haut, note 15.

74. L’hérétique, confondu par l’épreuve.

75. klisliayô, shîn (—açrupâla, Minokkard, VI, 13 ; XLIV, 29 ; cf. Eludes iraniennes, II, 169-171).

76. « On lui donne visbàcà » P. c’est-à-dire les aliments empoisonnés que reçoivent les damnés dans l’enfer ; hvarethanàm hê heretanâm vîshayàatca vishagaitayâatca, Yt. XXll (éd. Westergaard), 36. Autres allusions dans les Gâthas ; XLIX, Il c ; LUI, 6 4. — avaètàs, anâk ravishn] cf. avùi, Y. XLV, note 9.

77. bùrôish ; litt. « a donné de la plénitude… ».

78. L’empire sur les eaux et les plantes.

79. vazdvaré, pîvarttvam ; c’est-à-dire les biens dont il dispose, la graisse étant l’emblème du troupeau (cf. note 40 et Y. XXIX, 7). Ce passage prouve bien que déjà dans les Gâthas les Amshaspands ont leur empire matériel. — vazdvaré, afghan vâzda, vâzga « graisse » [Chants populaires des Afghans, XXIV, note).

80. citbrâ î budbàoiibè yatbanà vaèdemnâi manaiibà — vobù bvô kbsbatbrâ asbeni vacanbà sbyaotbanàcâ baptî. Litt. « celui-là, avec bonne royauté, pratique (bapti, obdûnênd) l’Asha en pensée, en parole, en action, les choses manifestées au sage [= par le sage] comme il enseigne [cigûnash âkâsîh yakbûnêt » ; cf. XLlll, n. 46).

81. vàzisbtù… astisb, le corps qui te porte le mieux [bûrlâr Idn) ; imité Y. XIII, 2, note 7. — Cf. Dinkart, l. L, § 26:« Dans le monde tout est au mieux quand chacun pense, parlent agit conformément à l’instruction du maitre ; le bon roi est celui qui avec bonnes paroles a aussi honnête action; et dans le monde terrestre, c’est dans ce roi qu’Auhrmazd réside le plus » [Auhrmazd dar glll indhmânîh pun tant old khùtdl vêsh).

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HÂ 32 — GÂTHA ÂHUNAVAITI 5



1-5. Les prétendues vertus sociales et laïques ne sont rien par elles-mêmes sans la foi, sans les vertus religieuses et morales, représentées par la religion de Mazda. Le bon parent (hvaêtush), le bon confrère (verezéna), le bon serviteur (airyaman) 1 [741] se présentent à Ahura, lui demandant les récompenses qu’il promet à ses suivants ; il les repousse, parce qu’ils sont infidèles : « Vous n’êtes que des Daêvas ; vous adorez le Mensonge et l’Orgueil, vous arrêtez la marche de la Parole Sainte (3) ; vous égarez les hommes, qui s’éloignent de Vohu Manô (la Bonne Pensée) et perdent l’intelligence des choses divines (4) ; vous les perdez dans les deux mondes en faisant régner Ahriman (5).

6-7. Mais Ahura tient le compte des œuvres et les mondains seront punis : ils ne savent pas les tortures qui attendent à la fin du monde, dans le bain de métal fondu, ceux qui auront fait régner les doctrines du mal.

8-9. Yima leur avait en vain appris qu’on doit donner aux justes la part de sa table. La fortune est une bonne chose, quand on en use bien : mais eux nous dépouillent.

10-15. Invectives contre les diverses sortes de persécuteurs ; contre celui qui jette le mauvais œil, celui qui donne au méchant et qui insulte le juste ; contre celui qui rend la campagne inculte (10) ; celui qui abuse de la force, celui qui dépouille les justes de leurs biens ou de leur foi (11) ; celui qui gaspille la vie animale on la vie humaine, qui ne veut le pouvoir que pour faire le mal, qui préfère l’argent au droit (12) ; celui qui se plaît à faire couler les larmes et empêche d’enseigner la Religion (13) ; celui qui vend la justice ; celui qui tue les animaux pour le plaisir de tuer (1 4) ; qui, ayant le plein pouvoir, n’en use pas pour développer la vie (15).

15-16. Les oppresseurs, aveugles et sourds à la loi d’Ahura (les Kavis et les Karapans), seront anéantis : ceux qui suivent cette loi seront portés par les anges au Paradis. La plus excellente des choses, c’est l’enseignement du bien donné avec clarté et intelligence.

Dhikart, IX ; 9 [Sùtkar)\ 32 ( Varshtmcinsar) ; 54 (/ ? rtiA’). — Le Chn l Gâsûn (p. 14) fait de ce Hâ celui de Spendurmal, la Terre, et de ses seize stances (§ 7) le symbole des seize contrées énumérées dans le Vcndidad 1.

1. Ahyâcâ hvaêtush. — Ils lui demandaient [ses faveurs]’comme parents, comme confrères, comme serviteurs^. « Nous, Daêvas, [disaient-

1. ahyâcâ… yâsat, sous-entendu znk jânî 6.

2. Trois démons, dit le Dînkart, se présentent devant Ahura et lui demandent ses récompenses : « l’un dit qu’il est parent fidèle, l’autre confrère fidèle, l’autre vassal fidèle : nous sommes, disent-ils, les esprits qui font régner la loyauté entre parents, entre vassaux et confrères… ta religion et ta loi sont les nôtres et nous faisons ton désir ; qui t’est ami, nous l’aidons ; qui t’est ennemi, nous le mordons ( ?) : nous te demandons une place dans le Paradis, la récompense des justes » [êvak aigh khvêshUi t adrûjishn havâam.., êvnk-ic aîg/i [v]ârûn^ih î adrùjishn, êvak algh a’irmâmh î adrûjishn havâam gùflan pun danâ atgh : zak ma’tnôg havâ-cm amat nafshâ alrrnân U vârûn êvak Ivatâ tant mitrô là drûjênd… Dinkart, IX, 32, 2).

Ces trois termes hvaêtu, verezéna, airyaman, marquent les trois relations sociales les plus importantes de la vie dans le système des Gàthas :

1® hvaêtu est le parent (ph. p. khvêsh), c’est le lien naturel.

2“ verezéna est traduit en pehlvi vârûn ou vâlûn, qui en dérive et qui a disparu en persan : mais il est traduit en sanscrit svapankti « qui est du même groupe », et quelquefois il est glosé en pehlvi hamsâyak ; hamsâyak signifie littéralement « qui vit sous la même ombre » ; il signifie en persan moderne « voisin » hamsâya (Y. XXXlll, 4 é, cf. note 15 ; XLVI, le ; LXIV, 25, éd. Sp.). Mais le mot « voisin » doit se prendre naturellement dans un sens technique et plus précis que le mot français : ce sont les vicini du droit germanique, c’est-à-dire les membres de la même guild, de la même corporation, ce que rend bien le sanscrit svapankti. La confraternité de sva-pankti peut être, soit celle du clan, soit celle de la corporation, l’une et l’autre ils], notre âme, comme la sienne ^ mérile les joies d’Ahura Mazda. Nous voulons être tes messagers, repousser de loi ceux qui te veulent du mal. »

2. Mais Ahura Mazda, en pleine maîtrise de Voliu Manô du fond de Khshathra et en amitié avec le bel Aslia ®, leur répondit :

« C’est la bonne Spenta-Armaiti que nous aimons’: qu’elle soit en nous !

3. « Mais vous, Daêvas, vous êtes tous l’engeance d’Akem Manô^ ; et celui qui vous sacrifie grandement appartient à la Druj et à l’Orgueil et

si puissante en Orient, l’une et l’autre entraînant voisinage, et la corporation étant le clan en ville ; verezéna semble être resté dans le vieux persan barzan « quartier ». Je traduis verezéna par « confrère », mot qui se prête aux deux directions indiquées.

3“ airyaman est traduit âdeçika « l’obéissant », traduction qui concorde avec la constitution du mot qui est le concret d’àrmaiti ; il marque un lien d’homme à homme, un lien d’hommage ; « ami » qui est le sens du sanscrit aryaman est trop égalitaire, bien que dans un passage (Yasna XL, 4, 10) il soit remplacé dans la nomenclature par hakhemà, hamkhâk\ « homme-lige, vassal » serait peut-être l’équivalent le plus exact ; nous traduisons « serviteur », en prenant le mot au sens le plus relevé.

La traduction littérale du premier vers est : « Il demandait à lui comme parent ; [il demandait] à lui comme confrère, en compagnie du serviteur ». — yàsat, au singulier, chacun des trois mécréants étant supposé parler à part (voir la citation du Dlnkart).

3. Litt. « La joie d’Auhrmazd de lui (Zoroastre) [appartient] à notre pensée, démons » ; c’est-à-dire que « notre pensée est aussi vertueuse que celle de Zoroastre » et nous avons droit aux joies qu’Ahura lui donne.

4. téng : dàrayô ; pluriel d’un adjectif verbal [tèng-] dàri.

5. sâremnô vohù mananhà : « dans la maîtrise de Vahûman, c’est-à-dire que Vahùman loge en lui » ; sàremno, dénominatif de sàra « tête, primauté ».

6. Incarnant la bonne pensée, la souveraineté juste, la sainteté, les vertus des trois premiers Amshaspands.

7. Ce que j’aime avant tout, c’est la piété docile et soumise, et non les vertus civiles dont vous vous réclamez. — Dinkart, l. A, § 6 : « pour s’abstenir des [œuvres des] démons il faut héberger en soi Armaiti [madam pâhi’îjî min shêdâân râi bûndak minishnih pun tan mâhmdnînUan). — C’est à cause de ce vers que le Shâyast consacre ce Hâ à Spenta-Armaiti et à la terre.

8. Vous paraissez là où est Akem Manô « la Mauvaise Pensée » (l’adversaire de Vohu Manô).

9. Suppléer hô devant dmjascà pour le vers et pour le sens. Pehlvi : « celui qui vous sacrifie beaucoup devient plus faux [drôjantar) et plus orgueilleux ». Le culte des vertus mondaines encourage la déloyauté et l’orgueil. à sa suite progresse l’erreur qui fait cesser la sainte parole’* sur les sept parties de la terre

4. « Car vous égarez l’esprit 13 dans les deux mondes 14 et pervertissez les hommes 15 : et les hommes se mettent à dire les choses qu’aiment les Daêvas 16, s’éloignent de Vohu Manô 17, dépérissent de l’intelligence d’Ahura Mazda 18 et de la sainteté.

5. « Vous trompez les hommes et sur le bonheur de la vie et sur l’immortalité quand le mauvais esprit, avec vos pensées mauvaises, ô démons, avec vos actions et vos paroles mauvaises, rapporte l’empire au Méchant »

6. Les criminels seront punis à l’heure et par les instruments qui ont été

10. shyaornàm aipî daibitànà : « en progrès ensuite [sont] les mensonges ».

11. yàisli asrùtlùm « par lesquels il y a non-audition » ; cf. Y. XXXIII, n. 25.

12. « Sur la septade de la terre », sur les sept karshvares de la terre : voir Vispéred X, 1, texte et note.

13. yatyùslitâ (Geldner yùslità) framîmatbà. — f l’aniimatbà est traduit frâj minishn varünêt « vous détournez la pensée », traduction étymologique, le scoliaste ayant cru reconnaître dans la syllabe mî un parent de man ; mais le sens général est exact, quoique 1’ « esprit » ne soit pas exprimé directement : mîmatbà semble un redoublement de mjitb (le sanscrit mantb « agiter » ), pour *inîmanlbatbâ ( ?) ; yùsb est « vous », comme au § 3 ; néanmoins le pehlvi qui, au § 3, rend correctement yùsb par lakûm, le rend ici par ayûjishn « union », comme s’il avait afiaire à un dérivé de yuj ; mais comme il entend par là le couple des deux mondes, le monde céleste et le terrestre, il est possible qu’il n’y ait là qu’une étymologie, les deux mondes étant représentés par le duel tà : cf. tà au vers 5 a.

14. En ce qui touche leurs devoirs envers les êtres du ciel et ceux de la terre.

15. Litt. « en quoi les hommes (deviennent) faisant le pis » (acisbtâ daùtù ; superlatif, quant au sens, de duzh-dào, akù-dào).

16. IJlnkart, l. L, 4 : « ils en viennent à considérer comme le bien parfait ce qui fait plaisir aux démons » (frâj pun ahlâyîhic pdhlûm zak t shêddn dôsidt mlnênd).

17. sizbdyamnà ; P. sîshd aigkshân min rakiük ; N. teslidm dekât Gvahmanas dure dsie.

18. C’est-à-dire qu’ils perdent l’intelligence (Dlnkart : frâj khart barâ nasânênd) ; cf. strophe 9.

19. Glose : « Quand vous dites que c’est par vous que se fait la bonne vie et le nonmourir ».

20. Quand vous faites régner Ahriman par le mal que vous faites, vous détruisez le bonheur des hommes dans ce monde et dans l’autre. — Ici s’arrête le discours d’Auhrmazd. Les vieux manuscrits ont au § 3 la glose marginale pasukhi Aulirmazd « réponse d’Auhrmazd » et aux §§ 4-5 frâj gavishni Aulirrnazd « discours d’Auhrmazd » : ils mettent les strophes suivantes dans la bouche de Zoroastre. dits-*. 0 Aluira, lu sais d’un excellent esprit" faire juste compte*’, et quand toi et Asha aurez l’empire, les hommes seront instruits et sauront.

7, Ces pécheurs ne savent pas le châtiment éclatant *’qu’ils attirent sur eux par leurs enseignements *®, le châtiment annoncé, au moyen du pur métal mais toi, Ahura Mazda, tu connais bien leurs crimes

8. Ces pécheurs avaient pourtant entendu Yima, fils de Vîvanliat, qui enseigna aux hommes de nous donner une part de la viande qu’ils mangent

21. pouru-aènào énàkhshtà:énàkhshtâ est rendu, par fausse étymologie, Mn hoyaIninUiU « vengeance est désirée », ënîi étant rapproché de acnah; énàklishtà est sans doute un désidératif de àz. — Ils seront punis « à l’heure où les âmes rentreront dans les corps »:en ce moment « l’airain fondu, versé à Ilot sur la terre, torturera les méchants, laissera les justes indemnes » [Dhikorl, l. L. 25).

22. Avec justice parfaite.

23. liàtà marànè… vùistà « tu sais compter les choses » (marànê, infinitif de mar ; cf. iirvànè, Y. XXXI, 2, n. 5); de là le nom d’Ahura, hâta marenish, Yt. I, 7. — Cf. Mazdâo sahvâré mairishtù, Y. XXIX, 4 a, n. 18.

24. séùghù vidàm « il y a enseignement de sachants ». Glose:« Quand vous aurez la souveraineté parfaite, chacun connaîtra la vertu ».

25. àj « ’)i (K® ; Geldner aojùl ; le pehlvi zanishn prouve la lecture âjoi, traité comme àz dans le upâzananàm iipâzoît du Vendidad, madam zanishn madam zanêt) hàdrùyâ ; zanish rôshan. Glose ; « ils ne savent pas quel châtiment et combien grand attend leur âme ». àjùl était sans doute analysé en â-jùi; voir note suivante.

26. yà jôyâ séùghaitè : man zanish amùkhütid, « quel châtiment ils enseignent », c’est-à-dire que « pour les choses qu’ils enseignent leur âme sera frappée ». jùyà est un dérivé de ja = jan ; jùya est pour jâ-ya ; âjôi (note précédente) est à-jôl de à-ja.

27. « Qui les mordra ». Il s’agit du métal fondu qui doit torturer et consumer les impuretés humaines à la résurrection ; voir plus haut, Y..XXX, 11, note 39. — hvaènà ayaiihâ est rendu dans Nériosengh uttamena lohena : il semble donc voir dans hvaêna un dérivé de hu ; je traduis « pur » par conjecture : hvaêna a le suffixe des noms de matière : serait-ce « le métal de bonne qualité » ?

28. Ou peut-être « les criminels » : irikhtem : P. raspak ; N. krûrakarmakritdm (qui accomplissent des actes cruels). C’est erekhtem qui forme le second terme de l’expression ùôkht. êrakhl (voir Y. XXXI, note 15), où il s’oppose à hôkhl « pur, innocent ».

29. Yé mashyéng cikhshnushô ahmakerig gâush l)agâ hvâremnù : manasli 6 anshûlâân cdshit aîgh landîgdn basryd pnn hajishn vashtamûmt « qui enseigna aux hommes à manger avec distribution (N. daxinayd) de viande aux nôtres ». — cihhshnushù, de khshnu « savoir, faire savoir » ; cf.khshnùt « connaissance » Y. XXXI, note 11. On serait tenté de traduire : « qui réjouit les hommes (de khshnu « réjouir », d’où khshnaothra), en nous donnant une part de la viande qu’il mange » ; c’est ainsi qu’entend le Dînkart, l. /., § 12 [a.sh. shnâymU mariûm) ; dans un cas comme dans l’autre, hvâremnù se rapporte à Yima : « il enseigna (ou il réjouit) les hommes, Ceux d’entre eux qui sont ainsi à moi, ô Mazda, seront plus tard tes élus

9. La parole du mauvais maître^* fait périr par ses enseignements l’intelligence des vivants Ils m’enlèvent les biens de la fortune, qui sont pourtant une chose désirable [quand ils appartiennent] à Yohu Manô^^. C’est pour ces paroles de ma pensée^® que vers vous, ô Mazda et Asha, je pleure.

10. Cet bomme-là fait périr ma parole qui jette le mauvais œil et le charme sur le bœuf etsurlesoleiP’; et aussi celui qui donne au méchant^® ;

mangeant avec ciislribution de viande à nous ». La paraphrase de Dînkart est très obscure : elle semble indiquer qu’il ne faut pas gaspiller et jeter la viande, ni tuer inutilement, mais seulement pour son besoin et celui de ses serviteurs (Cf. Y. XXIX, note 8 et plus bas stance 14).

30. aèshàmcit [yôi] à ahml thwabmi Mazda vîcitliôi aipi : « de ceux-là, ceux qui [sont] en moi (— à moi), seront, ô Mazda, en ton choix plus tard ». ahnii « en moi » est glosé dar zak gâsân « dans les Gâthas » et li pun gàsânîgili barâ dôsliH « ils m’aiment dans la religion des Gâthas ». Fràmji ; « Ceux qui aiment la parole de mes Gàthas, toi aussi, Hormazd, tiens-les pour bons. »

31. Les mauvaises doctrines.

32. La détruit ; cf. strophe 4. — jyàtéush « la vie, ce qui a vie » [zivishnômand) est un collectif.

33. apayaùtà, àpûrt ; cf. Il b, n. 42, apayèiti = skôcrûnad.

34. A la Bonne Pensée, c’est-à-dire quand ils sont aux mains de croyants qui en font bon usage [amat pun frârûnih yakksanûnand) et en suivant les indications de Zoroastre [khvâstak pun dastôbar i li apâgat dàsklan). L’hérésie et l’incrédulité vident la caisse religieuse.

35. ta ukhdhà mauyéush maliyà ; la bonne parole et la bonne pensée étant méprisées : « de ce que la religion des Gâthas ne marche pas, je me plains ».

36. « Il fait que la Religion ne marche pas » [aigkash aravâkik ô dîn gahbûnêt) ; car il fait précisément le contraire de ce que Zoroastre ordonne.

37. Litt. « qui parle en regardant très méchamment de ses deux yeux le bœuf et le soleil » (cf. Y. IX, 29, 91). Cette strophe est récitée comme exorcisme contre le mauvais œil [Rivàyat J.D. p. 40 a).

38. dàthéùg drejjvatù dadàt « qui donne des dons au méchant « . Cf. XXXI, 14, n. 54 et XLVI, notes 67, 78. — « Quand l’on fait une largesse ou une libéralité, dit le Saddar, chap. xxix, il faut la faire à des gens qui en sont dignes. Il faut se demander : Cet homme à qui je fais ce don est-il digne ou non ? Et il faut bien prendre peine pour ne pas donner à l’indigne. Car dans la Loi (zz : l’Avesta), si quelqu’un lait une libéralité à l’indigne, on appelle cela œuvre sotte et don sans profit. Chaque jour grandit pour le donateur le châtiment et la torture, et l’objet donné, c’est comme s’il l’avait détruit. » et celui qui désole la campagne^’* ; et celui qui insulte le juste^".

1 1. Et me font aussi périr les méchants qui cherchent leur vie dans [les abus de] la force^*:celui qui enlève leurs biens à la maîtresse et au maître de maison’^— ; et ceux qui dépouillent de Vohu Manô le juste excellent’’h ô Mazda;

12. et ceux qui vont meurtrissant les hommes et s’écriant que c’est la plus belle des choses^:ceux-hà Mazda les maudit et ceux qui massacrent les animaux de gaîté de cœur^®, elle Karapan qui préfère l’argent au droit et cherche le pouvoir pour faire le mal;

39. vàstrâ TÎvàpat:vâstar vîydpânînU « qui rend les champs incultes ». viyâpân, persan Inâbân; cf. p. 119, note 10.

40. vadaré vôizbdat ashâunê : pmkafatayâ nindâm dadnti muktâtmanâm : Cf. Y. IX, notes 92, 96.

41. Cette traduction ne rend que le sens général qui est établi par les gloses ; « ils disent : si l’on veut vivre, ce n’est que dans notre voie… ils font le mal dans la qualité de chef et de suivant [pun pêshôpâih û pasûpâih vinâs obdûnênd). Le détail est douteux, à cause de l’énigmatique cikoiteresh.

42. apayèiti raêkbiianhô vaèdêm : shôcrûnad zâk rêkhn vindisim, « il enlève possession des biens » (raèkbuô, ph. rêkhn-, Fr.\mji : matâ « biens » ; c’est le védique rèknas). Ils confisquent le bien des particuliers « pour le donnner à leurs amis » aïyh khvdstak bard 6 hamîh [ ? lire hamkhah : Framjî : poldnâ ydrônê^ yahbûnêt).

43. De sa vertu. Il s’agit de l’Ashemaogha « qui ébranle le caractère du juste affermi dans la vertu » (nihdfak î shapirdn pun frdrûn\h anakhtûnt bard ramttûnU) P.

44. J à ràoûbayeii sravaiibà | vabisbtàt sbyaotbauât maretànù ; litt. « par laquelle parole ils font le mal aux hommes de par excellente action » ; le pelilvi, renversant verbe et substantif, traduit : « man rêsh srdyind pahlûm kuniskn ô anshûtddn, ceux qui chantent que faire le mal est la plus belle action à l’égard des hommes » : il s’agit « des tyrans qui se jouent de la vie humaine » [sdsldrdn apatmdn kûshishnî/i ; Nériosengh a lu kôkhshishnïh « les luttes continuelles des tyrans » et traduit anydyindm apramdnayuddhatvam).

45. akâ mraot : P. zanishn yûft’, N. vighdtam abravU, « leur annonce le coup ».

46. urvfikbsbukbtî « en parlant gaiement » [urvdkhmanîh yamlalûnand). Ils tuent le bétail sans besoin et en riant ; cf. stance 14, note 59.

47. Litt. « Et ceux par qui l’argent est préféré au droit, le karapan » (le tyran sourd à la parole divine ; v. Yasna, IX, n. 55) ; grcbma, l’argent mal gagné ; le ph. garde le mot yrakmak (grahrnak min ahldyi/i dôshît-tar ;… aîghskân khvdstak shapir maduiiimùnil aîgh kàr u karfak « ils aiment le grahrnak plus que la vertu ; c’est-à-dire qu ils considèrent l’argent comme meilleur que les bonnes œuvres » ). N. a laiicd, corruption, concussion (phi. pdrak, 13 a).

48. Litt. « et [il préfère] la fraude (ou la Druj) cherchant le pouvoir ». Glose ; « et ils désirent le pouvoir avec fraude ». « Broyer le Hôm et rUrvarâm ; sonner avec le Hâvan ; verser le zôhv, liltrer sur le filtre à Hôm placé sur le vase à lait^ » » •

13. et ceux qui désirent le pouvoir pour en faire argent^", hantés des plus viles pensées^’; et ces destructeurs de ce monde qui ne désirent que gémissements ô Mazda, et qui empêchent l’apôlre de ta parole d’enseigner le Bien

14. Celui qui vend le pouvoir pour l’argenl^^ a livré son intelligence aux Kavis^“ ; et aussi le juge fourbe®^ qui vient au secours du méchant et celui qui faisant égorger le bœuf raille et dit que la boucherie est le secours qui écarte la mort

49. Hôm U urvardm kôflan, ukàvan skikdflan, zÔ7’dar karlan, pun hôm-pdlak kartan man rnadam rôlshài jtvddn ijakoijamCinêt.

50. Litt. « Le pouvoir que désire le grebma » (note 47).

51. Litt. « dans la demeure delà très mauvaise pensée » ; c’est lui-même ()ui est cette demeure. Glose : « il se dit : Je donne cent, je recevrai deux cents » : yrehma est ici l’usure.

52. Le pehlvi l’entend du monde spirituel : « ils détruisent le lieu de là-bas », (ou « sa place là-bas » ) ; le Uinkart, l. L, § 22, entend les deux mondes : « ils détruisent leur âme et détruisent le monde ».

53. yaécà… jigerezat kùmé ; litt. « et ceux que on gémit à leur souhait », c’est-àdire « dans leur domination, ce qu’ils désirent, c’est que les hommes soient en lutte l’un avec l’autre ».

54. Litt. « il garde (— il empêche) l’apôtre de ta parole » (c’est-à-dire le chef de la religion « pêshpdl pun dm) de la démonstration de l’Asha ». Glose : c’est-à-dire que « l’Aharmôk l’empêche de faire bonnes œuvres » ; ou peut-être : « il empêche l’Aharmôk de faire bonnes œuvres » (en empêchant les missionnaires de l’éclairer).

55. aliyâ grebmô à-hùithôi ; traduction conjecturale : old yuan pun grahmak masïh, « celui pour qui grandeur est dans le grahmak, c’est-à-dire qui donne pouvoir pour corruption ». Litt. « de lui corruption dans l’âhôitba », àhôitha signifiant masih, mahattvam.

56. Les tyrans aveugles à la vérité (voir Y. IX, note 55).

57. Traduction tout à fait hypothétique : varecâo hicà fraidivâ ; le texte pehlvi a : varjândn apdrùn ddndkdn u frdî-ddtistdn, man pun apdrûnth anband ( ?) pun babâ yak/isanûnd. varecâo désigne ici l’habileté mauvaise (apdrùn ddndkdn-, cf. Vd. XX, 1 où varjômand, non qualifié, est dândk) : fraidivâ — frâi ddlistdn P., prabhûta nydya N., ce qui semble désigner les excès de la justice : le texte de la glose pehlvie est mal établi : le mot que je transcris anband (d’après une glose marginale du Yasna de Burnouf) peut être hûbôd-, et le sanscrit samcayam prouve que Nériosengh lisait anbdr : J* et Pt* ont bùn au lieu du babd&Q Spiegel : mais le dvdra de Nériosengh prouve babd-, rien ne répond à bîcâ et l’on serait tenté de corriger en varcâonhicâ, si les manuscrits n’étaient tous d’accord dans la coupe.

58. En rendant jugement en sa faveur.

59. saocayat, traduit gûft « il dit » ; je le traduis d’après saoca « raillerie » [afsôs, 15. Puisqu’ils ne se convertissent pas*^®, les sourds et les aveugles seront anéantis®— ; et ceu.A-là aussi qui, ayant le plein pouvoir, ne donnent point la vie®\.. Mais les tiens seront portés par les deux [anges] dans la demeure de Vohu Manô®®.

1 6. La plus excellente des choses, c’est l’enseignement vertueux [donné] avec intelligence®®, par l’homme capable, ô Mazda Ahura, d’éclaircir mes doutes®’; car au méchant viendra la soutîrance et [viendra] la récompense qu’il mérite à celui qui désire proclamer [la loi].

17. Dans ma prière, les mains tendues… (Y. XXVIII, 1 ; 2 fois).

Yathà ahù vairyô (4 fois).

Ashem vühù (3 fois).

Nous sacrifions au Hà Ahyâcâ hvaêtush.

Yénhê hâtàm.

Yt. XXII, 13 ; cf. Etudes iraniennes, II, 131), et d’après urvâkhshukLti (plus haut, stance 11, note 46).

60. anàîsli (~ an-àish) : an-yâlûnishn râi, amat harâ 6 danà din là yâtûnand : « pour ne pas venir, c’est-à-dire s’ils ne viennent pas à cette religion » : cf. Y. XXVIII, 9, note 33.

61. Voir Y. IX, note 55.

62. à vi nénàsâ, hard avin ijahvûnand « deviennent invisibles, s’évanouissent ».

63. Qui, ayant ta pleine puissance, n’en usent pas pour protéger ou développer la vie du monde.

64. « Haurvatât et Ameretât » qui nourrissent les âmes des bienheureux au Paradis : Yt. 1, 25.

65. M Dans le Garôthmân », le Paradis ; cf. Vd. XIX, 31, 102.

66. yé ushuruyê syascit dahmayà (Geldner dahiuahyà ; l’enseignement de l’homme de bien) ; punfrâkh ôshih àmûkhtiskn zak i dàhraihâ i veh martihâ « l’enseignement (syascit) avec large intelligence vertueusement ». La traduction adverbiale dàhmllid, véh marlikd, favorise la lecture dahmayà contre dahmahyà ; frdkli ôshih est une traduction étymologique, ushuru, dans lequel ru est sans doute un simple suffixe, étant décomposé en ushi et vouru.

67. yèhyà mà aithishclt dvacthà : aitliish est rendu dshkdrak’, faudrait-il corriger en haithish, dshkdrak étant la traduction ordinaire de haithya ? Ce qu’il y a d’étrange, c’est que le dernier vers de la strophe semble présenter une faute d’orthographe du même genre : ahhayà est traduit arjdnigih, ce qui semble renvoyer à banayâ ; ce sont deux fautes, si faute il y a (car il faudrait en supposer une encore au Hâ L, 3 a), qui s’e.xpliqueraient assez bien dans l’hypothèse que dans la copie d’où dérivent nos manuscrits cette strophe a été écrite sous la dictée.




HÂ 33 — GÂTHA AHUNAVAITI 6



1-4. Accomplir la loi dans sa pureté primitive, c’est faire le mal au méchant, faire du bien au juste, repousser par le sacrifice l’Indocilité à la loi, l’orgueil, la mauvaise foi, la dureté.

5. Invocation à Sraosha pour obtenir son secours à l’heure de la mort, afin de passer au Paradis ; à Vohu Manô pour obtenir son assistance à l’heure de la résurrection (§ 6) ; à Ahura, pour obtenir la vraie loi et les dons qu’il promet à ceux qui la suivent (§§ 7-8). Ahura donne aux hommes l’exacte mesure de bonheur qu’ils méritent : qu’il nous donne tous les biens de la fortune, richesses héritées, acquises, et à venir (§§ 9-10) !

11-14. Invocation à Ahura et aux Amshaspands ; qu’ils lui pardonnent ses fautes, le délivrent de ses ennemis, lui donnent la force pour faire le bien aux hommes ! Il leur remet toute la direction de sa conduite, pensées, paroles et actions.


Ce Hâ est d’un caractère beaucoup plus abstrait et plus vague que les précédents et se traîne davantage dans les généralités édifiantes. D’après le Cim î Gâsân (§ 8), ses quatorze strophes symbolisent l’action des Amshaspands sous ses deux formes, matérielle et spirituelle. Il a été utilisé par la liturgie (stances 4 et 11) et certains vers, entre autres le début des stances 4 et 6, donneraient à penser qu’il a été écrit dès le début pour le sacrifice.


Consulter Dînkart, IX, 10 (Sûtkar) ; 33 (Varshtmânsar) ; 55 (Bak).


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a 1. Yathâ âish ithâ. — Regardez’et accomplissez les lois données au début du monde^, les œuvres très pures qu’ordonne le Ratu*, tant pour le méchant que pour le juste ^ et pour celui en qui se rencontrent en égale mesure le mensonge et la pureté®.

2. Celui qui avec l’œuvre de sa parole, de sa pensée ou de ses mains, afflige le méchant et qui se fait instruire dans le bien®, celui-là donnera Ahura Mazda son gré et son plaisir.

3. Celui qui fait le bien® au juste, au parent, au confrère, au serviteur® et veille activement au bien du troupeau celui-là appartient au Bien, est un ouvrier de la Bonne Pensée".

4. C’est donc toi que j’honore de mon culte, ô Mazda, non*^ l’Indocilité

1. J athâ àish ithâ vareshaitê ; litt. « comme vu, ainsi il accomplit »:âish, pun mkîrishn, cf. Y. XXVIII, 11, n. 39 ; XXXI, 2, n. 5.

2. La loi première, « la religion des Gâthas ».

3. ratush shyaothanâ « les œuvres duRatu », c’est-à-dire conformes aux instructions du Dastûr, du guide spirituel (D’mkart, IX, 33, 2. pun dastôbar kartan î kuld Adr). — Zoroastre, assailli à sa naissance par les démons, prononça ce vers et demi au moment où ses bras sortaient du sein de sa mère, et l’Esprit de ces mots repoussa le démon (Dinkart, IX, 24, 9).

4. « Pour le méchant qui veut devenir juste ; pour le juste qui veut devenir plus juste encore » (P.).

5. Litt. « et celui pour qui viennent en égalité les [actes] de mensonge et les [actes] purs ». — mithahyâ, pluriel neutre de l’adjectif mîthah-ya, dérivé de mithô. hémem yâsaitê, ham mat yakôyamûnït, viennent en égalité. « M. Roth a reconnu, avec beaucoup de sagacité, dans ce passage l’origine de V hamêstagân des Parsis. L’Aamêstagânesl le lieu intermédiaire entre l’enfer et le paradis où attendent le jour de la résurrection les âmes dont les fautes et les bonnes œuvres s’équilibrent exactement à la balance de Rashnu [Ardâ Virâf, VI, 5, Il ; Hâdôkht Nask, I, 35, éd. Haug). Hamêstagân ne vient donc pas de ham îstâdan (Lexique à Y Ardâ Viraf, p. 37), mais de ham yàs. — Le pehlvi hamyêstânig dans la glose signifie « qui est du *ham-yâsa « qui a l’égalité d’action ». — Le vers est cité pour la définition de V hamêstagân dans le Vendidad pehlvi, p. 95.

6. vanhâuvâ astim côithaitê « enseigne sa personne dans le bien »; ou peut-être « se fait instruire par l’homme de bien ».

7. râdeùtî, védique râdh. Il fait à Ahura l’offrande la plus agréable.

8. vahishtô:voir XXX, 2 a, note 5.

9. Voir Y. XXXll, 1, note 2.

10. vîdàs.. thwakhshanhâ gavôi « voyant avec activité (tùkhshdkth) au troupeau »; cf. Y. XLIII, note28.

11. vanhéushcâ vâstrè mananhû « est dans le travail de Vohu Manô », c’est-à-dire « lui fait du bien ». — vâstra, v. Yasna XllI, 9.

12. Ou plus littéralement : « Aussi je repousse de toi par mon culte, ô Mazda,

[742]
et la Mauvaise Pensée 13 [743] ; ni l’Orgueil contre parents 14 [744], la Perfidie proche contre confrères 15 [745], ni l’Insulte aux serviteurs 16 [746], et le mauvais traitement du troupeau 17 [747].


« Broyer le Hôm et t’Urvarâm, sonner du hâvan jusqu’à la fin de la strophe 18 [748] »


5. J’appelle Sraosha à mon secours à l’heure où viendra la grande affaire 19 [749] : fais-nous atteindre l’empire de Vohu Manô toute la durée de la longue vie 20 [750] ; [fais-nous atteindre] par la vertu les voies pures où demeure Mazda Ahura 21 [751].


6. Moi, le Zaotar, saintement pur, j’appelle [les dieux] du Paradis 22 [752] : pour cela [Vohu] Manô viendra m’aider 23 [753], quand s’accomplira l’œuvre projetée 24 [754] ;

car il est deux choses que je désire de toi, ô Ahura Mazda : te voir et t’entrelenir.

7. Je viens h vous : que voire bouche m’enseigne, ô Mazda, les choses excellentes -■• ; les choses que les très purs proclament par Asha et Vohu Manô*^ Faites apparaître pour nous les dons que demandent nos prières-’ ! 8. Faites-moi connaître votre loi, afin que je marche en Vohu Manô-’^ ; le sacrifice, ô Mazda, dû à un dieu toi que vous, et les paroles de louanges qui vous sont dues, ô Asha’" ! Donnez-moi la force d’Ameretàt et les festins de Ilaurvatàt".

9. C’est toi, ÎMazda, et cet Esprit^-, qui donnez l’accroissement de vertu et de pouvoir^^ Ce sont eux qui mesurent le bonheur" : Ahura l’apportion sera possible » : c’est Vohu Manô, c’est-à-dire la vertu des hommes, qui la rend possible. Cf. Minohhnrd, LU, 6-7.

25. à ma àidùm vahishtà àhvaithyàcâ (G. à hvailbyàcà) Mazdà dareshatcâ. Traduction conjecturale ; littéralement : « ô Mazda, qu’il me montre de sa bouche des choses excellentes à moi qui viens (vers vous) » : àidùm, accusatif de Aidu ou ài-dva, cf. asrùdùm, Y. XXXll, 3. note 11 ; - âhvaithyà câ, ptin puma « avec la bouche » ; semble un dérivé de àonh àh ; — dareshatcâ, nihlzis/tn (de dares-sh ; pour dareshatacà ?

« montrez »). Glose : « quand je viens à vous, dites-moi ce qu’il faut dire avec 

la bouche, montrez-moi ce qu’il faut faire avec la main » : la glose semble opposer àhvaithyàcâ et dareshalcà.

26. Vers que l’on récite en se coupant les ongles, par jeu de mot sur sniyè : voir Vendidad, XVII, 7.

27. Litt. « que paraissent parmi nous manifestes les libéralités suppliantes ! » [atghatân râl’ih ô lanà padtâk yahvûndt, « c’est-à-dire que votre libéralité se montre à nous » !).

28. Glose : « pour que je me donne à vous ». — arethà, n vos lois, l’Avesta et le Zend ».

29. « Pour que la Bonne Pensée réside en moi » (P.). 30. yasnem, staomyà. — C’est-à-dire enseignez-moi votre culte, votre liturgie : cf. XXX, 1.

31. Donnez-moi en retour la force et l’abondance, l’une donnée par Ameretât, Génie de l’immortalité, l’autre par Haurvatàt. — draom», «i"» ; quand draonô est employé au sens propre, il est traduit sûr ; au sens technique, il est transcrit darûn. 32. at toi Mazdà tém mainyiim asbaokhshayafitào saredyayâo : sujets absolus, toi et tém mainyûm, « toi et cet Esprit (Vahùman »), gouvernant le duel ashaokhshayaùtào ; n. 33.

33. ashaokhshayaùtào est un participe duel ; asha est virtuellement au génitif comme saredyayâo.

34. hvàthrâ maèthà maya : litt. « le bonheur demeure selon la mesure », c’est-à-dire « dans la mesure qu’il faut » [cand apàyat), dans la mesure méritée. tera^’ avec rexcellenl Vohu Manô ! Ils font l’œuvre ensemble en perfection ^", leur âme étant en accord’".

10. Tous les biens du monde, venus du passé, venant du présent ou à venir’^ ô Mazda, qu’il le plaise de nous les donner ! Puissé-je aussi grandir en bonne pensée, en pouvoir, en sainteté et en bien-être du corps ^’. Le Zôt met dans le Hâvan ce qui a pu rester sur lu pilon de Hùm et d’Urvaràm, essuie le pilon et dit en bâj avec le Ràspi :

Brisé soit Ganâ Mainijô ! Mali’diction mille fois sur Aliriman ! Puis il prononce à haute voix la strophe suivante qu’il répète trois fois : H. très bienfaisant (yé sévishtô) Ahura Mazda, et  :’maiti ; el loi, Asha, qui fais croîtrele monde ; et vous, Yohu Manô et Khsbalhra"’ 1 Écoulezmoi (sraotâ), pardonnez-moi^’, et donnez-moi partout l’empire^- (paitî) [3 foisy.

En prononçant le mot yé sévishtô, le Zôt jette dans le filtre tout le Hôm et YfJr- 35. Lilt. « qu’il l’apporte (le bonheur) ! ».

36. Litt. « de ces deux en perfection œuvre commune » (tâkurenem, ham karldrih • cf. sscr. *sa-karauam).

37. Cf. Yt. Xix[ 16.

38. Litt. « qui ont été, qui sont et qui seront » : glose : « qui ont été — héritage des ancêtres ; qui sont — amassés par moi-même ; qui seront — d’ores en avant ». 39. Donnez-nous les biens de Haurvatàt, et aussi ceux de Vohu Manô, de Khshathra, d’Asha et d’Ameretât. — Ce dernier vers est récité dans le KhorsIiH Numiish du matin : cf. Y. LXVllI, 23.

40. Invocation à Ahura et aux quatre Amshaspands spirituels. 41. " Pardonnez-moi les fautes que j’ai pu commettre » (P.). 42. àdâi kahyàcît paili, apam yahlnmél katdrcdipatih slialitdik i lulamd zaldci tamd « donnez-moi toute sorte d’empire, c’est-à-dire la souveraineté ici et là-bas ». paili est donc considéré, non comme la préposition, mais comme un abstrait de paili « maitre ... — A-dà s’emploie probablement, comme dans les Védas, au sens de .< recevoir, prendre » (cf. note 48 ; el XXVll, 1 ; XXXV, n. 11, où dad, sans préfixe, semble employé dans ce sens) : âdài serait un subjonctif moyen. 43. Cette strophe est déjà dans la liste des Thrishâmrùtas du Vd. X, 8. Voici comme le Slvhjasl là Shâyast essaie d’expliquer cette triple répétition (XIIl, 9) ■ « La triple répétition de la strophe yé sévishtô et la présentation du zôhr répondent aux quatre classes : aux mots Ahura Mazdào et Ashem fràdat le Zôt tient le zôhr à la hauteur du cœur et à sraolà il le lient à la hauteur du bras : c’est afin que les guerriers aient plus de cœur dans la bataille contre les étrangers et que les laboureurs aient le bras plus robuste pour labourer et cultiver. » vardm piles qui sont dans le Hàvan : il verse le zâkr de la coupe à zâ/n- " dans le Hâvan et du IIAvau dans le fdlre : puis il prend le fdtre dans la main et presse entre les doigts le /loin et l’Urvaràm dont la sève coule dans la coupe à Pârnhom" ; il retourne le Hàvan.

1 2. Délivrez-moi, ô Ahura^* (us moi uzâreshvâ Ahurâ) ! Ârmaiti, donnez-moi la force" ! très bienfaisant Esprit, Mazda, puiss6-je vertueusement saisir^* par Asha la force triomphante*’ et la Maîtrise par Vohu Manô^".

13. Donnez-moi que je puisse, par la force qui est vôtre’", faire à plaisir En prononçant les mots us moi uzàreslivâ, le Zôt essuie le fdtre, le met sur le Hàvan retourné (v. le niranrj précédent), met par dessus la coupe à zôhr vide et verse dans celle-ci la coupe à Parâhôm qu’il lave ensuite dans la cuve et dépose en la retournant au pied du Màhrû.

44. Tenir compte des indications liturgiques du S/idijasI là Shâyasl, note précédente.

45. Voici les indications de Pt* : vâcUt srishdmrutîg gavis/in. pun kulâ paiti hôm u urvarâm harà afshàrlslm ; skûrak dar miydn hôm pdlak anakhtûnishn. Rdsp’tg harâ rôishâ 4 angûst madain vakhdûnishn , olyadd hôi zôt yadrûnishn, jivdân inadam rôishd zôhr anakhlùnishn . « Répéter la strophe trois fois. A chaque fois, au mot [final] paitî, presser le hôm eil’i(r vardm ; mettre le fdtre à Hôm au milieu du vase [qui doit servir à recevoir le Paràhôm]. Le Râspi prend la coupe [de la maiu droite du Zôt], en la saisissant par la tête entre quatre doigts [c’est-à-dire entre le pouce et trois doigts] et la met dans la main gauche du Zôt. Mettre e jivdân (le vase à lait) par dessus la coupe à zôhr. » — Une partie de ces indications est prématurée : les opérations mentionnées depuis les mots Rdspig bard rôishâ ne sont accomplies que plus tard après la récitation de la stance 4 du Hà suivant, au moins dans la liturgie indienne. Voir Y. X.VXIV, 4.

46. uzâreshvâ : algham bôjâi.

47. Cf. Y. XXX, 7 6. — Le pehlvi semble avoir lu ârmaitim ; " [0 Ahura], donnemoi Armaiti et la force ».

48. vanuhyâ zavôâdâ ; zavô « saisie, action de saisir » [griftdr : cf. Y. II, note 3), dépend de âdâ « je prends, je fais pour moi », cf. note 42 ; vanuLjâ, adverbe de vohu.

49. ashâ hazô émavat : la force qui triomphe d’Ahriman.Le pehlvi, grammaticalement inexact, mais correct pour le sens, traduit : ahldyih madam ô slahmak Zanâk Minôi amâvand havd-t : « Asha est puissant sur le violent, sur Ahriman ». Cf. Y. XLIII, 4, n. 16.

50. fsératùm, sarddrih ; voir page 64, note 12. 51. yâ vé aljifrâ : a’igham pun kdr d’ind î lakûm patiik’ih yahvûndt apam yahbûnêt, « c’est-à-dire puissé-je avoir la force par les bonnes œuvres qui sont de vous et donnez-la-moi !

»

la joie [des hommes] - ; par les [dons] de Khshathra, ô Ahura, et par la dévotion de Vohu Manô ; et loi, Spenla-Àrmaid, forme nos caractères par Asha^

14. Et Zarathushtra, lui, t’ait don de son ànic. Il donne à Mazda la conduite "’ de sa pensée dans le bien’" ; à Asha, celle de ses actions^, et à Khshathra et Sraosha celle de sa parole". Zôt et Râspî ensemble :

45. Dans ma prière, les mains tendues... (Yasna XXVIIl, i ; 2 foh). Yatliâ aliù vairjô [4 fois).

Ashem voliù (3 fois).

Nous sacrifions au Hâ Yathâ âish ithâ. Yêûhêhâtâm.

52. Faire leur bonheur futur.

53. C’est-à-dire imprime en notre caractère la sainteté d’Asha. La strophe passe en revue les vertus des quatre Amshaspands abstraits. 54. paurvafatêm, la £ ;uidance (état de celui qui est devant, paurva)- cf Vi«néred IX, 4(X, 19).

55. Litt. <c la conduite de la bonne pensée », avec allusion à l’Amshaspand qui la représente, Vohu Manô. Le pehlvi n’est incorrect que grammaticalement en traduisant : « il donne sa conduite à Mazda et Vohu Manô ». 56. <( C’est-à-dire que je fais [seulement] les actions qui plaisent à Ashvahisht » (P.). 57. C’est-à-dire que sa parole prêche l’obéissance à la loi divine (sraosha) et la fait régner dans le fait (khsliathra). Le pehlvi traduit : « donne à Khshathra l’obéissance de la parole », ce qui signifie sans doute « fait obéir à la parole sainte par la force du pouvoir ».

58. Les strophes 12-13-14 forment le début de l’Atash Xyàyish ot la fin du Màh Yasht.

3i




HÂ 34 — GÂTHA AHUNAVAITI 7


1-4. Le fidèle offre à Ahura les pensées, les paroles, les actions qui réalisent les vertus des Amshaspands : les œuvres du juste dont l’âme est pénétrée de la sainteté (§ 2), du sage parfait qui en toute chose sert Ahura et les siens (§ 3). Ainsi, à l’heure du jugement dernier, il pourra affronter sans crainte l’épreuve du bain dans le métal brûlant où passent tous les hommes (§ 4).

4. Il met son pouvoir au service d’Ahura en entretenant ses pauvres et lui demande un signe d’évidence auquel faire reconnaître la vérité (§ 6) : car le vrai don à Ahura, c’est d’enseigner sa loi (§ 7). Horreur de l’hérétique, du négateur, qui égare le peuple (§ 8). Celui qui, connaissant le bien, ne le suit pas, est pire que les bêtes brutes (§ 9) ; le sage est celui qui fait embrasser aux autres les œuvres du bien (§ 10).

11-15. Zoroastre termine en demandant à Ahura de lui enseigner les règles du culte et la voie du bien où les justes trouveront un jour la récompense suprême ; il lui demande l’intelligence dans la vertu et la connaissance des œuvres et des paroles excellentes par lesquelles le fidèle pourra travailler à amener à la fin des temps le triomphe d’Ahura et le renouveau du monde (la Frashô-kereti).


Dînkart, IX, 11 (Sûtkar) ; 34 (Varshtmânsar) ; 55 (Bak).

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1. Yâ shyaothanâ. — Les œuvres, les paroles, les sacrifices qui donnent l’Immortalité’ et Asha et Khshatlira et llaurvalàt-, ô Mazda, c’est à toi avant tous antres ’ que nous les donnons, ô Aluira. 2. Car toutes les œuvres que nous t’offrons, sont œuvres de la Bonne Pensée et du Bon Esprit* ; ce sont les œuvres de l’homme de bien, dont l’âme a la sainteté pour compagne^ Je t’aborde, ô Mazda, avec les prières dues à tel que toi, et avec les hymnes des chantres". 3. A toi, ô Ahura, nous donnons le Myazda’ ; à Asha, sa prière* ; à Khshathra tous les mondes entretenus par Vohu Manô’^ Car celui-là est le sage parfait qui en toute chose sert vous et les vôtres’", ô Mazda. l.Litl. « par lesquelles œuvres, paroles, sacriUces, je donne l’Immoi-lalité... >> c’est-à-dire : « j’agis, je parle, je sacrifie de telle sorte que mon âme en deviendra immortelle ». — C’est d’après ce vers que le Skdyast consacre cet hymne à Ameretât.

2. Les œuvres qui manifestent les vertus de ces trois Génies. 3. pourutemâîsh, pêshtar.

4. Litt. « à toi toutes les choses données sont par [Bonne] Pensée (Vahûman) et [sont] Bon Esprit » ; (Maiiiyusli vanbush = Spcùtù Mainyusli). Glose : « c’est-à-dire j’ai offo t de telle sorte que je fais toutes choses selon la loi des Gàthas {pun gdsdntgUi ; idîntifiées à la volonté du Spenta Mainyu) et selon la vertu ». 5. yèbyà m-và aslià hacaitè ; ou bien(ains ; l’entend le pehlvi) : « dont l’âme a pour compagne la félicité » (des saints).

6. Les prières ici-bas, les chants au ciel : « ici-bas je t’adresse des prières et dans le ciel je te chante » (Nériosengh). — jrarôtnsli slùlàm : le pehlvi traduit dar garôlmdn sidijêm «je te chante dans le Paradis, » traduction incorrecte grammaticalement, exacte pour le sens. Litt. le sens est : « avec les {farô de ceux qui te louent » ; or le Paradis est dit gai-ô-demànem « la demeure du jfarô » (si le mot est composé) ou « du gar » (s’il est juxtaposé). Il est donc vraisemblable qu’il faut chercher dans garô {^ar l’idée d’hymne, de chant, et que ^ar est le sanscrit gjir « chant ».^ 7. Le Myazda est spécialement dans le sacrifice l’offrande susceptible d’être consommée : le sens général est « aliment » : c’est peut-être dans ce sens propre qu’il est pris ici, car la glose pehlvie porte : bar pun khvêshik l lak ynkhsûnam, « je t’approprie les fruits » [phalam svddlihmtayd dadlidmi), ce qui semble signifier qu’il reporte et donne idéalement à Ormazd tous les produits de la terre. 8. Autrement dit, nous faisons la charité qui consiste à accorder sa demande au fidèle pauvre : la charité s’appelle ashô-dnd ^i don au juste » (représenté dans notre texte par Aslia).

9. Kbshatbra, personnification de la bonne royauté, a pour fonction de gouverner avec justice et d’entretenir les pauvres : « les mondes entretenus par Vohu Manô » sont les pays gouvernés avec justice et bonté.

10. ddndkihi bundak pun olà aîsh man pun kuld rnandûm zak obdùnad l ijazdân apasfi sût « la sagesse parfaite est dans l’homme qui en toute chose fait ce qui fait du bien aux Dieux ». — libsbmàvasu. locatif pluriel de Isbsbmâvat « tel que vous ». Le Hùspi vient près de la cuve, s’y lave la main gauche, reçoit de la main du Zùt le (iltre à Ilôni place sur le llftvaa avec la coupe ; zôlir (ju’il supporte (v. page 248), s’approche du feu et y met une bûche à’csm bôé en récitant avec le Zôt la strophe qui suit. Puis il revient près du Zôt, touche le Barsom avec la coupe à zukr et la rend au Zot qui la remet sur le Hàvan et met par dessus la coupe kjîvdm. Il met le filtre dans la cuve.

4. [Aussi] grâce à la vertu, nous affronterons avec joie ton feu puissant ", ô Mazda, ton feu rapide et fort, qui fait éclater son assistance en faveur de qui le réjouit, et qui châtie à plaisir ’-, ô Mazda, celui qui t’aftlige.

5. Par quelles œuvres ferai-je, ô Mazda, que mon pouvoir soit vôtre, que ma fortune soit vôtre" ? — En entretenant vos pauvres’^ [qui vivent] en sainteté et bonne pensée. Nous vous avons proclamé ’^ au-dessus de tous les Daêvas brutes et des hommes.

6. S’ilestvrai que cetfaulre] monde existe"’, ôMazda,ôAshaetVohuManô, donnez-moi un signe, afinque jepuisse habiterpleinementdans ce monde’^ 11. « A l’heure où aura lieu l’épreuve du feu (le var ntrang) sur celui qui a fait le bien >> [pun zak daman aniat var sai’ddfi zak man kar ukarfak obdûntyakoyamûnil). Il attend avec confiance l’épreuve finale du feu à la résurrection. Voir Y. XXXI, noie 15.

12. àtréni... cithià-avarihein ; voir XXXVI, note 1. — zastàishtàish,yj«rt tuvân k/wdh’ishn’ih « avec désir puissant ». — Pour la k’mjd, voir le nîrang correspondant dans le Hà précédent, note 45.

13. Litt. « quel pouvoir à vous, quelle fortune, quand par mes actions, ô Mazda, je suis à vous ? » Glose : « que ferai-je... de sorte que par moi votre pouvoir soit augmenté et que ma fortune soit tenue en votre possession » (c’est-à-dire qu’il en soit fait l’usage que vous feriez vous-même) ?

14. Déjà le derviche moderne ? Cf. Y. XIX, n. 51. 15. Peut-être : « nous vous avons proclamés », en parlant des pauvies. Ainsi l’entend le pehlvi : car il ajoute en glose : « c’est-à-dire vous êtes plus riches que les Daêvas... » Nériosengh d’ailleurs construit dans le vers précédent : « en vous entretenant, ô pauvres ». — khrafstràish, v. Y. XXVIII, note 19. 16. yèzi athù slà haithim « si ainsi [cej monde [est] évidemment. » slà, synonyme de sti ». Glose : « s’il est clair que la résurrection se produira ». 17. Glose : « dites-moi un signe qui enlève les doutes » ; afin que ceux qui l’entendent soient convaincus et ne se laissent pas égarer par les Ashemaoghas ; voir strophe 8.

18. ahyâ anhéusk vîspàmacthû : litt. « de ce monde toute habitation ». Nériosengh : « que nous habitions complètement dans ce monde ; c’est-à-dire que nous faisons toute chose en sorte que nous puissions bien elTectuer la résurrection » ; autrement afin que j’y arrive en vous offrant le sacrifice et chantant votre gloire’^. 7. (juels senties dons que le font, ô Mazda, ceux qui font connaître Voliu Manô-" ?

— Us enseignent le bien, dans l’aisance comme dans la détresse, et font grandir l’intelligence-’.

— Je ne connais nul tel que vous : dans ma vertu, protégez-moi donc-- ! 8. Mais ces hommes qui sont la perdition pour la foule - leur œuvre nous fait peur ; [nous tremblons] quand prévaut le trompeur-^, le négateur- ^ de ta religion, ô Mazda, dont la pensée ne suit pas l’Asha et loin de lui est Yohu Mauô.

9. Ceux qui sachant, ô Mazda, que Spenta-Armaiti est ton amour, se laissent aller au péché, faute de posséder Yohu Manô-^ ceux-là sont aussi oin de la Vertu que les brutes fauves-.

dit, pour que uous sachions notre devoir et puissions préparer dans notre mesure l’œuvre de la résurrection.

49. urvàidyâo stavas, « louant tes urvâidya : urvâidya » est traduit élymologiquement comme étant urvâta-da^ vdfrigdn dah’tshnih. La véritable étymologie est *vràd, védique vràdh.

20. Litt. « oii sont tes dons, ô Mazda, [de] ceux qui font connaître Yohu Manô ? » : (vaèdemnâ, ûkds dahishnih ; cf. XLIII, n. 46). Le Dinkart semble entendre : « qui sont connus de Yohu Manô » : « Mon Yohu Manô vient et observe les pensées des êtres corporels ; il me rapporte trois fois par jour les bonnes paroles et les bonnes actions de celui qui donne et de celui qui ne donne pas (ràd ... arâd) ». 21. Litt. « les enseignements du bien en aisance et en détresse ; faisant intelligence ». raèlihnào, traduit « le bien », désigne le bien matériel , la richesse (Y. XXXII, n. 42) ; il est pris ici au figuré ; il s’agit de la fortune en bonnes œuvres (kûr u karfak). La traduction sanscrite, satyàija, repose sur une fausse lecture du pehlvi, rashn au lieu de rêkhn. — usheuru, voir page 242, note 66. 22. « Je ne ne connais personne d’où vienne tant de bien que de vous, quand on fait le bien » (P.). — Vers cité Y. LYIII, 5.

23. Les .shemaoghas qui enseignent l’erreur et perdent les âmes. 24. nâidhyàoiîlieni, auquel semble répondre yj)’nc/i«n/ !a-Â :a ?vnà ; est traduit en pehtvt ndkït dahislin (pardécomposition étymologique en nâ-dh) [hâvisht] : « qui trompe ( ?) [le disciple] ». Cf. LYII, 10.

25. àstâ : anastîk aimanûnît « croit en la non-existence » ; cf. XLVI, n. 80. 26. Ceux qui, sachant le bien, font le mal, faute d’une volonté vertueuse. C’est le video meliora proboque Détériora seqiwr. — avazazat : bard shabkùnand « laissent échapper ». — vanhéush évistî mananhù, min avindishn’ih i Vahûman, « par non-obtention de Yohu Mano », parce que Yohu Manô n’est pas en eux ». 27. aèibyù mash ashà syazdat « Asha est très loin d’eux ». syazdat ^z : sïshd, lequel traduit sizhdyamnà et est glosé min rukiiik « à distance » (Y. XXXII, 4 ; note 17). 10. Mais le sago dira d’embrasser les œuvres de Yoliii Maiiô-*. 11 sait que Spenla-Ârmaiti est le lieu de repos du juste-’, et tous ces êtres [de mal]"’, ô Ahura iMazda, par ton empire, sont refoulés [sous terre] ^’.

11. Et toi, lu donnes les aliments de IlaurvalcU et d’Amerefàt ’* : par l’Empire de Vohu Manô croit Asha avec Armaili ". Par eux tu donnes vigueur et force ; ô Mazda, tu repousses la malice . 12. Comment ordonnes-tu les choses ^^ et que désires-tu ? En fait de louange, en fait de sacrifice ? Proclame-le, ô Mazda, pour que je l’endende ; que je sache comment lu ordonnes les lois du Bien. Enseigne-nous les voies saintes ", qui sont celles de Vohu Manô ^^

13. Dis-la-moi, ô Ahura, celte voie de Vohu Manô où la conscience des Saints*", à la suite de leurs bonnes œuvres*’, va goûter les joies de sa sain- 28. Il ne se contentera pas de connaître le bien, mais le pratiquera et le fera pratiquer.

29. liithàm : snkhaiiivdsam ; en sa qualité de déesse de la terre. Glose : ddm i vêhk /iàrishni kàr u karfak « la création qui donne bonne nourriture des bonnes œuvres » Framjî : « à l’homme de pensée parfaite (=r d’Armaili) Spendàrmat donne en récompense bonne nourriture «.

30. « Zan ;k Mînôî avec les pécheurs » (P.). 31. â vôjatlirà : N. nikhdtdyate [P. frôt kôshîhU ; de kôskUan « faire efTort » ; ?) « est avec effort poussé en bas »).

32. « Tu les donnes en récompense » aux justes ; ici et au ciel. 33. Ces deux lignes résument les rapports des six Amshaspands (l’Empire := Khshalbra).

34. vidvaôsliâin tliwôi alii : de là le nom d’Ahura : TÎdvaêslitvô (Yt. I, 8). 35. l ;a| toi ràzai’c, katdr and i lak virdyèshn. Glose marginale ; « demande de Zoroastre ; il désire la sagesse « [frashni Zarlmht, khart khvakUhn). 3(3. Les deux éléments du culte, la prière et le sacrifice, 37. <( La voie des Pôryolkêsh », des premiers fidèles (p. 17, n. Gti) ; la loi dans sa pureté primitive.

38. vaiihéiish livaè(éfig- nianahhô, man piin Vahûman khvéshi/i « qui sont dans la propriété de Yahùman » ; c’est-à-dire que l’on s’approprie par la vertu {puti frd- 7-ànih ô nafsha shdijal kartan).

39. Cette voie « qui conduit au ciel » (F).

40. ilaônào Saoshjaùtàm <■ les daêna des Saoshyaflts » : cf. le sort de la ilaêna du juste, Yt. XXlt. Dacna, « la religion », désigne subjectivement l’àme de l’homme dans ses rapports avec la religion, qu’elle suit ou ne suit pas : cf. XLVI, note 47.

— Vers récité par Zoroastre en naissant [Dinkart, IX, 24, 8). 41. yà hukeretà, quae benefacta fuerunt. teté, la récompense que lu annonces aux Sages ^-, la récompense, ô Mazda, que tu sais donner.

14. Donnez, ô Mazda, la récompense désirée à la vie incarnée, et aux actions de vertu, et h ceux qui travaillent avec la vache Azî". Donnez-leur votre science parfaite, ô Ahura, la science d’une intelligence qui fait grandir l’œuvre du Bien.

15. Mazda, dis-moi les paroles " et les œuvres excellentes ; afin que par la Bonne Pensée et la Sainteté [du fidèle] qui vous paie sa dette de louange *, vous puissiez, ô Ahura, par votre puissance, faire paraître à votre gré le monde de la résurrection *". (A répète ?’ 4 fois ■*’.) Zôf- et Râspî ensemble :

d6. Dans ma prière, les mains tendues... (Yasna XXVIII. i ; 2 foie). Yathâ ahù vairyô (4 fois).

Ashem vohû (3 fois).

Nous sacrifions au Hâ Yâ shyaothanâ.

Nous sacrifions à la Gâtha Ahunavaiti, sainte, maître de sainteté. Nous sacrifions à l’ensemble ** de la Gâtha Ahunavaiti. Yêiîhê bâtâm ".

42. « Dans le Garôthmân » (P.). — hyat civislità : maiiat crhhît : forme obscure. 43. Allusion aux trois classes, d’après la tradition, astvaitè iishtânâi u la vie qui a corps "Serait Vasrû, le prêtre (comme étant la vie incarnée ?) ; les actions de vertu ou de Vohu Manô sont l’œuvre du guerrier, de Y arlêslilàr ; ceux qui travaillent avec (ou pour) la vache Azî (v. Y. XXIX, 5) sont les laboureurs, vâstryôsh. Ces allusions sont assez douteuses, car astvaitè ushtànâi « la vie qui a corps » semble désigner l’humanité en général (v. Y. XXXI, H h), et le sens général serait : « Récompense les hommes qui ont agi vertueusement et été bons laboureurs ». 44. « La religion des Gàthas » ; cf. Yasna XLVI, note 6. 45. ishudem stùtô, litt. « qui loue le montant de sa dette » ; cf. XXXVI, note 12.

— P. « il paie sa dette en louange ».

46. Le sens général est : Révélez-moi ce que je dois dire et faire, afin que moi ayant accompli mes devoirs envers vous, vous puissiez produire la vie future. 47. Strophe déjà citée comme Cathrushàinrùta dans le Vendidad X, 12 (cf. Shâyast là Shâijast, XIII, 11) ; employée comme telle au Yasna XXVII, 4, où elle résume et introduit la Gâtha Ahunavaiti.

48. handàtâ, liamdaliislmîh (P.), samagrdm. dâlim (N.), s’oppose à l’invocation partielle des H :s qui composent la Gâtha.

49. Ici, dans le Vendidad Sade, se place le Vispéred XIV.




YASNA HAPTANHÂITI. — HÂS 35-41




Le Yasna Haptanhâiti, ou Yasna des sept chapitres, est écrit dans le dialecte des Gâthas, mais sans être rythmé : c’est une Gàtha en prose.

Bien que le Dînkart n’analyse pas indépendamment les diverses parties du Yasna Haptanhâiti, ses sept Hâs ne forment pas un développement continu et il est probable qu’ils ont été réunis ensemble, pour une raison d’ordre purement extérieur, la similarité du style, comme les Hâs des diverses Gâthas ont été réunis ensemble par la similarité du mètre.


Consulter Dînkart, IX ; 12 (Sûtkar) ; 35 (Varshtmânsar) ; 57 (Bak) ; Cîm î Gâsân, 16-26.



__________________



a

HÂ 35. — YASNA HAPTANHAITI 1




Deux idées dominent ce Hâ :

1° Le fidèle, qui enseigne le bien, s’approprie le mérite de toutes les bonnes œuvres qui seront accomplies sous son inspiration (§§ 2, 8).

2° La meilleure des bonnes œuvres, c’est, à l’égard du ciel, d’adorer Abura ; à l’égard de la terre, de bien traiter le bétail (§§ 3, 4, 7).

Que chacun, dans ce sens, pratique lui-même et enseigne aux autres ce qu’il sait en toute certitude être le bien (§ 6). Prenez pour instructeur suprême Ahura (§ 9), dont le culte est au-dessus de tous les cultes.


Le § 4 est une introduction générale au Yasna (qui ne commence qu’au § 2.


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Zôt et Râspi ensemble :


1 1 [755]. Nous sacrifions à Ahura Mazda, saint, maître de sainteté.

Nous sacrifions aux Amesha-Spentas, les bons souverains, les bienfaisants. iNous sacrifions à toute la créalioii du Bien, spiriluollc ei malériolle ; dans l’amour de la bonne Sainteté, dans l’amour de la bonne Religion Mazdéenne.

Zi’it el Râspî euseiuble ’ :

2(4). Humatanâm.—De toutes les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions, d’ici et d’ailleurs, faites ou à faire, nous nous emparons, nous les transmettons-’, afin d’être au nombre des Bons*. (A rcrile ?’ 2 fois.) 3(*). Il est une chose que nous désirons, ô Ahura Mazda, sainte et belle % objet de nos pensées, de nos paroles, de nos actions, l’œuvre la meilleure qui puisse être pour les hommes dans l’un el dans l’autre mondée 4(10). Cette œuvre, la meilleure de toutes, nous l’accomplirons en ordonnant ’ à tous, h ceux qui sont instruits et ceux qui ne le sont pas, aux maîtres el à ceux qui ne sont pas maîtres ", d’assurer au bétail sécurité cl bon fourrage ".

5 (13) ’". La souveraineté qui nous vient du meilleur des souverains, nous 2. Ici commence le premier Hà (v. note 1). La première strophe, § 2, est répétée par les deux prêtres (éd. Tahmuras ; contra Geidner), comme le sont les débuts des cinq Gâthas.

3. Nous les enseignons : les bonnes œuvres qui seront accomplies par nos disciples nous appartiennent. — Dinkart, W, 57, 1 : m le juste s’approprie toutes les bonnes œuvres, faites et à faire, en enseignant le l)ien au.x. justes ». 4. D’après Nériosengh, «afin d’obtenir le bien dans les deux mondes» (pehlviu/’/ûn pâ/ilùm ô nafshâ vakhdîinam « prenant pour moi le bien »). — Binkart, IX, 35, 1 : « celui qui s’approprie bonne pensée, bonne parole, bonne action, celui-là s’approprie la sainteté et la récompense des saints ». 5. asLà srirà, <■ qui est sainteté belle ».

6. Parce qu’ils en sont récompensés dans les deux mondes (P.). 7. Autrement dit, la meilleure des bonnes œuvres consiste à bien traiter le troupeau. — Stance prononcée par le Taureau Evakdàt en mourant [Bundniûsh, III). 8. surunTalascii asurunvatascà u ceux qui ont entendu, c’est-à-dire étudié, et ceux qui n’ont pas entendu, c’est-à-dire non étudié » [munie os/nnamùn/ik aig/iash êrpatislàn kart ijnkoijninùtii’l umanir anoshmaniûnùk airjhns/i là kart ynkôyamùnct . — khshayaùtascà akLshayaùtascà, les propriétaires et leurs hommes. 9. ràmàea vàstremcà ; ràina, traduit étymologiquement ràmishn « plaisir, joie », glosé apê-bimi » absence de crainte, sécurité », désigne en fait l’objet qui assure cette sécurité, l’étable, pdliist (§ 10 du pehlvi ; — *pasusli-asta). Le devoir suprême à l’égard du troupeau est de lui assurer bonne élable et bonne nourriture. 10. Bishàmrùta (Vd. X, 8) ; cité ’Vd. XVIII, 3 ; Vp. VI11,2 ; .Yfringàn Gàhànbàr, 8. la prônons, nous la donnons, nous l’exerçons", comme appartenant à Mazda et à Asha Vahishla ’-.

6 (16). Ce qu’homme ou femme sait clairement être bien, qu’il le dise comme il le sait" ; qu’il le pratique et qu’il l’enseigne à d’autres, qui le pratiqueront à leur tour tel quel.

7 (19). Or, ce que nous regardons comme la meilleure des choses, ô Mazda, c’est le sacrifice et la prière à Ahura, et c’est de nourrir le bétail’* ; et cela nous le pratiquons et nous l’enseignons de toute la puissance de notre désir.

8 (22). Car soit dans la maîtrise du bien, soit dans l’association au bien ’"^, tout homme peut trouver sa part de vie bienheureuse " dans l’un et l’autre monde. (A répHer 3 fois ’*.)

9(24). Et ces paroles ’", ô Ahura Mazda, nous les prononçons avec la 11. dademahicà cishmaliicà hvàmaliic». — dademahl ^n i/ahbùnaM bnafshâ « je donne à moi-mêmp », c’est-à-dire je prends, dad est parfois employé au sens du sanscrit à-dà « prendre » (Y. XXVII, 1 ; cf. Y. .VXXIII, note 42). — cishmalii = ; cdshrirn o aîshdn aifjh yalibùnci « je fais goûter à d’autres ; c’est-à-dire qu’il leur donne ». — àmaàz^obdûnain aîgh ddrishn barn obdùnam « je fais, c’est-à-dire je tiens » hvàmixhi, kcn-om’i , vient sans doute de hvan, qui a donné hvanu, kartdr (Y..IIl,note "15). 12. Nous exerrons pour le bien notre part de pouvoir, comme le fait le Maître suprême, Ahura, et la Vertu suprême, Asha.

13. Litt. << comme homme ou femme sait clairement, qu’ainsi il fasse connaître cela étant bon (athà hal vohù tat éeàdù : éeùdù, dkùs’tkd yahbùnad ô aîshân aîgh bard cashmad, « qu’il le fasse connaître à d’autres, c’est-à-dire qu’il l’enseigne »). — éeàdù est un impératif parallèle aux verbes qui suivent, verezyôtù, vàtôyùtù, où tù s’est affaibli en dû, probablement sous l’influence d’une radicale douce disparue. 14. « Le sacrifice et la prière, en ce qui vous touche (les dieux, le monde céleste) ; le bon traitement du bétail, en ce qui touche le monde terrestre » (P.). 15. Litt. « autant que nous désirons ».

16. ashahyâ... sairi, asliahyù verezénè ; le premier terme désignant celui qui a l’initiative du bien, le second celui qui s’y associe. Dinkart, IX, 35, 8 : <■ Il y a deux voies de demander et d’obtenir la vie : l’une par la maîtrise du bien... l’autre par l’association au bien ».

17. jijishàm yabishtàm àdà : litt. « donnée » ou plutôt « prise [voir n. 11) de vie la meilleure » (zîvishnâmandih... pdhlùm dahiskn : cf. fJ’inkart, IX, 35, 8 : zivislinilt-khvalùsltnih itpal’irishn).

18. Bishânirùta : Vd. X, 4 ; cf. Shdyasl, XIII, 23 : on dit deux fois la strophe Asbahyà aàt sairi « une fois pour l’éloge de l’Asha, une fois pour la destruction du démon. »

19 L’ensemble des paroles saintes : din î Anhrmnzd <c la religion d’Auhrmazd ». |ilus pai’failo pensée de sainteté. Et parmi eux -" c’est loi qiio nous prenons (avant tous] pour recevoir-’ de loi et pour nous instruire --. 10. Car plus qu’Aslia, plus que Vohu Manô et que le bon Khshathra, ta glorification est au-dessus de toute glorification, les paroles qui te sont adressées au-dessus de toutes paroles-’, le sacrifice qui t’est otlert au-dessus de tout sacrifice.

Yênhê hâtâm (i» fois) -

•20. Parmi les Amstiaspauds.

-2i. >i C’est, (le toi, entre tous les Amshasiiaiids, ((iic nous recevons le plus ■• Ju l’onnaissaiiee, la vi'riti'>].

’22. fradaklishtàreui « démonslratein- ». C’est Alnira qui inslniil de la façon la plus convaincante. . Id, r ! c.

’23. Peut-être : " tes paroles sont an-dessiis de lonti’s les paroles ". — Lire tlnvà Rvec .1% K’.

24. Récité denx Ibis, dit le S/nii/n.ii, MU, 21, nne fois pour l’éloge d’Auhrmazd et des Amshaspands, une fois pour la destruction d’.Miriman et de ses monstres.




HÂ 36. — YASNA HAPTANHÂITI 2




« Les six stances du Hâ Ahyâ thwâ âthrô, dit le Cim i Gâsàn, § 17, se rapportent aux six épreuves du feu, le cathrayâim âthraiâm du Nask Hûspàram 1 [756]. » Ce Hâ, en effet, est consacré à l’invocation du feu, considéré comme agent de l’ordalie et principalement dans la grande épreuve à laquelle, à l’heure de la résurrection, seront soumis les bons et les méchants (V. XXXI, n. 15).


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1. Ahyâ thwâ âthrô. — C’est ton feu tout d’abord que nous venons servir, ô Ahura Mazda ; c’est toi, [ô Feu], et ta forme céleste 2 [757], ô Spénishta !

Qui maltraite le feu, tu le maltraites 3 [758].

2 (4) Que l’homme vienne donc, autant qu’il peut, réjouir le feu d’Âhura Mazda’ ! lU^^jouir celui qui sait le mieux réjouir, prier celui qui sait le mieux prier, et puisse le Feu venir à son secours à l’heure de la grande épreuve ^ 1

3(7). Àtar, tu connais" Aluira .Mazda, tu connais cet Esprit. Tu es Spénishta et sous un autre de les noms, Vàzishta ’. Atar, fils d’Aliura Mazda, sous tes deux formes * nous venons te servir. 4 (10). Nous t’abordons avec la bonne Pensée, avec la bonne Sainteté, avec les œuvres et les paroles de la bonne Connaissance". 5(l2)-(i(i4i. Nous le prions, nous te réclamons la dette ’", ô Ahura Mazda.

Avec toutes les bonnes pensées, toutes les bonnes paroles, toutes les bonnes œuvres nous venons à toi : — nous proclamons ton corps le plus beau des corps, ô Mazda" : — [nous venons à toi] vers ces espaces lumineux ’-, celte hauteur des hauteurs, là où l’on dit qu’est le soleil. Yênhêhâtâm.

mallraite le feu en lui apportant du bois vert, en y laissant tomber des matières impures, en réteignant.

4. Voir l’Atash Nyàyish, JAll, 8 lin. — .vàtàjà, pun tavdn. 5. A l’épreuve flnale ; v. Y. XXXI, note 15 ; XXX, note 7 : .< L’œuvre la plus grande qui soit, l’épreuve par laquelle à la résurrection les créatures deviennent pures, se fait au moyen du feu » [D’mkart, I.X, 35, 12). 6. vôi, forme obscure traduite àM%, comme si elle venait de vid : : peut-être n’estce qu’une étymologie. On serait tenté de voir dans vôi le sanscrit vài, certes : « certes tu es d’Âhura .Mazda [le lits] ; certes tu es de cet Esprit » c’est-à-dire tu as la forme -spirituelle et céleste (" quand il siège comme feu Varahràa »). 7. Spénisht.-», le feu qui brille devant .hura ; Yàzishta, le feu de l’éclair (Y. XVII, 11, 66-67) ; Vàzislita semble ici pris pour le feu matériel par opposition au feu céleste, de sorte que la formule revient à : tu as deux formes, une forme céleste ou spirituelle, une forme terrestre ou matérielle. 8. Ou : dans les deux mondes. Glose : a’ighasli hé/ir l tninôî u gît ! azash lakhvdr ijakfisûnam « c’est-à-dire que j’éloigne de toi l’impureté spirituelle et matérielle ». 9. cisti, voir Y. I, note 57.

10. isliùidyâmahi ; algh afàin pun Ink yahvûnàt « c’est-à-dire que dette soit sur toi » : nous le mettons en dette par nos bonnes œuvres auxquelles il doit récompense ; cf. XXXIV, note 45.

11. La lumière infinie où il réside et qui est son corps : voir plus haut,, page 22.

— Cf. LVIIl, 8, fin.

12. imào raocào ; dépend de pairijasàmaidè « nous venons à toi » (^fin du § 51. Glose : » que notre âme arrive à la sphère du soleil ■ c’est-à-dire au troisième paradis.



HÂ 37. — ASNA HAPTANHÂITI 3


« Les cinq stances de l’Ithâ ât yazamaidê sont de remercîment et de louange pour la production des bonnes créatures par Auhrmazd » (Cim i Gâsân, § 18). Elles font, pour cette raison, partie des grâces récitées avant manger et nous les avons déjà, à ce titre, rencontrées dans le Srôsh Darùn où elles sont commentées (HÂ V, pages 63-64).

______________


1. Ithâ at yazamaidê. — Ici nous sacrifions à Ahura Mazda, qui a créé le Bœuf, créé le Bien (l’Asha), créé les bonnes eaux et les bonnes plantes ; créé la lumière et la terre, et toute chose bonne ; par sa souveraineté, sa grandeur et sa bonté protectrice.

2 (4). Nous lui sacrifions, en tête de ses adorateurs qui vivent avec le bœuf.


3 (6). Nous lui sacrifions, par ses noms de Seigneur, ses noms de Grand Sage, ses noms bien-aimés et très bienfaisants ;

nous lui sacrifions, de tout notre corps et de toute notre âme.

Nous lui sacrifions, et aux Fravashis des justes, hommes et femmes.

4 (9). Nous sacrifions à Asha Vahishta, le très beau, l’immortel bienfaisant, qui est lumineux, qui est toute chose bonne ;

nous sacrifions à Voliu-Manô et au bon Khshathra ; à la bonne Religion et la bonne Maîtrise et la bonne Ârmaiti.

Yênhê hâtâm.

______________________



a




HÂ 38. — YASNA HAPTANHAITI 4




Ce Hâ ouvre avec des invocations à la Terre et à un certain nombre d’abstractions religieuses ; le reste est composé d’invocations aux diverses espèces d’eaux au nombre de dix-sept. Les eaux y sont du moins invoquées sous dix-sept épithètes, où la tradition voit le nom de dix-sept sortes d’eaux différentes. La plupart de ces épithètes sont des άπαξ λεγόμενα intraduisibles : nous nous sommes donc contenté de les reproduire comme autant de noms propres, en donnant dans le commentaire la valeur technique qu’elles ont ou qu’elles ont prise. Nous reproduisons en appendice un chapitre du Grand Bundahish 1 [759] qui suit de très près, complète et éclaire le Commentaire pehlvi.


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I. Nous sacrifions à cette Terre avec les Femmes ; à cette Terre qui nous porte et aux Femmes qui sont tiennes, ô Ahura Mazda 1 [760] ; nous sacrifions à ces femmes dont le désir est dans la sainteté 2 [761].

2 (4). Nous sacrifions aux Prospérités et aux Désirs réalisés, aux Ques- lions et aux Pensées pieuses ^ ; et avec elles à la bonne Dévotion (Ashi), avec elles à la bonne Fortune, la bonne Prospérité, la bonne Célébrité, la bonne Parendi *.

3 (7). Et nous sacrifions aux eaux Maêkaintis ’, aux eaux Hébvaiiilis-, aux eaux Fravazah’ ;

aux eaux Ahuriennes*, aux eaux d’Ahura% aux eaux Havapanha", aux eaux Huperelhwa’, aux eaux Hvôghzhalha^ aux eaux Hùshnâthia ■’, au Cagema des deux mondes ’".

3. izliào, yaoslitayô, feraslitayô, àrmatayù : il semble qu’il faille grouper CBS quatre abstractions deux à deux, les deux premières étant la suite et la récompense des deux autres, izlia est « l’accroissement, la prospérité >> [afz-ùn). — yaoshti est obscur : je le traduis hypothétiquement, en lisant yaoklislitayô (lecture de .P)^ d’après yaot ;lishtavaùt = ; kàmakômnnd du Vendidad XX, 1. — feraslitayô désigne les questions que l’on adresse pour s’instruire à Ahura ou au Docteur et qui sont une des œuvres les plus méritoires du fidèle et les mieux récompensées (Vd. XVIII, 32 ; YasnaXLIIl, 10). — Les àrmatayù sont les pensées de l’homme pieux et soumis. 4. asliini, isliein, àziiilini, frasastini, Parendim. 1. maêkaiiitish, « les eaux qui sont dans la plante » pashang i pun uruar ijakôyarnûnU ; probablement la sève : peut-être la rosée (cf. note 15 et n» ! du Bundahish). 2. héhvaiiiUsh, giràti tajislin « les eaux qui coulent de la montagne », c’est-à-dire les rivières. — Bund. n°2.

3. fravazanhô « eaux de pluie » [vàràn’ig). — Bund. n" 3. 4. Ahurànîsli : armèshl u câliig u aparlkic mid ci andmcusht’irj ,< eaux stagnantes, eaux de puits, et autres indéfinies ». — Bund. n° 4. 5. Aburahyà, shûsr « sperme ». — Bund. n° 5.

6. havapaiiliâo, inês/iak « urine » ( ?). — Bund. n» 6 (gômêz). 7. huperethwâoscà, kùvatargUi « de bon passage » (traduction étymologique) ; glose : » aighamân nam dar tan ravâk yahvûndt, c’est-à-dire que l’humidité circule dans notre corps » ; correspond sans doute au n° 8 du Bund. « l’humidité qui est dans la peau des animaux et des hommes ».

8. hvùghzhathàoscà, ars « les larmes ». — Bund. n° 9. 9. hùsLiiâlhràoscâ : hus/mdyis/makih aighamân khû’i min lan bard tjdlûndl <c qui nagent bien (traduction étymologique), c’est-à-dire que la sueur nous sortedu corps ». La sueur. — Bund. n" 10.

10. ubôibyà ahubyà caçenià : znkl dar kuld 2 ahunn kdmak niaùlid « l’eau grandement désirée dans les deux mondes ». Nous voyons par le Bund. n° 11 que cette eau est le raoghna « huile, beurre ou graisse » qui parait dans l’alimentation des bienheureux (cf. ’i't. XXll, 18). La traduction de cagemâ est une fantaisie étymologique, le mot étant décomposé en la racine abusive cajj « désirer » (cf. XLVI, 2, n. 7) et ma assimilé à maz « grand », à moins que mas’ihd ne représente le redoublement de gam, kam conçu comme un intensif.

T. I. 34 4 (10). Quelque hoiis noms que vous ait donnés Ahura Mazda, ([ui donne le bien, sous les noms qu’il vous a donnés, nous vous offrons le sacrifice ; sous ces noms nous vous adorons, sous ces noms nous vous prions, sous ces noms nous vous réclamons votre dette ’" *".

o (13). El vous, eaux Azi", vous, eaux-mères’-, eauxAgenya’ eaux nourricières du faible enfant " ;

ou que nous vous appelions Vîspô-pailisli, ou eaux Excclleiilcs et Très Belles"’, je vous apporte, ô bonnes eaux, d’une offrande au long bras les dons de retour et les prières ’"'",, eaux Mères, eaux de la Vie ’". 10 ’i". ishùidyàuialiî ; v. XXXVI, noie 10.

11. îi/islioa, l ;/i(ii/ûk « la salive •>. — Jîund. u" 7. It2. inàlei-àshcà, 7iii(i dar hambandhhnîk zakaràn nakadàn tôklimaU « le liquide, [formé ?] dans ruiiioii de la semence du mâle et de la femelle ». — Buud. n" 12. 43. agenjào, klnin, « le sang » (le liquide de feu, d’*ajfni ?). — Bund. n»-13. 44. drijpidàjaiihù : danjôshdâyag avànUnr ( ?) mid dar pùsdnn « nourrice du faible ; avânltàr ( !) ; le liquide de la matrice ». —Bund. n°44. 45. vîspô-paitisli, peut-être Vispô-pitisli (, !•), << l’eau qui pousse dans l’arbre ou le tronc d’arbre » {k/iàn, traduit le z. varesliaji, Y. X, 42) ; il s’agit sans doute de la sève, ce qui force à voir autre chose dans maêkaiùtish, n» 1. — Bund. n" 15. 46. vahislitào sraêshtâo, mid î tan tôkhmak i min urvar ; « l’eau tan tôkkmnk qui sort des plantes » : — Bund. n" 46. C’est l’eau que l’on appelle dans les textes plus récents oUf’oT « eau de plante » et dont on se sert pour se laver les mains [Patet Jrani, 14 ; Barthélémy, Gujastak Ahalish, pp. 49-50). C’est le jus des plantes qui remplace le gâmêz : cf. Dndistân, XLVIII, 9, selon lequel (on se lave les membres» avec le liquide pur d’animaux ou de végétaux purs » pun pdk nam î minpàkàn gôspanddn urvnràn).

46’"". ràtùish dareghô-ltàzàusli ; autrement dit " abondante » ; — nàsliù, forme énigmatique ; traduite yazalùnênd " ils vont » ; variantes : nàishù, nàslié. — paitivjàdào paili-seùdà(», jûl dah/shn jùt fjnvhhn, dons à dons, paroles à paroles. 47. niàtanj jitavô, sliir « le lait ». — Buud. n" 17. — Les §i ; 3-4-5 se retrouvent, engagés dans la liturgie, Y. LXVll.




APPENDICE


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Les dix-sept Eaux d’après le Grand Bundahish




Il est dit dans la Loi qu’il y a dix-sept espèces de liquides :

1° L’humidité qui pose sur les plantes (nami madam urvarn yatihûnêt : Z. maêkaintîsh ; cf. p. 265. n. 1).

2° L’eau qui coule des montagnes (zag i girân tajishn), « c’est-à-dire les rivières » (z, hébvaintîsh ; n. 2).

3° L’eau des pluies (vârânig : z. fravazanhô ; n. 3).

4° L’eau des pluies, des eaux stagnantes et autres indéfinies (zag î câhik, zag î armêsht apârik anâmcashtig ; z. ahurânîsh ; n. 4).

5° La semence (shûsr) des animaux et des hommes (z. ahurahyâ ; n. 5).

6° L’urine (gômez) des animaux et des hommes (z. havapanhâo ; n. 6).

7° La salive des animaux et des hommes (z. azîsh ; n. 11).

8° L’eau qui est dans la peau des animaux et des hommes (midi dar pôsti gôspandân imartumân ? z. huperethwâo ; n. 7).

9° Les larmes (ars) des animaux et des hommes (z. hvôghzhathâo ; n. 8).

10° La sueur (khûi) des animaux et des hommes (z. hûshnâthrâo ; n. 9).

11° L’huile qui est désirée dans les deux mondes (z. cagemâ ; n. 10). li’L'oau qui est foruu’c dans rtiiiion di’s animaux cl dans celle des êtres humains (/,. mâterâshcâ ; n" 12). 13" Le sang des animaux et des hommes (z. agenyào ; n. 13). 14° L’eau qui est dans la matrice des animaux et des femmes et qui sert à nourrir le fœtus (z. drigudâyahhô ; n. 14). 15" L’eau qui est sous le tronc des plantes, ainsi qu’il est dit : Chaque tronc contient des gouttes d’eau qui apparaissent quand on met une tige à quatre doigts du feu : (z. vîspô-paitîsh ; n. 15). 1 6" L’eau mêlée aux plantes que l’on nomme tan tôkhmak fz. vahishtào sraêshtâo ; n. 16).

17" Le lait des animaux et des hommes (z. mâtarô jîtayô ; n" 17).




HÂ 39. — YASNA HAPTANHAITI 5



Invocation à l’ânie des animaux ; à l’âme des justes ; aux Ame shaSpentas.

Le fidèle se donne tout entier à Ahura.


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1. Ici nous sacrifions à l’âme du Bœuf et au corps du Bœuf 1 [762].

Nous sacrifions à nos âmes et à celles des troupeaux qui nous font vivre ; à ceux pour qui ils existent et à ceux qui existent pour eux 2 [763].

2 (4). Nous sacrifions aux âmes des animaux sauvages et des animaux domestiques 3 [764].

Nous sacrifions aux âmes des justes de tout temps, hommes et femmes, dont la bonne religion lutte, luttera, ou a lutté [pour le bien] 4 [765]. 3 («). iNoiis sacrilionsaux Amesha-Spentas, dieux bons, déesses bonnes’* ; toujours vivants, toujours plus forts" ; qui habitent avec Vohu Mauô ". 4 (10) ^ Comme loi, Ahura Mazda, n’as pensé, n’as dit, n’as donné et n’as fait que le bien, ainsi le donnons-nous [le bien], ainsi t’enseignonsnous [aux autres], ainsi t’adorons-nous en l’abordant’" [avec le bien] ; ainsi le prions-nous [pour le bien], ainsi te mettons-nous en dette " [pour le bien], ô Ma/da Ahura ! [’2 fois.)

5 (13). Nous venons h toi, l’appartenant comme à un bon parent ’-, appartenant à la bonne Sainteté, à la bonne Maîtrise ’ à la bonne Ârmaili i’J fois).

Yênhê liâtâm.

Autrement dit : vanaiftlî.de van, « frappent » ; vénglien » acquièrent », d’après vinJ, vand ; vaoïiai’é « ont été bons », d’après valiu et nare ( ? 11 faut pourtant remarquer que vananàiii, XLIV, n. 47, esl rendu shapirilt). 11 est clair que ces deux dernières traductions reposent sur des fantaisies étymologiques, amenées par la préoccupation de retrouver dans le texte des allusions aux trois classes. 5. Voir page 175, note 1.

ti. Voir page 57, note 4.

7. Voir page 57, note 5.

8. Cf. Yasna Xtll, 5-6.

9. cislimalii, càsluim ô ais/iàit.

10. Ou mieux : Ainsi allons-nous t’adorant : attjù tinvà âisli jazamaidè, ilioi lak put) i/(Uiuiis/in amat dar gr/tiln gltal xjdtûnam u glinl vazalûnam yaz/iahhùnam « ainsi l’adorons-nous en allée, c’est-à-dire venant dans le monde et en sortant » : cf. p. 274, n. 14 ». — Sur àisli, v. Yasna XXVIll, note 33. 11. isliùidjàiualiî ; voir Yasna XXXVI, note 10. 12. vanliéuslj livaètéusli hvaèlàCà u avec parenté de bon parent ». 13. Fsératu : voir page 64, note 12.




HÂ 40. — YASNA HAPTANHAITI 6




Le fidèle demande à Ahura la récompense qu’il donne dans ce monde et dans l’autre à ceux qui suivent sa religion.

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1. Ahû at paitî adàhû. — Te donnant ici dans nos actes, o Mazda Ahura, grandeur et perfection 1 [766] ; faisant libéralité à ta [Religion], protectrice de l’Intelligence 2 [767], d’où vient pour nous le bien 3 [768] ; la récompense que tu nous promets, ô Mazda Ahura, si nous suivons ta Religion ;

2 (4). donne-la-nous dans ce monde et dans le monde de l’esprit. Oui, que nous venions dans ton amitié 4 [769] et celle d’Asha, à toute éternité !

3 (7). Donne, ô Mazda, à ces hommes, ces hommes de bien, amoureux du bien % ces vaillaiils ouvriers, la longue prospérité", la solide amitié ’. El à nous, donne-nous la joie

4 (10). Puisse être à nous parent, voisin, ami qui suive noire impulsion " ! El nous, ô Mazda Ahura, puissions-nous être h vous’", saints, droits, libéraux de nos biens ".

Yênhê hâtâm.

5. Les partisans de Zoroastrc.

6. C’est-à-dire la félicité de la résurrection {afzùn tani /jashi). Sens littéral : « donne ces hommes à la longue prospérité... » 7. I^a solide (l)czvaitc), la durable amitié d’Ahura et êtres célestes. 8. l’eut-étre : « donne-nous qui nous donne la joie », c’est-à-dire de puissants protecteurs (aLnià-rafnaiiliô, zaki lanà râmimlàr). 9. yàish hislicaïuaidè, litl. " dans les choses où nous les poussons » ; bishc-estle redoublement dehac(sao), qui est le verbe de l’inspiration, de l’impulsion : v. XXXI, •12, note 47.

10. vé... hYàmà ; cf. Y. XXX, 9.

11 Envers Ahura et son clergé.




HA 41 (SP. 41, 1-17). —YASNA HAPTANHAITI 7




Même sujet que le Hâ précédent.


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1. A Ahura Mazda et Asha Vahishta, nous donnons, faisons donner et annonçons 1 [770] louanges, invocations, prières 2 [771].

2 (3). Puissions-nous obtenir de toi, ô Mazda Ahura, bonne royauté 3 [772] à tout jamais 4 [773] ! Puisse un bon roi, homme ou femme 5 [774], régner sur nous, ô le plus sage des êtres dans les deux mondes !

3 (6). Toi à qui l’on obéit et qui donnes l’abondance 6 [775], nous t’adorons, dieu accompagné d’Asha 7 [776] ; et toi, donne-nous âme et corps’, ù le plus sage des êtres dans les deux mondes ! (i ? /ois’.) 4 (0). Puissions-nous mériter ’" ! Puissions-nous vivre, ô Mazda Ahura ! Puissions-nous, forts et le cherchant ", être dans ta joie longtemps", et puisses-tu nous donner longtemps joie et bonheur, ô le plus sage des êtres ! 5 (12) ". Pour le chanter et redire ta parole, ô Ahura Mazda, nous venons, contents et soumis ’*. La récompense que tu nous promets, ô Mazda Ahura, si nous suivons ta religion ;

6. donne-la-nous dans ce monde et dans le monde de l’esprit. Oui, que nous venions sous ta maîtrise et celle d’Asha, à toute éternité ! 7. Yciiliè hàtàm (2 fois).

Huiuatauàm. — De toutes les iîoilues pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions, etc.. (XXXV, 2 ; i* /bw).

Le Raspi : Yallià atiù vairyô {4 fois).

Aslieiu vohù [3 fois).

8. Nous sacrifions au puissant Yasna Haptanhâiti, saint, maître de sainteté.

Yênhê hàtâm.

8. Litt. : « sois pour nous àme et corps », gayascâ »steàtàosiA, j an ûtan (cf. Dinknrt, IX, 35, 20 : a fat jdii min land il u tanic « l’âme te vient de nous [les Amstiaspandsj, ainsi que le corps »). — Glose : « c’est-à-dire puissions-nous ne pas perdre la vie [avant l’heure ?] aighamdn apagayèliê al yahvûndt ». 9. Strophe déjà citée comme Bisliàinrùta dans Vendidad X, 4. 10. Mériter « salaire et récompense ».

11. aèsliàcà, k/wdsldr, « cherchant toi et ta religion ». 12. « A la résurrection ».

13. Les §§ 5-6 sont cités Y. Vil, 24-25 ; ils paraissent aussi en partie dans le Hà précédent (§§ 1-2), avec la variante hatiliemà « dans son amitié », au lieu de sarem « sous ta maîtrise ».

14. Aogemadaècâ usmahicâ visàmadaécà. Ce vers sert de début et le premier motsertde titre à un sermon zend-pehlvi, l’Aoçeinaidè (v. vol. II), qui l’interprète ainsi, eu intervertissant les deux derniers termes : «je viens [dans le monde], j’accepte [le mal], je suis résigné [à la mort] ».




HÂ 42 (SP. HÂ 41, 18-36)



Ce Hâ contient une série toute nouvelle d’invocations, consacrée presque tout entière à de grands objets naturels qui n’ont pas encore reçu leur yazamaidê. Ce Hâ est conçu dans le dialecte vulgaire.

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1 (Sp. XLI, 18). Nous vous offrons, ô Amesha-Spentas, l’ensemble du Yasna Haptanhâiti.

Nous sacrifions aux sources d’eaux.

Nous sacrifions aux gués des eaux.

Nous sacrifions aux embranchements des routes et aux confluents des routes.

2 (21). Nous sacrifions aux montagnes d’où les eaux coulent ; nous sacrifions aux lacs, réservoirs des eaux 1 [777].

Nous sacrifions à l’abondance des grains 2 [778] et nous sacrifions au dieu protecteur et formateur 3 [779]. 3(23). Nous sacrifions à Mazda el à Zanithushlra ; nous sacrifions au ciel et à la ferre.

Nous sacrifions au venl puissant, créé par Mazda. Nous sacrifions au sommet Taèra de la llarailhi Baroza ’.

Nous sacrifions à la lerre el à toutes les choses bonnes. 4(2C). Nous sacrifions à la Bonne Pensée’ et au.x âmes des justes. Nous sacrifions à la Vàsi Pancà-sadvara’^.

Nous sacrifions à l’âne saint’ qui se tient au milieu de la mer VouruUasha Nous sacrifions à la mer Vourukasha.

5 (30). Nous sacrifions à Haoma d’or, qui pousse haut. Nous sacrifions à Haoma l’invigorant qui fait croître le monde. Nous sacrifions à Haoma qui éloigne la mort ■’. 6 (33). Nous sacrifions à l’écoulement des eaux ; nous sacrilioiis au vol des oiseaux.

Nous sacrifions à l’arrivée des prêtres, qui viennent du lointain "’, désireux de sanctifier le pays .

Nous sacrifions à tous les Amesha-Spenlas.

Yerihê hâtam.

4. Sur la Haraithi l>ai-eza ou Hara liarezaiti, Hlhurz. voir p. 101, n. 28 ; sur le Taèra, voir p. 102, n. 31 et Yt. XV, 7.

5. Voliu Manu, qui introduit les âmes des justes au Paradis : Vd. XIX, 31. 6. Sorte de Léviathan, plus formidable même que le Karô masyô (Yt. .XIV, 29).

— liunda/tin/i, WWl, 7 : « A propos du Vas Panc ;sadvaràu il est dit qu’il se meutdans la mer Fràkh-kart (Vouru-kasba) et sa longueur est telle que, courant d’une course rapitle de l’aurore au coucher du soleil, il fera seulement la longueur de sa taille. Il est dit aussi que les créatures des eaux vivent sous sa tutelle. » 7. Kliarem asliavancni, autre animal fabuleux, décrit au long dans le Bundahish, XIX : il a trois pieds, six yeux, neuf bouches ( ?), deux oreilles, une corne, le corps blanc ; il se nourrit d’une nourriture invisible el il est saint. Il est grand comme le mont Elvand ; sous sou pied, il y a place pour un troupeau de mille moutons ; son oreille couvrirait tout le Màzandaràn ; sa corne, qui a mille embranchements, détruit l’action des créatures mauvaises ; quand il plonge le cou dans la mer, elle tremble et le mont Gnàvad (v. p. 156) frémit. Son cri rend enceintes dans la mer toutes les créatures ormazdéenneset fait avorter celles d’.larimau ; son urine purifie toutes les eaux de l’Océan.

8. Sur la mer Vourukasha, voir Vendidad V, 15. 9. Les trois formes de Haoma : le Haoma jaune, le dieu Haoma, le Haoma blanc (voir p. 108, n. 64).

10. Le clergé ambulant : voir p. 94, n. 75.




GÂTHA USHTAVAITI



La Gâtha Ushtavaiti, ainsi nommé du Hâ qui l’ouvre (Hâ Ushtâ ahmâi), contient quatre Hàs, composés sur le rythme 5 (4 + 7) : c’est-à-dire que la strophe est formée de cinq vers 1 [780] et que chaque vers compte onze syllabes, divisées par la césure en deux hémistiches de quatre et de sept syllabes.

La première strophe de la Gâtha(XLIII, 1) est répétée à la fin de chacun des quatre hâs qui la composent, comme pour l’Ahunavaiti : ce refrain est suivi de trois Ashem vohû, de l’invocation du Hâ et d’un Yênhê hâtâm ; mais il ne contient pas l’Ahuna vairya qui est propre à l’Ahunavaiti (v. page 203).

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HÂ 43 (42). — GÂTHA USHTAVAITI 1



1-3. Récompense promise à l’homme qui fait du bien à l’homme et à Dieu. Il recevra les joies de la vie éternelle. Celui qui nous enseigne dans le bien recevra le bonheur dans ce monde et dans l’autre.

4-6. Puissance et bienfaisance d’Ahura qui étend sa force secourable dans les deux mondes, qui décide entre le bien et le mal par le feu brûlant du Var nirang (v. XXXI, n. 13) ; qui, dès le début, a fixé le sort de bonheur et de misère qui adviendra aux bons et aux méchants à la fin du monde, alors qu’il se manifestera victorieusement avec Khshalhra, lo Pouvoir juste, et Vohu Manô, la Pensée vertueuse. 7-10. Le Prophète a rencontré Vohu Manô, qui lui demande à qui il est cl ce qu’il veut. Il veut écraser le méchant, assurer le bonheur et le triomphe du juste en louant Mazda et se donnant à lui. 11 veut servir le feu d’Ahura et se consacrer au bien tout entier. Mais que Mazda le guide, lui donne la sainteté à laquelle il aspire, la parfaite communion avec le Bien. Pour obtenir cette sainteté, répond Mazda, qu’il l’interroge : plus il interrogera Dieu, plus il sera fort.

H-14. Il est difficile, se plaint Ahura, d’amener les hommes à la vérité : c’est à cette œuvre que le Prophète veut se consacrer. Mais que Dieu ne lui reproche pas l’indocilité des hommes tant qu’il n’aura pas, pour faire triompher sa loi, l’appui d’un lidèle puissant qui suive les inspirations du Prophète (Vîshlâspa).

Nul comme Zoroaslre n’a enseigné Ahura aux hommes : qu’il obtienne donc son vœu de l)onheuràla vie future ! Qu’il soit récompensé d’avoir instruit les hommes !

15-16. Il demande un signe auquel on puisse reconnaître le bon du méchant. Puissent les mortels en qui vient prendre corps la sainteté obtenir vie et force !

Cette Gâtha étant, au moins dans ses premières hgnes, celle de l’espoir et de la joie méritée, est récitée par l’âme des justes, dans les trois jours qui suivent la mort et où elle attend l’instant d’être emporté par sa daêna au Paradis (Vt. X.I, 2)’ ; cf. l’Introduction au Hâ XLVI. Cf. Dînkarl, IX, 13 [Sûlkar) ; 36 [Varshtmânsar) ; 58 (Bak). Le Ràspî lave la main droite du Zôt, le Zôt prend en main le tâê et tous deux disent :

Prière aux saintes Gâthas !

1. 11 s’agit probablement du seul Hà Ushtaviati et non des quatre Hâs delà Gâtha. 1. Ushtâ. — Le bien à quiconque fait du bien à âme qui vive* ! Que Mazda le tout-puissant lui donne [ses dons]M Vigueur et force de loi je désire ^ Si je soutiens le Bien^, donne-moi en récompense, ô Ârmaiti, la gloire, la fortune et la vie que donne Vohu Manô ® fois).

Le Züt seul :

2. Donne-lui la félicité suprême®. Que l’homme qui fait le bonheur reçoive le bonheur’de ta reconnaissance®, ô Mazda, Esprit très bienfaisant ! [Qu’il reçoive], pour avoir bien observé les règles de Vohu Manô, la joie de la longue vie qui dure toujours !

3 *®. Que cet homme atteigne le bonheur suprême " qui nous enseignera les voies pures de la bienfaisance ! [Qu’il l’atteigne] dans le monde des corps

1. ushtà ahiuài jahmài ushtà kahmàicit ; formule rendue obscure par l’absence du verbe et par l’hypersymétrie grammaticale ; litt. « bien à celui à qui bien à quiconque », c’est-à-dire : « le bien advient » ou optativement « le bien advienne à qui fait le bien à quiconque ». D’après le Dinkart, IX, 36, 1, cette Gàtha a pour objet « la grande récompense de l’homme qui, par sa bonne conduite, fait du bien à l’homme et à la sainteté de la religion ». — Cf. le commentaire avestéen de ce vers, dans le Baghàn Yasht, Y. XXI, 3-4.

2. Ou peut-être : « que Mazda lui donne d’être tout-puissant ! » — Les deux premières ligues de la Gàtha sont citées comme paroles d’Ahura dans le Yasna XXI, 3 4 : les gloses marginales ont conformément, au premier vers, pasukii gavislinih i Auhrmazd « réponse d’Auhrmazd » (voir l’explication de cette glose, Y. XXI, note 9) ; au second vers, jân î Zartûsht « récompense de Zoroastre ».

3. Noter, comme exemple du procédé étymologique, l’enclitique gat (cf. grec yi) traduite ptm xjâmatîinislin « à venir ; je désire de toi qu’ils viennent ». — utayùitî tevisliim ; dvaudva imparfait, le premier terme étant seul au duel.

4. ashem dercdyâi ; litt. « de soutenir l’Asha, donne-moi cette récompense » ; cf. pour la construction, la stance 13, note 41.

5. C’est-à dire la vie éternelle [aUjham apagayèliè al yahvàndt).

6. Litt. « à Ini de toutes choses la meilleure ».

7. Litt. « que l’homme de bonheur soit donné le bonheur… par lajoie (urvàdaiihà), etc… » ; hvâthrùyà (peut-être une fausse lectui’e pourhvâthravà), khvârlk-ômand.

8. lliwà cîcîtli^và « par ta connaissance ».

9. yà dào aslià.. inàyào : construire yâ-dào (cf. yà-varena) ; litt. « lesquelles mesures de Vohu Manô sont données justement ». Ces mesures de Vohu Manô sont la religion, din.

10. Cette strophe sert de début à la Dahma Âfritish, Y. LX, 1.

11. Litt. « ce qui est meilleur que le bien » (vanhéusli vahyô).

280 ANNALES UU MUSÉE GUIMET

et dans celui de l’esprit oui.dans les mondes même ** où réside Ahura ; l’homme généreux, pareil à toi, connaissant le bien et bienfaisant, ô Mazda.

4. J’ai reconnu ta puissance et ta bienfaisance, ô Mazda, dans la force secoiirable que tu étends sur les deux mondes dans la justice que tu rends entre le méchant et le juste, avec ton feu brûlant puissant pour le bien, et parce que tu m’envoies [celui qui est] la force de Vohu Manô

5. J’ai reconnu ta bienfaisance, ô Mazda Ahura, quand je t’ai vu premier [des êtres] à la naissance du monde ; et quand tu as fixé la récompense [qui] par ton génie [sera donnée] aux œuvres et aux paroles — le mal pour les méchants et bonne fortune pour les bons, — à la révolution finale du monde ** ;

6. Cette révolution où tu viendras, bienfaisant Esprit Mazda, avec Khshathra et avec Vohu Manô par les œuvres de qui le monde grandit en Bien et avec ceux qu’enseigne le maître parfait^®, possédé de ton intelligence que rien ne trompe,

12. Dans ce monde et dans l’autre.

13. liaithyéù(j àstish « évidemment dans les mondes… »

14. liyat ta zastà yâ tù hafsliî avào ; litt. « quand sur ces deux mondes (tà = zak kulâ 2) tu fais (liafshi ; cf. Y. XXXI, 22, bapti — obdûnênd) secours par la force qui est tienne » (zastâyâ tù, pun tavân lak bnafshâ\ tù, forme obscure ; mais le vers est incomplet, il manque une voyelle ; lire yâ tavâ ?).

15. Dans l’épreuve du Var nîrang où « il manifeste le bôkht et Vêrakht » (voir Y. XXXI, note 15).

16. Litt. « parce que viendra à moi la Force de Vohu Manô » (Vanhéusli hazé maiianbù), c’est-à-dire « Sôshyans », le héros de la résurrection, qui triomphe d’Ahriman : cf. pour bazù pris eu bonne part, Y. XXXI1I, 12 c.

17. Litt. « que tu fais les œuvres et les pai’oles ayant leurs récompenses » (mizbdavàn).

18. dàmùisb urvaêsè apémê, dâ7n afdûrn ic varlêl’, peut-être : « jusqu’à la dernière révolution » : car les châtiments durent « jusqu’à la dernière révolution du monde, où a lieu la Rénovation à souhait du monde » [od zak î afdûrn ahvdn vartiskn amat Frashkarf, pun kâmak dar ahvân yahbûnihêt’, Üâdlstân, XLI, 6). — Cité dans le Khorshîd Nyâyish du soir, Y. LXVIII, 23.

19. Cité Vp. II, 5, 11.

20. aêibyù ratùsb séùg ; baiti ârmaitisb ; olâshân maii rat àmôzêt pun bundak mînishnik Sôshyans « ceux qu’enseigne un maître avec sagesse parfaite : Sôshyans », Sôshyans étant le Dastûr suprême des derniers jours. Ces élèves de Sôshyans sont sans doute les trente immortels, hommes et femmes, qui viennent l’assister dans son œuvre et dans celui dorospril’-, oui, dans los mondes mémo on rYiside Ahura ; l’homme généreux, pareils toi, connaissantlo bien et bienfaisant, ô Mazda. 4. J’ai reconnu ta puissance et ta bienfaisance, ô Mazda, dans la force secourable que tu étends sur les deux mondes"*, dans la justice que tu rends entre le méchant et le juste, avec ton feu brûlant ’^ puissant pour le bien, et parce que tu m’onvoies [celui qui est] la force de Vohu Manô ’^ 5. J’ai reconnu ta bienfaisance, ô Mazda Ahura, quand je t’ai vu premier [des êtres] à la naissance du monde ; et quand tu as fixé la récompense [qui] par ton génie [sera donnée] aux œuvres et aux paroles ", — le mal pour les méchants et bonne fortune pour les bons, — à la révolution finale du monde ’^ ;

6. Celte révolution où tu viendras, bienfaisant Esprit Mazda, avec Khshathra et avec Vohu Manô par les œuvres de qui le monde grandit en Bien et avec ceux qu’enseigne le maître parfait^", possédé de ton intelligence que rien ne trompe.

12. Dans ce monde et dans l’autre.

13. haithyéùjj ; âstish « évidemment dans les mondes... » 14. Lyat ta zastà yà tù hafsliî avâo ; litt. « quand sur ces deux mondes (ta z= zak kuld 2) tu fais (hafshi ; cf. Y. XXXI, 22, bapti == obdûnênd) secours par la force qui est tienne » (zastà yâ tù, pun tavdn lak bnaf.shà ; tù, forme obscure ; mais le vers est incomplet, il manque une voyelle ; lire yà tavà ?). 15. Dans l’épreuve du Var nîrang où « il manifeste le bôkht et Vêrakht » (voir Y. XXXI, note 15).

16. Litt. « parce que viendra à moi la Force de Vohu Manô » (VanUéusb Lazé mananhù), c’est-à-dire « Sôshyans », le héros de la résurrection, qui triomphe d’Ahriman : cf. pour Lazô pris en bonne part, Y. XXX1II,12 c. 17. Litt. « que tu fais les œuvres et les paroles ayant leurs récompenses » (inizbdavrm).

18. dàmôish urvaêsè apémê, dâm afdàm ic varlêt ; peut-être : « jusqu’à la dernière révolution » : car les châtiments durent « jusqu’à la dernière révolution du monde, où a lieu la Rénovation à souhait du monde » [od zak ? afdthn ahvàn vart/shn amat Frashkart. pini kàmak dar ahvàn yahbûnihêl ; Dàdutdn, XLI, 6). — Cité dans le Khorshid Nyâyish du soir, Y. LXVIII, 23.

19. GitéVp. II, 5, 11.

20. aèibyô ratùsli sôùjfbaiti ârmaitisb ; oldshân mati rat dmôzêt pun bundak mhiis/inih Sôshyans « ceux qu’enseigne un maître avec sagesse parfaite : Sôshyans », Sôshyans étant le Dastùr suprême des derniers jours. Ces élèves de Sôshyans sont sans doute les trente immortels, hommes et femmes, qui viennent l’assister dans son œuvre 7 . J’ai reconnu ta bienfaisance, ô Mazda Ahura, quand je rencontrai Vohu Manô cl il me demanda^’ : Qui es-tu ? A qui es tu" ? Et quels signes, en ces jours de nos entreliens, te donnerai-je pour ton monde et ta personne -’ ? 8. Et je lui répondis tout d’abord : [Je suis] Zaralhushtra. Ce que je désire, c’est d’écraser ouvertement le méchant ; c’est d’apporter au juste la force et la joie ", c’est de lui donner à la fin des temps -’ la toute-puissance, tandis que je te loue, ô .Mazda, et te fais mien - 9. J’ai reconnu la bienfaisance, ô Mazda Ahura, quand je rencontrai Vohu Manô. 11 -’me demanda : Que désires-tu savoir -’ ? [Bund. XXX, 17). il se peut qu’il faille commencer la phrase avec aèiliyù qui désigaera les hommes en général. « Alors un maître parfait enseignera les hommes... » 21. D’après le Zanlusht Nfima la mission de Zoroastre débute par une entrevue avec Bahman (Vohu .Manô) qui précède les entrevues avec Ormazd et les Amshaspands. Dans le Diukart.VII (p. 88), qui malheureusement abrège la légende, Vahùman adresse à Zoroastre la même question qu’ici : inan zak liacàl ? Zarlûhaskt havâam u Qui es-lu ? ^ Je suis Zoroastre. » — Observer la construction neutre et impersonnelle de pairijas construit avec l’accusatif et l’instrumental : « quod me curn Vohu Manô conveuit, il me rencontra avec Vohu Manô » ; cf. XLIV, 1 e, jatlià né à voliù jimat mananhà ; Y. VIII, note 12 et XLVI 3 d (même construction avec pairî dadaiti). 22. Auquel des deux principes appartiens-tu ? Cf. Y. X, 16, 45 sq. 23. Le sens général est : Quel signe attends-tu de moi comme preuve que je suis le bien ? Qu’attends-tu de moi dans la conduite du monde et dans celle de tapi’opre destinée ? La construction de ayàréet de ferasyài (cf. J% K’, elle rythme) est obscure. daklisliùi’à, dakhs/ial ; « signe » ; dislià « je montrerai » (’dis-sli-àz^ nimût yakoyainûtiêt ; aigh cigûn dakhshak ohdùnam) ; ayàré, yôm « jour » ; liampûrsih « entretien, conférence ».

24. Litt. « que je sois joie puissante au juste ». Ce juste est le protecteur de Zoroastre, le roi Gushtàsp.

25. àbùshtisli, mot inconnu. Le pehlvi décompose étymologiquement en àliùuslità, et traduit amat zak ynhvùnêl nivokih aîg/i lan i pas’in ijahvîinét « quand se produit ce bien, c’est-à-dire quand se produit la résurrection » ; d’après la glose, qui donne le sens, et faisant abstraction de l’étymologie qui cherche la justification de ce sens, on peut songera voir dansâbùsliti un dérivé debù, indiquant l’avenir. On peut aussi construire « que je donne tes àliùshti de la toute-puissance », àbùsliti indiquant la venue à l’existence, la production ; on traduira dans ce cas : « et de lui faire obtenir la toute-puissance ». — Lire dayà avec J* et K% pour le vers. 26. yàvat ; dans la mesure où je te loue.

27. Auhrmazd. Ahya ferasém est traduit old [.uhrmazd] pursit. ferasém étant substantif, il faut construire : « question de lui ». Glose marginale : frashni Auhrmazd « question d’.uhrmazd ».

28. Litt. <’ pour qui désires-tu savoir » ; glose : aighal pàhriz man opinai amat T. 1. 36 — Donner à ton feu l’offrande de prière 29. Ma pensée sera au bien, de toute la force de mon désir 30.

10. Mais toi, donne-moi la sainteté que j’appelle de mes vœux 31, dans ma parfaite communion avec la Piété parfaite 32.

— Demande donc ce que tu as à nous demander 33. Autant tu demanderas, d’autant tu seras fort 34 ; le Souverain te fera aussi fort que tu désires 35.

11. J’ai reconnu ta bienfaisance, ô Mazda Ahura, quand je rencontrai Vohu Manô et que vos paroles me furent révélées pour la première fois 36. « C’est chose difficile, me disiez-vous, de faire progresser [la religion] parmi les hommes 37 » et c’est cette œuvre, que vous m’avez déclarée la plus excellente, que je veux entreprendre.


khavttûnî « c’est-à-dire de quoi faut-il que tu saches prendre soin ». Pour cet emploi de vid au sens de « voir à, veiller », v. Y. XXXIII, 3 b, note 10.

29. Glose marginale : pasukh gavishni Zartûsht « réponse de Zoroastre... — L’accusatif râtàm « action de donner » dépend du verbe vashi dans la question : « [je désire] donner... »

30. Litt. « autant que je désire ». — ashaliyà mâ... manyài « je pense de bien en moi », ma étant employé comme le français me dans « je me meurs ». Cf. la note suivante.

31. ashemhyat mâ zaozaomi « l’Asha que je me demande en prière » ; voir la note précédente. C’est-à-dii*e, enseigne-moi toute la religion.

32. Ou « avec Armaiti ».

33. Glose marginale de PU : farmâyislmi Aukrmazd « paroles d’Auhrmazd ». — Ces questions font le sujet du Hâ suivant. C’est une bonne œuvre que d’adresser des questions sur les choses de la religion aux dépositaires de la vérité : voir le développement de cette idée Vd. XVlll, 60, 122 sq. ; cf. Y. XXAVlll, note 3.

34. Répéter dans ce vers le verbe dyât du vers suivant.

35. Glose : «c’est-à-dire que si tu parles religion, tu obtiendras force ». — khshayàs : shalUâ, Aukrmazd.

36. didainhê, pun niklzishn nikizêt, « est révélé en révélation» ; le sens littéral est : « quand révélation vôtre par vos paroles tout d’abord » ; ces paroles sont l’Avesta (f/tn). didainhê suppose une forme Mîdahyâ ou *didaha, qui se présente comme une forme redoublée de dah, être sage, savoir (v. XLV, n. 36) et a le sens verbal de dis « montrer », nikîz étant la traduction ordinaire de dis (cf. Vlll, 3,8 : disyala— nikizêt aigh padtâk harâ obdûnand XLIV, notes 23 et 40) et de dares (XLIV, 15 rf ; XLIX, 2 c ; L, 5 c).

37. sâdrâ... zarazdâitish, vitang... ravâk-dahishnih « difficile est la propagande » ; glose : « c’est-à-dire qu’il est difficile défaire marcher la religion ». Cf. Yt. V, 26 ;yà 12. Tu me disais alors : « Va vers le bien avec énergie ^ » Mais loi, ne me fais pas reproche de l’indocilité [des hommes] ’^ tant que ne s’est pas levé pour venir à moi le saint Sraosha, qui suit le grand directeur*", et qui tranchera entre les deux adversaires selon la justice et pour le bien. 13. J’ai reconnu ta bienfaisance, ô Mazda Ahura, quand je rencontrai VohuManô. J’ai fait connaître votre loi : accordez-moi mon désir ", à la vie future •*- ; car nul autre que moi ne vous a enseigné [aux hommes] * [nul] de tout ce monde du désir" que l’on dit dans votre empire ^ 14. Pour le bien que l’homme fait à son ami en l’instruisant*", donnezmè daènàm zaraseà dàt ; zarascâ dàt := : ’zarazdâitimca kereniiyàt. Peut-être /.araz-dâ est-il *zarad-dâ « donner son cœur », credo [Etudes iraniennes, II, 120), zaras-[cà] étant né par analogie de zaraz-[dà].

38. fràkhshnenê, kahad. Forme obscure, semble dérivée de frac (sscr. prâc) combiné avec le suffixe ishn- plus tard si fréquent en pehlvi : cf. pehlvi-persan ^l_,3. 39. at tù moi nuit asrushtà pairjaoghzlià : asrushti, l’indocilité à la loi, l’opposé de sraosba ; tù = tùm ; pairjaojfbzbâ, impératif de pairi-aogbzh « dire par-dessus » [madam gûfl ; litt. « ne me parle pas par-dessus dans l’indocilité » : le sens précis de madam gùft Ao’iièXve. quelque chose comme reprocher ou accuser : cf. la note suivante. 40. Litt. « Avant que vienne à moi, en se levant, le saint Sraosha accompagné du grand directeur » ; on a vu plus haut (Y. XXVII, note24)quele saint sraosha désigne ici, pour la tradition, le Adèle obéissant par excellence, Vishtàspa [Srôsli àhli Vishtàsp) et que le grand directeur, le grand Ratu, est Zoroastre [mas rat Ivatâ Zartûsht), Vishtàsp étant à Zoroastre ce que Srôsh est à Ormazd : cf. Y. XLIV, n. 50 ; LVI, n. 33. mas rat traduit le zend màzàraya ; le ms. Pt’ a mas rât et Nériosengh avait le même texte, car il traduit mahâdntrà. La lecture mas rât se concilie plus facilement avec l’analyse de màzàraya ^ màzâ de maz « grand », et rài « fortune, biens » ; cf. védique màhayat-rayi ; mais la glose Zarlltftht prouve qu’il faut lire mas rat ; rat suppose un mot ra, synonyme de ratu, comme khra, synonyme de khratu (p. 124, n. 15). 41. Litt. « de faire connaître votre loi (aretbà vôizlidyài ; cf. note 4), donnez-moi ceci de mon désir. » Glose : « celui qui fait connaître votre loi, donnez-moi la récompense de celui-là » ; N.).

42. Litt. « mon désir de la longue vie », c’est-à-dire au temps de la résurrection. 43. ycm vâo naècish dàreslit itê ; litt. « moi que nul autre ne va vous montrer ». dàresht itè, corrigé dans Mf en dàreshtitê, est probablement pour dâresLti itê, pun niktzishn sdtùnét « ne va montrer » de (dares).

44. vairyào stôisli ; le monde animé, moral, responsable. 45. Glose : dans tout ce monde « il n’y a eu personne tel que moi ». 46. Pour le bien que je fais aux hommes en leur enseignant la vérité (vaêdamnô, âkâsdahislm ; vaèd a le sens causal ; cf. Y. XXXI, 22, n. 80 ; XXXIV, n. 20 ; LI. n. 64 ; isvâ, sût). moi, ô Mazda, la joie qui est vôtre *’, en abondance. Car Ivhshalhra, saintement inspiré, t’a dit : « Je veux élever les maîlres de l’enseignement *’, avec tous ceux qui diront (a parole". »

15. J’ai reconnu ta bienfaisance, ô Mazda Ahura, quand je rencontrai Vohu Manô. Que l’intelligence du champion du bien ail un signe de reconnaissance ^", pour que les hommes ne cherchent pas cà faire plaisir aux pervers et ne traitent pas les justes en méchants ’". 16. Ahura, ô Mazda, Zarathushtra aime l’Esprit très bienfaisant et toute créature en qui il descend^-. Puisse la Sainleté incarnée dans les corps avoir la force de vie" ! puisse la Piété parfaite avoir l’Empire dans la sphère du Soleil "* ! et puissent les bonnes œuvres recevoir leur récompense par Vohu Manô ’ !

47. Le bonheur dont vous disposez.

48. uzereidyàiazéiQ. Peut-être faut-il prendre « élever » au sens de « faire paraître », non au sens de « faire monter en pouvoir ou en dignité ». C’est ainsi que l’entend le pehlvi : aîgh Zartùslit yahbûn « c’est-à-dire, donne-moi Zoroastre ». C’est Khshathra, la Royauté, qui demande à Aulirmazd de lui envoyer un sage, un Dastùr [dànâk, daslôhar, glose de saredanâo, qui est traduit lui-même sardâr, maître ; le sens littéral est « les maîtrises, les autorités »). 49. Les élèves de ce sage, de ce maître, les apôtres qu’il forme [dîn bûrtârdn). 50. A quel signe reconnaître le juste et le méchant ? C’est une question qui préoccupe souvent le prophète Cf. le Hû suivant, note 37. — tlakhsb.ij usliyâi tusLnà luaitish vahisbtà ; je traduis ilakhsliat comme un verbe à cause du nominatif maitish : que la pensée excellente ait un signe à TinteUigence » ; tushnà, pehlvi lùsht, est énigmatique ; je traduis hypothétiquement d’après Nériosengh, qui traduit le pehlvi lûsht par muhunjoddhd ; tushnà serait donc « qui est en lutte [avec les méchants ] ».

51. nà pourusli : et t.zXim. — cikhsbnusliô, adjectif verbal désidératif de kksbnu (ci-khsbnu-sh). — anjfrénjf àilaré, pûn zandk yakksanknand. 52. Litt. « Ce Zoroastre aime (vereùlè, 3= sg. moyen de var, conjugué sur la 7" classe) l’Esprit (mainyùm) ; ô Mazda ;, en quiconque vient (yastè) le Très-Bienfaisant » (spénisbtô). Le pehlvi voit Vohu Manô « la Bonne Pensée » dans Mainyu : mais spénisbiù, dans le second vers, fait plutôt penser à l’Esprit du Bien en personne. 53. astvat asbem, » Asha incarné » dans le corps du juste : ushlàuà aojôùjjbvat X fort parla vie ».

54. Litt. « qu’Armaiti soit en empire qui voit le soleil » ; elle va régner dans la sphère du soleil, c’est-à-dire au Paradis [sûnjapade prasddo ’sli, N.) ; cf. XXXVL 6. 55 Au Paradis dont Vohu Manô est l’introducteur.

Zôt et Râspi ensemble :


17. Le bien à quiconque fait du bien à âme qui vive ! Que Mazda le tout-puissant lui donne [ses dons] !

Vigueur et force de toi je désire. Si je soutiens le Bien, donne-moi en récompense, ô Armaili, la gloire, la fortune et la vie que donne Vohu Manô. (A répéter 2 fois.)

Ashem vohu (3 fois).


Nous sacrifions au Hà Ushtavaiti.


Yènhê hâtàm.





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a




HÂ 44 (SP. 43). — GÂTHA USHTAVAITI 2




Ce Hâ semble le développement du vers 10 du Hâ précédent où Ahura conseillait au Prophète de l’interroger pour être maître de la religion. Il est composé d’une série de questions portant sur les mystères du monde matériel et du monde moral et religieux. Zoroastre, après avoir repoussé la tentation d’Ahriman, récite ce Hâ, qui est donc comme une sorte de résumé de la révélation (Vendidad XIX, 10).


Analyse. — 1. Qu’Ahura lui révèle la vérité, pour qu’il apprenne aux hommes à le servir et à penser vertueusement.

2-5. Quel est le bien suprême dans le monde ? Quel est le fondateur de l’Asha ? Qui a frayé leur route au soleil et aux étoiles ? Qui a réglé les phases de la lune (§ 3) ? Qui a fixé la terre sans supports ? Mis en route vents et nuées (§ 4) ? Qui a fait la lumière et les ténèbres, le sommeil et la veille (§ 5) ?

5-7. Qui fera paraître un jour l’arbitre de justice (§ 5) ? Comment rendre claire aux hommes la puissance que la vertu donne (§ 6) ? Qui donne l’aspiration au bien ? Qui a créé l’amour paternel (§ 7) ?

8-10. Comment on reconnaît le bien (§ 8) ? Comment il fera régner la religion, au moyen d’une Royauté droite (§ 9) ? Comment la religion fait prospérer le monde et comment la richesse suit la sagesse (§ 10) ?

11-15. Quand les sentiments de piété parfaite pénétreront-ils les hommes ? A quel signe reconnaître les méchants ? Pourquoi on ne reconnaît pas à sa démarche l’infidèle qui veut nous égarer (i ; i 2) ? Quand seront écrasés les incrédules, rebelles à la religion ; et ceux qui l’enseignent sans la pratiquer (§ 13) ; et les hérétiques endurcis qui ne reviennent pas de l’erreur et sont en guerre contre la vérité (î^ 14) ? El à l’heure finale, qui Ahura récompensera-t-il ? Qui chàtiera-t-il ?

16. Quel est le victorieux qui protégera la doctrine que le Prophète prêche ? Quand verra-t-il son œuvre accomplie (5 ; 17) ? Quand les hommes rechercheront-ils sa parole, lui apporteront-ils leurs dons et le salaire auquel il adroit (§ 18) ? Quelle peine doit atteindre sur terre même l’homme qui ne paie pas le prêtre (§ 19) ? Un mécréant peut-il être uu bon roi ? Comment sera puni celui qui s’oppose au bien (§ 20) ?

Dlnkarl, IX ; 14 (Sùtkar) ; 37 {Varsklmdnsar) ; 5"J [Bah). 1. Tat th’wâ peresâ. — J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Accordez ma prière comme j’accorde la vôtre ’. Mazda, je veux te ressembler et enseigner mes amis à te ressembler-, afin de te donner pieuse et amicale assistance ’ et de nous rencontrer avec Vohu Manô

2. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Quelle est la première des choses dans le monde du bien^ ? Le bien qui comble les désirs de qui le poursuit " ? Car celui qui t’est ami, ô Mazda, 1. uemanhô àjatlià nenié tihshmàvatô ; litt. « de ma prière, juste comme la votre». C’est-à-dire : je vous accorde votre prière, en faisant ce que vous ordonnez : accordez-moi la vôtre. Vers cité Y. LVIII, 3 : v. /. /. et Y. X, 20, texte et note 60. 2. Litt. « Mazda, que [l’homme] semblable à toi instruise l’ami semblable à moi », c’est-à-dire je veux le ressembler et former mes disciples sur mon idéal. Glose : « je suis content quand, dans mes actes, je suis devenu, autant que possible, semiilable à toi ». — sahyàt est traduit d’après paitish-sahyàt, stance 9 c [nôk nôk àmùkhlêt). 3. Litt. « A nous pour [te] donner [c’est-à-dire de sorte que nous te donnions] par sainteté des coopérations (hâkurenà, hamkavlàr ; v. Y. XXXIII, n. 36j amies » ; il s’agit des adhérents actifs que Zoroastre veut gagner à Aulirmazd. 4. D’avoir les pensées d’un juste ; pour la construction, v. le Hà précédent, note 21. 5. " Quel est le bien le plus désirable ? » (P.).

6. Litt. « pour que prospère dans son désir celui qui toujours à nouveau recherche change toujoiiis le mal eu bien’ el règne spirituellement dans les deux mondes.

3. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Qui* fut le procréateur", le père premier de l’Asha ? Qui a frayé un chemin au soleil’" et aux étoiles ? Qui fait que la lune croît el décroît" ? Voilà les choses et d’autres encore que je veux savoir, ô Mazda. 4. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Qui, sans supports’-, a tenu la terre sans tomber" ? Qui a fait les eaux et les plantes ? Qui a mis en roule rapide ’* les vents et les nuées ? Quel est le créateur de Vohu Manô’ ô Mazda ?

5. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Quel bon artiste a fait la lumière et les ténèbres ? Quel bon artiste a fait le sommeil et la veille ? Qui a fait l’aurore, le midi et la nuit ? Qui fait paraître l’arbitre de la justice ""’ ?

6. J’ai une chose à te demander ; dis-moi la vérité, Ahura. [Dis-moi] les choses qu’il faut dire pour rendre claire cette vérité ", que ce bien ». Glose : ■< celui qui recherche toujours ces deux choses, l’Avesla et le Zend ».

7. ashâ speftlô irikhtein : pun fràrûnlh afzdijinU olâc i rXplak, vindskartâr « augmente en vertu le méfait ». — irikhtcm est la forme zend de êrakht, dans bôkkt u êrakht{. page 228, n. 15) ; — vîspôibyô, pun harvist zamân, « en tout temps ». — Au vers suivant hârô, sardàr, svâmî.

8. kasuà, formé de kah et de l’enclitique nâ(=na) ;cf. yathanâ. 9. zàthà, sscr. janitâ ? — Peut-être : « Qui fut la naissance ? » (P. zdk ; N. jananï). 10. hvéii{î, forme parallèle de hvare ; voir p. 166, n. 30 ; cf. Y. XLV, n. 36. 11. Litt. « quel est celui par qui... » — Imité dans le Màh Yasht, § 2. 12. adénaliàoscà (Geldner adé nabâoscà) : pun adârisluiUi aîghash dâshtàrê î glll iô’U « n’ayant rien qui la tienne, c’est-à-dire qu’elle n’a point de support matériel ». 13. deretà.. avapastôish « les a fixés contre la chute » . 14. ô khvcshkdrik « vers leur fonction », pour remplir leur tâche. = dvàmaibyascà, u abr ; — yaoget, c’est-à-dire *yaoklit, 3° personne d’aoriste ; cf. n. 21. 15. Litt. « quelle création est celle de Vohu Mano ? » (il n’y a pas d’e-vemple certain de dàmi au sens de créateur).

16. Litt. « [quel est celui] par qui [paraîtra] celui qui décide (cazdôùjfhvaùtem, vicartdr ) les mesures (mauaothrîsL, palmdn) de la justice » (arethahyâ, dinà), c’est-à-dire la répartition de la justice finale. Glose : « qui a fait l’époque oii viendra (j/àmalùnêt ) Sôshyans ? »

17. yâ fravakiishyâ yczi là atlià haithyà « quelles choses sont à dire (ou peut-être : « quelles choses je dirai » ; voir le début du Hà suivant), si ces choses sont ainsi


par les œuvres d’Asha se fortifie Ârmaiti, et qu’aux tiens Vohu Manô donne l’empire 18 [781]. Pour qui as-tu formé la vache Azî, riche en dons 19 [782] ?
7. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura.

Qui a créé avec Khshathra l’aspiration de la Piété parfaite 20 [783] ? Qui a mis l’amour au cœur du père quand il obtient un fils 21 [784] ? — Avec ces créatures, je veux énergiquement t’aider 22 [785], ô Mazda, ô bienfaisant Esprit, créateur de toutes choses.
8. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura,

[Dis-moi] par cinq fois ta doctrine 23 [786], ô Mazda ; et les paroles que révèle dans ses entretiens Vohu Manô 24 [787] ; et comment on sait parfaitement dans le monde ce qui est bien 25 [788] ; et comment mon âme pourra aller et trouver la joie du bien dans les deux mondes 26 [789].
9. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura.

Comment j ’établirai dans sa pureté la Religion pure " ?

— En l’enseignant sans cesse à une royauté sage -^

— Par une royauté droite celui qui te ressemble, ô Mazda, ira vile habiter avec Asha et Vohu Manô ^°,

10. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Dis-moi la Religion, qui est la plus excellente des choses qui sont, et qui. par la sainteté, fera prospérer les mondes qui la suivent’". Qu’elle fasse donc le bien avec les paroles et les actions d’Armaiti. A sagesse de moi, richesse de toi et joie ^’, ô Mazda.

11. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura, (Juand Ârmaiti viendra-t-elle à ceux à qui je prêche ta loi’- ? C’est toi, avant tous les autres", dont je demande la sollicitude ; et avant tous autres je me garde’* de la malice de l’Esprit [mauvais]. 12. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Des hommes avec qui je converse ’^ lequel est bon, lequel mauvais ? Celui-ci ou tel autre est-il mauvais ? Le méchant qui m’envie ton bienfait’", 27. Glose : « Commenlje ferai régner la religion ? » 28. Réponse d’AhUra, selon la glose marginale (pa^MAA frâj gavishnVd Auhrmazd).

— Principe de l’union du trône et de l’autel (cf. p. 163). 29. hademôi, ham damûnih [ . page 217, note 37) ; « est habitant en cohabitation avec Asha... c’est-à-dire en amitié » [ham klididh) ; n^ishiish, pun tiz’th (fémininplu. riel de àsiskta, employé adverbialement).

30. Litt. « qui suivie me fera prospérer les mondes par la sainteté ». Glose : « car cette religion produit la fortune par la vertu ». 31. mahyâo cistùish tLwà îshtish mazdà. Exemple typique du style des Gâthas : litt. « de sagesse mienne, fortune tienne, en joie, ô Mazda », c’est-à-dire en récompense de ma sagesse, tu me donneras fortune et joie(usen, part, présent pris adverbialement, « en se réjouissant » ; cf. mizen, note 66). — Cf. Y. XLVI, note 8. 32. Quand les sentiments de piété parfaite les pénétreront-ils ? 33. Avant les Amshaspands. Glose : « donne-moi le bien, toi le premier d’entre les Amshaspands ».

— azem fravôivîdê « je suis à être veillé » : pour vid, « voir à, prendre soin », v. XXXIII, n. 40.

34. vîspéiig anyeùg’. . . spasyâ « entre tous autres je me garde » (spasyà, ^asjodn»îam ; spas, sscr. spaç, lat. spec-io).

35. yàis percsà : man hampûrsêl.

36. yé inà... tliwà sayà paiti-eretè, « qui s’oppose pour moi à ton bienfait » ; ce bienfait est la religion d’Auhrmazd (pun and i lak dln) ; paitî-eretê, patyâr’mit, cf. paityàra, nom des réactions d’Ahriman contre le bien. pourquoi no puis-je reconnaître sa malice à sa démarche’ ?

3. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. 

Quand chasserons-nous, quand chasserons-nous la Druj ’^ ? Et les indociles qui se rebellent [contre la religion] ’", ou qui enseignent le bien sans le pratiquer^" et n’aiment point les entretiens de Vohu Manô^’. 14. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Quand livrerai-je la Druj aux mains de la Vérité’-, pour la faire périr par les paroles de ton enseignement ; pour frapper du coup de destruction

  • ^ ô Mazda, les méchants qui ne reviennent pas de l’erreur et cherchent

à détruire la vérité *^.

37. cyanhat hvô nôit ayém aftgrô manyêtê, ?rtin ma amat bnafshâ oldshân pun yâtûnishn là zanâk mhidm, aîg/i ma rài amat oldshân kkazitûnam ashân pun shaidâ là shnâsam « pourquoi est-ce que dans leur aller je ne les reconnais pas comme pernicieux ; c’est-à-dire pourquoi, quand je les vois, je ne les reconnais pas pour démons ?

» (ayém « l’aller » ; de ay-a). Cf. XLIII, note 50. 

Se rappeler les vers d’Euripide [Hippolyte, 923, éd. Boissonade) : $£j ! ypTi’i jîpsTïvj’. TÙv ç’),(i)v T ;-/. ;j.r,p ;:v caçî ? Tt y.EwOa’. y.ai b.iyiui^’.i çpîvwv,

tc-.’.ç t’ àX-rfi-fii ècT’.v, ï ; -zt [A-r ;, ipOvO ? • •/.. ■ :. X. Et ne devrait-on pas à des signes certains

Reconnaître le cœur des perfides humains ?

(Racine, Phèdre, IV, 2.)

38. nîsli nâshâmâ ; les deux mots sont traduits comme étant de la même racine, ni (ni-i ?), phi. yazal ^=.vazal, N. nirgachu s'en aller >> ; nâsliâmâ est à ni comme le persan bâsh àbû, c’est-à-dire suppose un thème futur nàyish. — Drajem : » la Druj de la tyran nie», drûji sâslàrh.

39. asrushtôisli perenâonhô, pun anyôkshilâr’ih paikârênd pun akart-êrpatistàn’ih « ils luttent avec non-écouter, c’est-à-dire avec enseignement non suivi. » Ils ne suivent pas les leçons du maître spirituel et s’insurgent contre la religion. 40. noît agilahyâ âdivjèinti hacémnà : là ahlâyih amatshân nikizênd apdkinênd, aigh mandûm î frârûn amatshân yamalalùnd hic là obdûnênd « même quand ils montrent le bien, ils ne le suivent pas ; c’est-à-dire que quand ils disent le bien, ils n’en font rien : ;. Malgré l’accord des manuscrits, je crois qu’il faut lire âdisyêiûtî au lieu de âdivyêintî, nikiz étant la traduction normale de dis (cf. Y. XLIII, n. 36). M. « Ils n’aiment pas les conversations vertueuses » (P.). 42. La Druj de l’hérésie {Aharmôkih} : « les docteurs (dht bùrtârdn) la feront périr » (P.).

43. sinâm, nnsânishn.

44. â îsh dvafshéiig mazdâ anâshê âstâscâ ; litt. « ceux-là dans l’erreur, ô Mazda, ne revenant pas et détruisant », c’est-à-dire : « après avoir reconnu qu’ils sont trompés 15. J’ai une chose à le demander : dis-moi la v6rit(^, Ahura. A l’heure où, prolecleur du Bien, lu régneras dans ce monde, où se réuniront les troupes immorlellos", suivant les lois que lu as révélées, ô Mazda, qui chàlieras-lu, el à qui as-lu donné le bonheur" ? 16. .l’ai une chose à le demander : dis-moi la vérité, ô Mazda. Quel est le victorieux qui protégera la doctrine"* ? Manifeste clairement que je suis le liuide pour les deux mondes ^". (jue mon Sraosha vienne avec Yohu Manô^", pour [proléger] moi et quiconque tu veux, ô Mazda ^’ ! 17. J’ai une chose à le demander : dis-moi la vérité, Ahura. {alJiai- hltarîlùnd (ihjli fnfl i/id-ih/amîojiin), ils ne vont pas à la religion {an-i/àh’inis/i)t !li luivii-nd, (lighhard o danù din là ydtànd) et font négation, c’est-à-dire rendent ineflicace la parole d’autrui » {andstbar, aUjh gavis/ini aishdn akdr obdànd). anâshâ est traduit comme an-àisL (Y. XXVIIJ, 9, note 33) ; une série de manuscrits, mais inférieurs, litanùish : la forme anâsliè est obscure et rompt le rythme. Sur àstàscâ, voir XLVl, n. 80.

45. asLà-pôi, en protection de l’.^sha (dans le pehlvi corriger yjarf/rf/iiVi enpdnakîh, d’après 16 b).

46. Lyat hém spâdâ anaocanhà jamaètê : je traduis anaocanhà d’après Nériosengti [anctçvaram), mais avec doute. la lecture pehlvie étant incertaine {a-ôk ; ôk^aocà) et anaçvararn suggérant trop facilement une confusion avec anaoshan^iâ. Ces troupes sont les troupes des âmes : « quand les âmes rentreront dans les corps. » Ce vers nous donne peut-être la définition du liamaspathmaêdhaya z= hama-spàda-maètha « réunion des armées [des âmes] » ; Lama répond à hém, spath à spâdha (cf. dath r : dadh), maèdha (r3 mactha) à jam ; cf. page 41.

47. kuthrà aj’âo Itahmâi vananàm dadào : man min olnshnn pdlfràs obdîinîhit, ô rnan shajnrih yahbùnihU pàlakhshahîh « qui de ceux-là sont châtiés et à qui est donné le bien, la domination ? » Litt. « où as-tu donné châtiment (ayâo = : pntfrds) et à qui le bien {xananàm, shaplrîh ; cf. XXXl.X, n. 4).

48. C’est-à-dire « quel est celui qui châtiera les criminels suivant ta loi » ? Il s’agit ici d’un pouvoir terrestre.

49. cithrà mùi dâm ahùmbish ratùm cizhdi ; litt. « enseigne-moi clairement guide dans la création, couple de mondes » : dam est grammaticalement obscur ; on peut hésiter entre un accusatif féminin de dà rr d’ifdshn dàmân, el un locatif neutre dàm (pour daman ? cf. hvabml dâm Vp. XIV, 2 ; tluvahmi àdàm, .XLVlll, 7 ;XLIX, 10). D’après le Vp. XIV, 2, il semblerait que cithrà, dàm et ratùm forment une série corrélative : nous suivons la glose de notre passage : « il est clair que je dois être considéré comme daslùbav ici et là-bas » (pour ce qui touche ce monde et ce qui touche l’autre). 50. Sraosha est pris ici comme nom commun, « le fidèle Obéissant », et désigne le Sraosha de Zoroastre, le roi Vishtàspa : « c’est-à-dire que Vishtâsp viendra à la religion ». Cf. Y. XXVll, n. 24 ; XLlll, n. 40.

51. Cette strophe est récitée parle prêtre qui marche en tête des funérailles (Vd. VIll, 20) et appliquée à Sraosha, dieu et. psychopompe. Quand vcrt-iu-jo l’heure, ô Mazda, où sera accomplie voire œuvre^^ ? Où les hommes rechercheront ma parole" .’ Où je serai maître de Haurvatàt et Ameretâl, récompense de la sainteté promise par votre loi ^’. 18. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Comment mériterai-je honnêtement ce salaire : dix cavales pleines et un chameau ^% afin que je te donne ^’^ tout ce que je connais de Ilaurvalàt et d’Ame retàl, ô Mazda.

19. J’ai une chose à te demander : dis-moi la vérité, Ahura. Celui ^* qui ne donne point son salaire au [prêtre] méritant, le salaire que le fidèle donne à l’homme aux paroles droites^", quel sera son châtiment tout d’abord""’.' Je sais ce qu’il sera à la fin des temps. 20. Jamais, ô xMazda, les Daêvas ont-ils été de bons rois"’ ? Quel est le châtiment ’^-, je te le demande, pour ceux qui s’opposent"’ 52. zarem, zamân « temps » : âskeitîni, Aa ?Vflri/t « action » ; sens littéral : « à quelle époque (kathà zarem) ferai-je de vous votre accomplissement » ; — glose : « c’est-à-dire, quand sera accomplie l’œuvre religieuse de vous » ? 53. « C’est-à-dire : quand régnera la religion ? » (P.). 54. Où je recevrai les biens matériels que le fidèle doit au prêtre en retour de ses services ; voir la strophe qui suit.

55. Évaluation de la daxinâ du prêtre ou, comme on disait en Iran, de son mrmat : nous n’avons pas malheureusement de données pour la conversion en argent de ces valeurs en nature. Dans les premiers siècles qui suivent la conquête arabe, le j !ÎJ-ma/ du prêtre pour un office complet était de 350 à 400 dirhems [Dddistdn, LXXXVIII, 1-2).

56. Tout ce qu’il a et tout ce qu’il fait appartenant à Ahura. — Lire talbyô (PI’, Mf ; cf. Y. .XX1V, 1 b, et le pehlvi lak).

57. C’est-à-dire tout ce qu’on lui a donné. — apivaitî, locatif verbal « en ma connaissance ».

58. yastat ; il est difficile ici de ne pas voir dans yastat une combinaison du relatif avec l’enclitique, bien que le pehlvi le traduise, comme d’ordinaire, comme une forme verbale de yat « venir ».

59. Tià, sitapîr gabrd ; — ereszhukhdhâi, l’homme aux paroles droites ; peut-être celui qui prononce les Ars/iùkhI (c’ost-à-direl’Avesta ; cf.XVI, n. 2). Geldnerliterezhukhdliâ, ce qui donnerait : « Celui qui ne donne point son salaire au [prêtre] méritant qui lui donne les Paroles bien dites » (c’est-à-dire qui récite pour lui l’Avesta). 60. ici-bas.

61. Un mécréant peut-il faire un bon roi ?

62. kàm se rapporte à mainish de la strophe précédente, vers d. 63. yôi pesfayéiûtî « ceux qui empêchent les hommes de faire les bonnes œuvres » (P.). — pesh est probablement le doublet de peret « lutter, faire obstacle ». fau bien] ? Ceux par qui le Sourd et l’Usij livrent le bétail au brutal  ; l’Aveugle qui reste impassible devant le crime"’ et tous ceux qui, pour rien au monde "^^ ne voudraient faire œuvre de bien. Z6t et R ;Yspî ensemble :

21. Le bien soit à quiconque fait du bien à âme qui vive ! (Jue Mazda le loul-puissantlui donne [ses dons] ! etc. (XLIII, 1). Asiiem voliù [3 fois).

Nous sacrifions au Hâ Tat thwa peresâ.

Yêiîliê hâtâm.

64. Qui laifisent maltraiter les animaux (cf. Y. XXIX, 1) ; sur le Sourd ou karapan, voir Y. IX, note 55 ; usij, a-a ; ’f^-{ii.viz’t, autre désignation de mécréant ; purement transcrit dans le pehlvi. Le mot usij dans les Védas est une épithète du prêtre, que l’on est généralement convenu de traduire « zélé » ; il semble aussi employé comme nom propre de prêtres mythiques (Berciigne, Religion védique, I, 57 sq. ; II, 322sq.). usij sera peut-être devenu en Iran le mauvais prêtre. 67. yâcà kavà .^nménè nrùdôyatâ : ânménê, a-stùb « non troublé » (voir Y. XXX, 7 i, note 23) ; urùdôyatà, rdnakih dâtâr « donneur de faute » (cf. urûraodha, P. rdnakinU, N. pratyaskhalayam ; Y. I, 59). Litt. « et l’aveugle (Y. IX, note), par qui est péché sans trouble ».

66. mîzen, locution adverbiale, comme usen (note 31) : pun ic mizdu même pour récompense ». Ils ne feraient le bien, selon l’expression anglaise, neilher foi’ love, nor for money. Cf. Y. XXXI, 15, note 58.




HÂ 45 (SP. 44). — GÂTHA USHTAVAITI 3



1-2. Révélation de la doctrine mazdéenne. Existence de deux Esprits, le Bon et le Mauvais, opposés de pensée, d’âme, de religion (cf. Y. XXX, 1-6).

3-5. Cette doctrine est la première des choses dans ce monde : celui qui ne la suivra pas, telle que le Prophète la conçoit et l’exprime, malheur à lui à la fin du monde ! C’est la pensée d’Ahura, fondateur de l’Asha, père de Vohu Manô et d’Ârmaiti : ceux qui la suivront iront au Paradis.

6. Qu’Ahura m’entende et m’éclaire ! Il doit ses bienfaits à ses adorateurs. Nous voulons lui offrir nos hymnes de prière (§ 8), le réjouir de nos pensées vertueuses (§ 9), le magnifier par nos sacrifices de piété (§ 10).

11. Arrière les méchants ! Traitez superbement les superbes !


{{t|Dînkart, IX ; 16 (Sûtkar) ; 38 (Varshtmânsar) ; 60 (Bak).


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1. At fravakhshyâ. — Je vais parler, prêtez l’oreille ; écoutez, vous qui de près, vous qui de loin venez pour vous instruire 1 [790]. Mazda m’a révélé toutes choses-. Le maître d’erreur’ ne fera pas une seconde fois périr lo monde ’, le .Méchant dont la langue professe les doctrines du mal ! 2. Je proclamerai les deux Esprits premiers, desquels celui qui est le Bon dit à l’Esprit destructeur : « .Non, ni nos pensées, nos enseignements, nos intelligences ; ni nos vœux, nos paroles et nos actes ; ni nos religions ni nos âmes ne sont d’accord ". »

3. Je proclamerai ce qui est la première des choses dans le monde d’Ahura’, telle que me l’a dite Mazda Ahura qui la connaît. Ceux qui d’entre vous n’accompliront pas la parole divine, telle que je* la conçois et l’exprime, malheur^ à eux jusqu’à la fin du monde ! 4. Je proclamerai ce qui est la meilleure des choses dans le monde 2. nù îm TÎspâ cîthré zî MazJàonhô dùm (la lecture de Geldner mazdàorihôdùm a contre elle l’accord des bons manuscrits et rinterprétation pehlvie) : ■■ car les Mazda ont rendu toutes choses manifestes » iMazdàonliô est un pluriel de majesté, à moins qu"il ne désigne Mazda et les Amshaspands). Le vers se prêterait aussi à la traduction « car les Mazda ont créé toute chose », le mot cilliré « manifeste » se disant des choses qui paraissent au jour : cf. le persan paidd kardan a rendre manifeste, créer » : c’est ainsi qu’entend la glose pehlvie : « c’est-à-dire quWuhrmazd a créé tout ce monde >> : mais le contexte favorise la première traduction et la glose semble reposer sur une fausse construction de nîgk zzz zi dans la traduction directe — dùm, pour dùii (de du doublet de dà ; cf. dàm, ya/tbùiièt, notes 13, 33 et Y. IX, note 68). 3. dusii-sastlsli ; zandb mlnôi (P.), .hriman.

4. . la fin du monde : il l’a déjà perdu une fois, au début, en y faisant invasion et y portant le mal. — dailntîui, dalitjavtar zamân : dans les textes postérieurs dhitim. 5. alià varanâ... àveretô ; àveretô, aimanûnhiit « il fait croire » ; cf. Y. XXXI, n. 5. 6. manào, sénglià, lihratavô ; varanà, ulibdlià, sliyaotlianà, daénào, urvànô. Glose : « c’est-à-dire que je pense le bien et tu penses le mal ; j’enseigne le bien et toi le mal ; je tiens mon intelligence dans le bien et toi la tienne dans le mal ; mon désir est bon, le tien est mauvais ; ma parole est bonne, la tienne mauvaise ; je fais le bien et toi le mal ; ma religion est celle des Gàthas (gdsdn’tgî/i], la tienne est celle des magiciens {ydtûkih ; cf. LXI, note 8 ; Vltl, 3-4) ;... une âme qui est dans la religion et une âme qui n’y est pas ne vont pas ensemble ». — Vers cités Y. XIX, 15. 7. Il s’agit sans doute dune façon générale de la religion révélée : cf. le Hà précédent, 2 a, notes 5 et 6 : la glose pehlvie veut y voir la formation du caractère, khim virâstan (cf. Dhikarl, IX, 38, 4 : une des excellences que conseille la religion, c’est de « former son caractère par les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions ». Le caractère, selon le Shikand Gùmdnik, I, 26, est la grande vertu du prêtre : ■< il consiste à ne point pécher par crainte ou fausse honte »). 8. Suppléer le sujet azem pour rétablir le vers.

9. avôi, anâk ; cf. p. 233, n. 76.


d’Ahura. Mazda connaît bien l’Asha 10 [791], lui qui l’a établi. Père de l’actif Vohu Manô, Armaiti aux bonnes œuvres est sa fille 11 [792]. Il ne saurait s’égarer 12 [793], Ahura qui voit toutes choses. Cf. Yt. I, 18.
5. Je proclamerai ce que m’a dit le Très Bienfaisant, parole excellente à entendre aux mortels. Ceux qui l’écouteront de moi et l’enseigneront 13 [794], ceux-là iront auprès de Haurvatât et d’Ameretât 14 [795] ; par les œuvres de Vohu Manô, ils iront auprès d’Ahura Mazda 15 [796].
6. Je proclamerai ce qui est la plus grande de toutes les choses, chantant la sainteté de ceux qui appartiennent au Dieu Sage 16 [797]. O Spenta Mainyu, que Mazda Ahura m’entende ! S’inspirer de la Bonne Pensée, c’est le prier 17 [798] : qu’il m’instruise donc par son intelligence parfaite 18 [799] !
7. Ce sont ses bienfaits qu’avec leurs présents recherchent ses adorateurs 19 [800], ceux qui ont vécu et ceux qui vivront 20 [801] : l’âme du juste aspire à

l’immortalité 21 [802] et à la force, tandis que sera en peine le méchant 22 [803] ; tel est l’empire de Mazda Ahura sur la création 23 [804].
8 24 [805] Nous voulons donc lui offrir nos hymnes de prière 25 [806] : car de mes yeux j’ai reconnu en lui 26 [807] l’être de bonne pensée, de bonne parole, de bonne action, connaissant qu’Ahura Mazda est la sainteté même. Déposons donc nos prières devant lui dans le Garô-demâna 27 [808].
9. Nous voulons le réjouir avec la Bonne Pensée, car il fait pour nous à son gré le bien-être et le malaise 28 [809]. Qu’Ahura Mazda nous donne d’exercer l’empire 29 [810], de voir prospérer nos troupeaux et nos hommes, grâce à la sagesse qui suit la piété de Vohu Manô 30 [811] !
10. Nous voulons par les sacrifices d’Ârmaiti magnifier 31 [812] Celui qui a

été nommé du nom de Seigneur Omniscient". L’homme qui le prêche avec Asha et Vohu Manô, en son pouvoir seront Ilaurvatàt et Amerelât ; ils lui donneront force et vigueur ^^

1 1 . Arrière ’^ les Daêvas et les hommes ! Soyez superbes pour les superbes, pour tous autres que le fidèle humble^’. Au saint, sage ou prince^, appartient la bienfaisante Religion : celui-là est [de la Religion] l’ami, le frère, le père, ô Mazda Ahura !

12. Le bien soit à quiconque fait du bien à àme qui vive ! (Y. XLIII, 1 ; [2 fois). Ashem votiù (3 fois).

Nous sacrifions au Hâ At fravakhshyâ.

Yèiîhè hâtàm.

32. Ahurô mazdào, pris ici clairement dans le sens étymologique : khûlâ dànâk. 33. côisht, câshit « le fait connaître » (de cish ; cf. jaoget, cùret, etc.). — khshathrùi, au sens propre, mais avec allusion à l’Amshaspand de ce nom, de sorte que celte strophe réunit les sept divinités suprêmes. — dàm, yahbûnêt, v. notes 2, 13. 34. Les Daévas et les méchants. — yastâ... aparô, matshân... akhar. 35. yôi im taré manyantà « ceux qui pensent insolemment >> ; de là l’abstrait tarôniaiti, nom du démon qui personnifie l’orgueil ; s’oppose à yé arém manyàtà « celui qui pense comme il convient », personnifié dans la déesse Armaiti. 36. saoshyaùtô déng : patôish : défig- patôisb, dastôhar pal [khûtâ], représente le couple « prêtre et prince », ahu et ratu (voir l’Introduction au Y. XIX). — déng patùish rappelle verbalement le védique dampati « maître de maison » ; mais ce n’est qu’une apparence : déng est traduit daslôbar, c’est-à-dire comme le zend dé, dans dé Jâmâspa (XLVI, 17 ; XLLK, 9 ; L, 18) ; les deux formes se concilient dans un primitif daL daiih, qui se retrouve :

l^Dans l’abstrait neutre daûli-ô, dândkîh « sagesse » (Yt. VI, 6) ; védique dansas ; 2° Dans l'adjectif dai>-ra daùg-ra, dànâk « sage » (Y. XLVI, 17)^ :*danh-ra, védique dasra ;

3° Dans le superlatif danh-ishta, ddndktûm (Y. XIII, note 13), védique dansislitha ; 4° Dans l’abstrait dàstvâ, dastôbarXh « règle «(origine derfa.s^oèrn’zn’dastva-hara ; cf. Y. XLVI, n. 30) ;

5° Peut-être dans didainhê « révélation » (Y. XLIII, note 36) ; dào « sage » (dans Mazdào, hudào, duzlidàonba, etc.) ; dalima ; mais le sens de dahma est d’un autre ordre [shapîr, uHama « vertueux »).




HÂ 46 (SP. 45). — GATHA USHTAVAITI 4



1-2. Où se tournera le Prophète, repoussé de ses parents, de ses serviteurs, de ses voisins, persécuté par les tyrans du pays ? Impuissant, isolé, pauvre, il crie vers Mazda : J’ai prêché ta doctrine, donne-moi la fortune !

3-4. Il n’aspire qu’à enseigner la loi d’Ahura. Le tyran défend aux fidèles d’assister le juste : il périra par sa violence.

5-8. Les puissants ne devraient jamais faire aucune faveur aux méchants : justes envers tous, ils devraient traiter le juste comme un parent. Qui assiste le méchant est un méchant, qui assiste le juste est un juste (§ 6), Le Prophète appelle de ses cris un protecteur qui le couvre de la haine des méchants (§ 7) et frappe ceux qui mettent leur fortune au service de l’erreur (§ 8).

9-12. Quel est le premier qui lui apportera ses dons ? Ceux qu’il pourra entraîner au culte d’Ahura verront s’ouvrir devant eux le Pont Cinvat qui conduit de terre au Paradis (§ 10) ; au contraire, les méchants qui subornent le pouvoir pour perdre les âmes gémiront devant le Pont Cinvat et iront habiter le monde de la Druj (§ 11). Quiconque fait plaisir à Zarathushtra est homme de bien et aura place au Paradis (§ 13) ; fût-il Touranien, s’il parle comme le saint Fryâna et fait prospérer la piété dans le monde, il appartient à Vohu Manô et Ahura lui doit le bonheur (§ 12).

14-17. Quel est donc l’ami de Zarathushtra ? Quel est l’homme de bien par excellence ? C’est le vaillant Vîshtâspa, le prince qui a converti sa maison au vrai culte. Que les Spitâmas, que la famille de Zoroastre suive l’exemple du prince et vienne apprendre de lui à distinguer le bon du méchant, afin de recevoir la béatitude et les faveurs d’Ahura (§ 15) ! Ainsi Frashaoshtra (le Hvôgva qui a donné sa fille à Zoroastre) ira recevoir sa récompense au Paradis (§ 16) ; son frère, le sage Jâmàspa, le ministre de Vîshtâspa, redira, d’après Zoroastre, les règles de la religion nouvelle (§17).

18-19. Celui qui enrichit Zoroastre, Zoroastre lui fera goûter en retour les récompenses de Vohu Manô (le Paradis) : anéanti soit qui veut l’anéantir ! L’homme qui agit en toute chose conformément aux vœux de Zoroastre sera rémunéré dans les deux mondes (§ 19). Cette Gâtha étant, au moins dans ses premières lignes, celle du désespoir et de l’impuissance, est récitée par l’âme des méchants, dans les trois jours qui suiventla mort et où elle attend dans l’angoisse et les tortures le moment oh sa daêna l’emportera dans l’enfer (Yt. XXII, 20) ; cf. l’Introduction au IlàXLIII.

Dinkart, IX ; 17 [Sûtknr) ; 39 ( Varshtmànsar) ; 61 [Bak). l.Kâm nemôi zâm. — Vers quelle terre me tournerai-je i ? Oii irai-je porter ma prière-’? Parents et serviteurs m’abandonnent’; ni mes voisins ne me veulent de bien, ni les tyrans méchants du pays. Comment parviendrai-je à te satisfaire *, ô Mazda Ahura •’ 1. kàm nemôi zàm, katâr zamlk ânâmam ; le passage se retrouve cité Yt. XXII, 20, avec la glose ol a’tgh jivâk ozalûnam « en quel lieu irai-je ? » [Ai’dd Viràf, XVII, 7: katdm zamik ozalûnam).

2. kutlirà nemô ajèni « où irai-je en prière »; c’est-à-dire (Yt. XXII, 20) : nîvak’ik min man bôyahûnam « à qui demanderai-je le bien ? » 3. Peut-être : « me chassent ». — pairî hvaètéush airyamanascâ dadaitî, construction neutre et impersonnelle comme celle de Toln’ijimatmanaûliâ(v. Y.XLIII, n. 21) ; pairi-dà (cf. paiti-ric) est traduit barà yahhûnl havà-am et glosé liarù kart kavci-am « je suis mis dehors » [bai’d kart = : bé kard, c’est-à-dire dûrîkrila : Minokkard, XXVII, 40). — Cf. Psaume XXXIX, 12.

4. A célébrer ton culte et le propager, le gouvernement étant hostile. 2. Je me vois impuissant’, ô Mazda ; je me vois pauvre de troupeaux et pauvre d’hommes. Vers toi je pleure ; jelte les yeux sur moi ", ô Ahura ! J’allends ■ de toi le bonheur que l’ami donne à l’ami : à enseignement de Vohu Munù, fortune d’Asha*.

3. Quand viendront ceux qui doivent faire les grands jours ’^ ? Quand, pour soutenir par leurs œuvres et leur enseignement ’" le monde du Bien, se lèveront les intelligences des Saints " ? A qui viendra, pour la prospérité, Vohu Manô ’- ? Pour moi, ô Seigneur, c’est ton enseignement que je désire ’^

4. Dans le district et le pays, le méchant’* empêche les artisans de sainteté de faire don de la vache ’^ : mais l’homme de violence ’^ périra par 5. anaèsbô, P. akhvâstâr, N. aprârlhaijitd « qui n’obtient pas ta chose désirée ». Cf. Y. XXIX, notes 38 et 40.

6. avaênâ, dand khazUûna’igham cdrali bôyahûn « regarde ceci, c’est-à-dire cliercliemoi un moyen de salut ».

7. rafedlirein cagvâo : litt. « désirant la joie » ; cagvào rr *cakivàns_, de kâ, datif caliusliè (Yt. XI II, 24).

8. C’est-à-dire « donne-moi la fortune due à la vertu » ; comparer, pour le sens et pour la construction, Y. XLIV, 10, mahjâo cistùisb tliwâ ishtish « à sagesse de moi, fortune de toi ». — àkhsô, âmâhhtishn « enseignement », de âkas *âk[a]sô. 9. uklishànô asnàm, litt. « les agrandisseurs des jours » c’est-à-dire « ceux qui y multiplieront les bonnes œuvres » {dar yôm kâr u karfak afzây’in’md), autrement dit les saints qui travaillent au renouveau du monde, les frashkart-karldr (frasbù-caretar). 10. verezdàisli séùgfhàisli, pun varziskn û d ?nûkhtishn ; verezda, doublet de varshta. il. Les Saoshyants ; voir Y. IX, note 7.

12. C’est-à-dire « à qui sera donnée la récompense qui est donnée à la vertu ? » — ùtbài, sût ; même construction que note 3.

13. Litt. « c’est toi que je désire pour l’enseignement » ; c’est toi, malgré tous les obstacles, que je choisis et que je suis.

14. Litt. « de district et de pays... le méchant » : il s’agit sans doute du méchant chef de district, du méchant chef de pays (sbôitbra rr zaùtu ; voir p. 232, notes 64, 69).

15. asbabyà vazhdréng-, ahlâyth varz’itdr, man kdr u karfak obdûnand « l’agent de vertu ; celui qui fait les bonnes œuvres ». — vazbdréùg est donc pour ’varzb-dreflg’ de *varez-lra (cf. Y. XXXI, 39).

pàt {jâo frôretôish : ash natarûnd gôspand min farnâmishn a’ighash min yahbûnt 6 a’ishan ghal patWnînd « ils le gardent de l’offrande de bœuf, c’est-à-dire l’empêchent d’en faire don ». Le méchant empêche les fidèles de faire des libéralités à l’apôtre. 16. duzhazôbào, P. dûsh stahmak, N. balàtkàri. ■ — ahémustô, P. frôt mûri, N. adhô imntas ; forme obscure : faut-il la remplacer par bamistô que Nériosengh traduit m’rityas (Y. VIII, 6, 14) ? ses propres actes. Celui qui, ô Mazda, l’empêchera de régner et d’opprimer ’^, celui-là fera pour les troupeaux les provisions de la sagesse ’ 5. Celui d’entre vous qui, ayant le pouvoir, ne donne rien à l’homme qui fait souffrir, à celui-là revient la gloire de sagesse et de bonté -". 11 se comportera avec droiture et avec le juste et avec le méchant-’, mais il sait distinguer-- et donnera le nom de parent à celui qui sait se sauver du mal - ô Mazda Ahura !

6. Mais celui qui ne vient pas au devant du désir du juste, celui-là travaille pour la Druj -’, il ira dans le monde d’épouvante - Car celui-là est un méchant qui est bon pour le méchant : celui-là est un juste qui montre 17. yastém khshathrât môithat jyâtéush va : les deux derniers termes signifient « empêchera de faire le mal » ; les deux premiers ne sont pas clairs : je coupe yastém en yase-tem ; le pehlvi, comme d’ordinaire, voit dans yastém une forme verbale, signifiant « arrivé ».

18. pathméfij}-.. carat « fera les provisions », c’est-à-dire « qu’il sait traiter le troupeau sagement » [pâhrizi rjôspandân dànâkihâtar kunishn). Quand le laboureur n’est pas opprimé, il peut avoir son grenier toujours bien garni pour les provisions d’hiver. Le Bak Nask [Dlnknrt, IX, 61. 4), prenant ces derniers vers au figuré, y voit la nécessité d’établir dans la province un bon gouverneur ; « car un bon gouverneur de province enseigne aux provinciaux la vertu et les bonnes œuvres » [ma nêvak mald sai’dàr dmûkhtdr ynhvùnêl i hîmar u kivfak ol matàikàn). 19. Cf. n. 67. drità ayaùteni, dnrlâr yàtùnît, glosé man pun râsh kartan yâlûnîl « qui vient pour faire blessure ». drità, locatif de *driti ( ?), cf. persan dard, « souffrance ». 20. Litt. « il est, de réputation, sage ou de bonté », avec renversement des cas dans la construction. Glose : « celui qui châtie les malfaiteurs doit être tenu pour sage et bienfaiteur ».

21. raslinà jvàs, pun ras/in zlvhns/in « faisant vivre avec Rashii ». Glose : « c’est-à-dire qu’il faut traiter tout homme avec justice ». — Cf. le début du Mihr Yasht, 2, sur la nécessité d’observer le contrat avec le méchant comme avec le juste. 22. vicirô hàs ; éclairé par le Y. XXIX, 4, où vîcirôz= 6am viclnlt « il choisit ». 23. Juste pour tous, il aime comme un parent l’homme de bien. — khrùnyàt, gokkrûnîh, glosé darvandili » l’état de méchant » ou de « damné » ; — uzùithyôi, Inld ûzlt « s’élève au-dessus ». Cf. Dlnkarl, IX, 39, 11 : pun nêvak nafshâ ddriskn manasli nafshàravân min darvand’ih bûjU yakôyamûnêt u tenir pour bon parent celui qui a sauvé son âme de l’infidélité ».

24. « U fait la création de la Druj » ; cf. Vd. XVIII, 30 sq. 25. baithyâ jjàt : N. Iràsanhjaçca, P. asmihît (lire sahmilictl) aîy/ta^k Mm nimnyêhît npask maklûlûnihf’t : « il est terrifié, on le tue ». Faut-il supposer une faute de texte qui serait la contre-partie de celle que nous avons supposée XXXII, 16, n. 67 et XLVIII, 9, n. 21 : il faudrait lire ici, non haithyâ, qui devrait être dshkàrdk, ma.s aithya ; cf. aithivant, rêshgm, duskhavant a [lieu] de souffrance », épithète de l’enfer dans le hàdkêkhi jusk, II, 2, 37 et VAogemaidê, § 28.


de l’amour au juste 26 [813], tant que durent les lois premières que tu as établies, ô Ahura 27 [814].
7 28 [815] Quel protecteur m’as-tu donné, ô Mazda, à l’heure où le méchant m’enveloppe de sa haine ? Quel autre que ton Feu et Vohu Manô par l’œuvre desquels j’entretiens le Bien 29 [816], ô Ahura ? Révèle-moi donc la Religion comme notre règle 30 [817].
8. Celui qui livre mon monde à l’ennemi 31 [818], si je ne puis moi-même le châtier en acte 32 [819], puisse venir pour le frapper en personne 33 [820] un roi qui protégera le monde en y faisant régner la bonne vie, au lieu de la mauvaise 34 [821], — pour le frapper en tout moment 35 [822], ô Mazda.

9. Quel est celui qui le premier m’apportera ses libéralilés "^, tandis que j’élève à ton amour un pieux souverain, bienfaisant dans ses actes’" ; [qui sera pour moi] ce qu’Asha fut pour toi, [qui fera] ce que le Créateur du Bœuf dit h Asha^- ; pour moi qui désire obtenir par Vohu Manô tes deux mondes ’^

10. Celui qui, homme ou femme, ô Mazda Ahura, me donnera la chose que lu sais la plus excellente au monde ’" ; celui qui à l’homme pieux *’ apportera sa piété et une royauté fidèle à la Bonne Pensée" ; tous ceux (enfin) que j’entraînerai*^ à vous adresser leur prière ; à tous ceux-là s’ouvrira un chemin à travers le Pont Cinvat**.

§16 : darvandàn). — Le Dinkart applique ce passage à la répression de l’hérésie de Manès (Mânih ; mis à mort, par ordre de Bahràm, l’an 276). 36. aredrô côilLat pournyù « qui le premier me fait jouir de ses libéralités ? » ou bien « qui, libéral, me fait jouir le premier ? », c’est-à-dire quel est le premier qui se fait mon disciple [aîgham fartûni hdvishiih man obdûnand). — aredrô ^ rdtik, la daxinà brahmanique, le casuel du prêtre, le meilleur signe de la foi du fidèle (racine ared zzz véd. ràdli « offrir »). La construction du reste de la strophe est très obscure et la traduction incertaine.

37. yatkà tb^TÙ zeTÎshd’m uzemôhi. amat pun anal lak dôshishn Idld ûzam ; l’on ne peut se fier à la traduction de uzemùLi qui traduit deux fois uz, une fois comme préposition, lâlâ, l’autre fois comme verbe : on pourrait songer à un verbe uz « aimer » d’où uzemem, dôsl’ih « amitié » (Y. XLIV, n. 21) ; zevishtim (cf. XXVIII, 9 ; L, 7) est un dérivé de zusli « aimer », comme le prouve le pehlvi : evi = : avi, aoi et zevisbiim est par suite pour zaoshlim avec épenthèse (cf. civishî, LI, 15 c).

— Ahurem, étant traduit k/iùtàî, et non Au/trmazd, doit désigner un souverain humain ; c’est Vishtàspa, auquel fait allusion la strophe précédente. 38. yàasiiâ toi « comme Asha à toi » ; glose : « Comme Ashvahisht se donna à toi pour disciple, qui se donnera à moi ? » — Ce que le Créateur du Bœuf a dit à Asha, c’est de trouver un bienfaisant souverain (ushtà Ahurem^ pour protéger les animaux contre la violence (Y. XXIX, 2). Ce vers semblerait indiquer que l’auteur de ce Hâ avait le Hà XXIX sous les yeux.

39. Ishenti ma là toi A’ohù Mananbà ; pour l’accusatif ma, voir XLIIl, notes 30, 31 ; selon Nériosengh, ta désigne la loi, «l’Avestaet le Zend » ; mais la glose pehlvie 7«ij(f indique qu’il s’agit des biens des deux mondes, dus en retour de la bonne pensée (Abuna vairya, vers 2).

40. « Ta religion » {pun din l lak) : c’est-à-dire^ celui qui m’apportera sa foi. 41. « A Zoroastre ».

42. Qui gouvernera selon les bons principes.

43. Littéralement « ceux que je pousserai à prière de toi (bakshâi ; cf. XXXI, 12, n. 47).

44. frô tàisb vispàisli Cinvatô frafrà peretùm « pour tous ceux-là passage au pont T. I. 39

11. Sourds et aveugles se sont unis au pouvoir 45 [823] pour détruire par leurs mauvaises œuvres le monde des mortels 46 [824]. Mais leur âme et leur conscience 47 [825] gémiront quand ils arriveront devant le Pont Cinvat, pour habiter à tout jamais dans le monde de la Druj 48 [826].
12. Si parmi les fils et les descendants d’un Touranien 49 [827], la vertu paraît avec les paroles d’un Fryâna 50 [828], de sorte qu’ils fassent prospérer de toute leur énergie le monde d’Armaiti 51 [829], avec eux réside Vohu Manô 52 [830]et Mazda Ahura leur réserve le bonheur 53 [831].
13. Car celui qui, entre les mortels, réjouit de ses libéralités Zarathushtra Spitâma, celui-là mérite nom d’honnête homme 54 [832]. Mazda Ahura lui a
donné une place dans l’autre monde 55 [833], [parce que] pour lui 56 [834] il fait grandir le monde en bonne pensée. Cet homme, ô Asha, nous le considérons 57 [835] comme votre bon ami.
14. O Zarathusbtra, quel est le juste ton ami 58 [836] ? Quel est celui qui veut la réputation 59 [837] de vertu suprême 60 [838] ?

C’est le roi Vîshtâspa, le guerrier 61 [839]. Ceux de sa maison 62 [840], ô Mazda Aliura, qu’il convertit par ses louanges 63 [841], je leur fais appel avec les paroles de Yohu Manô 64 [842].
15. Fils de Haêcataspa, descendants de Spitàma 65 [843], je vous dirai 66 [844] comment distinguer à qui donner et ne pas donner 67 [845], afin que par vos actes vous receviez la béatitude avec les dons nombreux d’Ahura 68 [846].
16. Et toi, Frashaoshtra, va là-bas recevoir tes dons 69 [847] ; va, fils de

Hvôgva, recevoir ce que nous désirons tous deux ’" ; va, pour y trouver le bonheur"’, là où est Ârmaiti accompagnée d’Asha, là où est la Royauté conforme aux désirs de Vohu Maiiô’-, là où Mazda réside dans la demeure des vœux comblés".

i7. Aussi ", je prêcherai vos lois"’, rien qui ne soit conforme à vos lois,

— ô sage JAmâspa’", fils de Ilvôgva. Que vos adorateurs vous ofFrenl leurs prières avec soumission" et suivent la loi juste et sage suivant laquelle Mazda Ahura a distingué le bien et le mal ’

(v. XXVIil, 8, n. 31). — aredrâisli idi « va avec les dons », ce qui pourrait signifier aussi bien « va porter tes dons » que « va recevoir », n’était que la chose se passe au Garôtmân où Fou reçoit plutôt qu’on n’apporte (glose : aighash ràtîh dar (jarôlmdn kunishn « c’est-à-dire que libéralité lui est faite dans le Garôlmùn ») ; cf. Dinkarl, l. l., 24, lamd aigh zaki rdldii ravdn « là-bas oiisont les âmes des libéraux ». 70. Les récompenses, les dons (lùisli aredràis). — usvalii, duel de vas. 71. uslilâ stôi « pour être heureux ».

72. Littéralement « la lloyauté (l^lisbatlireiii ; avec allusion à l’Amshaspand Klisliatbra ) dans le désir (ishlà, locatif de isliti) de Vohu Manô ». 73. varedemàm, pun kàmak dar damûn ; donc de varc-dcmâ (cf. demâ-na) « demeure à souhait (svechayd slhdne) », où tous les désirs sont satisfaits. 74. Lire jallià, variante confirmée par le pehlvi ilîtn : yallii-â serait tamd ; cf. slance 16, c, d, e.

75. LesloisdesÂmshaspands. La strophe est obscure dans le détail : le sens général est éclairé par l’analyse du Binkarl-.madamandm’z'iolZarlûhasklpun gûftanloimarlûmôn obdànt l patmùn s/iadkûndnd apatmdntk fkhoêshhiitanl rdllh Ivatdêr-mUus/m’ih udânàkpa’mdn î pun karfak « conseil à Zoroastre de dire aux hommes de faire actes modérés, de renoncer àl’immodération ; de s’approprier libéralité avec humilité et sage mesure de bonnes œuvres ». — palmdn est la traduction de af’sliuiâuî ; afsLinan est employé dans la prosodie au sens de « ligne mesurée, vers » (v. Vispéi’ed, XIV, 1), et l’on pourrait l’entendre à la rigueur dans ce sens en faisant d’afsbmàni une désignation des Gàthas : mais le sens général et le Dinkart rendent bien plus vraisemblable que ce mot est employé ici au sens général et moral dcpatmàm, mesure, règle, loi. Je fais rapporter vé, non à Jàmâspa, mais aux Amshaspands énumérés dans la stance précédente ; séiisbànî est traduit comme un impératif 1" personne de sanb. 7G. dé Jàmâspa, daslôbar Jdmàsp. Jàmâspa, frère de Frashaoshtra, était le ministre elle sage de Vishtâspa : c’est un des premiers prosélytes de Zoroastre. — Sur dé, voir Y. XLV, n. 36.

77. badà véslà vabménjf seraosbâ ràdaiibô ; il faut sans doute dire vé stâ ou du moins décomposer ea vé-stà, le pehlvi ô zak i lakûm ngàyishn sdlùnêt « vont vous prier » supposant le pronom de la 2" personne : il analyse sans doute : « vos adorateurs (râdaiibô, ceux qui font des offrandes, cL XLV, n. 49) [sont] se tenant en vous (vé-stâ) avec sentiment de docilité (seraosbâ) » : vcslâ serait un composé devé etslâ (traduit ici avec le sens de i d’après le sens général plus que le sens propre). 78. dâthemcâ adâlbcmcà, traduit comme plus haut (n. 67) dahislm adahishn, avec

18. Qui se laisse purement guider par moi fait la plus belle des choses du monde 79 [848]. Celui qui m’enrichit, je lui fais goûter les biens de Vohu Manô. Détruit soit qui cherche à me détruire 80 [849] ! O Mazda, ô Asha, je cherche à complaire à votre vœu et c’est Là le choix de mon intelligence et de ma pensée.
19. Celui-là qui pieusement réalisera dans sa conduite ce que désire le plus Zarathushtra 81 [850], celui-là aura récompense méritée dans les deux mondes 82 [851], avec tous les biens qu’il m’a donnés et avec la vache Azî 83 [852].

C’est toi qui me l’as dit, toi, Mazda, qui sais le mieux 84 [853].

Zot el IliVspî ensemble :

20. Le bien soit à quiconque fait du bienl... (Y. XLIII, 1 ; 2 fois). Ashem vohù [2 fois).

Nous sacrifions au Ilâ Kamnamaêzâm.

Nous sacrifions à la Gâlha Ushtavaiti, sainte. Nous sacrifions à l’ensemble de la Gâlha Ushtavaiti. Yênhê Lâtàm.

Taêdishtô ; le sens est aussi clair que possible, sàs étant la ’ !<’ personne de l’aoriste de sanh, sujet Ivcni ; cf. XLIII, 11 c, où moi sàs est traduit correctement 6 li guft u tu m’as dit ». Ici sàs est traduit comme usas (de us, vas) : zak ci li khorsandih amnt anâ i lai ; Auhrmazd âkds havâ am clin î lak : « ma joie est quand je te connais, Auhrmazd (quand je connais ta loi) » ; double impossibilité, de lexique pour sàs, de construction pourtvcm vaêdislilô ; cf. XIA’III, 2 a : vaocà moi >â tvém vîdvâo Ahurâ.




GÂTHA SPEÑTA MAINYU. — HÂS 47-50


La Gâtha Spentâ Mainyû est composée de quatre Hâs : le rythme du vers est le même que dans la Gâtha précédente 1 [854] (4 + 7), mais la strophe contient 4 vers au lieu de 5. Le type est donc 4 (4 + 7).


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HÂ 47 (SP. 46). — GÂTHA SPENTA MAINYU 1




1-2. Éloge des vertus zoroastriennes, des biens qu’elles procurent et du fidèle qui les pratique.

3. Devoirs de l’homme envers les animaux qui ont été créés pour son bien.

4. Pauvre ou riche, le fidèle doit agir pour le bien de l’homme de bien et pour le mal du méchant. Qu’Ahura donne aux bons les biens du monde, car les méchants en font mauvais usage (§ 5).

6. Jugements d’Ahura qui tranche entre le bien et le mal avec le Var nirang.

Dinkart, IX ; 17 (Sûtkar) ; 40 (Varshtmânsar) ; 62 (Bak). — Ce Hâ a été déjà récité une fois (Hâ XVIII, 2-7), avant le Baghân Yasht.

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a Zôt et Hâspi ensemble :

Prière h vous, saintes Gàlhas.

1. Spentâ Mainyû. — Parl’EspritduBien et la Pensée Excellente ’, par les œuvres et les paroles de Sainteté -, Mazda Ahura, avec Khshalhra et Àrmaili, nous donnera Ilaurvalàt et Amerelàl’ {^2 fois). Le Zôt soûl :

2. Pour cet Esprit très Bienfaisant la chose suprême*, c’est que [le fidèle] agisse ’ avec la langue, les paroles, la bouche de Vohu Manô, et avec les mains d’Àrmaiti ^ Làestla sagesse’, et c’est ainsi que le fidèle est un sage* et père du monde de l’Asha^

3. En cela tu es bien l’Esprit du Bien que pour nous lu as formé la vache riche en dons, et à elle tu as donné la pâture et l’abri d’Ârmaili ’", alors, A Mazda, que tu t’es consulté avec Vohu Manô ".

4. Cet Esprit du Bien, ô Mazda, les méchants le blessent et non pas les 1. C’est-à-dire par l’efTet et en récompense de mes bonnes pensées. 2. C’est-à-dire : « pour les bonnes actions que j’ai faites et les bonnes paroles que j"ai dites » (Comm. P.).

3. Les vertus représentées par les quatre premiers Amshaspands (Pensée Excellente = Vohu Manô, Sainteté = Asha Valiishta, KLshatlira, Amiaiti) nous vaudront les biens représentés par les deux derniers.

4. La grande chose qu’il désire ou qu’il inspire, « l’idéal des Gàthas » {gâsântgîh). 5. Litt. « c’est qu’il agisse » (verezyàt) ; le fidèle, « l’homme qui suit l’idéal des Gàthas » [gabrà igdsânig).

6. Cf. Dtnkart, IX, 40, 4 : « Je te dis, ô Spîtâmàn, de parler avec la langue comme tu penses avec ta pensée, et d’agir de tes mains selon la perfection de la pensée ». 7. Litt. « par cette sagesse, celui-là est ua sage ». 8. mazdào, dànâk.

n. « C’est-à-dire que par sa vertu il entretient le monde ». — Dtnkart, l. /., 5 : « Celui qui agit ainsi est sage et il est par sa sagesse père de l’Asha ». 10. C’est une façon de dire que l’homme de bien donne au troupeau bon fourrage et bonne étable. — D’tnkart, l. L, 7 : « Le troupeau est fait pour le bien de l’homme, et l’abri et le pâturage sont pour le bien du troupeau » ; cf. YasnaXXVIII, 7. — La vache riche en dons, rànyô-skei-etim ; v. XXIX, n. 24 ; XLIV, n. 19. — Noter le changement de personne : « tu es l’Esprit de Bien, lui qui a formé » (j’é... bém tashat). 11. Dans son œuvre du créateur ; car, « après qu’il eut créé Vahùman, tout ce qu’il fit, il le fit en se consultant avec Vahûman » (Comm. P. ; cf. p. 23).


bons 12 [855]. Si pauvre qu’il soit, le fidèle désire faire du bien 13 [856] et, riche 14 [857], il désire faire le mal au méchant.
5. Or donc. Esprit du Bien, Ahura Mazda, fais jouir le juste de tous les biens du monde 15 [858] ; car ce n’est pas selon ton désir que le méchant les distribue 16 [859], étant en foules ses œuvres l’hôte de Mauvaise Pensée 17 [860].
6. Esprit du Bien, Ahura Mazda, par ton feu tu décides entre les adversaires 18 [861], selon la supériorité de piété et de sainteté 19 [862], et maint de ceux qui le voient embrassent la foi 20 [863].
Le Zôt et Râspî ensemble :
7. Par l’Esprit du Bien et la Pensée Excellente, par les œuvres et les paroles de Sainteté, Mazda Ahura, avec Khshathra et Armaiti, nous donnera Haurvatàt et Ameretâta (2 fois).

Ashem vohù… (3 fois).

Nous sacrifions au Hâ Speñtâ Mainyû.

Yêńhê hâtàm.
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HÂ 48 (SP. 47). — GÂTHA SPENTA MAINYU 2



1. A l’heure de la défaite finale du démon, uu hymne universel s’élèvera vers Ahura,

2-4. Comment sur cette terre, comment le juste abattra-t-il le méchant ? car c’est là le but de la vie du monde. — En suivant la doctrine d’un maître sage qui ressemble à Ahura (§3). — Le bon idéal et le méchant idéal (§ 4).

5. Devoirs du roi, du prêtre, du laboureur : gouverner, purifier, nourrir les hommes.

6-7. Éloge du bœuf qui nous nourrit : c’est pour le nourrir en retour qu’Ahura a fait pousser les plantes. — Nécessité de réfréner la brutalité (envers les animaux).

8. Le prophète demande quels sont les biens qu’Ahura donne au bon roi (§ 8). Quand viendra le jour où Ahura sera le maître universel ; où Zoroastre pourra accomplir les vertueuses et nécessaires destructions (§ 9) ; où les hommes recevront la parole de ses disciples et rejetteront la doctrine perverse qui fait les mauvais rois (§ 10) ; où la Vertu et la Piété triompheront ; et qui paralysera les oppresseurs (§11) ? — Ce seront les Bienfaiteurs du pays, créés pour réprimer les méchants et qui feront régner la doctrine d’Ahura (§ 12).


Dînkart, IX ; 48 (Sùtkar) ; 41 (Varshtmànsar) ; 63 (Rak).


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a 1 . Yêzî adâish. — A l’heure ofi Asha abattra la Druj’, à l’heure où viendra ce que niait le mensonge -, à l’heure où il n’y aura plus de nnort pour les démons ni pour les hommes, alors, par les bienfaits, grandira l’hymne en ton honneur^ ô Ahura !

2. Dis-moi, toi qui le sais, ô Ahura, avant que se présente devant moi le Pont de la terre *, comment le juste pourra abattre le méchant , ô Mazda : car c’est là clairement ^ la belle consommation du monde ’. 3. Pour le disciple ^ la meilleure des doctrines est celle qu’enseigne un maître sage, — Asha et Ahura". — un maître bienfaisant qui connaît mèmeles doctrines secrètes’", un maître qui te ressemble, ô Mazda, par l’intelligence de Vohu Manô ".

Celui qui livre [toute] sa pensée soit au bien, soit au mal, en toute sa religion ’-, — actes et paroles, — celui-là suit en perfection le plaisir et le 1. « A la résurrection », quand « Ashvahisht détruira Andar ». (Comm. P.). 2. hyat Asasliutâ jâ daihitànà fraolilità ; amat zak ijâmatùnêt manshânpun frlftàrih frâj gûfl niijli là yâmntùm’t << quand viendra cela dont il fut par eux déclaré mensongèrement qu’il ne viendra pas ». — daihilànà, abstrait, correspondant au thème d’infinitif en tana du perse ; cf. pour l’allongement de la première voyelle Hàjj^ma- (ÛDa.

3. A la résurrection, « tous les hommes, d’une voix unanime, chanteront un hymne retentissant à Auhrmazd et aux Amshaspands » [Bimdahhh, XXX, 23 ; cf. Sanhédrin, 11, fol. 91 Ij).

4. LePontCinvat qui conduit de la terre au paradis ou à l’enfer, yàméng ; perethâ, zak i pun dam’ik vitarg ; méùg signifie donc ’< terre » ; c’est le védique -gman, avec la chute de g initial devant m, comme dans le pehlvi mat en regard du perse gma-ta (de gain), comme dans le persan Hamadûn, en regard du perse Hàjrmatâna.

5. Comment Ormazd abattra Ahriman « par mes actions ». 6. -vistâ, padtàk.

7. « Il est clair que la vie future se produira ». 8. Taèdeninài « celui qui s’instruit » [hâvisht, le disciple). 9. Celle qu’enseignerait Asha même ou Ahura.

10. Il connait les doctrines occultes qu’enseignent les hérétiques [Aharmôkili) afin de pouvoir mettre en garde contre elles les ignorants et de les réfuter [ash cârak hard yamalalûnêt).

11. Doué des dons naturels de l’intelligence et les tournant au bien {aîghash âsn khrat n’ivak pun fràrûnUi yakhsûnîl).

12. daênâni ;, sa conduite religieuse, « constituée par les paroles qu’il dit et les actions qu’il fait » (cf. p. 254, n. 40)


désir de l’Esprit 13 [864]. Chacun à la fin, homme ou femme, sera en ton intelligence 14 [865].
5. Puissent sur nous régner de bons rois, ne point régner de mauvais ! [Qu’ils régnent] avec les œuvres de la bonne Connaissance 15 [866], ô Armaiti !

La pureté est, après la naissance, le premier bien pour l’homme 16 [867].

Que le laboureur travaille pour nous nourrir 17 [868] !
6. C’est le bœuf qui nous donne le bien-être, c’est lui qui nous donne la vigueur et la force, selon le désir de Yohu Manô 18 [869]. C’est pour lui 19 [870] en récompense que Mazda Ahura a fait pousser les plantes, à la naissance du monde commençant.
7. Abattue soit la colère ! anéantissez la brutalité 20 [871], vous tous qui tenez

fermement à Vohu Maiiô-’ et à ce désir de sainteté où se repose le croyant" qui remet le monde en la main, ô Ahura".

8. Quels biens donnes-tu, ù .Mazda, h la bonne royauté -’ ? Quelle est ta récompense, Ahnra, pour ceux qui me suivent -"’ ? Et quels dons, ô Asha, puis-je attendre de loi -, en m’altachant aux œuvres de Vohu Manô-’ ? 9. Queje sache quand viendra l’heure de la royauté universelle’" ; l’heure, ô Mazda et Asha, où tous mes doutes s’éclairciront *’ ! Où je pourrai honnêtement faire l’œuvre de vertueuse destruction de Vohu Manô’". Que le sainf sache la récompense à lui réservée !

21 « C’est-à-dire que vous vous tenez dans la vertu : aig/mlàn lanî nafskâ (= tan i khvêsh, khvèslUan) piin fràrûnih ynklisûnislin ». — didragfhzhôduyê, 2" personne pi. présent moyen du désidératif de tlarez.

22. Traduction conjecturale : ashà vyâm yèhyà hithàush nà spefttô : je rends vyàm d’après la traduction persane k/ivàhixh qui est aussi la traduction de vaya dans le Hddhôkht Nask, II, 16 ; d’un verbe vi « désirer », d’où vi-tar « qui veut du bien, vêh boyahûn » (Yt. I, 13) ; upa-vî « avec plaisir » [madam k/wskU (Vd. VII, 1", 45’,.

— hilhâush, traduit comme hilLa, XXXIV, 10).

23. hoi dàmàm tliwahmi à dam, litt. « à lui la création dans ta prise » ( ?; cf. page 292, n. 49] ou •< dans ta création ». Le pehlvi a : ■< ainsi cette création [est] la création ».

24. kà toi... vanhéusli islitish klishathraliyà ; ishti, litt. .< désir, objet désiré » (kkvahishn). est généralement employé au sens de « fortune ». 25. kâ toi ashôish tliwahyào maibyô : ashi au sens de récompense ; cf. Y. IX, note 8. Peut-être, au sens ordinaire de piété, en sous-entendant ishti du vers précédent : « Quels biens réserves-tu à la piété des miens envers loi » ? 26. kà twôi... âkào aredréiig isbyâ : « Quels dons (aredréfig — ràl) manifestés de toi désirerai-je » ?

27. javarô, construit avec le génitif : /jun yakhs[anyinltôrîb. 28. yèzî cahyâ khshayathà « quand vous régnerez sur n’importe qui ■> {amalnlnn pun ciknmcm pâtakhshahih).

29. mââithish dvaèthà ; cf. XXXII, 16 ; dvaèthà = gùmàn’ig’ili, cf. XXIX, n. 25 ; àithish : =. àshkàrâk, cf. XXXU, /. /., n. 67. Le commentaire semble entendre : « les doutes de mes disciples ».

30. eresh moi erezhùcàiu vailhéush vafusb mananhô. Glose : « en vivant honnêtement, je puis détruire la troupe des méchants » (mnnt pun fràrûnih zlvîm am gvndag I saritarôn tuvânyalivûnU rashiiftan) ; ce qui donne pour sens littoral : « à moi, en vie droite, la droite destruction de Vohu Manô » (la destruction du méchant faite par la vertu), erezbùcfun, traduit rcUl z’ivuhnUi « droite vie », est l’accusatif d’un féminin abstrait, erezhùeà, dérivé de *erezhv-ac, qui est le védique rijvac « qui va droit ».

31. Le Saoshyant (au sens général ; Y. IX, n. 7). i 0. Ouand viendra l’heure, A Mazda, où les hommes recevront la parole de mes disciples^- ? Où ils rejetteront l’ordure de cette perversité ", avec la méchanceté des Karapans ’* qui désole le monde et l’intelligence qui inspire les mauvais rois.

l. Quand, ô Mazda, viendra Asha avec Ârmaiti"’ ? Quand viendra Khshathra, et la Bonne Demeure " avec ses œuvres ? Quels sont ceux qui paralyseront ’Mes méchants qui nous torturent ? Ceux à qui viendra la sagesse ’■' de Yohu Manô ?

12*". — Ce seront les Bienfaiteurs du pays*’, qui réjouissent le monde avec Vohu Manô ’- et par les œuvres de sainteté de ton enseignement. Ces hommes ont été créés pour repousser la violence ". 32. mànarôish narô vîseiitê : mânari, old i H gahrà « l’homme de moi, l’tiomme mien » ; formé du thème pronominal ma et de nara, sur le même type que yâ-varena, tà-varena, hâ-kurena ; la voyelle est celle d’ahuri. — Glose : <i quand viendra le temps où mes disciples feront régner la loi dans le monde ? » 33. magahyâ : inaga signifie littéralement « pureté sans mélange » et désigne soit le bien, soit le mal absolu : il est glosé tantôt, comme ici et Y. IJll, 7 «, nvêzak sarltarih « méchanceté pure », tantôt avêzab skapîrîh « bonté pure » (Y. XXIX, H h ; li, 11 c) ; pour le sens propre, cf. Dàdistân, XXXII, 13 : les damnés, après le bain de métal fondu, sont pardonnes et deviennent môglûm avêzaknn. 34. Voir Y. IX, n. 5.5. — Litt. « cette perversité, par laquelle malfaisance les Karapans désolent le monde et par laquelle intelligence sont les mauvais rois ». 35. urupayêiiitî, probablement « mettent au pillage » (persan ruhûdan) ; le pehlvi traduit, par jeu éX^jmoXogique^rànhiênd pânali’ih « chassent protection, c’est-à-dire ne protègent pas le monde ».

36. Quand régneront la Vertu et la Piété ?

37. Le bon gouvernement et la sécurité, avec leurs œuvres de travail et de paix.

38. râmàm dàoùtê « leur imposeront l’immobilité » (râmâm, traduit armêsIMh « l’état de la personne qui ne peut pas bouger » ; glosé a-kârîh « impuissance, inertie ».

39. cistish ; voir page 16, note 57.

40. Réponse aux questions qui précèdent.

41. Sàoshyaùtô dahyunàm.

4’2. yôi khshnùm Vohù mananhâ hacâofitê « qui vont avec (c’est-à-dire qu’accom pagne) la joie par Vohu Manô » (la joie que produit autour d’elle l’honnêteté dans le gouvernement).

43. hamaêstârô Aèshem mahyà ; traduit hamestârlh t old } khishmûn « en lutte contre le violent » ; il faut lire sans doute aêshmahyâ en un mot, à moins que aèshem-ma ne soit un adjectif, pour *aêshemema.

Zôt et Râspi ensemble :


Par l’Esprit du Bien et la Pensée excellente... (Y. XLVII, 1 ; 2 fois).

Ashem vohù... (3 fois).


Nous sacrifions au Hâ Yêzî adâish.


Yèńhè hàtâm.







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a




HÂ 49 (SP. 48. — GÂTHA SPENTA MAINYU 3



1. Protéger le monde contre le mal qui le rend malade. Ce qui cause cette maladie, c’est l’iniquité du juge (§ 2). Souhaits de félicité pour le juge honnête, de damnation pour le juge inique ; le fidèle ne reconnaît d’autre maître que la vertu et brise tout lien avec les méchants (§ 3).

4. Les hommes de colère qui se plaisent au mal sont des démons, des docteurs de la religion du mal.

5-7. Prospérité promise à celui qui fait régner Ahura, qui promulgue ses lois et suit la religion chantée par le Prophète (§ 6). Qui agira envers Zoroastre comme un parent, comme un serviteur, en lui apportant ses dons et célébrant ses pratiques ?

8-9. Que Dieu donne à Frashaoshtra l’enthousiasme pour le bien (§ 8) ! Éloge des premiers soutiens du Prophète, Frashaoshtra et Jàmâspa, qui ne laissent pas le pouvoir aux mains des méchants (§ 9).

10-11. Ahura protège les justes : les mauvais princes iront recevoir dans l’enfer la nourriture des damnés.

12. Qu’adviendra-t-il du Prophète qui bénit Dieu et implore de lui le bien suprême ?


Dînkart, IX ; 19 (Sûtkar) ; (Varshtmânsar) ; 64 (Bak).


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1. At mâ yavâ. — Tant que dure la maladie, mon grand leur’ est celui qui enseigne le bien à la perversilé*. Que celui qui m’afflige ^ devienne bonne créalure*, ou puiss6-je trouver par Yobu Manô comment le faire périr ^ !

2. Celui qui rend ainsi mon âme malade c’est le juge pervers et perfide, que la justice blesse’, qui dans le monde ne déploie pas Spenla Armaili * et qui ne consulte pas Yohu Manô^, ô Mazda’ !

3. Et nous, notre désir intime, ô Mazda’", c’est la félicité pour le juge 1. at ma yavâ béfidvô pafrê mazislitô ; traduction conjecturale. Le sens général est donné par la glose : « c’est-à-dire que jusqu’à la résurrection il faut protéger le monde ». l^a traduction littérale rend liéndvù par badtûm zamdn « le temps de misère », j)afrè par panoAi/i « secours», mazislitô par mahist ; on ne voit pas si mazishtù se rapporte à héftdvù ou est un sujet : je le prends dans ce dernier sens, en traduisant pafrè comme un parfait de pai-^ cf. sscr. par « sauver, proléger ». badllim zamân semble un équivalent, non une traduction de béfulvô qui, au vers suivant, est traduit vimàrih <c maladie ». traduction confirmée par le Vd. XXII, 5, 19, où Itaiidein est traduit v’imâr et s’oppose à drùm « en bonne santé » [durusl). D’après le Grand Bundahish, p. 40, l’Esprit du Ciel, au moment où Ahriman envahit le ciel, s’écria : bndlîun zamân hnm pànakih apàyat hartan « il faut venir au secours du temps de misère », c’est-à-dire prononça le premier vers de ce Hà. — Si mazishtô se rapporte à Ijéfidvû, il faut le prendre au sens qu’il a LUI, 8 d, mahist min apàr’ik anàki/i, c’est-à-dire « le plus grand de tous les maux », ce qui donne une construction peut-être plus conforme à la traduction du Grand Bundahish. Le sens sera : « tant que dure la pire des maladies, mon protecteur est celui... ». 2. yé dusheretlirisli cilihsUnusbà aslià. — dusLerelLrish est rendu dushnikn’îh « mauvais regard » ; cikLslinuslià, cdsliît, semble le parfait de khsbnu-sli ; cf. p. 238, n. 29. 3. à moi arapà : zak i li arâmînîlàr « celui qui ne me réjouit pas ». 4. vanulii âdà j^aidi « viens en bonne créature » [shapir dahishn), c’est-à-dire « que Vahùman vienne en eux », de sorte que « celui qui ne me réjouit pas me réjouisse », change et me fasse du bien.

5. C’est-à-dire « puissé-je trouver par la vertu un moyen contre les Aharmôk ».

— aosbô vid, cf. Vd. XIX, 3, 7.

6. abyâ ma béùdvabyà mânayèiti : zak’i II pun olà kumsiin vhnàrlli mânhvl « celui qui [avec ses actions] fait demeurer en moi maladie » ; peut-être plutôt « me rend comme malade » : cf. l’expression et la construction mànayen abè « on dirait de... » 7. asbât râresbô ; cf. XLVII, 4, n. 12. Glose : « c’est-à-dire que quand on rend un jugement juste, il en reçoit une blessure «. Dhikart, IX, 42,3, définit cette stance : « de la grave maladie de la Religion par suite du mauvais juge » [madam girdn vîmàrihl dîn min olài darvand dàlôbar).

8. Il ne déploie pas les vertus d’Ârmaiti. — dôresbt, nikizênd, de dares (*dàrsb-t) ; cf. côret :^ *càrt ; yaoget :3 *jôkbt.

9. Il ne se demande pas ce qui est juste.

10. abmàt varenài nîdàtem, « chose déposée à nous en notre désir ». T. I. 41 bienfiiisanl o la Dru j pour le juge oppresseur ". Je ne veux d’aiilre maître que Vohu Manô ’- et je renie toute amitié avec les méchants ’^ 4. Ceux dont riiitelligence mauvaise et la langue attisent la colère et la brutalité ", qui ne rendent pas œuvre de bien à ceux qui fout œuvre de bien, qui se plaisent’^ dans le malfaire et non dans le bien, ceux-là sont des Daèvas, les docteurs "’ de la Religion du Mauvais. 5. Mais, ô Mazda, le miel et la graisse " pour celui qui, pénétré de Vohu Manô, prend pour maître la Religion ’*, et qui, éclairé de toute la sainteté d’Àrmaiti ’^ en toute chose, ô Ahura, règne pour toi ^. 6. Il promulgue vos commandements -’, ô Mazda ; il promulgue la sainteté suivant la pensée de votre intelligence--, tandis que nous chan- 11. ashem sùidyâi tliacsliài ràshayônliô drulilisli : asLem « la sainteté », c’est-à-dire l’état de saint au Paradis, s’oppose à drulîlisli, personnification de l’enfer, comme sùidyâi « faire le bien «’s'oppose à râsliayènhè « faire souffrir ». La traduction littérale est : « sainteté au juge pour faire le bien, Druj pour faire souffrir » : pour la construction de l’infinitif, cf. XLIII, -1, note 4. 42. ta vanlicush sarc izyâi niananhô ; « ainsi je désire la maîtrise de Vohu Manô ». 13. afitaré mriiyè, litt. inter-dico, répond à vî mniyè de la formule Y. XII, 4 ; cf. Y. XIX, 15, 40. Glose : « c’est-à-dire que je m’éloigne de leur amitié » {nigh min dôstih Ivatâ olâshân jûtàk yahvùnain).Cî.An{av(t-Àmràia, antare-ukhti, Y. XIX, 15, 39, note 55. 14. aèshemera.. râmemcâ ; cf. XLVIII, 7, n. 20 ; ràma est une forme parallèle de remô (XXIX, 1 h ; XLVIII, 7).

15. vas, kàmak ; substantif identique à la racine verbale. 16. toi claêvénj ; dà (Pt*) yâ’dregvatô daênû. — dâ est traduit dastôbar, comme déùjj (Y. LXV, 11, note 36) ;|litt. « ceux-là sont des Daêvas, docteurs en ce qui est la religion du Mauvais ».

17. Celui-ci aura tes récompenses, izlià, s/iMnîk, litt. « douceur ». 18. yé daèiirim voliù sârsbtâ mananliâ, « qui, par Vohu Manô, prend pour chef la Religion » ; glose : « c’est-à-dire qu’il fait vertueusement ce que révèle la Religion ». — sârshtà, traduit substantivement sardârlk « maîtrise », est une forme verbale dérivée (peut-être pour sàrslà) ; cf. sâremnô, Y. XXXII, 2, note 5, et sarejâ, sardâr, XXIX, 3, note 15.

19. Litt. « bien instruit, quoi que ce soit, en la sainteté d’Armaiti » ; glose : « c’est-à-dire qu’il fait savamment toutes les bonnes œuvres ». 20. Litt. « par toutes ces choses en royauté tienne », c’est-à-dire qu’il exerce la royauté dans l’esprit d’Ahura. Le pehlvi voit dans tâish vispâisli « tous ces hommes » et glose : « tous ceux qui régnent avec justice tiennent de toi la royauté ». 21. fraèshyà ; le pehlvi a : « je commande (farmcnjîm) les choses de vous, c’est-à-dire vos œuvres » ; fraèshyà, de fra-isb ; cf. stance 8, fraèslità (fra-ishtar) =z/’a ?’mâiipat, imperator.

22. Glose : « suivant la pensée de la Religion ». tons de choisir le droit ", c’est-à-dire la religion qui est la vôtre, ô Ahura.

7. Écoutez-moi, ô Mazda, avec Vohu Manô ! Ou’Asha m’écoute ! prêtez l’oreille, ô Ahura ! Quel est celui qui se montrera mon serviteur, mon parent, en m’apportant ses dons -’, et qui donnera belle célébrité à mes pratiques ’" ?

8. Donne à Frashaoshtra l’ardeur pour le bien -". Ce que je demande de toi pour les miens, ô Ahura Mazda, c’est le pouvoir exercé suivant la loi de ta bonne Royauté. Puissions-nous avoir le commandement jusqu’à la fin des temps !

9. Qu’il écoule mes enseignements, l’utile Frashaoshtra, fait pour le bien ", l’homme aux droites paroles qui ne donne pas l’empire au méchant ^^ A la religion s’adjoint la récompense suprême", ô vaillant et sage Jâmâspa ^ qui es uni à l’Asha.

10. Et toi, ô Mazda, lu protèges dans ta création" Vohu Manô et les 23. eresh vicidyài ; cf. Y. XXX, 3 c. Il suit nos instructions. 24. dàtaisli aiihaj. Lilt. « qui sera serviteur, qui parent par ses dons» ? 25. vé veiezénài aniibini dàt frasastim. Malgré le rapprochement de hvaêfush et d’aiI•^•aman, verezéiia ne peut désigner ici le troisième terme de la société {voir Y. XXXII ; note 2). Aussi est-il traduit en pehlvi, non pas vâlîin, mais varzislm « action, conduite « ; glose : « c’est-à-dire qui tiendra tes actes en glorification » ? Ce passage est éclairé par l’imitation des Yashts (IX, 26 et XVII, 46 ; cf. Y. LUI, note 19) où Zoroastre demande à la divinité la faveur de pouvoir convertir Hutaosa, « afin, dit-il, qu’elle accepte de moi la Religion de Mazda et la prêche, et donne belle célébrité à mes pratiques » (yâ mê varezànâi vanuhîm dàt frasastim). 26. urvâzishtàm, transcrit nrvdzishn, glosé garmôk ; glose : « c’est-à-dire donnelui la chaleur pour faire les bonnes œuvres ». urvàzishta est un des noms du feu, celui qui est dans les plantes : Y. XVII, 11, 65. — Frashaoshtra, voir XXVlll, note 31. 27. fshéûg-hyô « qui entretient, qui fait prospérer » (voir Y. XXXI, note 40) ; suyè tashtô, peut-être mieux : « artisan du bien » [sût tâsliUâr ; cf. dàtô, cistô = dàtdr, cas/tUàr, Vd. II, 3, 10).

28. didàs, participe présent de dà, avec redoublement rare en di ; — dreg^vàtâ, instrumental à sens locatif ? (traduit ô darvandân « aux méchants »). 29. Les récompenses du Paradis. Litt. « les vies religieuses (les daèoào ; v. p. 254, n. 40) s’unissent à la récompense suprême ».

.30. yàbi dé Jàniâspa ; kàrik dastôhar Jdmâsp, « vaillant Dastûr Jàmàsp ». Sur Jàmàspa, voir Y. XXVIII, n. 31 ; sur dé, v. XLV, n. 36. 31. Traduction conjecturale comme celle de toute la strophe, thwahmi àdàm : cf. XLVIII, n. 23. âmes des justes et Àrmaili avec ses chantés et sa bieafuisance ". Mais une royauté emportée vers le mal périra".

11. Les méchants, les mauvais princes, aux mauvaises actions, aux mauvaises paroles, à la mauvaise religion, à la mauvaise pensée, leurs âmes vont recevoir la nourriture immonde" ; certainement ils iront habiter la maison de la Druj.

12. (Ju’adviendra-t-il donc de Zaralhushtra ^’, qui implore ton secours, ô Asha ? De moi qui vous béni3 dans mes cantiques, ô Ahura Mazda, avec Vohu Manô, implorant de vous ce qui est votre bien suprême ! Zôt et Ràspî ensemble ;

•13. Par l’Esprit du Bien et la Pensée Excellente ... (Y. XLVII, 1 ; 2 fois). Ashem votiù (5 fois).

Nous sacrifions au Hâ At ma yavâ.

Yènlic hâtàm.

32. iiemuscà jà àrmailisli izhàcà ; nemù, la prière accordée et par suite la bonté qui accorde [niijdyishnômnndih anâ agh mandùm yakbùnêl). Ce vers est récité dans la purification du Baraslinôm (Vd. VIII, 12).

33. màzà klisliathrà vazdanLù avamirà. L’analyse du Dbikart, IX, 42, 11, porte : « De la punition du méchant qui use du pouvoir pour s’approprier quelque chose contre la justice » {mculam patfrdsî darvand manash pun khàinyi/i addtî/id mandùm yansagùnand). La traduction pehlvie a : « celui qui porte sa pensée vers une royauté mauvaise périt » {man minishn ô hhùtdylh vàzinét apdrùn fret mûri yahvùnêt). Les deux traductions s’accordent pour le sens général, mais ni l’une ni l’autre ne donne les éléments d’une analyse grammaticale. Je traduis très hypothétiquement en suivant pour màzà le Hà XLllI, 12 (note 40) et traitant vazdaillià comme un dérivé de vaz avec sens péjoratif ^cf. pehlvi vdziiiél aparùn). lilisliatlirà comme le sujet, avamirà comme un adjectif verbal.

34. La nourriture infernale : voir Y. XXXI, 20, n. 76 ; LUI, 6 d ei Yt. XXII, 36. 35. De moi, Zarathushtra.

36. La réponse sous-entendue est indiquée par le Dtnkarl, IX, 42, 13 : « Réponse des Amshaspands à Zoroastre à propos de la récompense qu’il sollicite et comment ils le satisfont ».




HÂ 50 (SP. 49). — GÂTHA SPENTA MAINYU 4



1. Qui invoquer comme protecteur, hormis Asha, Ahura, Vohu Manô ?

2-3. Qui a droit à la Vache Rânyô-skereti (symbole de tous les biens) ? — L’homme de bien, qui recevra au ciel le retour du bien qu’il a fait (§ 2) ; le bon roi qui conquiert la terre des infidèles (§ 3).

4. Qu’Ahura et les Amshaspands mettent dans la bonne voie les hommes de bonne volonté (§ 4) ! Qu’ils donnent la joie à ceux qui prêchent leur parole (§ 5) ! Qu’ils donnent à leur Prophète l’intelligence et le don de parole pour enseigner les hommes dans le bien (§ 6).

7-11. Invocation à Ahura, Asha, Vohu Manô : leur adoration fait passer le Pont Cinvat (§ 7). Il leur offre sacrifice, prière, bonnes œuvres (§ 8-10) : il demande en retour les prospérités du Paradis et tout ce que peuvent souhaiter les loyaux serviteurs du bien.

Dinkart, IX ; 20 (Sûtkar) ; 43 (Varshtmânsar) ; 65 (Bak).


____________


1. Kat moi urvâ. — Mon âme désire un secours : quel secours obtenir et comment 1 [872] ? Mais qui trouver qui protège mes troupeaux et moi-même 2 [873] ? qui, vraimenl^ ? aiilre qu’Asha, ol que toi, Aliura Mazda, que j’invoque, €l que Vohu Manu ?

2. Qui a droit à la vache riche en dons ô Mazda ? — Celui qui prend plaisir à la voir aux mains du bon laboureur ^

[J’ai vécu] une vie honnête, dans la sainteté, en faisant beaucoup de bien ’^ : fais-moi donc place ’ et donne-moi tes dons dans [l’autre] monde ’.

3. Elle appartiendra, ô Mazda, en retour de sa sainteté, à celui que Khslia- (hra en fait jouir par Vohu Manô, celui qui nous agrandit, par la force de la piété, de la terre voisine que le méchant cède’. 4. Aussi je veux vous offrir le sacrifice et vous louer, ô Mazda Alinra, avec Asha et l’Excellent [Vohu] Manô et Khshathra, qui mettront dans la 3. azdà : traduction hypoltiétique, d’après le védique addhâ qui se construit surtout avec l’interrogalif ou le négatif de veda : koaddhà, nalsir addhù veda. Le pehlvi a un dérivé obscur a :rf(".

4. Litt. « Comment désirerait-il la vache rànjô-skereti » (la vaciie Azi ; v. XXIX, 5, n. 24) ; c’est-à-dire : >< Qui mérite la richesse » ? Peut-être, comme Azi, désigne-t-elle les biens célestes autant que les biens terrestres. — Glose marginale : « Question de Zoroastre » [frasltn i Zartûsht).

5. Réponse d’Auhrmazd {pcisuUi gavishm/d Auhrmazd). — Vàstravaitim ; litt. « celui qui la désirerait ayant labour pour nous ».

6. pourusbù hvaré pisLjasù : traduction conjecturale. Le pehlvi voit dans pishvasù un désidératif de pà et dans hvaré, non pas le nom du soleil la forme ordinaire dans les Gàthas est livcng-, sauf le passage unique XXXII, "10), mais un mot signifiant bien-être, khvdrih ytraduction ordinaire de IivàtLra), autrement dit un dérivé de hu : il traduit pim kahad k/ivàrih pânak’th boijaliùnct, pun kabad mvak’ih « il désire protection avec beaucoup de bien-être, c’est-à-dire avec beaucoup de bien ».

7. nisbàsj’à, « ayant assis moi ».

8. âkà sténg- en deux mots [àshkârâk sli). — Paraphrase du Dinkart. IX, 43, 3 : « Sur le désir de fortune en récompense de la vertu, et sur ceci que celui qui désire, ensuite de sa vertu, un bien que l’empêche d’obtenir la violence des méchants ou tout autre force mauvaise, reçoit dans le ciel une récompense plus grande et plus belle que ce bien ».

9. La vache Azi appartiendra au guerrier, au bon roi (Khshathra) qui la mérite par sa vertu (Vohu Manoj et dont la vaillance conquiert pour nous les biens de linfidèle. Dinkart, t. /.,4 : « Sur celui qui mérite le troupeau, le guerrier qui suit la bonne loi et qui a de la force (ddt fràrûn 6j] pour assister le désir des Dieux, faire du bien à l’Iran et abattre la malfaisanee d’Aniràn ». — aDhaiti « sera » ; selon le pehlvi, arjdiùg « est mérité » ; cf. XXXII, 16, n. 67. [bonno] voie ceux qui désirent [le bien] ’" pour l’envoyer au Paradis leurs dons et leurs cantiques ".

5. A vous, ô Mazda Ahura, noire dévotion parfaite*^ ; et vous, donnez la joie" à celui qui prêche votre parole. Manifestez-nous votre protection, dont les désirs sont puissants, et qu’elle nous mette en pleine félicité ’= !

♦). Moi qui, pour dire votre parole, lève la voix, ô Mazda ; moi, l’ami qui vous apporte piété et prière ’°, moi, Zarathushtra, donnez-moi la libre voie de l’intelligence et de la parole ’", pour que j’enseigne en Voliu Manô ceux qui sont rangés sous moi ’*.

7. Vous, les vaillants adorables ’^ je m’arme de votre prière pour me rendre au Pont -". Mazda, Asha et Voliu Manô, conduisez-moi là et venez à mon secours.

10. îshô slàoiibat à paitlii « qui mettra les désirs dans la voie » ; glose : « qui mettra dans la bonne voie ceux qui désirent les bonnes œuvres ». 11. Litt. « pour faire entendre (seraosliànè) au Garô-demàna leurs dons ouvertement ».

12. Litt. : « . vous dévotion en perfection ». 13. vaorâzatliâ : urvàkhm’inU ; pour *va-vrâz-atlià, forme redoublée de urvàz. Glose : « s’ils font progresser votre religion, vous les réjouissez aussi ». 14. aii)i-dereslità : madam n’tkizit ; de aihi-dares (cf. p. 282, n. 36) ; — zastàishtû, pun tuvdn khvàhishnih ; cf. XXXIV, 4, n. 12).

15. yà nàoLvàlhi-è dàyàt. Cf. XXVllt, 2, n. 6. 16. Litt. « Ami avec piété et prière ».

17. Donnez-moi une intelligence nette et une parole facile (P. farhakhliJi « l’habileté » de parole ; raithim, râs).

IS. Pour que je sache leur parler et les convaincre, ràzéùg- « la rangée », c’est-à-dire l’ensemble de ses disciples [hàvishlih) ; semble être un nominatif ou, avec construction impersonnelle (cf. XLIti, 7, n. 21), un accusatif d’un thème neutre râzanb (cf. dénjfi^danli ; p. 299, n. 36). se rapportant à sàbit « soit instruit » [dmûkhtiskn yakvûnit). — Cette stance et les suivantes (7-11) se retrouvent Y. LXIV, 2-7, comme introduction à l’offrande àAnâhita.

19. zevishtyéfijf aurvatô, man dôsliak apài/ishnlg u arvand havà-t « vous qui êtes désirables d’amitié et vaillants », zevislitjénjr= :*zaoslityàn, v. XLVI, n. 37. 20. Litt. je me joins à votre prière dans l’aller au Pont [CinvatJ. Le Dinkart semble faire dépendre zevislityéùff de yaojà, ce qui donnerait « je pousse les vaillants aimables à vous adresser la prière ». — jayàish, pun ydmatùnis/inih, thème jaya déjà := jaiu

21. yâishazàthà ; yàisli se rapporte peut-être àjayàisli ; « dans les aller au Pont,... par lesquels vous me conduisez » [soit au ciel, soit dans l’enfer].

8 22 [874]. Chantant vos paroles d’abondance 23 [875], je vous aborde, ô Mazda, les mains tendues ; je vous aborde, ô Asha, avec offrandes et prières ; je vous aborde avec les vertus de Vohu Manô.


9. Oui, avec ces sacrifices, je vais à vous en cbantanl vos louanges, ô Mazda, ô Asha, et avec les œuvres de Vohu Manô ; ainsi, en retour de ma dévotion, serai-je maître de mes vœux 24 [876] ; ainsi saisirai-je le désir du sage 25 [877].


10. Toutes les œuvres que je ferai et celles que j’ai faites auparavant 26 [878], et qui réjouissent les yeux de Vohu Manô 27 [879] à la lumière du soleil, à l’accroissement du jour 28 [880] et à l’aube 29 [881] [je les donne] en prière à vous, ô Asha, ô Mazda Ahura !


11. J’aurai force pour vous louer avec ma bouche 30 [882], ô Mazda, avec toute la sainteté que je puis et désire. Donnez-moi en retour dans ce monde la prospérité 31 [883] de Yohu Manô : donnez tout ce que peuvent souhaiter vos loyaux serviteurs 32 [884].
Zôt et Râspi ensemble :


12. Par l’Esprit du Bien et la Pensée Excellente ... (Y. XLVII, 1 ; 2 fois).|85}}

Ashem vohù (3 fois).


Nous sacrifions au Hâ Kat môi urvâ.

Nous sacrifions à la Gâtha Speñta Mainyu.

Nous sacrifions à l’ensemble de la Gâtha Speñta Mainyu.

Yènhè hàtâm.



________________________






a




HÂ 51 (SP. 50). — GATHÂ YOHUKHSHATHRA




La Gâtha Vohukshathra est composée d’un Hâ unique. Le rythme est exprimé par la formule 3 (7 + 7) ; autrement dit, la strophe compte trois vers, chacun de quatorze syllabes, réparties entre deux hémistiches de sept syllabes.


Analyse. — 1. Éloge de la royauté libérale qui distribue ses faveurs avec justice.

2-4. Éloge des vertus cardinales du Mazdéisme : elles assurent le bonheur et la fortune de ceux qui s’en inspirent et il faut les suivre dans leurs directions.

5. Le juste qui a le pouvoir doit ses libéralités à un bon maître spirituel (§ 5). Ahura donne le bien ou le mal suprême, — le paradis ou l’enfer, — l’un à celui qui lui donne, l’autre à celui qui ne lui donne pas (§ 6). Il doit les biens terrestres à ceux qui suivent les enseignements de la vertu (§ 7). Que le fidèle fasse donc connaître la punition et la récompense finale réservée au méchant et au juste (§ 8) et l’épreuve du feu qui décidera entre les deux (§ 9).

10. L’homme qui veut écarter le fidèle de la loi est un fils du Démon (§ 10). Le Prophète appelle à lui l’homme de vertu, implore son amitié (§ 11). Les puissants méchants lui ont refusé leurs secours : leur âme gémira au Pont Cinvat (§ 12-13) ; nulle œuvre généreuse ne vient d’eux ; ils iront donc habiter l’enfer (§ 14).

13. Au contraire le paradis est promis aux purs qui ont pensé et fait le bien i§ 1 3), à ceux qui onl pris Zoroasire sous leur protection : au roi Vislitàsf a, digne du trône par sa pieuse sagesse (§ 16) ; à Frashaoshlra, qui a donné au Prophète sa fille Hvôgvî ; à Hvôgvî même, l’épouse pieuse, la maîtresse de maison du Prophète (§ 17) ; à Jâmàspa, le sage et vertueux conseiller du roi(§ 18) ; à Maidyôi-mâoiiha, l’apôlrede la nouvelle loi (§ 19). 20. Appel et promesses à tous les fidèles (§ 20). Rappel des vertus qu’incarne la religion (§21). Adorez les Amshaspands (personnification de ces vertus) : leur culte assure le bonheur de ceux qui le pratiquent (§ 22). Cette Ciàlha est, comme on voit, divisée en deux parties : l’une édifiante et qui tourne dans le cercle ordinaire, l’éloge des vertus cardinales et les promesses de rétribution finale, mais, semble-t-il, avec référence plus spéciale aux chefs de la terre et aux puissants ; la seconde, d’un intérêt légendaire, relative aux ennemis et aux amis du Prophète. C’est, avec la Gàtha suivante, la partie des Gàthas qui contient le plus d’allusions à la légende de Zoroa ?lre.

Dinkart, IX ; 21 [Sûlkar) ; 44 ( Varsh/mdnsar) ; 66 [Bak). Le Râspi jette des parfums sur le feu’.

Zôt et Ràspi ensemble :

Prières à vous, saintes Gàthas !

1. Vohû khshathrem. — Sur une royauiéqui veut le bien-, je confère toutes les faveurs de la fortune ^

1. bô’i ol àtash ijahhùniskn fPt*).

2. voliù kbsLalbrem -Nairini, combinaison de vobù thshathrem « bonne royauté » et l ;hshatlireni vairiiu « royauté qui fait le désir >> (c’est-à-dire qui fait la chose désirable, le bien), nom du troisième Amshaspand, le Génie du bon gouvernement (p. 24).

3. bàffcm, bakr « part » ; liairishtem » qui est conféré le plus ». Peut-être mieux : « Une royauté qui veut le bien est une source de bienfaits ». Cette traduction cadre mieux avec la suite, la première cadre mieux avec la glose marginale : pasukh gnvishn i Auhrmazd « réponse dAuhrmazd », c’est-à-dire » don en retour » (cf. XXI, n. 9). C’est en suivant la justice qu’elle distribue l’abondance’ : cl dans nos actes, ù Mazda, c’est la chose excellente ^ qu’il faut réaliser. Le Zùl seul.

2. Si je suis vos [lois] suprêmes, ô Mazda Ahura, et celles d’Aslia et les lionnes, ôÀrmaiti, donne-moi la royauté de la richesse’*. A la prière que je vous adresse avec Yohu Manu, répondez en donnant vos bienfaits ■ ! 3. Que vous prêtent l’oreille ceux dont vous dirigez les aciions ’ par la langue et les paroles de Vohu Manô’, ô Ahura et Asha, et dont vous, ô Mazda, le premier entre tous’", êtes le grand instructeur. 4. Où est la Maîtrise parfaite " ? Où est la Merci ’- ? Où viendra Asha ? Où Spenta Àrmaiti ? Où l’excellent Vohu Manô ? Où ton Khshalhra, ô Mazda ’^ ? 5. Toutes demandes que fait, pour qu’il sache bien traiter le troupeau ’^, 4. Lilt. « à lui distribuant (vi-dusliemiiài, barâ dahishn, J’, K* ; cf. n. 19) l’abondance, la justice s’introduit » ; glose : « l’homme qui veut (être) bon roi donne selon la justice » (c’est-à-dire donne seulement ii qui le mérite : cf. XXXI, 14, n. 54 ; XXXIJ, 10, n. 38 ; XLYI, n. 67, 78).

5. vaLislitem, c’est-à-dire la Religion ’nmat dtn ravdk kart] : comparer la paraphrase puritaine : the one thing needful.

6. Litt. « ces choses [c’est-à-dire ma conduite] sont ce qui est votre première chose, ô Mazda (paourvim, glosé gàsdnîgih, la religion desGàthas ; cf. XXVIII, notes 1, 41), et celles qui sont à Asha, et à toi, Armaiti : donne-moi [donc] royauté de richesse » [c’est-à-dire le pouvoir et la fortune]. 7. Litt. « à prière de vous par Vohu .Manô, donne du bien » (savanliô, génitif partitif ) ; c’est-à-dire, je vous prie avec des sentiments de vertu, récompensez-moi. Le pouvoir de Ivhshathra est présenté ici comme la réalisation et la récompense des vertus d’Asha, Àrmaiti, Vohu Manô.

8. yôi vé shyaothauàisL sàrcùlê ; cf. sàreninù, XXXIl, 2, n. 5 ; litt. « qui vous ont pour maîtres en leurs actions » ; car vous leur faites connaître ce qui est péché et ce qui est bonne œuvre.

9. Vous les dirigez par vos enseignements de vertu. 10. « Le premier entre les Amshàspands >> ; cf. Y. XXXV, 9, 25, notes 21-22. 11. Fséralusli : voir p. 6i, n. 12 ; la direction religieuse dans sa perfection. 12. Un des attributs de Khshathra : voir .S(ro :a, §4. 13. Où sont les vertus cardinales des Amshàspands ? Comment les réaliser ? 14. ashàt bacà vifulaf ; traduit d’après viùd :zr pahv’iz karlan (Y. X, 8, 21) : on pourrait aussi entendre : « atin d’obtenir du troupeau en retour de sa vertu », traduction avec laquelle semble mieux s’accorder la glose : a’ighat Ivatd kdr û knrfak kartan gôipandàn gahvûnit « c’est-à-dire qu’avec accomplissement de bonnes œuvres troupeaux sont à toi ». l’homme cracliori loyal, iiilelligenl dans sa prière, l’homme qui, selon son pouvoir, donne à un maîlre droit’", l’homme dévot et plein de sagesse".

6. Ahura Mazda, en sa royauté, donne le bien suprême ’* à celui qui lait dons à son gré, et le mal suprême ’* à celui qui ne lui donne rien ’■', — à la révolution linale du monde ’".

7 -’. Toi qui as créé le bœuf, et les eaux et les plantes, Amerelàt et Haurvaiàl", et l’énergie et la force, ô très Bienfaisant Esprit, Mazda, donne les moi, car j’ai suivi l’enseignement de Vohu Manô - 8. Que le fidèle dise tes paroles pour qu’on les connaisse- ; [qu’il dise] le châtiment -= [réservé] au méchant, le bonheur [réservé] à celui qui soutient le Bien -•’ ; heureux celui qui dit et fait conn^iître ta parole ! 9. Avec la connaissance que tu donnes entre les adversaires-’ en lutte au moyen de ton feu brûlant, avec le signe que tu donnes, ô 3Iazda, dans 15. Qui sait demander intelligemment, vàstrjù sliyaothanàisL eresLvô, varzUdr pun kunà/in, rdst [pim huzvàn] « agissant en actes, droit [en paroles] ». 16. yé tlàthaèihyù ei-esli-ratùm klisbayàs ; le pehlvi entend « qui selon son pouvoir se donne à un maître droit » : cf. le Dinkarl, note suivante. 17. Dmkart, IX, 4i, 7 : « Celui qui se donne, avec liumilité et dévotion [pun êrili û tarsarjâsih = asliivào), à un directeur de religion droit {old î rdst dîn daslôbar).

18. valjyô vai-iLéusli « ce qui est meilleur que le bien », opposé à atiàtaslivô« pis que le mal ». • .-

19. yascâ Loi vàrâi ràdal, cf. XXXllI, 2. 11 s’agit des dons faits à Ahura (dans la personne de ses prêtres) ; s’oppose à yé Iiùi nôit vidâiti (= vi-dàlii ; cf. note 4). 20. apemè anliéusli urvaèsè : ou mieux « jusqu’à » ; — « c’est-à-dire que, jusqu’à la résurrection, il lui inilige châtiment exemplaire » (cf. XLIII, 5, note 18) 21. Cité Y. .WIII, 1 et LXV, 15.

22. Les génies des Eaux et des Plantes.

23. Maiiaûbà voliù séùifhc-, litt. .< dans enseignement par Vohu .Manô », c’est-à-dire : car j’ai suivi, ou : si j’ai suivi la bonne doctrine. ^ 24. Litt. « que l’homme dise les paroles (« ta Religion ») à qui les sait (vidushè ; cest-à-dire à qui les saura ainsi).

25. aliùyà, zatdr « l’action de frapper » ; dérivé de atia ; al ;a, méchant, est traduit sarîtar ; au neutre, zanis/m» le frapper », XLIl, 5rf (Sp.). 26. yé Asbeni dàdrè ; cf. Ashem deiedyài (XLIII, 1). 27. Avec répreuve du Var nlrang par laquelle lu décides entre l’innocent et le coupable. — rànùihyâ, patkdrddrùn ; klishiuiteoi, shnûklitânh ; cf. X.XI, 3, texte et notes. les lieux mondes au inoy(Mi de ; rainiiii l’oiulu-’*, lu aflliges le méchanl et fais le bonheur du juste -’.

10. L’homn :ie qui me perd, ù Ma/da, en m’écarlanl de celle loi ’", cet homme est dans le monde [d’Ahura] un fils de la Druj  ; il est de ceux qui appartiennent au Mauvais^-- Et moi j’appelle ta moi Asha" ; oui, loi-inème, bonne Ashî ^

I. Oui sera un ami pour Zaralhushlra, le Spilàma, ô Mazda ? — Qui de 

vous s’entretient avec Asha ? Avec qui de vous Spenla Armaili ’" ? Qui de vous a la sagesse de Vohu Manô^’ ? Qui est droit en toute pureté ? 28. ilalilisliloni tlàvôi, lill. « pour donner, de façon à donner un signe ». — ahvàliù redoublement de alm. Il s’agit « de la double épreuve avec le métal fondu (XXXI, n. 15), qui a lieu dans ce monde et dans l’autre ; dans ce monde, elle manifeste en justice l’innocent et le coupable ; dans l’autre monde elle sert au tourment du méchant et à la joie du juste » {madarn pasdkhl i marlùm stUkpun ic lani jiaa’ni pmi (ilnsli û dsîni vUàkht : pun stî bôkhl u êrakht madam dîna palash padtàk yahvûnt ; pun tan ! pashi darvandàn réshUù/an ahlavàn râmînUan ; Dînkart, IX, 44. ’1 1 , 29. i-àshayanhè... savayô : peut-être : « en aflligeant le méchant, tu fais le i)onheur du juste » (ràsliayanhè étant pris pour un datiC verbal). 30. I.ilt- « en m’écartant de ceci ».

31. hvô dàniùisli drùjù luinusli ; lilt. « celui-là est du monde le fils de la Druj ». Iiunush, hùniushk, est le sanscrit sùnusli, mais se dit des petits des è’res ahrimaniens : kavp Zariùhashtdarsûràk i làmushkàn zakallûnlnki gurg a/gant « le Karpjeta Zoroastre dans le trou des petits d’un loup tués » [Dhikart, VII). Le Commentaire pehlvi de notre passage ajoute cette glose : « faire le mal aux créatures d’Auhrmazd, c’est s’assimiler au hùnushk deZanâk Minôi ». Ce hûnmhk à’ khnm&n est Arzîtr, l’Arezùra de l’Avesta (Vd. III, 7, 23) : un texte pehlvi sur les merveilles advenues le jour Khordàd du mois Farvardin, place ce jour le meurtre d’Arz^r, le hùnushk tKhYim3.n, par Gayomart (Gayôkmart krvAri Aharman hàtiushkhacà zakallûnt ; cf. Minôkhard, X.VII, t4 et Albîrîjnî, Clironologg, p. 100, où le nom est déformé en khrûr, par chute du : dans l’original pehlvi). hùnushk s’emploie au pluriel pour désigner l’engeauce des démons : shèdàdn udrùjànu hùnushkàn » les démons, les Dnij (démons femelles) et [leurs] petits ».

32. . .liriman.

33. Je veux appartenir au bien.

34. vaiihuyà ashl gat le : vanlnijà semble un nominatif féminin de vanliu pour vaniihi ; sur Aslii vaiinhi, la fortune qui récompense le vertu, v. Yt. XVll ; l’adverbe gat est traduit étymologiquement yàmalùn ; XLIII, 1 c, note 3. 35. Pour cette stance et tout le développement qui suit, cf. XLVI. 14 et suite et le Hà LUI.

36. àfrashià, ham pursêl. Qui de vous s’inspire de la justice ? s’inspire de la piété ? 37. ké va varil :éusli mananliô acistà : acistà, frirjanak ; nominatif du nom d’agent

  • à-cistar, parallèle à àfrasiilà ; revient à « qui a la cisti, algh farjdm i mandùm pun
12. Point ne me veulent de bien les Vaêpis et les Kavis dans le passage de l’hiver 38 [885] à moi Zarathushtra le Spitàma, tandis que souffre mon corps et que je passe à travers la méchanceté39 [886] du froid 40 [887].
13. Et le méchant et le pur rendront un compte exact de leur religion 41 [888], [le méchant], dont l’âme gémira en face du Pont Cinvaإ 42 [889], parce qu’il a par ses actes et par sa langue détruit les voies du Bien 43 [890].
14. Des Karapans ne vient ni amitié généreuse, ni aucune excellence d’œuvre 44 [891] ; ils n’enseignent à bien traiter le troupeau ni dans leur pratique

ni dans Unir tloclrinc^el leur docli’iiit^ à la fin leur donnera pour demeure la demeure de la Druj "’.

I ;j. Mais la récompense que Zaralluishlra a promise aux purs ■ , ce Garôdemàna

    • où Ahura Mazda est venu le premier, c’est le prix de Vohu Manô

el des bienfaits d’Asha .

16. La sagesse d’une pensée sainte^" le roi Vîshtâspa l’a réalisée dans une royauté de pureté^’, par ses démarches de Vohu Manô ^■. C’est un souverain sage et bienfaisant "^ : il fera notre bonheur. 17 ^*. Frashaoshira, le Hvôgva, m’a donné la créature bien-aimée’^ en dons, [ni] perfection en fait d’œuvre » (urvàllià, dôst’ih ; subst. fém. ; vàslra, knr cf. p. 123, n. 9).

45. gavôl ârôisli âséfiilà, gouverné par la négation du vers précédent ; ils pratiquent 1’ ■< apatmàn kàshishnlh », ils tuent sans mesure (cf. XXIX, n. 8). 46. Cf. XLVI, 11.

47. mag-.iva1)yô, traduit ainsi d’après niajya = avlzliakili à la strophe suivante. 48. Le Paradis : p. 2-^1, n. 6.

49. ashàicà savàlsU oivislii, traduit pun ahlàijth sût câshît « enseigné par bienfaits de vertu », litt. « a été enseigné à Asha par bienfaits ». civîsbi est donc considéré comme un aoriste passif de cisli = *côisli-i (et ivi est une orthographe de ôi ; cf. zevislitya pour zaoishtyà, XLVI, 9, n. 37.

50. yàm cisllm ashà niaùtà <i la sagesse qu’il pense par sa vertu ». 51. Liltéralement « Ta obtenue par une royauté... ». tàm kavâ Visbtàspô magabyâ klisliatUrà nàsat. — Traduction conjecturale : je fais rapporter tàm à yàm rislim dans le second vers. Le pehlvi traduit « Le roi Vishtàsp est digne de la royauté par sa pureté [sans parler de droit héréditaire » ; ou peut-être « sans orgueil, sans oppression : ji’illc min aparmànd] ». Da même le D’uikarl : « Comment le roi Visiitàsp est digne de la royauté par sa grande vertu et son activité, sans parler de droits héréditaires : inadam khàlùijik arjdiiiklhi kat Vishtàsp rabâ hànar u kartàrih rdi jtitic min apar mànand ».

52. vanhéush paJehlsb inanarihù, ses démarches, sa conduite vertueuse. Le pehlvi semble traduire padebisU par patih « souveraineté » , glosé fràrûn shâlUàlh « royauté vertueuse » ; y a-t-il confusion avec pâli ou plutôt glose étymologique ? 53. Je traduis mazflào Aburô comme épithète de Vishtàspa. Cependant le pehlvi a Auhrmazd : « Ahura .Mazda est bienfaisant » : cf. la fln de la strophe suivante. 54. Sa fille Hvogvi. Le Dhikarl donne très nettement les trois idées de cette strophe : « Éloge de Frashôshtar pour avoir donné sa fille Hvôb en mariage à Zoroastre ; éloge de Hvôb pour sa parfaite soumission à Zoroastre [pun bîaidak tarsa. gâijîk zijash Zarlùhasht) ; conseil à Zoroastre de donner à Hvôb pouvoir comme maîtresse de maison {andarz ol Zartùsht pun pàlôkhskdi kartan i Hvôb pun kalakhdnûkik).

55. Sa fille Hvogvi. Peut-être « qu’il me donne ». — daèilôisbt, litt. « il m’a montré » ou « qu’il me montre » [nikizisJin nik’izàl ; de dis, v. XLUl, n. 36). Qu’elle fasse le désir de la bonne religion "" ! Et qu’elle saisisse le pouvoir selon le désir de Mazda Ahura et d’Asha" !

18. Le sage Jàmâspa, le llvôgva, désire la sagesse et la Gloire ^"j il aime une royauté sainte ’"et les sciences de VohuManô^". Donne-moi [pour lui], ô Ahura, tes dons de réjouissance , ô Mazda. 19. Celte récompense -la recevra aussi Maidyôi-mâonha, le Spitâma"’, qui désire faire connaître la loi dans l’univers *. Il dit la loi de Mazda et la pratique, plus précieuse pour lui que la vie 56. Quelle accomplisse ses devoirs de femme selon la religion mazdéénne (« c’est-à-dire que Hvôb donne sa personne en qualité d’épouse »). 57. Traduction conjecturale. Il est difficile de concilier l’analyse grammaticale du texte avec l’interprétation du D’mkart (note 5-4) et du Commentaire : khshayàs Mazdâo ahurô ashahyà àzhdyâi j|erezdini ; traduit : pun shalitnih î Auhi’inazd Zfik î ahldyîh àrzàk vakhdùnnt katakhânakili « avec pouvoir d’Auhrmazd qu’elle saisisse le désir d’Asha, — pouvoir de maîtresse de maison ». — Je suppose que Mazdâo ahurù ashahyà forme une sorte de composé génitival, ahurahyà étant remplacé par ahurô pour raison de mètre : le sens littéral serait ; « saisie de pouvoir selon le désir de Mazda et d’Asha » (yerezdim, de jfcred ^ vakhdûn, cf. L, 9 d ; khshayàs, accusatif pluriel de khshaya ( ?) ; âzhdyài, au désir : cf. dz, désir). 58. Litt. « Jâmâspa est de désirer la sagesse et la gloire » ; îshtôish, substantif avec force verbale^ gouverne les accusatif cistim et hvarenào (ace. pi.). Le hvarenô est conçu ici comme source de vertu {khvéshkâr’ih). 59. vereiitè, dôsliêl ; de var, sur la 7" classe (XLlll, 16 a) : — Litt. « il aime la royauté par (ou avec) sainteté ».

60. La sagesse ou la science dirigée par la vertu. 61. hyat. . rapéii tavà : rapén est sans doute un participe présent (cf. usen, mizen) ; P. anài lak ràminilnr’ih mizd « la vertu de réjouissance de toi ; tes récompenses ». 62. tat « cela » ; glose finale du vers : mizd updldahishn. 63. Dans les dix premières années de son apostolat, Zoroastre ne fit qu’un prosélyte, son cousin germain Maidyôi-aiàonha(Mêf/î/ôA/Hrt/« ; West, Pahlavi lexts, , 187, d’après Zàd-Sparam).

Paîtirâsp

Pourushaspa Aràsti

I !..

Zaratnushtra Maidyùi-niâonha

Cf. Yt. XIII, 95 ; Bd. XXXI, 2.

64. daènayà vaêdeninù yé ahùm ishasàs aihî, traduit : zak l dm dkâs-dahishnlh dar ahvân madam boyakûnishn « désirant dans l’univers faire connaître la loi » : lilt. « faisant connaître la loi (lire daènayâi avec K°), le désirant sur l’univers » : vaêdemnô, cf. XLIII, n. 46.

65. Ou plutôt, car le comparatif ne se construit pas avec le génitif : « il dit la loi T. I. 43

20. Et vous tous 66 [892], d’un accord unanime pour faire le bien, allez, offrant sacrifice et prière à Asha et Vohu Manô, vous qui avez des Paroles inspirées d’Ârmaiti 67 [893], et prenant en retour les joies de Mazda 68 [894].
21. L’homme de Piété parfaite 69 [895], l’homme bienfaisant est tel par sa sagesse, ses paroles, ses actes. La Religion, c’est la bienfaisance de l’Asha 70 [896], et une Royauté inspirée par Vohu Manô 71 [897]. Mazda Ahura a créé Ashi Vafiuhi 72 [898] : je l’implore de lui.
22 73 [899]. Celui et ceux dont le culte, Ahura Mazda le sait, nous donne le bien en retour de notre sainteté., à ces êtres, qui ont été et qui sont, je sacrifie par leurs noms et leur apporte mon service.
Zôt et Ràspî
23. Sur une royauté qui veut le bien, je confère toutes les faveurs de la fortune… (§ 1 ; 2 fois).

Ashem vohù (3 fois).
Nous sacrifions au Hâ Vohu khshathra.

Nous sacrifions à la Gâtha Vohu khshathra, sainte, maître de sainteté.

Nous sacrifions à l’ensemble de la Gâtha Vohu khshathra.

Yênhê hâtâm.

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HÂ 52 (SP. 51)




Les formules en prose qui composent ce Hâ et qui sont intercalées entre les deux dernières Gâthas forment comme un appendice ou une paraphrase à l’avant-dernière stance du Hâ précédent. Cette stance termine par le vers :

Mazdao dadât Ahurô tém vanuhîm yâsâ ashîm

« Mazda Ahura a créé Ashi Vanuhi : je l’implore de lui » ; autrement dit, je demande en retour de ma vertu les biens de la fortune, Ashi vanuhi étant « la Richesse qui vient de l’honnêteté » (turânikih min frârânih, LX, 4 = Sp. LIX, 7). Ce Hâ est une longue formule de bénédiction appelant sur le fidèle ces biens d’Ashi, et le Vispéred XX définit exactement ce Hâ « la récompense, la santé, les remèdes, l’agrandissement, l’accroissement, la force de victoire qui se trouvent entre la Gâtha Vohukhshathra et la Gâtha Vahistôishti ».

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Le Zôt et le Râspi :

Yathâ ahû vairyô : Le désir du Seigneur est la règle du bien, etc.

Le Zôt seul.

1. Sur les bons, hommes et femmes, de toute la création du bien 1 [900], pré- senle, < venir et passée ^ j’appelle de mes vœux Ashi , qui vient*, longtemps désirée ^ comme perpétuelle compagne, comme bonne compagne ; comme perpétuelle compagne, si indignes que nous soyons d’elle ; 2. apportant avec elle toutes les vertus ^ des eaux, des troupeaux et des plantes ; écrasant la malfaisance des démons et des hommes, qui veulent nuire * à cette maison et au maître de cette maison ; 3(8). [apportant] bonnes libéralités et bonnes faveurs" de celui qui guide et de celui qui suit’", qui viennent longtemps désirées ; de sorte que nous recevions les plus grandes, les plus excellentes, les plus belles faveurs ; 4 (11). pour sacrifice, prière, réjouissance et glorification aux Amesha-Spentas ; pour la prospérité de cette maison, pour l’accroissement de tout le monde du bien ; pour lutter contre tout le monde du mal, « tandis que je chante la sainteté de ceux qui appartiennent au Dieu Sage » ". 5. Vasasca". — Et puisses-tu, ô Ahura Mazda, régner heureusement et comme tu masculin, et le sens littéral est « la création bon-et-bonne », l’adjectif final recevant seul la flexion.

2. haithyâi « étant » ; liavàithyài « devenant », c’est-à-dire à venir ; hùshyàithyâi n’a que l’apparence d’un participe futur (le véritable participe futur serait ’bavishyàitlijâî, cf. persan bâsham) ; c’est en réalité un débris d’aoriste ; traduit man-ic ijahvûnt « qui a été ».

3. Comme déesse de la Fortune (Yt. XVII) : ashim dépend de âfrînâmî, comme ravasca Lvàthremca dans la formule parallèle, VIII, 8, répétée à la fin du Hâ. 4. ràsefitim :je le traduis d’après le persan ra.ç- ;rfa)i ; traduction douteuse ; le pehlvi semble avoir râsh-astishnîh, que le sanscrit traduit cakra-stlniàm « debout sur la roue » ; mais « roue » est ras (cf. zend ratha) et non râsh. FrÂmjî traduit par câlvv, « venir ».

5. dareg^hô-vârethmanem, dér pun kâmak ; peut-être « aux longs désirs ». 6. afrasâoùLaitim, a-fràj-sazislmih, cf. LXII, 6, 46, texte et note 21. 7. baêshazâo, litt. « guérisons, remèdes ». Cf. LX, 4 [LIX, 7]. 8. aresbyantàm, génitif pluriel se rapportant à daêvanàm mashyanàmca. Le sanscrit a achedam kuru, décomposant aresb en a-rish ; le sens ne changera pas : « de sorte qu’ils ne puissent nuire à cette maison... ».

9. adhâo, dahiskn « dons » ; ashayô « faveurs », v. IX, note 8 ; pour la formule finale ashayù erenavantê, cf. ashish erenâvi, ibid. 10. C’est-à-dire qui récompensent la vertu du maître ou la vertu du disciple. — hupaurvâo, pun hû-pêshVi hêrpâtili ; &farko,uakhar’(h {-zzpun akharih ?) hdvishlih : « bupaurvào ; avec précédence, qualité d’A^r/)a< ; aparâo : avec suite, qualité de disciple ». 11. Cité de la Gâtha Ushtavaiti, XLV, 6 b.

12. §§ 5-8 = Yasna VIII, 5-8. veux sur tes créations ! Comme tu veux sur les eaux, comme tu veux sur les plantes, comme tu veux sur toutes les bonnes choses, qui ont leur germe dans le Bien !

6. Donnez puissance au bon, impuissance au méchant ! Que le bon puisse ce qu’il veut et le méchant rien de ce qu’il veut !

Qu’il s’en aille ! qu’il soit détruit, emporté de la création de l’Esprit Bienfaisant ! contrarié, ne pouvant rien de ce qu’il veut !

7. IVIoi, Zarathushtra, je veux pousser les premiers de ces maisons, de ces bourgs, de ces districts, de ces pays à penser, à parler, à agir conformément à cette religion, qui est celle d’Ahura, celle de Zarathushtra.


Zôt et Râspî ensemble :


8. J’appelle de mes vœux expansion et bien-être sur tout le monde du bien. J’appelle de mes vœux angoisse et malaise sur tout le monde du mal.






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a




HÂ 53 (SP. 52). — GÂTHA VAHISHTÔISHTI




La Gâtha Vahishtôishti ne contient qu’un Hâ, d’un rythme compliqué. La strophe comprend 4 vers 1 [901], composés les deux premiers de 12 syllabes réparties en 7 + 5, et les deux derniers de 19 syllabes réparties en 7 + 7 + 5. La formule est donc : 2 (7 + 5) ; 2 (7 + 7 + 5).

Cette Gâtha se rapproche beaucoup de la précédente par une certaine prédominance du caractère légendaire.

Analyse. — 1. Glorification de la parole de Zarathushtra, qui est le bien le plus désirable : Ahura donne le Paradis à ceux qui la suivent.

2. Le Prophète exhorte le roi Vîshtâspa, son protecteur, et Frashaoshtra, son beau-père, à enseigner la loi, à professer la religion de Mazda, à la propager.

3-4. Il exhorte Pourucista, sa fille, qu’il a donnée à Jâmâspa, le frère de Frashaoshtra, à accomplir ses deux devoirs de femme, comme fille envers Zarathushtra, comme épouse envers Jâmâspa.

5. Il exhorte la femme à attirer son mari à la vraie religion : ainsi fait Hutaosa pour son mari Vîshtâspa ; femme et époux doivent s’éclairer et se soutenir l’un l’autre dans le bien.

6. Femme et mari se sauvent ou se perdent ensemble. Mort prématurée et damnation de celui qui se livre au mal.

7. Supplice dans l’enfer de la femme infidèle. 8-9. Comment le bon roi doit frapper les malfaiteurs, empêcher la violence et l’oppression, et comnifnt il fait régncM— Ahura en soulageant le pauvre honnête.

Dlnkarl, IX ; 22 ISûtknr) ; 45 {Vars/Umânsar) ; 67 (Bak). Zôt et Ràspi ensemble :

Prière à vous, saintes Gàlhas :

1. Vahishtâ îshtish. — Le bien le plus excellent, c’est la parole de Zarathushtra*, pour qui donne ses faveurs au Spitâma-. Ahura Mazda, en retour de sa sainteté, lui donne paix de conscience à tout jamais ^ Même à ceux qui égarent, [il donne] l’enseignement de la bonne religion en parole et en acte*.

2. Que le roi Vîsbtàspa, disciple de Zarathushtra, et Frashaosbtra, le Spitâma, enseignent^ [aux hommes] par la pensée, la parole et l’action, à satisfaire Mazda, à le prier, le confesser, lui sacrifier^ indiquant les chemins purs’et la Religion qu’Ahura a établie pour les Saints i. isliti « bien », littéralement « la chose désirée ». — sràvî, srav, est considéré comme un substantif féminin, synonyme de sravô. Si sràvi est un aoriste passif de sru, le sens littéral sera : « le bien le plus excellent a été entendu [être] de Zarathushtra ». Glose : « des choses que l’on désire, la meilleure, c"est l’Avesta et le Zend » • 2. Pour qui le protège et le comble. Glose : « c’est-à-dire : puisse Vishtàsp me donner le pouvoir de Maubaddn Maubad » (la prêtrise suprême) ! 3. C’est-à-dire que le fidèle affrontera sans inquiétude les terreurs de l’autre monde et aura le « cœur ferme » au pont Cinvat : cf. p. 113^n.32 ; bivantievini, « w… hûahûîndt. 4. yaêcâ Loi dalien, man zak olàc friflâr Akarmôk : les Ashemaoghas, les apôtres d’erreur. Même ceux-là, Zoroastre veut leur bien et vient pour eux. 5. scaiitù, dmukhtishn ; de sac ; cf. LV, 6.

6. klishnùm Alazdào yahmài à fraoret yasnâscà : pun s/indij’tnUdrîk ô zak Auhrmazd niydyishn farndmishnic izis/inic. La construction littérale semble être : « satisfaction de Mazda, en forme de prière, profession et sacrifice » (à fraoret-jasnàscâ représente â-fravaretini yasnàsca, que fraoret soit écourté de fravareti ou soit le participe présent de fravar combiné avecyasiiàsca). — Levers contient tous les éléments de la formule : [Ahurahê Mazdào] yasnàica valiinàica khslinaotiiràlca frasastayaêca, à fraoret répondant à frasasti.

7. Les chemins qui conduisent au ciel (ô taind). — dàoWiô, pluriel de dâo, « qui donne » ( ?).

8. Pour les Saoshyant : v. IX, n. 7.

3 9 [902]. Et toi, Pourucista 10 [903], du sang de Haêcataspa, du sang de Spitâma 11 [904], toi qui es née fille de Zarathushtra 12 [905], puisse Ahura te faire recevoir Vohu Manô, te donner pour maîtres Sainteté et Sagesse 13 [906] ! Or donc consulte, de toute ton intelligence, la très sage et bienfaisante piété d’Àrmaiti 14 [907].


4. Pour avoir donné votre parfait amour à votre père 15 [908], à votre maître, aux travailleurs, à voire époux 16 [909], sainte à l’égard de tous ces saints ; pour

avoir apparicnu à Vohu Manô ",.Alazda Ahura vous a donné, en relour de voire bonne religion, ; i toute éternité l’abondance "… 5 « . Je dis les paroles [saintes]- » aux jeunes femmes qui se marient-’: je vous les fais connaître-— : concevez-les bien. Faites connaître à tous ceux-ci le monde de Vohu Manô par la religion-’. Enrichissez-vous l’un l’autre en vertu-’. Ainsi celle-ci aura-t-elle bonne demeure (là-bas) ^^

6. Car de même se comportent vraiment homme et femme-. La Druj « aux laboureurs », en qualité de maîtresse de maison, chargée de veillera loni’travail et k leur bien-être {l ; âr i halakkliùldi rat ; cf. LI, 17, n. 54) ; — liv.-ièlaovè khvêsh… Jdmàsf v. celui qui est sien… Jàmâsp ». "17. man.Tniiù vaùbéusli Lvénvat ; pun zaki Vahùman khvêsh fràrùn khvèsliih rdi, « appartenant à ce Vahûman ; c’est-à-dire, pour appartenance vertueuse ». — hvénvat est donc traduit comme une formation de liva. 18. liaiil)iisli mcm liéetliisli:lianliiisli est sh’ik « satiété, suffisance » (suivant la glose, suffisance de nourriture et de vêtement; cf. Vd. V, 38, 121). Je ne sais que faire des deux’i-7 ! z, }A-(ôi.t’ix mém béetlusb, dont je ne trouve pas la traduction dans le pelilvi.

19. B’mkarl, IX, 45, 5 : « Eloge de HiUôs parce que par elle fut propagée la Religion mazdéenne » [madum slâyishn l llûtos pun ravdkih l d/n Mazdijast patash yalivûntan). Hulaosa était la femme du roi Vishlàspa, et fut une active protectrice de la nouvelle religion : du moins, on voit (Yt. IX, 26 et Yt. XVII, 46) Zoroastre supplier les dieux pour la conversion de Hutaosa et pour qu’elle propage la loi de Mazda : cf. plus haut XLIX, note 25.

20. sàlivcni, les paroles de la religion.

21. Ou « mariées ». vazyaninàhjù ; traduction conjecturale ; marier se dit vad ; mais vaz signifiant « emmener » peut avoir le même sens, comme son équivalent sanscrit vali (cf. le latin ducere). Le Prophète a rêvé dans la femme l’instrument de la conversion du mari.

22. klislimailiyô vadeniiiô : le pehlvi dkdsîk prouve une lecture ancienne vaèdemnô : se rapporte à azcm compris dans mraonii.

23. C’est-à-dire : faites connaître aux hommes les devoirs de vertu que la religion leur enjoint.

24 aslià vc anyô ainim vivénglialù ; vivcùjjlialù, vandishn vandêt, cf. véfijjbcn, randishn havà-nd, XXXIX, n. 4.

25. huslicnem, humàni.shnîh. Glose : old Hûfôs gds ! tamd « Hùtos aura place làbas ».

26. Unité <le vie morale du ménage. Glose : « comme ils sont en vertu homme et femme [rjabrâ û nisàman), ainsi sont-ils en vice drôlesse et drôle [jai û mar], — Selon le dm i Gâsdn, % 42-44, celte strophe a cinq vers, au lieu de quatre, en représentation des cinq auxiliaires du Zarathushtrôlemô, le chef de la religion, qui sont : le chef de maison, le chef de bourg, le chef de district, le chef de province et T. 1. 44 reçoit son salaire de celui qui est toujours h veiller sur sou bien-’, (lelu qui désire la Druj périra avanlTlieure -’. Emportés au lieu de douleur-’, la nourrilure iuimonde"’ et l’anéaiilisscment de toute joie attendent les méchants, destructeurs du bien", qui ne reviennent pas à la religion’- et font périr le monde de l’esprit ^

7. P2t de votre perversité^’ vous aurez la récompense, tandis qu’un hérissa propre femme [u zakic i tiafslui nàlr’ik). La strophe iiecontienl en réalité que cinq pieds en trop : on a sans doute compté comme vers à part les mots di’ùjô àjcsè au commencement de la troisième ligne : la formule de la strophe sera : 2 (7 -|- 5), 5, 2 (7 + 7 + 5).

’27. L’avaricieux qui veille sur son trésor ou mieux qui veille pour l’accroitre. drùjô baoà ràtlieiuô yéine spasbulhù f ràidini ; rùtliemù, bahr, nivmal «salaire, lionoraires » (en particulier du prêtre) ; — yéme ou mieux jé mi (variantes : jé me, yé mé, j’é mi), manasli /lamêshak " qui continuellement », le mot étant composé de yc « qui >) et mi, hatnêsliak (cf. Lit, ; mi-slià«-im, ’pun hanùshak apdk’ih) : spashiitlià frûidim sont traduits, le premier pdspànUt « la garde », l’autre frdidahhiui « ai ;croissemenl ». Le sens littéral serait : « Le salaire de la Druj vient de [celui ! qui toujours est à veiller sur son accroissement » (spashullià est probablement un alistrait, « en veillée », de spas « observer » ; cf. spalilislili u garde, action d’observer »). La glose porte : aîc/hash nasflià tan Uùn luoân dàslilan (Pt’, Iv°, z’ivhlan) amat pun apdrûnlh ... (mot non déchiffré : Iv", anbué ; Pt*, annbuê) pun baba yakhsûnêl << c’est-à-dire qu’elle (la Druj) peut s’entretenir quand il tient sous clef son ... ». La Druj vit des subventions de l’avare, dans le même sens qu’elle devient enceinte des œuvres de l’homme qui refuse la charité (Vendidad, XVIII, 34). 28. liôisli pilliù tanvô para ; ash ufU’l à fan hâs/i pêsli, aîgkash apafjayèliè ijnhvùnél « à lui tombe au corps [la vie] d’avance ; c’est-à-dire qu’il perd la vie ». Iiùish, gén. de lii « lui » ; pilliA, « chute », de pat.

29. vayù, andukiskn (p. anduh), la douleur de l’enfer ; cf. note 37. — Itcreduliyô est le datif pluriel de berel ^^ sscr. liLrit pour "Ijerel-ljyô, cf. au vers suivant drqjvùdel >yô. pour dregvat-liyô.

30. dush-hvarelhéui ; la nourrilure des damnés : voir XXXI, 20, n. 76. 31. dêjit-arelaèiltyô, daslôliàr zaldr bundak, aigltat daslôbar hùndak zal yakôijamûnél : le commentaire considère dé comme identique au dé de dé Jùmâ^pà (cf. XLVI, 17 et p. 209, n. 3(5) : le sens serait « destructeurs de la règle du bien », ou, si daslôbar désigne la personne, « destructeurs du maître parfait ». Mais le mol étant visiblement un composé à base de participe présent (sur le type dàrayaj -rallia), il est difficile de voir dans dé autre chose qu’un préfixe verbal (de même que dans demànem).

32. anàisli, an-ydtunishn’ifi rài, amat barda d’inlà ydtîinand : cf. XXXIl lu, n. 60. 33. C’est-à-dire qu’ils enlèvent auK hommes leur part de paradis. 34. manahyâ, makXh ; c’est-à-dire avèzhak sarllarlh « méchanceté sans mélange » ; V. XLVIII, n. 33. — Celte strophe s’adresse à la femme qui manque à ses devoirs.

son vous va par le bas du corps 35 [910] entrant et sortant, là même où a pénétré l’esprit du mal 36 [911]. Livrez-vous à votre perversité ; tout se terminera par des cris de douleur 37 [912].
8. S’ils ne reviennent pas 38 [913], les artisans de mal seront déçus 39 [914], seront frappés, seront tous 40