Les Excentricités du langage/Édition Dentu, 1865/M

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E. Dentu (p. 193-217).
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Mac, Macque, Macchoux : Maquereau. — Maca : Maquerelle. — Macchoux est une corruption du mot maquereau. — Mac et maca sont deux abréviations. — Par un hasard singulier, la première de ces abréviations donne la clef même du mot Au moyen âge, le mot maque signifiait : vente, métier de marchand. V. Roquefort. — De là sont venus maquillon ou maquignon et maquerel ou maquereau. Le maquereau n’est qu’un maquignon de femmes. Pendant tout le moyen âge, on a écrit maquerel ou maqueriau. Ce dix-neuvième siècle a oublié la véritable source du mot qu’il a confondu avec celui du poisson, d’où les synonymes de poisson et de barbillon. — « Le métier de mac autrefois n’était guère exercé que par des voleurs et des mouchards… maintenant les prêtresses de Vénus Callipyge ont pour amants des jeunes gens de famille. » — 1837, Vidocq. — « Le macque est le souteneur des filles de la plus basse classe. Presque toujours c’est un repris de justice. » — Canler, 1863. — « Une vieille maca : Entremetteuse, femme vieillie dans le vice. » — 1808, Dhautel.

Macaire : Malfaiteur audacieux, spirituellement cynique, affectant en toute occasion les manières d’un homme bien élevé. — Cc type étrange date, comme l’on sait, du drame de l’Auberge des Adrets ; il doit toute sa fortune à Frédérick-Lemaître qui, en créant le rôle de Macaire, a caractérisé pour toujours une classe particulière de criminels. — « Ils se croyaient des Macaires et n’ont été que des filous. » — Luchet.

Macaron : Dénonciation. — Du vieux mot maque : vente. V. Roquefort. — Un dénonciateur vous vend à la police. — « Dans le nez toujours tu auras ma macarons et cabestans. » — Vidocq. — Macaroner : Trahir.

Mac-farlanes : Long pardessus sans manches, avec grand collet tombant sur le devant. — « Ils portent des mac-farlanes. » — Les Étudiants, 1860.

Machabée : « On appelle machabée tout être, homme ou animal, qui est privé de vie, et que l’on rencontre flottant sur un cours d’eau ou échoué sur le rivage. " — Val. Dufour. — Machabée : Juif. — Allusion biblique.

Mâcher (Ne pas le) : Parler franchement sans murmurer entre ses dents. — « Quand j’ai lieu de vous en vouloir, Ah ! n’ayez pas peur que j’vous l’mâche ! » — De Longchamps, Ch., 1809.

Machin : L’homme ou la chose dont on ne peut se rappeler le nom. V. Chose. — « M. Mâchin, pardon ! je ne me rappelle jamais votre nom. » — H. Monnier, 1840. — Dans la Gabrielle d’E. Aubrier, l’avoué Chabrière prie sa femme de faire « un machin au fromage. »

Mâchoire : Suranné. « L’on arrivait par la filière d’épithètes qui suivent : ci-devant, faux toupet, aile de pigeon, perruque, étrusque, mâchoire, ganache, au dernier degré de la décrépitude, à l’épithète la plus infamante, académicien et membre de l’Institut. » — Th. Gautier, 1833, — « Vieille Mâchoire : Personne sans capacité, ignorant, sot. » — 1808, Dhautel. — V. Ganache.

Main chaude (Jouer à la) : Être guillotiné. V. Raccourcir.

Major : « Le chirurgien, le tambour-major, le sergent-major, enfin le gros et inévitable major, sont dénommés indistinctement majors. » — L. Huart.

Mal (faire) : Faire pitié. — « Qu’on vienne baiser son vainqueur — Comme tu me fais mal ! » — Gavarni.

Malade : Prisonnier. — Maladie : Emprisonnement (Vidocq). V. Hôpital.

Malade du pouce : Fainéant dont la paresse constitue la seule infirmité. — Malade du pouce : Avare — « Il est malade du pouce. Ça empêche les ronds de glisser. » — Monselet. — C’est-à-dire : ses doigts ne peuvent se résoudre à laisser échapper la moindre monnaie.

Mal blanchi : Nègre. — « Va donc ! mal blanchi, avec ta figure de réglisse. » — Bourget.

Malingrer : Souffrir (Vidocq). — Malingre se dit encore pour souffreteux.

Malle (Ch-r dans la) : Faire affront. — Mot à mot : chier dans la poche d’autrui. — « On se torche à présent de la foi conjugale. Quoi qu’il en soit, Léandre a chié dans ma malle. » — Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Maltais : Cabaretier. — Beaucoup de Maltais exercent cette profession en Algérie, d’où vient le terme.

Maltouze : Contrebande. — Maltouzier : Contrebandier.

Manche de veste : Jambe arquée comme une manche d’habit. — « Mosieu Belassis, moi j’ai pas des jambes en manches de veste. » — Gavarni.

Être manche à : Avoir fait autant de progrès qu’un adversaire. — Mot à mot : être manche à manche. Au whist, la manche est une des parties liées qui compose le robber. — « Ça nous met manche à manche. A quand la belle ? » — E. Sue.

Manette (Mlle) : Malle (Vidocq). — Diminutif de manne : malle d’osier.

Manger, Manger le morceau : Dénoncer, avouer. — « Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan… — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement. » — Vidocq.

Manger sur : Dénoncer. — « François a mangé sur vous. » — Canler.

Mangeur : Dissipateur. — Mangeur de galette : Fonctionnaire vénal (Vidocq). — Mangeur de blanc : Homme se faisant entretenir par une femme. V. Dhautel. — Mangeur de blanche serait plus juste. — Mangeur de bon Dieu, de messes : Dévôt. — « Quittez vos tanières, antiques comtesses, mangeuses de messes. » — Départ de la Cour, Ch., 1830.

Manière (1re, 2e, 3e) : Ligne de conduite ou manière de faire son rapport avec l’âge, les progrès, ou les calculs d’un artiste, d’un écrivain, d’un intrigant, etc. — « Faustine en était encore au désintéressement, sa première manière, ainsi qu’elle disait elle-même, en empruntant le langage des artistes, » — dit M. Amédée Achard, dans ses Petits-Fils de Lovelace, d’une fille qui joue le désintéressement afin de mieux enlacer ses victimes.

Manières : Air d’importance. — «Ça fait des manières et ça a dansé dans les chœurs… » — Gavarni.

Mannesingue, Minzinguin : Marchand de vin. — Mot à mot : homme (mann) vendant à boire (zu trinken). On a dit d’abord Mannestringue, puis mannesingue. Minzinguin est un diminutif corrompu. — « Quel est celui-là ? — Un ami, un vrai, un marchand de vin… — Un mannezing ? » — G. Bourdin. — « Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins. » — Cabassol. — V. Licher.

Maquillage : Le maquillage est une des nécessités de l’art du comédien ; il consiste à peindre son visage pour le faire jeune ou vieux, le plus souvent jeune. — « Dans certains théâtres on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels. Cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées. » — Joachim Duflot, Dict. des Coulisses.

Maquiller : Farder. — Même origine que le mot suivant. On sait que les maquignons maquillent à merveille un cheval pour lui donner une meilleure apparence.

maquiller : Agir, machiner. — « C’est par trop longtemps boire ; Il est, vous le savez, heure de maquiller. » — Grandval, 1723. — Maquiller un suage : Se charger d’un assassinat. — Maquiller son truc : Faire sa manœuvre. — Maquiller une cambriolle : Dévaliser une chambre. — Maquiller les brèmes : Jouer aux cartes. V. Momir. Ce verbe paraît venir du vieux mot maquillon : maquignon, qui vient lui-même de maque. V. Roquefort et Fr. Michel. — Maquignonner, c’est, en effet, machiner n’importe quoi, pourvu qu’on y gagne.

Mar : Désinence arbitraire. — « Quant au reste de la langue, on se bornait (en 1830) à retrancher la dernière consonnance pour y substituer la syllabe mar. On disait Épicemar pour épicier, Boulangemar pour boulanger, Cafemar pour café, et ainsi de suite. C’était de l’esprit dans ce temps-là. Il est vrai que nos pères ont tous ri à se tordre en mettant le mot turlurette la fin de chaque couplet de chanson. Que signifiait mar ? Que voulait dire turlurette ? Absolument la même chose. Personne n’a jamais pu le savoir. » — P. d’Anglemont. « Méfie-toi… Le jeune épicemar est très-fort au billard et au piquet. » — Champfleury. V. Rama.

Marcandier : Marchand. — On trouve dans Roquefort mercadier. V. Solir, Farre.

Marchand d’hommes : Agent de remplacement militaire, négrier. — « D’un marchand d’hommes, je vois l’enseigne. » — Léonard, Parodie, 1863. — « Détestable anglais ! ajouta le marchand d’homme. » — L. Desnoyer.

Marchand de lacets : Gendarme — Il offre aux malfaiteurs des lacets (poucettes) que ceux-ci trouvent toujours trop chers. V. Hussard.
Marchand de soupe : Maître de pension qui spécule sur la nourriture de ses élèves. — « Style universitaire ! Les marchands de soupe doivent être bien fiers. » — L. Reybaud.

Marche à terre : Fantassin. — « Quand tu étais dans la cavalerie, tu n’étais pas dans les marche à terre. » — Vidal, 1833.

Marcher, Marcher au pas : Être contraint à obéir. — « Empereur Nicolas, Les Français et les Anglais te feront marcher au pas. » — Layale, Ch., 1855.

marcheuse : « La marcheuse est un rat d’une grande beauté que sa mère, fausse ou vraie, a vendu le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni deuxième, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse, elle n’en pouvait pas prendre d’autre. Pour qu’un rat devienne marcheuse, c’est-à-dire figurante de la danse, il faut qu’elle ait eu quelque attachement solide qui l’ait retenu à Paris, un homme riche qu’elle n’aimait pas, un pauvre garçon qu’elle aimait trop. C’est un débris de la fille d’Opéra du dix-huitième siècle. » — Balzac.

Marcheuse : « Un simple bonnet la coiffe ; sa robe est d’une couleur foncée et un tablier blanc complète ce costume. Les fonctions de la marcheuse sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans la maison qu’elle représente, où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. » — Béraud. — « Enfin arrivent les marcheuses… Elles marchent pour les filles demeurant en hôtel garni ; celles-ci n’ont qu’une chaussure et un jupon blanc Faut-il qu’elles exposent dans les boues leur unique habillement, la marcheuse affrontera pour elles les chemins fangeux. » — 1783, Mercier.

Marécageux (Œil) : Œil voluptueux, à demi-noyé de langueur. — « Mais que tu danses bien la galope, Avec ton œil marécageux. » — Chans. populaire.

Margauder : Décrier la marchandise. — Corruption du mot marchander. — « Madame trouve moyen de margauder. » — La Correctionnelle.

Margot, goton : « Nom fort injurieux donné à une courtisane, à une femme de mauvaise vie. » — 1808, Dhautel. — « Nous le tenons. Nous savons où demeure sa margot. » — E. Sue. — On dit aussi sa jacqueline. (V. ce mot). — Dans son Vieux Cordelier, Camille Desmoulins apostrophe ainsi Hébert : « Le banquier Kocke, chez qui toi et ta Jacqueline vous passez les beaux jours de l’été. »

Margoulette : Bouche. — Diminutif de marge. Les lèvres forment la marge du palais. Peut être aussi diminutif corrompu du vieux mot gargoule : bouche.

Margoulin : Débitant, dans la langue des commis voyageurs. — « Parfois le margoulin est fin matois. » — Bourget.

Marlou : Souteneur. — Corruption du vieux mot marlier : sacristain. — Les souteneurs étaient de même appelés sacristains au dix-huitième siècle. On en trouve plus d’une preuve dans Rétif de la Bretonne. — « Un marlou, c’est un beau jeune homme, fort, solide, sachant tirer la savate, se mettant fort bien, dansant la chahu et le cancan avec élégance, aimable auprès des filles dévouées au culte de Vénus, les soutenant dans les dangers éminents… » — Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8. — « Par extension, on appelle marlou tout homme peu délicat avec les femmes, et même tout homme qui a mauvais genre. » — Cadol.

Marmite : Fille publique nourrissant un souteneur. — Allusion facile à saisir. — « Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage. » — Canler. — Marmite de terre : Prostituée ne gagnant pas d’argent à son souteneur. — La Marmite de fer gagne un peu plus. — La Marmite de Cuivre rapporte beaucoup. — (Dict. d’argot, 1844.)

Marner : Voler. « Il y a des cabrioleuses très habiles qui, feignant une erreur, s’élancent dans les bras du voyageur qu’elles veulent marner : « C’est toi, mon loulou, s’écrient-elles, viens donc que je t’embrasse ! » On prétend que ces donneuses de bonjour sont rarement mises à la porte par le provincial, affriolé par des caresses de haut goût. » — Alb. Monnier. — Du vieux mot marronner : pirater.

Marottier : Marchand ambulant.

Marqueur : « On appelle marqueur, dans le langage des estaminets de Paris, l’individu chargé de faire la partie des habitués, quand ces derniers manquent de partenaires. La plupart donnent des leçons au cachet. » — Montépin. — Appelés ainsi parce qu’ils se chargent de marquer les points.

Marron : En flagrant délit de vol ou de crime. — Du vieux mot marronner : faire le métier de pirate, de corsaire. V. Roquefort. — Marron serait en ce cas une abréviation du participe marronnant. — Paumer marron, Servir marron : Prendre sur le fait. — « J’ai été paumé marron. » — La Correctionnelle. — V. Servir, Estourbir.

MARRONNER : Bouder, murmurer. — C’est, selon Dhautel, une corruption du mot marmonner : marmotter. — « J’peux pas voir ça, moi ! je marronne tout haut. » — Cognard, 1831.

MARSEILLAISE : Pipe courte et poreuse fabriquée à Marseille. — « Et tout en parlant ainsi, il chargeait et allumait sa marseillaise. » — Luchet.

MASTROQUET : Marchand de vins. Mot à mot : l’homme du demi-setier. — Vient de demi-stroc : demi-setier.

MATELOT : « Tous deux amis et se nommant mutuellement mon matelot : ce qui est le plus grand terme d’affection connu sur le "gaillard d’avant. » — Phys. du Matelot, 1843.

MAYEUX : Bossu. — Un peu avant 1830, d’innombrables charges, parmi lesquelles on distinguera celles de Traviès, eurent pour objet un bossu du nom de Mayeux : c’est le type d’un homme ridiculement contrefait, vaniteux et libertin, mais brave et spirituel à ses heures. De là son nom donné à tous ceux qu’affligent la même infirmité. — « Ici d’affreux petits mayeux.» — De Banville.

MÂTIN, MÂTINE : Personne déterminée, brusque, peu commode. — Terme emprunté à la race canine. «Kléber, un grand mâtin qu’a descendu la garde, assassiné par un Égyptien. » — Balzac. — « Ah ! mâtine de Turquie. Remy, ch., 1854.

Mauvaise (Elle est) : Cette histoire n’est pas bonne, cet acte est déplaisant. On dit dans le même sens : Je la trouve mauvaise. — « Quant à exiger qu’elles comprennent ce qu’elles disent, n’y pensez pas. — Elles la trouveraient mauvaise. » — Les Cocottes, 1864.

Mazaro : Prison militaire qu’il ne faut pas confondre avec la salle de police (ours). Dans celle-ci l’homme puni passe seulement la nuit sur une paillasse ; dans l’autre, il reste jour et nuit couché sur la planche.

Mécaniser : Ennuyer. — Mot à mot : réduire à un rôle passif, mécanique. — « Malgré qu’ça vous mécanise, Ça vous demande encore crédit. » — Chansons, Clermont, 1837. — « Et… Canalis regarda fixement Dumay qui se trouva, selon l’expression soldatesque, entièrement mécanisé. » — Balzac.

Méchant (Pas) : Encore une expression éminemment parisienne, dont la portée est plus grande qu’on ne pense. On dit d’une toilette mesquine, d’un homme inepte, d’un livre sans valeur : Ça n’est pas méchant ; ca ne mord pas ! — comme on dit d’un homme zélé : C’est un féroce. — « Achetez un caloquet plus méchant, votre tuyau de poêle n’est pas trop rup. » — Lem. de Neuville.

Mèche (Il y a mèche, il n’y a pas) : Il y a moyen il n’y a pas le plus petit moyen d’aboutir. Le mot fait image. Quand on a la mèche, on a bientôt fait de tirer la corde à soi. — « En termes typographiques, lorsque les ouvriers proposent leurs services au prote de l’imprimerie, ils demandent s’il y a mèche, c’est-à-dire : si on peut les occuper. » — 1808, Dhautel. — « Mais il te fera pincer. — Pas si bête ! il n’y a pas mèche. » — E. Sue.

Mèche : Moitié. — À six plombes et mèche : À six heures et demie. V. Momir. — Être de mèche : Être de moitié (Vidocq).

Méchi : Malheur (id). — Abrév. du vieux mot méchief. V. Roquefort.

Médaille : « La jolie voix ! dit Schaunard en faisant chanter les pièces d’or. — Comme c’est joli, ces médailles ! ajouta Rodolphe. » — Murger.

Médaillon : Derrière (Vidocq). — Allusion de rondeur.

Médecin : Avocat (id). — Ne soigne-t-il pas les malades à l’hôpital ? V. ces deux mots. — De là le mot médecine : bon conseil.

Médium : Homme qui prétend servir d’intermédiaire entre ses semblables et certains esprits plus ou moins infernaux. — Ses évocations sont désignées aussi par un adjectif nouveau : médianymique.

Meg, Mec : Maître. V. Chique. — Du vieux mot Mège : chef, souverain. V. Roquefort, au mot megedux. — Mec des mec : Dieu. V. Rebâtir.

Mêlé : Mélange d’eau-de-vie et de cassis, ou moins souvent de toute autre liqueur. « Aimez-vous l’eau-de-vie ? Dame ! on vend ytout du mêlé. » — Vadé, 1755. — « Coquelin, des verres de mêlé pour ces dames. » — 1845, P. d’Anglemont, le Prado.

melon : Niais, élève de première année à l’École Saint-Cyr. — « Vous êtes si melons à Châtellerault. » — Labiche. — « Qui viennent me brimer, moi, malheureux melon. » — Souvenirs de Saint-Cyr.

On dit aussi Cantaloup. — « Ah ça ! d’où sort-il, ce cantaloup ? Sur quelle couche monsieur son papa l’a-t-il récolté, ce jeune légume ? » — Ricard.

Même (Mettre a) : Tromper. V. Emblème. — On dit aussi Faire au même, Refaire au même.

Ménesse : Femme, maîtresse (Dict. d’Argot, 1844).

Méquard : Commandant. — Méquer : Commander. — De mec : maître.

Mercadet : Faiseur. V. ce mot.

Merde : « Mot ignoble et grossier dont le bas peuple se sert dans un sens négatif.» — Dhautel, 1808. — V. Cambronne. — Merde : Homme mou, sans consistance. — Merde alors ! Exclamation destinée à peindre une situation critique, un accident funeste. Elle peut se traduire ainsi : Alors, voici le moment de crier merde.

Merdeux : « Terme injurieux qui se dit d’un poltron, d’un fat sans esprit.» — 1808, Dhautel. — « Bâton merdeux : Homme qui brusque tous ceux qui s’adressent à lui.» — Id.

merlan : « Sobriquet donné à un perruquier à cause de la poudre qui couvre ordinairement ses habits.» — Dhautel, 1808. — La Peyronie est chef de perruquiers qu’on appelle merlans parce qu’ils sont blancs.» — Journal de Barbier, 1744.

Œil de merlan frit : Œil pâmé. — « Enfin cet homme de brelan / A les yeux faits comme un merlan.» — Troisième Suite du Parlement burlesque de Pontoise, 1652.

Métal : Argent. — « Et t’as pas de métal.» — Ricard.

métier : Habileté d’exécution. « Vois toutes ces esquisses : il y a de la main, du métier ; mais où est la conception, où est l’idée ? » — L. Reybaud.

Faire du métier : Écrire, peindre ou sculpter dans le seul but de gagner de l’argent et non de la gloire.

Mettre avec (Se) : Vivre maritalement. — « En se mettant avec Lise, le général aurait dû nous dire : J’ai ça et ça à payer ; il ne l’a pas dit, et ce n’est pas délicat. » — Ricard.

Le mettre à quelqu’un : En faire accroire, tromper.

Meuble (Vieux) : Personne usée, incapable de service. — « Prends garde à toi, vieux meuble, affreuse bohémienne ! » — Les Folles Nuits du Prado, 1854.

Meulard : Veau (Vidocq). V. Pavillonner. — Allusion au mugissement du veau.

Mezières : Bourgeois. — Corruption du vieux mot Messires. V. Regout.

Mezigue : Moi (Vidocq). V. Pavillonner.

Miché : Homme payant l’amour d’une femme. — Peut venir des vieux mots michon : sot (V. Roquefort) ou michon : argent de poche (V. Dhautel). — « On appelle miché Quiconque va de nuit et se glisse en cachette Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchonnette. » — Mérard de Saint-Just, 1764. — Dans une Protestation des Filles de Paris, 1790, nous lisons : « Ce pourfendeur de Mars avait bien affaire aussi de se présenter pour nous enlever nos michés. » — « La biche étudiante qui avait levé un michet quelconque. » — 1860, les Étudiants du Quartier latin.

On disait aussi micheton : « All’ me dit : Mon fiston, Étrenne ma tirelire. Je lui réponds : Ma poule, tu m’ prends pour un mich’ton. » — Le Bâtonniste à la Halle, Aubert, 1813.
Outre le miché proprement dit, il y a le miché sérieux et le miché de carton. — « 1° Le michet sérieux équivaut à l’entreteneur… Dans un lieu de plaisir où les femmes sont nombreuses, les jeunes gens se disent souvent, comme un mot d’ordre : Messieurs, ne parlez pas à la petite une telle, elle est ici avec son michet sérieux. Le même individu se désigne aussi par ce mot : Ponteur. Ce dernier mot, pris dans le vocabulaire des jeux, vient du verbe Ponter (V. Ponter). — 2° Le michet de carton est un jeune homme bien élevé, qui fréquente les femmes entretenues. Il ne va jamais coucher chez elles, sauf durant les interrègnes des michets sérieux. En tout autre cas, sa maîtresse vient chez lui. Il ne donne que des cadeau, paie à souper, à dîner dehors, à déjeuner chez lui. Il conduit aux courses en voitures et au théâtre en petites loges de baignoires Il ne sort point dans la rue avec les femmes. Il les salue au bois d’un petit geste. » — Cadol. — Il y a longtemps que le carton symbolise une apparence trompeuse. Saint-Simon appelait déjà le duc du Maine un roi de carton, c’est-à-dire un roi de cartes. V. Carton, Mikel.

Midi (Il est) : Il n’est plus temps. — Date du temps où midi était l’heure du repas, celle où cessait toute affaire.

Mie de pain : Vermine (Vidocq). — Allusion à la démangeaison causée par une mie de pain égarée.

Miette (Une) : Un peu. — « Minute ! je me chauffe les pattes une miette. » — Gavarni.

Mikel : Dupe (Vidocq). — C’est le nom de Michel, dont le diminutif michon signifiait autrefois sot. V. Roquefort.

Milord : On donne moins ce nom aux Anglais qu’à ceux dont les largesses rappellent l’opulence britannique. Au moyen âge, milourt avait déjà le même sens, avec une acception plus ironique encore. C’est, comme Anglais, un fruit de nos anciennes guerres. — « Ce sont milourdz qui ne voulsissent point d’hostes avoir. » — Cretin, Épitre à Charles VIII. — « Et je vous attise un beau feu au dessoubs et vous flambois mon milourt comme on faict les harencs sorets à la cheminée. » — Rabelais, Ch., 14. — « Le gros tailleur se dit négociant. À sa tournure il n’est pas milord russe. » — Sénéchal, Ch., 1852. — « Être sur le boulevard de Gand, se donner un air milord. » — Ed. Lemoine.

Milord est souvent synonyme du miché sérieux décrit plus haut. Exemple : — « Le notaire est son milord. » — Balzac.
Milord : Cabriolet à quatre roues. — « On vote vingt-deux sous à Clémence pour un cabriolet milord. » — Méry.

mince : Papier à lettres (Vidocq). — Allusion d’épaisseur.

Minette : Mot d’amitié. V. Chat. — « Oui, minette, je me calme. » — De Courcy.

Minotaure, risé : « Quand une femme est inconséquente, le mari serait, selon moi, minotaurisé. » — Balzac,

Minuit : Nègre (Vidocq). — Allusion à la couleur sombre de la nuit.

Minzinguin : « Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins. » — Cabassol. — V. Mannezingue.

mioche, mion : Bambin. — Mion est un mot de langue romane (V. Roquefort) dont mioche serait le diminutif. — « C’est à moi que reviendra le droit d’être le parrain de tous les mioches. » — Bourget. — V. Dardant.

Miradou : Miroir (Vidocq). — Mirauder voulait dire autrefois regarder.

Mirette : Œil (id). — L’œil est un petit miroir.

Mirobolamment : Merveilleusement. — « À meubler mirobolamment sa maison.» — Balzac.

Mirobolant : Merveilleux ; — « La cravate mirobolante. » — Ed. Lemoine. — « Je me sens d’une incapacité mirobolante. » — Balzac.

Mirzale : Boucle d’oreille (Vidocq). — Même construction que dans cabe, combre, calvin. Une mirzale est mot à mot : ce qui mir-oite z’à l’oreille.

Misérable : Petit verre. V. Monsieur.

Misloque : Comédie (Vidocq). — « Je joue la mislocq pour un fanandel en fine pégrenne. » — Balzac.

Molanche : Laine (Vidocq). — Diminutif de molle.

Mitraille : Monnaie de cuivre. — On disait autrefois mitaille. V. Roquefort.

Mitre : Cachot (Vidocq). — Au moyen âge le mitre était le bourreau.

Mobile : Garde mobile. De 1848 à 185O, on a dit souvent la mobile, un mobile. — « Qui sait comment cela eût fini si la mobile ne s’en fût mêlée. Brave mobile ! » — L. Reybaud. — À la révolution de juillet, on donnait déjà ce nom aux volontaires de la Charte. — « Pour m’engager dans la mobile j’avons quitté veste, tablier. » — Patriote Buteux, 1830.

Moka (Fort de) : V. Café.

Mollard : Graillon, expectoration laborieuse. Du vieux mot moller : s’efforcer. V. Roquefort.

mome, Momignard, Momaque : Petit enfant. — Du vieux mot momme : grimace. Les petits enfants en font beaucoup. — On dit encore momerie. En ce sens momaque et momignard sont les diminutifs dont Le second seul est pris en bonne part. — « Les rats dont nous voulons parler sont des mômes. » — Paillet. — « Elle entre avec un enfant dans un magasin et en faisant semblant de poser son momignard à terre. » — Id.

Tire-momes, momière : Sage-femme.
Momir : Accoucher d’un môme. — « Ma largue aboule de momir un momignard d’altèque qu’on trimbalera à la chique à six plombes et mèche pour que le ratichon maquille son truc de la morgane et de la lance. » — Vidocq.

Monacos : « Honoré V, mort de dépit en 1841, de n’avoir pu faire passer pour deux sous en Europe ses monacos, qui ne valaient qu’un sou. » — Villemot. — V. Coller.

Monant : Ami (Vidocq).

Monnaie ! : (Plus que ça de) : Exclamation admirative équivalant à Quelle bonne fortune ! — « Mon homme a la croix d’honneur. Pus que ça d’monnaie ! » — Ricard.

Monarque : Roi de cartes. — « Ou si c’est un roi qu’elle relève, elle s’écrie : Je pince le monarque. » — M. Alhoy.

Monarque : Pièce de monnaie. — Allusion à l’effigie royale. — « Il va nous donner quequ’vieux monarque pour y boire à la santé… » — Gavarni.

Monocle : Lorgnon simple. — « Adapte donc un monocle à l’arcade de ton œil gauche ! » — Montépin.

Monseigneur : Pince à forcer les portes. — Jeu de mots. — Quelle est la porte ne s’ouvrant pas lorsqu’on annonce monseigneur ? — Si, comme l’affirme M. Fr. Michel, on a dit autrefois Monseigneur le Dauphin et par abréviation Dauffe, nous voyons encore là un calembour sur le dos fin de la pince qui permet son introduction. V. Caroubleur.

Monsieur : Entreteneur. V. Amant de cœur. — On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le mosieur… n’y est pas ? » — Gavarni. — « En argot de galanterie, le mot d’époux désigne l’entreteneur ; mais il n’est pas le seul. Suivant le degré de distinction d’une femme elle dit : Mon époux, — mon homme, — Mon monsieur, — mon vieux :, — monsieur chose, — mon amant, — monsieur, — ou enfin monsieur un tel. — Sauf dans la haute aristocratie où l’on dit : Monsieur un tel, ce mot mon époux est général, il se dit dans toutes les classes. » — Cadol.

Faire le monsieur : Trancher du maître, du fashionable. — « Sa suffisance le fait haïr, il fait le monsieur. » — Hilpert.
Monsieur : mesure de capacité — « Il existe de plus une certaine eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des petits verres. Voici ce que nous lûmes sur une pancarte : Le monsieur, quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou. » — G. de Nerval.

Monstre : Détestable, monstrueux, au figuré. V. Crapaud. — « J’en ai assez de vos monstres de concerts. » — P. de Kock, 1845.

Monstre : Colossal. — « Elle lui apporte un bouquet monstre. » — M. Alhoy.
Monstrico : Petit monstre. — « Ce petit monstrico ! » — Balzac.

Mont : Mont-de-Piété. — Abréviation. — « Elle tient comme qui dirait un petit mont bourgeois… elle prête sur gages et moins cher qu’au grand mont. » — E. Sue. — V. Tante.

montant : Pantalon. — Le mot a été fait pour les anciennes culottes qui montaient assez haut. — V. Tirant.

Montmorency : À Paris, on appelle ainsi les cerises du nom de l’endroit où elles sont réputées. On dit de même Montreuil pour pêche, Fontainebleau pour raisin de treille, Valence pour orange. — Qui n’a entendu crier : « V’là des mémorenci, trois sous la livre ! »

Moquer comme de l’an 40 (Se)» : Sous-entendu, de l’an 40 de la République, c’est-à-dire d’un an qui n’arrivera point. Expression due sans doute aux royalistes. — « Je m’en moque comme de l’an 40 » — Jaime.

Monter le coup : Tromper. V. coup.

Monteur de coups : Faiseur. — « Je serai le seul monteur de coups À qui tu r’pass’ras en arrière Tes gros sous. » — Festeau.
Monter sur la table : Avouer ses crimes et ceux de ses complices (Vidocq). — Il paraît y avoir une certaine relation d’origine entre manger le morceau et monter sur la table.
Monter des couleurs : Mentir. — « As-tu fini ? Pour m’éprouver, tu veux monter des couleurs, belle Zaïre, mais cela ne va pas. » — Decourcelle, 1840.

Morasse (Battre) : Crier à l’assassin. V. Battre.

Mordre (Ne pas) : Être sans force, sans esprit ou sans talent. V. Méchant.

Mort (Faire le) : Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu d’un quatrième partenaire imaginaire. — « Mais nous ne sommes que trois ! — je ferai le mort. » — Achard.

Morgane : Sel (Vidocq). — De Morganer. V. Momir.

Morganer : Mordre (id.). — Mot de langue romane. V. Roquefort (Mordant).

morfiller : Faire, manger. — Du mot de langue romane morfier : manger. V. Du Cange. — Morfillante : assiette. — « Calvi morfile sa dernière bouchée. » — Balzac. — V. Chêne, Jaspiner.

moricaud : Broc (Vidocq). — Allusion à la couleur noire que lui donne le vin.

Morillo : Chapeau à petits bords, l’opposé du bolivar. V. ce mot. — « C’était le temps de la lutte des républiques de l’Amérique méridionale contre le roi d’Espagne, de Bolivar contre Morillo. Les chapeaux à petits bords étaient royalistes et se nommaient des morillos ; les libéraux portaient des chapeaux à larges bords qui s’appelaient des bolivars. » — V. Hugo.

Morne : Mouton (Vidocq). — Du vieux mot moraine : laine. V. Du Cange.

morue : Femme abjecte. — « Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle… — Oui, madame, elle vous appelle… morue ! » — Gavarni.

Mots (Avoir des) : Échanger des reproches. — « En rentrant du bal avec ton amant, vous avez eu des mots, et il t’a flanquée à la porte. » — Montépin.

mouchailler, moucharder : Espionner, dénoncer. — En 1455, les gueux ou coquillards de Dijon disaient déjà mouschier à la marine, pour dénoncer a la justice.

Mouchard, Mouche : Espion de police. — On connaît l’indiscrétion des mouches ; elles se fourrent partout. — Dans une brochure de circonstance qui parut en 1625 (le Marchand arrivé sur les affaires du temps), on enjoint aux cabaretiers de frauder les droits de perception en ayant du vin chez leur voisin et n’allant le chercher que la nuit « pour n’estre pas veuz des mouches de ce païs icy qui valent pire que des guespes d’Orléans. » — Dans ses Politiques, Vincent Cabot (Toulouse, 1636) traite, en son chapitre II, « Des mouschards et escouteurs desquels les princes et les républiques se servent pour sçavoir les nouveautés et les entreprises. »
Moucharde : Lune. V. Cafarde. — « Mais bientôt la patraque au clair de la moucharde nous reluque de loin. » — Vidocq.

mouche : « Mouche, pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais. » — Troubat. — Un volume intitulé les Mystères des théâtres, par un vieux comparse, publié en 1844, donne mouche dans le même sens. V. Toc.

Faire mouche : Tirer assez juste pour que la balle s’applatisse sur un point noir (mouche), au centre de ]a cible. — « Elles font mouche à tout coup et tuent les hirondelles au vol. » Second.
Tuer les mouches au vol : Avoir une haleine infecte. — Si vous aviez le pouvoir de faire croire que la soubrette tue les mouches au vol, vous seriez joué demain. » — Balzac. — V. Couper la gueule.
Non, c’est que je me mouche, que je tousse : Réponse ironique faite à celui qui demande la cause d’un bruit ou d’une chose qu’il aurait dû deviner. Dans cet exemple de Monselet : « Et maintenant regarde comment je me mouche ! » on fait aussi entendre à l’interlocuteur que sa pénétration est en défaut.
Ne pas se moucher du pied : Agir grandement. — Mot à mot : en personne qui sait vivre et non comme le voyou qui se mouche dans ses doigts, pour effacer avec le pied la trace de la déjection qu’il a rejetée a terre. — « Mais c’est des artistes… qui ne se mouchent pas du pied. » — Désaugiers. — « Ce petit vin colorié Ne se mouche pas du pié. » — J. Moineaux. — « Quoi ! ton amour contrefait déjà l’estropié. Crois-tu que je sois femme à me moucher du pié. » — Le Rapatriage, parade, dix-huitième siècle.
Moucher : Boucher. V. Esbrouffer. — Moucher : Corriger, remettre les gens à leur place. Mot à mot : éteindre leur insolence. — Moucher : Tuer, c’est-à-dire éteindre la flamme de la vie. — « Aussi ne se passait-il guère d’heures qu’il n’y eût quelqu’un de mouché. » — Mém. de Sully, seizième siècle. — « Je l’enfile par un coup droit. Encore un de mouché. » — Randon. — Du vieux mot muchier : cacher, couvrir. V. Roquefort.

moucheron : Enfant. — « La portière et son moucheron. » — Léonard, parodie, 1863.

Mouchettes (Des) : Non. — « Tu m’as volé ! tu vas rendre ! — Des mouchettes. » — Léonard, id.

Mouillante : Soupe (Vidocq). — Mouillante : Morue. — On sait que la morue trempe ordinairement dans des baquets d’eau.

Moule de gant : Soufflet. — La main est un moule de gant. — « Ne faut pas avoir un air, sans ça j’te repasse un moule de gants qui ne t’en restera pas une dent. » — 1844, Cat. poissard. — « Je lui donnai sur sa face un moule de gant. » — Rétif, 1783.

Mousse : Excrément. — On s’injurie fréquemment dans le peuple par ces mots : Vent et mousse pour toi !

Mouscailler : Aller à la garde-robe (Vidocq). — De mousse.
Faire mousser : Louer immodérément. — « Celui-ci commande de longs articles dans lesquels il faut faire mousser les modistes en dix lignes. » — Roqueplan. » — Mousser : Écumer de rage. — « Ne moussez donc pas comme ça. » — Labiche. — Mousseux : Faisant de l’effet redondant. — « J’estime et j’honore celui qui est un peu mousseux dans sa façon de parler. » — La Bédollière.

mouton : « En prison, le mouton est un mouchard qui parait être sous le poids d’une méchante affaire et dont l’habileté consiste à se faire prendre pour un ami. » — Balzac. — Allusion ironique à la fausse candeur de ces compères. — Moutonner : Dénoncer. V. Coqueur.

Moyambine : V. Panama.

Muette : Conscience (Vidocq). — Mot inventé pour les hommes qui n’ont pas de conscience.

Muette : Exercice dans lequel, par espièglerie ou par antipathie pour un chef, les élèves de Saint-Cyr ne font pas résonner leurs fusils. — « Lorsque vient le tour de commandement d’un gradé ou d’un chef détesté, on convient de lui donner une muette. » — De la Barre.

mufle, muffe, feton : Homme mal élevé, grossier. — Allusion au mufle d’un animal. — « Eh ! dis donc, la belle blonde, tu vas quitter ces deux muffles et t’en venir avec moi. » — E. Sue. — « Vois-tu, muffeton ? lui disait la dame. » — G. de Nerval. — V. Balancer.

Musardine : Habitué femelle des Concerts-Musards, de 1858 à 1860. — « On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette. — A. Second.

musette : V. Piper, Couper.

musicien : Dénonciateur. — Allusion au bruit de la musique. V. Coqueur.

Musiciens : Haricots. — Allusion au bruit des vents qu’ils forment dans les entrailles.