Lexique étymologique du breton moderne/Texte entier

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Texte établi par Faculté des lettres de Rennes, J. Plihon et L. Hervé (p. 7-350).


LEXIQUE ÉTYMOLOGIQUE

DU

BRETON MODERNE




CHALON-S-SAONE, IMPR. FRANÇAISE ET ORIENTALE DE B. BERTRAN

BIBLIOTHÈQUE BRETONNE ARMORICAINE

PUBLIÉE PAR LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES


FASCICULE III


LEXIQUE ÉTYMOLOGIQUE

DES TERMES LES PLUS USUELS

DU

BRETON MODERNE

PAR

Victor HENRY

Professeur de Sanscrit et Grammaire comparée des Langues indo-européennes

à l’Université de Paris


RENNES

J. PLIHON et L. HERVÉ, Libraires-Éditeurs

5, Rue Motte-Fablet, 5


1900

a mes chers amis

Claude Kerommèr

Paul Le Gac

Et a tous les Bretons curieux comme eux

des origines de leur Langue


Je dédie ces pages

causées bien avant d’être écrites

Ce livre a le malheur d’avoir une histoire. Il a été refait trois fois. Il n’en vaut probablement pas davantage. C’est pour plaider les circonstances atténuantes que j’en conte brièvement les aventures.

Il est né, en saison de bains de mer, de mes entretiens avec mes amis bretons, qui voulaient bien m’enseigner leur langue, telle qu’elle voltige viva per ora virum, au bord de cette anse de Plougasnou que dominent de loin les flèches historiques de Saint-Pol-de-Léon. Pour ne pas être trop en reste avec eux, je leur apprenais à mon tour le peu que je savais de leur passé celtique, de notre commun passé indo-européen, ou simplement de telle étymologie évidente ou curieuse. J’en avais en effet recueilli un bon nombre, soit dans les ouvrages de MM. d’Arbois et Loth, soit en dernier lieu — le Glossaire de M. Ernault n’avait pas encore paru — dans l’Urkeltischer Sprachschatz de M. Whitley Stokes. À mesure que j’apprenais par conversation ou lecture une nouvelle expression bretonne, je rangeais ces étymologies par ordre alphabétique de mots bretons, et je me composais ainsi un petit lexique de termes usuels, fort incomplet, mais commode pour mon usage personnel.

Plusieurs années après, ayant suspendu, par des raisons qui n’intéressent que les sanscritistes, ma traduction commentée de l’Atharva-Véda, je me trouvai de loisir pour d’autres travaux, et l’idée me vint de faire profiter mes amis de Bretagne de cette ébauche de dictionnaire. Dans ma pensée ce devait être un répertoire étymologique tout à fait élémentaire : ni appareil érudit, ni citations d’autorités, ni même référence constante aux autres langues soit celtiques soit indo-européennes ; rien que des rapprochements, les plus frappants possible, avec le latin, le français ou l’anglais, parfois avec le grec, rarement avec le sanscrit ou le slave ; bref, un petit livre sans prétention scientifique, exclusivement destiné au public lettré de Bretagne, et que par ce motif je tenais à faire paraître en pays bretonnant.

L’ouvrage à peu près terminé, je le fis offrir gratuitement à un éditeur du Finistère, qui consentit sans hésiter à l’imprimer… à mes frais.

Au fond, peu m’importait : un éditeur parisien qui m’honore de sa confiance acceptait mon manuscrit et le publiait tel quel ; mais ma conscience m’interdisait de lui faire courir le risque d’une publication qui, à en juger par cette première épreuve, avait peu de chances de se répandre en Bretagne, et qui, à raison de sa rédaction sommaire, n’en avait aucune d’être demandée ailleurs. Je repris donc mon travail et le refondis sur un plan moins étroit : j’y introduisis les rapprochements de langues « estranges » que j’avais systématiquement écartés, les références aux auteurs dont je m’étais borné à enregistrer la doctrine, les raisons de douter que j’avais souvent passées sous silence ; et, pour ne pas le grossir outre mesure, je dus recourir à une concision qui peut-être en compromettait la clarté.

Sur ces entrefaites, MM. Loth et Dottin, apprenant l’existence de mon manuscrit, voulurent bien m’offrir, avec l’hospitalité de leur Bibliothèque Bretonne-Armoricaine, la légitime notoriété dont elle dispose tant en France et à l’étranger qu’en Bretagne même. Mais cet honneur inespéré m’imposait de nouveaux devoirs : il ne suffisait plus que l’ouvrage pût être de quelque utilité aux lettrés bretons et aux indogermanistes de tout pays ; il fallait, de plus, qu’il fût de consultation commode pour ceux-là mêmes à qui il n’enseignerait rien, pour les celtisants de profession. J’ai donc dû multiplier et préciser les références, soit corniques et cymriques, soit irlandaises et gaéliques, — le récent Dictionary de M. Macbain m’a été d’un immense secours, — insister davantage sur les irrégularités phonétiques qui émaillent encore l’étymologie celtique, signaler tout au moins les points controversés entre les spécialistes, vérifier à mainte reprise telle forme rare ou telle orthographe par trop arbitraire ; et ce travail, généralement exécuté sur les placards, les a parfois couverts d’un pittoresque désordre de ratures, de renvois, de corrections et surtout d’additions.

Je saisis cette occasion pour exprimer toute ma reconnaissance à M. Bertrand, mon imprimeur : non seulement son outillage est fort complet ; mais ses compositeurs se retrouvent à merveille dans l’attirail compliqué de signes graphiques et diacritiques qu’il leur faut manier. En somme, après une courte période d’essai, je n’ai plus eu à relever, dès la première épreuve, qu’un minimum vraiment infime de fautes d’impression, et je n’ai eu qu’à me louer de l’intelligence et du soin avec lesquels mes nombreuses « corrections d’auteur » étaient reportées des placards à la mise en pages.

Que sera-t-il sorti de tout cet effort ? La critique me le dira, et je ne chercherai pas plus longtemps à fléchir ses arrêts. Aussi bien son indulgence ni sa juste sévérité ne sauraient-elles influer sur la direction ultérieure de mes études. Exilé, depuis trente ans, de ma petite patrie l’Alsace, je m’en étais fait en quelque sorte une seconde de la Bretagne, et j’ai essayé de lui payer ma dette d’affection. Mais le moment est venu de m’acquitter envers la première : je retourne au germanisme et au dialecte colmarien, sur lequel j’ai accumulé assez de documents pour que la grammaire et le vocabulaire en soient mûrs.

Je ne remercierai jamais assez mes deux chers collègues, MM. Loth, doyen de la Faculté des lettres de l’Université de Rennes, et Meillet, directeur adjoint à l’École des hautes-études, qui ont mis à ma disposition, l’un sa connaissance pratique du breton moderne, ses lumières de celtisant et la rare sagacité de sa critique phonétique, l’autre plus spécialement son autorité en matière de zend et de letto-slave et son universelle information indo-européenne. Avec un dévouement qu’apprécieront tous ceux qui savent combien sont absorbantes leurs études personnelles, ils ont consenti de la meilleure grâce à revoir mon manuscrit ou mes épreuves, et m’ont signalé bien des lacunes, des erreurs et des invraisemblances. Quoi que vaille l’ouvrage, il n’a pas dépendu d’eux qu’il ne fût beaucoup meilleur.

Il le serait sans aucun doute, si j’avais toujours scrupuleusement accédé à leurs suggestions.

V. HENRY.

Sceaux (Seine), 15 décembre 1899.



INTRODUCTION



I. La première et indispensable condition, pour faire usage d’un dictionnaire étymologique, si modeste soit-il, c’est de se rendre un compte exact de la nature de la science étymologique en elle-même : elle ne consiste point à rapprocher au hasard deux mots qui se ressemblent dans deux langues plus ou moins différentes, mais à préciser, s’il se peut, les rapports nettement saisissables entre tous les mots d’un ensemble de langues qu’on a reconnues avec certitude pour être apparentées entre elles.

Supposons qu’un mot breton soit absolument identique à un mot japonais de même signification : ce sera une circonstance fortuite à peine digne de remarque, jusqu’au jour où l’on pourrait démontrer ou soupçonner que ce mot eût été, par exemple, rapporté du Japon par quelque matelot breton et naturalisé tel quel en Bretagne ; et, alors même, la constatation de cette identité demeurerait une curiosité isolée, presque sans intérêt, puisqu’il n’existe par ailleurs aucun lien historique ni linguistique entre la Bretagne et le Japon.

Entre deux langues, apparentées ou non, qu’unissent depuis des siècles des relations continues de voisinage et de commerce, la question se posera autrement : si un mot breton ressemble à un mot français de même sens, il n’est pas probable a priori que ce soit pur hasard ; et l’on se demandera, dès lors, si le breton l’a emprunté au français, ou le français au breton, et vers quelle époque ce transport s’est effectué. Mais, de plus, comme le breton et le français sont incontestablement, en dehors de leurs longues relations historiques, deux langues linguistiquement apparentées, la ressemblance, même lointaine, même insaisissable à tout autre œil que celui du linguiste, de deux synonymes ou quasi-synonymes de ces deux langues, fera surgir un nouveau problème, le plus intéressant à coup sûr, mais aussi le plus ardu, de l’étymologie : il se peut qu’aucune des deux langues n’ait rien emprunté à l’autre, que le mot breton soit authentiquement celtique, le mot français authentiquement latin, et que leur ressemblance extérieure tienne, non pas à l’union historique constatée de la Bretagne et de la France, mais à l’apparentation préhistorique du celtique et du latin.

Pour s’en assurer, il faudra évidemment restituer le mot breton sous sa forme celtique, le mot français sous sa forme latine, c’est-à-dire tous deux sous la forme qu’ils affectaient il y a au moins deux mille ans. À cette date, le latin nous est connu, mais non pas le celtique, dont les plus anciens documents remontent bien moins haut. L’élément essentiel de la comparaison nous ferait donc défaut, si une légitime induction n’y suppléait : par le rapprochement de toutes les formes celtiques actuellement vivantes ou littérairement constatées, nous pouvons espérer remonter à la forme préceltique commune d’où elles sont issues ; par le rapprochement de toutes les autres langues connues pour appartenir à la même famille que le celtique, — sanscrit, grec, latin, etc., — nous pouvons espérer reconstituer, dans sa physionomie générale, la langue primitive et inconnue qui leur a donné naissance, et dès lors, telle forme de cette langue étant donnée, redescendre de celle-ci à la forme celtique qui en a procédé. C’est ce double travail d’induction ascendante et descendante qui constitue l’essence de toute étymologie sûre d’elle-même. Mais aussi, à ce prix, atteint-elle des résultats insoupçonnés de la masse des esprits même les plus cultivés : un homme intelligent et lettré peut amuser sa fantaisie à mille rapprochements extérieurs, dont à peine vingt ou trente tiendront debout ; quand l’étymologiste est parvenu, en ramenant deux mots à une forme préhistorique commune, à en affirmer l’identité primitive, ce n’est plus d’ingénieux jeux d’esprit qu’il s’agit, mais de certitude scientifique aussi rigoureuse qu’il s’en puisse rencontrer en dehors des mathématiques.

Il va de soi, d’autre part, qu’une semblable affirmation n’est possible que sous le bénéfice de l’observation constante des rapports relevés entre les diverses langues qui en font l’objet : il faut savoir qu’à telle voyelle grecque répond invariablement telle ou telle voyelle germanique, qu’à telle consonne latine ou celtique se superpose sans exception telle paire de consonnes sanscrites ; il faut, en un mot, connaître et appliquer partout les lois phonétiques, et demeurer persuadé qu’une étymologie qui les viole peut être vraie à la rigueur et par hasard, mais que, pour vraisemblable qu’elle lui apparaisse, l’étymologiste soucieux de vérité scientifique n’a pas le droit même de la mentionner, sans l’accompagner d’un « peut-être » ou chercher à découvrir les raisons historiques ou psychologiques d’une pareille monstruosité.

La phonétique celtique est fixée dans ses grandes lignes, et la phonétique indo-européenne l’est parfois jusqu’à l’infime détail : c’en est assez pour légitimer provisoirement un essai d’étymologie du breton. Mais ni l’une ni l’autre ne sauraient entrer dans le plan de cette rapide introduction, qu’il n’eût même pas valu la peine d’écrire, — tant sont élémentaires les notions qu’elle contient, — si le présent ouvrage avait la moindre prétention de rien apprendre à qui que ce fût. Mais, comme il n’est bon qu’à stimuler quelques curiosités ou à rafraîchir quelques souvenirs, il a paru nécessaire qu’il se suffît en quelque sorte à lui-même, dans la mesure au moins de ce qu’ont droit d’en exiger les rares amateurs qui daigneront le consulter.


II. Le breton actuel est une langue celtique, — c’est-à-dire qu’il est apparenté, de fort loin déjà, au gaulois disparu depuis quinze siècles, — de plus loin encore au latin et aux langues modernes qui en descendent, — de très loin enfin, à toutes les autres langues de l’Europe, qui, à la seule exception du basque, du hongrois, du turc et du finnois, rentrent dans la grande famille linguistique désignée conventionnellement sous le nom de famille indo-européenne ou indogermanique, et, par suite, procèdent toutes aussi d’une langue unique, vieille au moins de quarante siècles, en partie restituée par simple conjecture, et conventionnellement dénommée « indo-européen commun ».

La souche indo-européenne s’est scindée en un grand nombre de rameaux, dont huit seulement ont subsisté jusqu’à nous, soit par tradition littéraire, soit sous forme d’idiomes encore actuellement vivants : indo-éranien, arménien, hellénique, illyrique, italique, celtique, germanique et letto-slave.

1. Le groupe indo-éranien ou asiatique se subdivise à son tour en indien et éranien, l’un représenté par le sanscrit, les prâcrits et les dialectes modernes de l’Inde, l’autre par le zend, le vieux-perse, le pehlvi et le persan moderne. — Le sanscrit, la plus ancienne langue indo-européenne qui nous soit parvenue, en tant que langage sacré des livres dits « Védas », a été et reste encore, quoique dans une moindre mesure, le témoin le plus précieux dans la recherche des origines de nos idiomes ; mais le grec aujourd’hui le balance, et même l’emporte sur lui de beaucoup quant à la détermination exacte du vocalisme primitif. Les autres langues de l’Inde n’ont d’intérêt que pour les indianistes. — Le zend est l’antique langue des livres sacrés de la Perse ; et toutefois il ressemble trop au sanscrit pour qu’il y ait nécessité fréquente d’en appeler à son témoignage. On ne le trouvera pas souvent cité ; à bien plus forte raison, le vieux-perse, dont on n’a que quelques spécimens épigraphiques, et les dialectes modernes, très profondément altérés.

2. Le groupe arménien ne contient qu’une langue, sous deux états différents et relativement modernes : l’arménien ancien, qui ne remonte pas au delà du Ve siècle de notre ère, et l’arménien actuel, qui relève politiquement de la Russie, de la Turquie ou de la Perse. La valeur scientifique en est donc tout à fait secondaire. Il en serait différemment, si l’on parvenait à démontrer que jadis le phrygien dût s’y rattacher, et surtout si l’on possédait du phrygien autre chose que quelques inscriptions insignifiantes.

3. Le groupe hellénique ne renferme, lui aussi, qu’une seule langue (le grec), mais scindée en une infinité de dialectes, représentée par la plus belle littérature qui soit au monde, l’une des plus riches et des mieux conservées, fixée enfin en un état très ancien par la transmission orale et écrite des poèmes attribués à Homère (viiieXe siècle av. J.-C). Cette langue homérique, à bien peu près sans doute contemporaine du sanscrit védique, qu’un intervalle de dix à quinze siècles seulement, selon toute apparence, sépare de la scission de l’indo-européen, passe avec raison pour le reproduire avec une étonnante fidélité dans sa structure, son phonétisme, et parfois jusque dans les nuances de sa délicate accentuation. Aussi nul, s’il n’est helléniste au moins passable, n’aborde-t-il plus aucun domaine de l’indogermanisme. Mais les états modernes du grec, byzantin et grec actuel, sont à ce point de vue quantités négligeables.

4. Le groupe illyrique comprend : dans l’antiquité, l’illyrien du nord ou vénète, et celui du sud ou messapien, dont il ne reste que fort peu d’inscriptions mal comprises ; de nos jours, l’albanais, prodigieusement corrompu par l’infiltration du néo-grec, du turc et des idiomes latins ou slaves. Aucune de ces langues n’a d’intérêt que pour elle-même[1].

5. Le groupe italique embrasse le latin, l’ombrien, l’osque et plusieurs autres langues anciennes, à peine connues, de la Péninsule. Le latin, dont le premier document authentique peut remonter au Ve siècle avant notre ère, et dont la littérature considérable nous est parvenue en assez bon état, nous offre seul une documentation complète de cette branche de l’indogermanisme, d’importance d’ailleurs moindre en principe ; car le latin est de l’indo-européen beaucoup moins bien conservé que le grec, le sanscrit ou même le germanique. Mais, s’il recule au troisième plan pour la comparaison générale, il est au contraire, à trois points de vue, d’importance absolument primordiale pour le celtisant.

a) De tous les rameaux entre lesquels s’est divisé l’indo-européen commun, il n’en est pas qui montrent à beaucoup près entre eux autant d’affinité que l’italique et le celtique. Tout semble indiquer que Celtes et Latins ont dû cohabiter encore, ou tout au moins voisiner, à une époque relativement tardive, où toutes les autres unités ethniques s’étaient déjà depuis longtemps séparées, en sorte que, s’il est prématuré ou excessif de parler à la lettre d’une sous-unité italo-celte, il doit être permis de se servir de cette expression pour classer les formes qu’ont en commun les Italiotes et les Celtes et qu’eux seuls possèdent, par exemple ce curieux r impersonnel bien connu en latin (legit-ur « on lit »), qui survit jusque dans le breton usuel de notre temps (kar-eur « on aime »).

b) Les Celtes de la Grande-Bretagne, seuls ancêtres de tous les Celtes actuels, furent soumis par les Romains ou civilisés par la culture latine. C’est en latin aussi qu’ils reçurent la prédication du christianisme. Leurs langues se sont donc mélangées, à diverses époques, de nombreux emprunts au latin, qu’il importe de reconnaître, — on verra tout à l’heure à quels indices, — d’isoler du fonds celtique, et même, si faire se peut, de dater approximativement.

c) Le latin, enfin, a une postérité très vivace de langues médiévales et modernes (romanes), qui toutes, sauf le rhétique et le roumain, se sont trouvées en contact fréquent avec les idiomes celtiques : nouvelle source d’emprunts, cette fois réciproques, mais beaucoup plus rares dans un sens que dans l’autre. Donc, à partir du VIIe siècle environ, où cessent les emprunts au latin, commence la période des emprunts au roman, qui se prolonge jusqu’à nos jours. Il va sans dire, au surplus, que l’observation ci-dessus ne s’applique à aucun couple celto-roman autant qu’au breton et au français, contigus durant tout le moyen âge et politiquement unis depuis plus de quatre siècles.

6. Le rameau celtique se subdivise en celtique continental (gaulois) et celtique insulaire, et celui-ci, à son tour, en gâdélique (ou gaélique) et brittonique. On le réservera ici pour un plus ample développement.

7. Le groupe germanique a trois subdivisions.

a) Le germanique oriental n’est représenté que par le gotique, aujourd’hui éteint, mais bien connu par une traduction d’une partie du Nouveau Testament qui remonte au IVe siècle, constituant par conséquent la forme la plus archaïque du germanique qui nous soit directement accessible. Grâce à ce précieux intermédiaire, l’évolution de la phonétique et de la grammaire de l’anglais et de l’allemand se manifeste avec autant de netteté et de rigueur que celle même du grec et du sanscrit[2].

b) Le germanique septentrional ou scandinave remonte aussi haut que le gotique, mais seulement par quelques inscriptions en caractères dits runiques. Par ailleurs, il ne dépasse pas le XIe siècle (vieil-islandais), mais se perpétue par le danois, le norvégien, le suédois et l’islandais actuels.

c) Le germanique occidental comprend essentiellement trois classes d’idiomes, puis chronologiquement dans chacune d’elles : — l’anglo-saxon (viiiexie siècles), le moyen-anglais (xiexve siècles), et l’anglais moderne ; — le vieux-saxon, le moyen-néerlandais et le bas-allemand moderne ; — le vieux-haut-allemand (viiiexie siècles), le moyen-haut-allemand (xiexive ), et le haut-allemand moderne. — En dehors de l’importance linguistique générale de tous ces idiomes, l’anglo-saxon en a, pour le celtique insulaire, une toute particulière : langue des conquérants de la Grande-Bretagne, il a dû nécessairement s’infiltrer de fort bonne heure dans la langue des vaincus ; beaucoup moins pourtant que le latin, car les Saxons et les Angles étaient bien moins civilisés que les populations brittoniques qu’ils asservirent en premier lieu[3].

8. La répartition du groupe letto-slave ou balto-slave est celle qu’implique son nom. — Le lettique ou baltique, en voie de disparition, comprend le lituanien[4] (Lituanie russe), le letton ou lette (Courlande, etc.), et le vieux-prussien (éteint). — Le slave remonte jusqu’au ixe siècle par le vieux-slavon[5], langue religieuse des Slaves dits orthodoxes, et descend jusqu’à nous par la riche expansion des dialectes slaves qui couvrent la moitié de l’Europe. — La portée de l’un et de l’autre, fort considérable en indogermanisme, est naturellement assez restreinte en matière d’étymologie celtique. On n’en relèvera que peu de citations.


III. Revenons donc au groupe celtique, et d’abord envisageons-le dans son ensemble. Une particularité qui lui est exclusivement propre le distingue de tous les autres : dès avant qu’il ne se fût scindé en dialectes, le p primitif de l’indo-européen, conservé partout ailleurs, y avait disparu sans laisser de trace. En d’autres termes, soit un mot grec, latin, sanscrit, contenant un p initial ou intérieur : cette consonne y manquera dans tous les dialectes celtiques ; au latin porcus l’irlandais répond par orc, et le breton par leûn au latin plenus. Ainsi nous sommes sûrs que ces deux mots sont vraiment celtiques, n’ont pas été tirés du latin. Et, d’autre part, si le latin et le celtique, le français et le breton nous offrent, par exemple, un couple de synonymes qui contiennent dans l’une et l’autre langue la consonne p, nous pouvons affirmer avec certitude que le mot celtique est un emprunt. On en verra maint exemple.

Un autre critérium, non moins absolu, sépare, dans le celtique lui-même, le groupe iro-gaélique du groupe brittonique. Soit un mot indo-européen contenant la consonne que l’on désigne conventionnellement par q, à laquelle le sanscrit et le letto-slave répondent par k, le grec par π ou τ suivant le voisinage, le latin toujours par qu, le gotique par hw, etc. : en irlandais, ce mot contiendra un k (écrit c), et en breton un p, dont la genèse est naturellement postérieure à la chute totale et générale du p primitif[6] : ainsi, le nom de nombre qui est en latin quinque est en irlandais cóic, et pemp en breton. Si donc nous trouvons en gaélique et en brittonique deux mots synonymes contenant dans l’une et l’autre langue un k, nous parierons à coup sûr que le brittonique a emprunté le mot au gaélique ; et la réciproque sera vraie de deux synonymes qui contiendront un p dans les deux langues.

Ceci n’est qu’un exemple, mais frappant dans sa simplicité et sa rigueur, des mille ressources dont dispose la science pour reconstituer la préhistoire du langage.

Le celtique continental (gaulois) partage naturellement la première de ces particularités avec tout le groupe celtique. Il partage la seconde avec le rameau brittonique : « cinq » s’y disait pempe. Ce n’est pas leur seul trait commun : l’s initial primitif, qui persiste en gaélique, devient h en brittonique ; or il reste s en gaulois[7] ; mais, à l’époque gauloise, il était encore s en brittonique. On ne saurait cependant rattacher le gaulois à l’une plutôt qu’à l’autre division. Il forme une catégorie à lui seul, ainsi qu’on doit l’attendre, au surplus, de sa situation géographique.


IV. Cela posé, on esquissera à grands traits l’histoire de chacune des unités qui composent le groupe celtique.

1. Le celtique continental fut la langue de la Gaule jusque vers le iie siècle de notre ère ; mais la conquête romaine lui porta un coup mortel, il disparut avec une rapidité qui ne laisse pas de surprendre l’historien contraint de la constater. De quelque façon qu’on s’en rende compte, le fait demeure irréfragable : au ive siècle[8], toute la Gaule — y compris l’Armorique — parlait latin. Celle-ci s’est « receltisée » par immigration, ainsi qu’on va le voir. Prendre les Bretons actuels pour les continuateurs immédiats des Gaulois Armoricains, est une des pires erreurs qui faussent encore dans certains esprits la conception du celtisme.

La précoce extinction du gaulois, jointe à la circonstance qu’il ne possédait point de littérature écrite, — la tradition druidique étant purement orale, — suffit à justifier la rareté des vestiges qu’il a laissés : une trentaine d’inscriptions qui ne sont pas toutes comprises, quelques mots épars dans les auteurs anciens, des noms propres et des appellations géographiques[9], c’est tout ce qu’il en subsiste. En fait, nous ne connaissons pas le gaulois et ne le connaîtrons jamais ; nous nous le figurons seulement, avec quelque vraisemblance, d’après ces rares documents et le témoignage de ses congénères plus heureux qui lui ont survécu.

2. L’Irlande, en effet, et la Grande-Bretagne septentrionale (Écosse) ne subirent pas la conquête romaine, et le celtique gâdélique s’y maintint, obscurément du reste, jusqu’au jour où la prédication chrétienne le vint réveiller et où il émerge dès lors dans l’histoire[10].

a) De ce jour (viiie siècle) apparaît, avec sa riche littérature, sacrée ou profane, le gaélique d’Irlande, qu’on appelle plus usuellement irlandais tout court. Il se nomme vieil-irlandais jusqu’au ixe siècle, moyen-irlandais jusqu’au xvie, irlandais moderne, enfin, de nos jours, où il est réduit à presque rien par la concurrence de l’anglais[11].

b) Le gaélique d’Écosse, usuellement gaélique tout court, se défend mieux, dans les âpres régions qui lui font une sorte de citadelle ; mais les sources en sont bien moins anciennes et moins sûres, et d’ailleurs il ne diffère pas assez de l’irlandais pour qu’on invoque son autorité autrement qu’à titre accessoire et supplémentaire[12].

c) Le manx ou gaélique de l’île de Man doit à sa situation insulaire quelques particularités, d’assez médiocre intérêt quant à l’ensemble du celtique.

3. À la différence des Gâdels, qui ne connurent pas la conquête romaine et vécurent, longtemps aussi, indépendants de la conquête anglaise, — ce qui leur permit de constituer dans leur triple contrée une vaste unité territoriale, — les Brittons subirent les premiers assauts de l’une et de l’autre, et la seconde les morcela en trois tronçons, dont deux survivent jusqu’à présent, de très inégale importance.

Les Celtes qui peuplaient le sud et le centre de la Grande-Bretagne se désignaient eux-mêmes sous le terme commun de Brittones[13]. Soumis par César comme les Gaulois, mais plus fidèles à leur passé, ils gardèrent leur langue sous la domination romaine, moins forte, d’ailleurs, et plus éphémère dans l’île que sur le continent. La fondation de l’heptarchie anglo-saxonne (ve siècle) les absorba ou les dispersa. La langue des vainqueurs prévalut partout, sauf dans quelques régions montagneuses ou maritimes, où la conquête pénétra peu ou plus tardivement, et où les Celtes demeurèrent maîtres de leurs destinées.

a) La principale de ces forteresses celtiques fut le rude pays de

Galles. Les Celtes qui s’y réfugièrent se nomment eux-mêmes Cymmry « les compatriotes »[14] : d’où le nom de cymrique ou gallois que porte leur langue, dont la difficulté ne doit point être mesurée aux complications de son orthographe[15]. On y distinguera chronologiquement : le vieux-cymrique, qui se confond avec le vieux-breton ; celui du moyen âge, représenté surtout par le recueil de contes dit Mabinogion « les Jeunesses » (XIIe siècle) ; et le gallois actuel, très vivace encore, qui ne cède que bien lentement devant la prépondérance de la langue anglaise.

b) La longue et étroite presqu’île à laquelle sa population valut, comme à la Cornouaille française, le nom de Cornwall, ouvrit au celtique un autre asile. Il y vécut, sous le nom de cornique, jusqu’au siècle dernier[16]. Sa maigre littérature, exclusivement biblique, ne remonte pas au delà du xve siècle ; mais il est connu sous sa forme moyenne, par un vocabulaire du xiiie, qui paraît être la copie d’un original plus ancien. Antérieurement, le vieux-cornique se confond avec le vieux-breton.

c) Même avant la conquête saxonne, des émigrants bretons passèrent la Manche et s’établirent sur le littoral peu peuplé qui faisait face au leur ; plus tard, les Celtes, refoulés vers la mer, affluèrent en plus grand nombre : ainsi s’accomplit la colonisation qui valut à la vieille Armorique son nom actuel de Bretagne, et maintient à l’extrémité occidentale de la France un dialecte celtique, exactement « breton armoricain », usuellement breton tout court. — Sa division chronologique comporte trois stades : vieux-breton, depuis le VIIIe siècle[17], ancêtre commun du cymrique, du cornique et du breton, sans aucune littérature, et se réduisant à une liste de cinq cents mots relevés çà et là dans des gloses de manuscrits latins ; moyen-breton, dont la littérature religieuse part seulement du xive siècle ; et breton moderne, demeuré la langue rurale d’un département français et de la moitié de deux autres. — Géographiquement, le breton se divise en quatre dialectes, qui correspondent aux quatre anciennes provinces épiscopales : trécorois (Tréguier), léonais (Saint-Pol de Léon), cornouaillais (Quimper) et vannetais. Ceux qui parlent l’un quelconque des trois premiers se comprennent entre eux ; mais le breton de Vannes en diffère très notablement.


V. On vient de voir que le cymrique, le cornique et le breton, séparés depuis le ve siècle, sont restés à peu près identiques, ou du moins sans différence appréciable pour nous, jusque vers le xe. Depuis lors, ils ont divergé, mais moins qu’on ne serait tenté de le supposer de prime abord : les relations ont été assez suivies d un bord à l’autre de la Manche ; la terre conquise par le Saxon exécré est demeurée pour le Breton le pays des souvenirs patriotiques et religieux, d’où partent et où se rendent en pèlerinage la plupart des saints qui catéchisent l’Armorique. Ce n’est guère qu’à partir de la fin du moyen âge, que les deux nations, après leur divorce religieux, se voient définitivement emportées, l’une dans l’orbite de la France, l’autre dans celle de l’Angleterre. Il en résulte qu’aujourd’hui encore les idiomes brittoniques se ressemblent beaucoup : non pas, comme on se l’est imaginé, qu’un Breton et un Gallois puissent d’emblée converser ensemble sans préparation, — tant s’en faut ; — mais en ce sens que, abstraction faite des lois phonétiques propres à chacune des trois langues, il serait difficile de signaler dans l’une d’elles une tendance générale ou un fait de structure linguistique qui ne fût point partagé presque à un égal degré par les deux autres. Leur évolution a été parallèle, et leurs divergences phonétiques mêmes n’affectent guère que le vocalisme.

Cependant, s’il importait absolument d’assigner au breton un caractère spécial qui l’isolât dans une certaine mesure de ses congénères, on pourrait peut-être le trouver dans l’extrême fréquence de la métathèse consonnantique. La métathèse se rencontre dans toutes les langues, et de préférence dans les moins cultivées : elle n’a manqué, ni au cymrique, ni surtout, semble-t-il, au cornique ; mais en breton elle foisonne. Dès les premières pages du lexique, on trouvera des formes telles que alan pour *ana(z)l, aṅsaô pour *azanv, beulké pour *beuglé, etc., qui témoignent en faveur d’une sorte d’instabilité consonnantique et de fréquentes « fautes de langage » dans un parler populaire dialectalement morcelé sans qu’aucune littérature centrale intervînt pour le fixer ; et les nombreux doublets du type gwesklé et gloesker « grenouille », gwéstl et gloestr « gage », etc., paraissent bien relever du même principe. On les retrouvera en leur lieu.

Accessoirement, on notera en breton une forte tendance à l’introduction de nasales parasites, surtout dans les mots récents et empruntés, tels que ampart, beṅtonik, diṅs, puṅs, bouṅta, toṅka, et tant d’autres. Dans bien des cas, comme dans ce dernier, il a pu y avoir confusion de deux quasi-homonymes. Mais la généralité de la tendance doit s’expliquer par une cause plus générale, à savoir la chute phonétique de la nasale dans les mots où elle était étymologique : l’existence de doublets dialectaux du type de kréṅv et kréff « fort », klaṅv et klaff « malade », etc., a dû entraîner, par voie de conséquence presque nécessaire, l’insertion fautive de la nasale préconsonnantique dans bien des mots qui ne la comportaient pas et qui, n’étant pas indigènes, se défendaient mal contre cette altération.

À part ces traits, le breton ne se distingue du cornique et du cymrique que par une particularité tout extrinsèque : l’énorme appoint de mots français qu’il a accueillis et naturalisés, avant peut-être et surtout depuis le double mariage d’Anne de Bretagne. Le comble en ce genre est atteint, de nos jours, par ce qu’on pourrait nommer « le breton politicien », langue de journalisme et de profession de foi où, sauf les copules, les désinences grammaticales et de loin en loin quelques mots de la langue usuelle, pas un élément ne relève plus du celtique. Il est superflu de dire qu’un dictionnaire étymologique n’a point à connaître de ces nécessaires mais déplorables néologismes. On ne rencontrera au lexique que les emprunts au français sur lesquels une personne connaissant les deux langues sans en connaître exactement l’histoire serait excusable d’hésiter un instant.


VI. Il serait évidemment excessif de tirer d’un travail aussi parcellaire une conclusion quelconque quant à l’ensemble de l’étymologie celtique. Il est pourtant une remarque qui s’impose : en feuilletant, soit ce lexique brittonique, soit son aîné de quatre ans et sa contrepartie gâdélique, le dictionnaire de M. Macbain, on sera frappé de la fréquence de la mention « Étymologie inconnue ». Ce n’est pas que proportionnellement peut-être elle revienne beaucoup plus souvent que dans un vocabulaire sanscrit, grec, ou surtout latin, dont l’auteur eût religieusement noté ses incertitudes et ses repentirs. Toute étymologie laisse nécessairement un semblable résidu. Lorsqu’il n’est pas imputable à l’imperfection de nos connaissances et de nos moyens d’investigation, il relève d’une circonstance aussi aisée à présumer que difficile à vérifier : le domaine conquis par chacune des peuplades indo-européennes était occupé avant elle par des tribus de race différente ; les Grecs, par exemple, avaient gardé le souvenir de semblables devanciers sous le nom de Pélasges ; et, comme ces autochtones furent partout asservis, nulle part en tout cas complètement anéantis, il est à supposer que quelques mots de leur langue survivent à notre insu dans le langage indo-européen de leurs vainqueurs. Mais ce qui semble exceptionnel dans le celtisme, c’est que, parmi ces mots qui demeurent en l’air, qui ne s’expliquent, ni par l’indo-européen, ni par un emprunt au latin ou au français, à l’anglo-saxon ou à l’anglais, il y en ait beaucoup de fort usuels, qui devaient appartenir à la vie de tous les jours ; — car les mots de ce genre sont généralement indigènes dans chaque langue ; — c’est que des mots comme beûré « matin », bloaz « année », kôz « vieux », sellout « voir », n’aient point du tout de répondant en dehors du celtique, que d’autres comme kenn « peau » n’en aient qu’au prix d’un effort de conjecture plus ou moins plausible, qu’enfin le répondant, s’il se rencontre à coup sûr, n’existe que dans un seul des autres domaines de l’indogermanisme, ce qui interdit d’affirmer qu’il ait vraiment appartenu à l’indo-européen commun. Il est donc à supposer que les Celtes, au moins les Celtes insulaires, se sont trouvés, à un moment donné, dans leur marche d’immigration ou de conquête, en contact avec une nation plus homogène et plus dense que celles qu’ont rencontrées sur leur route les autres envahisseurs de l’Europe, ou bien encore avec une race qui était à peu près leur égale en civilisation[18], qu’ils en ont triomphé et l’ont absorbée, mais non sans y laisser quelque chose de la pureté de leur propre langue, et qu’enfin le celtique commun fut un mélange, à doses fort inégales, mais pourtant encore reconnaissables, des dialectes de ces vainqueurs préhistoriques et de ces vaincus désormais effacés. En un mot, et toutes proportions gardées, bien entendu, la langue de ceux-ci aurait survécu à l’invasion celte comme le latin à la conquête des barbares[19]. Mais c’en est assez sur un secret que le passé nous garde et gardera toujours. La science n’a que faire d’hypothèses

qu’elle ne sera jamais en mesure de confirmer ni de réfuter.
INSTRUCTION POUR L’USAGE DU LEXIQUE

L’orthographe, — alors même qu’une autre eût été légèrement plus correcte, — et l’ordre alphabétique suivis dans ce lexique sont exactement, pour faciliter la recherche, ceux des dictionnaires de Le Gonidec, La Villemarqué et Troude, à savoir : a b k d e f g h ch cʼh i j l m n o p r s t u v w z.

Il y faut joindre les caractères ḷ = l mouillé, ñ = ñ espagnol (gn français) et ṅ = n nasalisant la voyelle précédente. Mais le signe diacritique qui accompagne la consonne ne modifie pas son rang alphabétique.

Les autorités lexicographiques et étymologiques sont citées en abréviation. On reconnaîtra aisément les noms suivants : d’Arbois de Jubainville, Bezzenberger, Dottin, Ernault, Godefroy, Hatzfeld, Le Gonidec, Le Pelletier, Macbain, Thurneysen. Ceux de MM. Ascoli, Duvau, Loth, Meillet, Rhŷs, Antoine Thomas, Whitley Stokes, Windisch, Zimmer, et autres, figurent en toutes lettres.

Les majuscules entre parenthèses (C, L., T., V.) désignent les quatre dialectes du breton moderne [20].

L’astérisque désigne une forme qui n’est nulle part historiquement ou littérairement attestée, mais seulement restituée par conjecture ou induction linguistique, comme le sont, par exemple, toutes les formes indo-européennes, et toutes les formes dites « celtiques » (ou préceltiques), c’est-à-dire appartenant au celtique commun et préhistorique, antérieur à la scission en gaulois, gadélique et brittonique.

Le signe < entre deux formes indique que la première est issue de la seconde : ainsi, br. penn < celt. *qennos. — Le signe > entre deux formes indique que la seconde est issue de la première : ainsi, lat. oinos > lat. ûnus[21].

Le signe = indique que deux formes de langues différentes sont phonétiquement et morphologiquement tout à fait identiques, en tant que remontant à une forme antérieure commune : ainsi, br. pemp = lat. quinque[22].

Voici le tableau des autres abréviations :

adj. adjectif germ. germanique
adv. adverbe got. gotique
ag. anglais gr. grec
ags. anglo-saxon id. même sens
al. allemand i.-e. indo-européen
br. breton moderne inc. inconnu
celt. celtique ir. irlandais moderne
cf. comparer lat. latin
conj. conjecture[23] lett. letton
corn. cornique lit. lituanien
dér. dérivé mbr. moyen-breton
cymr. cymrique mhal moyen-haut-allemand
du. duel mir. moyen-irlandais
empr. emprunt[24] mod. moderne
étym. étymologie msc. masculin
fm. féminin n. pr. nom propre
fr. français nt. neutre
gael. gaélique pf. parfait (temps)
gaul. gaulois pl. pluriel
ppe participe s. v. sous le mot
préf. préfixe V. voir
prép. préposition vb. verbe
rac. racine vbr. vieux-breton
s. f. substantif féminin v. g. par exemple
sg. singulier vhal. vieux-haut-allemand
singul. singulatif[25] vir. vieil-irlandais
sk. sanscrit visl. vieil-islandais
si. slave voc. vocabulaire[26]
s. m. substantif masculin vsl. vieux-slavon

LEXIQUE ÉTYMOLOGIQUE

DES TERMES LES PLUS USUELS DU BRETON MODERNE


A
1 A, préfixe général de conjugaison, br., corn., cymr. : reste d’un ancien démonstratif celtique et primitif (sk. a- « ce ») jouant ici le rôle de pronom relatif, en telle sorte que des phrases du genre de Pér a ganô, Doué a garann, etc., doivent s’interpréter littéralement « [c’est] Pierre qui chantera, [c’est] Dieu que j’aime », etc. Cf. 1 é.

2 A, prép., v. g. leûn a zour « plein d’eau », etc. : peut représenter, soit un primitif *âpo (sk. âpa, gr. ἀπὸ, lat. ab, sl. po), « de, à partir de », soit la prép. primitive à laquelle répond le sk. a, « vers, à partir de », confondus pour la forme et le sens.

A-, préfixe de direction, cf. aba, abarz, abenn, etc., etc.: le même que la prép. précédente.

Ab, particule patronymique, cymr. ab « fils [de] »: écourté de mâb ou mâp « fils ». V. ce mot[27].

Aba, adv., prép., depuis : avec mutation douce, pour a-pa « à partir de quand ». V. sous a- et pa.

Abad, s. m., abbé. Empr. lat. (accus.) abbatem.

Abaf, adj., étourdi., timide, stupide. Empr. au fr. popul. (le poitevin a un mot ébaffé « abasourdi »), mais avec un vague rappel du sens de bâv. V. ce mot, et cf. mbr. aboff « hésitation ».

Abalamour, prép., à cause de. Empr. fr. ancien par amour (de), « pour l’amour de, à cause de », avec dissimilation de r en l et préfixation de la particule a-.


Abaoué, adv., prép., depuis : à décomposer en aba oué, littéralement « depuis que [ce] fut ». V. sous aba.


Abardaez, s. m., soir. Ce mot très ancien n’a, malgré les apparences, aucun rapport avec deiz « jour » [28]. On en a rapproché le vbr. aperth « victime », pl. aperthou « offrandes », qui représente un celt. *at-ber-to- « apporté » : préf. at-, de même sens que le ad latin (V. sous ad-), et ppe passé du vb. celt. *ber-ô « je porte », lat. ferō, gr. φέρω, etc. (cf. le ppe gr. φερ-τό-ς et voir d’autres dérivés sous aber, kémérout, etc.). De ce mot aperth, une dérivation vbr. *aperthaez > abardaez aurait désigné, dans une religion antérieure au christianisme, le moment où se faisaient les « offrandes », les libations, le repas du soir, d’où « la vêprée ». — Impossible. Étym. inc. (Loth).


Abarz, adv., prép., avant : littéralement « à part », mais sans rapport avec lat. pars, cf. corn. a-barth a-bard, cymr. o barth. Le premier terme étant le préf. a-, le second est un celt. *qerto- < *sqer-to- (ppe passé, cf. *ber-to- sous abardaez, etc.), soit « coupé, divisé », d’où « côté, partie » ; ir. -scert « côté », cymr. parth « partie ». V. une variante de la rac. sous skarz, et cf. peut-être gr. σπαρ-άσσω « je déchire ».


Abek, s. m., cause : mot formé des trois premières lettres de l’alphabet, comme nous dirions « chercher l’a b c d’une chose, l’épeler », pour « la décomposer en ses premiers éléments »[29]. — Conj.


Abéki, abégi, vb., contrefaire. Empr. fr. ancien abéquer[30] : « s’abéquer » à qqun, c’est se mettre bec à bec avec lui, pour mimer par dérision toutes les contorsions de son bec.


Abenn, adv., tout droit, à bout, au bout : exactement « à la tête, à l’extrémité de ». V. sous a- et penn.
Aber, s. f., embouchure, confluent, baie close, havre (mais sans aucun rapport étymologique avec fr. havre [31], qui a pu toutefois influer sur le sens), corn. aber « confluent », cymr. aper > aber, gael. abbor > abar à l’initiale d’un grand nombre de noms de lieux : d’un celt. *ad-ber- ou *od-ber- suivi d’un suffixe nominal formatif, exactement « ap-port » ou « ex-port », rac. BHER « porter » précédée d’un préfixe. Cf. abardaez, kémérout, etc.


Abevlec’h, s. m., abreuvoir. Empr. fr., mais bien curieusement retravaillé par l’étymologie populaire, qui y a vu les mots éva « boire » et lec’h « lieu »[32]. V. ces mots (sous 1 léac’h).


Aboez-penn, loc. adv., à tue-tête : juxtaposée de a-, poez[33] et penn. V. ces mots.


Abostol, s. m. (pl. ébestel), apôtre, Épître dite à la messe (parce que l’auteur fut un apôtre). Empr. lat. apostolus et epistola confondus.


Abostoler, s. m., sous-diacre (qui lit l’Épître de la messe).


Abrant, s. f., sourcil, corn. abrans, vir. abrait pl., ir. et gael. abhra, fabhra, « paupière, sourcil ». Étymologie peu claire : peut-être un préfixe de la valeur de a-, devant un mot celtique correspondant au lat. frōns (front-is), comme qui dirait « [ce qui est] au devant » ou « au dessous du front » ; mais il faut peut-être tenir compte aussi de l’existence des mots synonymes et quasi similaires, sk. bhru « sourcil », gr. ὀ-φρύ-ς (o-phru-s) et macédonien ἀ-ϐροῦτ-ες (a-brout-es) pl. (toutefois M. Kretschmer, Einleitg in die Gesch. der Gr. Spr., p. 287, propose la correction très plausible ἀ-ϐροῦϝ-ες (a-brouw-es)); cf. ag. brow et al. braue, encore d’une autre origine.


Abréd, adv., de bonne heure, à temps. V. sous a- et 1 préd.


Aked, aket, s. m., attention, diligence. Empr. fr. aguet « attention » (être aux aguets), plus ou moins confondu avec acquest au sens de « recherche minutieuse » (quérir, quêter). V. le suivant.


Akétaou, adv., tantôt, ce matin : altération par confusion de sens avec le précédent et ses dérivés [34], de la locution er-gentaou « dans les premiers [moments de la journée] » devenue égétaou > agétaou > akétaou (toutes ces variantes existent). V. sous kenta.


Aklouéten, s. f., fer d’aiguillette. Empr. fr. altéré aiguillette.


Akr, adj., hideux, vbr. ar-ocr-ion pl. « atroces », vir. acher « rude » (cf. fr. acre), d’un celt. *akros et *àkros formé comme lat. âcer « violent » = *àk-ri-s. V. la rac. AK sous èk et diék, et cf. hakr.


*Ad-, préfixe général de direction, et surtout, sous la forme az- ou as-, préfixe verbal et nominal itératif[35] qui équivaut comme sens au fr. re-, vbr. at-, cymr. at- et- ed-, v. âith- àid-, etc. (mêmes fonctions) : d’un celt. *ato-, qui est le préf. de direction primitif *poti (sk. práti, gr. πρὸς et ποτὶ synonymes) « vers » et, par déviation de sens, « en retour », d’où « de nouveau »[36].


Adâl, prép., depuis, exactement « du front de, de devant, dorénavant ». V. sous a- et 1 tàl.


Adalek, adv., depuis : dérivé du précédent au moyen de la même suffixation adverbiale que dans bété, étrézé, goudé, etc.


Adarré, adv., derechef, ir. aith-erriuch. Le corrélatif primitif du lat. erigo « j’élève » étant le celt. *eks-regô (aussi lat. primitif), la locution adverbiale ci-dessus a été abstraite d’un vb. composé *ati-eks-regô « je soulève de nouveau ». Voir les composants sous *ad-, *eks- et rén.


Adarz, adv., perpendiculairement, d’aplomb ; exactement « en perçant ». V. sous a- et tarz.


Adré, adrén, adv., prép., arrière, derrière, mbr. adreff. Mot obscur : l’ir. druim ne ramènerait point à un mot vbr. *treff « dos », et l’on n’en a par ailleurs aucun répondant. D’autre part, le cymr. adref[37] signifie « à la maison, en s’en retournant ». On peut supposer que deux mots très voisins de forme se sont entièrement confondus dans leur signification.


Adreûz, adv., à travers, de travers. V. sous a- et treùzi.


Adreûz-penn, locution adverbiale, « tout au travers » : combinaison de adreûz et abenn. V. ces mots.
, s. m., repos du bétail pendant la chaleur : une forme plus ancienne serait *a-hèz, qui suppose un celt. *apo-sedo-, « le fait de s’asseoir à l’écart, de se reposer », etc., rac. SED « s’asseoir ». V. sous a-, annez et azéza, et cf. éc’hoaz.


Ael, s. m., essieu : pour ahel, cymr. echel (ir. ais « chariot »), d’un celt. *aksi-lo-, dér. de *aksi- « essieu », lat. axis, lit. aszis, cf. sk. àksa et gr. ἄξων
.


1 Aer, s. f., couleuvre, serpent : mbr. azr, corrompu pour *nazr[38], corn. nader, cymr. neidr, vbr. adj. dér. pl. natr-ol-ion « de serpent », ir. nathir, qui correspond peut-être au lat. nātrix, « [couleuvre] nageuse, hydre », et sûrement au mot germanique que reproduisent le got. nadr-s, l’ag. adder[39] et l’al. natter « couleuvre ».


2 Aer, s. m., héritier. Empr. fr. ancien heir (du lat. hērēs), devenu plus tard hoir.


Aez, adj., facile. Empr. fr. aise, avec le sens de aisé.


Aézen, s. f., vapeur, exhalaison (en mbr. « vent doux et agréable ») : emprunt basque aize « vent ». — Conj. Ern.


Af, s. m., baiser, corn. ame (vb.) « baiser ». Empr. lat. am-āre « aimer », qui a ce sens en bas-latin. — Conj. d’Arb., douteuse.


Afeûr, adv., à mesure. Empr. fr. ancien a fur (lat. ad forum), survivant dans la locution au fur et à mesure.


Affô, adv., vite, avec ardeur : préf. a- et . V. ces mots.


Afu, s. m., variante de aü et aou. V. ces mots.


Agétaou, adv., variante de akètaou. V. ce mot.


Agil, adv., à reculons. V. sous a- et kîl.


Agouéz, adv., même sens que ac’houéz. V. ce mot.


Agrenn, adv., entièrement : le sens littéral est « tout le tour, en pourtour complet ». V. sous a- et krenn.


Aheṅdall, adv., d’ailleurs : exactement « par un autre chemin ». V. sous a-, heṅt et all.
Achu, adj., fini, mbr. achiff, abstrait du vb. mbr. achivaff « terminer ». Empr. fr. achever.


1 Ac’h (interjection), fi ! Onomatopée de l’action de cracher.


2 Ac’h, prép., de : forme ordinaire, notamment dans les locutions pronominales, du préf. celt. *eks- = lat. ex. V. ce mot.


Ac’houéz, adv., publiquement, cf. agouéz, mbr. a goez « à vue », cymr. yn-gwydd, iv. fiad fis (même sens), dont le second terme est un celt. *weid-os « vue » ; cf. gr. ϝεῖδος (weidos) εἶδος (eidos) « forme extérieure, aspect ». V. la racine sous gouzout, et cf. diskouéza.


Ac’hub, s. m., embarras, grossesse : abstrait du vb. ac’hubi « embarrasser », qui est emprunté au lat. occupâre.


Aiénen, s. f., source, mbr. eyen, paraît remonter, non sans une corruption inexplicable, à un adj. celt. *owen-io- « écumant ». V. sous èon.


Ainez, s. f., limande. Isolé. Étym. inc.


Al, forme de l’article défini, par assimilation, devant un mot commençant par l. V. sous 1 ann.


Ala, vb., vêler, mettre bas, aussi alein (V.), mbr. hallaff, cymr. alu. La variante éala ramène à éal. V. ce mot[40].


Alan, s. f., haleine, mbr. alazn, avec métathèse pour *anazl[41], corn. anal, cymr. anadl, ir. anal, gael. anail, qui tous procèdent d’un celt. *anatlâ, dér. de rac. ANA (sk. àni-ti « il respire », etc.). V. sous anaoun.


Alar, s. m., variante dissimilée de arar. V. ce mot.


Alesse, adv., de là où tu es : simplifié pour *ann lec’h se (mbr. alechse) « de ce lieu-là ». V. ces mots (1 ann et 1 léac’h).


Alfô, s. m., délire, cf. br. ar/reu (V.). Empr. fr. affres « angoisses », affreux, etc., mais le mot altéré par transport de Yr en première syllabe, puis modifié sous l’influence de fô. V. ce mot. — Conj. Ern.


Algen, s. f., barbe de la coiffe. — Étym. inc. [42]


Alc’houéder, alc’houédez, s. m., alouette, mbr. ehuedez, huedez, qui subsistent encore actuellement dans (T.) echoueder et (V.) huide ; corn. ewidit, cymr. ehedydd, hedydd, uchedydd ; ir. uiseôg, fuiseôg, gael.
uiseag. Ces formes difficiles ne se superposent à aucune primitive connue, ni même entre elles [43] : plusieurs laissent entrevoir une onomatopée du chant et de l’essor de l’alouette, modifiée peut-être en breton, soit par l’influence du gaulois-latin alauda (d’où fr. aloue et alouette), soit encore par celle d’un mot conjectural *alc’houered, venu par métathèse de *aouc’helred, qui serait le lat. avis galeritus « alouette huppée ». Cf. kabellek et kogennek.

Alc’houez, s. f., clef, corn. alwedh et alwhedh, cymr. allwedd. Mot difficile : on peut le supposer abstrait[44] d’un vb. latin corrompu *aleavidàre (mbr. attiuezaff, br. alc’houéza) « fermer à clef », lequel serait issu par métathèse d’un bas-lat. *aclavidàre, dér. de lat. clâois « clef ». — Conj. d’Arb.

Ali, s. m., avis : abstrait du vb. mbr. aliaff, « conseiller », qui est au fond le même que aliqff, « allier, lier, engager à un parti ou à une résolution ». Empr. fr. allier.

Aliez, adv., souvent, V. sous a- et lies.

All, autre, cymr. ail, gaul. allô- dans le n. pr. Allo-broges, gr. ἄλλος (allos) « autre », rac. AL. Cf. eil et brô.

Aloubi, vb., empiéter, usurper. Empr. fr. ancien rober « voler » (cf. dérober et ag. to rob), avec r accidentellement changé en l, et préf. a-.

Alouein (V.), s. m., variante de elvézen.

Alter, s. f., délire : abstrait du vb. mbr. alteraff, « altérer, gâter, corrompre » [l’intelligence]. Empr. fr. altérer.

Aluzen, s. f., aumône. Empr. bas-lat. elemosina, qui lui-même n’est autre que gr. ἐλεημοσύνη (eleêmosunê) « compassion ».

Alzourn, s. m., dissimilé pour arzourn. V. ce mot.

1 *Am-, préfixe perdu, mais encore reconnaissable en tête de plusieurs mots [45], avec le sens vague de « autour, auprès, vers », ou avec une nuance collective ou augmentative : sk. abhí, « vers, autour », gr. ἀμφὶ (amphi), lat. amb- (dans amb-ire « faire le tour de »), al. umb > um t etc. Cf. amézek, ampréoan, etc.

2 Am-, particule privative, à mutation douce. Ce n’est pas la particule privative i.-e. *n-, si répandue partout ailleurs[46] : sk. a-, an-, gr. ἀ- ἀν- (a-, an-), lat. in-, gerra. (ag., al., etc.) un-, L’am- négatif br. ne diffère pas du précédent : en d autres termes, partant du sens « autour » et passant par celui de « à côté », am- en est venu à prendre la fonction de l’ancien an négatif [47], qu’il a entièrement supplanté. — Ern.

Ama, aman, adv., ici : préf. a-, devant un nom perdu partout ailleurs (mais cf. azè et méaz), qui équivaut à Tir. magen « lieu », dér. du ceit. *mag-o- (même sens).

Amann, s. m., beurre, corn. amen-en, cymr. ymen-yn, gael. et ir. iiw, vir. imb, d’un celt. *emb-en, dont la rac. est la même que celle du sk. ahj « oindre », àhj-as « onguent », lat. ungu-ere, ungu-en, ungu-en-tu-m, al. ank-e « beurre ».

Ambil, adj., qui va en tête : contamination possible de la locution *en-ibil avec la locution fr. en cheville, dont elle est la traduction, et qui se dit dans le Bas-Maine ce des bœufs et des chevaux qu’on place en tôte des attelages » Dn. — Conj.[48]

Ambren (T., V.), s. f., délire : exactement « dérèglement », préf. am- > amb-, et rên[49]. V. ces mots, et cf. rambré et kantréa.

Ambrouk, s. m., conduite en cérémonie, mbr. hambrouc, corn. hembrouk « il reconduira », hombronkyas « il reconduisit », mais hebrenchiat « reconducteur », cymr. hebryngiad(à.), hebrwng « reconduire » »[50]. Le mot signifie « fait de reconduire à part, isolément, tout particulièrement m, par suite « avec grand honneur », en tant qu’il contient, à la suite d’un préfixe, le radical verbal du n. pr. gaul. Abrincaiui, dont le sens « apporter, amener » résulte à l’évidence du germanique *bringan, got. briggan, ag. to bring, al. bringen, etc. [51].

Amerc’h (V.), s. m., dissimilé pour armerc’h. V. ce mot.

Amézek, s. m., voisin, mbr. amneseuc. Ce dernier mot se ramène sans difficulté à un celt. *ambi-neds-ako-, dont on trouvera les éléments composants sous 1 *am- et nés, avec l’adjonction d’un suffixe d’adjectif fort commun en celtique.

Amgroaz, s. f., fruit de l’églantier (rosier sauvage), mbr. amgros etagroasen. Cette dernière forme paraît la plus pure, en tant qu’on peut la ramener à un lat. agrestis « sauvage », ou mieux à un bas-lat. *acrensis dér. de âcer « âcre »[52]. Cf. égras.

Amhéol, s. m., crépuscule : exactement « absence de soleil », préf. am- et héol. V. ces mots.

Amc’houlou, s. m., ténèbres : originairement « contre-jour ». V. sous am- etgoulou.

Amiégez, s. f., sage-femme : dér. essentiellement br. d’un radical AM, qui semble un terme de caresse enfantine commun à un grand nombre de langues indo-européennes[53], ir. ammait, « nourrice, vieille femme », lat. amita « tante paternelle », al. amme « nourrice », heb-amme « sage-femme », etc.

Amouka, vb., tarder : à décomposer en *am-ouk-qff, soit le même radical verbal que dans dougen, précédé du préf. *am- avec sens négatif ou atténuatif[54]. V. ces mots.

Ampafal, amparfal, amparval, s. m., lourdaud. Le mbr. a des formes amparfaret et ampafalek « tâtonnant », qui relèvent de la juxtaposition du préf. péjoratif *am- avec palf. V. ces mots, et cf. mbr. pa/ala « tâtonner ». Mais la forme actuelle la plus usitée a sans doute été comprise par l’étymologie populaire comme signifiant ampart-fal[55]. V. ces mots.


Ampart, adj., robuste, agile : corrompu du mbr. apert = corn. apert. Empr. fr. ancien apert, « ouvert, franc, dispos, adroit »[56].


Amprévan, s. m., insecte, vermine : formation collective sur le mot prév au moyen du préf. *am-. V. ces mots[57].


Amzaô (C), adj., facile : exactement « ce qui n’est pas en montée, pas ardu ». V. sous am- et saô.


Amzent, adj., indocile : préf. am- et senti.


Amzer, s. f., temps, mbr. ampser, corn. anser[58], cymr. amser, ir. aimser, gael. aimsir, suppose un celt. *amb-menserà (soit « mesure tout autour, en cercle », etc., cf. 1 *am-), dont le second terme très voisin du lat. mënsûra, se rattache à l’universelle racine MÊ MET « mesurer » : sk. mátrā « mesure », gr. μέτρον (metron) id., lat. mētior « je mesure » ; cf. ag. to mete et al. messen[59].


Amzéré, adj., inconvenant. V. sous 2 am- et la note.


*An-, préfixe perdu, mais encore reconnaissable en tête de plusieurs mots bretons, où d’ailleurs, à raison de ses origines multiples, il assume les fonctions les plus diverses : — 1o négatif (cymr. an-), représentant la négation primitive n- (cf. 2 am-) ; — 2o séparatif, comme procédant d’un celt. *aona < *apona[60], celui-ci dérivé de l’i.-e. âpo (cf. a-) ; — 3o intensif, comme le gr. ἀνὰ (ana) et le got. ana « par-dessus » (ag. on, al. -an} ; — 4o enfin, oppositif, d’un celt. *andi- > *ande-[61] « contre, vis-à-vis », sk. ànti, gr. ἀντὶ (anti), lat. ante, al. ant- et ent- dans ant-wort « réponse », entstehen « se produire », etc., etc. — Cf. quelques-uns des mots suivants [62].


Anaoudek, s. m., adj., connaisseur, reconnaissant : dér. de anaout, qui signifie étymologiquement « l’état de bien connaître [63] ».

Anaoué, s. m., anathème, excommunication : le sens originaire a dû être simplement « nomination [solennelle] ». V. sous 2 hanô[64].

Anaoun, s. f. pl., les morts, exactement « les âmes », mbr. anacon = celt. *ana-mon-es[65], dont la racine est ANÄ : gr. ἄνεμος (anemos) « vent », lat. animas et anima, got. anan « respirer », etc. V. d’autres formes de la racine sous alan et éné.

Anaout, vb., connaître, aussi anavout[66] et anaoëzout (L.), anaouein (V.) : dér. du même radical que anat.

Anat, adj., connu, mbr. aznat et haznat (avec aspiration illégitime) : représente un celt. *atigna-to- « bien connu », conservé tout entier dans le n. pr. gaul. Ategnatos. Le second terme[67] est le ppe passé de la rac. GNO « connaître » : sk. jna-tâ-s « connu », gr. γνω-τό-ς (gnô-to-s), lat. gnôtus > nôtus, ir. gnâth, cymr. gnawt « tenu pour » (al. kund « notoire »), etc. Ank, s. m., angle, coin. Empr. fr. altéré angle.

Aàkelc’her, s. m., feu-follet, lutin, mbr. enquelezr « géant », corn. enchinethel, encinedely qui se ramènent à un celt. *ande-kene-tlo- t soit « génération contraire », d’où « monstrueuse », cf. corn. kinethel « génération », ir. cenél « race ». V. la rac. KEN sous kent, et le préf. sous *an- (4o)[68].

Anken, s. f., chagrin, mbr. anquen, cymr. angen « nécessité », ir. écen id. : d’un celt. *ank-enâ 9 dont on peut rapprocher le gr. ἀν-άγϰ-η (an-agk-ê) « nécessité » et peut-être le lat. nec-esse[69].

Ankoé, s. m., luette : dér. de la rac. ANK « crochu », au même titre que sk. afïk-â « crochet », gr. ἀγϰ-ύλο-ς (agk-ulo-s) ; « crochu », ἄγϰ-υρα (agk-ura) « ancre », ὄγϰ-ο-ς (ogk-o-s)

« crochet », lat. unc-u-s, ir. éc-ath id., al. ang-el « hameçon », etc., etc. — Conj.[70]

Aṅkou, s, m.[71], mort, corn. ancow, cymr. angen > ir. éc, d’un celt. *enkowo- dont la rac. est NEK « périr » : sk. nâç-ati « il meurt », gr. νέϰ-υ-ς (nek-us) et νέϰ-ρο-ς (nek-ros), « trépassé, cadavre », lat. nev (nec-is) « mort violente », nec-are « tuer », etc.

Ankounac’h, s. m., oubli, cf. mbr. ancoffnez : répond à un mot celt. qui serait *an-komen-akto-, c’est-à-dire le mot celt. qui signifie « intelligence, mémoire », amplifié d’un suffixe de dérivation secondaire et précédé d’un préfixe négatif. V. sous *am-, *an- (1o) et koufi.

Anden, s. f., raie, sillon : dér. deant. V. ce mot.

Andévrek (V.), s. f., tas de fumier : dér. de *andevr- < *vandevr- < *man-devr- [72], qui n’est au tre que l’empr. fr. main-d’œuvre, spécialisé au sens de « engrais [73] » par une sorte d’euphémisme.

Andra, tant que, tandis que : variante de etldra.

Aner, s, m., corvée : altéré pour *ahger. Empr. bas-latin angarium, « tourment, labeur pénible et vain », d’où aussi al. (vieilli) enger « corvée ».

Anéval, s. m., animal. Empr. fr. ancien[74].

Anéz, prép., sans : dér. d’un préf. séparatif tel que gr. ἄνευ (aneu) et al. ohne < vhal. âne « sans » (cf. am-brouk), ou plus simplement de la particule séparative *an-, V. sous *an- (2°).

Anez-, de : particule pronominale, dér. de*an- (2°).

1 Ann, forme normale de l’article défini : avec chute de l’aspiration, pour *hann, corn. an, ir. sin >> î/i, d’un démonstratif celt. *sendo-, qui lui-même est dér. du démonstratif i.-e. *sé- commun à toute la famille : sk. sâii ce », got. sa, « ce, le », gr. ὁ ἡ (o hê) (article), etc., etc.

2 Ann, adv., ici, ir. and, dérive d’un démonstratif primitif différent du précédent et commençant par une voyelle[75]. Annéô, s. f., enclume, aussi année, et annéan (V.), mbr. anneffn, corn. ennian, ir. indéin, d’une base celt. *ande-wen-i- qui signifierait « contre quoi on frappe ». V. le préf. sous *an- (4o). La rac. est WEN, zd vana-iti « il frappe », got. wun-d-s « blessé », ai. wund, ag. wound « blessure », etc. Cf. Osthoff, Idg. Forsch., IV, p. 275 ; mais aussi Stokes, p. 15.

Anneûen, s. f. f trame, mbr. anneuffenn, cf. cymr. anwe. V. le préf. sous *an- (2o, 3o) et la rac. sous gwèa.

Annez, s. m., meuble, outil, mbr. anhez, abstrait de mbr. anhezaff > br. anneza « meubler », primitivement « se loger » : préf. *an- (3o), et *hez-, forme très pure du radical i.-e. SED « s’asseoir, s’établir »[76]. V. sous azéza.

Anô, adv., là (en composition) : dér. de 2 ann[77].

Anoued fC, V.), s. f., froidure : préf. *an- (3o) augmentatif, précédant un celt. d’ailleurs altéré *ouia et *ouktâ, qu’on retrouve dans Tir. uacht, ocht, « froidure », et peut-être dans le zd aota « froid ».

Ansaô, ansav, s. m., aveu, reconnaissance : métathèse pour *az-anc {-hano), soit une formation qui équivaut à peu près comme sens au lat. ad-nôminàre. Cf. *ad-, anaoué et hanô. — Conj.

Ant, s. m., tranchée, ride, cymr. nant « vallée »[78] : mot celtique, qui existait en gaulois, ainsi qu’en témoigne le fr. provincial nant « ruisseau » dans le Jura[79], mais sans équivalent connu ailleurs, à moins qu’on ne le rattache au sk. na>tà-, « courbé, incliné » < i.-e. nrn-tô-, rac. NEM. Antella, vb., tendre (un piège, un arc), cymr. annel « piège », annelu « tendre un piège », ir. indell, etc. : semblerait répondre à une forme actuelle *an-tenna, mais modifiée dès l’époque celtique par dissimilation des deux n. V. sous *an-, stén et tenna.

Anter, déaspiré pour haûler. V. ce mot.

Aâtrônôz, s. f., lendemain. V. sous trônôz.

Anv, s. m., orvet, mbr. anaff, corn. anafa lézard ». Le roman anvin (Bas* Maine âvê Dn) indique un empr. qui se rattache au lat. anguis.

, adj., mûr, mbr. azff, cymr. addfed, vbr. admet « [raisin] sec » : suppose un celt. *ati-met-o- « propre à être moissonné (récolté) ». V. sous *ad- et mèdi.

Aod, aot, s. m., rivage, corn. als « rivage », cymr. allt « falaise », ir. alt, « hauteur, rivage » : d’un celt. *al-to-, identique au lat. al-tu-s, « nourri, haut, surélevé ».

Aoten, s. f., rasoir, cymr. ellyn, vbr. altin. ir. altain, etc. : d’un celt. *altani- < *palt-ani-, dont la rac. est la même que celle de faouta[80]. V. ce mot.

Aoter, s. m., autel. Empr. lat. altâre.

Aotré, s. m., concession, privilège. Empr. fr. otrei[81].

Aotrou, s. m., seigneur, monsieur, corn. altrou « beau-père », cymr. altraw, « répondant, parrain ». Ainsi que l’indiquent le vir. altram, ir. altrom, gael. altrum, « action de nourrir », les trois sens procèdent, par légères divergences et spécialisation, du sens unique de « nourricier » [82] : celt. *al-traoori’, dér. de la même rac. que lat. al-ere « nourrir », gr. ἄν-αλ-τος (an-al-tos) ; « insatiable », got. ai-an « croître », etc. Cf. aod.

Aoun, s. f., peur, corn. own, cymr. ofn, vir. omun > gael. uamhunn, gaul. *omnà (à en juger par le n. pr. Ex-omnos « Sans-Peur ») : d’un celt. *obnà, dont on ne trouve à rapprocher queir. oponn « soudain » et gr. ἄφνω (aphnô) id.

Aour, s. m., or, cymr. aur. Empr. lat. aurum.

Aourédâl, s. m., séneçon (fleur jaune) : dér. de aour.

Aouréden, s. f., dorade : dér. de aour (poisson doré).

1 Aoz, s. f., manière : pour *naoz[83]. V. sous pènaoz et neùz.

2 Aoz, s. f., lit de rivière : suppose un celt. *aues-â, dér. du celt. *auos « rivière », gaul. gr. Αὔος (Auos) et Avara[84], n. pr. de fleuves ; cf. sk. av-ani a eau courante », âca « de haut en bas ». — Conj.

Aoza, vb., préparer, façonner : dér. de 1 aoz.

Aozil, s. m., osier, mbr. ausill. Empr. bas-latin ausaria « oseraie », mais peut-être rattaché par étymologie populaire à 2 aoz. Ap, particule patronymique. V. sous màb et ab.

Apouel, s. m., auvent. Empr. fr. ancien apuiail « gardefou », lui-même dér. de fr. apui « appui ».

Ar, forme régulière de l’article défini devant la plupart des consonnes : cf. ann et al, eunn, eulet eur.

Ar-, préfixe très commun au sens de « vers, à côté, le long de, attenant à », corn, ar, cymr. ar « près », ir. ar « devant », gaul. are-, ar-, dans Aremor-ica > Armorica (le pays qui longe la mer) « Bretagne », de. : sk. pari « autour », gr. περὶ (peri) « autour », παρὰ (para) « « auprès », lat. per « à travers », got. fair- (préf. =al. ver-), faùr « devant » = al. vor, etc., etc.[85]. Cf. la plupart des mots suivants, auxquels parfois le préf. n’ajoute aucun sens bien défini.

Arabad, adj., illicite, mbr. arabat : parait être simplement a rabat « de rabais » d’où « de mauvaise qualité, frivole, mauvais », etc. Cf. le suivant. Empr. fr. rabattre. — Conj.

Arabaduz, adj., niais, badin : dér. de arabad « insignifiant »[86].

Arak, arag, s. m., fétu, duvet : peut-être parti du sens de « barbe de blé » ; cf. gaul. arinca « espèce de céréale », gr. ἄραϰος (arakos) « gesse » (sorte de pois chiche). — Conj.

Araok, adv., prép., devant, avant : pour *arâk, avec une diphtongaison accidentelle. V. sous a- et 1 rak.

Araouz, adj., maussade, querelleur : pour *arraj-ouz y formation qui équivaudrait à un fr. *rageux, cf. mbr. arraig « rage », arraigiaffa enrager ». Empr. fr. — Conj.

Arar, s. m., charrue, mbr. arazr, corn. aradar, cymr. aradr, ir. arathar, cf. lat. aràtram. V. sous arat.

Araskl, adj., non mûr, insuffisamment roui : soit en deux mots a raskl, « qui racle, âpre », cf. fr. ancien rascler « racler » et cymr. rhasgl « râteau ». Empr. fr. ou bas-lat. V. sous la.

Arat, vb., labourer, cymr. ar-ddwr « laboureur », ir. air-inn « je laboure », etc. (cf. arar) : rac. ARA commune à toute la famille sauf lesk., gr. ἀρόω (aroô), lat. arō, got. arja, lit. ariù, si. orja.

Arbenn, adv., à rencontre. V. sous ar- et penn.

Arboell (C), s. m., épargne, cf. cymr. arbwyll « prudence » : préf. ar- et poell. V. ces mots.

Ardamez, s. f., marque, étiquette, observation attentive : si ce dernier sens était le primitif, le mot pourrait signifier « action de diviser par fragments », d’où « analyse ». V. sous ar- et tamm. — Conj.

Arem, s. m., airain. Empr. fr. ancien arem < lat. aeràmen dér. de aes.

Argad, s. m., huée : d’un celt. *are-katu- « [cri] qui précède la bataille ». V. sous ar- et kadarn.

Argaden, s. f., attaque, razzia : dér. du précédent.

Argarzi, vb., avoir en répugnance, en horreur : le sens littéral est « considérer comme une ordure ». V. sous ar- et karz.

Argil, s. m., recul : d’un celt. *areknlo- « dans la direction du dos ». V. sous ar- et kîl[87].

Argoat, s. m., la Bretagne intérieure, forestière, en opposition au littoral ou Arvor. V. sous ar- et koat.

Argoured, s. m., foret : suppose un dér. celt. *are-ko-writ-o-, où la rac. (à l’état réduit) est WERT « tourner ». Cf. lat. vert-ere. V. les préfixes ar- et *ke- t et gwerzid.

Argouroti, s. m. pl., dot, cymr. argyfreu pl., exactement « apports » : suppose un dér. celt. pl. *are-ko’br-ow-es> où la rac. (à l’état réduit) est BHER « porter ». V. sous ar-, *ke- et kémérout.

Argud, s. m., assoupissement : le sens primitif pourrait être «à l’ombre », d’où « sieste », du préf. ar- et d’un mot aujourd’hui perdu *kud, attesté par le mbr. cudennec « obscur » [88] (mais sans rapport avec le cymr. cyhudd « ombre »), dont au surplus l’origine est incertaine.

Arc’h, s. f., coffre, corn. et cymr. arch. Empr. lat. arca.

Arc’hant, s. m., argent, mbr. argant, corn. argant, cymr. ariant, ir. argat, airget, gaul. argenton, lat. arg-ent-u-m, sk. raj-at-à-m[89], cf. gr. ἄργ-υρο-ς (arg-uro-s).

Arc’henna, vb., chausser, cf. cymr. archen « soulier », archenu « chausser », vbr. archenatou « chaussures ». Origine inconnue (lat. ocrea « botte » avec métathèse ?), mais tout au moins vague rappel de l’idée de « revêtir de cuir » (préf. ar- et kenn).

Ari (V.), s. m., lien : pour *az-rig. V. sous ère et kèfrè.

Arléc’houein, arléouein (V.), vb., aiguiser : préf. ar- devant le radical de lib-onik. V. ce mot.

Arm, s. m., variante de arem. V. ce mot[90].

Armé (V.), s. m., saxifrage (casse-pierre), aussi arc’hmé, mbr. arhme, cymr. archmain[91]. V. sous méan et cf. torvéan.

Armerc’h (V.), s. m., épargne : exactement « attention, prudence », préf. aret merzout[92]. V. ces mots, et cf. arboell.

Araé, arnéô, arnev, s. m., orage, temps orageux : peut représenter un celt. *arnawio- « pluie torrentielle », qui serait dér. de *arno-, « fluide, eau courante », gaul. Arnos > lat. Arnusu l’Arno » ; cf. sk. arwioârivière », dér. de àrna- « flot », qu’on rattache à la rac. de r-nô-ti « il met en mouvement », r-nu-té « il se meut ». — Conj.

Arnod, s. m., essai, début : abstrait du vb. arnodi, « essayer, commencer », cf. cymr. arnod synonyme de nod « marque », préf. ar- et nod[93]. Empr. lat. nota en dérivation verbale.

Aros, s. m., poupe, corn. airos, ir. eross, d’un celt. *are-sos-to-, exactement « le siège d’à côté, à l’écart » (la place du pilote), où l’élément -sos- est l’état fléchi de la rac. SED « s’asseoir ». Cf. annez, azéza, aé, èc’hoaz, etc.

Arré, adv., pour ad-arré sans le préf. initial. V. ce mot.

Arrébeûri, s. m. pl., mobilier : exactement « les [accessoires] de pâture » ou « d’exploitation en général », d’où « le mobilier de la ferme » et enfin « celui d’une maison quelconque ». V. sous ar (article), ré et peàri.

Arréval* s. m., mouture : décomposer en *ar-ré-mal, et voir les préfixes ar- et ra-, et mala « moudre »[94].

Aires, s. m., arrhes, gages. Empr. fr. arrhes.

Arraout, vb., aborder, arriver. Empr. fr. ancien arriver.

Arsal, s. m., assaut : abstrait du vb. arsafa. Empr. fr. assaillir[95].

Arvar, s » m., doute, soupçon : préf. ar-, et mar.

Arvara, s. m., reste de pain. V. sous ar- et bara.

Arvest, s. m., spectacle : paraît composé de préf. ar- et d’une dérivation de béza, soit « ce à quoi on assiste ». V. ces mots et arvez.

Arvez, s, f., façon, mine : préf. ar- et béza « être ».

Arvôr, s. m., côte maritime. V. sous ar- et argoat.

Arwad, s. m., tanaisie : métathèse pour *aourad, qui équivaut à peu près à un lat. auràtum « doré ». Cf. aour[96].

Arwarek (V.). adj., oisif, fainéant : dér. d’une locution ar-war = ar-gwar « à Taise ». Cf. goar et gorrek.

Arwez, s. f., signe de reconnaissance, mbr. ar-goez « intersigne », cymr. arwydd, ir. airdea signe » : suppose un celt. *are-wid-io- (-iâ), où la rac. est WID, « voir, connaître ». V. sous ar-, ac’houez et gouzout.

Arzaô, s. m., repos, trêve, mbr. arsaw « cesser », cymr. arsaf « poste », ir. airisemu arrêt » : suppose un celt. *are-sta-men, où la rac. est STHÂ, soit« station ». V. sous ar- et saô.

Arzel, s. m., jarret. Empr. bas-lat. *arlellus, altéré de articulas.

Arzourn, s. m., poignet : exactement « ce qui est attenant à la main ». V. sous ar- et dourn.

As-, variante phonétique de la particule intensive et itérative *ad- (autre variante az-). V. ces mots et la plupart des suivants[97].

Asbléô, s. m., duvet : soit « grand nombre de [petits] poils », la nuance diminutive résultant de l’accumulation. Cf. as- et bléô.

Ask, s. m., coche, entaille : comme qui dirait « une hachée » ; mot abstrait d’un vb. mbr. *askiaff[98], qui équivaudrait à un lat. *asciare (fr. hacher), dér. deasciau hache ». Empr. lat.

Askel, s. f., aile. Empr. roman ascella y métath. de lat. axilla « aisselle » [99].

Askel-groc’hen, s. f., chauve-souris : exactement « aile de membrane ». V. sous askel et kroc’hen.

Asklé, s. m., sein, mbr. asclez, pourrait, mais bien difficilement, être un dér. br. d’un emprunt lat. axilla « aisselle ». Cf. askel et askré.

Askleûden (C), s. f., copeau, cymr. asglodyn, par dérivation brittonique du bas-lat. *ascla < astula « copeau ». Cf. autel.

Askoan, s. f., réveillon, soit « souper réitéré ».

Askol, s. m., chardon, corn. askellen, cymr. ysgallen. — Étym. inc.[100]. Cf. pourtant gr. σϰόλ-υμο-ς (skol-umo-s), « chardon comestible, artichaut ».

Askouéz, s. m., rechute. V. sous as- et kouéz.

Askourn, s. m., os (pl.eskern), cymr. asgwrn (pl.esgyrn), corn. ascorn. Décomposer *ast-gourn. Le premier élément est Ti.-e. *osth- « os », bien connu : sk. âsthi, asthân-, gr. ὀστέον (osteon), lat. os (oss-is). Le second est emprunté, par adaptation résultant de contraste sémantique, à migourn « cartilage ». V. ce mot[101].

Askré, s. m., sein, cymr. asgre, ir. as g ail, etc. : semblent des dérivations et corruptions, à des degrés divers, de l’empr. lat. axilla, mieux conservé dans le gael. achlais « aisselle ». Cf. asldé.

Asdibr, s. m., coussinet de selle (doublure de la selle).

Asdimizi, vb., se remarier. V. sous as- et dimizi.

Asdô, s. m., œuf couvé : préf. as- et dôi < dôzoi[102].

Asdrézen, s. m., crémaillon (petite crémaillère qui en continue une plus grande). V. sous as- et drézen.

Aspled (C), s. m., gardefou : comme qui dirait « surcroit d’attention, précaution accessoire ». V. sous as- et pléd.

Asrann, s. f., subdivision : préf. as- et rann.

Asrec’h, s. m., contrition, chagrin, mbr. azrec [103], corn. edrek, ir. aithrech, gael. aithreach « repentant » : suppose un celt. *a/i-re/ro- (pour *-pre/r-o-), dont la rac. est PREK <c prier », sk. prcchàti « il demande », lat. prec-ès « prières », got. fraih-nan « interroger », zl/ragen, etc.

Astal, s. m., interruption : comme qui dirait « le fait de re-tenir », préf. aset dal « tenir ». V. sous dalc’h.

Astaol, s. m., contre-coup. V. sous as- et taol.

Astel, s. f., demi-boisseau, cf. cymr. hestawr et fr. setier. Empr. lat. sextarius, mais altéré de forme et de genre sous l’influence d’un autre mot astel « éclat de bois », qui lui aussi est un empr. lat. (astilla dimin. de astula[104], fr. attelle).

Astenn, s. m., rallonge, cf. cymr. estyn « étendre » : préf. as- et tenn.

Afltizein (V.), vb., exciter, intercéder : dér. de l’empr. fr. ancien hastise « précipitation ». Cf. hast et atiz.

Astô, s. m., variante assimilée de asdô. V. ce mot.

Astomma, vb., réchauffer. V. sous as- et tomm.

Astud, adj., chétif. Empr. lat. astatus « rusé »[105].

Astuz, s. m., vermine qui pique, corn. stut « moustique », vbr. arstud « pointe », cf. cymr. cy-studd « componction ». La rac, avec ou sans préfixes, est STUD TUD, « piquer, frapper », ici sous la forme fléchie STOUD : sk. tud-âti « il frappe », lat. tund-ere, tu-tud-i « j’ai heurté », got. staut-an, « heurter, pousser », al. stossen. Cf. 1 tonn.

Asverk, s. m., contremarque. V. sous as- et merk.

Asvôger, s. f., contre-mur. V. sous as- et môger.

At, s. m., variante de âd = hâd. V. ce dernier mot[106].

Atahin (V.), s. m., querelle : contamination probable de deux emprunts français attaquer et taquiner.

Ataô, adv., toujours, continuellement. — Étym. inc. [107].

Ateraein (V.), vb., s’informer. Empr. fr. altéré (s’)adresser[108].

Atil, s. m., terre en rapport : abrégé de douar atil, fr. Herre d’atil « terrain aménagé ». Empr. fr. ancien àtilliè « [terrain] aménagé, mis en culture, terre chaude ». — Ern.

Atiz. s. m., avis, instigation. Empr. fr. ancien hatize « précipitation ». Cf. astizein.

Atô, adv., variante de ataô. V. ce mot et la note.

Atredi s. m., gravois. Empr. bas-lat. *attrïtum^ pour attritum « frotté, usé, broyé », d’où « débris ».

Au, s. m-, variante de avu. V. ce mot.

Av, adj., variante de aô. V. ce mot.

Aval, s. m., pomme, cymr. afal et afallen « pommier », ir. aball, uball, etc. : suppose un celt. *aballo-, d’où procède le dér. gaul. n. pr. Aballô « Àvallon » (exactement « le Verger »). Empr. lat. [malum] Abellânum, à cause de la célébrité des vergers de la ville d’Àbella en Campanie[109].

Avank, s. m., bièvre, castor, cymr. afanc, ir. abac, soit un adj. celt. *abon-ako- « fluvial ». V. sous 1 aoen.

Avé, s. m., harnais, attelage, cf. corn. avond, cymr. afwyn « rênes ». Il est difficile de ne pas songer à une altération plus ou moins profonde du lat. habënae, dont le cymr. est la reproduction exacte.

Avel, s. f., vent, corn. auhel « vent » et anauhel « tempête[110] », cymr. awel et enawelià., ir. ahél, aial, gael. aile, etc. : suppose un celt. *aw-eUà, dérivé comme le gr. ἄϝ-ελλα (*aw-ella) ἄελλα (aella) « tempête » ; cf. gr. ἄυ-ρα (au-ra) « brise », αὐ-ήρ ἀήρ (au-êr aêr) « air »[111], ἄημι « je souffle ». La rac. AWE « souffler », se présente ailleurs sous la forme WÊ : sk. oa-ta et vd-yâu vent », lat. ventuê, german. icind, lit. vé-ja-s, vsl. vèja-ti « souffler », etc.

1 Aven, s. f., rivière (vieilli, mais conservé dans Pont-Aven et autres n. pr.), vbr. auon, corn. awort, cymr. a/on, gael. abhainn,vT. abann,’gài. Abona, n. pr. : rac. AP et AB « eau », sk. àp-as pl. « eaux », amb-u « eau », lat. am-ni-s « fleuve » de *ap-ni- ou *ab-ni-[112].

2 Aven, s. f., mâchoire. — Étym. inc.

Aviel, s. m., évangile. Empr. lat. Evangelium.

Aviez, s. f., avives (des chevaux). Empr. fr. bretonisé.

Avoultr, s. m., adultère. Empr. fr. ancien avoultre.

Avu, s. m., foie, corn. avu, cymr. afu, vir. da, ir. aeghe, gael. adha> ae. Rapports incertains, étym. inc.

Awalc’h, adv., assez : exactement « à suffisance ». V. sous a- et gwalc’ha.

As-, variante de as-, V. ce mot et *ad-. Azaouez, s. f., attention, égards, respect : équivaut à *az-eoez « redoublement d’attention ». V. ces mots. — Conj.[113]

Azé, adv., ici : pour case, de *muse = *man-se[114], qui remonte à un celt. *mageni sai « en ce lieu-ci », locution au locatif.

Axel, s. ni., variante vieillie de ézel. V. ce mot.

Azen, s, m., âne, cymr. asyn. Empr. lat. asinus.

Aieûli, vb., célébrer un sacrifice, adorer, cymr. addoliu adorer », addatcl « prière » : la forme du vb. sans préf. se trouve dans Tir. âiliu, âil-im, « je demande, je prie », soit un celt. *âliô « je prie », sans équivalent partout ailleurs[115].

Azéza, vb., s’asseoir, mbr. asezaff, corn. ysedha, cymr. assedu, cf. ir.seiss « il s’assit », préf. *ad-, et rac. SED « être assis » universellement indoeuropéenne : sk. sàd-ati « il s’assied », sâd-as « siège » ; gr. ἕδ-ος (hed-os) « siège », ἕζομαι (hezomai) « je m’assieds » ; lat. sed-ēre[116], sēd-ès, got. sit-an « être assis », ag. to ait, al. sitzen, lit. sèd-èti « s’asseoir », si. sçd-a « je m’assiérai », et sèd-èti « être assis », etc., etc. Cf. aussi les articles annes, aé, éc’hoaz, huzel, neiz y aros, etc.

Aznaout, etc. V. sous anaout, etc.

Azoûg, adv., pendant : la locution azoùg ann deiz revient à dire « à port du jour », soit « tant que le jour le porte » ou « se comporte ». V. sous aet dougen.


B

Babouz, s. m., bave : exactement « bav-eux », avec un suffixe dérivatif en plus. Empr. fr. bace. Cf. baô et mormouz.

Babu, s. m., guigne : parait un mot de friandise enfantine passé dans la langue ; il y a une variante babi, et la merise dans le Maine se nomme babiole, cf. normand baguiole> et fr. ancien badeolier « sorte de cerisier ». Empr. fr. probable.

Bad, s. m., étourdissement, étonnement, badauderie, corn. bad « stupide », bàdus « lunatique », vbr. bat « stupeur » : abstrait du lat. populaire *batâre, d’où procèdent aussi fr. béer, béant, bayer et bâiller[117]. Cf. le suivant. Empr. bas-latin[118].

Badaja, badajein (V.), vb., bâiller. Empr. bas-lat. *bataculare> *batacliare[119], d’où aussi fr. ancien baaillier.

Badalen, s. f., dague, poignard. Empr. fr. ancien badelaire « épée courte » (la finale altérée à cause de la fréquence des féminins en -en, noms d’objet ou d’instrument[120]).

Badéz, s. f., baptême : abstrait du vb. badéza. Empr. bas-lat. baptizàre > *batidiare (Loth), cf. corn. bedidhia et cymr. bedyddio.

Bag (bak), s. f., bateau. Empr. fr. bac.

Bagad, s. f., troupe, foule, corn. bagat « troupe », bagas « grappe », cymr. bagad, « grappe, foule », gael. bagaid id. : le sens primitif est « grappe », d’un bas-lat. *bacâta y dér. de bàca, « baie », petit fruit généralement assemblé en grappes. Empr. lat.[121]. — Thurn.

Bagol, adj., sain, robuste : altéré pour *magol[122] « bien nourri ». V. sous maga et meàr.

1 Bach, s. f., croc, hameçon, corn. bah, cymr. bâch, vir. bacc, gael. bac, etc., d’un celt. *bakka ou *bakkos « croc », qui n’a point d’équivalent connu en dehors du celtique.

2 Bâc’h, s. f., prison, cf. ir. gael. bac « empêchement », identique au précédent, à peu près comme on dit en argot « j’ai été au clou » (ounn béd er eâch « … au croc »).

Bac’hein (V.), vb., déconcerter, cf. mir. bacaim « j’empêche », soit « j’accroche ou fais accrocher ». Cf. les précédents.

Baian, adj., alezan : contamination de la finale de alazan et de l’initiale de bayo. Empr. espagnol probable.

Baizik, adj., jaloux (mais non pas en mauvaise part) : pour *gw-eizik « un peu jaloux »[123]. V. sous gw- et oaz.

Bal, s. m., branle, danse. Empr. fr. bal (sens ancien).

1 Bal, s. m., tache blanche au front des animaux domestiques, cheval ainsi marqué, cymr. bal id., ir. bail id., gael. bail « tache » : d’un celt. *ba-lo-, *bal-no-, *bal-yo-, cf. gr. φά-λ-ιο-ς (pha-l-io-s) « noir tacheté de blanc », qui se rattache à la rac. BHÂ « luire »[124].

2 Bal, s. m., baquet, cuvier. Empr. fr. baille[125], lequel procède du bas-lat. *bajula (lat. bajulus « portefaix »). Cf. béol.

Balaen, s. f., balai. Empr. fr. bretonisé balai, mais celui-ci à son tour pris au br. balan. V. ce mot.

Balafen, s. f., variante de balaoen. V. ce mot.

Balamour, prép. : écourté de abalamour. V. ce mot.

Balan, s. m., genêt, mbr. balatn, avec métathèse pour banazl. V. ce mot sous banal.

Balaven, s. f. (aussi balafen), papillon : semble une métathèse de *pabellen avec contamination de *falen. Empr. lat. (acc.) pâpiliônem, et phalaena du gr. φάλαινα (phalaina) « papillon de nuit ».

Balbein(V.), vb., altérer (donner soif). — Étym. inc, mais cf. lat. balbu* « bègue » et le suivant.

Balbouza, vb., bredouiller, barbouiller : du lat. balbtxiïre, ou plutôt d’un adj. br. *balb-ouz (cf. babouz) refait sur *6 a/6-, puis confondu à raison de l’homophonie avec fr. barbouiller. V. sous balbein.

Balé, s. m., marche : dér. de bal au sens primitif de« branle, marche réglée et cadencée »[126]; puis le sens s’est généralisé.

Balek (C), s. m., répugnance : le même que baleg, employé métaphoriquement « cela me fait saillie », comme en argot fr. « cela me sort », pour « cela me répugne » (baleg am eûz). — Ern.

Baled, s. m., auvent : dér. du radical *bal-. V. le suivant.

Baleg, s. m., saillie d’architecture, cymr. balog « saillie », cf. cymr. bal, ce proéminence, pic terminal d’une montagne », ir. et gael. bail « membre » (sens spécialisé), gr. φαλλός (phallos) ; « pénis » : dér., cf. baled.

Bales, s. f., macreuse : dér. de / bal (tachetée).

Balcli, adj., fier, arrogant, cymr. balch, gael. bailc-each, « fort », vir. baie id. : d’un œlt. *balk-o-, lat./a/c-iô « je soutiens »,/a/cram « étai », germ. *balk<t poutre » (ag.6a/Àr,al. balken), soit une double racine BHELK BHELG « être ou rendre fort ».

Bail, s. f., avenue d’arbres. Empr. fr. ancien balle id.[127].

Balir, s. m., variante de baleg dér. du même radical *bal-,

Baltam, s. f., variante de batalm (métath.). V. ce mot.

Bameln (V.), vb., ensorceler, tromper. — Étym. inc.[128].

Banal, s, m., genêt, pour *banazl, cymr. banadl, corn. banathel, d’un celt. *ban-atlo- dont la syllabe radicale est identique à celle du lat. gen-ista. Aucun autre rapprochement ne s’impose. — Conj. Ern. Cf. balan et balaen[129].

Banel, s. f., venelle. Empr. fr.[130].

Bcuàgounel, s. f., pompe : pour mangounell, « baliste, machine », cymr. magnol « canon ». Empr. fr. ancien mangoneau[131].

Bann, s. m., éminence, jet, rejeton, rayon, aile (de moulin), aile (de dévidoir), écheveau[132] (cf. banna « jeter violemment »), cymr. ban, « haut, éminence », vir. benn, ir. et gael. beann, « corne, cime »[133], gaul. *benna, « corne, pointe », dans le n, pr. du lac de Garde Bèndcos (aux nombreux promontoires} : d’une rac GwEN, qui se retrouve dans ag. kn-oll « éminence », al. kn-ollen « motte de terre ». — Mcb.

Bannac’h, banné, s. m., goutte, d’où « un peu » et « taie sur l’œil », corn. banna, vir. banne « goutte », mir. boinne, ir. et gael. bainne « lait » : soit une base celt. *ba-nyà, ou bien *bannyà (pour *bat-nyà) « liquide », rac. BHA ou BHAT ; cf. ag. to balhe, al. bad-en « se baigner », etc.

Banniel, s. m., bannière. Empr. fr. altéré.

Banô, banv, s. f., truie en gésine, corn. baneu « pourceau », cymr. banw, vir. banb, ir. et gael. banbh (et Ranffn. pr. de lieu), d’un celt. *banwo-, fm. *banwâ, qui n’a point d’équivalent connu ailleurs.

Banvez, s. m., festin, gael. banais « noces », ir. bain-fheis a repas de noces », qui suppose un celt. *benâ-wësti-i « repas de la femme » : le second terme, identique au cymr. gwênt « repas », à Vir. feis « nourriture », au visl. vist id M se rattache à la même racine que le lat. oes-ci « se nourrir » ; sur le premier, cf. ében.

Baô, s. m., engourdissement, stupidité, timidité. — Étym. inc.[134].

Baot, s. m., voûte (pl.-ou), d’où « tortue » (pl.-ed), aussi vaot. Empr. lat. volta < voluta « arrondie ». Cf. bolz.

Baouik, s. m., nasse, mannequin : pour *baoug-ik, dimin. d’un celt. *bolgosac », corn. et cymr. bol « le ventre », ir. bolg « sac », gaul. latinisé bulgù « sac de cuir » (d’où fr. boug-eïte et ag. budg-et) ; soit une rac. BHELGH « s’enfler », en divers états, qu’on retrouve dans lat. *folg-oi- > follis « soufflet, ballon à jouer >, al. balg « soufflet », ag. belly « la panse », etc., etc.

Baoz, s. f. f litière à fumier, mbr. baus, cf. cymr. baw « ordure », fr. boue et bouse, tous termes d origine inconnue ; ce dernier, toutefois, pourrait bien se rattacher, avec baoz, au même radical que fr. bœuf. V. sous bù et buc’h.

Bâr, s. m. (aussi barr), sommet, comble, branche haute, branche, corn. et cymr. bar « sommet », vir. barr, ir. bârr, gael. bàrr, gaul. *Barros conservé dans le n. pr. « Bar » (lieux situés sur une hauteur) : d’un celt. Harso-, sk. barsâ « bout », bhrtfi « pointe[135] », lat. fastigium (= *farstîgio-), vhal. parrën « faire saillie », etc.

Bara, s. m., pain, corn. et cymr. bara, cf. vir. barg-en, ir. bairghean, gael. bairghin, « pain, gâteau » : ces derniers d’un celt. *barg-o-, cf. lat. ferc-tu-m « gâteau d’offrande », ags. byrg-an, « goûter, manger » ; soit une rac. BHERGH sans répondant sûr ailleurs.

Barad, s. m., perfidie, trahison (d’où emprunté fr. barat-erie), corn. bras, cymr. brât, vbr. brat, ir. et gael. brath, vir. brath et mrath (forme primitive) ; cf. gr. ἁ-μαρτ-άνω (ha-mart-anô), « je me trompe, je pèche », ἁμορτωλή (hamortôlê) « méfait », sans équivalent connu ailleurs.

Baras, s. f., baquet à anses. Empr. bas-lat. *baratta « baratte ».

Barbaou, s. m., bête noire (dont on fait peur aux enfants) : mot forgé par onomatopée, ou corrompu du fr. Barbebleue, ou plus simplement du fr. ancien baboue « épouvantaii », fr. baboue « moue » Hatzf., d’où babouin.

Bark, s. m., barque. Empr. fr. avec changement de genre[136].

Bardel, s. f., barrière, margelle. Empr. fr. mardelle. Cf. bagol.

Baré, s. m., séneçon, mbr. bazre pour *mazre, corn. madere id., ir. madra « garance ». Empr. fr. ancien madéré > madré « veiné, bigarré ». Cf. marella et bagol (m devenu b).

Barf, s. m., variante de barô. V. ce mot.

Barged, s. m., buse, imbécile, musard, corn. barges, cymr. barcud, cf. cymr. cud « milan » : soit donc un composé *bar-cud « milan de branche [137] ». Empr. ags. cyta (ag. kite). V. sous bâr. — Conj.

Bargéden, s. f., nuage devant le soleil : dér. de barged[138].

Bargédi, vb., muser, baguenauder, badauder. V. sous barged.

1 Barlen, s. f., giron, la partie du tablier qui est au-dessus des genoux, cymr. barlen id. : soit « la couverture d’en haut[139] » pour « le haut du tablier, du pagne », etc. V. sous bâr et 2 lenn.

2 Barlen, s. f., verveine : pour varlen, cf. gael. bearbhain. Empr. fr. verveine < lat. verbëna, altéré par dissimilation et imitation du précédent.

Barn, s. f., jugement, cymr. barn, corn. barne « juger », ir. barn « juge » :

d’un celt. *bar-no-, *bar-na, qui se rattache par métathèse à la même rac. que breut. V. ce mot.

Barô (barf, barv), s. m., barbe, corn. et cymr. barf. Empr. lat. barba avec changement de genre.

Barr, s. m., variante primitive de bâr. V. ce mot.

1 Barrad, s. m., astuce : simple prononciation divergente, avec sens légèrement modifié en conséquence. V. sous barad.

2 Barrad, s. m., dans des locutions telles que barrad glaô « grosse averse » (coup violent de pluie) : dér. de bâr, qui a le même sens dans des locutions analogues, soit « comble de l’ondée ». V. sous barr.

Barren, s. f., barre. Empr. fr. bretonisé barre. Cf. barr.

Barrez, s. f., danse de théâtre. Empr. fr. corrompu ballet[140].

Barz, s. m., chanteur public, aussi barh (V.), corn. barth « joueur [d’instrument] », cymr. bardd, « poète, prêtre », vir. bard t ir. bârd, gael. bàrd, gaul. bardos « barde » : d’une rac. qui se retrouve sûrement dans gr. φραδ-ής (phrad-ês) « sage », φράζω (phrazô) « je parle », et peut-être dans germ. (vieux saxon) grôtian « interpeller » ; cf. ag. to greet « saluer », al. grûssen.

Barzennen, s. f., verrou. Empr. fr. targette, avec initiale contaminée de barr « tige » ou barren « barre ». — Conj.

Bfts, s. m., bât. Empr. bas-lat. bastum ou fr. ancien bast.

Baskik, s. m., (petite) scrofulaire : dimin. de *bask. Empr. lat. écourté (ver)bascum « bouillon-blanc ». — Conj.[141]

Basta, bastout, vb., suffire, satisfaire. Empr. fr. ancien baster (conservé dans baste ! « il suffit, n’en parlons plus »), cf. ital. bastare.

Bastroulein (V.), vb., barbouiller, embrouiller., cf. br. bastroulh « souillon », fp. trouille id. f provençal mastroui ou mastroulha « manier malproprement », termes d’argot. Empr. fr., et cf. stroul.

Batalm, s. f., fronde : exactement « bâton-fronde », l’arme dont le nom technique est en fr. « fustibale ». V. sous baz et talm.

Bataraz, s. f., massue, gourdin : pour *mataraz, sous l’influence de bâz. Empr. fr. ancien matras « grosse flèche ».

Bâv, s. m. (d’où bava « stupéfier »). V. sous baô.

1 Bâz, s. f., bâton, aussi bac h (V.) : d’un celt. *battà, auquel se rattachent cymr. baihu « battre [monnaie]», bath « monnaie », ir. bas et gael.ôà* ce mort », vir. bathach « moribond », gallo-lat. populaire batuere, battuere (d’où ir. battre) et anda-bata (nom d’un genre de gladiateur) ; cf. ags. beadu « combat »[142].

2 Bâz, adj., peu profond, corn. et cymr. bas : abstrait d’une locution telle que « les eaux sont basses » (bâz eo ann dour). Empr. lat. bassus.

Bazoulen, s. f., battant de cloche : formé sur un type de dimin. *baz-oul- (bahoul V.), soit un celt. *batt-ul-inna. V. sous bâz.

, s. m., bêlement. Cf. bégia. Onomatopée.

Béach, s. m., voyage. Empr. fr. ancien veiage, veage, id.

Béaoli, s. m., fardeau, mbr. bech, cymr. baich id. : soit un celt. *baksi-> forme de métathèse par rapport au lat. fasci-s « faisceau », auquel on ne connaît pas d’autre équivalent[143].

Bék, s. m., bec, pointe : gaul. *beccos (d’où le surnom lat. Beccô), qui a passé au fr. (bec), à l’ital. (becco) et à l’ag. (beak), mais qui ne se retrouve avec certitude nulle part ailleurs[144].

Békéd, s. m., brochet : dér. de bék (museau pointu).

Béd, s. m., monde, corn. en-bit « au monde », cymr. byd, ir. et gael. bith, gaul. *bitu- dans le n. pr. Bitu-rix « roi du monde », etc. : d’un celt. *bitu-, dér. de rac. celt. BEI « vivre ». V. sous béô.

Bég, s. m., variante de bék. V. ce mot et les suivants.

Bégar, s. m., mélisse : dér. de bég[145], cf. békéd et bégek.

Bégek, s. m., saumon (fr. bécàrd) : dér. de bég.

Bégel, s. m., nombril, zeste de noix (le second sens est dérivé), corn. begel, cymr. bogail. Empr. lat. buccella « petite boucle ».

Bégia, vb., bêler, chevroter, mbr. baeguel « bêlement », corn. begy « braire », cymr. beichio « mugir », ir. béecim « je beugle », etc. : d’un celt. *baik-iô, ou *baikk-iô, et cf. bé.

Bégin, s. f., soufflet : dér. de bég (instrument à bec). Cf. pourtant lat. burina « trompette » et lat. machina, toutes formes qui ont pu se contaminer et se confondre en bégin et mégin. V. ce dernier mot.

Bec’h, s. m., variante primitive de béac’h.

Bélek, s. m., prêtre, mbr. baelec, équivaut à un dér. *bac(u)l-ûco-s « qui porte un bâton » ; cf. cymr. bagl « bâton » et plus spécialement « la houlette pastorale ». Empr. lat. baculus[146].

Bêler, s. m., cresson d’eau, corn. bêler, cymr. berwr, vir. biror > bilor, ir. biolar, gael. biolaire, gallo-lat. berula (d’où fr. berle et esp. berro), etc. : d’un celt. *ber-uro-, dér. d’un radical *ber- signifiant « source », qui parait se retrouver dans gr. φρέ-αρ (phre-ar) « puits », ag. bourn, al. born et brunnen « fontaine », etc.

Belc’h, s. m., graine de lin, baie : originairement forme de pl. de bolc’h « cosse de lin », qui existe aussi et dépend du type gaul. bolga ou bulga « sac ». V. sous baouik.

Béli, s. f., puissance, autorité. Empr. fr. ancien bailie = baillie.

Bélôst, s. m., croupion : préf. *gw- > *be- et lôst. V. ces mots.

Bemdez, bemdiz, adv., adj., chaque jour, quotidien, ouvrable ; cf. pemdèziek, à initiale restée pure. V. sous pep et deiz[147].

Bén, s. m., dans mêan bén « pierre de taille » : abstrait de béna.

Béna, vb., tailler, mbr. benaff, ir. be-n-im « je frappe » : dér. d’une rac. BHEI (état réduit BHI), « frapper, couper » (cf. vir. ro-bi « il frappa », bi-the « frappé »), laquelle apparaît le plus souvent sous la forme BHID, sk. bhinàt-ti « il fend », gr. φιτρός (phitros), « copeau[148] », lat. find-ere, got. beit-an « mordre » (ag. to bite, al. beissen), etc., etc. Cf. bom, bouhal, kémènev et dispenna.

Beṅdel, s. m., moyeu : pour *bedel[149], cf. cymr. both, bothell, « rotondité, bouteille, moyeu », etc. Empr. bas-latin botellus.

Beṅdem (V.), s. f., vendange. Empr. lat. vindēmia.

Béni, s. f., bobine, cf. mbr. benny « bobine, corne, cornemuse » : dér. de bann. V. ce mot, et cf. biniou.

Bennâk, bennâg, quelconque : pour *pep-nàg. V. ces mots (la négation au sens simplement explétif ou indéfini qu’elle revêt aussi dans les phrases exclamatives).

Bennaz, bennoz, s. f., bénédiction, mbr. bennoez, corn. bennath, cymr. bendith. Empr. lat. altéré benedictio. Cf. binnizien.

Beṅs, s. f., vesce (aussi bes). Empr. fr., cf. beṅdel.

Beṅt, s. f., menthe. Empr. lat. mentha, et cf. bagol.

Beṅtonik, s. f., bétoine. Empr. lat. betonica, et cf. bens.

Benvek, s. m », outil, mbr. benhuec, corn. ancien binfic « beneflcium », cymr. benffyg « prêt[150] ». Empr. lat. beneficium.

Béô, adj., vif, vivant, corn. et cymr. byw, ir. bin > beo, gael. beo, d’un celt. *biwo, rac. Gwl « vivre » : sk. jivà « vivant », gr. βίος (bios) « vie », lat. vious, vïta, lit. gyuoae et vsl. zivû « vivant », got. qius auquel se rattachent ag. quick « vif » et al. queck > keck « emporté », etc., etc. Cf. bëd y biciky boed, buan, bues, etc.

Béol, s. f., cuve, mbr. beaul, corn. et cymr. baiol. Empr. bas-lat. bajula. V. sous 2 bal[151].

Béon, s. m., étrape : peut se rattacher à la rac. de béna.

Béôtez, s. m., bette. Empr. lat. bèta ou fr. bette[152].

Bépred, adv., toujours : pour *pep-pred. V. ces mots.

Bér, s. m., broche, corn. et cymr. ber, vir. bir, ir. et gael. bior « aiguillon » : soit un celt. *gweru- > *beru-, lat. veru « broche », qui n’a point d’équivalent certain ailleurs (βαρύες· δένδρα (barues ; dendra) Hesych.).

Béra, vb., couler, br. bèrad « goutte », cymr. beru et dy-feru « couler ». — Étym. inc.[153].

Berboell, s. m., inconstance, légèreté. V. gous berr etpoell.

Béred, s. f., cimetière, mbr. bezret, cymr. beddrod = beddrawd « chemin de tombes » (?) : composé, dont le premier terme est béz, et le second un mot de même nature que 1 rèd, ou bien identique à vir. râitk, que M. Stokes rapproche de gaul. Argento-ratum et de lat. pratum, soit donc « pré » ou « terrassement de tombes ».

Berjez, s. f., verger. Empr. fr. bretonisé par l’initiale et la finale[154].

Bern, s. m., monceau, corn. bern, soit *berg-en- dér. d’une rac. BHERGH : cymr. ber-a « monceau », brynn « colline », gaul. n. pr. Berg-omum « Bergame », sk. brh-ànt- « élevé », visl. bjarg « rocher », al. berg « montagne », vsl. brêgû « berge » (empr. germ. ?), etc.

Bernout, vb., importer, corn. bern « souci », peut-être apparenté à cymr. brwyn, ir. bran « tristesse » : soit *mr- > *br-, et cf. got. maurn-an « se soucier », ag. to mourn « s’affliger », gr. μέρ-ιμνα (mer-imna) « souci ».

Bérô, s. m., bouillon, ébullition (aussi bero), cymr. berwi « bouillir », ir. berb-aim « je bous » : rac. BHERw, lat. feroere « bouillonner », cf. sk. bhur-àti « il tressaille », gr. φύρ-ειν (phur-ein) « tremper ».

Berr, adj., court, corn. ber, cymr. byr, ir. ber> gael. beàrr (et béarraim « je tonds ») : suppose un celt. *ber-so- « court » (cf. gr. φάρσος (pharsos) « fragment »), dont le radical plus simple apparaît peut-être dans φάρω (pharô) « diviser », lat. for-àre « percer », ag. to bore et al. bohren id.[155].

Berv, s. m. (d’où beroi « bouillir »). V. sous bérô.

Berz, s. m., défense. Empr. bas-lat. bersa « clôture »[156].

Bes, s. f., vesce. Empr. fr. Cf. bens.

Bes-, préf. péjoratif (aussi bis-), emprunté au fr., dans bes-aigre, bé-vue. bis-cornu, etc., indiquant la privation ou le mauvais état de l’objet dont le nom forme le second terme du qomposé. Cf. quelques-uns des mots suivants.

Besk, adj., écoué, mutilé : ce mot bizarre parait abstrait de composés, indiquant une infirmité, où le préf. bes- était suivi de mots commençant par un A, tels que bes-kourn « écorné », bas-lat. *bis-càdus « sans queue », à moins qu’il ne soit lui-même violemment écourté de ce dernier [157].

Beakel, s. f., biais, guingois. V. le précédent.

Besken, s. f., dé à coudre : pour *bis-gwain « gaine de doigt ». V. sous 1 bîz et gouhin.

Beskoul, s. f., variante de biskoul. V. ce mot.

Bestéod, adj., sans langue, bègue. V. sous bes- et téôd.

Beatl, s. f., fiel, bile, corn. bistel, cymr. bustl id : l’équivalent ne se retrouve qu’en lat. Hislis > bïlis.

Bété, béteg, prép., jusque : dér. par un suff. adjectivo-adverbial (cf. adalek) de mbr. bet, cymr. bet, vbr. beheit < pe-heit, « combien long, aussi longtemps que ». V. sous pe et héd.

Beuf, beufik, s. m., bouvreuil : on dirait une confusion du nom de l’oiseau (« petit bouv-ier ») avec le nom de l’animal dont il suit assidûment les pas (« bœuf » à la charrue). Empr. fr.

Beulké, adj., hébété, ahuri, imbécile : dér. avec métathèse du fr. ancien beugle « bœuf » (lat. buculus), cf. fr. beugler. — Conj.

Beûré, s. m., matin, corn. a-car « tôt » et a-vorou « demain », cymr. a-vory « demain », y-bore et yn-vore « au matin », boreu « matin », vir. im-bârachi ir. mârach et gael. maireach « demain » : suppose un celt. *barego-, sans équivalent ailleurs[158].

1 Beûz, s. m., buis. Empr. lat. buxum ou fr. bouis (?).

2 Beûz, s. m., grimaud, petit écolier : comme qui dirait « bousilleur » (dimin. beàzik). Cf. le suivant.

Beûxel, s. m., bouse, cf. ir. et gael. buachar. Origine obscure. V. sous baoM.

Beûzi, vb., noyer, inonder, mbr. beuziff, corn. bedhy, cymr. boddi> « noyer, se noyer », ir. bàidim « je plonge » : soitun celt. *bâd-iô, rac. OwÂDH, sk. gah-ati « il plonge », gddhâ « gué », etc, et cf. gr. βαθ-ύ-ς (bath-u-s), « profond », βένθ- ος (benth-os) ; « gouffre », βῆσσα (bêssa) « cavité ».

Bév, adj., variante de béa. V. ce mot.

Béra : vb., vivre ; s. m., vivres, nourriture. Cf. bév.

Béven, s. f., lisière, bord : dissimilé pour *gwëv-en, soit un celt. *webinnà, « tissu, bord du tissu », qui contiendrait rac. WEi avec le même élément amplificatif que al. web-en. Cf. gwéa[159].

Bévérez, s. f. : vive (poisson raince et allongé) ; orpin, vermiculaire (plante à tige grêle et rampante). Empr. lat. vipera (d’où aussi fr. guivre, vouicre, vive), mais sans doute contaminé du vb. béva sous l’influence du fr. vice rapporté par fausse étymologie à vif et vivre.

Bévez, s. m., bienfait, aubaine : pour *benfaéz. Empr. lat. benefacium, et cf. befivek. — Conj. Ern.

Bévézi, vb., dépenser, dissiper : dér. de hèoex.

Bévin, s. m., viande de bœuf. Empr. lat. adj. bov-înum[160].

Béz, s. m., fosse, tombe, corn. bedh, cymr. bedd, d’un celt. *bed-ofosse » : rac BHEDH « creuser », d’où gr. βόθ-ρο-ς (both-ro-s) ; « fosse » (pour ποθ-ρο-ς (*poth-ro-s) φοθ-ρο-ς (*photh-ro-s) ?), lat. fod-iô « je creuse », lett. bed-re « fosse », lit. bed-u « je creuse », etc., etc., ag. bcd et al. bett « lit »[161].

Béza, vb., être. Le détail de la conjugaison compliquée de ce verbe n’appartient qu’à la grammaire : il suffit de constater ici que ses formes se ramènent en général, celles qui commencent par voyelle, à la rac. ES (sk. /te-li « il est », gr. ἐσ-τὶ (es-ti), lat. es-t, ag. e*, al. iW, etc., etc.), et celles qui commencent par b (> p), à la rac. BHU. V. sous bout.

Bézel, s. f., variante de 1 pézel. V. ce mot.

Bézin, s. m., algue, varech : correspond à une forme ancienne *gw-ethin, soit « sorte commune de brousse », vbr. ethin « plante broussailleuse », corn, eythinen, cymr. eithin, vir. aiicnn, ir. aitcann, gael. aitionn « genièvre » V. sous *gw-, mais cf. les notes sous baizik et bécen.

1 Bézô, s. m., bouleau (singul. bezcen), corn. bedeœen « peuplier », cymr. bedw et bedwen « bouleau », ir. belhe « buis », gaul. betu-lla (d’où fr. boul-eau), lat. betula « bouleau » : soit un radical celto-lat. *betu- et *beitco’, qu’on ne rencontre point ailleurs.

2 Bézô, adv., si fait : exactement « cela sera », futur de bèza.

Bézou, s. m., variante de bizou. V. ce mot.

Bézvoud, s. m., liseron : le premier terme paraît dér. de la rac BHENDH, qu’on trouvera sous boaz cf. le nom ag. bind-weed « plante qui enlace ». V. le second terme sous gwivoud. — Ern.

Bian, adj., variante de bihan. V. ce mot.

Biken, adv., jamais (au futur) : abrégé de birvikenn. V. ce mot.

Bîd, s. m., as : identique au suivant par métaphore obscène. — Conj.

Biden, s. f., variante de piden. V. ce mot.

Bidéô, bidev, s. m., gaffe. Empr. fr. altéré[162] bident.

Biel, s. f., vielle. Empr. fr. (v > b, cf. berjez).

Bigôfek, adj., pansu : préf. bi-[163] et kôf. V. ce mot.

Bigornen, s. f., bigorneau. Empr. fr. bigorne.

Bigria, vb., braconner : poxv*pigria, originairement sans doute « gueuser. vagabonder ». Empr. fr. pègre « gueuserie » (argot)[164].

Bihan, adj., petit, corn. bcchàn, byhan, cymr. bychan id. : dér. d’un celt. *bekko- (cymr. bach, vir. becc, ir. et gael. beag), qui n’a point d’équivalent ailleurs[165], mais dont le radical semble se retrouver dans l’ital. piccolo et l’esp. pequ-eño.

Bilen, adj., s. m., roturier. Empr. fr. vilain.

Bill, s. m., galet. Empr. fr. bille, d’où le singul. bilienn[166].

Bilôst, s. m., variante de belôst. V. ce mot.

Binim, s. m., venin. Empr. fr. ancien *venim, d’où venim-eux.

Biniou, s. m. pl., cornemuse : pl. de béni. V. ce mot.

Binnizien, vb., bénir. Empr. lat. benedictionem [dare.

Bioc’h, s. f., variante de buc’h et buoc’h. V. ces mots.

Bionen, s. f., tire-lire : dér. de l’empr. fr. billon[167].

Biorc’h, s. m., petite bière. Empr. fr. bière[168].

Biouil (V.), s. m., variante de gwil = goell. V. ces mots.

Bîr, s. f., flèche : pourrait se rattacher à la rac. de béna ou à celle de bér. V. ces mots. Cf. aussi cymr. bwrw « jeter », et lit. btr-ti dans kriuszà byra « il grêle ». — Ktym. inc.

Birc’houidik (V.), s. m., pépie : altération bizarre, avec addition de suff. dimin. ; du lat. pituïia > pipita, d’où viennent aussi fr. pépie et al. pfiffa > pfipfs > pips. Empr. lat. V. sous pibit.

Birvi, vb., bouillonner : dér. de berv. V. ce mot.

Birvikenn, adv., jamais (au futur), mbr. bûhuyquen, corn. bys vycken, etc. : exactement « à jamais, toujours, désormais » ; le premier terme est bet* (sous bété), le second une forme du vb. béza, et le troisième ken[169] soit donc « autant tant que sera »[170].

Blekoas, adv., jamais (au passé) : soit *bet-c J hoajs « aussi longtemps encore », d’où « jusqu’à présent ». Cf. le précédent.

Biskoul, s. f., panaris, chenille : le premier sens est le primitif, cf. cymr. bystum « panaris ». Empr. fr. apostume[171].

Bitrak, s. m., petite grive (aussi gwitrak). Le fr. a les noms d’oiseaux iraquet et titrée (Littré, God.). Étym. inc, empr. fr. probable.

Bivik-Doué, s. m., coccinelle (bête à Bon Dieu[172]).

1 Bis, s. m-, doigt, corn. 6y$, cymr. bis, bys, bes, cf. vir. biss « cheville » : soit un celt. *bissi-, sans équivalent ailleurs[173].

2 Bis, s. m-, N.E., vent de N.-E. Empr. fr. bise.

Bizou, s. m., bague (fr. bijou est empr. br.), mbr. besou, corn. bisou, cymr. byson id. : dér. de 1 bîz.

Bizourc’h, s. f., chevrette : contamination du fr. ancien bisse « biche » avec le br. iourc’h. V. ce mo’t et cf. ében.

Blft (T.), s. m., variante de bloa et bloaz. V. ces mots.

Blaàk, adj. v délicat, faible : exactement « pâle ». Empr. fr. btanc.

BlAs, s. m., goût[174], cymr. blàs, ir. et gael, blas } mais vir. mlas id. : soit un celt. *ml-asto-, cf. tchèque mlsatia lécher » et russe mohatïa sucer », peut-être apparenté à mél. V. ce mot.

Blasc’hoarc’h (V.), s. m., sourire : soit « goût (avant-goût) de rire ». V. sous bldz et c’hoarz[175].

1 Blé (T.), adj., faible, mou, cymr. blydd « tendre, délicat » : soit un celt. *bli-yo-, qui paraît se rattacher à la même rac. que cymr. blin « fatigué », vbr. pl. blin-ion « inertes », gael. bilan « insipide », cf. sk. glâ-nàs « épuisé ». V. aussi sous blôd, et Mcb. s. v. blian.

2 Blé (V.), s. m., variante de bloa et bloaz.

Blein (V.), s. m., bout, mbr. blein « sommet », cymr. blaen : pour *brein (gaul. brennos « chef »), qui parait se rattacher en définitive à la même rac. que bern. V. ce mot et Méfia.

Bleiz, s. m., loup, corn. bleit > bleidh, cymr. blaidd, etc., vir. bled, « loup, cerf, baleine », ce dernier gardant encore le sens vague du lat. bëlua ou bellua (= *beld-va ? Stokes) « bête sauvage », sans équivalent connu ailleurs (la forme celt. est *bled-yo-).

Bléja, vb., beugler : dér. du précédent « cri de bête fauve » ; ou cf. cymr. bloedd « cri », gr. φλοιδ-άω (phloid-aô) « je bruis » ou φλοῖσϐ-ο-ς (phloisb-o-s) ; « tumulte » ; ou tout simplement empr. fr. avec métathèse.

Bléna, blénia, vb., conduire, gouverner : dér. de mbr. blein « sommet », et cf. vbr. breni « proue ». V. sous blein.

Blenchou, s. m. pl., extrémités. Cf. blihchen.

Bléô, s. m., cheveu, poil, corn. et cymr. blew et bleu> d’un celt. *blowi- t sans équivalent ailleurs (gr. φλοιός (phloios) « pelure »).

Blérixn, s. f., métathèse pour bréôlim. V. ce mot.

Bleûd, s. m., farine, corn. blot, cymr. blawt> blawd, vbr. un-blot « d’une seule farine » : soit un ppe passé celt. *mlâ-to- « moulu », lit. millai, lett. milti « farine ». V. sous mala, et cf. blôd.

Bleûn, s. m., fleur, mbr. singul. bleutuen, corn. blodon > blez, cymr. blodon > blawd, vir. blàth, gael. blàth, soit un ppe passé celt. *blà-tom fleuri » : rac. BHLO, lat. flô-s, got. blô-ma et al. blume « fleur », ag. blooma floraison », etc.

Blim, blin (T.), adj., vif, dispos. Étym. très incertaine [176].

Blingein (V.), vb., cligner, loucher : parait une contamination bizarre de bigler et cligner. Cf. pourtant ag. to blink, al. blinken.

Bliàchen, s. m., sommet : dér. de blin.

Blizen, s. f., année :dér. de bloaz. V. ce mot.

Blizik, adj., difficile en fait de nourriture : cf. cymr. blyaig « friand », dér. de blye « concupiscence ». — Étym. inc.[177].

Bloa, bloaz, s. m., an (aussi bloé V., etc.), cymr. blwydd, ir. bliadhain gael. bliadhna, vir. bliadain id. : soit un celt. *bleido-, sans aucun équivalent ailleurs[178]. Cf. blougorn, hécléné, warléné, etc.

Blôd, adj., tendre, mou, mbr. bloi, ir. blàith < mlàith, soit respectivement celt. *mlo-ti- et *mlà-ti- « moulu ou susceptible de l’être ». V. sous bleùd, et cf. blé[179] et blougorn.

Bloc’h (V.), adv., totalement. Empr. fr. (en) bloc.

Blonek, s. m., saindoux, cymr. bloneg, mir. blonac, ir. blonog, bluinic, gael. blonag « graisse ». — Étym. inc[180].

Blousa, vb., meurtrir : le br. fr. a un vb. blosser, qui pourrait être une contamination de blesser et crosser. Cf. biosein.

Bloùtek, s. m., variante corrompue de 2 lontek.

Biosein (V.), vb., variante de blonsa. V. ce mot.

Bloué, s. m., peloton : pour ploué (attesté par Grégoire). Empr. fr. ancien ploi, « ploiement, objet sur lequel on ploie ».

Blougorn, s. m., bouvillon : pour * blôd-gorn, soit un celt. *mloto-kornoaux cornes tendres ». V. sous blôd et korn, et cf. bloa[181].

Blouc’h, adj., glabre, net : pour *plouc J h < *pelouc’h. Abstrait de Tempr. bas-latin, pïluccâre « épiler ». — Conj.

Bloui, vb., blâmer, mbr. blouhi, cf. cymr. blyngu « irriter », dér. de blwng = celt. *blungo- « irrité ». — Conj. Ern.

Boar (T., V.), adj., variante de bouzar. V. ce mot.

Boas, s. m., coutume, cymr. moes, ir. et gael. beus, vir. bés, gaul. bëssus « habitude » : soit *beid-tu-, dér. de rac BHEIDH « croire » (gr. -ïuéO-o-H « t, lat. Jid-ês t etc.) ; ou *bend-tu-, dér. de rao. BHENDH « lier » (sk. badh-nâ-U 9 al. bind-en, ag. to bind, etc.)[182].

Boku(C), s. m., sorte de cormoran. Onomatopée (?).

Böd, s. m., buisson, corn. bos : le mot est sûrement celt., bien qu’on ne lui connaisse pas de répondant certain ailleurs ; cf. ag. bush, al. busch, roman bosco, etc., d’étymologie également indécise. V. sous bouch.

Bôdréou, s. m. pl., guêtres : pluralisation bretonne de l’empr. fr. *baudrei, qui est à la base du fr. ancien baudroyeur « ouvrier en cuir ».

Boed, s. m., aliment, appât, corn. buiy, cymr. bwyd, vbr. pl. boit-ol-ion « nourrissants », cf. vir. biad, ir. et gael. biadh id. : suppose un celt. *bei-to- (cf. lat. vi-ta), dont on trouvera la rac. sous béô.

Boéden, s. f., moelle (des plantes) : dér. du précédent[183].

Boest, boestl, s. m., boîte. Empr. fr. ancien boëste.

Bôc’h, s. f., joue, corn. et cymr. boch. Empr. lat. bucca.

Bolc’h, s. m., cosse de lin, cymr. bul, vir. bolg « outre » : d’un celt. *bolg-o- « sac », dont on verra les équivalents sous baouik.

Bolod, s. m., variante de poulout. V. ce mot.

Bolz, s. f., voûte (aussi volz). Empr. bas-lat. *volsa pour volta, ou fr. ancien *volse, d’où voussure. Cf. baot.

Bolzen, s. f., lézarde : dér. du précédent[184].

Bom, s. m., rehaut entre deux sillons : étymologiquement « coup, coupée » [du soc de la charrue], corn. bom « coup », vir. béirn, d’un celt. *bei-smenou *ben-smen- « action de frapper ou de couper ». V. la rac. sous béna.

Bombard, s. f., hautbois. Empr. fr. bombarde.

Bondil, s. m., tremble, de gwén « souple » et délien. — Conj.

Boùgors, s. f., butor, cf. cymr. bwmp y yors « butor de roseaux » (oiseau de marais). V. sous kors, et onomatopée[185].

Bonn (V.), s. m. borne. Empr. bas-lat. bodina, lui-même d’origine celtique (cf. Thurncysen, Keltorom., p. 91), ou simplement fr. altéré borne.

Bonn, adj., borgne. Empr. fr.

Borod(C), s. m., rêverie, radotage, niaiserie, cf. ir. buaidhirt « trouble », buaidhrim « je dérange » (d’où parait emprunté ag. to bother « vexer » Skeat), gael. buaidhcam « caprices ». — Étym. inc.

Borzévellek[186], s. m., grosse grive : dér. de l’empr. bas-lat. * borticello (pour *cortibello « volteur »), d’où aussi fr. bartaoelle.

Bos, s. m., et Bosen, s. f., peste, mbr. boçen « tumeur », d’où « pustule caractéristique de la peste ». Empr. fr. bosse. Bôtel, s. m., botte, faisceau : abstrait du vb. bôtella. Empr. fr. botteler.

Botez, s. f., chaussure, pl. botou. Empr. fr. botte.

Bouk, adj., mou, tendre, vbr. buc « pourri », vir. bocc, ir. et gael. bog « tendre » : suppose un celt. *buggopour *bugno-, sk. bhug-nâ-, « courbé, flexible », ppe passé de la rac. BHUG, got. biug-an (ag. to bote, al. biegen « courber », ces trois de rac. BHUGH), gr. φεύγ-ω (pheug-ô) « je fuis » (exactement « je dévie » ), lat. fug-iô, fug-a, etc.

Boud, s. m., bourdonnement. Onomatopée.

Boudédéô, s. m., le Juif errant. Empr. bas-lat. n. pr. Buttadeus (= qui buttat Deum « le frappe-Dieu » ).

Boued, s. m., variante de boed. V. ce mot.

Bouec’h, s. f. (V.), variante de mouéz. V. ce mot.

Bouch, s. m., touffe, bouquet. Empr. fr. ancien bouche « touffe », dont la variante dialectale bouque a donné le dér. bouquet[187].

Bouc’h, s. m., bouc, corn. boch, cymr. bwch, vir. bocc, etc. : suppose un celt. * bukko-, cf. ag. buck « daim », al. bock[188] et zd buza « bouc ».

Bouch’al, s. f., cognée, mbr. bouhazl, vcorn. buhell, cymr. bwyell, vir. biail id. : soit un celt. *bei-ali-, cf. vhal. bï-hal > al. beil « cognée ». V. la rac. sous béna.

Boul, s. f., boule. Empr. fr.

Boulas, s. f., bourgeon : semble une variante de bolos = polos. V. ce dernier mot[189].

Boulc’h, s. m., entamure, brèche, cymr. bwlch, vir. baignai, ir. et gael. bit « bord », bealach « défilé », sk. bila « trou ». — Étym. inc.[190]

Boulien, s. f., taon, variante probable de mouien. — Conj. Ern.

Boull, adj., transparent : pour *gw-wel « dessous [quoi] on voit ». V. sous *gw- et gwél. — Conj. très hasardée.

Boulien, s. f., prostituée : terme d’injure dér. de poull. — Conj.

Boulskaô, s. m., hièble (sureau en boule) ; cf. skaô.

Bounta, vb., pousser, heurter. Empr. bas-lat. buttûre ou fr. bouter[191] (cf. boutoir « heurtoir » ). V. aussi Boudédéô.

Bouras, s. m., cartilage (corrompu en bourlas et bourlaûs). Empr. fr. bourras (en tant que bourre insérée dans les interstices des os).

Bourbell, adj., qui a de gros yeux à fleur de tête. — Étym. inc.[192].

Bourboulla, vb., fouir du groin. Onomatopée, et cf. fr. bourbe, barboter, etc., et br. bourbouten.

Bourbounen, s. f., pustule. Empr. fr. altéré bubon.

Bourbouten, s. f., blaireau. V. sous bourboulla.

Bourd, s. m., tromperie, farce. Empr. fr. bourde.

Bourc’h, s. f., bourg. Empr. fr. bourg[193] (de l’al. burg).

Bourr, bourré (V.), adj., mal cuit. Empr. fr. bourru « grossier ».

Bourra (C), vb., s’accoutumer : variante de boaza.

Bout (V.), vb., être, corn. bos, cymr. bot, ir. buith, etc. : d’un celt. *bu-tile fait d’être », sk. bha-ti « prospérité », gr. φύσις (phusis) « nature » (lat. fuit « il fut » ), lit. bâti et vsl. byti « être », nom verbal dér. de rac. BHU[194]. Cf. béza.

Bouta, vb., pourrir, rancir : dér. d’une variante altérée[195] de put.

Boutek, s. m., hotte. Empr. fr. boutique (de colporteur).

Boutin, adj., banal, mbr. butin « profit »[196]. Empr. fr. butin.

Bouzar, adj., sourd, corn. bodhar, cymr. byddar, gael. bodhar, vir. bodar id. : d’un celt. *bodaro-, dont Punique corrélatif connu est sk. badhirâ id.

Bouzellen, s. f., boyau : dér. de m bouzel (pl.bouzellou). Empr. fr. tr. ancien *bodel, du bas-lat. botellus, « boudin, saucisse ».

Bôz, s. f., creux de la main, gael. bas « paume », vir. bass et boss, d’un celt. *boatà y cf. gr. ἀ-γοστ-ό-ς (a-gost-os) ; (et βαστ-άζω (bast-azô) ?).

Bôzen, s. f., œil-de-bœuf (fausse camomille) : dér. de *6ô*, et cf. vir. bas « bœuf » = celt. *bouz%o-, V. sous buc’h.

Brabraô, s. m., jouet : terme enfantin formé par réduplication de braô.

Braé, s. f., broie à teiller : se rattache, directement ou par emprunt à la nombreuse famille des mots en *bhr-qui signifient « briser », tels que lat. frang-ere (fràc-tus) et got. brik-an (ag. io break, al. brechen), cf. fr. broyer et briser, cymr. brau « fragile », ir. com-brug-ad « briser ». V. aussi berr et î brézel.

Braga, vb., s’amuser, s’émanciper, se pavaner : exactement « mettre des culottes, entrer dans l’âge viril[197] ». V. le suivant.

1 Bragez, s. m., culotte (pl. brag-ou) : de *brag. Empr. bas-lat. braga (cf. provençal brague, d’où braguette, et fr. braie) } et celui-ci latinisé du gaul. brûca, nom du vêtement traditionnel et bien connu des Gaulois[198], qui a produit aussi Tag. breech-es.

2 Bragez, s. m., germe de blé, cymr. bragad « rejeton » ; cf. corn et cymr. brag et ir. braich « malt », vir. mraich, gaul. brace (nom d’une céréale), sans équivalent en dehors du celt. Cf. pourtant Mcb. s. v. et brein.

Bramm, s. m., pet bruyant, corn. et cymr. bram, gael. braim, vir. braigim « je pète » : soit un celt. *brag-smen- « éclat », dér. de la même rac. que braé[199]. V. ce mot.

Brân, s. f., corbeau, cymr. bran, corn., ir. et gael. bran, soit un celt. *gwranà dont les éléments se retrouvent, mais sans aucune précision, dans le vsl. gacranû. V. la rac. probable sous garan.

Brank, s. m., rameau. Empr. bas-lat. branca ou fr. normand branque.

Branel, s. f., béquille, loquet, tourniquet, etc. : dér. de bran-, avec le sens du fr. « bec-de-corbin ». V. sous bran.

Bransel, s. f., berceau. Empr. fr. balancelle[200].

Braô, adj., beau. Empr. fr. brave « beau » (en patois).

Braok, s. m., bar. — Aucune étymologie sûre[201].

Braoued, s. m., boisson. Empr. fr. brouet « bouillon ».

Brâz, adj., grand, corn., cymr. et vir. bras, d’un celt. *brassos = lat. grossus (d’où fr. gros), sans autre équivalent connu[202].

Brazéd, s. m., méteil (gros blé). V. sous brdz et éd.

Brazez, adj., [femme] enceinte : dér. de brâz.

1 Bré (C, dans oar ar bré « en haut » Ern.), autrefois s. m., colline, corn. bry, cymr. bre, vir. bri (ace. brigh), gael. bvaighe (en tête de n. pr. comme Braid-albainn), gaul. *brig- dans Briganiia « Bregenz » et autres ; cf. al. berg « montagne », etc. V. la racine sous bern.

Bré, s. m., peine, travail : soit « brisure[203] », de la même rac. que

3 Bré, s. f., variante de braé. V. ce mot.

1 Bréac’h, s. f., bras, corn. brech, cymr. braich. Empr. bas-lat. bracoia (pl. nt. de bracchium pris pour un fm. sg.

2 Bréac’h, s. f., variole, vaccin, cymr. brech id., et cf. brych « tacheté », d’un celt. *mrkko-. V. sous brîz et 2 brèzel.

Brégas (V.), s. m., rot : se rattache au même radical que breùgeùd.

Bréchen, s. f., brin de bois long et mince : pour broc’hen[204]. Empr. fr. broche.

Bréc’haô, adj. f., stérile. Empr. fr. ancien brehaigne id.

Brein, adj., pourri, mbr. breyn, vbr. pl. arci-bren-ou 9 cymr. bracn, vir. brèn, ir. et gael. breun id. : suppose un celt. *mra/c-/u>-, cf. lat. marcidu-s « rance », marc-ère « se faner », qui paraît se rattacher à la même souche que 2 bragez.

Breiz, s. f., Bretagne : d’un celt. *Brittià (Procope), d’où l’ethnique Brittones, corn. Brethon, cymr. Brt/thon, vir. Brelan, et le dér. br. brézônek = brittonicm. Cf. d’Arb., R. celt., XIII, p. 398.

Brell, s. m., brème, perche : formation diminutive sur le même radical que braok. V. ce mot. — Conj. Ern.

Brellé(V.), s. m., jachère. Empr. fr. brelée[205].

Bréma, bréman, adv., maintenant : pour *pred-man « en ce temps-ci ». V. sous aman et préd.

Brenk, s. m., nageoire, aileron. Empr. lat. branchia[206].

Brenn, s. m., son, cf. cymr. brann et fr. ancien bran « son », gallo-lat. *brannum et celt. *branno-, sans autre équivalent[207].

Brennik, s. m. (aussi brinnik), bernache, pinne-marine, cymr. brennigen, ir. bairnech, gael. bàirneach, cf. le fr., et ag. bernekke>barnacle. Empr. bas-lat. *bernacula[208], dimin. de perna id.

Brennid, s. m., sein : dér. de bronn. V. ce mot.

Bréô, s. f., meule, corn. brou, cymr. breuan, gael. brà, vir. brô (gén. broon), etc. : soit un celt. *brewon-, cf. sk. grâvan « pierre à pressurer », got. qairnus et ag. quern « meule », lit. girnos et vsl. zrûny id.

Bréôlim, s. f., meule à aiguiser : pour *bréô-lemm. V. ces mots.

Bréou, s. m. pl., sortilèges : pl. de brev- (fr. bref) = br. brevet (« brevets » au sens de « formules secrètes »). Empr. fr.

Brésa, vb., froisser, chiffonner, cf. vir. briss-im « je brise » et germ. *bers(-an « crever » (ag. to burst, al. bersten, etc.), peut-être aussi gr. πέρθ-ω (perth-ô) « je ravage », s’il est pour φέρθ-ω (pherth-ô). V. la rac. (ici sous la forme *bres) sous braé et 1 brèzel.

Bresk, adj., fragile : soit un celt. *bres-ko-, V. le précédent.

Breskenna, vb., folâtrer : dér. d’un radical *bresk, cymr. brysg, ir. brise, gael. brisg « agile », cf. ag. brisk. Emprunt Scandinave.

Breûgeûd, s. m., rot : soit un celt. *brdk-àto- qui se rattache, soit à la racine de braé (cf. al. sich er-brech-en « vomir »), soit au mot suivant (en tant que bruit rauque).

Breûgi, vb., braire : d’un radical *brâk-, cf. gaul. latinisé bracillâre et bragiltàre (d’où fr. brailler). Onomatopée.

Breûr, s. m., frère, mbr. breuzr, corn. broder, cymr. braicd (pl.brodyr), gael. bràthair, ir. bràthair, vir. bràthir, d’un celt. *bràtër, sk. bhrâtà. gr. φράτωρ (phratôr) « confrère », lat. frdier, got. brothar (ag. brother, al. bruder), lit. broêer-êli-s, vsl. bratù, etc.

Breût, s. m., plaidoyer, corn. breuth et breus « sentence », cymr. braut et brawd, ir. brâth, gael. brath id. : d’un celt. *brà-to-, ppe passé d’une rac. celt. BERA BRÂ[209]. Cf. barn.

Bréva, brévi, vb., écraser : dér. de bréô. V. ce mot.

1 Brézel, s. m., guerre, mbr. et corn. bresel, ir. Bresal n. pr. d’homme, cymr. Con-bresal id. : suppose un celt. *bren-telo- « briseur, écrasement », dér. de la même rac. que brésa.

2 Brézel, s. m., maquereau, corn. brithel id., cymr. brithyll « truite » : suppose un celt. *brik-tilo- t pour *mrk-tilo- t « marbré, tacheté », cf. vir. brecc « truite ». V. sous bris et 2 bréac’h.

Briad, s. f., brassée : altéré pour brec’had (V.), dér. de 1 bréac’h.

Briken, s. f., brique. Empr. fr.

Brîd, s. m., bride. Empr. fr. (changement de genre).

Briénen, s. f., miette, cymr. briw, corn. brew « brisé » : supposent un plus ancien *bricénen[210]. Cf. brèca et braê.

Brifa, vb., manger goulûment. Empr. fr. briffer (argot)[211].

Briñen, s. m., gruau, mbr. brignhon, corn. brynnian id. : semble déformation analogue à celle de briénen. V. ce mot.

Brîz, adj., moucheté, corn. bruit, cymr. braith et brith, vir. mrecht id. : soit un celt. *mrik-to- < *mrk to- de rac. MERÄG, lit. màrg-a-s « bigarré », gr. μαρ-μαρυγ-ή (mar-marug-ê) « chatoiement », etc. Cf. 2 brèac’h et 2 brézel.

Brizen, s. f., tache de rousseur : dér. du précédent.

Brizi, s. m., motte de tanneur (aussi brézi). Cf. fr. ancien : braUc « drèche » ; bresÎlle « orge à faire du malt » ; bresil « brasier », et aussi « bois de teinture et de tannerie » (God.), à cause de sa provenance. Empr. fr. sûr, mais source indécise.

Brô, s. f., pays, corn. et cymr. bro, cymr. Cym-mro « compatriote » pl. Cymmry, gaul. *brog- dans Allo-brog-es « les gens de l’autre pays », vir. mrug > brug « pays », ir. etgael. brugh « habitation » : suppose un celt. *mrog-i-, qui paraît apparenté au lat. margô « bord » et surtout au germ. mark « frontière »[212], persan marz id.

Broenn, s. m., jonc, cymr. brwyn, cf. vir. broth « épi » : paraissent se rattacher à un radical qui signifie « pointu ». Cf. broc’h.

Broez, s. f., colère : dér. de la même rac. que 2 broud.

Brogonen (V.), s. f., éclair : exactement « éclat ». — Conj.[213].

Broc’h, s. m., blaireau, corn. et cymr. broch, vir. brocc, ir. et gael. broc id. : d’un celt. *bro/cko-, gaul. latinisé broccus (d’où fr. broc « vase à bec », broche, brochet, etc.) impliquant l’idée de « pointu, museau pointu », etc. ; cf. gr. βρύϰ-ω (bruk-ô) « je mords », et russe barsuku « blaireau », s’il n’est empr. ouralo-altaïque (Miklosich). V. encore barr et broenn.

Brôn, s. m., saignée du porc, cf. (non sans une altération inexplicable), vbr. brehant « gorge », cymr. breuant, vir. bràge (gén. brâgat), ir. brâighid, gael. bràghad id. : d’un celt. *bràg-n-(t-), gr. βρόγϰ-ο-ς (brogch-o-s) « larynx », ag. craw « jabot » et al. kragen « col ».

Broun, s. f., mamelle, sein, pis, cymr., corn. et vbr. bron, vir. et gael. bruinne, id. : soit un celt. *brond-à, dér. de la même rac. que gr. βρενθ-ύο-μαι (brenth-uo-mai) « je me gonfle », lat. grand-i-s « élevé » et vsl. grad-ï « poitrine »[214]. Cf. ufern.

Brons, s. m., variante nasalisée de brous. V. ce mot.

Bronzu, s. f., contusion, meurtrissure (d’où bronzua vb. « meurtrir », cf. blousa) : soit « mamelon noir ». V. sous bronn et du.

1 Broud, s. m., aiguillon, mbr. brout, corn. bros, vir. brot id., cf. cymr. brwyd « broche » et brwyd « percé de trous » : soit un celt. *brot-o-, « piquant » (cf. broenn et broc’h), « aiguille », d’où procède aussi le fr. broder, mais dont la rac. est inconnue par ailleurs.

2 Broud, adj v ardent, en fermentation, vbr. brot, « chaleur, zèle », corn. bred-ion « cuire », cymr. brwd « très chaud », vir. bru/A « chaleur brûlante » (gael. bruith « cuire », bruth-ainn « chaleur », broth « prurit ») : celt. *bru-tu-, de rac. BIIERw, cf. thrace βρῦ-το-ν (bru-to-n) « bière », lat. cfëfru-tu-m « moût cuit », ag. fo ôre« ? et al. brauen « brasser », ag. #rotô « bouillon ». V. sous bérô.

Broued, s. m., lissoir. Empr. fr. brouette[215]. — Conj.

Brous, s. m., bourgeon : peut se ramener à un gallo latin *brocium « objet pointu » (cf. broc 9 h et fr. ancien broisson « bourgeon »[216]), ou bien au même primitif que fr. broussin, du lat. bruscum, « loupe, excroissance végétale ». V. les suivants.

Brouskaol, s. m., brocoli. Empr. fr. (d’origine italienne)[217].

Brouskoad, s. m., bocage. V. sous broust et koat.

Broust, s. m., hallier : pour *brous. Empr. fr. brousse[218].

Brousta, vb., brouter. Empr. fr. ancien brouster. Cf. brous.

Broutac’h, s. m., chaleur étouffante. V. sous 2 broud.

Brôz, s. f., jupe, vbr. broth-rac « robe » (vêtement brodé ? cf. / broud), cymr. breth-yn « drap », vir. brait, ir. et gael. brat a manteau » : soit un celt. *bratlâ ou *brotta, sans autre équivalent certain.

Brûk, brûg, s. m., bruyère. Empr. bas-lat. bruca[219], mais celui-ci à son tourgaul. latinisé, cf. corn. grig, cymr. grttg, vir. froech id. : soit un celt. *wroik-â = gr. *ἐ-ϝρείϰ-ᾱ (*e-wreik-a) (?) ἐρείϰη (ereikê). — Très douteux.

Brûd, s. f., rumeur, renommée. Empr. fr. bruit.

Bruched, s. f., sein, jabot. Empr. fr. popul. bruchet < bréchet.

Bruc’hiellein ( V.), vb., rugir, mugir. Onomatopée.

Bru)a, vb., vomir (des petits enfants) : youv *bruglia. Cf. breàgeud m

Brulu, s. m., digitale : soit un mot fr. ancien *broellu > *breullu, etc., « qui pousse dans les broils, fourrés, lieux sauvages » (God.) ; ce dernier d’origine celt. probable, gallo-lat brogilum « lande », cf. brô.

Brumen, s. f., brouillard épais. Empr. fr. bretonisé bruine.

Brusk, adj., variante de bresk (et fr. brusque par contamination ?).

Brusken, s. f., fente de la croûte avant mise au four. Empr. fr. dialectal brèque « brèche », contaminé du précédent. — Conj.

Bruzun, s. m., miette. Cf. briénen et brésa (et fr. briser).

, s. f., variante de buc’h. V. ce mot et cf. bugel.

Bual, s. m., buffle : pour *buval. Empr. lat. bubalus.

Buan : adj., prompt, rapide ; s. m., belette : formation celt. qui correspond à ce que serait en lat. *oïc-anus. Cf. buex, buhan ctbéô.

Bûk(C), s. m., petit houx : écourté de bugélen.

Buez, s. f., vie, vbr. buhez, cymr. buchedd : dér. de buc’h, en tant que la vache, dans les civilisations primitives, est le moyen de subsistance par excellence ; sans aucun rapport avec béa. V. ces mots. — Loth.

Buga, vb., fouler, lessiver. Empr. bas-lat. baedre (d’oii fr. buer, buée, buanderie), le même que l’ai, bauchen « lessiver »[220].

1 Bugad, s. m., petite lessive : dér. du précédent.

2 Bugad, s. m., ostentation, cf. cymr. bugad « grand bruit », d’un celt. *boak-ato- « bourdonnement », de même souche que lat. fucus« frelon »[221].

Bugel, s. m-, enfant[222], corn. bugel, cymr. bugail, ir. et gael. buachaill « berger », cf. gr. βου-ϰολ-ο-ς (bou-kol-o-s) ; « bouvier » : le premier terme est *bouqu’on trouvera sous buc’h ; le second, un dér. de rae. QEL « garder », lat. col-ere, got. hal-d-an (ag. to hold, al. halten).

Bugélen, s. m., petit houx : préf. bu= *gw-, et kélen (bien douteux) ; ou bien *bâk-kélen (cf. bùk, mais ce mot ne s’explique pas davantage).

Bugenn, s. m., cuir de bœuf. V. sous bu et kenn.

Buhan, buhez, variantes graphiques (celle-ci normale) de buan et buez.

Buc’h[223], s. f., vache, vbr., corn. et cymr. buch>bu, soit celt. *boukkà (= lat. *gwak-kà > vacca) : dér. d’un radical *bou« bœuf », ir. bou, cymr. buw, vbr. *bou (dans bou-tig « étable à vaches », cf. tì), br. bû, etc. ; lequel n’est autre que l’i.-e. *gôœ-, « bœuf, vache », sk. gàus, gr. βοῦς (bous), lat. bōs, germ. *kō- (ag. cow, al. kuh), lett. guws, etc., etc[224].

Bulzun, s. f., navette. Empr. fr. ancien bolzon ou bulson, « grosse flèche à tête en verrou, (dans le Morvan) traverse ». — Conj. Loth.

Buns, s. m., muid : mbr. bunçc, pour *muns, nasalisé de *mus. Empr. fr. muid, cf. ital. moggio, du lat. modius.

Buoc’h, s. f., variante de buc’h. V. ce mot.

Burlu, s. m., variante métathétique de brulu. V. ce mot.

Burtugen, s. f., tas de fumier (aussi breiugen) : métathèse pour *buir-ugen, dér. secondaire. Empr. lat. putris « pourri » [225].

Burutel, s. f., blutoir. Empr. fr. ancien blutel « bluteau ».

Burzud, s. m., miracle (aussi burc’hud V.). Empr. fr. ancien vertut[226] pris dans le sens ecclésiastique de « vertu divine ou magique ».

Busella, vb., mugir. Onomatopée, et cf. buc’h.

Butun, s. m., tabac. Empr. fr. ancien pétun[227].

Buzugen, s. f., ver de terre (aussi buc’hugen V. ) : suppose un radical *butt-, qui se ramène sans doute à un emprunt pareil à celui de burtugen, cf. lat. pûtëre « sentir mauvais ».


K

Kab, s. m., bout : autrefois « tète ». Empr. bas-lat. *capum[228].

Kabel, s. m., coiffure. Empr. bas-lat. cappa > dim. capello.

Kabel-dousek, s. m., champignon : exactement « chapeau à crapaud », sobriquet. V. sous kabel et tousek.

Kabellek, s. m., alouette (huppée) : dér. de kabel.

Kabestr, s. m., licou, cymr. cebystr, vbr. cepister. Empr. lat. capistrum[229].

Kablus, adj., coupable, corn. cably, « incriminer, calomnier », cymr. cablu id., vbr. ceple « de façon blâmable » : dér. de Tempr. lat. caoilla (corn. cabal « calomnie ») > *caola « chicane ». — Loth.

Kakouz, s* m., cordier, tonnelier (terme injurieux). Empr. fr. ancien cacou, caqueux « lépreux », aujourd’hui cagot.

Kadarn, adj., brave, cymr. cadarn, celt. *kat-arno-, cf. ir. cath-ach » belliqueux », br. Caioc > Cadoc n. pr. : adj. dér. du même radical que celt. *kat-u- « combat », gaul. Catu- dans Catu-vellauni et autres n. pr., gaul. latinisé n. pr. Catullus ; la rac. KAT se retrouve dans sk. çât-ru « ennemi », gr. ϰότ-ος (kotos) « haine », al. had-er id.[230] ; cf. vsl. kotora « combat », peut-être thrace Κότυς (Kotus) (déesse de la guerre), sauf toutefois ici le défaut d’accord des gutturales.

Kador, s. f., chaise, mbr. cadoer, cymr. cadeir. Empr. lat. cathedra venu du gr. (d’où aussi fr. chaire > chaise).

Kaé, s. m., haie, clôture, quai[231], cymr. cae t vbr. pl. caiou « enclos » : suppose un celt. *kat/o- t identique au germ. *haga- (al. hag « haie[232] », et subsidiairement al. hecke, ag. hedge[233]).

Kael, s. f., balustrade, grille : dér. du précédent.

1 Kaer, s. f., forme ancienne de kéar. V. ce mot.

2 Kaer, adj., beau, mbr. cazr> cymr. et vbr. cadr y gaul. *cadros dans Beletucadrus (surnom du dieu Mars) : soit un celt. *kad-ro-, dér. de rac KAD « se distinguer », pf. sk. ça-çâd-a, ppe pf. gr. ϰε-ϰαδ-μένο-ς (ke-kad-meno-s) « éminent[234] ».

3 Kaer, s. m., bon gré : sens abstrait du précédent.

Kaérel, s. f., belette : dér. de 2 kaer[235].

Kaésour, s. m., ordure, puberté, vbr. caitoir, et cf. cymr. cedor « parties génitales » : se ramène à un celt. *katt-io, d’où procèdent aussi ital. cazzo, et fr. ancien caiche « membre viril ». Étym. inc.

Kafout, vb., avoir, mbr. caffout, « trouver, acquérir, avoir », corn. cavel, cymr. caffael id. : se ramènent à une variante KÄB de la rac. KÄP qu’on trouvera sous kaout et kavout[236].

Kafuni, vb., couvrir le feu de cendre, cf. mbr. caffun « couvrefeu ». Empr. bas-lat. caminàre « entretenir le feu du foyer ».

Kagal, s. m., crotte : dimin. dér. du suivant.

Kac’h, s. m., excrément, mbr. cauch, corn. caugh, cymr. cach, ir. cacc, etc. : d’un celt. *kakko-[237], {{abréviation|gr.|grec} ϰάϰϰη (kakkê)), lat. cacâre, etc. (aucun rapport avec al. koth, ni même peut-être avec sk. càk-rt « excrément » et lit. szik-ti « cacare » ).

Kâl, kala, s. m., premier jour du mois, corn et cymr. calan, vbr. kalan, ir. callàin[238], vir. callaind. Empr. lat. kalendae « calendes ».

Kaladur, s. m., dévidoir. Empr. bas-lat. *calatàrium, dér. du vb. calàre, « détendre, desserrer », lui-même empr. gr. ϰαλάω (kalaô).

Kalannad, s. m., étrennes : dér. de *kalann. V. sous kal.

Kajar, s. m., boue, ordure, corn. caillar id. : pour *kag-eli-ar, dér. secondaire du même radical que kagal. V. ce mot.

Kalken-éjenn, s. f., nerf de bœuf. V. sous kalc’h.

Kalet, adj., dur, cymr. caled, vbr. calât, ir. calaih, gaul. Calet-es « le pays de Caux » (pierreux et en falaises) : d’un radical qui se retrouve dans lat callum a durillon » et sans doute dans fr. caillou[239].

Kalc’h, kall, s. m., testicules (peut-être aussi autrefois « pénis », cf. kalken-), cymr. caill id. : d’un celt. *kal-ko[240] et *kal-lo-, qui se rattache à la même rac. que kalet. V. ce mot et le suivant.

Kalloc’h, adj., non châtré, vir. callach, etc., gael. cullach « verrat » : dér. de la seconde forme du précédent. Cf. 2 kell.

Kalon, kaloun, s. f., cœur, corn. colon, cymr. calon id. : suppose un celt. *kal-ona, qui contient, soit le radical du lat. calidus (viscère chaud

par excellence), soit celui du lat. call-idu-a, le cœur ayant souvent passé pour l’organe de l’intelligence[241]. — Conj.

Kahré, kalvez, s. m., charpentier : pour *karo-ez, cf. ir. cairb-re, tous deux dér. d’un radical *carb- « chariot », d’où gaul. latinisé carp-ent-um « chariot » t carpentàrius « charron », Carpenioracte « Carpentras[242] », vbr. pl. cerpit « chariots » et cymr. cerbyd (empr. vir.), vir. car pat, ir. et gael. carbad, et peut-être aussi ir. corb f gael. cairb id. : apparentés au lat. corbis « panier » et au visl. hrip « bât ». — Mcb.

Kals, adj., adv., beaucoup : soit *kal-es-, dér. de la même rac. que kal-et, et signifiant « amas, monceau », cf. kalza[243]. — Conj.

Kalza, vb., entasser, amonceler : dér. du précédent.

Kambon, s. m., varangue : celt. *kamb-ono- y dér. de *kamb-o- (pièce de charpente courbe). V. sous 2 kamm.

Kamboull (C), s. m., vallon. V. sous 2 kamm et poull.

1 Kamm, s. m., pas, corn. et cymr. cam, vbr. pl. cemm-ein « gradins », vir. ceimm, ir. céim, gael. ceum <( pas » : soit un celt. *keng-men-, dér. de *keng-ô « je vais » (ir. oing-im, gaul. Cingeto-rix n. pr. « chef des marcheurs »[244], gaul. *keng-mino- « chemin » [245]).

2 Kamm, adj., courbe, corn., cymr. et vbr. cam, vir. camm, etc., gaul. cambo- dans Cambo-danum « le coteau courbe » et autres n. pr. : rac. KEMB, cf. gr. ϰόμϐ- ο-ς (komb-o-s) « lien », σϰαμϐ- ό-ς (skamb-o-s) « tortu », ϰάμφτω (kamptô)) « je courbe » ; sans autre équivalent sûr. Voir plusieurs des mots suivants.

1 Kammed, s. f., pas, allure : dér. de 1 kamm.

2 Kammed, s. f., jante de roue : dér. de 2 kamm. Cf. 2 kaàt, auquel on rattache aussi fr. jante.

3 Kammed (T.), adv., jamais : identique à 1 kammed[246].

Kammel, s. f., crosse pastorale : dér. de 2 kamm.

Kampi, s. m., intérêt, usure. Empr. ital. cambio, « change, banque », lui-même du gaul. latinisé cambium. V. sous kemm.

Kampoulen (T.), s. f., boue : dér. du suivant[247].

Kampoull (C), s. m., variante primitive de kamboull.

Kamps, s. f., aube du prêtre. Empr. lat. càmisia « chemise », et cf. hicU.

1 Kân, s. m., chant : abstrait de kana. V. ce mot.

2 Kân, s. m., canal, tuyau, gouttière, cf. cymr. cawn « tuyau de paille » (vocalisme différent), ir. conn-all et gael. conn-l-ach id., gr. ϰάννα (kanna), « roseau, tuyau », lat. canna, d’où canàlis « tuyau ».

Kañ, s. f., charogne, prostituée. Empr. fr. cagne « chienne » (injure)[248].

Kana, vb., chanter, cymr. canu, vir. canim « je chante », celt. *kan-à, lat. can-ere, can-tu-s, etc., got. han-a « coq » (al. hahn, d’où henné « poule » = ag. hen) : rac KAN exclusivement celto-italo-germanique.

Kanab, s. m., chanvre. Empr. bas-lat. *canapis < cannabis, lui-même empr. gr. ϰάνναϐις (kannabis), cf. ag. hemp, al. kanf, vsl. konoplja empr. roman.

Kanaber, s. m., chardonneret : dér. du précédent.

Kanastel, s. f., buffet, armoire. Empr. fr. ancien canestel, de *canistellum, dimin. du lat. canistrum[249], lui-même empr. gr. ϰάναστρον (kanastron).

Kanastr, s. m., tuyau de chanvre ou de lin : dér. de 2 kân.

Kander, s. m., blancheur éclatante. V. sous 1 kann.

Kanel, s. f., bobine. Empr. fr. cannelle « petit tuyau ». Cf. 2 kân.

Kanévéden, s. m., arc-en-ciel : les deux premières syllabes équivalant à *kamb-nenvsuivi d’un suff., soit donc « courbe céleste », d’où « météore en forme d’arc ». V. sous 2 kamm et env.

Kaùiard, adj., s. m., galant, débauché, polisson. Empr. fr. cafard, avec nasalisation épenthétique et forte altération de sens.

Kaniblen (V.), s. f., nuage : exactement « ce qui se forme au ciel, couvre le ciel » ; préf. *kaou *kan-. V. sous *ke* et oabl, et cf. koabr.

Kanien, s. t., vallée resserrée. Empr. espagnol canon id.

Kanived(V.), s. m., toile d’araignée : variante de kefnid(en).

1 Kann, adj., blanc, brillant[250], corn. et cymr. can, gael. cann-ach, « joli, aimable », gaul. canto- dans le n. pr. Canto-benn-ïnus « à la pointe blanche » (montagne du Cant-al) : soit un ceit. *kand-o-, cf. sk. cand-ràa brillant », lat. *cand-ô « j’enflamme » (dans le dér. incendô), cand-idus « blanc éclatant », candëre « resplendir ». Cf. Jceûneûd.

2 Kann, s. m., querelle, combat : abstrait du suivant.

Kanna, vb., blanchir, battre[251] : dér. de 1 kann.

Kannad, s. m., messager, corn. cannas, vbr. cannat « caution » : soit un celt. *ko-gna-to-[252]. V. sous *ke- et anat.

1 Kanol, s. f., canal, chenal. Empr. lat. canàlis. Cf. 2 h an.

2 Kanol, s. m., canon. Empr. fr. altéré par dissimilation.

1 Kaṅt. cent, corn. cans, cymr. cant, vir. cet, gaul. canton id. : suppose un celt. *kn-to- = i.-e. *kTn-tâ- t sk. çatâm, gr. àxat^v, lat. centum, lit. siimtas, vsl. sûto, got. hund, ag. hund-red, al. hund-ert, etc.

2 Kaṅt, s. m., cercle, van, tamis, etc., cymr. cant id. : soit un celt. *kanto-[253] = *kamb-to- = gr. ϰαμπ-τό-ς (kamp-to-s), « courbé, infléchi ». V. sous 2 kamm.

Kaṅten, s. f., fond du crible : dér. de 2 kant.

Kaṅtol, s. f., chandelle, mbr. cantoell, corn. cantuil, cymr. canwylL Empr. lat. candëla (dont la rac. est sous 1 kann).

Kaṅtréa, vb., rôder, vagabonder : cf. mbr. quantren « fureur », cantreet « couru çà et là », cymr. canrhe « poursuite », cethreu « pousser » : parait contenir les deux éléments gant et rén, soit le sens vague de <c diriger ensemble ». V. ces mots et cf. ambren.

Kaṅttoul, s. m., millepertuis. V. sous kant et toul[254].

Kaṅtved, s. m., siècle : ordinal de kant.

Kaṅv, s. m., deuil, mbr. caffon, corn. caoow, vir. curna, gael. cumha id. :

d’un celt. *kama-wo-, dér. de rac. KEMÀ, sk. çam-ya-ti « il se donne de la peine », gr. ϰάμ-νειν (kam-nein) « se fatiguer ».
Kaṅval, s. m., chameau. Empr. lat. camēlus > camellus.
Kaô, s. m., cave, grotte. Empr. fr. cave. Cf. kéô.
Kaoc’h, s. m., variante de kac’h. V. ce mot.
Kaol, s. m., chou, corn. caul, cymr. cawl. Empr. lat. caulis.
Kaoṅ, s. m., variante de kaṅv. V. ce mot.
Kaot, s. m., bouillie de gruau ou de mil. Empr. bas-lat. caldum pour calidum « chaud » (cf. esp. caldo « sauce »).
Kaoter, s. f., chaudron, corn. caltor, cymr. callawr. Empr. lat. *caldaria « chaudière », mais refait sur le type de kaot.
Kaouad, s. f., accès subit, ondée, dans vbr. couhat glau « averse », corn. cowes, cymr. cawad et cafod « pluie violente », vir. cúa « hiver », celt. *kaw-at- « coup subit » : rac. KU et SKU « frapper », al. hau-en id., got. skūra windis « coup de vent », visl. skūr, ag. shower et al. schauer « averse », lit. kaú-ti « frapper », vsl. kov-ati « forger ».
Kaoued, s. f., cage. Empr. lat. cavitās au sens de cavea.
Kaouen, s. f., hibou (aussi kaouan), cymr. cuan, vbr. couann. Empr. bas-lat. cavannus[255].
Kaouled, adj., caillé : dér. de *kaoul, cymr. caul « présure ». Empr. bas-lat. *coagulum > *coaglo.
Kaouṅ, s. m., variante de kaoṅ. V. ce mot.
Kaout, vb., trouver, acquérir, avoir : infinitif en -out (cf. bout) du radical kab-, variante primitive de la rac. KĒP KÄP « saisir » : gr. κώπ-η, « poignée », lat. cap-iō, got. haf-jan, ag. to heave et al. heben « soulever », got. hab-an, ag. to have et al. haben « avoir ». Cf. kafout et kavout[256].
Kâp, s. m., cape. Empr. bas-lat. cappa. Cf. kabel.
Kâr, s. m. : amour, amitié ; parent, ami (sens vieilli, cf. lat. cārus) : abstrait de karout. V. ce mot[257].
Karavel, s. f., brancard. Empr. fr. caravelle[258].
Karden, s. f., litière qu’on met à pourrir sur les chemins : altéré de mbr. kar-del[259] « fumier à charrier ». V. sous karr et teil.
Kardi, s. m., remise. V. sous karr et .
Karg, s. f., charge. Empr. bas-lat. cárrica, d’où fr. charge.
Karitel, s. f., étui à aiguilles : pour *garitel « guérite, réduit, boite », dimin. Empr. fr. ancien garite « guérite ».
Karn, s. m., sabot des solipèdes, corn. et cymr. carn, cf. galate κάρνον « trompette » [de corne] : soit un celt. *karno- « corne » de même souche que lat. cornu, etc. V. sous korn.
Karnel, s. f., ossuaire, charnier. Empr. lat. (avec dissimilation de r en l) carnāria, pl. nt. pris pour un fm. sg.
Karô, s. m., cerf (aussi karv), corn. carow, cymr. carw id. : soit un celt. *kar-wo-, lat. cervus, lit. kárvė « vache », al. hiruz > hirsch « cerf », exactement « le cornu ». V. sous korn et karn.
Karout, vb., aimer, cymr. caraf, ir. caraim « j’aime » : rac. KAR, cf. lat. cār-u-s « cher », al. hure « courtisane », sk. cār-u « aimable ».
Karr, s. m., charrette, cymr. car, vbr. et vir. carr, gaul. latinisé carrus (d’où fr. char), celt. *kars-o- id. : cf. lat. curr-u-s « char », curr-ō « je cours », germ. *hors-a- « cheval » (ag. horse, al. *hros > ross, etc.).
Karrek, s. f., écueil, rocher, corn. carrag, cymr. carrecc > careg, vir. carric, ir. et gael. carraig id. (fr. garrigue venu du gaul.) : d’un celt. *kars-ekki-, dér. de rac. KARS « dur »[260] ; cf. ag. harsh et al. harsch.
Karv, s. m., variante de karô. V. ce mot.
Karvan, s. f., mâchoire, ensouple de tisserand. — Étym. inc.[261].
Karvek, s. m., sauterelle : dér. de karv, et cf. l’autre sobriquet du même insecte, karv-raden « cerf de fougère ».
Karz, s. m., raclure, ordure : abstrait du suivant, et cf. skarz.
Karza, vb., racler, nettoyer, cymr. carthu, vir. cartaim, gael. cairt id. : dér. d’une rac. KER et SKER, « séparer, trier », etc., sk. apa-skar-a « excrément », gr. σκώρ id., κρί-νω « je juge », lat. cer-nō « je discerne », crī-bru-m « crible », vsl. skvrĭna « ordure », etc. V. sous krouer et skarz.
1 Kas, s. m., haine, cymr. cas, ir. cais id. : d’un celt. *kassi- = *kad-ti-, cf. ag. to hate, etc. V. la rac. sous keùz.
2 Kas, s. m., mouvement, fougue : abstrait du suivant.

3 Kas, vb., envoyer, porter, conduire. Empr. fr. (normand) casser = fr. chasser « pousser devant soi », du bas-lat. capiiàre.

Kastisa, vb., punir. Empr. lat. savant castigâre.

Kastréjenn, s. m., nerf de bœuf (aussi kastr tout court) : contient un radical gallo-lat. *castrum « pénis », qu’il faut sans doute reconnaître à la base du lat. castràre « châtrer ». Cf. kalken- et éjenn.

Kava, vb., creuser : dér. de kav variante de kao.

Kavaden, s. f., trouvaille : dér. de kaout. V. ce mot.

Kavala, vb., insulter (traiter de rosse ?) : dér. de mbr. caoall, « roussi n, bidet », cymr. cafalL Empr. lat. caballus. — Conj.

Kavan, s. f., corneille, chouette : variante de kaouan.

Kavas, s. m., fourchon d’un arbre (endroit où l’on peut s’y asseoir) : abstrait de kaoazez = koazez. V. ce dernier mot.

Kavel, s. m., berceau, corbeille, nasse, vbr. eauell ; cf. gael. cabhuil « nasse ». Empr. bas-lat. caoellum « petit creux », dimin. de caoïtm.

Kavout, vb., prononciation lente de kaout. V. ce mot.

Kaz, s. m., chat, corn. et cymr. cath y ir. et gael. cat, gaul. Cattos n. pp. ; cf. lat. caitus > fr. chat, probablement emprunté au celtique[262].

Kazarch, s. m., grêle, corn. ceser, cymr. cesair, ir. casair id., et gael. casair « tempête » : soit un celt. *kassri-[263], pour *kad-tri- « chute », de même rac. que lat. cad-ere ; sans autre équivalent.

Kasek, s. f., jument, corn. casec, cymr. caseg id. : peut-être originairement « [cheval] de prix » (celt. *kassi-ko-). V. la note sous 2 kaer.

Kaiel, s. f., aisselle, corn. casai, cymr. cesail id. : soit un celt. *koks-ali-, dér. du mot correspondant à sk. kàkça « aisselle », zd ka$a « aisselle », lat. coxa, « cuisse, hanche »[264], ir. coss « pied », cymr. coes « jambe », etc.

*Ke-, préfixe impliquant originairement conjonction, groupement, accession, parfois avec un sens très effacé : l’une des nombreuses formes que peut revêtir en breton, lepréf. celt. *ko- et *kom-, corn. co- y ce- etceo-, cymr. cy- et cyf-, ir. co- et càm-, gaul. et lat. co- et corn- (con-) y cf. la prép. lat. cum « avec ». Les autres formes, suivant la liaison qu’elles commandent, sont ka- t kan-, kav-, kef-, kem-, keAo-, keo-, ko-[265], etc. Kéar, s. f., logis, village, bourg, mbr. caer, corn. et cymr. caer (cf. ir. et gael. cathair). Empr. lat. castra, nt. pl. > fm. sg.

Kéaz, adj., malheureux, pauvre, cher[266], mbr. quaez « captif », corn. cait-es « servante », cymr. caeth « esclave », vir. cacht id., d’où gael. cachd-an « affliction », gaul. latinisé -captos à la fin d’un n. pr., lat. cap-tu-s ppe passé de rac. KÀP, cf. al. haf-t « prise », -haft (suff.) « doué de » (étymologiquement « pris de > susceptible »), etc. V. sous kaout[267].

Kébr, s. m., chevron (aussi quibr V.), corn. keber, cymr. ceibr, vbr. pl. cepriou. Empr. bas- lat. caprio, dér. de capra « chèvre ».

Kéded, kédez[268], s. f., équinoxe : exactement « égale durée » [du jour et de la nuit] : dér. de 1 keit. V. ce mot.

Kééla, vb., rechercher ardemment, adorer : dér. de kéél, forme ancienne de 1 kél[269]. V. ce mot, mais cf. Gloss. Ern., p. 531.

Kéf, s. m., tronc, mbr. gueff, cymr. cyff. Empr. lat. cippm.

Kéfalen, s. f., soupe, ragoût : exactement « contenant du sel, assaisonné ». V. sous *ke- et holen ou c’hoalen.

Kéfélek, s. m., bécasse : dér. de *kéfél[270]. V. sous *ke- et ell.

1 Kéfer, s. m., arpent[271], bois du soc de la charrue : composé du préf. *keet du radical de arat. V. ces mots.

2 Kéfer, s. m., opposition, comparaison, proportion, cymr. cyfer id., vir. comair, « pour, contre » : soit donc un celt. *com-are prép. impliquant juxtaposition conjointe. V. sous *ke- et ar-.

Kéfilin, s. m. (aussi kèfèlin), partie du bras attenante au coude (du coude à l’épaule ou du coude au poignet) : préf. *ke- et ilin.

Kéfiniaût, s. m., cousin au 4« degré : dér. de mbr. queffîn = cymr. cyffin « contiguïté ». Empr. lat. confînium v contiguïté ».

Kéfleûé, adj. f., [vache] pleine. V. sous *Are- et leûé, et cf. kénep.

Kéflwak, s. m., agitation, trouble. V. sous *ke- et luska.

Kafn, s. m., dos, cymr. cefn id., gaul. Cebenna n. pr. « les Cévennes » : aucun équivalent sûr en dehors du celtique.

Kefni (vieilli), s. m., mousse : soit un composé celt. *kom-mâkn-iomoussu ». V. sous *ke* f 1 mann et kinoi.

Kefniden, s. f., araignée (aussi kafioniden V.), cymr. cyffiniden id. : soit « la fileuse », dérivation secondaire appliquée sur le radical *kom-spen-. V. sous *ke-, et pour la rac. comparer ag. to spin, al. spinnen « filer », gr. σπάω (spaô) « je tire ».

Kéfrann, s. f., portion, cymr. cyfran. V. sous */re- et rann.

Kéiré, s. m., lien, vir. cuimrech id. : soit un celt. kom-rigo-, cf. lat. corrigia « courroie » et mhal. rie « lien ». V. sous *ke- et rumm.

Kéfréder, s. m., homme pensif, réfléchi : dér. du suivant[272].

Kéfret, adv., ensemble, mbr. que/fret, vbr. -cofrit, cf. cymr. frit et vir. reth o série » : soit donc un celt. *Ao-sr-fo-, équivalant à lat. con&ertum « arrangé ensemble », rac. SER dans lat. ser-ies « rangée », gr. συν-είρ-ω (sun-eir-ô) « je lie ensemble », sk. sar-at « cordon », etc.

Kéfridi, s. f., message : soit « com-mission », V. sous *ke- et 1 réd.

Kégel, kégil, s. f., quenouille. Empr. vir. cuicel, lui-même empr. bas-lat. *conucula, d’où fr. quenouille et al. kunkel.

1 Kégin, s. f., geai, cymr. ancien *cegin*[273], dér. secondaire par rapport à cymr. ceg « bouche » (souvent employé péjorativement), ceg-u, « dévorer avidement, crier », d’étymologie d’ailleurs inconnue : soit donc « le [gros] bec, le goulu, le braillard », etc. Cf. gégin.

2 Kégin, s. f., cuisine, corn. et cymr. cegin. Empr. lat. coquïna> cocina.

Kégit, s. f., ciguë, cymr. cegid, corn. ceg es, vbr. cocit-ou pl. « endive ». Empr. lat. cicata corrompu en *cucïta.

Keida, vb., égaliser : dér. de 1 keit. V. ce mot.

Kein, s. m., mbr. gueyn, variante usuelle de kefn. V. ce mot.

Keini, vb., gémir, mbr. queiniff, cymr. euin « plainte » (en justice), corn. chen « procès »[274], vir. càinim « je déplore », ir. eaonim, etc. : soit une base celt. */roi-n-, dér. d’une rac KEI[275], sans autre équivalent.

Keinvan, s. m., gémissement : dér. du précédent.

1 Keit, s. f., durée, égalité, mbr. que hit, cymr. eyhyd « aussi long », etc. (de *hit > het). V. sous ke- et 1 héd.

2 Keit, s. f., filipendule : identique à 1 keit (oscillations isochrones).

3 Keit, prép., pendant : identique à 1 keit « aussi longtemps que ».

Keixa, vb., dégrossir, cf. ir. caith-im, « je consume, use, dissipe », et surtout sk. çi-çà-ti « il aiguise » ; sans autre répondant sûr.

Kéjein (V.), vb., mêler, brouiller, cf. cymr. cyd-io « unir » : dér. de ket-. Cf. aussi kijout et digeiza.

1 Kel, s. m., nouvelle, conte, mbr. quehezl (cf. kééla), cf. corn. wheihl, cymr. chweddl, ir. scél = celt. *sq-etlo- id. : soit donc un celt. *Aosqetlo-, dont le second terme est dér. de rac. SEQ « dire », gr. ἔπι-σπε (epi-spe) « il dit », lat. ancien insequ-e « dis », vhal. sag-ën (al. sagen, ag. to *ay), lit. êak-jjti « dire » ; le 1er terme sous *ke-.

2 Kel, s. m., cloison, cymr. celL Empr. lat. cella « cellule ».

3 Kel, adv., forme assimilée de ken devant l.

Kéladur, s. m., doloire. Empr. lat. caelatorium « ciseau ».

Kélaoui, vb., publier : dér. de 1 kel.

Kélastren, s. f., houssine : dér. d’une composition de *ke- et lâz, avec rattachement artificiel à 1 kélen. V. ces mots.

1 Kélen, s. m., houx, corn. celin, cymr. celyn, vir. cuilenn, ir. et gael. cuilionn id. : soit un celt. *kol-enno-, cf. sk. çal-â t « baguette, aiguillon », gr. ϰῆλ-ο-ν (kêl-o-n) « flèche », et surtout ag. holly et al. huis > hulst « houx » (le mot fr. est emprunté au germanique).

2 Kélen, s. m., leçon : préf. *ke- et 3 lenn (comme lat. lectiô > fr. leçon procède de légère). V. ces mots,

Kéler, s. m., noix de terre, mbr. coloren (pl.kéler), cymr. cylor, ir. et gael. cularan « concombre » : soit un celt. */ra/oro-, pour */raru-/o-, apparenté au gr. ϰάρυ-ο-ν (karu-o-n) « noix », isolé par ailleurs[276].

Kéléren, s. f., feu follet, lutin. Empr. lat. celer « rapide ».

Kelf (C), s. m., souche (cf. kef), cymr. celff « pilier », vir. colba, ir. et gael. colbh id. : cf. lat. colu-men « appui », colu-mna « colonne », culmen « comble », celsu-s « haut », et gaul. cel-icno-n « construction » ; la souche est commune aux deux langues, mais il se peut que le mot soit emprunté au latin.

Kelc’h, s. m., cercle, cymr. cyrch. Empr. lat. circulus > *circlus.

Kelc’hen, s. f., collier : dér. du précédent[277].

Kéliénen, s. f., mouche, corn. kelionen, cymr. pl. cyUon, vir. cuil, gael. cuileag id. : soit un dérivé celt. d’une base *kuli-, qui ne parait se retrouver que dans le lat. culex « moucheron ».

Kélina, vb., mettre bas : dér. de kolen (pl.kélin). V. ce mot.

1 Kell, s. m., variante de 2 kel. V. ce mot.

2 Kell, s. m., testicule, cymr. caill id. : d’un celt. *kall-yo-, de même origine que kalc’h. V. ce mot.

Kelléaz, s. m., premier lait d’une vache qui vient de vêler, cymr. cynllaeth = celt. *kinto-lakt-. V. sous keût et léaz.

Kellid, s. m., germe : dér. de kell ou kall[278].

Kélorn, s. m., baquet couvert, cymr. cilurnn > celwrn, vir. cilornn, gaul. Cilurnum (nom de lieu) : soit un celt. *kelurno- pour *kelp-urno-[279], cf. sk. karp-ara « pot », gr. ϰάλπ-η (kalp-ê) « urne », lat. calpar « vase à vin ».

Kelvez, s. m., coudrier : serait en celt. *koslo-widu-, cf. corn. col-widen > colwidhen. Le premier terme est cymr. coll-en « noisette », vbr. coll, ir. coll f gael. call-tuinn, d’un celt. *koslo- = # Zro$a/o-, lat. corylus, ag. hazel, al. hasel(-nuss). Le second est gwéz(-en).

Kember, s. f., confluent (Quimper). Cf. aber, goaer et kémérout.

Kembot, s. m., variante de kombot. V. ce mot.

Kéméner, s. m., tailleur : soit *kem-ben-er « celui qui coupe pour assembler ensuite ». V. sous */re- et béna.

Kémenn, s. m., mandement, ordonnance, cymr. cymmyn id. : abstrait de Tempr. lat. commendare. Cf. mennout.

Kémeùt, adv., autant : exactement « conjointe (pareille) quantité ». V. sous *ke- et meut.

Kémérout, vb., prendre » recevoir, accepter, mbr. quempret < compret, cymr. cymmerqffxà. : dér. d’un celt. *Zrom-6er-o- « compréhension ». La rac. est BHER, sk. bhâr-a-ti « il porte »> gr. <pép-u>, lat./er-ô, vir. ber-im et do-biur « je porte », got. bair-an (ag. to bear, al. gc-bâr-en « enfanter »), vsl. ber-ç « je prends ». Le préfixe sous *ke-. Cf. en outre kember, argourou, etc.

Kemm, s. m., change, échange, troc. Empr. bas-lat. cambium[280] (d’où fr. change). V. sous kampi et eskemw.

Kemmesk, s. m., mélange, cymr. cymmysg, vir. cummasg, cf. lat. cornmiscère. V. sous *ke- et meski.

Kempenni, vb., arranger. Empr. lat. savant compônere[281].

Kempréd, adj., contemporain. V. « ous *Are- et préd.

1 Ken, adv., autant, cymr. cyn id. : identique au préf. ken-, qui répond dans plusieurs mots au préf. fr. corn-, con-, et par conséquent au celt. *kom-, redevenu mot indépendant comme indice du comparatif d’égalité. V. sous *ke-, kiment et ket-.

2 Ken, adv., ne… plus : le même, devenu négatif en*proposition négative, comme fr. pas, point, mie, goutte, etc. Cf. ket.

Ken-, particule dont on verra le sens et l’origine sous. 1 ken. Exemple : kenlévènez (con-jouissance) « félicitations ».

Kenavézô, kenavô : formule pour prendre congé ; le sens originaire est « autant que sera », c’est-à-dire « jusqu’à ce que soit »[282].

Kenkix, s. m., maison de plaisance, mbr. quenquis, cf. cymr. cainge et ir. géc « branche »[283], gael. geug id., sk. çank-ù « pal ». — Conj. Ern.

Kenklaô, s. m., étrape, V. sous kamm et klaô.

Kendalc’h, s. m., maintien. V. sous*£e- etdalc’h.

Kendamoues, s. f., émulation : répond à un celt. *koni’to-amb-(d)uk-ti-, qui signifierait « le fait de se tourner vers [un butj en concurrence », et contiendrait une rac. suivie d’un suff. et précédée de trois préf. V. sous *ke-, 1 da-, 1 am-, et la rac. sous dougen.

Kenderf, s. m., cousin, cymr. cenfder[284], vbr. comnidder, c’est-à-dire celt. *kom-nit-tero-, formation équivalente à ce que serait en lat. *cum-neptiu-s « petit-fils d’un même (aïeul) » ; cf. gr. ἀ-νεψ-ιό-ς « cousin », qui a exactement ce sens ; sk. nâpat « fils, petit-fils », lat. nepôs (fm. nept-is), « petit-fils, neveu », al. nejffe « neveu », etc. Cf. kéoenderfet 1 nïz.

Kenderc’hel, vb., maintenir. V. sous *ke- et derc’hel.

Kendrec’hi » vb., convaincre. V. sous*Are- et trec’hi.

Kéned, s. f., beauté : dér. du mbr. quen « beau », cymr. cain, vbr. cein, vir. càin, ir. et gael. caoin id. : soit peut-être une base celt. *koi-ni-, état fléchi de la rac. SKI > Kl, « briller, reluire », qui se retrouve dans le got. &kei-n-an (ag. to shine, al. scheinen, etc.).

Kénep, adj. f., (jument) pleine : préf. *ken- et *ep = celt. *epos « cheval ». V. sous *ke-, ébeul et ktfleùé.

Kéniterv, s. f., cousine. V. sous keàderf.

Kenn, s. m., peau, cuir, crasse de la tête[285], corn. et vbr. cennen, cymr. cenn, ir. ceinn id. : d’un celt. *kenni-> qu’on peut rapprocher du visl. hinna « membrane » ou du visl. skinn = ag. skin[286] « peau ».

Keùt, prép., avant, eorn. kyns, cymr. kynn > cyn, ir. cét-amus « d’abord », etc., gaul. Cintu-gnatO’s n. pr. « aîné», etc. Le même radical paraît signifier « nouveau » ou « dernier », selon qu’on l’envisage dans diverses langues : sk. kan-itfhâ « cadet », gr. ϰαινός (kainos) « récent », lat. re-cens, al. hint-er « derrière » et ag. be-hind, etc. : le sens primitif est donc « extrême »[287].

Kent a, adj., premier : superlatif du précédent.

1 Keûtel, s. f., leçon, cymr. cathlet cathl-edd « chant », ir. cètal id. : soit un celt. *kan-tla ou *kan-tlo[288]. V. sous kana.

2 Kentel, s. f., temps, heure (e keAtel « à point ») : le même que le précédent, au sens de « mesure de chant », d’où « temps marqué, temps précis », etc.

Kentiz, adv., d’abord, aussitôt : contamination de keht et de ^hastiz « hâtivement ». V. sous hast, atizei astizein.

Keùtr, s. f., éperon, ergot, cymr. cethr « clou », corn. center, vir. cinteir « éperon » : d’un celt. *ken-tri-, gr. ϰέντ-ρο-ν (kent-ro-n) aiguillon »[289], ϰεντέω (kenteô) « je pique » ; cf. gr. ϰαίνω (kainô) je tue », sk. {çnàth-a-ti) çnath-âya-ii « il perce », indiquant une base primitive KEN.

Kentrad, adv., aussitôt : exactement « coup d’éperon » (sens conservé)» influencé par la métaphore et la ressemblance de keàtiz[290].

Keùver, s. m., variante usuelle de kéfer. V. ce mot.

Kéô, s. m., grotte : d’un celt. *kow-io-, qui est de même souche que le lat. cao-u-s « creux » (lat. vulg. covus > espagnol cueca).

Kéôniden, s. f., variante de kefniden. V. ce mot.

Kéouez, s. m.» variante de kécez. V. ce mot.

1 Ker, s. f., contraction de kéar. V. ce mot.

2 Ker, s. f., arête d’un angle), cymr. cer « angulaire » : cf. provençal caire t coin ». Empr. fr. ancien *querre < bas-lat. quàdrum.

3 Ker, adj., cher (dans les deux sens du fr.), mbr. quer. Empr. fr. (normand) quer = cher. Cf. kdr et karout.

4 Ker, adv., aussi, autant : variante régulière de ken> comme ar de ann et eur de eunn. V. ces mots.

Kerkeùt, adv., aussitôt. V. sous 4 ker et /cent.

Kerkouls, adv., au reste, toutefois : exactement « en même temps » (cf. le sens du fr. cependant). V. sous 4 ker et 1 kouls.

Kerdu, s. m., variante de kerzu. V. ce mot.

Kéré, s. m., cordonnier (aussi kérèour dér.), corn. chereor, cymr. crydd, ir. cairem id. : tous dérivés, par divers suffixes, d’un radical celt. *kar- pour *karp- « chaussure » ; cf. gr. ϰρηπ-ίς (krêp-is), lat. carp-isculus, lit. kàrp-e, etc.

Kérentiel, s. f., parenté : dér. de *karant-. V. sous kâr.

Kérez, s. m., cerise (cymr. ceiros). Empr. bas-lat. cerasia.

Kerc’h, s. m., avoine, cymr. ceirch, d’un celt. *kork-yo-, cf. mir. corca, ir. coirce* gael. corc id. : soit un celt. *kor-ko- y dont la première syllabe rappelle celle du gr. ϰόρ-ο-ς (kor-o-s) « satiété », du lit. szér-ti « nourrir » (se dit des animaux) et du lat. Cer-ês. — Conj. Mcb.

Keroheiz, s. f. f héron, corn. cherhit, cymr. crychydd, vbr. corcid « grue », ir. et gael. corrii. : supposent un radical celt. *korg-, cf. gr. ϰέρχ-νω (kerch-nô) « je suis enroué », ϰερχ-νη-ίς (kerch-nê-is) « crécerelle », vsl. kragujĭ « épervier », vhal. hreigir > al. reiher « héron ». Onomatopée primitive[291].

1 Kerc'hen, s. m., tour de cou, poitrine : le sens étymologique est simplement « contour ». Empr. lat. circinus. Cf. kelc’hen.

2 Kerc’hen (V.), s. f., mystification, conte plaisant : dér. de kerch, comme qui dirait « donner de l’avoine à qqun » pour « lui en donner à garder ». — Conj. Ern. (très plausible).

Kerc’hout, vb., chercher, corn. cerches, cymr. cyrchu. Empr. lat. circâre > fr. chercher, « faire le tour de > explorer ».

Kerlux, s. m., loche de mer : soit ker-lus « brochet géant ». Le premier terme est cymr. cawr « géant » (cf. keùreuk), ir. caur « héros », gaul. n. pr. Κάυαρος (Kauaros), sk. çū́ra « héros », gr. ϰῦρος (kuros) ; et ϰύριος (kurios), etc. Le second est empr. fr. ancien lus « brochet » (lat. lūcius).

Kern, s. f., trémie, tonsure[292], sommet de la tète. Empr. bas lat. *cerna « crible », de cernere. V. sous krouer et karz.

Kerné, Kernéô, s. m., la Cornouaille, cymr. Cernyw, du nom de la peuplade brittonique dite en latin Cornocii[293].

Kernigel, s. f., vanneau, cymr. cornicell « pluvier ». Empr. bas-lat. *cornicilla « petite corneille ». Ou simple variante de kornigel, à cause des allures du vol du vanneau. V. ce mot. — Conj. Ern.

Kerreis (C), adj., paisible, modeste. V. sous *ke- et reiz[294].

Kers, s. f., possession, jouissance, vir. cert « droit » (adj. et subst.) ; cf. lat. cer-tu-s (mbr. querz « certes »), qui est le ppe passé primitif de cer-n-ere « juger ». V. la rac. sous karz.

Kersé, adj., étrange : exactement « possédé en propre, privé, particulier » (euphémisme) ; dér. du précédent.

Kerx, kersed, s. m., marche, allure, corn. kerd « route », cymr. cerdded « marche », vbr. credam « je marche », vir. ceird « voyage » : soit un celt. *krid-i- > *kerd-i-, qui paraît se rattacher à la rac. KRID et SKRIDdel’al. schreit-en « marcher ».

Kerzin, s. m., alise : abstrait de ker-zin-en, s. f., « alisier, alise », cf. corn. cerden, cymr. cerddinen et ir. caorthain[295], ir. cair « baies » et gaei. caor « alise » ; la base celt. *kar- équivaut à *karp-, soit gr. ϰαρπ-ό-ς (karp-o-s) « fruit », ϰαρπ-ίο-ν (karp-io-n) « baie », lat. carpere « cueillir », ag. harv-est « moisson », al. herb-st, « vendange, automne ». — Conj. Ern.

Kerzu, s. m., décembre (aussi kéverdu V.), mbr. qeverdu id. : équivaut à un cymr. *cyfor-ddu « tout noir », ainsi nommé par contraste à miz dû « le mois noir » qui est « novembre ». V. sous tfiiet 2 kéfer[296].

1 Kést, s. f., corbeille, ruche, cymr. et vbr. cest « panier », d’où « ventre, panse » (cf. ag. chest « buste »). Empr. lat. ciata.

2 Kést, s. f., quête. Empr. fr. ancien gueste.

3 Kést, s. m. pl., vers intestinaux : le même que 1 kést[297].

Két, particule négative : étymologiquement, le même que le suivant, devenu comme 1 ken un mot isolé avec le sens de « autant » ; au point de vue du sens, cf. également 2 ken[298].

Két-, préf. au sens de fr. com- y con-, V. sous gant[299].

Keû, s. m., variante de kéô. V. ce mot.

1 Keûlé, s. m., variante de kaouled. V. ce mot.

2 Keûlé, adj. f., variante de kefleùé. V. ce mot.

Keûneûd, s. m., bois à brûler, corn. kunys, cymr. cynnud (et cynnen « allumer »), gael. connadh, vir. condud id. : soit un celt. *kond-uto combustible », dér. de la même rac. que 1 kann. V. ce mot.

Keûnujen, s. f., imprécation : de même formation que kunuda.

Keûreûk, s. m., saumon-coureur : correspond à ce que serait en cymr. *cawr-eog « saumon géant ». V. sous kerlus et éok.

Keûruz, s. m., petite anguille. V. sous*A-e- et rusa (reptile).

Keûsteûren, s. f., mauvais ragoût. Empr. esp. cocedura « cuisson[300] ».

Keûz, s. m., regret, chagrin, corn. cueth id., cymr. cawdda colère », coddi « offenser » : d’un celt. *kàd-os, gr. ϰᾶδος (kados) ϰῆδος (kêdos) ; « chagrin », got. hatis « haine » (ag. to hâte, al. hass). Cf. 1 kas.

Kévalen, s. f., variante de kèfalen. V. ce mot[301].

Kévatal, adj., proportionné, équivalent, mbr. attal id. et préf. *ke-. V. ce mot, et taloout (ici précédé du préf. *ad-), soit donc une formation celt. *kom-at-ial-o- (serait en fr. « *co-re-val-ant »).

Kéved (V.), s. m., quenouillée. Empr. fr. ancien eschevete « échevette », en prononciation normande.

Kéveṅderi, s. m., cousin issu de germain, cymr. cyfyrder = celt. *kowir- avec un suff. commun dans les noms de parenté, soit donc « arrière-petit-fils du même [aïeul] » ; cf. cymr. wyr « petit-fils »[302].

Kéves, s. m., jeune bois pliant : soit un celt. *ko-widu- « [bois] qui fait [encore] partie de Parbre ». V. sous *ke- et gwèzen.

Kévia, vb., creuser : dér. de kéô (keo). V. ce mot.

Kévlniterv, s. f., cousine : fém. de kévenderf.

Kéz, adj., variante moderne par contraction de kéaz.

, s. m., chien (pl.koun), corn. ki, cymr. ci, ir. eu (gén. vir. co/i), gael. cà, etc. : d’un celt. *ku (pl.kun-es) ; cf. sk. çoà (gén. çun-às), gr. ϰυών (kuôn) (pl. ϰυν-ες (kun-es)), lit. sau (gén. szun-s) ; lat. et germ. amplifiés, lat. canin, ag. houn-d, al. hun-d.

Kia, vb., supporter, résister : dér. récent du précédent[303].

Klb, s. m., cercle de moyeu, coque, pot, cymr. cib. Empr. lat. cupa.

Kibel, s. f., cuve, baignoire. Empr. bas-lat. *cupella.

Kik, s. m. (aussi kîg), chair, viande, mbr. quic, corn. chic, cymr. cig, vir. cich « mamelle ». — Étym. inc.

Kidel, s. f., filet qu’on tend [comme une chaîne] entre deux pieux, cymr. cidell id. Empr. bas-lat, *catilla[304], altéré de *catëlla, dimin. de catëna « chaîne » ; cf. cymr. cadwyn « chaîne » empr. lat.

Kigen, s. f., muscle : dér. de kik.

Kichen, prép. dans la locution é kichen « auprès », équivalant à ce que serait lat. in circinô, « dans le contour, aux environs », cymr. cyrehyn « environnant », vir. cercenn id. ; d’un celt. *kerk-inno-, cf. gr. ϰρίϰ-ο-ς (krik-o-s) « cercle », lat. circus, circum, circà, etc., sk. cakrá « roue », gr. ϰύϰλος (kuklos), ags. hwéol >ag. wheel[305]. Cf. kelc’h et kerc’hen.

Kijout, vb., rencontrer : dér. de *ket « avec ». V. sous kèt et cf. kéjein (ce que serait un mot fr. « *ensembler »).

Kil, s. m., dos, mbr. quil, corn. chil « nuque », cymr. cil, ir. cul, gael. cul « dos » : soit un celt. *kûlo- = lat. culus[306].

Kildrô, adj., inconstant, volage : le sens est celui d’un composé fr. qui serait « tourne-dos ». V. sous kil et trô.

Kilek, s. m., coq (aussi ki(ok), corn. chelioc, cymr. ceiliog, vir. cailech, gaul. Caliacos n. pr. ( ?) : d’un celt. *kal-ydko-, dont la rac. est celle de gr. ϰαλ-έω (kal-eô) « j’appelle », lat. cal-are[307], etc.

Kijéri, s. m., ortolan. Empr. fr. ancien guilleri « chant du moineau »[308].

Kijévardon, s. m., porc frais, mbr. quillevarden (aussi injure) : le premier terme doit être kik, soit donc « viande de Leeuwarden », sobriquet qui peut se rattacher à quelque particularité d’approvisionnement des Bretons pêcheurs dans la mer du Nord. — Conj.[309]

Kilc’ha, vb., cligner, bigler : contamination inverse de blingein.

Kilok, s. m., variante de kilek. V. ce mot.

Kilorou, s. m. pl., avant-train de la charrue [où se trouvent les roues], mbr. guilhorou, etc. : pour *kilc’h-ior-ou, pl. d’un dér. collectif àekelc’h. V. ce motet cf. kichen. — Ern.

Kllvid (C), s. f., coudraie. V. sous keloez.

Kilvizia, vb., charpenter : dér. de kaloez* V. ce mot.

Kimiad, s. m., congé, adieu. Empr. bas-lat. commeâtus a approvisionne* ment de voyage », d’où vient aussi le fr. congé.

Kiñ, s. m., écorchure, portion écorcée : abstrait du suivant.

Kiña, vb., écoroher, écorcer : dér. de kenn. V. ce mot.

Kiñkla, vb., parer : originairement « orner de bijoux » (cf. kinklérézou « affiquets »), dér. de l’empr. fr. altéré clinquant ou quincaille.

Kiñen, s. m., ail, corn » hennin « oignon », cymr. cenin et vir. cainnenn id. : d’un celt. *ka-niën-, dér. d’un radical *kap- accusé par gr. ϰάπ-ια (kap-ia) « ail » et lat. caep-a « oignon ».

Kiàex, s. m., guigne. Erapr. fr. bretonisé.

Kiniad, s. m., chantre d’église : dér. dekana. V. ce mot.

Kiniden, s. f., variante de kefniden. V. ce mot.

Kinnig, s. m., offre (aussi kennig), cymr. cynnyg = *cyn-dwg, soit fr. « il com- porte, conduit » : abstrait du vb. kinniga, qui est une juxtaposition équivalente à *ken-douga. V. sous *ke- et dougen.

Kinvi, s. m. (kicini V.), variante usuelle de kefni.

Kioc’h, s. f., bécassine, cymr. giach. Onomatopée.

Kiriek, s. m., fauteur, complice : soit un adj. celt. *karya-ko- « blâmable », dér. Ae*kar-yâ « blâme » > vir. caire id. ; cf. mbr. careza blâme », br. karè (V., et karéein « blâmer »), corn. cara, cymr. caredd et cerydd, lat. car-indre, lett. karinât, « agacer, exciter », lit. isz-ket-noti « médire de », vsl. karati « punir », etc. Cf. digarez.

Kirin, s. f., pot à crème pour le beurre. Empr. Scandinave, visl. kirna « vase à baratter », d’où aussi anglais churn. — Conj.

Kistin, s. m., châtaigne. Empr. bas-lat. castânia « caatanea).

Kivich, kivij, s. m., tan, cymr. cyffaeth id. : soit un dér. *confectium « apprêt » de l’empr. lat. confectus, « apprêté, confit ».

Kivioul, adj., bourru, fantasque : le sens primitif est simplement « volontaire », soit *kec-iouL V. sous *ke- et iouL

Kîz, s. m., recul : originairement « le fait d’aller »’ : dér. de la rac. signifiant « aller », cf. kae « va », kit « allez », corn. ke, vir. ro-chi-m « j’atteins », gr. ϰί-ω (ki-ô) « je vais », ϰι-νέ-ω (ki-ne-ô) « je meus », lat. ci-eo « j’excite », con-ci-tu-s « fougueux », etc. Cf. la conjugaison de mont.

Kis, s. f., variante de gîz (le g pris pour une mutation).

Kizel, s. f., ciseau. Empr. bas-lat. cïsellus (de caedô > cïdô).

Kizidik, adj., sensible, susceptible : exactement « qui recule ou se rebiffe, se replie » [comme la sensitive] ; dér. de / kiz.

Klaù, s. m., variante masculine de klann = glann.

Klaû, <klaàv, adj., malade, mbr. claff, corn. et cymr. claj vir. clam « lépreux », ir. clamh, gael. cloimh « gale » : d’un celt. *klamo- « malade », [310]

rac. KLÊM et KLÄM, sk. klām-ya-ti « il est épuisé », gr. ϰλαμ-αρό-ς (klam-aro-s) ; « faible » (Hesych.), lat. clēm-ens[311] — Mcb.

Klaô, s. m., ferrement, outil en fer (cf. kenklaô), nœud[312]. Empr. bas-lat. *clovus < lat. clāvus « clou ».

Klaouein (V.), vb., creuser, cymr. claddu id., vir. claidim « je creuse » : d’une rac. à sens vague, « frapper, endommager, briser, creuser »[313], qu on retrouvera sous klâz, kleùz, klèzé, koll, etc. V. ces mots.

Klaouier, s. m., étui à aiguilles : dér. de klaô.

Klaoustré, s. f., gageure : altéré de mbr. coustelé, cf. cymr. cywystl (avec un suff. en plus). V. sous *ke- 9 gicestl et gloesir.

Klask, s. m., recherche : abstrait de klask-out, cymr. clasgu < casglu « chercher ». Empr. bas-lat. *quaesiculare, fréquentatif de guaerere. — Ern.

Klav, s. m., variante de klaô. V. ce mot.

Klfiz, s. m., tranchée, cymr. cladd « fosse », vir. clad et ir. cladh, gael. cladh « cimetière » et cladhaich « fouir » : d’un celt. *klado- avec a bref (cf. gaul. n. pr. Vindo-clad-ia « la tranchée blanche ») ; rac. KLAD. V. sous klaouein et kleûz.

1 Kleiz, adj., gauche, corn. gledh, cymr. kled > cledd, vbr. cléd, vir. clé > cliy ir. et gael. cli id. : d’un celt. *kli-yà-, dér. de rac. KLI, « s’incliner, obliquer », sk. çrày-a-ti « il s’appuie », gr. ϰλί-νω (kli-nô) « je m’appuie », lat. clï-vu-s « pente », clivius, « escarpé, [augure] défavorable », m-cftnàre, etc., vir. clàin et gael. claon « gauchi », lit. szlë-ti « pencher », ags. hl&n-an> ag. to lean « s’appuyer », al. isich) lehnen id., got. hleid’Uma « gauche », etc.

2 Kleiz, s. m., craie : altéré pour *kreiz. Empr. lat. crēta[314].

3 Kleiz, s. m., mouron, cf. cymr. dais « scabieuse sauvage »[315].

1 Kleizen, s. f., pêne : dér. de 1 kleiz[316].

2 Kleizen, s. f., cicatrice, cymr. creithen, cf. gr. χαραϰ-τό-ς (charaktos), « gravé, entaillé ». Origine indécise ; mais en tout cas paraît contaminé de 2 kleiz[317].

Klemm, s. f., plainte, reproche : abstrait de klemma. Empr. fr. clamer [sg. 3 il claimet « il réclame »], du lat. clàmdre.

Kleùved, s. m., maladie (et klefioel vb.) : dér. de klaAo.

Kléô, s. m., l’attirail de la charrue : exactement « les ferrements », collectif auquel correspondrait un lat. *cldoium. V. sous klaô.

Kléô, s. m., ouïe : abstrait de kléoout. V. ce mot.

Kléren, s. f., pièce principale de la claie, mbr. clezren, cymr. cledr, « barrière, grille ». Empr. bas-lat. *clàtria y dér. de clàirt pl. 1

Kléren, s. f., glace légère à la surface de l’eau, mbr. clezrenn « glace » : pour *glezr-> qui suppose une base celtique *glid- =*^/-d-, très voisine, sous cette forme, de ag. cold et al. kalt « froid » ; cf. lat. gel-u et gl-ac-ië-s montrant les deux états de la rac. GEL 1.

Klét, adj., à l’abri, cymr. clyd « lieu abrité », vir. et gael. cleith « cachette » : soit un celt. *klito- < kl-to- 9 ppe passé de la rac. KEL« cacher », lat. oc-cul-tu-s de forme identique ; cf. cymr. cel-u « cacher », vir. cel-im « je cache », lat. cël-àre, al. oer-hehl-en, etc.

Kleûr, s. m., limon de charrette, cymr. claur> clawra planche », vir. clâr id. : soit un celt. *klàro- 2, sans autre équivalent.

Kleûz, s. m., fossé, haie 4, corn. claud et cymr. clawdd « fosse » : d’un celt. *klado- y rac. KLAD. V. sous klâz et klèzè.

Kleûz, adj., creux, vide. Empr. fr. altéré, et cf. klaouein. Kleûsen, s. f., arbre creux : dér. de 2 kleûz.

Kleûseur, s. m., métathèse de kreùzeul. V. ce mot.

Klévout, vb., entendre (aussi klêoei), corn. clewas, cymr. clywed et clyw, ir. cluinim et gael. cluinn id., vir. cld « renommée », etc. : d’une rac. KLEW, réduite KLU, largement représentée partout, sk. â-çrav-a-t « il entendit » et çrâo-as « gloire », gr. ϰλύ-ω (klu-ô) « j’entends » et ϰλύ-τό-ς (klu-to-s) « illustre », lat. in-clu-tu-s id. et glôria (pour *clo-ves-ia = sk. çrav-as-y), vir. clo-th et vbr. clôt « renommée », ags. AJod>ag. loud « à haute voix », et cf. ag. to listen « écouter », al. laut « son », etc. [318] [319] [320] [321]

Klézé, s. m., épée, mbr. clezeff, corn. cledhe, cymr. cleddyf, vir. claideb (> ir. clàidheamh et gael. claidheamh)[322] id. : d’un celt. *klad-ebo-, cf. sk. khadga « épée » pour ^kald-ga- (?), tous deux de rac. KLAD « frapper » ; gr. ϰλαδαρός (kladaros) « fragile » et ϰλαδεύειν (kladeuein) « émonder », lat. ctâd-ës « désastre » et gladius pour *clad-io- « glaive », russe klad-u « je mutile », etc. Cf. klaouein.

Kliked, s. m., loquet. Empr. fr. ancien cliquette.

Klîn (V.), s. m., pli du genou ou du coude. V. sous glîn.

Klipen (C, V.), s. f., crête, huppe, sommet : semble une contamination de kribel et kriben, avec influence de penn.

Klisia, vb. t effleurer, s’écorcher. Empr. fr. glisser.

Kloarek, s. m., clerc, corn. cloirec, vir. clérech, ir. et gael. cléireach. Empr. lat. clëricus (de clërus « clergé » > ir. et gael. cléir).

Klôk, adj., complet : comme qui dirait « [dur comme] pierre > inséparable », corn. et cymr. ctog « rocher », vir. cloch « pierre », dér. de la même rac. que kalet. V. ce mot et cf. klôpenn.

Klogé, s. f., métathèse pour *koglé. V. sous koklé.

Klôgôren, s. f., ampoule : dér. de *klog « cloche ». Empr. bas-lat. *cloca, pour clocca. V. le mot suivant.

Klôc’h, s. m., cloche, corn. et cymr. cloch, vir. clocc id. : d’un celt. *klokko-, qui a donné par emprunt bas-lat. clocca > fr. cloche, ag. dock « horloge », al. glocke « cloche ». — Étym. inc.

1 Kloc’ha, vb., agacer [les dents] : dér. de klôc’h. V. les précédents[323].

2 Kloc’ha, vb., glousser ; cf. gael. cloch « petite toux » et cloch-ranaich « respirer bruyamment », lat. clôcîre « glousser », fr. kloké « glousser » (Bas-Maine Dn) et ag. io cluck. Onomatopées, et cf. sklôka.

Klôpenn, s. m., crâne : pour klok-penn « rocher de la tête », cf. cymr. penglog, ir. cloigionn et gael. claigionn (= *cloc-cenn). V. sous klôk.

Kloren, (V.) s. f., boîte : jadis « cosse, pellicule », variante dialectale[324] de

Klosen, s. f., gousse, cosse, enveloppe, boîte. Empr. fr. cosse, contaminé de klôz « fermé ». V. ce mot et cf. kos.

Klouar, adj., tiède, doux ; cf. gr. χλι-αρό-ς (chli-aro-s) et al. lau (pour *hlau, visl. hlœr) id. ; sans autre équivalent appréciable [325].

Klouéden, s. f., claie, com. cluit, cymr. clwyd id. Empr. bas-lat. clëta, d’où vient aussi fr. claie.

Klôz : adj., clos ; s. m., enclos. Empr. fr. ; cf. klosen.

Klôsennek, adj., dissimulé, sournois : dér. du précédent.

Klûd, s. m., juchoir : soit originairement « construction », of. cymr. cludo « amonceler », cludedig « entassé », vbr. clut-gued « amas », clut-am « je construis », d’un celt. *klout-ô id., qui montre les mêmes oonsonnes que got. hlath-an « charger » (ag. to lade, al. laden), sans autre équivalent connu.

Kludel, s. f., corps de la charrette : dér. du précédent au sens de « chargé » (la partie du véhicule que l’on charge).

Kluoha, vb., s’accroupir : variante de kluja « se jucher », dér. de klûd.

Klujar, s. f., perdrix, mbr. gouriar, cymr. cor-iar id. : proprement « poule naine », mais contaminé de kluja. V. sous iar et korr.

Klûn, s. f., fesse, cymr. clùn id. : d’un celt. *klouni-, sk. çràw, « hanche, fesse », lat. clunis, lit. szlaûnys, et cf. gr. ϰλόνις (klonis).

Koabr, s. m., nuage, mbr. couffabrenn. V. sous *ke- et oabl (la liquide finale altérée), et cf. kaniblen.

Koaden, s. f., pièce de bois : dér. de koad = koat.

Koaga. vb., croasser. Onomatopée. Cf. gwac’ha.

Koaga, vb., bossuer [la vaisselle] : variante de konvoka[326].

Koal, s. m., caille. Empr. fr. ancien quaille (ital. quaglia).

Koan, s. f., souper, corn. côn, cymr. cwyn-os. Empr. lat. cëna. Koaùt, adj., joli (d’où koahtik « écureuil » et koahtixu maîtresse »). Empr. fr. ancien coint (lat. càgnitus « familier »).

Koar, s. m., cire, corn. cor, cymr. cwyr. Empr. lat. cëra.

Koarel, s. f., semelle, mbr. coazrelL Empr. bas-lat. quadrellum « pièce [de cuir] quadrangulaire [327] ».

Koarc’h (V.), s. m., chanvre, cymr. cywarch « chanvre, lin » : soit un celt. *ko-werg-o- « matière à travailler ». La rac. est WERG, gr. ἔργον ϝέργ-ο-ν (ergon werg-o-n) « ouvrage » et gr. ῥέζω (rhezô) « je fais », gaul. vergo- « efficace » dans vergo-breto-s (titre d’un magistrat, cf. breût), gaul. cisalpin Verg-ilio-s n. pr., got. waurk-jan « travailler », cf. ag. work « œuvre », al. werk[328], etc. V. le préf. sous *ke-.

Koat, s. m., bois, forêt, corn. cuit, cymr. coit > coed, gaul. cëto- comme premier ou second terme de plusieurs noms géographiques : soit un celt. *keito- (sk. kné-tra « champ » ?), lat. cëto- (empr. celt. s’il se laisse rapprocher) dans quer(c)cëtum « chênaie », etc., got. hàithi (< *koiti) « champ », ag. heath et al. heide « lande ».

Koaven, s. m., variante de koéven. V. ce mot.

Koaza, vb., dépérir : exactement « se réduire par évaporation » (aussi coahein V.). Empr. bas-lat. coctàre, fréquentatif de coquere.

Koazez, s. m., séant. V. sous *ke- et azéza, et cf. kaoas.

Kôb, s. m., variante de kôp. V. ce mot.

Kok (C, V., T., pl. kégi), s. m., coq. Empr. fr. (onomatopée).

Kok, s. m., baie de houx, cf. cymr. coch « rouge vif ». Empr. lat. *cocum < coccum, nom de la baie qui donne la couleur écarlate.

Koklé, koklôa, s. f., grande cuiller. Empr. lat. cochlea ou cochleâre « cuiller », mais influencé par Pétymologie populaire qui y a vu « cuiller de cuisinier », cf. corn. coc, cymr. cog (empr. lat. coquus) et br. lôa. V. ce dernier mot, et rapprocher klogé.

Kodioc’h (V.), s. m., alouette. — Étym. inc. Cf. alc’houeder.

Koéf, s. m., coiffe. Empr. fr. coëffe (orthographe du XVII e siècle).

Koenv, s. m., enflure, tumeur, mbr. coezff 9 dont le second terme est mbr. huezaffa enfler ». V. sous *ke- et c’houéza.

Koéred (V.), s. m., charrée (cendre de lessive) : contamination des deux empr. bas-lat. *carrata (d’où fr. charrée, cf. karr) y et quadrâta, pièce de toile carrée dont on recouvre cette cendre. — Ern.

Koéven(T., V.), s. m., crème : serait en cymr. *cy-hyfen (préf. *A*H, le cymr. hy/en « crème » pouvant représenter une forme celt. *sai-mensubstance mucilagineuse », qui se retrouve dans gr. « T-{xa « sang » et al. zeima mucilage ». — Étym. inc.

Kôf, s. m., ventre, cymr. coffa corps creux ». Empr. bas-lat. *cofus> abstrait de bas-lat. câphinus (d’où fr. coffre).

Kofiûon, s. m., chausson. Empr. fr. ancien escafignon id.

Kogénan (V.), s. m., huppe : dér. de 1 kok (la huppe assimilée à la crête).

Kogennek (V.), s. m., alouette : dér. de 1 kok. Cf. kogénan.

Kohan (V.), s. f.. hibou : variante de kaouan.

Koc’hen, s. f., écorce, pellicule. Empr. bas-lat. cocca (d’où aussi fr. coque), corrompu de concha « coquille ». Cf. kouc’h.

Koc’hien, s. f., crasse, lie : dér. de koc’h, variante de kaoc’h.

Koc’hu, koc’hui, s. m., halle (aussi koc’hi), mbr. cochuy « réunion tumultueuse »[329], cymr. cy-chwyf « agitation, tumulte », de chwyfa mouvement ». V. sous *ke- et finval.

Kojen, s. m., bouvillon pour *gw-ejen. V. ces mots. — Conj.

Kôlé, s. m., jeune taureau (aussi kozlé = kôz-leùè). V. ces mots.

Kolen, s. m. f., petit d’un quadrupède, corn. coloin, cymr. colwyn, vir. culén, ir. cuileann, gael. cuilean id. : soit un celt. *kul-eino-, cf. gr. (éléen) ϰύλλα (kulla) glosé par σϰύλαξ (skulax) « jeune chien ». — Étym. inc.[330]

Koll, s. m., perte, dommage, corn. collet, cymr. collet colled, vbr. col « coupable », vir. coll, ir. caill, gael. call id. : d’un celt. *kold-o-. qui se rattache à la même rac. que lat. cladës « désastre ». V. sous klaouein et klézé.

Kôlô, s. m., paille, cymr. calaf, vbr. calam-ennou pl. d’un celt. *kalam-on-, cf. gr. ϰάλαμ-ο-ς (kalam-o-s) « roseau », lat. calamus (empr. gr.) et culmus « chaume », al. halm id., etc.

Koloren, s. m., singul. de kéler. V. ce mot.

Komb, kombant, s. m., vallon, cymr. cwmm, gaul. Cumba n. pr. (d’où fr. combe[331] id.) : soit un celt. *kumb-o-, cf. lat. cubàre et -cumb-ere « être couché, être en contrebas ». V. sous komm.

Kombot, s. m., étage, terrasse, cymr. cwmmwd « province », vbr. compot « division territoriale », vir. commaid « camaraderie » : soit un celt. *kom-buti- « ce qui tient ensemble », dont la rac. est BHU « être ». V. sous *ke-, bèza et boni.

1 Komm, s. m., auge : le même que komb (objet creux).

2 Komm, s. m., foulerie : le même que 1 komm (auge à fouler).

Kommoul, s. m., nuage épais, cymr. cymmwl et ctcmwl id. : parait dér. de 1 komm = komb, ou de koumm[332], ce qui revient au même.

Kompez, kompoez, adj., uni, lisse, mbr. compoes « égal », corn. compos « droit », cymr. cymmhwys, « de même poids, de même taille, convenable », soit donc « en équilibre ». V. sous *ke- et poez[333].

Komps, komz, s. f., parole : soit une base celt. *kon-wep-s-, où la rac. est WEQ, sk. vác-as, gr. ϝέπ-ος (wep-os) et εἰπεῖν (eipein), lat. vōx, etc.[334]

Kofi, s. m., coin. Empr. roman, cf. provençal conh, wallon coine, esp. cuhOy ital. conio, etc. ; tandis que cymr. cyn vient directement du lat. cuneus > cunius.

Konkoez, s. m., gourme : soit « rétrécissement ». V. sous *ke- et ehk[335].

Konchenn, s. f., récit : dér. de ko fit a. Empr. fr. conter.

Kaùohésa, vb., salir, tacher. Empr. fr. conchier[336].

Konikl, s. m., lapin (aussi kounikl, et altéré en konifl et en koulin V.). Empr. lat. cuniculus, d’où fr. ancien connil.

Koùtamm, s. m., poison, venin : abstrait de kontammi qui a signifié d’abord « gâter, corrompre ». Empr. lat. contàminàre.

Koùtel, s. m., couteau, vbr. cultell. Empr. bas-lat. cuntellus <cuUelhut.

Koṅtron, s. m., ver de charogne, corn. contronen « punaise », cymr. cynrhonyn « termite » : soit une base celt. # /co/i-^r-on-, où la rao. est TER > TR comme dans gr. τερ-ηδών (ter-êdôn) « ver de bois » et lat. ter-mes (larmes) « fourmi blanche ». V. sous *ke- et tarar.

Koùvoka, vb., repiquer [une meule], cymr. cyfhogi « aiguiser » : soit une base celt. *kom-ak-. V. sous *ke- et ék. Cf. kouga.

Kôp, s. m., tasse, gobelet. Empr. fr. ancien coppe > coupe.

Korka, vb., quêter, mendier, gueuser. Cf. f r. ancien cerchier « quêter » et courquaille « mauvais lieu ». Empr. fr. probable.

Korden, s. f., corde. Empr. fr. (malgré oorn. et cymr. cord)[337].

Korl, s. m., corps, buste, corn. cor/ 9 cymr. corff. Empr. lat. corpus. lKorn. s. m., corne, cornet, pipe[338], corn. et cymr. corn. vir. corn. gael. corn « corne à boire » : soit un celt. *korno- ou empr. lat. cornu[339].

2 Korn, s. m., grondin, cf. hollandais knorhaan, anglais gurnard et le nom fr. lui-même : poisson qui « corne », qui « gronde », qui émet un son ronflant au moment où on le retire de Peau. V. sous 1 korn et kornaouek.

Kornalen, s. f., trachée-artère : dér. de 1 korn[340]. Cf. korsalen.

Kornaùdoun, s. m., génie nain, nabot : exactement « nain de ruisseau », dér. de *korr-naût. V. sous korr et aàt.

Kornaouek, s. m., vent d’ouest, ouest : exactement « le cornant, le vent qui joue de la trompe », dér. de 1 korn.

Kornel, s. m., hausse de soulier : dér. de 1 korn au sens de « coin ».

Kornigel, s. f., toupie : exactement « en forme de [bout de] corne », ou mieux « la cornante, la ronfleuse », dér. de 1 korn.

Koroll (C, V.), s. m., danse : abstrait du fr. ancien coroller = caroler « danser en rond », d’où aussi ag. carol « chanson ».

Koroller, s. m., marchand de cuir, tanneur : contamination de *coazreller par fr. corroyeur, et peut-être par calembour sur koroller « danseur ». V. le précédent et koarel.

Korr, s. m., nain, corn. cor, cymr. corr id. : soit un celt. # /ror-*o-, cf. vir. ccr-t « petit », gr. ϰαρ-τό-ς (kar-to-s) « tondu » (de xstpio), lat. cur-tu-s « écourté, court », vsl. kratUkû id. (dont la rac. est KERT, cf. lit. kert-ù « je coupe »).

Korréen, s. f., courroie. Empr. fr. ancien coreie, et cf. kéfré.

Korroùka, vb., se baigner : pour gorroûka, mbr. gou-sroncquet « baigné », cf. cymr. trochi et ym-drochi « immerger », vir. fo-thrucud « bain » : préf. *gw-. et une base celt. *tronk, sans équivalent connu[341].

Kors, s. m., roseau, chalumeau, cymr. et vbr. cors, corn. cors a marais » : pour *korks, vir. curchas et gael. curcais, cf. vir. currech « marais » et lat. cârex « roseau » ; sans autre équivalent appréciable.

Korsalen, s. f., gosier ; dér. de kors[342], mais cf. kornalen.

Korventen, s. f., tourbillon de vent, mbr. cor-uent, cymr. cor-wynt, soit un composé celt. *kuro-wento- « vent en cercle » ; cf. vir. cor « circuit », gr. ϰυρ-τό-ς (kur-to-s) et lat. cur-vu-s « recourbé », gr. ϰορ-ώνη (kor-ônê), « objet recourbé, arc, encorbellement » (d’où lat. corōna), etc. V. sous gweiit et kichen.

Korvigella, vb., s’emmêler [à force de se contourner] : soit un composé *kor-mi(s)g-ella. V. sous korveûten et meski. — Conj.

Kos, s. m., cosse, vermine qui s’y loge. Empr. fr. Cf. klosen.

Kostez, s. m., côté (et kostèzen, s. f., côte). Empr. fr. ancien *costéd qui reproduit normalement le bas-lat. *costatum.

Kouabr, s. m., variante de koabr. V. ce mot[343].

Koukoug, s. f., coucou. Onomatopée. Cf. 1 kok.

Kouer, s. m., paysan. Empr. fr. ancien coillier « cueilleur » au sens de « qui récolte ». — Conj., cf. pourtantcymr. gtcaer, « lourdaud, rustique ».

Kouers (V.), adv., variante degouers. V. ce mot.

Kouévr, s. m., cuivre. Empr. fr.

Kouéz, s. m., chute : abstrait de kouèza « tomber », mbr. coesajf, corn. codhe, cymr. cœyddo id. : soit un celt. *keidô « je tombe », i.-e. *kei-dhô amplifié de la rac. KEI « aller ». V. sous 1 kh.

Kouéz, s. m., lessive : syncopé peut-être pour ^gtoelc’hes ou *golc’hez, SLYecg durci par l’aspiration. V. sous gwalc’hi.

Kouga, vb., variante de koàcoka, et cf. 2 koaga.

Kougoul, s. m., capuchon. Empr. lat. cucullus.

Kouc’h, s. m., couverture de ruche (eu cône), cf. cymr. cicch « canot, vase rond ». Empr. bas-lat. cocca, et cf. kochen.

Kouiltron (V.), s. m., goudron. Empr. fr. altéré[344].

Kouiû, s. f., tourte. Empr. fr. ancien et dialectal : cugneul « brioche », coignel, cuignei, cuignot, cuignole, « sorte de gâteau », tous dans God.

Kouldri, s. m., colombier, mbr. koulm-ti. V. ces mots [345].

1 Koulm, s. m., nœud, cymr. cwlm « lien », vir. colmm-ene « cordon » : soit une base *kolmbo-, sans affinité connue.

2 Koulm, s. f., colombe, corn. colom, cymr. colommen, vir. colomb, gael. colman, calaman, caïman, etc. Empr. lat. columba.

1 Kouls, s. m., temps (aussi kours V.). Empr. lat. cursus.

2 Kouls, adv., autant : abrégé de kerkouls. V. ce mot.

Koulskoudé ( kouskoudé), adv., cependant : exactement « aussi bien après cela » [que sans cela]. V. sous 2 kouls et goudé.

Koumm, s. m., vague : variante de 1 komm[346].

Koun, kouṅ, s. m., mémoire, mbr. couff, corn. côf, cymr. cof, vir. euman (dér. cuimnech et gael. cuimhne), cf. lat. com-min-iscor « j’imagine » : composé de préf. *kom- (sous *ke-) et de rac. MEN « penser », sk. màn-as « esprit » et màn-ye « je pense », gr. μέν-ος (men-os) et μέ-μον-α (me-mon-a), lat. men-s et me-min-î, got. mun-an a penser », lit. menu « je me souviens » et -manaâ « je pense », vsl. mïnèti « penser ».

Kounnar, s. £., rage, cymr. cynddaredd « folie », vbr. cunnaret « rage » : soit donc un composé *koun-dar, dont le second terme est corn. dar « abattement » ou cymr. dar « tumulte ». — Étym. inc. pour ce terme. V. le premier sous kî.

Koura), s. m., fressure. Empr. fr. ancien couraille, dér. de cœur. Kouricher, s. m., coiffe de deuil, mbr. coufforcher, où apparaît nettement l’altération del’empr. fr. couorechef, d’où aussi ag. kerchie/n fichu ».

Kouroul (V.), s. m., verrou. Empr. fr. ancien verrouil[347].

Kourrez, s. m., corroi : abstrait du vb. kourreza. Empr. bas-lat. *corredàre. d’où fr. conreer correier corroyer.

Kousk, kousked, s. m., sommeil (et kousket « dormir »), corn. cusc et cusc-e, cymr. cwsg et cysc-u. Empr. lat. quiesc-ere.

Kouskoudé, adv., variante de koulskoudé. V. ce mot.

Koust, s. m., dépense. Empr. fr. ancien coust.

Kouzoumen, s. f., sacrement de confirmation : abstrait du verbe correspondant kouzoum-enni. Empr. lat. consumm-àre[348].

Kôv, s. m., variante de kôf. V. ce mot.

Kôz, adj., vieux, corn. coth, gaul. Cottos n. pr. et ses dérivés (Alpes Cott-iennes) : ne se retrouve nulle part ailleurs[349].

Krab, s. m., crabe (d’où kraban « griffe » et krabisa « égratigner »). Empr. fr. ; cf. pourtant krâf pour les dérivés.

Krak, adj., court, corn. crak « bientôt », cymr. crach « petit », vir. croc id. : suppose une base celt. *kr-ako-, dont la rac. paraît être la même que celle de korr. V. ce mot.

Kraé, s. m., variante de graé. V. ce mot.

1 Krâf, s. m., prise : exactement « action d’agripper, de saisir [comme] avec des griffes », et conséquemment « de gratter » cf. kraoel, cymr. craf-u « gratter, racler », cf. gr. γράφ-ω (graph-ô), « je grave, j’écris », al. graben « creuser »[350] (lat. scab-ere « gratter », ag. to shaoe « raser », al. schaben « racler »), lett. kribinàtn ronger ). Rapprocher krapa et cf. krampinel.

2 Krâf, s. m., couture : abrégé de krâfnados. V. ces mots.

Krâg, s. m., grès, cymr. craig « rocher » : se rattache à la souche de karrek, s’il n’en est une variante très ancienne. Cf. aussi graé.

Krampinel, s. f., attrait, amorce : exactement « croc pour attirer ». Empr. fr. grappin, crampon, et cf. krapa et krâf.

Krampoez, s. m., crêpe, galette, cymr. cramm-wyth, c’est-à-dire *crammpoeth[351] « pâte cuite ». Le premier terme est un mot perdu *kramm y qui a dû désigner tout corps gras et pâteux, mais a passé dans l’usage à un sens péjoratif (cf. krémen) : il paraît identique au fr. crème et chrême et semble remonter de même au bas-lat. chrisma[352], empr. gr. χρῖσμα (chrisma) « oignement ». V. le second terme sous poaz.

1 Kran, s. m., entaille. Empr. fr. cran, et cf. kranel.

2 Kran, s. m., rouleau broyeur : variante probable de krenn.

Krank, s. m., crabe. Empr. fr. cancre (métathèse et cf. cymr. crange).

Kranel, s. m., créneau. Empr. fr., et cf. kran.

Kraon, s. m., variante de kraoun. V. ce mot.

Kraost, s. m., pituite. Onomatopée. Cf. fr. cracher[353].

Kraon, s. m., étable, mbr. crou, cymr. craw, ir. crô, gael. cro id. : d’une base celt. *krāo- pour *krāpo- « toit » ; cf. visl. hrōf, ags. hrōf > ag. roof sans autre équivalent connu.

Kraouaden (V.)» s. f., gratin. Empr.fr. bizarrement altéré.

Kraouen, s. f., ( Ai te d’aiguille, cymr. cra/, ir. crd, gael. cro [354] id. : soit donc peut-être le toit de l’aiguille », cf. kraou.

Kraouà, s. m., noix, rabr. knoenn, corn. cnyfan, cymr. cneuen, vir. c/uc, ir. c/io, gael. cnb id. : d’un celt* *À7io-i0o-, cf. ags. hnu-tu > ag. na/, visl. A no/, al. nuss[355].

Krapa, vb., accrocher. Empr. fr. grappe, grappin, gripper, agrafer et autres de même souche ; cf. krâfet krampinel.

Kravaz, s. m., brancard. Empr. lat. grabàius > grabaitus.

Kravel, s. m., grattoir, sarcloir : dér. dekrâf. V. ce mot.

Kraz, adj., sec, aride, rôti, cymr. cras id. : d’un celt. *kraso-, dont la rac. est la même que celle de sk. çrâ-ya-ti « il cuit », çrà-tà et çp-tâ « cuit », gr. ϰερά-ννῡ-μι (kera-nnû-mi)[356] « je mêle », et cf. krin.

Kré, adj., variante usuelle de krèhc. V. ce mot.

Kréac’h, s. m., tertre, mbr. knech (cf. kraoun), vbr. enoch, vir. enoec, ir. et gael. enoe id. : d’un celt. *knokko-, cf. visl. hnakke « nuque », ags. hnecca > ag. neck y al. nacken, sans autre équivalent.

Krédi, vb., croire, mbr. cridiff, corn. cresy, cymr. crédit, vir. cret-im « je crois » : soit un celt. *kred-dô « je place dans mon cœur », comme lat. crëdô etsk. çrad-dâdhdmi (= gr. -τίθημι (-tithêmi)) id. Cf. kreiz.

Kréfen, s. f., couture : dér. de 2 krâf. V. ce mot.

Krégi, vb., mordre, accrocher : dér. de kràk.

Krec’hen, s. f., colline : dér. de kréac’h.

Kreiz, s. m., milieu : étymologiquement « cœur », cymr. craidd, vir. cride, ir. croidhe, gael. cridhe, celt. *kridyo- pour *krdyo-, gr. ϰαρδ-ία ϰραδ-ίη, lat. cor (cord-is), lit. szird-i-s, cf. got. hairt-ô, ag. heart, al. herz. Pour le sens, cf. vsl. srêda et russe seredâ « milieu ».

Krémen, s. f., crasse : dér. de *kramm. V. sous krampoez.

Krén, s. m., tremblement : pour *krezn, dérivé d’une base celt. *kridtrembler » qu’on trouvera sous kridien[357]. Kréña, vb., se rouler, se vautrer : aussi krénia = *krenn-ia dér. de krenn « se mettre en boule ».

Krenn, adj., rond, vbr. cron> cymr. crwn, vir. cruind, gael. cruinn id. : soit un celt. *kr-undi-, formé comme le lat. rot-undu-s, sur une base signifiant « courbe », qu’on trouvera sous koroeâten.

Kréṅv, adj., fort, mbr. creff, corn. crif, cymr. craff id. : soit un celt. *Arrem-o-, cf. sk. krâm-a « marche », kràm-ati « il marche », vikramà « exploit » : sans autre équivalent. — Conj.

Kréoṅ, s. m., toison, mbr. kneau (cf. kraoun), corn. cnêu, cymr. cnaif, vir. cnae id. : d’un celt. *knaw-ï-, cf. gr. ϰνά-ω (kna-ô) « je gratte », ϰνάφ-αλο-ν (knaph-alo-n) « flocon », et br. kréoia.

Krés, s. m., chemise, vêtement, cymr. crys, « ceinture, chemise », vir. crissei gael. crios « ceinture » : d’un celt. *krisso— qui parait avoir signifié « [vêtement] du milieu ». V. sous kreiz.

Kreski, vb., croître. Empr. lat. crësc-ere > *crëscere.

Kresteiz, s. m., midi, sud : altéré pour kreiz deiz[358]. V. ces mots.

Kresténen, s. f., variante de kristinen. V. ce mot.

Krét, s. m., caution : pour kréd, abstrait de krédi.

Kreûen, kreûn. kreunn, s. m., croûte du pain, corn. crevan, cymr. cratcen id. : soit un celt. *kreuenno— pour *kreup-enno-, dont la base se retrouve en lettique et germanique[359].

Kreûzeul, s. m., lampe, mbr. creuseul. Emp. fr. ancien croissel[360].

Krévia, vb., tondre : dér. de la forme mbr. de kréon.

Kréz, s. m., variante de krés. V. ce mot.

Krî, s. m., clameur. Empr. fr. cri (cymr. cri aussi, par Tag. cry).

Krîb, s. f., peigne, vbr. crip, cymr. crip > crib id., mais vir. crich « limite » : d’un celt. *kriqâ dont les conditions originaires sont inconnues[361].

Kribel, kriben, s. f., crête, huppe : dér. de krib[362].

Kribin, s. f., carde : dér. de krib.

Kridi, vb., variante de krédi. V. ce mot.

Kridien, s. f., frisson, cymr. crit > cryd, vir. et gael. crith id. : d’un celt. *krit-u-, ags. hritha et vhal. *hritto > ritto « fièvre » ; cf. en outre vbr. crihot « il brandit », gael. cra/A « secouer », lit. kratyti id., gr. ϰραδ-άω (krad-aô) « je brandis », etc. V. sous krén et skrija.

Krien, kriénen, s. m., gratin : dér. de kri[363].

Krîn : adj., sec, avare ; s. m., bois mort ; cymr. et vbr. crin, vir. crin, ir. crion et gael. crton, « décharné, petit » : soit un celt. */rrê-no-, qui équivaut au sk. çrâ-nâ, « cuit », d’où « épuisé par coction, desséché, flétri », etc. V. la rac. sous kraz.

Kriôa, vb., ronger, miner. Empr. fr. grigner (d’où grignoter).

Kriski, vb., variante de kreski. V. ce mot.

Kristen, s. m., chrétien. Empr. lat. christiânus.

Kristija, vb., hennir : peut-être « sacrer, jurer »en disant « sacristi ! », traduction plaisante du hennissement. Empr. fr.

Kristinen, s. f., peau qui se forme sur le lait qui bout : dér. d’une base *krûst-. Empr. lat. crusta « croûte » > *crasta.

1 Kriz, s. m., ride, froncis : abstrait du vb. mbr. crissaff > br. kriza, « retrousser, froncer ». Empr. lat. crissdre « se tortiller »[364].

2 Kriz, adj., cru, cruel, [fruit] vert. Empr. lat. cradus. Krôa, s. m., variante de grôa, cici.graé.

Kroaz, s. f., croix, mbr. croes > croas, corn. crois > crows. Empr. lat. crux (nominatif). Cf. kroug.

Kroazel, s. f., les reins : dér. du précédent[365].

Krôk, krôg, s. m., croc, agrafe, prise. Empr. fr.

Krogen, s. f., coquille, anse (pl.krégin), corn. crogen, cymr. crogen et cragen (pl.cregyn) id. : soit une forme celt. *krok-enfi> sensiblement altérée par rapport à i.-e. Vcotikhâ que supposent sk. çaṅkh-á et gr. ϰόγχ-η (kogch-ê)

Kroc’hen, s. m., peau, cuir, corn. crohen, cymr. croen, vir. croccnn, ir. croiceann, gael. craicionn id. : d’un celt. *krok-kenno-, « dos, peau du dos, peau », dont le premier terme se retrouve dans visl. hrygg-r, ag.

ridge et al. rûcken « dos », cf. sk. krúñc-ati « il se courbe » (?). V. le second terme sous kenn.

Kroc’henen, s. f., membrane : dér. du précédent.

Kropa, vb., engourdir, s’engourdir. Empr. fr. cropir > croupir.

Kros, s. m., tête d’épingle. Empr. fr. gros (bout). — Conj.

Krouadur, s. m., créature, enfant, corn. croadur, cymr. creadur. Empr. lat. creatara (pour le genre, cf. kaladur, kéladur, etc.).

Krouer, s. m., crible, mbr. croezr, corn. croider, vbr. cruitr y ir. et gael. criathar, celt. *krei-tro- « instrument à cribler », cf. ags. hridder > ag. riddle, al. reiter, lat. crï-bru-m id. : tous dér. identiques et parfaitement réguliers de la rac qu’on trouvera sous kars.

Kroug, s. m., gibet, corn. et cymr. crog. Empr. lat. cruc-em[366].

Krou), s. m., variante syncopée de kouroul. V. ce mot.

Kroumm, adj., courbe, cymr. cncm, vbr. crum, ir. cromb. Empr. ags. très ancien crumb, cf. al. krumm « de travers ».

Kroummel, s. f., anse de vase : dér. du précédent.

Krouzel, s. f., croupe, cime : variante probable de kroasel.

Krôz, s. m., murmure, querelle. Onomatopée probable, comme sûrement dans krôsa « croasser », cf. fr. croasser, br. klôc’ha, etc.[367]

KrubuJ, s. f., estomac, jabot, cymr. cromil pour crombil. Paraît dér. d’empr. ags. cropp> ag. crop, cf. al. krop/a jabot ».

Krûk, krûg, s. f., petit scorpion, cf. cymr. crugo « tourmenter » : d’une base eelt. *krouk-, étroitement alliée à la base *krok- qui a donné bas-lat. *croc-cu-m > fr. croc. Cf. krôk et krègi.

Krugel, s. f., monceau, butte, vbr. et corn. crue, cymr. crùg, vir. cruach, ir. et gael. cruach id. : dér. d’un celt. *krou-ka 9 visl. hrû-ga. cf. visl. hrauk-r « tas », ags. hrêac > ag. rick « meule » [de foin] ; la rac. à nu dans lit. krad-ti « entasser », kruv à « tas ».

Kuden, s. f., écheveau, cymr. cadyn, « boucle de cheveux, flocon », vbr. cutinnioupl. « articulations ». Empr. lat. très altéré condylus, lui-même empr. gr. ϰόνδυλος (kondulos), « nœud d’articulation, bourrelet ».

Kudon, s. f., ramier, cf. cymr. cuddon id. : paraît se rattacher à la même souche obscure que kuden-nek « sournois » = mbr. cuden-nec « farouche ».[368] V. sous argud, et pourtant tenir compte du nom de l’oiseau en vir. qui est ciad-colum « colombe de forêt ».[369]

Kudou, s. m. pl., basses caresses, flatteries. — Étym. inc.[370]

Kudurun, s. f., tonnerre : semble un composé ielarann avec préfixe (*keoi*gw-) t mais influencé par 1 kurun. V. ces mots.

Kuohen, s. f., parcelle, touffe : variante possible de koc’hen.[371]

Kuit, adj., quitte, libre. Empr. fr. ancien.[372]

Kujen (T.), s. m., petit-lait. Cf. kaouled et keùlè (?).

'Kûl, adj., potelé, grassouillet : soit un celt. *fcoul-yo-> qui aurait le même sens qu’un adj. lat. *calius. V. sous kîl. — Conj.

Kûn, adj., doux, affable, mbr. cuff, cymr. cura > eu, vir. càim > coem, ir. et gael. caomh id. : soit un celt. */<roimo-, cf. gr. ϰοι-μά-ω (koi-ma-ô) « faire dormir »[373], état fléchi de rac. KEI « être couché » (sk. çé-te = gr. ϰεῖ-ται (kei-tai) « il gît »), exactement reproduit par got. háim-s « demeure », ags. hām ag. home, al. heim[374].

Kunia, vb., gambader : semble dér. de la souche de . V. ce mot.

Kunuda, vb », caqueter, se plaindre : exactement « crier ensemble », préf. *ke- et iuda (udein). V. ces mots et keûnujen.

Kunuc’ha, vb., gémir, cymr. et ir.uchu soupir » (cf. got. auh-jôn « bruire », ag. owl « hibou », etc.), précédé du préf. *ke-.

1 Kurun, s. f., tonnerre. Cf. gr. ϰεραυνός (keraunos) « foudre ». — Étym. inc.

2 Kurun, s. f., couronne. Empr. lat. corôna.

Kusiadel, s. f., cachette : dér. de kuz. V. ce mot.

Kustum, s. m., usage. Empr. fr. ancien coustume.

Kutu)a, vb., cueillir, mbr. cuntuill, corn. cuntell « réunir » et cuntellet

« réunion », cymr. cynnull id., vbr. contulet « réunion » : tous dér. d’une base celt. *kont-oul- « beaucoup ensemble ». V. le premier terme sous ket- et gant, le second sous lies [375].

Kûz, s. m., cachette, corn. cudhe « cacher », cymr. cùdd « dissimulation » et cuddio « cacher » : soit un celt. *koud-o-, dér. de rao. KHEUDH ou KUDH, sk. kuh-î « brouillard » (?) et kdh-aka « trompeur », gr. ϰεύθ-ω (keuth-ô) « je cache », lat. cus-tôs « gardien », ags. hgd-an > ag. to hide, al. hutte « cabane » ; cf. encore zd khaodh-a « casque »( ?).

Kuzul, s. m., conseil, cymr. cusyl, vbr. cusil. Empr. lat. consilium.


D

1 Da, prép., à, pour, sur le point de, corn. dhe, cf. les préfixes verbaux cymr. du- et dy- 9 ir. to-> do- et du-, gael. do-, br. *da-, etc. : d’un préf. celt. *to- devenu *do- en position proclitique, et dont l’unique correspondant possible est got. du- [376].

2 Da, indice du subjonctif : le même que *da- infra.

3 Da, ton. V. sous té (initiale proclitique adoucie).

, s. m., joie, corn. et cymr. da « bon », vir. dag t gaul. *dagos dans Dago-vassos n. pr. « Bon-varlet » et autres : soit un celt. *dag-o- « bon », d’une rac. DÊG (réd. DÀG), « toucher, palper, estimer », cf. gr. δάϰ-τυλο-ς (dak-tulo-s) « doigt », lat. dig-itu-s, got. tëk-an « toucher », visl. tak-a et ag. to take « prendre », visl. toek-r « convenable » ; joindre gr. δέϰ-εσθαι (dek-esthai) δέχεσθαι (dechesthai) « accepter ».

*Da-, préf. verbal de direction, qui sert d’indice de subjonctif, entre dans la composition des préfixes dam-, dar-, das-, etc., et forme le premier terme d’un grand nombre de verbes anciens, mais sans plus créer de composition nouvelle. V. sous / da.

Daé, s. m., défi : préf. *da- et hék. V. ces mots. — Conj. Dael, s. f., dispute, mbr. *dazl> cymr. datl > dadl, « assemblée, discours », vbr. pl. dadl-ou id., vir. dàl et gael. dàil id. [377] : soit un celt. *da-tlà,

équivalent à ce que serait gr. *θέ-τλη (*the-tlê), « institution », dér. de la rac. DHÊ de τί-θη-μι (ti-thê-mi)[378]. Cf. krédi.

Daélaoui, vb., variante de daéraoui, dér. de daérou.

Daéré, s. m., marée basse, mbr. dazrè id. : soit une expression telle que fr. « la ramenée ». V. sous das- et rén.

Daérou, s. m. pl., larmes, mbr. dazrou, corn. dagr, cymr. daigr, vbr. daer-lon « plein de larmes », vir. dér, ir. déar et deôr, gael. deuret diar id., et vir. daer « larmes »[379] : d’un celt. *dakru, gr. δάϰρυ (dakru), lat. dacruma > lacruma, got. tagr (ag. tear, al. zähre, etc.).

Daez, s. m., degré. Empr. fr. ancien dais, « table, estrade ».

Daf, s. m., variante de deuf. V. ce mot.

Daffarer, s. m., aide-maçon : dér. de daffari « apporter des matériaux », pour *dad-pari > *dap-pari > daffari (préf. *da- et *ad-)[380]. Cf. darbarer.

Dag, s. m., poignard. Empr. fr. dague.

Daik, s. m., caresse : dimin. de dâ. V. ce mot.

Dalé, s. m., retard, délai : abstrait de daléa « tarder ». Empr. fr. ancien délaier, « retarder, allonger », du lat. dïlatàre.

Dalc’h, s. m., tenue, maintien, possession, corn. dalhen-ne et cymr. daly > dal id. : abstrait du type verbal qui est en breton del&her, variante par conséquent fort ancienne de derchel. V. ces mots.

Dalif, adj., posthume : soit « tardif », dér. de dalé. — Conj.[381]

Dall, adj., aveugle, corn. dal, cymç, vir., ir. et gael. dall id. : soit un celt. *dal-no-, de rac. DHwEL, « troubler, aveugler », gr. θολ-ερό-ς (thol-ero-s) ; « trouble », got. dwal-s « sot » (cf. ag. dall « obtus »), etc.[382]

Dalout, vb., tenir, prendre : pour *dalc’hout, dér. de dalc’h.

Dam-, préf., presque, à demi : exactement « environnant dans la direction de », soit celt. *to-ambi-. V. sous *da- et 1 *am-.

Damaṅt, s. m., souci, compassion : abstrait d’un vb. empr. lat. [se) dëmentàre « perdre l’esprit » [à force de soucis], — Conj. [383]

Dambrézein (V.), vb., divulguer, contrefaire. — Étym. inc.[384]

Damouchein (V.), vb., froisser, chiffonner, cf. mbr. dameuhein « refléter »[385] cymr. gwth « poussée » et ym-wth « poussée mutuelle » : soit donc une formation signifiant « pousser légèrement », dont le premier terme est dam- (en cymr. ym- = *ambi- tout court} et le second une racine inconnue (gr. ὠθέω (ôtheô) « je pousse » ?). — Conj. Ern., très douteuse.

Daṅ, s. m., variante de daf = deuf. V. ces mots.

Danévella, vb., réciter, raconter : variante de dasrévella[386], qui au surplus s’est restreint à un autre sens.

Daṅs, s. m., danse, bal. Empr. fr. danse.

Daṅson, s. m., fracas de porte, mbr. daczon « écho », dazsonàffet dasonein (V.) « résonner ». Empr. fr. son > sonner refait au moyen d’un préf. breton, avec une nasalisation imitée peut-être de daṅs.

Daṅt, s. m., dent, corn. dans, cymr. dant, vir. dèt y etc. : soit un celt. *dant- <C *dnt-, dont les équivalents exacts sont lat. dëns et got. tunth-u-s, auxquels il faut joindre subsidiairement sk. dânt- 9 gr. ôSo-k, ags. *tonth > iôth > ag. tooth, al. zand > zahn, etc.

Daṅten, s. f., pierre d’attente : exactement « dent » (disposée en saillie), mais avec jeu de mots probable sur le nom français.

Daṅvad, s. m., bête ovine (fm. danoadex, pl. denved), corn. dauat > dacas, cymr. dafad, correspondant à un celt. *dama-to-, « apprivoisé,

doux », par suite « mouton », lequel est identique au ppe gr. δαματός (damatos), cf. lat. domitus. V. la rac. sous don.

Danvez. s. m., matière, moyen, mbr. daffnez, cymr. defnydd, vir. damnae id. : soit un celt. *dam-nyo-, de rac. DEMÀ « bâtir », dont les nombreux dérivés sont sk. dam-à « maison », gr. δέμ-ω (dem-ô) « je bâtis » et δόμ-ο-ς (dom-o-s) « maison », lat. dom-u-s, vsl. dom-û, got. tirn-r-jan « charpenter », ag. timber « bois de charpente », al. zimmer « chambre ».

Daou m., diou f.[387], deux, corn. dou (dia), cymr. dau (dwy) t vbr. don (dui), vir. dâ(di), etc. ; cf. sk. dcau> gr. δύω (duô) δύο (duo), lat. duo, got. twái (ag. two, al. zwei), lit. du, vsl. dŭva, etc., etc.

Daougan, s. m., mari trompé : exactement « deux chants, deux notes », euphémisme pour désigner le coucou[388]. V. sons daou et / kân.

Daouc’hement, adj., double : exactement « deux autant » (kémeni).

Daoulina, vb., s’agenouiller. V. sous daou et glîn.

Daoust (interrogation indirecte), à savoir[389] : exactement « à toi de savoir » ; le premier terme est 3 da le second est un infinitif (supin) i.-e. *widtu-m, rac. WID. V. sous ac’houéz etgouzout.

Dar, s. f., dalle, évier. Empr. fr. dalle altéré sous l’influence de darn.

Dar-, préf. verbal : composé des préfixes *da- et ar-. Cf. plusieurs des mots suivants.

Darbarer, s. m., aide-maçon : abstrait de darbari, cymr. darparuu préparer ». Empr. lat. parâre précédé du préf. dar-. V. ce motet cf. daffarer.

Darbôd, s. m., tesson : pour darn-pôd. V. ces mots.

Darbout, vb., faillir, être sur le point de, cf. cymr. darbod « préparer » : préf. dar- et bout. V. ce mot et cf. daroézout.

1 Daré, adj., variante de darev. V. ce mot.

2 Daré, s. m., variante de daéré. V. ce mot.

Dared, s. m., javelot. Empr. fr. dard (dard-er). Cf. darz.

Daréden, s. f., éclair de chaleur : dér. du précédent[390].

Daremprédi, vb., fréquenter, visiter, cymr. darymred « courir de côté et d’autre » : préf. dar-, 1 am-, et 1 réd. V. ces mots.

Darev, adj., prêt, en danger de, mûr, cuit : pour dar-eo, 3e pers. du sg. du présent du vb. darbout. V. ce mot.

Darévella, vb., variante de dasréoella, et cf. danéoella.

Darévi, vb., préparer, mûrir, cuire : dér. de dareo.

Dargreiz, s. m., ceinture, taille : exactement une locution « pour le milieu », î da, article ar et kreiz. V. ces mots.

Darçud, s. m., le même quear-gud, mais avec préf. dar-.

Darc’haout, vb., frapper : peut procéder d’une formation celt. *loare-gab’, soit deux préfixes (cf. dar-) précédant une racine qui apparaît en irlandais et en germanique, mais avec un sens tout différent, « donner, prendre ».

Darn, s. f., pièce, fragment, corn. et cymr. darn[391], celt. *dar-nà ppe passé d’une rac. DERÄ, « fendre, déchirer », sk. dir-i^à « fendu » : sk. dàr-si « tu brises », gr. δέρ-ω (der-ô) « j’écorche », lit. dir-ti « écorcher », vsl. der-ci « je déchire », got. dis-tair-an « déchirer », ag. to tear, al. zerr-en et ver-zehr-en « dévorer », etc. Cf. aussi dourn.

Darnija, vb., voler bas (près). V. sous dar- et nich.

Darvézout, vb., advenir. V. sous dar- elbéza, et cf. darbout.

Darvoéden, s. f., dartre, mbr. daroueden, cymr. tarwyden > taroden id. : soit un celt. *derdw-eita, qui se rattache à la même souche de réduplication que lat. *der-dvù-ôsu-s > derbiôsus « teigneux », sk. dar-dû- > dadru, ags. teter, vhal. zittar-oh, lit. dedercinè « affection cutanée ».

Darvoud, s. m., accident, variante de darbout, et cf. darvézout.

Darz, s. m., dard (poisson). Empr. fr. ancien, et cf. dared.

Das-, préf. itératif[392] : préf. 1 da- et as-. V. ces mots.

Daskiria, vb., ruminer, rabr. dazquilyat id. : préf. das-, et cf. cymr. ci/, vir. cir, gael. cïr (dans l’île de Man keeil) « la bouchée que remâche un animal qui rumine ». — Étym. inc.

Daskori, vb., rendre, vomir, cf. les composés cymr. ad-gori « rendre », vir. ath-chuir-im « je rapporte », et le simple vir. cuir im « je place » : soit donc une base celt. *to-at-kor- (vir. taidchur « retour ») ; rac. inconnue par ailleurs ; le double préf. sous dus-,

Daskréna, vb., trembloter, chevroter. V. sous das- et krën.

Daspréna, vb., racheter, délivrer. V. sous das- et préna.

Daspuû, s. m., amas, cymr. pwng « groupe », pyngu « grouper »[393].

Dasrévella, vb. : raconter ; parler tous ensemble confusément. Dans le premier sens (éteint, cf. danévella et dambrézein), la base est *to-at-rim-, « compter », d’où « conter », cf. cymr. dyrifo « énumérer », vir. torimu « j’énuraère », etc. V. sous rumm. Dans le second sens, la base est *to-atr-hécel-, c’est-à-dire que le premier double préf. dasest encore suivi du préf. ra y et le sens est « d’ensemble réitéré ». V. tous ces mots[394].

Dastaz, tout doux (terme de charretier). Le préf. sous *da-. La rac. est STÂ (cf. saô), et conséquemment la seconde partie du mot équivaut au lat. status, « station, arrêt ».

Dastum, s. m., amas : soit un celt. *toumb-o « tertre », ir. tomm, gr. τύμϐος (tumbos), cf. lat. tum-ulu-s[395]. Préf. das-.

Davad, s. m., variante de daûvad. V. ce mot.

Davéein(V.), vb., tarder : comme qui dirait « tâtonner », préf. *daet méein (V.) « pétrir ». Dér. de Tempr. fr. maie « pétrin ».

Daz-, préf., variante de das-.

Dazorc’hi, vb., revenir à la vie, ranimer, rallumer, mbr. daesorch, corn. dasserchy id. : préf. dazet empr. lat. surgere[396].

, s. m., variante de deiz (hors de Léon).

*Dé-, particule, variante occasionnelle de *da-[397].

Déac’h, adv., hier, cymr. y ddoe, vir. in-dhé 9 v. ané, gael. an dé ou dé id. : d’un celt. *ges-i, sk. hyàs, gr. χθές (chthes) lat. her-ï et adj. hes-ternus, got. gis-tra-(dagùt), ag. yesterday, al. gestern, etc., rac. i.-e. GHdhES[398].

Déan, s. m., doyen. Empr. fr. ancien deiien (cf. ag. dean).

Déaz, s. m., dais, corniche de cheminée, mbr. daes. Empr. fr. dais, et cf. le sens actuel de daez.

Debron, s. m., démangeaison, mbr. debruan « prurit » : abstrait du radical br. debr-, qui est aussi celui de dibri. V. ce mot.

Dék, dég, dix, corn. et cymr. dec > deg, vir. deich (n-)[399], etc. : d’un celt. *dekn. < i.-e. *dékm, sk. dâça, gr. δέϰα (deka), lat. decem, got. taihun (ag. ien, al. *eAn), etc., etc.

Déhou, adj., droit (opposé à « gauche )>), corn. dyghow > dyow, cymr. dehau et deAea id. : d’un celt. *deks-owo- [400] (vir. dess < *deks-o-), dér. de la rac. DEKS, comme sk. daks-ina, gr. δεξ-ιό-ς (dex-io-s), lat. dex-ter, lit. dessiné, vsl. desinu, got. taihs-wa, etc.

Dec’h, adv., variante de déac’h (hors de Léon).

Deiz, s. m., jour, corn. det, cymr. dydd id. : d’un celt. *diyes-, vir. et ir. die et rfia, gael. di- (initiale des noms des jours de la semaine) ; dér. de la rac. i.-e. DIw « briller », sk. dyaû-s, « ciel, jour », gr. Ζεύς (Zeus) ; (dieu du ciel), lat. diès, etc. Cf. Doué.

Déjandein, déjsmein (V.), vb., railler. Empr. fr. ancien déchanter, « chanter en déchant, chanter dans ane autre partie le même chant que qqun », d’où« contrefaire ». — Conj.

Béiez, s. f., vergue, mbr. delé, vbr. pl. deleiou, corn. dele, vir., ir. et gael. deil « verge » : soit originairement « jeune branche » (métaphore), dér. du même radical que délien[401].

Delclier, vb., tenir. V. sous dalc’h et derc’hel.

Délien, s. f., feuille (pl. déliou), corn. delen, cymr. dalenet deilen, ir. et gael. duille, gaul. -dula dans le composé πεμπε-δουλα (pempe-doula) « la quintefeuille » : soit donc un celt. *dulld, dér. d’une rac. DHwEL, cf. gr. θύλλα· ϰλάδους ἢ φύλλα (thulla ; kladous ê pulla) Hesych. « feuilles », θάλος (thalos) ; et θάλλος (thallos) ; « jeune rameau », θάλλειν (thallein) « verdoyer », sans autre équivalent que l’arménien dal-ar « vert ».

Dellézout, vb., mériter, mbr. delezaff id. = cymr. dyr-llyddu, et dellit = cymr. dyr-ilid « mérite » : se ramènent respectivement à *do-ftli-yoot *do-sli-tu-, c’est-à-dire à deux dér., précédés de préf. (V. sous *da-), d’une rac. celt. SLÎ, vir. dosli « il mérite », à laquelle on ne connaît point d’équivalent en dehors du celtique. — Loth.

Delt, adj., humide, ir. et gael. dealt « rosée » : soit un celt. *del-to-, qui n’a pas d’autre représentant, même en brittonique[402].

Dem-, particule, variante de dam-. V. ce mot.

Demm, s. m., daim. Empr. bas-lat. damum < lat. dama, ou fr. daim.

Démorant, s. m., reste, surplus. Empr. fr. ancien demourant.

Dén, s. m. f., homme (pl.tùd s. v.), corn. den, cymr. dyn, vir., ir. et gael. duine id. : d’un celt. *dun-yo- « mortel », dér. de l’état réduit de la rac. DHwENÄ (sk. â-dhvan-ï-t, « il se voila, il disparut » ?), dont les seuls représentants sûrs se trouvent en grec, soit θάνα-το-ς (thana-to-s) « mort », θνη-τό-ς (thnê-to-s) « mortel », θνῄσϰειν (thnêskein) « mourir ».

Déna, vb., téter, vir. dinim « je tète » : soit un vb. celt. *de-n-ô, rac. DHÊi, sk. dhây-a-ti « il tète », dhè-nû « vache qui allaite », gr. θή-λη (thê-lê) « mamelle », θῆ-λυ-ς (thê-lu-s) « femelle », lat. fē-lāre « sucer », fē-mina (« l’allaitante », ppe. présent moyen), fî-liu-s (originairement « nourrisson »), got. daddjan « allaiter », etc. Cf. 1 téz.

Denta, vb., denteler : dér. de daût. V. ce mot (pl. deûl).

Denvéza, vb., contrefaire : paraît altéré de difrèza[403].

Denviad, s. m., glouton : soit den-viad « homme de nourriture », le second terme étant fempr. fr. ancien viande[404].

Déok, déog, s. m., dîme, mbr. deaoc, avec métathèse pour *dékao. Empr. lat. barbare *decavum « dizième ». — Conj.[405].

Déol, adj., pieux. Empr. fr. altéré décot.

Déou, adj., variante de dèhou. V. ce mot.

Déouiein (V.), vb., dépêcher, hâter : dér. de déou (diriger).

Déporda, déporta, vb., attendre, espérer. Empr. fr. ancien (se) déporter, « se récuser, se réserver », d’où « attendre ».

Déraoui, vb., commencer : dér. de dérou. V. ce mot.

Déré, déréad, adj., bienséant : exactement « [bien] amené, opportun », abstrait d’un vb. mbr. deren (dere « amène » = cymr. dyre « viens »), composé de *- et rén. V. ces deux mots.

Dérez, s. m., degré, marche, mbr. degrez. Empr. fr., et cf. dergé.

Derf, s. m., variante de dérô. V. ce mot.

Dergé, s. m., variante de dérez. Empr. fr. avec métathèse.

Dergwéner, s. m. (= deizgwéner), variante de digwéner.

Derc'h, s. m., la partie la plus dure du bois : se rattache au même radical que darc’haout ou derc’hel. V. ces deux mots.

Derc’hel, vb., tenir, arrêter : dér. d’un celt. *derg-e/o- « ferme », d’une rac. DERGH, sk. dfh-ya-ti et dfrnh-a-ti « il affermit », drdhà « solide », zd darez-ayeiti « il attache », lit. dirz-a-s « courroie », gr. δράσσομαι (drassomai) « je saisis », ags. targe « bouclier » (d’où fr. ancien targe), etc. Cf. delc’her.

Derc'hent, s. m., la veille, mbr. des-quent id. : équivaut à ce que serait aujourd’hui *deiz-kent. V. ces deux mots.

Dérô, s. m., chêne (aussi derv et derf), cymr. derw-en, cf. corn. dar t vir. dair (gén. dar-ach), gael. darach id. : soit un radical celt. *tfer(œ)-, i.-e. *deru- 9 *doru- f *dru-, sk. dâru « bois », gr. δόρυ (doru), « tige, lance, », et δρῦ-ς (dru-s) « chêne », got. triu « arbre », ags. trëo > ag. tree, etc.

Dérou, s. m., début, mbr. dezrou, cymr. dechreu. — Étym. inc.

Dervez., s. m., journée (aussi deûéh V.), pour *deiz-vez =corn. deth-wyth = cymr. dydd-waith « en un certain jour » : soit un celt. *diyes-wekto-, « le charriage d’un jour », ou plus simplement « la fois d’un jour », dont on trouvera le premier terme sous deiz et le second sous gwéach. — Loth.

Désadorn, s. m., variante de disadorn, et cf. dergwéner.

Deski, vb. (d’où deskadurez « instruction »), variante de diski.

Despal, s. m., hâte : sens provenu de celui de « détresse », à en juger par mbr. dyspayllet « [provision] épuisée ». Empr. lat. despoliâtus (?).

Deu (V.), variante de daou. V. ce mot.

Deuf, s. m., gendre, mbr. deuff, corn. dof t cymr. dauu> date id., vbr. dauu, vir. dâm, ir. dâmh et gael. dàimh « relation de famille » : d’un celt. *dàm-o-, qui rappelle, d’une part, gr. δᾶμος (damos) > δῆμος (dêmos), « clan, tribu, peuple », et, de l’autre, δάμ-αρ (dam-ar) « épouse ». Cf. deun.

Deûi, vb., autre infinitif du vb. dont. V. ce mot.

Deûn (V.), s. m., fond : variante dialectale de doun. V. ce mot.

Dean, s. m., variante de deuf et daû. V. ces mots.

Deurvézout, deurvout, vb., daigner, cf. cymr. dater « s’intéresser à » : soit donc un radical celt. *dâro- « égard ». — Étym. inc. Cf. pourtant sk. driyà-te « il considère », à-dar-a « égard », à peu près isolé.

Deûst (V.), adv., variante de daoust. V. ce mot.

Devez, s. m-, variante de dervez, et cf. dé.

Dévi, vb., brûler, se consumer, mbr. deuff, cymr. deijxo « brûler » : soit une rac. celt. DEB, identique à la rac. i-e. DIIEGH, « briller, brûler », sk. dàh-a-ti « il brûle » et ni-dàgh-à « chaleur », gr. τέφ-ρα (teph-ra) « cendre », got. dags « *dhogh-o-) « jour », ag. day et al. tag id., lit. dèg-ti brûler » et dagà « temps de la moisson > moisson », etc.

Déviad, s. m., variante de deûoiad (nasalisation disparue).

1 Déz, s. m., variante de deiz. V. ce mot.

2 Déz, s. m., variante de deaz. V. ce mot.

, particule, là, cf. ir. -d- (pronom démonstratif infixe), zd. accus, dim « lui » et di$ « eux », gr. -δε (-de) (dans ὅ-δε (ho-de) etc.), lat. -dem et -dam (dans ïdem, quidam, etc.) : d’un celt. *dë, dont le représentant le plus exact au point de vue de la forme est la particule gr. δὴ (), « précisément ».

1 Di-, préfixe inversif ou privatif, dont le sens est identique à celui du fr. dé- (dans dé-faire, dé-lier, etc.), corn. tfi-, cymr. di- f ir. di-, celt. *rfë-, préposition lat. de « de haut en bas > en sens inverso »[406].

2 *Di-, préf., variante occasionnelle de *dë- < *da-[407].

Diadavi, vb., perdre haleine : le second terme est dér. d’un celt. *ai-amohaleine » ; cf. gr. ἀτμός (atmos), « vapeur, exhalaison », al. atem et odem « haleine », perdu partout ailleurs. V. sous / di-.

Diagent, adv., auparavant : préf. 2 *di-, a-, et keftt.

Diana, dianan, adv., au moins : prononciation rapide pour *di-vihanaà (aussi da viana), superl. de bihan.

Diank, adj., égaré : exactement « échappé, détaché, décroché ». V. sous 1 di- et afikoê. — Conj.

Dianéôst, s. m., automne : exactement « à la suite de l’été ». V. sous 1 di- ou 2 *di-, *an- (2o) et éôst.

Diantek, adj., innocent : préf. 1 di-, et *antek « tache », abstrait d’un ppe *antekel. Kmpr. fr. (normand) *entaquè « entaché ». Cf. tech.

Dianvéaz, s. m. (préf. *di- et *an-). V. sous diacéaz.

Diaoul, s. m., diable. Empr. bas-lat. diabolum > diavolo.

Diaraogen, s. f., devantier, tablier : dér. de diaraok s. m. « le devant ». V. sous 2 *di- et araok, et cf. tavancher.

Diarbenna, vb., rencontrer, affronter, obvier à : *di-, ar-, et penn, et cf. mbr. arbenn, « rencontre, aventure ».

Diaskréna, vb., demeurer renversé : vb. kréna, précédé du préf. itératif et de l’indifférent *di-, soit donc « continuer à se vautrer ».

Diavéaz, s. m., le dehors (d’où diavésiâd « étranger ») : préf. 2 *di-, a-, et méat. V. ces mots et cf. dianvéaz.

Diaz, s. m., le bas : abstrait par apocope de diazez, « assise, fondation », et celui-ci dedi-azéza « asseoir » (préf. *di-).

Dibab, s. m., élection, tri, choix : originairement « le fait d’élire pape », ne fût-ce que comme abstrait d’une locution telle que dilenn da bab, etc. ; puis confondu par quasi-homonymie avec mbr. dibarz, « trier, choisir », aujourd’hui disparu [408]. — Conj.

Dibalva, vb., desserrer les mains. V. sous 1 di- et palf[409].

Dibenn-éost, s. m., automne : exactement « fin de l’été », mbr. diben et cymr. dyben « fin » ; préf. 2 *di- et penn, comme fr. a-cheo-er « terminer ». Cf. dianéôst.

Diboufa, vb. : débusquer, chasser ; débûcher, s’esquiver : exactement « faire sortir du coin » ou « tourner le coin », pour di-ouf-a.

Dibr, s. m., selle, cymr. dibr, mbr. dipr, vbr. diprou pl. « harnachement » : exactement « accessoires, ce qu’on adapte », préf. 2 *di- devant le radical brittonique *per- « faire », corn. per-y « tu feras », cymr. par « fais », etc. La rac. i.-e. est QER : sic. kar-ó-ti « il fait », kár-ma « action », gr. ϰρα-αίνω (kra-ainô) « j’opère », lat. cre-àre, lit. kur-iù « je construis », etc., etc.

Dibri, vb., manger, mbr. dibriff, vbr. •diprim « nourriture » : préf. 2 *rft- (*de-) devant un radical brittonique *’prim, ir. ®crim dans crim-ôg « morceau », gael. criom-ag et criorn id., soit donc un radical celt. *qrim[410] ou *qnim, vir. cnâra « ronger » et gael. cnàmh « mâcher », gr. ϰνάω (knaô) « gratter » et ϰνώδων (knôdôn) « dent », lit. kánd-u « je mords », sk. khád-a-li « il mâche ». — Douteux pour ir. crimog, qui a m dur.

Dibuna, vb., dévider. Empr. bas-lat. dëpàndre, de panus « fil du tisserand » ; mais contaminé par un composé de di- etpuno (C.) « pelotonner », lequel peut se rattacher au radical de daspun[411].

Didân, adv., prép., variante de dindân (préf. *di-).

Diduel, s. f., divertissement. Empr. fr. déduit « plaisir », surchargé d’un suff. secondaire breton[412]. Cf. dudi (et didil C).

Dîek, adj. (et dér. diégiu), paresseux, oisif : exactement « émoussé », cf. ek « pointe » ; ou bien « lent », corn. dioc y cymr. diog 9 vbr. diauc f j>rèL 1 di-, et sk. àç-u, gr. ὠϰ-ύ-ς (ôk-u-s) « rapide », lat. àc-er « fougueux », ôc-ius « plus vite », etc.

Diel, s. m., titre, charte. Empr. fr. altéré title[413]. Cf. teùl.

Diélc’ha, vb., perdre haleine, mbr. dihelchat : exactement w perdre la poursuite, s’arrêter de chasser ». V. sous émolc’h.

Dîénez, s. f., indigence (aussi dianec’h V.), mbr, dieznes « misère », diannéss (V.) id. et diaûnes (T.) « regret » : soit donc un mot auquel correspondrait un cymr. *di-adnes « absence de secours », cymr. adnes « secours » perdu en breton ; préf. *ad- et nés. V. ces mots.

Dienn, s. m., crème (aussi dihen V.), corn. dehen id. : soit « pâte », dér. lointain de la rac. DHIGH, « pétrir, façonner, enduire », etc., sk. à-dikan « ils enduisirent », gr. ὠϰ- ύ-ς (ôk-u-s) « je touche » et τεῖχ-ος (teich-os) « muraille », lat. fing-ô, Jig-ûra, ef-fig-iès, etc., ags. dùh > ag. dougk, et al. teig « pâte », etc. — Conj.

Dieskern, adj., variante de di-askourn, et cf. askourn.

Diez, adj., difficile : 1 di- et aez (éaz). V. ces mots.

Diéza, vb., s’évaporer : 1 di- etaézen. V. ces mots.

Difenn, s. m., défense, interdiction : abstrait de difenni y « défendre, interdire » (ce dernier sens empr. fr.). Empr. lat. dêfendere.

Dilézuz, adj., invincible, impossible. V. sous 1 di- etfaez.

Difloskein (V.), vb., éclater en morceaux. Empr. fr. ancien fruschier > froissier « briser », avec r > / et préf. 2 *di-. — Conj.

1 Diforc’h, s. m., avortement : exactement « défourchement, violent écartement des jambes », euphémisme grossier. V. sous forc’h.

2 Diforc’h, adj., difforme, mbr. difurm. Empr. fr. difforme, contaminé du précédent au sens d’ « avorton ».

Difourka, vb., débusquer, cf. diboufa. Empr. fr. ancien fourc « bifurcation » [d’un bois, d’un chemin, etc.], précédé du préf. 1 di-.

Difraé, s. m., hâte, promptitude : abstrait de difraéa > difréa, « délivrer, débarrasser, hâter ». Empr. fr. défrayer « tirer de peine ».

Difréta, vb., étirer, mbr. diffraetaff « harceler » : parait contenir le même radical que fr. frét-iller, d’origine inconnue.

Difréza, vb., contrefaire : peut-être originairement « divulguer », cf. denoéza et dambrézein. V. sous di- et fraez > fréaz.

Difroàk, s. m., sanglot : abstrait du vb. mbr. difroneqa « s’ébrouer ». Empr. fr. ancien fronequier fronchier « ronfler ».

Digabal, adj., sans défaut. Empr. fr. cabale « médisance »[414].

Digarez, s. m., excuse, prétexte : exactement « ce qui supprime le blâme », préf. 1 di- et mbr. carez. V. sous kiriek.

Digeiza, vb., épeier : exactement « décomposer », cf. (V.) digueigein <( démêler », préf. 1 di- et kéjeîn. V. ce mot et digouèga.

Digéri, vb., ouvrir, corn. y-gery : dér. de di-gor « ouvert », le radical étant le même que dans das-kor-i. V. ce mot (préf. 1 di-).

Digouéga, vb., épeier : variante de digeiza, contaminée par l’ancien ’nom de l’alphabet, cymr. egwyddor < lat. abecedàrium. Ou simplement empr. fr. altéré dégoiser, surtout si la prononciation vraie est digouéja.

Digwéner, s. m., vendredi. Empr. lat. dies Veneris.

Digwéz, s. m., accident : abstrait de digivézout=oymT. digwyddo = corn. digwydha. Empr. lat. dëcédere altéré pour dëcidere.

Dihila (C), vb., s’égrener, mbr. dis-hil-ya, dér. de *hil « graine » ; cf. cymr. dihil « sans enfants », de hil = vir. sil « race », soit un celt. *se-lo de la même rac. que lat. së-men. V. sous hâd. — Conj. Ern.[415]

Dihompra, vb., disloquer : cf. diamprein (V.) = divambrein « démembrer », etc. ; variante d’un dér. de 1 di- et empr. fr. membre.

Dihou, adj., variante de déhou. V. ce mot.

Dichafranta, vb., déchirer. Empr. fr. déchiré, contaminé du br. diframmet id., en dérivation verbale. V. sous 1 di- et framm.

Dichek, adj., fier, brusque : pour *tech-ek 9 cf. le sens du fr. entiché [de soi-même]. Empr. fr. en dérivation bretonne. Cf. iech.

Dicheùtil, s. m., gentilhomme (aussi dijentil, et dénjentil C) : altéré de duchefttil (V.), lequel est abstrait de la locution pl. ann dudjentil « les gentilshommes » transportée purement et simplement au sg., comme en fr. gens d'arme > gendarme. V. sous dén et tud.

Dic’héned, adj., laid : pour *di-géned. V. souskéned.

Dic’hîz, adj., difforme : exactement « sans façon » (gis).

Dic’houigein (V.), vb., déchoir : exactement di-huig-ein> identique au vb. cymr. diffygio id., qui est empr. lat. dëficere « manquer ».

Dilad, s. m., hardes, vêtement, mbr. dillat, cymr. dillad, vir. dillat > diallait id., ir. et gael. diallaid « selle » : dér. d’un radical celt. *diliséant » (vir. dil « agréable »), cf. got. til-s et ga-til-s « qui va bien », visl. til > ag. till « jusqu’à», al. siel « but », c’est-à-dire « qui atteint » ou « ce qu’on veut atteindre », etc. — Rapprochements très peu sûrs.

Dilambrek, adj., indolent, imbécile : exactement « qui se laisse glisser sans faire un effort ». V. sous lampr.

Dilenn, s. m., élection, choix : mot savant formé à l’instar du lat. dê-ligere sur le vb. simple lenn[416]. V. ce mot et cf. dibab.

Dilez, s. m., abandon : abstrait de ditèsi. Empr. fr. délaisser.

Dilooh (V.), s. m., dégel, mbr. diloh^ cf. cymr. dadlaith « dégel » ou vir. ladg « neige ». V. sous leiz (= leic’h V.).

Diloclia, vb., déplacer, partir : contamination du régulier br. dilec’hi « déplacer » avec le fr. déloger[417]. V. sous léac’h.

Diloc’huz, adj., immuable : préf. 1 di etlo&ha (sous loch).

Dilôst-han, s. m., automne : exactement « fin (queue) de l’été ». V. sous 2 *di-, lest et hanv, et cf. dibenn-éost.

Dilûn, s. m., lundi. Empr. lat. dies lanae.

Dimerc’her, s. m., mercredi. Empr. lat. dies Mercurii.

Dimeurs, s. m., mardi. Empr. lat. dies Martis (> *martis).

Dimézel, s. f., pour démésel. Empr. fr. demoiselle[418].

Dimizi, s. m., mariage, mbr. dimisijfa se marier », corn. demedhy id. : soit un radical celt. *to-am-wed-[419], où la rac. est WEDH, celt. *wed-ô, « je conduis, j’amène )> (lat. uxôrem dûcô), cymr. dy-wedd-io « se marier », ym-ar-wedd « se conduire », ar-wedd « porter », vir. fed-im « je conduis », ag. to wedy lit. ved-ù, « je mène, j’épouse », vsl. oed-ç, « je conduis », etc. Cf. aussi gouhez.

Dindân, adv., prép., dessous, sous (cf. didan V., C), cymr. (an id. : mot d’origine obscure [420], perdu en br. et partout ailleurs, précédé du préf. *diavec nasalisation par assimilation des deux syllabes.

Diner, s. m., denier, argent, corn. dinair. Empr. lat. dënârius.

Diùs (V.), s. m., variante nasalisée de dis.

Diùsa, vb., tinter, cf. vbr. din-iam « je fais sonner ». Onomatopée ancienne (compliquée d’empr. fr. ?). Cf. aussi ag. to tink.

Diod, adj., niais. Empr. fr. populaire diot < idiot.

Dioda, vb., monter en épi, mbr. dihodein (V.), cymr. hodi id., cf. cymr. hedeg, « monter en épi, voler » : soit un radical celt. *of-, « voler, s’élever », pour *pot-, identique à celui du gr. ποτ-άο-μαι (pot-ao-mai). V. la rac. sous évn. — Conj. Ern.

Dionenni, dioni, vb., écumer (enlever l’écume), cymr. diewynu. V. sous 1 di- et éon.

Diorblein (V.), vb., émonder : pour diverblein ou dwelbrein « démeubler », formes diverses de la composition de 1 di- et meulbr empr. fr.

Diorren, vb., cultiver, élever [un enfant] : avec perte de l’aspiration, pour *di-c*horren. V. sous gorré.

Diouer, s. m., privation, abstinence (aussi diover V.) : abstrait du mbr. dioueret « privé de », lequel parait dér., avec préf. 2 *di-, de mbr. eùcer « fade » (br. voer V.), cymr. o/er « vain » ; ce dernier susceptible d’être rapproché du lat. am-drus « amer », et subsidiairement des sk. am-là « aigre », àm-â et gr. ὠμός (ômos) ; « cru »[421]. — Ern.

Diougan, s. m., prédiction : soit un celt. *to-wo-kan-o- « pré-cantation » littéralement. V. sous 2 di-, gw- et kdn.

Dir, s. m., acier, cymr. dur. Empr. lat. dûrum « fmétalj dur ».

Diranva, vb., égrener. V. sous raàvel.

Diren, s. f. t lame[422], tranchant, briquet : dér. de dir.

Diréza, vb., atteindre ou transporter de haut en bas, mbr. dirhaes, corn. drehedhy id. : soit un composé celt. *to-ro-sid- « réussir » (cf. cymr. haedd-u, dy-haedd-u et cy-r-haedd-u « atteindre »[423], dune rac. SÂDH que montrent surtout les mots sk. sddh-d « propice », sàdh-a-ti* sddhya-ti et sidh-yati « il réussit », gr. εὐθύς (euthus) et ἰθύς (ithus)[424].

Diribin, adj., en pente, cf. mbr. diri-bign « escalier » : diri, faux singulier abstrait de diriou, pl. de direz. V. ce mot et pina.

Diroestla, vb., débrouiller, cymr. dirtcystro. V. sous reùstla.

Diroll, adj., débauché : semble altéré pour di-réol « déréglé ».

Dis, s. m., dé à jouer, mbr. diçc. Empr. fr. ancien dez (nominatif).

Dis-, préf., même sens que 1 di- dont il est d’ailleurs la contamination par l’empr. lat. savant dis- > fr. des- > dé-[425].

Disadorn, s. m., samedi. Empr. lat. dies *Sâtârnï.

Disk, s. m., plat, vbr. discl et pl. discou. Empr. lat. disais (> ag. disk).

Diskar, s., m., chute, abattis, décours : le radical, perdu en br., se retrouve dans cymr. y-sgar, « séparer, dissoudre », vir. scaraim « je sépare », lit. skir-ti « séparer », ag. to shear et al. scher-en « tondre » ; et de plus on le reconnaît à la base du br. skar-za. V. ce mot.

Diskenn, s. m., pente. Empr. lat. descend-ere.

Diski, vb., apprendre, mbr. desquiff^> disquiff, corn. desca, cymr. dyscu > dysgu. Empr. lat. dïsc-ere.

Diskogella (C), vb., secouer, cf. cymr. dy-sgog-i id. (en dérivation fréquentative) et y-sgog-i « bouger » : préf. *di- précédant une rac. SKAG, « secouer, branler, sauter, se séparer », vir. scàich « il s’est écarté » foscaich-im « je m’éloigne » etder-scaig-im « je me distingue », vi$l. skak-a et ag. to shake « secouer », lit. szok-ti <c sauter » et vsl. skok-ù « saut »[426].

1 Diskolpa, vb., mettre en pièces. V. sous skolp.

2 Diskolpa, vb., s’amuser. Empr. fr. altéré [se] découpler[427].

Diskouéza, vb., montrer : préf. dis- et mbr. goez « vue »[428].

Diskula, vb., dénoncer : soit a faire sortir de l’ombre »[429], préf. 1 di- devant une base * skà-lï « ombre » (vir. scâil, gael. sgàil, vbr. esceilenn « voile ») dér. delà même rac. que skeùd. — Conj. Ern.

Disléber, adj., défiguré, vil : préf. dis- devant un dér. brittonique *lip-ero- < celt. *liq-ero-, contenant la rac. LIQ, « corps, forme », la même que dans hévélep. V. ce mot.

Dislévi (gen), vb., bâiller, cymr. dylyfu gèn id. : exactement « écarter les mâchoires », rac. SLIB « glisser ». Cf. libonik[430].

Dismaàta, dismantra, vb., détruire : contamination de Pempr. fr. démonter et du vb. br. mantra. V. ce mot.

Dismégans, s. f., injure, corn. dismigo « se méfier », cymr. dir-myg-u « mépriser » et cf. myg « honoré », vir. di-mic-in, « mépris, déshonneur », — Étym. inc.[431]

Disnévella, vb., contrefaire : cf. denoéza et danéoella.

Dispacha, vb., gratter, remuer, etc. : exactement « tirailler en tous sens [comme] avec un croc ». V. sous dis- et bac h.

Dispar, adj., impair, sans égal. V. sous dis- et par.

Dispenna, vb., déchirer : préf. dis- et bénau couper », contaminé de Pempr. bas-lat. dis-pannàre (de patinas « lambeau d’étoffe »), ou bien plutôt de Pempr. fr. ancien despenner, qui est le même mot et a donné le moderne dépenaillé.

Dispi}, dans lalocution a zispil « suspendu » : préf. dis- et mbr. bilh « billot ». Empr. fr. bille « bois d’attache »[432].

Dispiâ, s. m., dépense. Empr. bas-lat. dispendium.

Displég, s. m., parole facile, éloquence : exactement « déploiement », cf. displéga « déplier » et ag. to display. V. sous plék.

Disrévella, vb., divulguer : cf. danéoella, dasréoella, etc., et joindre l’influence possible du sens du quasi-homophone fr. réoéler.

Disronnein (V.) f vb., dépaqueter : (pour *dis-gronnein) cf. grounn.

Distaouein (V.), vb., apaiser, s’apaiser, cymr. dys-tew-i id. : préf. dis-, et dérivation causative de tèv-el « se taire » (sous taô).

Distef, adj., débouché : variante de distouf.

Dister, adj., chétif, sans valeur : préf. 1 di-, et mbr. ster, « signification, valeur », cymr. ystyr « signification ». Empr. lat. historia « récit > sens d’un récit > sens en général ».

Distol, s. m., rebut. V. sous dis- et 1 taol.

Distrémen, s. m., cloison : exactement « empêchement de dépasser > barrière », etc. V. sous dis- et trèménout[433].

Distribi}, dans la locution a zistribil « suspendu » : contaminé de dispil et d’une onomatopée de brandillement.

Distrouàka, vb., décolorer, pâlir : exactement « essanger » [le linge], d’où « dégraisser, déteindre », etc. Empr. lat. très altéré distorquëre. — Conj.

Disûl, s. m., dimanche. Empr. lat. dies salis.

Divalô[434], adj., rude, laid : exactement « non tendre », préf. di-, et un adj. perdu *malv < celt. *mal-awo- « mou », cf. gr. μαλ-α-ϰό-ς, ἀ-μαλ-ό-ς, μῶλ-υ-ς (mal-a-ko-s, a-mal-o-s, môl-u-s), et lat. mollis. V. sous mala et melc’houéden.

Divarra, vb., ébrancher, ôter le comble, raser (un bâtiment) : cf. les diverses acceptions de barr > bâr.

Divéga, vb., épointer : préf. 1 di- et bék.

Diveûrei (V., T.), vb., se lever tard : préf. 1 di- et beûré.

1 Divez, s. m., fin, corn. dewedh, cymr. diwedd, vir. déad > dlad id. : soit un celt *dè-wedo- « action d’ôter le joug » (métaphore rustique), cymr. gwedd « joug », vir. fed-an « attelage », d’une rac. WEDH, qui se retrouve dans got. ga-wid-an « lier » et sk. vi-cadh-â « joug ». Cf. aussi gouzouk.

2 Divez, adj., impudent. V. sous 1 di- et 2 méz.

Diviridigez, s. f., inobservation. V. sous 1 di- et mirout.

Divuz, s. m., amusement : suppose, après le préf. 2 *tfi-, un vb. simple plus ancien *muza. Empr. fr. muser, « amuser, s’amuser ».

Diwal, s. m., défense, préservation : préf. 1 di- et gwall.

Diwana, vb., grandir (des plantes) : préf. 1 di- et gwân.

Diwar, prép., de dessus, de : préf. 1 di- et wâr.

Diwesker, du., les deux jambes : pour diou esker[435], vbr. pl. esceir « les jambes ». V. sous gâr et la note ; mais cf. on outre skarr et skara.

Diz-, préf., variante occasionnelle de dis-[436].

Dizalbadein, (V.), vb., ravager, cf. provençal sabataru vexer » et poitevin en-salbat-ai « ensorceler ». Empr. fr. sabbat, venu par les patois, en dérivation verbale, et préf. 2 *di-[437]. — Conj. Ern.

Dizéria, vb.. dépérir. — Étym. inc.

Diziaou, diziou, s. m., jeudi. Empr. lat. dies Jóvis.

Dizôlei, vb., découvrir : pour *dis-gôlei. V. ces mots.

Dizoù, adj., sauvage. V. sous don, et cf. le suivant.

Dizouna, vb., sevrer, mbr. dizonaff, cymr. diddyfnu id. : exactement « déshabituer », cf. cymr. dyfnu « être habitué » et dyfnad, « habitude, habitué » ; soit donc un vb. brittonique *dom-na- (vir. dam-na-im = gr. δάμ-νη-μι « je dompte »[438]. V. 1 di- et la rac. sous doṅ.

Dizrein, adj., sans épines, sans arêtes. V. sous dreinek.

Dlé, s. m., (aussi délé V.), dette, corn. dylly, cymr. dleu et dylu « devoir », vir. dlig-i-m « je dois » : soit un celt. *dlig-ô < *dlg-ô, cf. got. dulg-s et vsl. dlûg-U « dette », inconnu par ailleurs. V. le suivant.

Dléad, s. m., devoir, cymr. dyled et dlèd « dette », vir. dliged (ir. dlighead, gael. dligheadh id.) : d’un celt. *dlig-elo-, dér. du précédent.

Dleizen, s. f., pêne, cf. corn. (ancien) dele-hid « crampon » : se rattache en dérivation à dele ( > br. délez) au sens de « pièce traversière, barre transversale ».

Dluza, vb., se tacheter (cf. fr. truite). V. le suivant.

Dluzen, s. f., truite. Empr. bas-lat. tructa (> fr. truite), avec r > /, initiale muée et finale bretonisée.

Doan, s. f., chagrin. — Étym. inc.

Doaré, s. f., forme, apparence extérieure, semblant, cymr. dwyre, « apparaître, se lever, se montrer » : soit un celt. *to-wer-otcià s. f., dér. de  *to-wer- « par-dessus », qui serait en br. *do wâr, « le dessus, la surface ». V. sous *da- et wâr, et cf. gorrè.

Dogan, s. m., variante contractée de daougan.

Dôi, vb., variante écourtée de dôzvi. V. ce mot.

Doù, adj., apprivoisé, doux, docile, mbr. doff, cymr. dôf, vbr. dom-etic id. : soit un celt. *domo-, visl. tam-r, ag. tame, al. zahm « apprivoisé », qui se rattache à la même rac. que lat. dom-dre, etc. Cf. daûvad, dixoti, dizouna et gouzafiv.

Doùjer, s. m., dégoût, mbr. doanger « danger ». Empr. fr. avec sens altéré (ce qui répugne est souvent dangereux).

Dont, vb., venir, mbr. donet, corn. dons > dés, mot influencé par l’analogie de l’opposé monet > moût, pour mbr. deu-aff = vir. taig « viens », exactement « amène ici » : soit un celt. *to-ag-ô « j’amène », sk. àj-à-mi, gr. ἄγ-ω (ag-ô), lat. ag-ô, etc[439]. V. le préf. sous *da-.

Dôr, s. f., porte, corn. dar-atei dar-as, cymr. dôr et drws, vbr. dor et drus, vir., ir. et gael. dor-us[440], sk. dcar, gr. θύρ-α (thur-a), lat. for-ës pl., got. daùr, ag. door, al. /or et tûr, vsl. door-û, etc.

Dore bel (V.), s. f., loupe, tumeur : variante de dàrzel[441].

Dorlôi (T.), vb., pétrir, caresser[442] : exactement « se servir de la main comme d’une cuiller ». V. sous dorn et loa.

Dorn, s. m., variante de dourn. V. ce mot.

Dôrzel, s. f., serrure (aussi dorc’hel V.) : dér. de tors au sens de « loupe, excroissance » [faisant saillie sur la porte]. — Ern.

Douar, s. m., terre, corn. doar > dôr, cymr. daiar id. : soit peut-être un celt. *di-aro- ou *di-saro-, signifiant « ce qu’on partage » ou « ce qui est susceptible de partage, d’appropriation », la syllabe radicale représentant l’état réduit de la rac. DAY « partager », sk. dày-a-te et gr. δαί-ε-ται (dai-e-tai) « il partage », δαι-τύ-ς (dai-tus) et δαι-τρό-ν (dai-tro-n) « portion », etc., vsl. dè-liï « portion », cf. got. dâil-s, ag. deal et al. teil « partie ». — Conj.

Douaren, s. m., petit-fils : soit un celt. *t-otoero- dont le second terme, perdu en br., équivaut au cymr. wyr « petit-fils » < celt. *owero- = lat. *povero- > puer[443]. V. le préf. sous *da-.

Doubier (T.), s. f., nappe. Empr. fr. ancien doublier[444].

Doué, s. m. Dieu, mbr. doe, corn. duy, cymr. dûiu- > dutc, vir. dia y gaul. *dïvos dans Divo-durum (Metz) et autres n. pr. : soit donc un celt. *deiu>o-, dér. d’une rac. DIw « briller », sk. dev-à, « dieu, divin », gr. δῖος (dios) = δῖϝ-ο-ς (diw-o-s) « divin », lat. deio-o-s > deus (cf. dious venu du gén. dïci), lit. dëo-a-s, visl. tiv-ar « les dieux », etc. Cf. deiz. Doues, s. f., variante de doutez. V. ce mot.

Dougen, vb., porter, mbr. doue « il porte », corn. duk, cymr. dug, vir. tue, ir. et gael. thug, cf. vir. do-uicc, ro-uicc, etc. : soit donc le préf. *tfo- (sous *rfa-), précédant une forme aoristique de la rac. GES (*é-gës-s-t « il porta », cf. mbr. dougas), laquelle se retrouve dans lat. gessi-t « il porta » et *ges-ô > gerô [445] ; cf. aussi visl. kas-t-a « jeter » > ag. to cast.

Douja, vb., craindre, mbr. dougiaff id. : phonétiquement régulier pour *doud-iaff, dér. d’un radical *doud- < *dout-, abstrait de l’empr. fr. ancien doubter > douter « craindre » (aujourd’hui re-douter).

Doulzil, s. m., clepsydre, arrosoir. Empr. fr. ancien dousil[446] « bonde de tonneau », plus anciennement « conduit d’eau » (bas-lat. duciculum).

Doun, adj., profond, mbr. don, cymr. dwfn, vir. dom-ain, ir. et gael. domh-ain id. : d’un celt. *dub-no-, rac. DHUB, d’où lit. dub-ù-s « profond », got. diuprs (= i.-e. *dheub-o-s), visl. diup-r, ags. dèop > ag. deep, vhal. tiof > al. tief « profond », etc. Cf. dour.

Dour, s. m., eau, corn. dofer > dour, cymr. dubr > dwfr, vir. dobur, ir. et gael. dobhar, gaul. dubron (d’Arb.) dans les noms de lieux qui sont aujourd’hui Douvres, etc. : d’un celt. *dub-ro-, dér. par suff. -ro de la même rac. que *dub-no- > br. doun. V. ce mot.

Douren, s. f., suc, jus, humeur : dér. du précédent.

Dourgen, s. f., anse : pour *dourngen, mbr. dornguenn, qui correspond à un celt. *durn-àk-inâ, « main [du vase] » ou « ce qu’on tient à la main », dér. de *durn-àko-. V. sous dourn.

Dourgi, s. m., loutre (chien d’eau). V. sous dour et ki.

Dourn, s. m., main, corn. dorn, cymr. dwrn « poing » et dyrn-aid

« poignée », vir. dorn, dorn-ach, « poing, main », gael. dorn « poing », gaul. Durnacos n. pr. : soit deux mots celt. *dur-no- et *dur-nàko-, qu’on ne rencontre guère ailleurs (gr. δῶρον δάρις (dôron) et δάρις (daris), « palme, la mesure formée par la main étendue »), mais qu’on rattache à la rac. de darn[447].

Douma, vb., battre, vbr. dorn « il bat », dér. du précédent.

Douvez, s. f., fossé plein d’eau. Empr. fr. bretonisé douve.

Dozvi, vb., pondre, mbr. dezvyff, cymr. dodwy, vir. doithim « j’enfante » : par dérivation secondaire d’un radical celt. tosw- < *to-sii-, préf. */o- (sous *cta-), et rac. SU, cf. vir. su-th « descendant » et gael. su-th « objet quelconque », sk. m-te < « elle enfante » et sû-nd « fils », gr. υἱός (huios) *συ-ἱό-ς (su-io-s) « géniture », got. su-nu-s, ag. son, al. sohn, etc.

Drâf, s. m., claie, guichet, mbr. draffl. Empr. fr. ancien travelle « petite poutre » ou trave « pièce de bois », ou contaminé des deux.

Dral, s. m., fragment, hachure (d’où drala « hacher »), mbr. druilla « briser », cymr. dryll « morceau » : d’un celt. *drus-lo- < i.-e. *dhruslo-, cf. gr. *θραύσ-ω (*thraus-ô) θραύ-ω (thrau-ô), « je brise, je broie », sans autre équivalent connu (fr. drille « chiffon » paraît empr. br.).

Dramm, s. m., javelle, fagot, vir. dremm « poignée » [de gens ], ir. et gael. dream id. : d’un celt. *dreg-smo- « ce qu’on tient ou peut tenir en main », cf. gr. δράγ-μα (drag-ma) « poignée », etc. V. la rac. sous derc’hel.

Drammen, s. f., médicament : dér. de l’empr. bas-lat. *dragma ou fr. technique dragme, lui-même emprunté au gr. δράχμη (drachmê)[448].

Draàt, adj., vif, gai ; syncopé en prononciation rapide pour *driant[449], et celui-ci pour mbr. drilhant. Empr. fr. ancien drillant « sautillant », d’où l’on a abstrait la locution [joyeux] drille. — Ern.

Draok, s. m., variante de dréok. V. ce mot.

Drask, s. m., grive, mbr. drasgl, vbr. trascl, cymr. tresglen id. : soit un celt. *tresklo- pour *tred-sklo-, formé par application d’un suff. secondaire sur le radical de tréd. V. ce mot, et cf. la formation de l’ag. thros-tle (par rapport à thrush) et de l’ai. drosseL

Draska, vb., frétiller, pétiller : dér. du précédent.

Drâv, s. m., variante de drâf. V. ce mot.

Dré, prép., à travers, par : pour *tré (conservé dans tré-ménoul), corn. dre, cymr. troi > trwy > drwy, vir. tria (> ir. triaU et gael. triall « voyage »), d’un celt. *trei, qui se rattache à une rac. TERÄ « traverser », cf. sk. tir-à-s et lat. tr-ans[450] « au delà ».

Dréan, s. m., épine, arête (pl.drein), corn. drain > draen, cymr. draen, vir. draigen, ir. et gael. droigheann « ronce » : soit un celt. *drag-ino-, qu’on peut rapprocher du gr. τρᾶ-χ-ύ-ς (tra-ch-u-s) « rude » ; mais cf. aussi τέρχ-νο-ς (terch-no-s) « rameau » et lit. drig-né-s « ronces ».

Dréd, s. m., variante de tréd, et cf. draak.

Dreinek, s. m., bar : dér. du pl. de dréan (plein d’arêtes).

Dreist, prép., au delà : dér. secondaire de dré.

Dreizen, s. f., variante de drézen sous l’inûuence du pl. de dréan.

Dremm, s. f., visage, cymr. drem, cf. gr. δεργ-μό-ς (derg-mo-s) « regard » et δέργ-μα (derg-ma) « aspect » : soit un celt. *driksmà < *drk-sma, dér. de la très commune rac. DERK « voir »[451], vir. derc « voir », con-derc-ar « on voit », drech ce visage », etc., gr. δέρϰ-ε-ται (derk-e-tai) « il voit » et δέ-δορϰ-ε (de-dork-e) = sk. da-dârç-a « il vit », got. ga-tarh-jan « rendre remarquable », vhal. zorah-i « clair », etc.

Dremvél, dremwél, s. m., horizon : exactement « ce qu’on voit (embrasse) d’un regard ». V. sous dremm et 1 gwél.

Drén, s. m., variante de dréan. V. ce mot.

1 Dréô, adj., gai, un peu ivre, cymr. dryw « roitelet », cf. ir. dreàn et gael. dreathan-donn « roitelet » : d’un celt. *driwo- < *dr-wo-, dér. d’une rac. DHERÀ « bondir », cf. gr. θορ-εῖν θρώ-σϰω ἐ-θορ-ε (thor-ein thrô-skô e-thor-e).

2 Dréô, s. m., coqueluche, mbr. dreau, cymr. trew « éternuement », ir. trioeh > triugh, gael. triuthach « coqueluche » : se rattache, par chute de s initial, à la même rac. que stréfia. V. ce mot.

Dréok, s. m., ivraie, mbr. dréaucq, cymr. drewg « pavot blanc » : dér. de 1 dréô (herbe folle ou enivrante), tout comme fr. ior-aie de ivre.

1 Drézen, s. f., ronce, crémaillère, corn. dreis, cymr. drysien, vbr. drissi pl., vir. driss, ir. et gael. dris « ronce » : soit un celt. *dresso- ou *dressi-, pour *drep-s-, qui coïncide par métathèse avec l’ai, tref-s > trespe « ivraie », mais n’a point d’autre équivalent connu.

2 Drézen, s. f., variante de trézen. V. ce mot.

Driked, s. m., loquet : contamination possible de kliked et de dôrikel « guichet » diminutif de dôr. V. ces deux mots.

Dronk, droug : adj., mauvais ; s. m., mal ; corn. drog, cymr. drwg, ir. et gael. droch id. : soit un celt. *druk-o- (et *druklco-) < i.-e. * dhruko-, of. ags. dryg-e > ag. dry, al. trock-en « desséché »[452].

Drouzivez, s. m., déroute : syncopé avec mutation douce pour droug-divez « mauvaise issue ». V. sous drouk et 1 divez.

Drujal, vb., badiner : dér. d’empr. fr. ancien druge, « jeu, risée, moquerie » (en Poitou, Basse-Normandie et Haute- Bretagne).

Drûz, adj., onctueux : exactement « épais ». Empr. fr. ancien (nominatif) drus « dru ». — Loth.

, adj., noir, mbr. duff, corn. duw > du, cymr. dub > du, vbr. du-glas « bleu foncé » (sous 1 glas), vir. dub, ir. et gael. dubh, gaul. n. pr. Dub-i-s « le Doubs »[453] : soit un celt. *doub-o- < i.-e. *dhoubh-o-, de même rac. que gr. τυφ-λό-ς (tuph-lo-s) « aveugle », ag. dumb « muet », al. dumm « imbécile », ags. dlaf> ag. deaf= al. taub « sourd »[454].

Dubé, s. m., pigeon domestique. Emprunt germanique d’époque et d’origine inconnues (ags. dufe > ag. dooe, hollandais duif)[455].

Dudi, s. m., plaisir. Empr. fr. ancien altéré déduit (cf. diduel).

Duhoàt, adv., là-bas : exactement « [dej ce côté là »(tù-hoAt). }, s. m., poignée, poupée de filasse, vir. ddal, « boucle de cheveux, tressage » : soit un celt. *dok-lo- (altéré en br.), apparenté au got. tag-l « poil » et au sk. daç-a « frange », sans autre équivalent[456].

Duman, adv., par ici. V. sous tû et mati, et cf. duhont.


E

1 É, variante, devant voyelle, de la particule verbale éc’h ou éz.

2 É, prép., variante de 1 en avec perte de la nasale[457].

1 Éal, s. m., ange, mbr. ael, corn. ail (voc.) > eal > êl (mais cymr. angel id.). Empr. bas-lat. altéré *agelus, pour angélus empr. gr. ἄγγελος (aggelos).

2 Éal (T.), s. m., poulain, cymr. ael et vir. ál, « couvée, portée » : d’un celt. *aglo- pour *pag-lo-, cf. lat. pro-pâg-ô « postérité », sans autre équivalent connu. V. aussi sous ala.

Éan, s. m., variante de éhan. V. ce mot.

Éar, s. ni., air (aussi ér). Empr. fr. air.

Éaz, adj. y variante de aez. Empr. fr. aise.

Ébarz, adv., prép., dedans, dans. V. sous 2 é et abarz.

Ébat, s, m., divertissement. Empr. fr. ébat.

Ébén, l’autre (en parlant d’une femme, cf. égilé), corn. yben (des deux genres) : exactement *he ben « la femme (la compagne) d’elle » d’un mot perdu en br., corn. ben-en « femme », cymr. bun et ben-yw, vir. ben, ir. et gael. bean « épouse », celt. *ben-â, sk. gnà, gr. γυνή (gunê) (béot. βανά (bana)), vsl. sena, got. qinô et qën-s, ag. queen « reine », etc.

Ébeûl, s. m., poulain, corn. et cymr. ebol id. : soit un britton. *ep-âlo- dér. de *ep-o- « cheval », gaul. *epos dans Epo-redia, Epona (déesse des charretiers), Usip-etes et autres n. pr. ; celui-ci à son tour représentant un celt. *ek-tco- > vir. ech « cheval », identique à sk, áç-va, gr. ἔϰ-ϝο- (*ek-wo-) ἱππος (hippos), lat. equu-s, got. aíhwa-, lit. ew^oa « jument ».

Ébiou, prép., auprès de, au dessus de, mbr. hebiou, cymr. Aeiftto « outre », vir. aceo « et » : soit « à la suite de », dér. celt. du même radical que hep. V. ce mot.

Ebr (V.), s. m., ciel, corn. ebron id. : variante dialectale de oabren. V. sous oabl et koabr.

Ébrel, s. m., avril, corn. ebral, cymr. e&rt/Z. Empr. lat. Aprîlis Aprilix.

Ék, s. m., pointe : mot rare, mais d’origine fort ancienne, formé comme le lat. ac’ie-s « pointe » sur l’universelle rac. AK « aigu », cf. sk. aç-râ « coin », gr. ἄϰ-ρο-ς (ak-ro-s) « pointu », lat. ac-u-s « aiguille », ac-Utus, dc-er, vsl. ostrâ « aigu », etc., etc. V. aussi akr, diék, ibil, higolen, etc.

Ékan, ékant, s. m., encan. Empr. fr. ancien, avec chute de la nasalisation, encant < lat. in quantum.

Ékenver, ékéver, prép., envers : exactement « en opposition à, en regard de ». V. sous 2 è et 2 kèfer.

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*Eks-, prép., hors de, de 1 : correspond à l’i.-e. *ek-s gr. ἐϰ (ek) et ἐξ (ex), lat. ec- et ex, lit. isz, vsl. izû et iz- id. ; apparaît en br. sous les formes ac’h-, ec’h-, ez-^^2, eùz, etc.

Éd, s. m., blé, mbr. it>id 9 corn. yd, cymr. ith> yd, vir. ith, et cf. vbr. it-lânn = gael. iodh-lann « champ de blé » ; d’un celt. *iiu— pour *pi’tu-, dér. de rac. PEI « nourrir », sk. pi-tà et zd pi-/a « aliment », lit. p#û* « lepas de midi », vir. i-th-im « je mange » et gael. 11A « manger » (sans rapport avec ag. to eat, etc.), vsl. pi-t-ati « nourrir ».

Édrô, adj., volage, étourdi : semble, malgré mbr. hedro, une traduction par calembour de fr. étouridi), compris comme « en tour », c’est-à-dire « faisant des tours ». V. sous 2 é et trô, et cf. kildrô.

Éeûn, adj., droit, juste, mbr. effh, vbr. eunt, 9 cymr. iawn y vir. fir-iân id. : d’un celt. *iàno— pour Hp-àno-, qui ne se retrouve avec certitude qu’en germanique (got. ib-n-s « plane », ag. eoen, al. eben).

Éfreiz, s. m., effroi. Empr. fr. ancien esfreis.

Égét, que, corn. eges id. : paraît une dérivation déaspirée de hag’.

Êgilé, l’autre (en parlant d’un homme, cf. ébén), cymr. y gilydd > gilydd, vir. a chéle id. : exactement *he hile « le compagnon de lui », locution formée d’un mot perdu en br. (cymr. cilydd, vir. cèle « compagnon » ), soit un celt. */rei-/yd-, rac. KEI « aller ». V. sous 1 ktz.

Égin, s. m., germe, bourgeon, cymr. egin id. et egino « germer » : d’un celt. *aA--î/io— « pointe », rac. AK. V. sous ék.

Éginad, s. m., étrenne : soit « commencement, prémices », cf. cymr. eginad « germination », dér. du précédent 5.

Égiz, comme. V. sous 2 é et 2 kîz (en guise de).

Égras, s. m., sauvageon, verjus : cf. cymr. egroes « églantier » (bas-lat. *àcr-eslius), fr. ancien egresse et br. amgroaz.

Éhan, s. m., repos, pause (aussi éan), mbr. ehanaffa s’arrêter » : soit un radical celt. *eks-san— (cf. vir. cumsan-ad « repos », de la même rac. avec un autre préf.), rac. SAN, « accomplir, achever », sk. san-à-ti « il acquiert », gr. àvuw « j’accomplis ». Cf. *eks— et *ke-,

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Éc’h, particule verbale, variante de éz.

Ec’h, préf., une des formes bretonnes de *eks-.

Éc’hoaz, s. m., sieste du bétail, cymr. echwydd « repos » : soit un celt. *eks-sed-o- id. V. sous *eks- et cf. aè.

Éc’hon, adj., vaste, cymr. ehang id. : soit « exempt d’étroitesse ». V. sous *eks- (négatif par exclusion) et *eng > enk.

Eil, autre, cymr. aill, vir. aile, celt. *alyâ- (cf., pour la forme, sk. an-yâ), gr. ἄλ-λο-ς (al-lo-s), lat. alius, got. al-ji-s, etc. V. sous all[464].

Eil-, particule verbale qui indique la répétition de l’action [eil-zimizi « se remarier ») : identique au précédent.

Eiz, huit, corn. eath, cymr. wyth, vir. ocht n-, ir. et gael. ochd : d’un celt. *oktô(n)[465], sk. açtaà, gr. ὀϰτώ (oktô), lat. octô, got. ahtau, ags. eaht > ag. eight, al. acht, lit. asztunl, etc.

Éjenn, s. m., bœuf, mbr. eugenn, corn. odron, cymr. eiïfto/t « bête bovine » : exactement « richesse » [mobilière][466], dér. brittonique d’un emprunt ags. ëad « richesse » (vhal. ôd). — Conj.

El, dans le, variante de enn devant /. Cf. al. EU, s. m., contracté de 1 éal. V. ce mot.

Élaz, s. m., foie, gésier, cf. corn. glas « estomac » et vir. eclas « jabot » : très obscur ; semble en tout cas contenir le mot glass, visible dans la juxtaposition cymr. afu glas « foie vert » (la vésicule du fiel). V. sous au et 1 glâz.

Elbik, s. m., émulation : abstrait de l’empr. fr. ancien (argot ou patois) alebiqueux, « pointilleux, querelleur ». — Ern.

Élestr, s. m., iris, glaïeul, cymr. et vbr. elestr, ir. elestar > eleastar id. : abstraitde l’empr. bas-lat. alestràre « humecter ». — Conj. Ern. et Stokes[467].

Elf, s. m., palette de moulin, planche : abstrait de mbr. alcéen > eloen id. Empr. bas-lat. aloennus > fr. auvent. — Conj. Loth. V. sous e’/d.

Elien, s. f., élément, cymr. elfen. Empr. lat. elementum.

Elgez, s. f., menton, corn. elgeht, cymr. aelgeth > elgeth. — Étym. inc

Eli, s. m., membre, ergot : malgré ir. et gael. ait « jointure », paraît identique à ézel, avec chute dialectale du z intervocalique, contraction, et doublement de 17 en prononciation rapide, cf. 17 simple de kéfèlek*.

Élô, s. m., tremble, mbr. ezlen, corn. aidl-en « sapin », vir. aidle « planche », altération de *ezl— en *eol > elo, sous l’influence de elf. V. ce mot, et cf. l’altération similaire de evn*. — Étym. inc.

Elven, s. f., étincelle, mbr. elven tan, exactement « élément, atome de feu » : le même mot que elfen, mais contaminé de *ufien « étincelle ». V. sous eu.fi et fulen.

Elvézen, s. m., raifort : contamination possible de iroin et de *gwrizienn > grisien. V. ces mots et alouein.

Em, syncopé pour en em. V. cette locution.

Éma, il est, voici : exactement « ici » [est], etc., soit é-ma, composé de / en et du même élément local qui se trouve dans ama ou aman. V. ce mot, et cf. 3 ma et mafi.

Embann, s. m., ban, proclamation. Empr. fr. [proclamer] en ban.

Embouda, vb., greffer : dér. d’empr. lat. vulgaire *emputa > fr. ente * « scion de greffe », lui-même empr. gr. ἔμ-φυτον (em-phuton) « qui pousse dans ».

Embréga, vb, manier. Empr. bas-lat. imbrachiàre « embrasser ».

Émé, émez, vb., dit[-il] : seule forme conservée (7 é+mez) d’un vb. qui est en cymr. medd « il dit ». — Étym. inc. 3.

Émesk, adv., parmi, cymr. ym mysg, ir. et gael. am measg > measg id. : soit un celt. *in med-skô « au milieu », dont le second terme est une dérivation de la rac. MEDH « milieu », cf. sk. mádh-ya-, gr. *μεθ (*meth)-yo- μέσσος (messos) μέσος (mesos), lat. med-iu-s, got. mid-ji-s, ag. (a-)mid, al. mit, mitte, etc. ^^4.

Emgann, s. m., combat : exactement « batterie réciproque ». V. sous em et 2 kann.

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Émolch, s. m., chasse, mbr. emolch pour ^em-holch, cf. corn. helh-ia « chasser » et helh-wur « chasseur », cymr. in-helch-a^> hela « chasser », vir. selg « chasse », ir. et gael. sea/# id. : soit un cell. *sclg-a, rac. SELG, sans équivalent connu ailleurs ; le préf. est 1 *am-, V. aussi dielc’ha.

Empenn, s. ni., cerveau. V. sous 1 en et penn^^1.

Empren, s. f., rayon de roue, cf. cymr. mymryn « fragment » : dér. de m rnempr- > cempr- > empr-. Empr. lat. membrum au sens de « partie d’un tout ». V. sous ab, azé, etc., pour la chute de l’initiale.

Emwél, s. m., entrevue. V. sous ywèl, et cf. emgann.

Emzivad, s. m., orphelin, mbr. emdyvat « abandonné» : exactement *am-di-mat (préf. 1 *am- et 1 di-), c’est-à-dire « en-non-bon, en mauvaise posture, dans la détresse ». V. ces trois mots.

1 En, prép. (et en- préf., cf. quelques-uns des mots suivants), dans corn. en, cymr. in>yn, vir. i n-, gaul. en-, in-, gr. £v, lat. in, got., ag. et al. in (ein- préf.), etc. ; commune à toute la famille, sauf peut-être le sk.

2 En, s. m., variante de env. V. ce mot.

Énaoui, vb., animer. V. sous éné et cf. anaoun.

Enk, adj., étroit, mbr. encq, cymr. *ang (cf. éc’hon) et cyf-yng, vir. cumang id. : rac. ANGH, « serrer, presser », gr. ἄγχ-ω (agch-ô), lat. ang-ere « serrer », ang-ustus « étroit », got. aggw-u-s et al. eng « étroit », etc.*.

Enkrez, s. m., chagrin, mbr. encres, corn. ancres, vir. an-cride « tort » : soit un celtique signifiant « absence de droit » (cf. lat. in-cer-tu-s), par *a/i- privatif et le radical de kers. V. ces mots.

Endort, enderv, s. m., soir, cf. cymr. anterth « matin ». Empr. lat. altéré intra tertiam « pendant la 3e heure » (de 8 à 9 heures du matin)*.

Endra, tant que : décomposer en en-dré-hag, exactement « en travers que, tandis que ». V. ces mots.

Éné, s. m., âme, mbr. eneff, corn. enef> ene, vir. anim, ir. et gael. anam id. : c’est le sg. dont anaoun est le pluriel. V. ce mot.

Énébarz, s. m., douaire : pour *ênep-gwerz, exactement « prix d’achat du visage* ». V. sous ènep et gwerz.

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Éneb-botez, s. m., empeigne : exactement « face de la chaussure », le premier terme gardant le sens étymologique de énep.

Énébi, vb., contrarier, contredire : dér. de énep.

En em, particule qui transforme un vb. actif en vb. réciproque ou réfléchi, corn, em, om, ym, et cymr. ym avec même fonction : variante de 1 *am- t répétée deux fois en br., équivalante ce que serait en gr. ἀμφι-ἀμφι (*amphi-amphi).

Énep, prép., contre, malgré : exactement « [en] face [de] », mbr. enep et enebenn « visage », corn. enep « page », cymr. enep > gwyneb et vir. enech « visage », sk. àn-ika, zd ain-ika et gr. ἐν-ώπια (en-ôpia) id. ; la rac. est OQ « voir », gr. ὄπ-ωπ-α (op-ôp-a) « j’ai vu » et ὄψομαι (opsomai) « je verrai », lat. oc-ulu-s, vir. ugail, lit. ak-i-s, vsl. ok-o « œil », cf. got. àug-ô id.

Énet, s. m., carnaval, corn. enes, cymr. ynyd id. : exactement « entrée dans [le carême] ». Empr. lat. initium.

1 Énez, s. f., île (pl.inizi), corn. enys, cymr. ynys, vir. et ir. inis, gael. inm’sid. : soit un celt. *iniss-ï f., apparenté au lat. insula* etau gr. νᾶσος (nasos).

2 Énez, s. f., poulette, mbr. eenez < eznez id. : fém. dér. de ezn a oiseau ». V. sous eon, et pour le sens cf. ag. fowl (sous falaouéta).

Eàgébeùta, vb., engendrer, s’unir : soit un vb. hentqffa hanter » précédé des préf. en- et *ke- ico-ïre), mais contaminé sans doute par le sens et la forme du fr. engendrer.

Engroez, s. m., foule, presse : serait en cymr. *yng-ru>ydd, dér. delà même rac. que br. enk. V. ce mot, et cf. lat. ang-i <i être serré ».

Enn, dans le : combinaison de en et de l’article défini, cf. 2 é, el eter.

Énô, adv., là : dér. advb. du même type que anô.

Énoé, s. m., ennui, chagrin. Empr. fr. ancien enui.

Énor, s. m., honneur, respect. Empr. fr. honorer.

Entân, s. m., incendie. V. sous 1 en et (an.

Entré, prép., parmi, entre, corn. ynter, vbr. ithr> vir. iter > etar> ir. eidir, gael. eadar, gaul. et lat. inter, sk. antàr id. : forme comparative de la prép. *en « dans » *. Cf. 1 en,

Env, s. m., ciel : pour *nenc*, mbr. nejff, corn. et cymr. ne/, vir. nem, ir. neamh et gael. nèamh id. : soit un celt. *nem-os, dér. de rac. NEM,

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[478] « courber, fléchir, distribuer », sk. nám-as « courbure » (> voûte), gr. νέμ-ω (nem-ô) « je distribue » et νομ-ό-ς (nom-o-s) « terrain de pâture », lat. nem-us « bois ». gaul. νεμ-ητο-ν (nem-êto-n) « enclos sacré » et vir. nemed « chapelle », got. nim-an « prendre » et al. nehm-en (vsl. im-q, « je prends »[479]), etc. Cf. lémel.

Envez, s. m., virole, anneau : exactement *en-bes « [ce qui entre] dans le doigt ». V. sous l en et 1 bis.

Envor, s. f., mémoire : pour *meAcor > *oeiivor, cf. cymr. myfyr « réfléchi ». Empr. lat. savant memoria. V. sous ab.

Éô, si fait : exactement « [cela] est », sg. 3 du vb. béza.

1 Éok, éog, s. m., saumon, corn. ehoc, cymr. eawg > eog, vir. eo (gén. iach), gael. iach, lat. esox> lui-même d’ailleurs emprunté à un dialecte celtique, ainsi que le basque izokin.

2 Éok, éog, adj., mûr, roui, mbr. eaug pour *ehùug, gaul. exacon « petite centaurée[480] » : soit un celt. *ùks-àk-o- <( qui a perdu son àcretè », et cf. lat. dc-er. V. sous *eks- et la rac. sous ék.

Éôl, s. f., huile. Empr. fr. ancien oile avec métathèse. Cf. olèou.

Éon, éonen, s. f., écume, cymr. eœyn id., vbr. euon-oc « écumeux », vir. dan « écume » : soit un celt. *QW-eno- pour *potc-eno-, rac. S PU dans lit. pu-tà et peut-être dans lat. spu-ma[481].

Éontr, s. m., oncle, corn. éviter > ewiter, cymr. ewythr, d’un celt. *awon-tro-, qui n’a d’équivalent approché que lat. avun-culus[482].

Éôp, s. m., ancre, cymr. angor, vbr. aior> etc. Empr. lat. ancora. Cf. 1 éal,

Éost, s. m., août, moisson. Empr. lat. Augustus > agusim.

Éostik, s, m., rossignol : dér. du précédent.

l Er, s. m., aigle, mbr. erer, cymr. eryr, soit un brittonique *or-iro-, cfi vsl. or-tlti, al. aar et adel-aar « noble-aigle » > arf/er, gr. ὄρ-νι-ς (or-ni-s) « grand oiseau », etc.[483].

2 Er, dans le : combinaison de en et #r, et cf. enn.

Ér, s. m., variante contractée de éar. V. ce mot.

Erbéd, s. m., recommandation : abstrait du vb. erbèdi, composé d’une forme du préf. *ar- et de pédi. V. ces mots.

Êré, s. m., lien : soit un radical celt. *en-rig-, V. la rac. sous rumm, et cf. 1 en, 2 é et kéfré.

Érez, s. f., envie, dégoût, mbr. ères, « jalousie, malice », cymr. ères « étrange » et erysi « étonnement ». — Étym. inc. et cf. gwarizi.

Ergerz, s. m-, voyage à pied, promenade : préf. ar- et kerz[484].

Erc’h, s. m., neige, corn. irch > er, cymr. eir-a id., vir. arg « goutte » : d’un celt. *argo- (pour *parg-o-ï), d’étym. inc.[485].

Erméaz, adv., hors, dehors (d’où ermésiad « étranger ») : à traduire littéralement « dans la campagne ». V. sous 2 er et méaz.

Érô, s. m., sillon, mbr. eru id., vbr. eru- « fonds de terre », corn. eru et cymr. erw « champ », vir. arbe et arbar « blé », ir. et gael. arbhar « blé », lat. ar-ou-m « terre de labour », etc. : tous dérivés anciens, formés sur la rac. ARA. V. sous arar et arat.

Err, s. m., élan, fougue, hâte. Empr. fr. ancien erre(< lat. iter) « marche », surtout dans la locution très usuelle grant erre « vite »[486].

Errez, s. m., variante de arrez. V. ce mot.

Erruout, vb., variante Aearruout. V. ce mot.

Erv, s. m. (pl.iroi), variante de érô. V. ce mot.

Ervâd, adv., bien, mbr. en mat. V. sous 1 en et màd.

Es, particule, variante de ez dans tous les sens.

Êsa, ésaé, s. m., essai, épreuve. Empr. fr. essai.

Eskammed, s. m., billot : contamination du bas-lat. scamellum « escabeau »[487] et du fr. dialectal *escaffaud « échafaud ». — Conj.

Eskemm, s. m., échange (ex-cambium). Cf. kemm.

Eskenn, s. m., morceau, pour *hesk-enn avec suff. masc, soit donc « sciure », de même formation que heskenn « scie ».

Eskoaz, prép., en comparaison de : exactement « à l’épaule de », parce qu’on se mesure épaule contre épaule. V. sous 2 é et skoaz.

Eskop, s. m., évoque (pl.eskep). Empr. lat. épiscàpus[488].

Eskuit, adj., agile, cymr. esgud, vir. eacid, ir. éasguidh, gael. easgaidh « dispos » (exempt de fatigue)[489]. V. sous *eks- et skuiz.

Espern, s. m., épargne. Empr. fr. ancien espargne.

Estai, s. m., dévidoir : jadis pl. de astel[490], pris pour un sg.

Estlamm, s. m., étonnement : contamination d’un mbr. *ech-lamm « bondir hors de [soi] » par le mbr. esion empr. fr. V. sous lamm.

Estr, estré, adv., prép., outre, en outre : le mot est avec entré exactement dans le même rapport que lat. extra avec lat. intrà, soit donc un type de comparatif ou d’adv. local dér. de *eks.

Éta, donc, mbr. enta, cymr. ynte (particule adversative de liaison), cf. ag. and y vhal. unii > al. und, sk. àtha « et ».

Êtéô, étev, s. m., tison, brandon, corn. itheu, cymr. etewyn, cf. vir. itharnae « torche » : soit un celt. *itu- < *pitu- et *pitaw-i-, cf. gr. πί-τυ-ς (pi-tu-s) « pin », sk. pitu-dâru (nom d’un arbre très riche en résine), lat. pïnu-s, etc. — Conj. Stokes[491].

Étré, prép., variante de entré. V. ce mot.

Étréaé, prép., vers, mbr. entresea et entrézec id. : soit *en-tres- = lat. *iwtrans « dans-à-travers », surchargé d’un suffixe de dérivation adverbiale ; pour le suff., cf. bété, goudé, adâlek, etc. ; pour le corps du mot, être.

Eûb, s. m., embarras : abstrait de eûbi, mbr. eiïbi « embarrasser », et celui-ci pour mbr. a&hubi. Empr. lat. occùpàre « s'emparer de >> tenir ferme > faire obstacle ».

Eûbeûl, s. m., variante de ébeùL V. ce mot.

Eufl, s. m., atome, fétu, duvet volant, cymr. eflyn et yfflyn id. : peut-être simple variante à métathèse de elfen et elven. V. ces mots ; mais cf. aussi cymr. ulwyn « cendre », br. fulen et nloen.

Eul, article indéfini devant l, cf. eunn et al.

Eûn, adj., variante contractée de éeùn. V. ce mot.

Eunn, article indéfini, corn. un, cymr. un, vir. oin, etc. : d’un celt *oino-B « un » (nom de nombre), lat. oinos > anus, gr. οἰνή (oinê) « le point de l’as au jeu de dés », got. àin-s « un », ags. an >ag. one et an, al. ein, etc.[492] ; les principales autres dérivations de cette racine universelle sont sk. éka (< i.-e. *oi-qo-), zd aeva « un » et gr. οἰός « seul » = οἰ-ϝό-, peut-être lat. ae-quus, etc. Cf. unan, intanv, itron.

Eur, variante du précédent. V. sous ar.

Eûr, s. f., chance, bonheur. Empr. fr. heur.

Eûré, il fit (et formes similaires), mbr. gueure. V. sous gra.

Eûred, eûreûd, s. m., noce, mbr. euret. Empr. lat. ôràtus « prière » (ôràtio), restreint au sens de « prière prononcée sur les futurs époux > célébration du mariage ». — Conj. Loth.

Eux, prép., de : forme moderne de *eks.

2 Eûz, s. m., horreur, terreur : parait contenir, à l’état long, la même rac. que le lat. pav-or, également reproduite par le vir. ûath id., sans autre répondant sûr ni possibilité de préciser la dérivation.

Éva, vb., boire, mbr. evqff, corn. eve, cymr. ib-en (ancien) « nous buvons », vir. ibim ce je bois », gael. ibh y etc. : d’un vb. celt. *ib-ô pour *pib-ô, sk. pib-a-mi, lat. bib-ô[493].

Ével, comme, cymr. efel>fel : forme déaspirée de hèoel à sens adverbial.

Éven, s. m., juin : écourté de mézéven par suite d’une confusion qui l’a rattaché au lat. jnnius ; méz- a été pris pour mtz. V. ces mots.

Éves, s. m., attention (aussi évec’h et éouec’h V.), peut-être pour *he-wez = celt. *su-wik-to- « bonne garde » (cf. hé- et az-aouez), dér. de la même rac. qui a donné lat. vig-il « qui veille », got. wak-jan, ag. to wake, al. wach-en « veiller », wack-er « diligent », weck-en « éveiller », etc., etc. (corn, gwethe et gwithe « veiller »).

Évit, prép., pour, mbr. eguit, corn. awos id. : ce dernier supposerait une forme plus ancienne *awoet. — Étym. inc. Cf. égét.

Évl, s. m., bourdaine. Empr. lat. ébulum, et cf. 2 évor.

Évlec’h, s. m., orme : dér. d’un radical *ecl-, métathèse pour *elv- (contaminé du précédent). Empr. ags. elm ou lat. ulmus[494].

Evn, s. m., oiseau (aussi ein V.) : altéré pour en (cf. 2 ènez) > et celui-ci pour mbr. ezn, corn. heth-en > edhen, vbr. etn-, cymr. erfn, vir. en id. : d’un celt. *etno- pour *pet-no- « volatile », dér. de la rac. PET « voler », et identique à lat. *pet-nà > penna « aile » ; sk. pât-a-ti et gr. πέτ-ε-ται « il vole », πτε-ρό-ν « aile », ag. feather et al. feder « plume », lat. pet-ere « se diriger vers », etc.

Évodi (C.), vb., monter en épis. Cf. dioda[495].

1 Évor, s. m., ellébore : soit un plus ancien *elleoor > *annet>or où ann a été pris pour l’article. Empr. lat. helleborus.

2 Évor, s. m., bourdaine, vir. ibar, ir. et gael. iubhara if », gaul. Eburos n. pr., et cf. cymr. efwr y « berce, blanche-ursine » : d’un celt. *eb-uro-, presque identique au lat. eb-ulu-m « hièble ». Cf. éd.

3 Évor, s. f., variante dénasalisée de envor.

Evr (V.), s. m., variante de ebr. V. ce mot.

1 Éz, particule verbale (cf. 1 é), corn. ydh et y, cymr. yd et y, vbr. it, identique au suivant : en d’autres termes, une phrase telle que aliez é kanann doit se traduire littéralement « [c’est] souvent que je chante ». V. sous 1 a.

2 Ez, que : relatif d’origine obscure. Cf. le précédent.

Ez-, préf., l’une des formes de *eks-.

Ézel, s. m., membre (pl.izili), corn. esel, vir. asil id. : d’un celt. *ass-éli-, lui-même dér. d’un celt. *ass-à, « poutre, côte », d où corn. et cymr. as-en, vir. cu-na, cf. lat. ass-er et got. ans « poutre » ; sans autre équivalent.

Ézéô, s. m., boucle d’attelage. Empr. fr. essieu. — Conj.[496].

Ézomm, s. m., besoin (aussi éhomm V.), cf. corn. eihom id., vbr. edemn-etic « qui a besoin » et vir. adam-na « faim » : contamination d’un composé du vb. « être » et du préf. *eks-, au sens du lat. de-esse « manquer », avec un dér. celt. d’origine indéterminable impliquant l’idée de besoin ». — Conj. — Cf. le suivant.

Ezvésand, adj., absent : préf. ez- et béza, soit le {abréviation|lat.|latin}} *ex-sens s’il existait avec le sens de ab-sens. V. le précédent.


F


, s. m., variante de fâo. V. ce mot.

Faé, s. m., dédain, mbr. fac et foi, cymr. ffei « fi ! », cf. fr. fi, ag. fie, al. pfui, etc. Onomatopée du mépris. Cf. fec’h.

Faez, adj., vaincu, las, corn. feth-e « vaincre » : soit un celt. (ppe passé), *spak-to- « vaincu », sans apparentation claire.

Falaouéta, vb., dénicher des oiseaux : pour *faoul-aéta, dér. d’un radical *faoul. Empr. ags. fugol « oiseau » > ag. fowl « volaille ».

Falc’h, s. f., faux. Empr. lat. falcem. Cf. 1 fals.

Falc’han (etc.), s. m., faucon. Empr. lat. falconem.

Fall, adj., mauvais. Empr. fr. ancien fel, « félon, pervers ».

Fallakr, s. m., scélérat : combinaison de fall et akr.

Fallout, vb., manquer, falloir, faillir. Empr. fr. falloir[497].

1 Fals, s. f., faucille. Empr. fr. ancien falz « faux ». Cf. falc’h.

2 Fals, adj., faux. Empr. fr. ancien fals id. Cl. faoz.

Faṅk, s. m., boue. Empr. normand fanque « fange ».

Faṅken, s. f., sole : dér. du précédent[498].

1 Faô, s. m., fève, mbr. faff y corn. fao. Empr. lat. faba.

2 Faô, s. m., hêtre. Empr. lat fàgus > fr. ancien fou.

Faout, s. m., fente, cf. faouta « fendre » et vir. scoilt-im « je fends » : dér. d’une double rac. SPEL et SQEL, sk. sphâf-a-ti « il éclate », gr. « cft-Xu « je hache », lit. skélti « fendre », etc. Cf. aoten.

Faoz, adj., faux. Empr. fr. moderne. Cf. 2 fais.

Fard, s. f., charge, tonnage. Empr. fr. (cf. fard-eau).

Farien, s. f., bagatelle : variante de c’hoariel. Cf. c’hoari.

Farlota, vb., s’amuser : dér. de l’empr. fr. altéré falot « bouffon ».

Farouel, farvel, adj., étourdi, bouffon : pour *frav-el, dér. de frav = frao[499]. V. ce mot. — Conj.

Fata, vb., s’évanouir, mbr. fataff, « être ébahi, hébété ». Dér. d’empr. fr. fat (ou provençal fat), « sot, stupide, ahuri » < lat. fatuus id.

Fav, s. m., variante de 1 faô (d’où aussi fav-az s. m. « tige de fève ») et de 2 faô. V. ces mots.

Fazi, s. m., erreur (aussi faïV.) : abstrait du vb. mbt. faziaff « se tromper », pour *faï-yaff. Empr. fr. faillir. Cf. la note sous koṅchéza.

Féal, adj., fidèle, loyal. Empr. fr. ancien féal.

Féaz : adj., variante de faez ; s. m., battant du métier de tisserand (« le fatigué », parce qu’il est sans cesse en mouvement).

Fec’h ! fi ! Cf. faé. Onomatopée de l’action de cracher.

Feiz, s. m., foi, probité, corn. fedh, cymr. ffydd. Empr. lat. fides.

Felc’h, s. f., rate, vir. selg, ir. et gael. sealg id. : soit un celt. *selga < spelg-â, cf. sk. plih-àn et gr. σπλή-ν « rate », gr. σπλάγχ-νο-ν « viscère », lat. lien « rate » < *spli-ën, etc. — Rapprochements très obscurs.

Feller, s. m., défaillant, délinquant : dér. de

Fellout, vb., variante de fallout. V. ce mot.

Felpenn, s. m., lopin, gros morceau, mbr. falpen. Empr. fr. ancien (argot) felpe, flipe, fripe, etc. (sens analogues).

Feltra, vb., éparpiller : primitivement « filtrer » (tamiser). Dér. de lempr. fr. *feltre « tamis » > fr. moderne feutre.

Félu, s. m., goémon. Empr. lat. ulva « algue », avec métathèse ; ou bien dér. d’un celt. inconnu apparenté au lat. ulva. — Ern.

Fenna, vb., répandre, couler, cymr. ffynnu, « produire, prospérer », ffynnus « productif ». Empr. lat. fund-ere « verser ». Cf. founn.

Fénôz, adv., cette nuit : forme imitée de fèteiz.

Férô, ferv, adj., sévère, farouche, mbr. ferf, cymr. Jfyrf. Empr. lat. firmus « ferme », mais contaminé du sens du lat. férus « farouche ».

Feskad, s. m., gerbe : dér. d’un simple *fesk (mbr. fesq-en), cymr. Jfasg « paquet ». Empr. atfascisn faisceau », et cf. béac’h.

Fesken, s. f., fesse. Empr. fr. altéré[500] fesse.

Fest, s. f., festin. Empr. fr. ancien feste.

Féteiz, adv., aujourd’hui : pour *vet-deiz, où *vet est le même élément que bet dans bété, soit « tout le long du jour ». Cf. bété, birviken, biskoaz, etc., et deiz, fénôz. — V. le Gloss. Ern., p. 61 sq.

Fétiz, adj., épais, massif. Empr. fr. ancien (nominatif) faitis (accus, faitif), du bas-lat. factious « fabriqué »[501].

Feûk, s. m., variante usuelle (muée ?) de peùk.

Feûl, adj., fringant, alerte. Empr. fr. ancien fol[502].

Feunteun, s. f., fontaine. Empr. bas-lat. fontàna.

1 Feûr, s. m., prix, taux, cours. Empr. lat. forum « marché » ou fr. ancien

fuer, conservé dans la locution « au fur et à mesure » (en proportion du prix et de la quantité). V. aussi afeûr.

2 Feûr, s. f., fourreau. Empr. fr. ancien feurre s. m.

Fibla (C), vb., rosser d’importance. Empr. fr. ancien afibler « affubler » [de coups]. Ou empr. ags. *flappan et *flippan « battre » ? cf. ag. moyen flapp-en « battre », ag. to flap « battre des ailes » et flippant [tongue] « langue battante > bavarde » ; avec métathèse.

Fibu, s. m., variante dissimilée defubu. V. ce mot.

Figuz, adj., délicat, difficile : dér. d’un radical *fig. Empr. fr. figue*.

Fichel, s. f., épieu, fourgon. Empr. fr. fiche, etc. « tout ce qui sert à ficher » (sens ancien) ; d’où aussi br. ficha vb., « fourgonner, vétiller », et l’onomatopée bv.fich-fich « frétillant ».

Flc’h, s. m., fistule, ulcère. Empr. fr.^îc< lat. ficus.

Filip, s. m., moineau. Empr. fr. Philippe, sobriquet*.

Fillidigez, s. f., faiblesse : dér. du radical defell-out.

Fi]or, s. m., filleul. Empr. fr. filleul dissimilé.

Finioh, finij, s. m., faîne : pour *fic y hin, par métathèse et peut-être contamination de kivich. Empr. lat. fdginus > *fàgïnus. Ct.fion.

Finouolxella, vb., fouir à la manière des porcs : contamination defifivalet de houc’hélla, « remuer, cochonner ». Cf. houc’h.

Fiùval, vb., bouger, mbr. fifual, cymr. chwyf-io (de chwyfa agitation »), ir. *siumal > siubalet gael. siubhal « marche » : dér. d’uncelt. *swem-omouvement », rac. SWEM, cf. ag. to swim et al. schwimm-en « nager ». V. aussi koc’hu et gwiûoal.

Fion, s. m., faîne : métathèse pour *foïn. Empr. fr. *fouine, dér. de fr. ancien fou « hêtre ». Cf. finich. — Conj.

Firboucha, vb., fureter : contamination possible d’empr. fr. ancien fourgier « fouiller » et forbouter « chasser ». — Conj.

Fisiout, vb., fier, se fier, mbr. fizyaff. Empr. fr. fier « laX.fîdere), mais peut-être contaminé defeiz. V. ce mot, et ct.fazi.

Fisti), s. m., babil : soit « frétiller de la langue », cf. fr. (argot) là festillante, « la frétillante, la queue », du vb. fr. ancien festier « fêtoyer qqun comme le chien son maître » (en remuant la queue). Empr. fr. — Ern.

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Flak, adj., faible, fade. Empr. fr. (argot)yïac <* flasque ».

Flacha, vb., bouger. Empr. fr. ancien fleschier, « fléchir, dévier ». — Conj.

1 Flac’h, s. f., le creux de la main. Empr. ags. flasce, « bouteille, récipient » O&g.flask, empr. lat. vasculum).

2 Flac’h, s. f., béquille. Empr. fr. ancien flaque ou flasque « madrier d’appui » (Hatzf. 8. v. 3 flasque), — Conj.

1 Flamm, s. m., flamme, corn. flam, cymv.fflûm. Empr. lat. flamma.

2 Flamm, adv., parfaitement : identique au précédent, abstrait de locutions telles que névez flamm « flambant neuf », puis transporté à d’autres avec sens généralisé.

Flamoad, s. m., tithymale, épurge (euphorbiacée), cymr. fflam-goed « aiguille de bois ». V. sous flemm et koat.

Flastra, vb., écraser. Empr. fr. ancien flastrer « aplatir ».

Flatra, vb., moucharder, dénoncer : contamination de flatter’ et de flairer ou flétrir <c marquer d’infamie ». Empr. fr.

Fléar, s. m., puanteur, corn.^air « odeur », cymr. fflair « pet » etffleir-io « puer », vbr. fler-iot « odorant » et flair -maur « d’odeur forte ». Empr. lat. fragr-àre « avoir bonne odeur » (euphémisme) > *flagrare (> fr. flairer).

Fléd, s. m., lit, grabat, mbt.flet. Empr. ags. flett, « chambre, demeure », mais primitivement a lit »

Flemm, s. m., aiguillon, injure, cymr. fflaim « lancette ». Empr. fr. ancien flieme* f aujourd’hui flamme, ag. fleam, etc.

Fléria, vb., puer : dér. de fléar. V. ce mot.

Flistra, vb., jaillir : altéré pour *flstla t cf. cymr. chwistrell « tuyau » et chwistrellu « asperger ». Empr. bas-lat. flstulàre id.

Flôda, vb., cajoler, caresser : dér. de l’empr. picard flaud, « mou, flasque » (confondu en fr. avec flou). — Conj. Ern.

Floc’h s. m., écuyer, page (pl.flec’h), corn. flogh etfloch « enfant », cf. gael. fleasg-ach « célibataire »*. — Étym. inc

Floùdren (V.), s. f., vallée. Empr. fr. ancien altéré fondoire id. — Conj.

1 Flour, s. m., fleur (de farine), élite, lustre, éclat, cymr. ffiwr, et cf. flwrdylis « fleur-de-lis ». Empr. fr. ancien flor et flour « fleur ».

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Flour, adj., frais, doux, bon, doux au toucher : identique au précédent, mais influencé dans la dernière acception parle fr. velours.

, s. m., ardeur, chaleur. Empr. fr. ancien fou « feu ».

Foar, s. f., grand marché. Empr. fr. foire.

Foas, s. m., sorte de gâteau. Empr. fr. fouace.

Foeltr, s. m., foudre : contamination defoultr par foét.

Foenn, s. m., foin, corn. foen y cymr. ffwyn. Empr. lai. fènum.

Foesk, foest (V.), adj. mou, faible. V. sous ioust.

Foét, s. m., fouet Empr. fr. (aussi fouet).

Folligen-vaé, s. f., bécassine de mer (oiseau dont le passage s’opère au mois de mai). Empr. lat. fulica « poule d’eau », et cf. Maè.

Forc’h, s. f., fourche, corn. forh, cymr. forch. Empr. lat. furca.

Forc’hein (V.), vb., priver, sevrer : exactement « contraindre » [à se passer de], dér. de forh, forme dialectale de/ors. V. ce mot.

Forlok, s. m., anse du gouvernail : exactement << très mobile », altéré de furluok. V. ce mot. — Conj.

Forn, s. m. f four, corn. forn, cymr. ffwrn. Empr. vX.furnus.

Fors, s. m., cas, estime, rabr. et corn. forz, « force, estime 1 >*. Empr. fr.

Fouanv (V.), s. m., enflure, hydropisie : forme dialectale dont la dérivation se rattache à c’houéza. V. ce motet koefio*.

Fougé, s. f., vanité, ostentation : dér. d’empr. fr. fougue*.

Fouin, s. m., fauvette mâle. Empr. fr. *fauvin, qui est, au même titre que fauvette, un dér. naturel de fadj. fauve.

Foultr, s. m., foudre. Empr. fr. ancien fouldre.

Founil, s. m., entonnoir. Empr. bas-lat. *fundiculum pour in-fundi-bulu-m « instrument à verser ». Ou peut-être empr. fr., cf. gascon hounilh id.

Founn, founnuz, adj., abondant : abstrait ou dér. de l’empr. lat. fundere « répandre ». V. sous fenna.

Fourgas, s. m., agitation : contaminé de plusieurs sources, cf. mbr./regaff « s’agiter », fr. ancien fourbot « tumulte » et fr. ancien furgier (> br.furgein V.) « fourgonner » (sous^r&oacAa).

Foutoula, vb., barboter. Onomatopée.

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1 Fraez, s. m., anus : exactement « la brèche ». Empr. lat. fractura « brisé », cf. h. fesse < lat. fissa « fendue ».

2 Fraez, adj., adv., variante primitive de fréaz.

Frai, s. m., fente, crevasse : abstrait de Tempr. fr. ancien fraill-er « briser », qui remonte à un bas-lat. *fragillàre.

Framm, s. m., jointure, charpente, cymr. ffrâm id. : abstrait d’empr. ags. fremman « ajuster », cf. ag. frame « cadre ».

Frank, adj., franc, loyal. Empr. fr. ancien/ranc.

Fraô, s. m., corneille grise, corn. frau, d’un celt. *srato-o- <C*sprawo-, qui rappelle tout à la fois lat. parra « orfraie » et ag. sparrow « moineau ». Cf. aussi ît. freux*.

Fraost, adj., inculte. Empr. fr. ancien frost, « en ruine, en friche », et cf. le fr. moderne fruste refait sur Tital. frusto.

Fréalzi, vb., soulager, consoler : exactement « affranchir » [de peine], mbr. freate « libre ». Empr. ags. frëols « liberté » etfrëols-ian « affranchir » a ; cf. got. frei-hah « qui a le cou libre », al. freihals.

Fréaz : adj., clair ; adv., clairement ; cymr. ffraeth « éloquent » < celt. *srak-to- <C*VaAr-/o-, cf. cymr. ffrec « abondance de paroles » et ffregod « bavardage » : tous dér. de la même rac. qui a donné ags. sprecan et al. sprech-enu parler ».

Freḷ, s. f., fléau, mbr. fraeill, cymt.ffrewyll id. Empr. lat. flagellum, ou (pour le br.) fr. ancienne/, avec l dissimilé en ;•*.

Frenn (V.), s. m., odorat : soit un dér. celt. *srok-n-yo-, à rattacher à la même rac. que f ri et/ron. V. ces mots.

Présk, adj. frais. Empr.fr. ancien *fresc, cf. ital. fresco.*

Fret, s. m., cercle de moyeu. Empr. ir.freite « virole », etc.

Freûza, vb., défaire, briser. Empr. bas-lat. *fractdre (fréquentatif de frangere), mais confondu avec mbr. froesaff (empr. fr. froissicr).

Freûzel, s. f., herse : dér. du précédent.

Frî, s. m., nez, corn. fruc (voc.) > frig « narine », pl. frigow, qu’on ne retrouve ni en ir. ni même en cymr. : soit un celt. *srī-n-, sans autre équivalent connu que gr. ῥί-ς (rhi-s) ( *σρί-ν-ς (*sri-n-s), mais apparenté à fron.

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Frika, vb., écraser, froisser, mbr, fricajf. Empr. fr. ancien friquer.

Frigas, s. f., boue. Empr. fr. probable fricassée), et pour le transport de sens cf. br. souberc’h. — Conj.

Frimm, s. m., frimas, verglas : abstrait de l’empr. fr. frimas.

Friàga, vb., sauter, s’amuser (d’où aussi friûgot, « fredon, roulade »). Empr. fr. ancien fringuer « gambader », dont le ppe présent fringant est resté en usage. V. aussi grigonsa.

Fiiol, adj., prodigue, dissipateur, mbr.friooll. Empr. fr.

Frita, vb., frire : dér. de l’empr. fr. frit frite.

Fromm, s. m., plénitude, cf. mbr. from-et « enflé », cymr. ffrom « colère » : soit un celt. *srei-smen- < *sprei-smen « extension > gonflement », qu’on peut rapporter à une rac. SPER > SPREI à sens assez variés, vir. ser-n-im « j’étends », gr. σπείρ-ω « je sème », al. sprei-i-en « étendre », spros* « rejeton », etc. — Rapprochements hasardés.

Fron, s. f., narine, mbr. froan, cymr. ffroen, vir. sron, gael. sron « nez » : soit un celt. *sroknd, sans équivalent clair ; cf. gr. ῥέγϰ-ω « je ronfle », vir. sren-im. V. aussi sous/H.

Froùden, s. f., cravate : pour *front-en, dér. d’empr. tr. front*.

Frota, vb., frotter, mbr. frotaff. Empr. fr.

Froud, s. f., torrent, corn. frot, cymr. ffrwd, br.frut, vir. sruth, etc. : soit un celt. *srutu- « courant », dér. de la rac. SRU SREW, sk. srâo-a-ti « il coule » et gr. ῥεῖ *σρέϝ-ει, sk. sru-ti et gr. ῥύ-σι-ς « courant », lat. rîcus = *srîo-o-s (pour *srê« ?-o- avec rac. allongée ?), ags. strëam « germ. *srau-ma-2) > ag. stream étal, strom, russe osirov-û « île » (autour de quoi il y a courant), etc.

Frouden, s. f., fougue, caprice : dér. du précédent.

Frouez, s. m., fruit, cymr. ffrwgth. Empr. lat. fructiis.

Frougadel, s. f., urine (cf. frougcinV. « uriner »), mbr. froucqa urine » et cymr. ffrwg <f tumulte » : peut se rattacher par amplification à la même rac. que/roa-d. V. ce mot*.

Froun, s. f., variante de fron. V. ce mot.

[516]

[517]

Fubu, s. m., moucheron. Empr. ags. wibba « scarabée », dont le dat. pl. est wibbum[518]. Cf. c’houibu et c’houit. — Conj. Thomas.

Fui, vb., se répandre subtilement. Empr. lat. fum-are*[519].

Fuḷ, adj., brouillé, crépu, crépi : abstrait de fula, qui semble une metathèse de luia prononcé *luvia « brouiller » ; ou empr. ags. *full-ian > fyllan « remplir » (cf. cymr. ffyll « couvert touffu »), influencé dans son sens par luia. Cf. aussi fr. fouillis[520].

Fulen, s. f. f étincelle : métathèse pour *uflen t cymr. ufel-yn « étincelle », ufel et uwel « feu », vir. oibel, « étincelle, feu », sans autre équivalent connu. Cf. aussi eloen. — Conj. Ern.

Fan, s. f., longue corde, corn. funen, cymr. jffun « gerbe » et ffun-en « lien », vbr. pl.funiou « bandelettes ». Empr. lat./Rrus « corde ».

Fur, adj., sage, prudent, corn. fur, cymr. ffur « rusé ». Empr. lat./ôr « voleur » (le cymr. fournit à souhait la transition sémantique).

Fnrlukin, s. m., bouffon, charlatan. Empr. fr. arlequin (aussi harlequin), plus ou moins contaminé du suivant.

Furluok, adj., volage, vagabond ; cf. fr. breloque, freloche, fanfreluche, freluque, freluquet, etc. Empr. fr. populaire.

Fust, s. m., manche de fléau, futaille, corn. fust et cymr. ffust. Empr. lat. fustis, « gros bâton, fût de colonne », etc.


G

Gâk, adj., bègue ; cf. gael. gagach id., ag. to cackle « caqueter », ah gackern « caqueter », gacksen « bégayer », etc., etc. Onomatopée.

Gâd, s. f., lièvre, corn. gad, mbr. gat. — Étym. inc.[521].

Gadal, adj., débauché. Empr. bas-lat. *gatâlis > gadàlis « prostituée », c’est-à-dire « femme de rue », du germ. (visl.) gata (al. gasse).

Gadan (C), s. f., lien d’osier : contamination de mbr. cadoen « chaîne » (empr. lat. catëna) et de gwéden. V. ce mot

Gaé, adj., gai, joyeux. Empr. fr. gai.

Gai, s. f., maladie cutanée. Empr. fr. gale.

Galdu (V.), s. m., macreuse : pour *galv-du « le crieur noir ». V. sous galv-aden, et cf. lat. gal-lu-s « coq ». — Conj.

Gall, s. m., Français (d’où Gallô « habitant de la Bretagne française »), cf. ir. et gael. Gall « Anglais », vir. gall « étranger », cynir. gal « ennemi » : soit un celt. *gallo, i.-e. *ghos-lo- (ou *ghäs-lo), dér. de la même rac. que lat. hosti-s « ennemi », got. gast-s, ag. guest, al. gastj vsl. goslV, « étranger, hôte »[522].

Galloud, s. m., puissance (et gall-out vb. « pouvoir »), cymr. gall-u « pouvoir », corn. gall-os « puissance », etc. : tous dér. divers d’une rac. assez rare ailleurs, mais fort répandue en celt., qui se retrouve notamment dans vir. gal « vaillance », gaul. Γαλ-άτη-ς ; et Gal-lo-s ethnique[523], puis dans lit. gal-è « puissance », gal-è-ti « pouvoir », vsl. gol-êmu « robuste », sans autre équivalent connu.

Galvaden, s. f., cri d’appel : dér. du mbr. gal-u « appel », cymr. gal-w « appeler », T.gall « cygne » (crieur) eigall « renommé » < celt. *galno- ppc passé ; soit donc un vb. celt. *gal-ô « je crie, j’appelle », dont la rac. GAL se retrouve en gerra. et en si., visl. kalla « appeler » et ag. to call, vsl. glasil « voix » (russe golosu) et gla-gol-ati « parler ».

Gamblid (Iaou), s. m., le Jeudi saint, mbr. dizyou camblit. Empr. bas- lat. completus > complïtus « achevé »[524].

Gañ, s. f., variante de kañ. L’orthographe mbr. gaign ramènerait à un sens « gain, butin » [des oiseaux de proie]. — Conj. Ern.[525].

Ganaz, adj., fourbe, mbr. ganes : dér. d’empr. bas-lat. gannum, « jeu, moquerie », et cf. ital. ingannare « tromper », etc.

Ganédigez, s. f., naissance : dér. de ganet « né ». V. sous génel.

Gaṅt, prép., avec, par : pour *kant, corn. cans, vbr. cant, vir. cét, gaul.

canta- (et cala- dans les n. pr. du type de Cata-launi « Châlons »), coll. ^k/ji-ta, qui est une amplification de la prép. *kom, comme en gr. ϰα-τὰ, et en lat. con trâ par rapport à cum. V. sous */*< ?-, ken, ket, etc.

Gaô, adj.. faux : variante de gaou. V. ce mot.

Gaol, s. f., enfourchure (aussi gael), mbr. gaft et gaul, cymr. gajl, vbr. pl. r/abl-au « fourche », vir. gabul « fourchette », ir. gabhal, gael. gobhal, gaul. latinisé gab-alu-s k fourche de gibet » (d’où fr. #d6/e « fronton triangulaire allongé »), al. gab-el « fourchette », et cf. sk. gâbh-asti « l’envergure des bras » el lat. habëre u tenir »’.

Gaonac’hen, s. f., femelle stérile, mbr. gaunach id. : d’un celt. *gaunakkà* dér. du même type que gr. χαῦ-ναξ, « vain, menteur », par rapport à χαῦ-νο-ς. V. la rac. conjecturale sous gaou.

Gaou, s. m., tort, mensonge, mbr. gou, corn. gotc, cymr. gau, vir. gâu > gào > go, etc. : soit un celt. *gow-o-, dér. d’une rac. peu claire que paraît reproduire le gr. χαῦ-νο-ς, « mensonger, stérile » ; cf. aussi gr. γαυ-σό-ς « crochu » et lit. pri-gâu-ti « tromper »^^2.

Gaour, s. f., chèvre (aussi gavr), mbr. gaffr, cymr. gafr, vbr. mel-gabr « troène » (plante-à-chèvre), corn. gauar, vir. gabor, ir. gabhar, gael. gobhar, gaul. *gabros s. m. dans Gabro-magus « le cham^ de la chèvre » et autres n. pr. : se retrouve donc dans toutes les langues celtiques, mais nulle part ailleurs 3.

Gaozan, s. f., mite, mbr. gausan, corn. goudhan, cymr. gwyddon pl., cf. ir. ftneôg et gael. fionag (concordances irrégulières). — Étyra. inc.

Gar, s. f., jambe, mbr. et cymr. garr, corn. gar, vir. gairri pl. : d’un celt. *garri- « jarret* », sans équivalent ailleurs.

*Gar-, préf. rare et de sens très indécis, peut-être péjoratif à l’origine : peut se ramener à cymr. (ancien) gerran « nain », vir. gerr, ir. geârr

[526]

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[528]

[529] et gael. geàrr « court », soit un celt. *gers-o-, sk. hras-câ « court » et hrâs-a-ti « il dépérit », gr. χέρ-ης « sans valeur » et χείρων « pire ».

Garan, s. f., grue 1, corn. etcymr. id., gaul. *garanos (dans tri-garanus inscr. de Cluny), cf. gr. γέρανος, ag. crâne, al. kranich (lat. gr-a-s), etc. : tous ces mots paraissent se rattacher à la rac. « crier ». V. sous garni.

Gardiz, adj., rude, vif : contamination des deux mots br. hardis « hardi » et br. garô. V. ce mot ; mais cf. Ernault, Mém. Soc. Ling., X, p. 328.

1 Gargaden, s. f., gosier. Empr. fr. ancien et dialectal gargatc id.

2 Gargaden, s. f., gardon, goujon. Empr. fr. gardon, altéré par contamination du précédent (poisson goulu ? ou qui bée ?).

Gargel, s. m-, houx : préf. *//ar- et kél-en.

Garlantez, s. f., guirlande : dér. de l’empr. fr. ancien garlande.

Garlizen, s. f., sole : préf. *gar- et lizen. Ou *garo-lizen « plie rugueuse » ? Cf. fanken, lizen, garô et gare.

Garlôsten, s. f., perce-oreille : préf. *gar- etlôst.

Garm, s. m., cri, corn. et cymr. id., ir. etgael. gairm, soit celt. *gar-$men-, dér. d’une rac. GER ou GAR, d’où celt. *gar-ô « je crie » : vir. gair-i-m, gael. goir, cymr. gâter « clameur », etc. ; cf. sk. jâr-a te et gr-nàti, « il bruit, il chante », gr. γῆρ-υ-ς « voix » et γηρύειν « crier }) » lat « garrire, lit. garsa-s « bruit », etc. V. aussi sous garan, gër y gervel et galcaden.

Garmélod, s. f., fresaie : dér. de garni. Pour la finale cf. fr. hulotte.

Garô, adj., rude, dur faussi garv), mbr. gara, cymr. ganc y vir. garb y ir. et gael. garbh id. : soit un celt. *garwo- pour *gars-wo-, dér. de rac.

GHERS « se hérisser », sk. hàrs-a-ti « il est raide », lat. hirs-ûtus, horridu-s, horr-ëre, etc., gr. χήρ hérisson », lit. zer-iù « je gratte » (concordances peu claires) ; mais sans rapport avec lat. gravis.

Garr, s. f., variante primitive de gâr. V. ce mot.

Garv, s. m., ver d’appât : le même que garô (ce ver est ridé). 1 Garz, s. m., jars : cf. fr. (picard) gars « jars ». Empr. fr. très probable, mais de toute manière étym. très indécise.

2 Garz, s. f., haie, jardin, cymr. garth, vir. gort « moisson » : d’un celt. *garto- et *gorto- ce dernier reproduit l’i.-e. *ghorio-, « champ, enclos, culture », etc., gr. χόρτος « gazon », lat. hortus, got. gard-s « maisonnée », ag. yard « cour » (et garden), al. garten « jardin ».

[530]

Garzel, s. f., râtelier : dér. de 2 garz « haie ».

Garzou, s. m., aiguillon, corn. et cymr. garthou, vbr. pl. gerthi. Empr. germanique probable[531] : ags. gierd ; vhal. gartea > al. gerte « baguette ».

Gast, s. f., femme publique, cymr. gast « chienne ». — Étym. inc.

Gavlin, s. m., javeline. Empr. fr. Cf. le suivant.

Gavlod, s. m., javelot. Empr. fr. ancien gaoelot, lequel, à son tour, est celt. d'origine et parait se rattacher au type gaol > gaol.

Gavr, s. f., variante de gaour. V. ce mot.

Géd, s. m., attente, garde, cf. mbr. guedaffa guetter ». Empr. fr. guet.

Gédik, s. m., guérite. Empr. fr. guérite, probablement contaminé d’un diminutif de géd par étymologie populaire. — Conj.

Gégin, s. m.[532], geai, variante muée de 2 kégin. V. ce mot.

Geid, geiz, s. f., ramage. Onomatopée ? Cf. fr. jaser et gazouiller.

Gélaouen, s. f., sangsue, corn. ghel, ir. gel, gael. geai, sk. jal-uka (aquatique », cf. jala « eau », al. quell-en <c jaillir »j, gr. βδέλλα et βλέτυες pl. : mot obscur, qu’on rattache parfois à une rac. GwEL, « dévorer, sucer », sk. gir-â-ti et gil-a-ti « il dévore », lat. gul-a, al. kehle « gorge ».

Gell, adj., bai, brun, fauve, cymr. gell id.[533] : soit un celt. *gel-so-, dér. d’une rac. GHEL « jaune », sk. hâr-i « jaune » (gr. χλω-ρό-ς, lat. hel-vu-s, ags. geolo > ag. yell-ow, al. gel-b y lit. gel-tas « jaune-clair », etc.

Geltren, s. f., guêtre. Empr. fr. altéré.

Génel, vb., enfanter, naître, cymr. gen-i « naître », vir. gein « naissance », ro-gén-ar « je suis né », etc. : d’un vb. celt. *gen-ô, dér. de l’universelle rac. GENA, sk. jân-as « naissance » etjân-a-ti « il engendre », gr. γέν-ος, γεν-έ-σθαι, -γνη-το-ς, « né », lat. gen-us y gi-gn-ere, gnatus > nàtus, gens « race » (gén. gen-t-is), indi-gen-a, etc., ag. kin « race » et kind « espèce », al. kind « enfant », gaul. Cintu-genus n. pr. (premier-né, cf. keûta) et similaires, etc., etc.

Genn, s. m., coin à enfoncer, mbr. guenn, vbr. gen y cymr. gaing, vir. geind, gael. geinn id. : soit un celt. m gendi- t dont on croit retrouver un équivalent en letto-slave[534] ; sans aucun rapport avec koh.

Genou, s. m., bouche, corn. et cymr. genau, gaul. n. pr. Gen-ava ( embouchure), « Genève, Gènes », etc. : d’un celt. *gen-ow-, sk. hân-u « mâchoire », gr. γέν-υ-ς (gen-u-s) « menton », got. kinn-u-s id., ag. chin et al. kinn, etc. ; cf., avec un suff. plus court, les types lat. gen-a « joue », vir. gin « bouche », cymr. gèn, « joue, menton », mbr. guen « joue ».

Genver, s. m., janvier. Empr. lat. Januárius.

Géô, s. f., variante de iéô. V. ce mot.

Géoren, s. f., écrevisse d’eau douce : curieux singulatif refait sur le pl. géor « chèvres », qui se rattache à gaour[535].

Géot, s. m., herbe, corn. gwels^ vbr. pl. guelt-ioc-ion « herbeux », et même br. actuel guelt « herbe » (Ouessant), vir. *gelt dans gelt-both « pâturage » : d’un celt. *gwel-to- « vert », cf. cymr. gl-edd « gazon », gr. ϰλό-ο-ς (klo-o-s) ; « vert-clair » et ϰλο-ή (klo-ê) « verdure », lit. iélti « verdoyer », vsl. zel-ije « légumes » et zel-enû « vert ». V. la rao. sous gell, et cf. 1 glaz.

Gér, s. m., mot, cymr. geir > gair, vir. gàir « cri » : d’un celt. *gdr-i et *gar-i-, dont la rac. très féconde est sous garm.

Gervel, vb., appeler : pour galca (conservé dans la conjugaison et dans l’infinitif galoueinV.), par confusion des deux radicaux celt. synonymes *gal- et *gar-, V. sous galcaden et garm.

Geûn, s. f., marécage : pour *giceùn, mbr. gueun « vallée », cymr. gwaun « prairie », ir. fàn « pente », fr. (ardennais) fugne « plateau tourbeux », d’un celt. *wâg-nâ, cf. lat. vag-u-s « [lieu] vague » ?

1 Gével, s. m., pinces, tenailles, corn. geoel cymr. gefail, vbr. gebM id. : de la famille de gaol, mais probablement contaminé du suivant.

2 Gével, adj., jumeau, cymr. gefell. Empr. lat. gemellus.

Géver (T ), s. m., gendre : seul représentant subsistant du celt. *gem-ero-, lat. *gem-er > gêner, gr. γαμϐ-ρό-ς (gamb-ro-s), cf. γάμ-ο-ς (gam-o-s) « mariage », sk. jámātā.

Gôvred, s. m., vent de sud-est, mbr. aoel gueffret a vent d’ensemble », pour queffret. V. sous kèfret. — Conj. Ern.

Giber, s. m., esse, goupille : mbr. guyber « couleuvre » par métaphore (c’est une pièce en forme d’S). Empr. lat. vïpera.

Gîn, adj., l’envers : variante muée de kein[536]. — Conj. très douteuse.

Ginidik, adj., natif. V. sous ganédigez.

Gîz, s. f., manière, mbr. guis. Empr. fr. guise.

Glâd, s. m., fortune, mbr. gloat « royaume > fortune », corn. gulat « patrie », cymr. gtrlâd « pays », vir. fiait h et gaei. jlath « chef » : soit un celt. *wla-toet *wla-ti-, dér. de la rac. qui se retrouve dans lat. valère « pouvoir », got. wal-d-an et al. walten « gouverner », ag. to wield « manier », vsl. vlada « je règne », et cf. le n. pr. Vladi-mirû « qui règne sur le monde », lit. cald-yti « régner », etc., etc.

Glac’har, s. f., affliction, cymr. et vir. galar, gael. galaru maladie » : suppose un celt. *galro-, d’apparentation indécise [537].

Glan, glan, adj., pur, parfait, cymr., ir. et gael. glan (cf. cymr. glain « gemme »), gaul. Glana (rivière) : soit un celt. *gla-no-, à rac réduite par rapport au gr. γλῆ-νος « bijou », γλή-νη « prunelle de l’œil », γελ-εῖν « briller » (Hesych.), sans autre équivalent[538].

Glandour, s. m., conferves : exactement « laine d’eau ». V. sous gloan.

1 Glann, s. f., rive, cymr. glan id. ; cf. mbr. glenn « pays », cymr. glynn a vallon », vir. glenn, ir. et gael. gleann « vallée » : respectivement celt. *glanno- et *glinno-, peut-être sans lien entre eux, et d’étym. inc.

2 Glann, particule négative. Empr. fr. glane « brin ». Cf. 2 ken et morse.

Glaô, s. m., pluie, mbr. glau, corn. glau (voc.) > glaw, cymr. glaw id. : pour *gw-law, qui serait en celt. *wo-law-o-, « petite lavasse », rac. LOW « laver », gr. λού-ω, lat. lav-ere lav-àre lu-ere, cf. visl. lau-g « bain chaud » et al. lau-ge « lessive ». V. aussi laouer.

Glaou, s. m., charbon (ardent), mbr. glou, corn. glow, cymr. glo id. : d’un celt. *glo-wo-, dér. de rac. GHLÔ qu’accusent essentiellement Tag. to glow « briller » et l’al. glühen « brûler », isolé par ailleurs.

Glaouren, s. f., glaire, bave, mbr. glaicren, cymr. glqfoer et glyfoer id. : se rattachent directement ou avec altération à une rac. GLIbh « visqueux », cf. al. kleb-en « se coller » et ag. to cleaoe « s’attacher », gr. γλοι-ό-ς glu, graisse visqueuse », lat. *gloi-s > glas « glu » », glu-ten.

Glasten, s. m., yeuse : pour glaz-tann. V.ces mots.

Glavia, vb., pleuvoir, bruiner : dér. de glaô.

1 Glâz, adj., vert, bleu, gris, pâle, mbr. et cymr. glas, vbr. glas et du-glas (sous ), vir. glass, gael. glas « gris » : soit un celt *gl-asto-, qui semble tout à fait isolé, mais peut se rattacher à la rac. de gell[539].

2 Glâz, s. f., goutte, crampe. Cf. gloaz et 2 glizien. — Étym. inc.

3 Glâz, s. f., glas. Empr. fr. glas avec changement de genre.

Glazaour, s. m., loriot. V. sous 1 glâz[540].

Glazard, s. m., lézard. Empr. fr. contaminé de 1 glâz.

Gléb, adj., mouillé, humide, mbr. gloeb, cymr. g ulip> gwlyb, et gwlybwr « humidité » = corn. glibor, ir. et gael. fliuch « humide » : soit donc *wlip-u- et *wlik-u- qui indiquent un i.-e. *wlq-u-, rac. WELQ, d’où aussi lat. liqu-idu-s, liqu-or[541], lett. walk-s « humide ». Cf. gwalchi.

Glec’h, s. m., action de détremper, cymr. gwlych « humidité » et gwlyehu « détremper » : soit un celt. *wlik-ko- issu de la même rac. que gléb[542].

Glesker (T.), s. m., grenouille de haie, mbr. gluesquer, cf. corn. gwilskin et guilschin (métathèse en br. ). — Étym. inc.[543]

Gléz, adv., tout à fait : variante de kleiz au sens de « suivant la pente > tout naturellement ». V. ce mot — Conj.

Glin, s. m., genou, corn. et cymr. glin, vir. glàn, gael. glùn, celt. *glû-no-, pour *gnû-lo- dér. (reconnaissable dans ag. to kneel « s’agenouiller ») d’un i.-e. *genu et *gnu, sk. jànu et -jau, gr. γόνυ, γνυ-πετεῖν « s’agenouiller » et gr. γνύ-ξ « à genoux », lat. genu, got. kniu, ag. knee, al. knie.

Gliz. s. m., rosée,cymr. gwlith, d’un celt. *wlik-to-, qui serait le ppe passé de la même rac. d’où est dér. gléb. Cf. glec’h[544].

Glizik, s. m., petit saumon, anchois, cymr. gleisiad « saumon » : soit un dér. diminutif de 1 glâz (bleu-vert, écailles chatoyantes).

1 Glizien, s. f. t serein : dér. de gliz. V. ce mot.

2 Glizien, s. f., goutte, crampe. Cf. 2 glâz. — Étym. inc.

Glô, s. m., variante contractée de glaô. V. ce mot.

Gloan, s. m., laine, corn. gluan, cymr. gulan et gwlân, vir. oland, ir. el gael. olann id. : d’un i.-e. *wlnà (l long) et *wlàna > celt. *wlano- et *wlanā[545], identique à sk. urnd, gr. λῆνος nt., lat. lana (pour *vlana), got. wulla (pour *wulnâ), ag. wool, al. wolle, lit. vilna, vsl. vlûna, etc.

Gloar, s. f., gloire, honneur. Empr. fr. gloire.

Gloaz, s. f., souffrance, blessure, cymr. gloes. — Étym. inc.

Gloestr (V.), s. m., gage, vœu : variante à métathèse de gwéstl.

Glouac’h (V.), s. m., variante à métathèse de goulaz. V. ce mot.

Glouec’h, s. m., serein : variante à métathèse du mot br. correspondant au cymr. gwlych. V. sous glec’h y et cf. g Hz et gléb.

Glout, adj., goulu : abstrait de lempr. fr. glout-on[546].

Glôzard, s. m., fauvette mâle : dér. de 1 glàz « gris ».

Glûd, s. m., glu, corn. glut, cymr. glud. Empr. lat. gluten^ et cf. glaouren.

Gluic’h (V.), s. m., variante dialectale de glîz. V. ce mot.

, adj., fermenté : abstrait de gôi vb. « fermenter » ou de gôell « levain » ; et celui-ci d’un radical celt. *wo-ye$-lo-i rac. YES, cymr. iâs « chaleur », sk. yàs-a-ti « il bout », *ζέσει ζέει id., vhal. jësan >al. gàhren a fermenter ». Cf. goéden, etc. V. le préf. sous *gw-.

Goakol, s. m., collier de cheval : variante altérée de kougoul avec contamination probable du fr. col. — Conj.

Goal, s. m., lance, gaffe. Empr. fr. ancien guaffe.

Goaù, goaùv, s. m., hiver, mbr.^owq^, corn. goyf, cymr. gaem et gauaf, vir. gaim-red composé[547] : soit un celt. *gi-amo- et *gi-mo-, dér. (par suff. -e/n- > -âm- > -m-) de rac. GHI, sk. hi-mâ « froid » et hé-man « hiver », gr. χι-ών « neige » et χει-μών « hiver », lat. hi-em-s, lit. iëmà, vsl. zima.

Goann[548] (V.), s. f., charogne : on soupçonne un type de dérivation tel que *goat-n- « sanglant ». V. sous gwann et gwâd.

Goanven, s. f., engelure : dér. degoaûv. Cf. goafi.

Goap, s. m., moquerie. Empr. fr. populaire (normand) gouap-er, et cf. fr. ancien guaber gaber « conter des bourdes ».

Goar, s. m., facilité, lenteur : variante de 1 gwâr[549].

Gôb, s. m., contamination de kôp par fr. gober et gobelet.

Gôbédi, vb., tinter. Empr. fr. ancien copeter « copter ».

Gober, vb., faire : mutation syntactique pour ôber. V. ce mot.

Gobilin, s. m., feu-follet, lutin. Empr. fr. gobelin.

Gôd, s. m., sein, poche (aussi kôd, et le dér. gôdel s. f. « poche »), cymr. cod « sac ». Empr. ags. codd > ag cod « bougette ».

Godai, vb., caqueter. Onomatopée.

Gôdisa, vb., se moquer. Empr. fr. (se) gaudir.

Gôdôer, s. m., cabane, couchette : préf. *gw- devant un thème dér. de la même rac. que tei et tôen, et cf. lat. tug-uriu-m.

Goéden, s. f., levain, présure : dér. de gô. V. ce mot.

Goél, s. m., fête, corn. goil > gol, cymr. gicyl, vir. féil. Empr. lat. vigilia « veille [de fête] ». On n’a que faire d’une soi-disant rac. WJL : Bzzbg. Btr., XXIII, p. 56.

Goell, s. m., levain : dér. du même radical que go.

Goérô, vb., traire, mbr. gozro, cymr. go-dro t vbr. guo-troit « vous trayez » : d’un celt. *wotrâg-ô « je tire en dessous », sens et formation homologues du lat. sub Irah-ere > fr. -traire- V. sous *gw- et / irô.

Gôf, s. m., forgeron, corn. gof, cymr. gob> gof> vir. goba (gén. gobann), ir. et gàel. gobha, gaul. Gobann-ion. pr. « la forge »[550] : d’un celt. *gob-an, qu’on rattache hypothétiquement au gr. γόμφ-ο-ς « ferrure »[551].

Gôgé, s. m., raillerie, fourberie : dér. d’empr. fr. ancien gogue id.

Gôgez, s. f., grondin : dér. du précédent (poisson rusé) ?

Gôlei, gôlôi, vb., couvrir, dissimuler, mbr. gueleiff, cymr. goloi, vir. follugalm « je cache », ir. folach et gael. falacha cachette » : contamination très probable des celt. *wo-lug-ô <( je dissimule en dessous » (got. liug-an, ag. to lie, al. liïg-en, vsl. lûg-aii « mentir ») et *wo-leg-ô « je place en dessous »[552]. V. sous *gw-, léac’h et gwélè.

Golf, adj. sans queue : soit originairement « mutilé » ou « infirme » ; cf. br. gôl (T.) « essorillé » et vir. goll « aveugle », sk. kànà = i.-e. *kol-noborgne », et surtout gr. ϰολοϐό-ς « mutilé », ϰολούω « je mutile ». — Rapprochements très obscurs. — Étym. inc.

Golc’hed, s. f., couette, cymr. cylched, vbr. colcet. Empr. lat. culcita.

Golc’hein (V.), vb., variante dialectale de gwalchi.

Gôlô, s. m., couverture (aussi gôlôen). V. sous gôlei.

Golvan, s. m., moineau, corn. golcan, cymr. golfan, mh.gelbund, ir. et gael gealbhonn id. ; cf. gr. χελ-ιδών « hirondelle[553] ».

Golvaz, s. f., battoir à lessive : syncopé pour *golchoâz. V. sous gwalc’hi, golc’hein et bâz.

Gonid, s. m., variante de gounid. V. ce mot.

Gonvor, s. m., mesure, bord du vase. Empr. bas-lat. gomor, nom de mesure hébraïque venu de la traduction de la Bible.

Gôpr, s. m., salaire, prix, cymr gwobr id. : d’un celt. *wO’pr-o-, qui unit le préf. *gw- à la rac. du vb. pr-éna. V. ces mots, et cf. gôpraer « mercenaire » et vbr. (avec un autre préf.) com-pri « aura acheté ».

1 Gôr, s. m., chaleur étouffante, cymr. géra qui couve », gor-i « couver » et gicr-ês « chaleur », vir. gor id. et gor-i-m > guirim « je chauffe » : soit un celt. *gor-o- « chaleur », issu de rac. GHwER, sk. ghar-mâ « chaud » et hâr-as « ardeur », gr. θέρ-ος « été » et θερ-μός « chaud », lat. for-mu-s « chaud » et fur-nus « four », ag. et al. war-m « chaud », vsl. gor-èti « brûler » et russe gor-nû a foyer », etc. Cf. le suivant.

2 Gôr, s. m., abcès, furoncle, cymr. gôru pus » et gor-yn « pustule », vir. gor, a chaleur, pus » : identique au précédent. Cf. gôrou.

3 Gôr, s. m., cordon, mbr. gour, ir. gàaire « cheveu », gàel. guair-sgeach « bouclé », cf. gr. γῦ-ρό-ς « circulaire » (originairement « flexible » ?), γῦ-ρο-ς « cercle » : rapports étymologiques très obscurs.

4 Gôr, s. m., variante contractée de govor = gonnor.

Gôrad, s. m., couvée : dér. de 1 gôr. V. ce mot.

Gorlanô, s. m., variante de gourlanô.

Gorlounka, vb., variante de gourlonka.- V. ce mot.

Gôrô, vb., variante contractée degoérô. V. ce mot.

Gôrou, s. m. pl., amygdalite : pl. de 2 gôr.

Gorré : s. m., superficie (d’où gorréa, «élever, serrer » ) ; prép., adv., sur, dessus : dér. de 1 gour-. V. ce mot, et cf. doaré.

Gorrek, adj., lent (aussi goarek V.) : dér. de goar[554].

Gortoz, s. m., attente, corn. gortos « attendre » ; cf. cymr. gwardu « garder », ags. weard-ian > ag. to ward, al. wart-en attendre »[555].

Goudé, adv., prép., ensuite, après, cymr. gwedi < (ancien) guotig, qui équivaut à un celt. *wo-eti-k, soit sk. àti « en outre », gr. ἔτι « encore », lat. et, précédé de *gw- et suivi d’un suff. adverbial.

Gouél, s. m., variante de goél. V. ce mot[556].

Gouer, s. f., ruisseau, mbr. gouher (pour *gouver), cymr. *gofer id. : soit un celt. *wo-ber-o-, équivalant au gr. ὑπο-φέρ-ο-μαι, « je me transporte, je coule », rac. BHER. V. sous *gw- et kémérout, et cf. aber, kemper.

Gouers (V.), adv., longtemps. Empr. lat. versus au sens de « ligne, rangée, [longue] traînée ». Cf. aussi gwerz.

Gouhéré, s. m., juillet : exactement « au commencement de l’automne », comme en lat. sub autumnum*[557]. V. sous *gw- et héré.

Gouhez, s. f., bru, corn. guhit, cymr. gwaudd, d’un celt. *vadù- « épousée », sk. vadh-u. V. d’autres formes de la rac. sous dimizi.

Gouhin, s. m., fourreau, corn. guein > goyn, cymr. gwain, ir. faigen, Empr. lat. vàgïna (> fr. gaine).

Gouiender, s. f., fraîcheur. V. sous *gw- et ién.

Goulaoui, vb., éclairer : dér. de goulou.

Goular, adj., fade : variante à métathèse de klouar.

Goularz, s. m., ambre jaune : métathèse probable pour *gou-lazr > cf. cymr. llathr « poli » (Loth, R. celt., XX, p. 78), d’apparentation indécise.

Goulaz, «. m., latte. V. sous *gw- et làz.

Goulaza, vb., rebattre (un outil) : préf. *gw-, et laza au sens de « frapper ».

Goulenn, s. m., demande, question : soit préf. *wo- (*gw-) devant une forme à nasale de la rac. LI, cf. vir. len-im et ir. leanaim « je suis », gael. lean, cymr. can-lyn et dy-lyn « suivre », sk. li-nâ-ti « il s’attache à », gr. ἀ-λί-νω et lat. li-nô « j’enduis », etc. ; la transition de sens serait dès lors « s’attacher à > presser > solliciter », etc.

Goulerc’hi, vb., tarder : préf. *gw- et lerc’h.

Goulc’her, s. f., couvercle : dér. de la rac. de gôlei. V. ce mot.

Gouli, s. m., plaie, corn. goly, cymr. gtoeli id. : formé sur un radical celt. *wel-ï- ou *wol-ï-, cf. sk. vr-anâ, gr. οὐλή, lat. vol-nus.

Goullô, adj., vide, cymr. guo-llung > gollwng et (avec un autre préf. di-llwng) « lâcher », vir. folomm > folum, ir. folamh et gael. falamh « vide » : soit le préf. celt. *wo- (*gw-) devant une variante nasalisée de la même rac., d’ailleurs mal connue, qui a donné al. lûck-e « lacune » et lock-er « lâche ». — Conj.

Goulou, s. m., lumière, corn. golow, tymr. go-leu, d’un celt. *wo-lou-> cf. lat. *lou-c-s > lux « lumière » (le br. a primitivement un sens atténué). V. le préf. sous *gw- et la rac. amplifiée sous luc’ha.

Goulten, s. f., fanon de bœuf : pour *kolten < kolleten, dér. de kollel (V.) « fanon ». Empr. fr. collet.

Goumon (vieilli), s. f., goémon (empr. br.), cymr. gwymon, ir. feamuin, gael. feamainn id. : peut se rattacher, par l’intermédiaire du sens de « tordu, entrelacé », à la rac. qu’on trouvera sous gwâd. — Conj. Mcb.

Gounid, s. m., gain, mbr. gounita gagner », cymr. gweini « servir », vir. fo-gniu « je sers » etfo-gna-m « service » : exactement « action en sousordre », le préf. étant celt. *«>o-, et le radical proche parent de l’adj. lat. gnà-vus « actif » (cf. ag. to know « savoir »), qui dépend de la rac. GNO ; sans rapport avec fr. gagner. V. sous *gw- et anat.

1 Gour-, préf. local au sens de « sur », et par suite augmentatif, corn. gur- > tour-, cymr. guor-, gur-, gor-, etc., vir. for-, gaul. oer- dans ver-tragus « lévrier », Ver-cingeto-rix, etc. (cf. 1 trô et 1 kamm) : forme préfixée de la prép. celt. qui a donné br. gwâr > wâr. V. ces mots et qquns des suivants ; mais cf. 2 gour-.

2 Gour-, préf. péjoratif et diminutif : variante de *gar- peut-être influencé par le préf. précédent {gour-glèzé « courte épée > poignard », etc.). V. sous *gar-, et cf. qquns des mots suivants.

Gouraoui, vb., s’enrouer. V. sous*gw- et raoula.

Gourd, adj., raide, rude. Empr. fr. gourd.

Gourdrouz, s. m., menace : exactement « bruit mené sur » ou « bruit violent ». V. sous 1 gour- et trouz.

Gouréd, s. m., brasse, mbr. gour-het, cymr. gwr-hyd : exactement « longueur d’homme ». Le premier terme est mbr. gour « homme » corn.

[558]

gur, cymr. gur > gwr, vir. fer, lat. vir, got. waír (cf. ag. icer-tcolf « loup-garou »), sk. cïrâ, lit. cyras, etc. V. le second sous 7 A&f.

Gourel (V.), s. m., variante de grôel. V. ce mot.

Gourélin (V.), s. m., juillet : la variante gour-hen-eû semble indiquer un dér. de hah (mais la régularité exigerait *-Ae/to-e/i), soit un sens analogue à celui du lat. sub aestatem. Cf. gouhéré.

Gourem, s. m., ourlet, cymr. gvcrym id. : suppose un celt. *wo-rem-noépais par dessous », dont la rac. se retrouve dans cymr. rhef« fort » (cf. réor), et vir. rem-or « épais » ; la rac. i.-e. probable est PREM, gr. πῥμ-νο-ν « souche » (partie épaisse de l’arbre), al. fromm « pieux », autrefois « vaillant, solide », etc. V. le préf. sous *gtc.

Gourenn, s. m., lutte ; cf. cymr. gwrth-ryn, dont le premier élément est girrth « contre », le second peu clair. V. sous oh*.

Gouréouein(V.), vb., variante de gouraoui. V. ce mot.

Gourclied (V.), s. f., variante dialectale àegwerzid. V. ce mot.

Gourcliômenxi, s. m., commandement : préf. 1 gour- et kémenn (le préf. implique naturellement la supériorité de celui qui commande).

Gourin, s. m., linteau, mbr. gourrin, cymr. gor-hin-iog id., dér. de *gor-hin-, exactement « limite supérieure » : préf. 1 gour-, et vbr. hin « limite », vir. ind « bout », celt. *< ?/id-i-, qui semble une très ancienne corruption pour *e/i/-i-, si l’on en juge sur sk. ànta <c limite », ag. end, al. ende. Le britt. est au moins contaminé de lat.yïms.

Gouriz, s. m., ceinture, mbr. gouris, corn. guris, cf. corn. grugis et cymr. gwregys : soit un celt. *wer-isti-, dér. d’une rac. WER, « enclore, ceindre » (sk. var-anâ « rempart », gr. ϝέρυ-σθαι « protéger », etc.)’.

Gourlanchen, s. f., œsophage : semble contamination fantaisiste de gourloûka, lahchen « langue » ( ?) et fr. gorge. Cf. gargaden.

Gourlanô, s. m., pleine mer (aussi gourleûn), cymr. gor-llanw. V. sous 1 gour- et lanô.

Gourloùka, vb., avaler trop à la fois, se gargariser : respectivement préf. 1 gour- ou 2 gour-, et vb. lotika.

Gourner, s. m., gros crible : comme cymr. gogr-yn-u « cribler » sur gogr « crible », c’est une dérivation secondaire sur une base celt. *wo-kr-nje crible », cf. gr. ϰρίνω, lat. cernô, etc. V. le préf. sous *gic-, et la rac. sous karza et krouer.

[559]

Gourrenn, s. in., sourcil : soit *gour-grenn « cil supérieur » ou « au dessus de la paupière », préf. 1 gour, et cymr. grann, « cil, paupière », vir. grend « barbe » (> gacl. greann), d’un celt. *grenda dont l’équivalent ne se retrouve qu’en très vieux germanique.

Gourrisia, vb., hennir, mbr. gourhiziat, vbr. guirgiriam « je hennis ». Onomatopée probable et cf. gristila.

Gourven, s. m-, envie, jalousie, cf. cymr. gor/gn id-, d’ailleurs identique à gorfgnt : soit un celt. ^wer-men-o-, équivalant comme formation et sens au gr. 6rsp jjlsv fc. V. sous 1 gour- et le suivant.

Gourvent, s. m., dédain, cymr. gorfynt « envie », vir. format et gael. farmad id. : soit un celt. * Wr- men-to-, dér. de rac. MEN et signifiant qqch. comme « haussement, gonflement de pensée » ou « regard jeté de haut ». V. sous 1 gour-, houn et gourven.

Gourvéza, vb., se coucher, cymr. gorfedd et gorwedd : préf. gour-Gourzaot, adj., ruiné : exactement « qui est à court de gros bétail ». V. sous 2 gour- et saoud.

Gourzéz, s m., retard, lenteur, cf. cymr. gor-sedd, « siège, trône », c’est-à-dire « [ce] sur [quoij on s’assied » : préf. 1 gour- et rac SED, cf. le sens du fr. surseoir. V. sous aé, azéza, gouziza, etc.

Gousiaden (T.), s. f., litière pour fumier. Cf. gouzer*.

Gousoni (C), s. f., ordure : pour gwas-oni (qui existe également) « chose de rebut ». V. sous gwasa.

Gouspérou, s. m. pl., vêpres, cf. gousper « veillo de fête », corn. gtresper % cymr. gosper, vir. fescor. Empr. lut. oesperum.

Goustad, adv., tout doucement, mbr. gomtadic « modéré », cymr. gtcaslad « constant », vir. fossad « ferme » : soit un celt- *wo-stato- « qui se tient ». V. le préf. sous *gio-, et la rac. sous saô.

Gouzanv, gouzav, vb., souffrir, mbr. gouzaff, corn. godhqfet godhecel, cymr- goddef, vir. fo-dam-im « je souffre » (ir. foighid et gael. foidhidinn « patience ») : soit un radical celt. *w ?o-da/n-, « être dompté, se résigner ». V. le préf. sous *gw- et la rac. sous don, et cf. dahcad.

Gouzer, s. m., litière, cf. vir. fo-sair « couverture de chaume » et (avec un autre préf.) cossairu lit » : formations du même type quesk. upa-stâr-

[560]

[561] ana « jonchée », gr. ὑπό-στρω-μα « litière », lat. sub-ster-n-ere, cymr. gwa-sarn « litière », etc. : préf. *wo- (*gw-) et rac. STER « joncher », sk. stṛṇó-ti, στόρ-νῦ-μι et στρώ-ννῦ-μι, lat. ster-nô.

Gouzien, s. f., serein : contamination de glizien par gouziza (rosée du coucher du soleil). — Conj.

Gouzifiad, s. m., épieu : dér. secondaire par rapport à cymr. gwyddif « serpe », vbr. guedom, vir. fidba « faucille », gaul. latinisé vidu-bi-um (d’où fr. vouge), etc., composé très ancien de celt. *widu- « arbre » et de la rac. BHI. V. sous gtcèzen et bouc’hal.

Gouziza, vb., baisser, diminuer : équivaut à un lat. subsidere, pu le préf. sub- serait remplacé par son synonyme celt. *wo-. V. sous *gwet azéza.

Gouzouk, gouzoug, s. m., cou, gorge, cymr. gtrddwf et gtrddwg id. : dér. d’un radical signifiant « joug », soit celt. *ko-tced- ou *tro-wed-, le sens étant « endroit où se place le joug ». V. sous *ke- y *gw- y et 1 dices.

Gouzoumen, s. f., variante de kouzoumen.

Gouzout, vb., savoir, corn. goth-vyth « tu sauras », cymr. (ancien) *guid-’ bit > guibit > gwybydd « il saura », vir. ro-fet-ar « je sais » : soit donc un radical brittonique *gwid- et préirlandais *Jid-, qui équivalent à la rac. i.-e. WID, « voir, savoir », sk. vèd-a « je sais » et oéd-a « science », gr. ϝοῖδ-α οἶδα « je sais », ϝιδ-εῖν ἰδ-εῖν « voir », ϝεῖδ-ος εἶδος « apparence », etc., lat. cid-ëre « voir », got. trait « je sais », ags. wât > ag. *rotf, al. (ic/*) tceiss, vsl. vid-èti « voir » et véd -^ « je sais », etc. *.

Gôz, s. f.. taupe, corn. god, cymr. gwadd, ir.fadh. — Étym. inc.

Gra, s. m., affaire : abstrait des formes de conjugaison du vb. ôber qui commencent par gr-, lesquelles toutes remontent à un vb. celt. *trer-ag-ô « je fais » ; cf. corn. grcra « fais » et gwrey « faire »’. V. le préf. sous 1 gour- et la rac. sous doùt.

Graka, vb., racler, coasser, caqueter. Onomatopée.

Grad,s. m., gré, bon vouloir. Empr. bas-lat. grâtum.

Graé, s. m., grève. V. sous gréa et grouan*.

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Gragaja. vb., piailler 1. Onomatopée à finale française.

Grac’h, s. f., vieille femme, mbr. groach (pour *gwrach), cymr. gwrdch, vir. /race, d’un celt. *wrakkà sans autre équivalent 1.

Grac’hel, s. f., monceau, mbr. groachell, dér. secondaire par rapport à cymr. gwrych « haie » et vir. fraie « bouclier ». — Étym. inc.

Gré, s. m., troupe (de gros bétail), corn. et cymr. gre « haras », vir. graig >groigh, ir. et gael. greigh « haras » : d’un celt. *grag-i-, qui n’a point d’équivalent sûr en dehors du lat. grex (greg-is).

Grék, grég, s. f., épouse, mbr. gruec (pour *gtcrek), corn. gurehic « de femme » > gurèg > gwrec, cymr. gwraig « femme » : soit les dérivés d’un celt. *wrakï, qui rappelle de très loin le lat. cirgô. Cf. grach.

Grégon, s. m., prune sauvage : métathèse de gwr initial en mbr. groegonn, lequel paraît se rattacher à un radical celt. voisin de celui qui san s doute désignait autrefois, non seulement la bruyère (cf. brùk) y mais diverses autres espèces de la flore des landes, r.froech et gael. fraoch « bruyère », ir. frach-ân « airelles », etc.

Grec’h, s. m., ciron, mbr. gruech (pour *gtorech), cymr. pl. gwraint, vir. frigit>frigde, gael. frde y etc. : dér. d’un radical *wrig- < i-.-e. *wrgh-, qui est largement représenté en germanique, ag. to wrigg-le « tordre », al. ringen (<*wringan), et cf. ag. wrong, exactement « tordu » ppe passé, d’où « faux », etc.

Grémi), s. m., saxifrage. Empr. fr. grémil*.


Grén, adj., vif, dispos, mbr. grezn, et cf. vir. greimrnet cymr. grym « vigueur » : supposent respectivement *gred-no- et *gred-smen-, dér. celt. d’une rac. qui est peut-être la même que celle de sk. gfdh-ya-ti « il s’efforce » ( ? cf. plutôt Uhlenbeck s. v.), lat. grad-ior « je marche », grad-u-s et gres-su-s « pas », got. grid-s id., etc. ’.

Greûn, s. m., grain, graine, corn. gron-en, cymr. grawn, vir. grân, gael. gràinne, etc. : identique au lat. grà-nu-m, soit par emprunt, soit parce que le celt. *gra-no- est comme lui le ppe passé d’une rac. signifiant « broyer, triturer », cf. sk. jir-nà « fragile », got. kaârn y ag. corn. al. korn, etc.

Gréûz, adj., faisable. V. le radical sous gra.

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Grî, s. m., couture (et griavb. « coudre »), rabr. gruy et gruyat, vbr. gruiam « je couds » : originairement, sans doute, « je fais, je fabrique », se rattachant au même radical que gra V. ce mot.

1 Grigons, s. m., pomme sauvage : contaminé de grégon et de grigonsa ’.

2 Grigons, s. m., cartilage : abstrait de grigonsa.

Grigoùsa. vb., grincer des dents. Empr. fr. avec onomatopées et contaminations multiples : grigner (des dents), grincer, grignoter, gringoiter « fredonner », etc.

Griûol, s. f., grenier, coffre à grains. Empr. bas-lat. *yraniària, altéré par dissimilation, et le pl. ni. pris pour un fm. sg.

Grisiaz, adj., grave, atroce, violent, fougueux : dér. de lempr. fr. ancien g r tes pour g riefs, cas-sujet de grief a grave » < lat. gravis.

Grisien, s. f., racine, rabr. gruizyenn (pour *gwriz-) t corn. grueiten, cymr. gwreiddyn id. : soit un celt. *icrid-yo-i dér. de même rac. qu’un autre celt. *icrid-mâ (vit. fréni « racine », ir. frëamh, gael. freumh), gr. *Fp !.o-yz > pt£«, lat. râdïx (= cymr. gicraidd)> got. waârt-s, ag. wort (dont ag. root est la métathèse), al. wurz « plante » et tcurz-el « racine »,-etc.

Gristila, vb., variante de kristila, et cf. gourrisia. — Si ce type est le plus ancien, on y reconnaîtra une simple onomatopée ; cf. fr. « le grésillement du feu » et lat. gracillare « glousser ».

Grizil, s. m., grésil. Empr. fr. Cf. aussi grizilon, « grelot, menotte » ’objet qui grésille, cliqueté, fr. ancien grésillons « menottes ». etc.).

Grôa, s. m., grève, cf. cymr. gro « cailloux ». Y. sous grac et grouan.

Groac’hen (V.), s. f.. ride : dér. degroac’h. V. sous grac’h.

Grôel (V.), s. m., gruau. Empr. fr. ancien grucl.

Groéz, s. f., variante de groaez. V. ce mot.

Groc’h (V.), s. m., grotte. Empr. bas-lat. *crùpta (crypta), d’où aussi fr. grotte. Le br. hors de Vannes serait *groz.

Gromm, s. f., gourmette. Empr. fr. à métathèse gourme.

Gronch (C), s. m., menton, groin. Empr. fr. popul. ou argot.

Groûoni, vb., friser, crépeler : dér. d’empr. fr. ancien grenon et gregnon t « moustache, favoris ». — Conj. Thomas.

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Grons, adj., arrogant, hardi 1. Empr. lat. nasalisé grossus « grossier ».

Grouan, s. m., gravier, cymr. graian « sable », greienyn « grain de gravier », vir. grian, etc. : d’un celt. *gri-ano-, dér. de rac. GHRÎ, d’où gr. χρί-ειν « frotter » et lat. f A-are « broyer ». Cf. en outre corn. grow, cymr. gro, ir. et gael. grothlach « sablonnière », fr. grès, etc., ags. grêot > ag. grit « gravier », lit. grû-s-ti, « fouler, broyer », etc. ; ces derniers indiqueraient une rac. GHRU, synonyme et quasi-homophone de GHRI. V. aussi graé et grôa.

Grouéz, s. f., chaleur, ardeur : pour *gwrez, cymr. gwres, qui suppose un radical celt. *gor-es- et *gwr-es-, à peine différent de celui du gr. θέρ-ος = sk. hâr-as *. V. la rac. sous gôr. — Conj. Ern.

Grougousa, vb., roucouler. Onomatopée.

Grounn, s. f., assemblage, paquet, mbr. gronn id. : soit un celt. *grond-o-, que reproduit le gael. grunn « poignée »* et, en dérivation (*grend-io-), le vir. grinnea paquet » ; sk. granth-a « nœud », et grath-nâ-ti « il lie », gr. γρόνθ-ο-ς « poing fermé », lit. grand-i-s « anneau », al. kranz t guirlande » (toutes idées dominées par celle d’assemblage).

Grullu, s. m., blé charbonné. Empr. fr. (terme d’argot) grelu « blé « probablement dér. de grêle « menu »). au sens péjoratif. — Ern.

Gultan, s. m., pincettes : exactement « pinces à feu », forme de prononciation rapide. V. sous / gécel et tân mais cf. gweltré.

Gûp, s. m., vautour. Cf. gr. γύψ (emprunt savant ?), et ags. gïw gïow h.

Gurlaz (V.), s. m., lézard, cymr. gwyrddlas, pour gwyrdd-glas « bleuvert », vbr. guirdglas « mer ». V. sous gtoér, glâz eXglazard.

Gurzun (V.), s. f., variante de burzun = bidzun. *Gw-, forme théorique et générale d’un préf. prodigieusement répandu dans toute la famille celtique, avec sens primitivement local « au dessous », et par conséquent atténuatif, péjoratif, etc. (cf. 1 gour-), apparaissant en br. avec les variantes principales gou-, gwe-, gw-, et 6- ou gtout court s, corn. gou-, go-, gu-, cymr. guo-,go-, gwe-, vbr. guo- et uuo-,

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[576] vir. fo-, fu-, etc. : d’un celt. *wo < *uo < *upo> i.-e. *àpo « sous », sk. ûpa, gr. ὑπὸ (lat. sub), got w/*-. Cf. aussi ag. wp et al. ao/’a sur ».

Gwâ ! malheur à… ! cymr. gwae, vir./é, d’un celt. *wai, gr. οὐαί, lat. ww, ag. woe, al. rreA, ital. guaù

Gwâk, adj., mou, faible, vain, vide, corn. #uac « faux »>gwag « vide » f cymr. gwag. Empr. lat. vacuus >bas-lat. *vacus, cf. lat. oacàre.

Gwâd, s. m., sang, corn. guii > goys> gudzh, cymr. gwaed id. : soit un celt. *wei-to- et *wi-to- « tordu », qui a pu primitivement signifier « veine », au même titre que celt. *a ?ei-*i-> vir. et gael* féith, « fibre, nerf, veine », cf. lat. vë-na dont le vocalisme est irrégulier ; le tout dér. de la rac. WEI WI, « tordre, tresser, entrelacer, serpenter », dont on trouvera les principaux répondants sous gwéa. V. aussi 2 gwâz et gwéden.

Gwaé, ouais, oui-dà : variante de gwd.

Gwagen, s. f., onde, flot. Empr. fr. vague.

Gwagren, s. f., glande, fondrière : les deux sens se concilieraient assez aisément par une dérivation àegwâk. V. ce mot 1.

Gwac’ha, vb., croasser. Onomatopée.

Gwalarn, gwalern, gwalorn, s. m., nord-ouest. Empr. fr. galerne, luimôme peut-ôtre d’origine celtique. — Loth.

Gwalen, s. f., verge, mbr. goalenn*, suppose un celt. *wal-ennâ 9 dér. de la rac. WEL, « fléchir, tresser » : v’w.fàl « haie » eXfillim « je courbe », gr. ἕλιξ « hélice » et εἰλύω « j’enroule », lat. colo-ere, got. walw-jan> etc.

Gwalc’ha, vb., rassasier : dér. de gwalc’h, mbr. gtoalch « abondance » (cf. awalc’h), cymr. gwala « satiété », vir./o/c, d’un celt. *wolg-o- « grande quantité » ; cf. sk. vârg-a « groupe », lat. volg-u-s « le grand nombre », ags. foie > ag./oM ? « les gens », al. volfc « peuple », etc.

Gwalc’hi, vb., laver, pardonner, mbr. guelchi etppe golchet « lavé », corn. golchy, cymr. golchi, vir. Jolc-ai-m, gael./aiïc « laver » : soit un celt. *wolk-ô « je lave », rac. WELK avec alternance de gutturale et vélaire, dont on trouvera d’autres dérivés sous gléb, glec’h, gllz, etc.

Gwall, adj., mauvais, {abréviation|corn.|cornique}} gai, cymr. gwall « défaut », vir. fell, ir. et gael./ea/Z « fourberie » : le germanique (got. m6i7-«, ag. evil, al. ûbel « mau-

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[578] vais ») indique un radical primitif *upel- > celt *uel- > *toel-, sur lequel s’est construit un dér. *wel-no- altéré en brittonique.

Gwallek, adj., négligent : dér. du précédent.

Gwamm, s. f., femme (terme de mépris). Empr. ags. très ancien *wamb « matrice » > womb > ag. womb, cf. al. wamme.

Gwân, adj., faible, vain, mbr. gwan, corn. guan, cymr. gwan, ir. et gael. fann id. : d’un celt. *wanno-, exactement « blessé », cf. got. wunn-s « douleur », winn-an « souffrir », et subsidiairement sk. à-và-ta « invulnérable », gr. â-oj « fléau », got. wun-d-s, ag. woun-d et al. wun-d, « blessé, blessure », cymr. gwân « piqûre », corn. gwane <( percer », toutes formes dér. de racines WEN WÂ. Cf. gwenanen.

Gwann, s. f., variante de goann. V. ce mot.

1 Gwâr, adj., courbe, cymr. gwyr, vir. flar, ir. et gael. Jiar id. : d’un celt. *wei-ro-, dér. de la même rac. que 2 gwâz, gwéden et gwéa. V. ce mot, et cf. ags. wîr « fil de métal » > ag. wire (exactement « tressé »).

2 Gwâr, prép., variante primitive de wâr, et cf. 1 gour-.

Gward, s. m., garde. Empr. fr. ancien guarde, et cf. gortoz.

Gwarek, s. f., arc, arche : dér. de 1 gwâr.

Gwaremm, s. f., garenne. Empr. fr. altéré guarene.

Gwarigel, s. f., biais : dér. de gwar > 1 gwâr.

Gwarizi, s. f., jalousie, envie : difficile à ramener à gwâr. — Étym. inc.

Gwasa, adj., le pire (superl.). V. sous 4 gwâz.

Gwaska, vb., presser, opprimer, mbr. goascaff, cymr. gwasgu, vbr. guescim, vit. faiscim, ir. fâisg, g^el./àisg id. : soit un celt. *wak-s-ô, lat. vexàre, tous deux amplifiés de la forme de rac. plus simple que montrent sk. oah-a-te « il presse », visl. vegg-r, ag. wedge « coin à enfoncer » et al. wecke « pain en forme de coin », lit. oag-i-s « coin », etc.

Gwasked, s. m., abri contre le vent, vbr. pl. guascot-ou « abri contrôle soleil » d’où « fraîcheur, ombre » : soit un celt. *wo-skàt-, dont on trouvera le préf. sous *gw- et la rac. sous skeûd.

Gwasta, vb., gâter, cymr. gwastio. Empr. lat. vastàre.

Gwastaven, s. f., pellicule de crème : soit un celt. *tt ?o-sfo-men-, exactement « substance un peu ferme ». Cf. gwestad.

1 Gwâz, s. m., homme, corn. et vbr. guas, vir./oss « serviteur » gaul. vassos id. 1 : indiquent un celt. *wasso- pour *wos-to- ou*was-two- « ha-

[579] bitant la maison », dér. secondaire par rapport à sk. vas-tu « maison », comme gr. à<rz6< : « bourgeois » par rapport à /«<t-to > &<rco « ville ».

2 Gwâz, s. f., ruisseau : primitivement « veine » (cf. gwazen), corn. gwyth « veine », cymr. gwyth-en et gwyth-ien, vbr. guith-enn-ou pl. « les veines » : d’un celt. *wi-ttà « veine » altéré en br. (cf. lat. vitta <c bandelette ») dont la rac est sous gwâd, gwèdén et gwéa.

3 Gwâz, s. f., oie, corn. #u# > ^aidA > goydh, cymr. gwydd, vir. $réd, ir. géadh, gael. #êadA id. : soit un celt. *geg-dd, dont la première syllabe parait contenir une onomatopée assez répandue ; cf. br. gâk, kégin*, visl. gag-l « oie sauvage », mhal. gigzen « caqueter », lit. gag-àna-s.

4 Gwâz, adj., pire : primitivement « mauvais » ’ (cf. gwell), corn. gweth, cymr. gwaeth, vbr. guoheth-e dér. « infamie : d’un celt. *wak-to-, ppe passé d’une rac. à sens péjoratif accusée notamment par sk. vak-râ « de travers », vànc-a-ti « il gauchit », lat. vac-ill-àre, etc.

Gwazen, s. f., veine (d’eau, de métal). V. sous 2 gwâz et

1 Gwazien, s. f., veine (du corps). V. sous 2 gwâz.

2 Gwazien, s. f. f oie : singul. de 3 gwâz.

Gwé, s. m., gué. Empr. fr.

Gwéa, vb., tisser, tresser, tordre, mbr. gueaff, cymr. gweu, corn. guiat « toile », vbr. gueig « qui tisse » (cf. vir. figim. gael. ^ A « tisser »*) : soit un celt. *wegy-ô> cf. sk. vây-a-ii « il tisse », lat. vi-ëre « être flexible ». V. sous gwéden d’autres dér. de la rac. i.-e. WEI WI très répandue dans tout l’ensemble de la famille.

Gwéach, s. f., fois (aussi gwéz *), corn. gweth et gwyth, cymr. gwaith, vir. fecht « fois » et« voyage »• : d’un celt. *wek-ta « charroi », ppe passé

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[585] fm. de la rac. WEGH, sk. vàh-a-ti « il charrie », gr. ϝόχ-ο-ς ὄχος « chariot », lat. veh-ere et vec-tu-m « charrier », got. wig-s, ag. way et al. weg « chemin », lit. vèBz-ti et vsl. ves-ti « charrier », etc.

Gwéden, s. f., corde, lien d’osier, corn. gviden « cercle », cymr. gwden « lien », vir. féith « 6bre » (cf. gwdd), etc. : soit un celt. *wei-ti- « objet tordu », dér. de la rac. pure de gwéa, et cf. zd vaê-ti « saule », gr. ϝῑ-τέα ἰτέα id., lat vï-ti-s « vigne » (et vi-men « osier »), lit. vtf-ti-s « verge » et vjj-ti « tresser », vsl. vi-tï « objet tordu » et vi-ti « tresser », al. wei-de « saule », etc. V. sous gwéa et les similaires.

Gwéga (C.)> vb., mugir. Onomatopée peu distincte.

Gwégélen, s. f., petit houx :préf. *gw- et kélen.

1 Gwél, s. m., aspect : abstrait de gwélout. V. ce mot.

2 Gwél, s. f., voile, corn. guil, cymr. hwyl, vbr. huil. Empr. lat. vêla pl.

Gwéla, vb., pleurer, mbr. goelaff, corn. toole > oie, cymr. #w ?#/o > wylo id. Empr. germ., cf. visl. vaela, ag. weilen > fo « ?atï. — Conj.

Gwéladen, s. f., visite, examen : dér. de 1 gwél.

Gwélan, s. m., mouette, mbr. goelann (> fr. goéland), corn. guilan, cymr. gioylan, vbr. pl. guilann-ou, vir. foilenn, qui supposent un celt. *wail-anno- d’étym. entièrement inconnue 1.

Gwélaouen, s. f., variante corrompue de gélaouen*.

Gwélé, s. m., lit, corn. et vbr. gueli, cymr. gwely, d’un celt. *wo-leg-os « couche » : cf. le simple vir. lig-e « lit », gr. λέχ-ος, lat. (avec un autre suff.) lec-tus. V. le préf. sous *gw-, et la rac. sous 1 léac’h*.

1 Gwéled, s. m., aspect : dér. de 1 gwél.

2 Gwéled, s. m., fond, mbr. goelet, cymr. gwaelod id. : dér. secondaire par rapport à cymr. gwael « vil », celt. *wei-li-, cf. lat. vi-li-s « sans valeur », sans autre équivalent connu. Cf. aussi gwélézen.

Gwéléden (T.), s. f., jupe : dér. de 2 gwéled*.

Gwéléond, s. m., accouchement, cymr. gwely-fod-i « être en couche » :

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[589] soit les composés, cymr. gwely-bot, br. gwélé-bout > -vout > -oud « être au lit ». Cf. bout et gwélé.

Gwélévi (C), vb., briller : dér. de goulou

Gwélézen, s. f.. lie, cf. cymr. gwaelod id. : dér. de2 gwéled, mais phonétiquement identique au cymr. gwelyddyn, « dépôt, couche, tombe », qui se rattache à gwely = br. gwélè contamination probable de deux quasi-homophones dont le sens s’est confondu.

Gwélien, s. m., relavure.* pour gtoelc’hien, dér. de gwalc’hi.

Gwell, adj., meilleur : exactement « désirable, préférable », cymr. gwell, vbr. guell, celt. *wello- pour *wel-no- dér. de rac. WEL, « choisir, agréer, vouloir », sk. vr-na-ti, « il désire, il agrée », lat. vel-le, oel-i-m, vol-ô, etc. (gr. βόλ-ε-ται « il veut », βούλ-ο-μαι, βουλή, etc.), got. waila, ag. well et al. wohl « bien », got. wil-jau « je veux », ag. et al. will, etc. ; lit. vél-yti et vsl. oel-êti « vouloir » ; ajouter sk. vâr-a « choix », etc.

Gwélout, vb., voir : contient, avant la finale d’infinitif, la même rac. que gtoell, et signifie étyraologiquement « choisir »

Gweltré, s. f., grands ciseaux, mbr. guelteff, composé dont le premier terme est / gêvel*. V. ce mot et cf. gultan. L’initiale, toutefois, parait contaminée de lat. oell-ere « arracher » ou d’un mot celt. de même souche.

Gwén, adj., souple, insinuant, mbr. guezn id., cymr. gtoydn « tenace » : soit un dér. celt. *wi-t-no-, dont on trouvera la rac. sous gwéa.

Gwénaer, s. m., chasseur. Empr. lat. vënator.

Gwénanen, s. f., abeille, corn. guenenen, cymr. gwen-yn-en et gwen-yn (« la perceuse »). V. la rac. sous gtoân.

Gweùdré, s. m., goutte : dér. et altéré de gwefitr > gwehtl K.

GwénedfA^ m., Vannes, gaul. latinisé Veneti « les Vénètes » : nom ethnique qui paraît contenir la rac. WEN (sk. van-à-ti « il aime », vân-a « charme », lat. ven-us et Venus, al. wonne « joie », etc.), et signifier « les amis, les compatriotes ». Cf. 1 gwenn.

Gwéner, s. m., vendredi. Empr. lat. Veneris (diës).

Gwengoad, s. m., aubier. V. sous 2 gwenn et koat.

Gwengôlô, s. m., septembre, mbr. guenn-goloff, parce qu’après la mois-

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[593] son les toits de chaume nouvellement réparés ont des taches blanches sur leur fond sombre. V. sous 2 gioenn et kôlô.

1 Gwenn, s. f., race, germe, mbr. gouen, vir.jine, gaeL./îne, « tribu, parenté », et cf. vbr. co-guen-ou « indigène » : dér. possible de la même rac. que Gwéned, cf. visl. vin-r et ags. wine « ami », etc.

2 Gwenn, adj., blanc, corn. guyn, cymr- gwyn, yiv.find, ir. et gael. fionn, gaul. *oindo* dans Vindo-magus n. pr. « le champ blanc » et autres : soit un celt. *toind-o- qui aurait signifié « visible > brillant > blanc », et se rattacherait à la rac. WID. V. sous gouzout.

Gwennaen, s. f., verrue, mbr. guennhaenn, corn. et cymr. gwenan, ir. faine et faithne, gael./oi/me id. : se rattache peut-être, avec ags. wenn > ag. wen y à la rac. de gwân. V. ce mot.

Gwennek, s. m., merlan, sou : dér. de 2 gwenn. V. ce mot.

Gwennéli, s. f., hirondelle, corn. guennol, cymr. gwennol, vir. fannall, ir. âinl-eôg, gael. fainlreag et ainleag id. : d’un celt. *wann-ello- (d’où gaul. latinisé vannellus> fr. vanneau), qui semble un diminutif par rapport au lat. oannus, « van, éventail » (forme de la queue).

Gwennen (V.), s. f., taie sur l’œil : dér. de 2 gwenn.

Gwennik, s. m., saumon blanc : dér. de 2 gwenn.

Gwénôden, s. f., sentier : dér. probable de gwén[594].

Gweùt, s. m., vent, odeur, corn. guins > gwyns, cymr. gwynt. Empr. lat. ventus. De là aussi le vb. gwenia « vanner ».

Gweṅterc’hen, s. f., grand millepertuis. V. sous gweṅt et derc’hel (l’administrait-on d’aventure pour faire passer les vents ?).

Gweṅtl, s. m., variante de gweṅtr. V. ce mot.

Gwentlé, s. f., variante de gweltré. V. ce mot.

Gwentr, s. m., coliques, maux de nerfs, douleurs de l’enfantement. Empr. lat. venter (par extension et euphémisme).

Gwéùvi, vb., se faner, se rechigner : dérivation, en prononciation rapide, de mbr. goua(nffm hiver ». V. sous goaû, mais cf. gwèvi.

Gwenvidik, adj., heureux, mbr. guennuidic, syncopé pour *guenn-ved-edic = cymr. gwyn-fyd-edig dér. de gwyn-fyd « bonheur », exactement « univers blanc, brillant », métaphore pour « vie prospère, destinée heureuse » ; cf. cymr. gwyn ei fyd (littéralement « heureux son monde ») « heureux celui » [qui]. V. sous 2 gwenn et béd.

1 Gwér, s. m., du verre, mbr. guezr t corn. gweder, cymr. gwydr. Empr. lat. vitrum, et cf. le singulatif gwéren.

2 Gwér, adj., vert-clair, mbr. guezr, corn. guirt> gwyrdh, cymr. guird > gwyrdd. Empr. bas-lat. viridis^virdis* > fr. perd.

Gwerbl, s. f., bubon. Empr. bas-lat. verbera « coups et les enflures qui en résultent », pl. nt. pris pour un sg. fm. — Conj.

Gwéré, s. f., échauguette, guérite : dér. du même radical empr. germ. *war- « garder » d’où nous vient aussi fr. guérite. Cf. gortoz.

Gwérélaouen, s. f., l’étoile du matin, mbr. guerelouann (aussi berleuenn V.), corn. byrluan : composé de deux termes, dont le premier est le même que cymr. gwawr, vir. fâir et gael. fàir « aurore » : soit un celt. *wàs-ri-, de rac. WAS( ?) « briller », sk. u$-âs « aurore », gr. *âo<r-<fe- > i^ùç > toc, lat. aur-ôr-a, lit. adsz-ta « le jour point », al. Os-t « l’Orient », etc. ; le second n’est guère identifiable, cf. pourtant* ? laouen.

Gwéren, s. f., verre à boire : dér. de 1 gwér.

Gwerc’h, gwerc’hez, s. f., vierge, jeune fille, cf. cymr. gwyryf. Empr. lat. et dér. d’empr. lat. virgô.

Gwern, s. f., aune 1, aunaie, corn. gtoernen, cymr. gwern, vir. fern et fem-og, ir. fearn et fearn-àg, gael. feàrn-a, gaul. *oernos dans Vernodubrum « Verdouble »’ et autres n. pr. : soit un celt. *werno-. isolé.

Gwers, gwerz, s. f., vers, poème, légende versifiée ; cf. cymr. gwers, « tour, leçon ». Empr. lat. versus. V. sous gouers.

Gwerz, s. f., vente (et vb. gwerz-a « vendre »), corn. *gwerth « valeur », d’où gwerth-e (v vendre » et gordh-y « estimer », cymr. gwerth « prix » et gwerth-u « vendre » : soit un celt. *werto- « valeur, qui a de la valeur », lequel se retrouve dans toute la famille germanique (got. wairth-s, ag. worth, al. wert), mais manque de répondants ailleurs.

Gwerzid, s. f., fuseau, mbr. guerzit, corn. gurthit, cymr. gwerthydd, vbr. guirt-it-ou pl. : soit un celt. *wert-ito-, ppe passé de la rac. WERT « tourner », sk. vàrt-a-te « il se tourne » et vart-util « fuseau », lat. vert-ere, vert-i « se tourner > se changer », vert-ex, vort-ex, etc., got. tcairth-an « devenir » (cf. lat. vertî) et al. werd-en, lit. vèrs-ti et vsl. vrût-êti « faire tourner », vsl. vrèt-eno « fuseau », etc., etc.

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Gwesken, s. f., mors : soit « qui scie en dessous » ou « légèrement » [la bouche du cheval]. V. sous *gw- et heskenn. — Conj.

Gwesklé, s. f M grenouille. V. sous glesfcer. — Étym. inc.

Gwespéden, s. f., guêpe : formation fort complexe, singulatif en -en d’un pl.en -et tiré d’un sg. *gwesp. Empr. lat. oespa.

Gwestad, adv., variante àegoustad. V. ce mot.

Gwéstl, s. m., gage, mbr. goestl, corn. guistel « otage » et gustl-e « promettre », cymr. gwystl, « gage, otage », vir. giall, ir. et gael. giall id., gaul. *geÎstlos dans Cogestlus n. pr. : d’un celt. *geis-tlo-, dont larac. n’est pas connue, mais qui se retrouve dans tout le germanique (vhal. gïsal > al. geisel), empr. probable de celui-ci au celtique.

Gwév, s. m., variante de gwé, à cause du pl. gwéou prononcé aussi gwévou.

Gwévi, vb., variante dénasalisée de gwéiwi. V. ce mot. Toutefois le cymr. gwyw « fané » impliquerait que les deux formes sont primitivement distinctes ou que la nasale de gwèiwi est épenthétique.

Gwéz, adj., sauvage, mbr. guez ou goez, corn. guit, cymr. gwydd, vir. fiad « gibier » e%fiad-ach « chasse », ir. et gael. fladh « gibier » : d’un celt. *weid-o-, que reproduit identiquement le germanique (al. weid-e « terrain de chasse > pâturage ») et qui sans doute se rattache à la même rac. que le suivant.

Gwézen, s. f., arbre, mbr. guez-enn (singul. de guez), corn. guid-en, cymr. guid > gwydd etgwydd-en, vif.Jid, ir. et gael.fiodh, gaul. *o*’da-sdans vidubium (cf. gouzijiad), Vidu-casses « Vieux » et autres n. pr. : d’un celt. *wid-u- « bois », qui ne se retrouve qu’en germanique, notamment ags. wud-u > ag. voood, vhal. wit-u. Cf. le précédent.

Gwézout, vb., variante de gouzout. V. ce mot.

Gwiaden, s. f., pièce de toile, corn. guiat : dér. de gwéa. V. ce mot.

Gwialen, s. f., verge, gaule, cymr. gwialen id. : contamination de gwalen et d’une dérivation de gwéa « fléchir ». V. ces mots.

Gwiber, s. m., écureuil (aussi gwinver V.), mbr. guinfher, cymr. gwiwer, ir.feor-àg, gael. febr-ag id. : ne se retrouve qu’en baltique (lit. voverè) et en lat. (viverra « furet »). Cf. Ernault, Mém. Soc. Ling., XI, p. 103.

Gwiblen, s. f., girouette. — Empr. certain, provenance inc. 1.

Gwîk, s.f., bourg, corn. gwic, cymr. gwig. Empr. lat. vîcus.

[598]

Gwidila, vb., serpenter : dér. secondaire. Cf. gwéden.

Gwidoroc’h, adj., cadet : semble une dérivation de comparatif, d’ailleurs irrégulière, par rapport à goudé. V. ce mot.

Gwidré, s. m., ruse : dér. secondaire. Cf. gwidila.

Gwifi, s. m., chevron, solive (aussi gtoior-ajenV.). Emprunt très probable, mais difficile à préciser : cf. gwiblen et kébr.

Gwigour, s. f., bruit de gond ou d’essieu : se rattache à

Gwic’h, s. m., vagissement, cymr. gwich « cri », gwichio « crier ». Onomatopée du même type que ag. to squeaka piailler ».

1 Gwil (V.), s. m., variante dialectale de g oeil, et cf. biouil.

2 Gwil (V.), s. m., variante dialectale de goéL V. ce mot.

Gwîl, s. m., larron de nuit, cf. mbr. gouilh, cymr. gwill « vagabond », corn, gwilleiio « mendiant ». — Étym. inc. 1.

Gwiler, s. f., place publique. Empr. bas-lat. villâre.

1 Gwilc’ha, vb., faucher, mbr. guilchat (avec ch et non c’A) ; cf. vbr. guiltiat « tonsure » (d’où changement régulier de t + y en. ch), dont la syllabe radicale parait être la même que celle du lat. oellô < *oelnô « j’arrache », également isolé. V. sous gweliré.

2 Gwilc’ha, vb., cligner, bigler : dérivation péjorative 1 sur le radical de gwèl-out. V. ce mot.

Gwiliondi, vb., accoucher : dér. iegwéléoud.

Gwiméled, s. f., vrille. Empr. fr. ancien gimbelet.

Gwimm, s. m., regain. Empr. fr. ancien guaïm, qui est le second terme de re-gain, et cf. fr. pré guimaud « pré à regain ».

Gwin, s. m., vin, corn. et cymr. gwin, vir. fin, ir. fion, gael. /ton. Empr. lat. vïnum, qui a passé aussi en germanique.

Gwiùka, vb., ruer, cf. ag. to wince. Empr. fr. ancien guenchir, etc., qui lui-même est d’origine germanique.

Gwiûed, s. f., sarcloir : dér. de gtoini-en (serpette à vigne ?).

GwifLen, s. f., aubier : dér. de 2 gwenn. Cf. gwengoad.

Gwinien, s. f., vigne. Empr. lat. vinea, ou fr. vigne.

Gwiniz, s. m., froment (aussi guinic’h et guneh V., qui montrent que la finale n’a rien de commun avec èd) : le cymr, gwen-ith « froment » paraît

[599]

[600] signifier étymologiquement « beau grain », mais la provenance du second terme est obscure ; pour le premier, cf. Gwéned.

Gwinta, vb., lever, s’élever. Empr. fr. guinder[601].

Gwinval, vb., bouger : variante de finval. V. ce mot[602].

Gwiou, adj., gai, mbr. guyou, corn. gwyw, cymr. gwiw, « digne, capable, bon », etc., vbr. uuiu ( ?), ir. fia, gael.^îà, gaul. *visu-s dans Visu-rix n. pr. « bon roi » : soit un celt. *wis-u- « bon », cf. gr. *ϝισ-ϝο-ς (*wis-wo-s) ἴσσος (issos) ἴσος (isos) « égal », cf. sk. vâsu et zd vohu, etc. — Rapprochements inconciliables[603].

Gwipad (C), s. m., petit-lait, mbr. guypat, ct. cymr. chwig etags. hwaeg {ae long) ag. whey id. Empr. ags. ?[604]

Gwîr, adj., vrai, cymr. gwir, vbr. guir, vir.//r, ir. fior, gael. yior, gaul. *co-céro-s « fidèle » dans Dumno-covëros n. pr. : d’un celt. *wër-o- « vrai » (rac. douteuse), lat. vërus, got. tuz-wër-jan « douter » et al. wahr « vrai », vsl. vèra « foi », etc.

Gwiri, vb., chauffer, ppe goret. V. sous 1 gôr et gwiridik.

Gwiridik, adj., sensible, douillet : dér. de gôri gwiri, « former abcès » et par suite « devenir douloureux ». V. sous 2 gôr et gwiri.

Gwisk, s. m., vêtement, corn. guise, cymr. gtoisg (et gwisg-o « vêtir ») : d’un celt. *wë&-ki- t presque identique à lat. ves-tis, tous deux dér. de rac. WES, sk. vàs-te « il se vêt » et oâs-tra « vêtement », gr. *ϝές-νῡ-μι (*wes-nu-mi) ἕννῡμι (hennûmi) « je revêts » et ἐσ-θής (es-thês) « habit », got. was-janet was-ti id., etc.

Gwispér (V.), s. m., variante altérée[605] de mespér.

Gwitibunan, tous tant qu’ils sont, corn. cetep-onon id. : semble profondément altéré pour une locution ket-heb-unan, soit « ensemble y compris un ». V. ces trois mots et observer le sens archaïque de hép.

Gwitod (V.), s. m., petit-lait. V. sous gwipad.

Gwivoud. s. m., chèvrefeuille : variante usuelle de gwéz-voud, mbr. guezuout, cymr. gwydd-fid id. ; le mot paraît signifier « buisson sauvage ». V. sous gwèz et bôd, et cf. bézvoud.

Gwîz., s. f., truie (aussi gwèz, pl. gwizi) t mbr. gués, corn. guis, vir. feis id. : d’un celt. *wessi- « âgé d’un an », cf. sk. vat-sà et lat. oit-ulu-s « veau », got. with-ru-s « agneau », ag. wether et al. widder « bélier », tous issus d’un i.-e. *wet-es-, « temps, année », cf. gr. ϝέτος ἔτος « an », lat. vetus « vieux » 1. Cf. aussi blougorn.


H

Ha, et, variante de hag devant consonne.

Habask, adj., doux, d’humeur accommodante : pour *he-bask « facile à nourrir » (un animal). V. sous hé- et paska, et cf. burzud.

Hak, s. m., hoquet, cf. gael. agadh « bégaiement ». Onomatopée.

Hakr, adj., variante dea/rr. V. ce mot 1.

Hâd, s. m., semence (et hada vb.), mbr. hat et had-qff » semer », cymr. had et had-u, corn. has id. : d’un celt. *sa-tO’ « semé » = lat. sa-tu-s ppe passé derac. SE, sk. sasyà et zàhahya « blé », lat. së-men, etc., got. sai-an « semer », ag. to sow et al. sâ-en, ag. see-d et al. saa-t « semence »» vir. «/-/«semence » et cymr. ht-l « postérité », vsl. sè-ti « semer », etc. Cf. aussi hoal, 2 héd, heiz et dihia.

Hag, et, corn. hag et Aa,cymr. ac et a, cf. vir. ac, acus, ocus, etc. : exactement « en outre, en ajoutant », d’une rac. qui signifie « proche, approchant, s’ajoutant à», corn. ogosu près », cymr. agos « voisin », vir. acus et ocus id., uc et oc « près » cf. gr. ἀγχ-ὶ et ἐγγ-ύ-ς « proche », sk. (rac.) aç et naç « atteindre ». Cf. ha, hôgen, hôgoz et eûk. — Rapports indécis.

Hal, s. m., pour hait), variante de halo.

Hajébod, hajévod, s. m., gueux, vagabond, mbr. hailhebod. Empr. fr. ancien hallebot-eur, « grappilleur, vagabond ».

Halek, s. m., saule (sg. haleg-en), corn. heligen, cymr. helygen, vir. sait (gén. sailech), ir. saileàg, gael. seileach id : d’un celt. *s&l-ik- identique au lat. salix, gr. ἐλίϰη (arcad.), ag. sall-ow, al. sal-weide.

[606]

[607]

Halô, s. m., salive, cymr. haliw, vir. saile, ir. seile, gael. sile id. : supposent un celt. *sal-iwo-, presque identique au lat. saliva, sans autre équivalent connu, mais très probablement dér. du même radical que holen (en tant que liquide salé). V. ce mot.

Han, s. m., variante de hanv. V. ce mot.

Hanaf, s. f., coupe, jatte, etc. Empr. fr. ancien hanap.

1 Hanô, adv., variante aspirée de anô.

2 Hanô, s. m., nom (aussi hanv), mbr. hanff et hanu, cymr. enw, vbr. anu, vir., ir. et gael. ainm id. : d’un celt. *an-men-, gr. ὄνο-μα, vsl. imç, et cf. sk. na-ma, lat. nô-men, got. na-mô, ag. name et al. name « nom »[608].

Hanter, s. m., moitié, corn. hanter, cymr. hanther > hanner id. : soit un celt. *san-tero- < i.-e. *sni-tero- « l’autre » (en ne parlant que de deux), gr. dialectal ἅ-τερο-ς ἕτερος[609] ; le celt. probablement influencé dans sa signification par un autre celt. *sëmi-iero- « demi », dér. de l’i.-e. *$ëmi-, sk. sdmi-, gr. ἡμι- et ἥμισυς, lat. sëmi- « demi », etc.

Hanv, s. m., été, mbr. haff, corn. et cymr. haf s vir. sam (d’où le composé sam-rad > ir. et gael. samhradh « été ») : d’un celt. *sam-o-, sk. sàm-à « année », zd ham-a « en été », visl. sum-ar, ags. sum-or > ag. summer, vhal. sum-ar > al. sommer[610]. Cf. gr. ἡμ-έρᾱ « jour ».

Hanv, s. m., nom. V. sous 2 hanô.

Haùvesken, s. f., vache stérile : exactement « [vache] qui n’a pas produit de l’année » [611]. V. sous hanv et 2 hesk.

Haô, adj., variante de aô. V. ce mot.

Hardiz, adj., hardi, violent. Empr. fr. ancien hardiz (cas-sujet).

Harlua, vb., bannir, chasser, mbr. harluaff> avec fausse aspiration pour vbr. ar-lu « il a empêché », cymr. arluo « arrêter » : dér. de préf. ar-, et d’un mot *lu « force armée » conservé partout ailleurs qu’en br. ; corn. lu et cymr. llu, vir. sluag « armée », ir. et gael. sluagh « gens », celt. *sloug-o- attesté en outre par le gaul. Catu-slôgï n. pr. (les gens de guerre) et le n. pr. br. Ker-lu. Cf. aussi vsl. slug-a « serviteur ».

Harnez, s. m., ferraille, harnais : contamination de l’empr. fr. harnais (venu du celt.) avec une dérivation de houarn. V. ce mot.

Harp, s. m., appui, soutien. Empr. fr. ancien harper « empoigner », avec contamination possible du sens du mot suivant.

1 Harz, s. m., arrêt, obstacle, borne, et cf. harz (V.) : dans l’hypothèse, d’ailleurs peu probable, où ce dernier serait emprunté à un autre dialecte breton, on pourrait songer à un type de ppe passé celt. *sar-to- y de même origine que le vb. lat. ser-ô « j’entrelace », qu’on trouvera sous kèfret.

2 Harz, aboiement (et harzal « aboyer »), mbr. harzaff, avec une fausse aspiration pour vbr. arton et cymr. arthal id. : plus anciennement sans doute « grogner à la façon d’un ours », cf. cymr. arth et vir. art « ours », sk. fk$a, gr. ἄρϰτος, lat. ursus. V. la note sous déach.

3 Harz, adv., proche (cf. s. m. pl. harzou « limites ») : identique à 1 harz « faisant obstacle > heurtant contre > jouxtant ».

Hast, s. m., empressement. Empr. fr. ancien haste.

Havrek, s. m., guéret. Le mot ressemble, mais de bien loin, au bas-lat. *warectum (du germanique), d’où vient aussi fr. guéret.

1 Hé, pronom de 3e pers. du sg., sujet ou complément (aussi heh et hen)[612], mbr. çff, corn. ef > e, cymr. em> ef> d’un démonstratif celt. *emoidentique au sk. àma « celui-ci » ; aspiration surajoutée en br.

2 Hé, son, sa : correspond à deux anciens génitifs du thème indiqué sous 1 a, l’un msc. (sk. anya « de lui »), l’autre fm. (sk. asyàs « d’elle »), ce qui explique que hé « de lui » exige mutation douce et hé « d’elle » mutation forte ; cf. cymr. clust « oreille », ei glust « l’oreille de lui » et et chlust « l’oreille d’elle » ; avec aspiration surajoutée en br.

Hé-, particule préfixée avec le sens du gr. εὐ- « bien », corn. he-, cymr. hy-, vir. su-, gaul. su- [613], sk. su- (et isolément sa « bien »), zd. Au-. Cf. habask et qquns des mots suivants.

1 Héal, adj., cordial, généreux, mbr. et cymr. hael, vbr. hael- (dans un n. pr.) : suppose un celt. *sag-lo-, homologue de *sag-ro- « fort » qu’on trouvera sous (éar, et dér. comme lui de la rac. SEGH qu’on trouvera sous le suivant : cf. sk. sàh-a-te « il est victorieux » et sâhas « force triomphante », celt. *seg-o-, « fort, vainqueur », attesté par le gaul. Sego- en tête de divers noms propres, got. sig-is, visl. sigr et al. sieg « victoire », etc. V. d’autres répondants sous 2 héal.

2 Héal, s. f., fourche de la charrue (par où on la tient), mbr. haezl, cymr. haeddel, d’un celt. *sag-e-dla = gr. ἐχ-έ-τλη, « manche, poignée » : tous deux dér. de rac. SEGH « tenir ferme », gr. *ἔχ-ω ἔχω « j’ai », cf. l’esprit rude de ἕξω et le σ de ἔ-σχ-ε « il eut » ; autres dérivés sous 1 héal.

Hék, s. m., irritation, chicane, mbr. hec « odieux ». — Étym. inc, mais les mots fr. chicane, agacer, etc., ne sont pas plus clairs[614].

1 Héd, s. m., longueur, mbr. het, corn. hès, cymr. hyd « longueur » et « jusqu’à » (cf. bété), vir. sith « long » (préf. intensif), ir. et gael. sith, « marche vers, assaut » : d’un celt. *se-ti" de même rac. que br. hîr.

2 Héd, s. m., essaim, mbr. het, cymr. haid, vir. saithe id. : d’un celt. *satyà « génération » (cf. lat. sa-tiô « ensemencement »), dont on trouvera la rac. sous hàd mais avec changement de genre en br.

Hégar, hégarad, adj., affable, affectueux, corn. hegar, cymr. hygar, gaul. n. pr. Su-car-ios. V. sous Aë-et kâr.

Hégin, s. m., variante aspirée de égin, V. ce mot.

Hégléô : adj., sonore, clair ; s. m., écho[615] : cymr. hy’glyw(&d).) < celt. *suklew-o-, « qu’on entend bien, facile à entendre ». V. le préf. sous hé- et la rac. sous klévout.

Heiz, s. m., orge, cymr. haidd, gaul. probable sasia « seigle » (asia après un s dans Pline) : d’un celt. *sa-syo-, sk. sasyà et zd hahya « céréale », qui peut-être se rattache à la même rac. que hâd. V. ce mot.

Heizez, s. f., biche, cymr. hydd-es fm. de hydd « cerf ». Empr. germanique probable, et vraisemblablement très ancien : cf. ags. hind > ag. hind, al. hinde > hind-in « biche ».

Héja, vb., secouer, mbr. hegaff[616]. Empr. fr. hocher.

Hélavar, adj., éloquent, affable, vbr. helabar : préf. hé- et lavar.

Hélédan, s. m., grand plantain, corn. enlidan, cymr. henllydan (y ffordd) id. : pour hèd-lédan[617]. V. ces mots.

Helluz, adj., possible : dér. de gall-oud. V.ce mot[618].

Helmoï, vb., s’accouder : dér. et altéré d’un emprunt germanique (ags. ?) au moins très probable, cf. ag. elbow « coude ».

Hémolc’hi, vb., chasser. V. sous émol&h.

Hen, adj., vieux[619], corn. et cymr. hen > hên, vir. sen y ir. et gael. sean, gaul. Seno- en tète de divers noms propres : d’un celt. *sen-o- dont le comparatif est lat. sen-ior, cf. sk. sâna « âgé » et sanàd « depuis longtemps », gr. ἕνος, lat. s en-ex, got. sin-ista superlatif, germ. latinisé siniscalcus « le doyen des domestiques » (> fr. sénéchal), lit. sénas, etc.

Héna, adj., aîné, mbr. henqff, superlatif de hen.

Hénôz, adv., ce soir. V. sous 1 hé et nôz.

Heṅt, s. m., chemin, mbr. hent, corn. /uns, cymr. hynt, vbr. hint « chemin », vïr.sét, it.saod et seud, gael. saod « voyage » : d’un celt. *sento-[620], qui ne se retrouve qu’en germanique, got. sinth-s « chemin », vhal. sind (disparu, mais cf. al. ge-sin-de « cortège » et sen-den « envoyer », etc.).

Heṅted, s. m., allonge : pour hét-ed, avec nasalisation illégitime, peut-être empruntée à astenn. V. ce mot et 1 héd.

Heṅtez, s. m., le prochain : comme qui dirait collectivement « ce qu’on rencontre sur son chemin » ou mieux encore « l’ensemble des compagnons de route », dér. de heṅt mais cf. heṅti.

Heṅti, vb., fréquenter ; contamination del’empr. fr. hanter par le br. heṅt.

Henvel, vb., nommer : dér. de hanv > hanô.

Héol, s. m., soleil, mbr. heaul, corn. heuul > houl, cymr. haul > fieul-, vir. suit « œil », gael. sùil id. : d’un celt. *sàwali- et *«û/i- « soleil », cf. sk. surya, gr. *σᾱϝελιος ἡέλιος ἥλιος, lat. sôl t got. *aiuï (ag. sun, al. sonne dérivés secondaires), lit. saâlè, etc.

Héôr, s. m., variante aspirée de éôr. V. ce mot.

Hép, prép., sans, corn. heb, cymr. heb 9 « sans, outre », heib-io, « outre, excepté », vbr. hep « sans », vir. sech, ir. et gael. seach « outre » : d’un celt. *seq-os, à peu près identique au lat. sec-us « en moins » et au sk. sâc-â « avec »[621] ; la rac. est SEQ « suivre », sk. sàc-a-te, gr. ἕπ-ε-ται et lat. sequ-i-tur « il suit », got. saihw-an, ag. to see étal, seh-en « voir ».

1 Her, s. m., héritier. V. sous 2 aer.

2 Her, adj., hardi, insolent, mbr. hezr, cymr. hydr, vbr. hiir, vir. sethar « fort » : d’un celt. *set-ro-, qui n’a nulle part d’équivalent certain (vsl. chot-èti « vouloir » peut à peine s’y rattacher).

Herbercli, s. f., hospitalité, abri. Empr. fr. ancien herberge (lui-même empr. germ.),d’où fr. héberger et auberge.

Héré, s. m., octobre, mbr. mizhezreff, corn. mis hedra, cymr. mis hydref, exactement « mois [de fin] de l’automne » ? : le nom de l’automne serait dér. de hezr = hydr (sous 2 her), comme qui dirait « la saison puissante de la fécondité », ainsi qu’en lat. au(c)(umnus par rapport à augëre.

1 Hérez, s. f., héritière : dér. de 1 her.

2 Hérez, s. f., variante de érez. V. ce mot.

Herlégon, s. m., aigrette (héron blanc). Empr. bas-lat. altéré *hagirône m (d’origine germanique), d’où viennent aussi les deux mots français.

Herr, s. m. (d’où herruz « fougueux »), variante de err.

Hervez, prép., selon (aussi ercez), cymr. herwydd, « à cause de, selon, parmi », corn. yn aga hericydh « en leur compagnie » : pour *ar-wez « en la forme, la manière, la présence de », cf. mbr. goez « forme * et cymr. gwydd « présence ». V. sous ar- et ac’houéz.

1 Hesk, s. m., glaïeul ou roseau à feuilles coupantes, corn. he&chen, cymr. hesg « jonc », vir. *aesc dans le dér. sesc-enn <c marécage » [roselière, cf. ir. seisgeann et gael. seasgann), ir. seing « jonc » : soit un celt. *seskà> qui peut être une forme de réduplication tirée de la même rac. que lat. secàre « couper » ;cf. aussi ag. sedge <( jonc ». V. sous heskenn.

2 Hesk, adj., stérile, tari : contamination, parle fr.sec, du br. régulier hesp. V. ce mot. Ou alternance de gutturale et vélaire dans lesuff. (-ko- : -qo-ft

Hesked, s. m., abcès qui ne suppure pas : dér. de 2 hesk.

Heskémen, s. f., chantier. Empr. fr. ancien eschamel « billot », du lat. scamellum. Cf. eskammed et aussi cymr. eagemydd « banc ».

Heskenn, s. f., scie : soit un celt. *sesk-innd ou ^aek-sk-innd, dér. d’un type pareil à 1 hesk. V. ce mot et surtout lat. aec-àre.

Heskina, vb., agacer, mbr. hemquinaJFu railler ». Empr. fr. ancien eschiner (en prononciation normande) « échiner »

Hesp, adj., stérile, cymr. hysp, vir. sesc, ir. et gael. seang id. : d’un celt.

[622]

*sisqo- « sec », zd hixku, gr. ἰσχ-νό-ς « maigre », lat. siccus « *sit-go-s, cf. sit-i-s « soif »), etc. ; équivalences approximatives.

Héta, vb., souhaiter, plaire. Empr. fr. ancien haitieru plaire », qui est le second terme de sou-haiier, et cf. la locution de bon hait « de bon cœur » encore usitée dans la langue de la Bretagne française.

Heûd (C), s. m., entrave, embarras (aussi hod V.) : abstrait d’empr. fr. ancien heuder « fixer », qui est d’origine germanique.

Heûg, s. m., répugnance, aversion ; cf. mbr. heugui et heugal « roter », cymr. cyf-ogi « vomir ». Onomatopée.

Heûl, s. m., action de suivre, suite, trace, corn., cymr. et vbr. ol id. : avec chute ou métathèse d’une aspiration devenue finale, pour *olch < celi. *olg-o- < *poly-o- t qui n’a de répondant possible qu’en germanique 1, ag. iofoll-ow, d.folg-en « suivre ».

Heut (V.), adj., maladroit : paraît abstrait et altéré du mbr. heurtaff « s’aheurter ». Empr. fr. heurter cl cf. horz.

1 Heûz, s. m., botte, guêtre. Empr. fr. ancien heuse.

2 Heûz, s. m., variante de 2 eût. V. ce mot.

Hével, adj., semblable (dénasalisé pour henvel), mbr. et corn. haoal, cymr. ha/al, vbr. -hemelet amal, vir. samail « image » et samlith « ensemble », ir. et gael. samhail « pareil », etc. : d’un celt. *sam-ali-, à peu près identique à gr. ὁμ-αλό-ς « égal » et lat. sim-ili-s, tous dér. d’une rac. SE M « un » (cf. hanter), sk. sam-â « égal. », gr. ἅμ-α et ὅμ-ου « ensemble », lat. sim-ul, Sig.same « même », al. sam-t « ensemble », etc.

Hévélep, adj., pareil, conforme : pour *kéoélep i, que semble attester cymr. ctjffeltjb « semblable » à décomposer en *kev-he-lep « [faisant] bonne iigure avec » ; la rac. est LIQ, « forme, corps, apparence » (cf. disléber), surtout développée en germanique, al. leich-e « cadavre », got. ga-leiks « de même forme > égal > semblable », ags. g elle > ag. alike > like et al. gleich. V. les préf. sous *ke- et hé-,

Hévléné, adv., cette année (aussi hélénéC), cymr. eleni id. : pour *enoléné « dans l’annuel », le premier terme étant 1 en, et le second une sorte

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d’adj. (soit celt. *bleinyo- pour *bleid-n-yo-) dér. du radical d’où est issu bloaz. V. ces mots, et cf. Une et warléné.

Hi, elle : soit une forme primitive ** ?, fm. du démonstratif *&yo- > sk. syâ, etc., auquel se rattachent également les formes féminines ag. she et al. sie. (Ici l’aspirée est étymologique ; cf. hé.)

Hibil, s. m., variante de ibil V. ce mot.

Hiboud, s. m., murmure, délation : pour ibout < imbout, abstrait de l’empr. fr. imputer « dénoncer » — Ern.

Hîk, s. m., hoquet, cf. ag. hiccough. Onomatopée.

Higen, s. f., hameçon, mbr. iguenn, corn. hyc, cymr. kig et hig-ell id. : parait emprunté (avec ë devenu régulièrement celt. î) à un germ. très ancien *hëga > vhal. hàgo > al. haken « croc », cf. ag. hook.

Higolen, s. f., pierre à aiguiser, mbr. hygoulen, corn. ancien ocoluin, cymr. ogalen et hogalen id. : soit un celt. *ak-ulènà dér. de rac. AK, cf. gaul. ac-aunu-m « pierre » et cymr. hog-i « aiguiser ». V. sous ék.

Hili, s. m., saumure (aussi héli), cymr. heli id. : soit un celt. dér. ^sal-ïn-, issu de la même rac. que holen ; cf. le dér. lat. salïnae pl.

Hiliber, s. m., corme, sorbe : composé de pér, et de mbr. illy « sorbier », d’origine inconnue, mais qui se laisse vaguement rapprocher de hirin et iliô (ce sont tous noms de plantes à baies).

Hillik, s. m., chatouillement : abstrait d’un empr. bas-lat. (avec chute de l’initiale comme dans inam et autres) *tillicàre, écourté de *titillicàre, fréquentatif de titillàre « chatouiller ». — Conj. Ern.

Hinkané, s. m. f., cheval ou jument qui va l’amble. Empr. fr. ancien altéré haguenée, qui a le même sens.

Hiàkin, s. m., pointe du fuseau, chandelle de glace : dér. de ehk avec fausse aspiration (extrémités effilées et longues). V. ce mot.

Hincha, vb., montrer le chemin : dér. de heAt*.

Hini, celui, celle, cymr. hyny, démonstratif secondairement dér. du même radical que ann. V. ce mot et cf. hoàt.

Hinnôa, vb., braire. Empr. lat. hinnïre « hennir ».

Hiùviz, s. f., variante plus ancienne de hioiz.

Ettr, adj., long, corn. et vbr. hir, cymr. hir, vir. sir, ir. sior, gael. sïor id. :

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[626] d’un celt. *së-ro- identique au lat sè-ru-s « tardif » (cf. sk. sâyâ « soir ») et dér. comme lui d’une rac. SE, « étendre, allonger », vir. si-n-im et gael. sin « étendre », vir. is-sius « en longueur », mhal. seine « tout doucement », ag. sith, sin et since « depuis ». V. aussi 1 héd.

Hirin, s. m., prunelle, mbr. irin, cymr. eirinen, vir. aime : soit un celt. *arinio-, cf. sk. arâni « le tourniquet à faire du feu » ’.

Hirlô, adv., aujourd’hui, mbr. hiziu, cymr. heddyw* d’un celt. *se-diic-os = sk. sadio-as « aussitôt » : le premier terme est le démonstratif qu’on trouvera sous ann, et le second la rac. du mot deiz. V. ces mots*.

Hiron, adj., métis. Empr. fr. Hvron*. — Conj.

Hirr, adj., variante de hîr (doù hirraat, hirruz, etc.).

Hirvin, s. m., variante de ircin. V. ce mot.

Hirvoud, s. m., sanglot. V. sous /itr et boud.

Histr, s. m., huître, mbr. et corn. estren, vir. oatrin. Empr. lat. altéré ostreum >> ostrea > *ostria (cf. le fr.).

Hiviz, s. f., chemise de femme, mbr. hincis, corn. heois. cymr. hefys. Empr. germ. très ancien *hamîthya- « chemise » (> al. hemd), d’où vient aussi bas-lat. camisia. Cf. la variante kamps.

Hiviziken, adv., désormais : exactement « d’ici à jamais », cf. 1 hé et birciken (et similaires).

1 Hô, votre : procède d’une ancienne forme de génitif de c’houi.

2 Hô, leur : procède d’une ancienne forme de génitif pl. du démonstratif indiqué sous 2 hé (sk. gén. esâm « d’eux »).

Hoal, s. m., âge, mbr. hoazl, cymr. hoedl, vbr. hoetl- (dans un n. pr.) : d’un celt. "sai-tlo-, de formation parallèle à celle du lat. sae-clo-m >* saeculum « génération », et relevant comme lui de rac SE e semer », qui devait avoir une forme secondaire SÉi SAi. V. sous hâd.

Hoala, vb., attirer, capter, mbr. hoalat, dér. d’un mot perdu *c’hoel « tour », cymr. chwel et chicyl, vir. sel et bel « action de faire tourner » : supposent une rac. SWEL, « tourner, agiter », gr. σάλ-ο-ς « houle », lat. sal-u-m « mer », ag. to stvell et al. schwellen a se gonfler », etc. En bois très dur, comme l’est aussi celui du prunellier. Le rapprochement avec cymr. ai en « rein >» f pl. eh in) = vir. dru (al. niere << rognon », corps dur et ovale) est intéressant, mais bien problématique.

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Hôgan, s. m., fruit de l’aubépine ou de l’églantier : soit un celt. *ak-aunoépineux », corrompu en *aukano-. V. la rac. sous higolen.

1 Hôgen, s. f., ramas : exactement « fait de rapprocher, addition ». V. sous hag la racine et les autres répondants celtiques.

2 Hôgen, mais, vbr. hacen « et cependant », etc. : identique au précédent et, comme sens, à la locution française « au surplus ».

Hôgoz, adv., presque : exactement « en approchant de », dér. du même radical que hôgen et hag. V. ces mots.

Hoclia, vb., grogner : dér. de houe h. V. ce mot.

Holen, s. m., sel, corn. haloin, cymr. halen, vir., ir. et gael. salann id. : d’un celt. *sal-ëno- ou *. ?aZ-a/i/io-, dér. de l’i.-e. *sal-, gr. à’X-ç, lat. sàl, ag. sal-t, al. saZ-z, vsl. sol-ï. V. aussi c’hoalen.

Holl, adj., tout, corn. et vbr. hoh cymr. holl et oll id. V. sous oll.

Hon, notre, corn. agan, cymr. ein, etc. : paraît contenir le même radical i.-e. que gr. àfijjdç (-^{lëu ;) < *à-<Tfie = *n-sme t cf. got. et al. uns, ags. *uns > Rs > ag. us, su bsidiai rement sk. nas et lat. nos, etc. Cf. ni.

Hont, adv., là, cymr. hwnt, vir. *sunt > sût « cela » : soit un dér. d’un radical démonstratif pareil à celui qui a produit ann. Cf. hini.

Hopa, vb., crier pour appeler : dér. de l’exclamation hop !

Horden, s. f., paquet, charge : abstrait d’un empr. fr. ancien sehourder « se charger » ; cf. hourd, terme d’architecture. — Conj.

Horella, vb., vaciller : aussi horjella, qui accuse la dér. irrégulière et corrompue de l’empr. fr. horloge (à cause de l’oscillation du pendule) > br. horolach, etc.

Horz, s. f., maillet, pilon (aussi orz), vbr. ord, cymr. gordd, vir. ordd, ir. et gael. ord id. : d’un celt. *ard-o-, « puissant, dressé », etc. ? auquel il est difficile de trouver un équivalent sûr ; cf. sk. vârdh-a-te « il s’accroît », gr. àpô-’Uç « droit », lat. ard-uu-s*. — Mcb.

Houad, s. m., canard (pl.houidi), mbr. houat, corn. hoed, cymr. hwyad. — Étym. inc. Cf. Uhlenbeck, Aind. Wb. t s. v. sipras.

Houarn, s. m., fer, corn. hoern, cymr. haiarn > hearn, vbr. hoiarn, vir. iarn, ir. iarann, gael. iarunn id., gaul. *isarnon dans Isarno-dorï

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« les Portes de fer » et autres noms de lieux : d’un celt. *eis-arno-, adj. de matière dér. del’i.-e. *a/«-, « airain, fer », sk. âyas, lat. aes, etc. 4.

Houé (V.), s. m., poussière, poudre. — Étym. inc.

Houe’ h, s. m., porc. corn. hoch, cymr. hwch, vir. *socc > ir. su ig id. : supposent un celt. *sukku-, dér. de rac. **ft-, qui est le nom générique du pourceau en i.-e., sk. stxkarà « sanglier », gr. 5-<, lat. sus, ag. « oo ?*, al. « au, etc. Cf. la rac. SU sous dozvi (femelle très féconde).

Hou] a, vb., reculer (se dit surtout des bêtes de trait) : dér. de quelque onomatopée employée pour les faire reculer. — Conj.

Houlier, s. m., proxénète. Empr. fr. ancien holier et houlier, « débauché, courtier de débauche », d’origine très obscure.

Houpérik, s. m., huppe (oiseau) : dimin. d’un mot *houper « porteur de huppe », dér. d’empr. fr. houppe = huppe*.

Houpez, s. m., houblon : dér. de hop emprunté au hollandais.

Houpi, vb., se hérisser (former des houppes) : dér. d’empr. fr.

1 Hû, vous : forme atone de c’houi. V. ce mot.

2 Hû, s. m., huée. Empr. fr. ancien hu id.

Huai, s. m., entrave, obstacle, corn. fual > huai, cymr. huai, qu’on a ramené avec doute à un empr. dX.Jibula « agrafe ».

Huanad, s. m., soupir, mbr. huanat pour *uh-anat, cymr. uch-enaid, vir. osnad, ir. et gael. osnadh id. : soit « haute inspiration », composé du radical de huel et d’un dér. de la rac. AN À « respirer ». V. sous alan 9 anaoun et huel 1. Pour la formation, cf. lat. an-hëlu-s « haletant ».

Hubot (C), s. m., fripon, gueux : paraît altéré et écourté de haèbot. V. ce mot. — Conj. Ern„ et cf. Thurneysen, Keltorom, p. 24.

Hudur, adj., malpropre, obscène : corrompu de loudour*.

Huel, adj., haut (pour uc’hel), mbr. uhel, corn. huhel, cymr. uchel, vir. uasal, ir. et gael. uasal, gaul. *ux-ello-s « haut » dans Uxello-dfXnum

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[635] n. pr. : d’un celt. *ouk-s-elo- pour *oup-s-elo-, gr. ὑψ-ηλό-ς, et cf.ὑπ-ὲρ, ὑπ-ὸ, ag. up, vhal. ûf > auf, etc.[636].

Huélen, s. f., absinthe, armoise, mbr. huffelen et huzelen, corn. fuelein id. : peut-être dér. d’empr. lat. fîbula[637]. Cf. hual.

Huerai, vb., quereller. Empr. fr. ancien hergner « hargner ».

Hugen, s. f., luette : dér. br. du genre de dourgen, refait sur l’empr. lat. ûva « grain de raisin »[638]. — Conj. Ern.

Hugéolen ( V.), s. f., ampoule (aussi ugèolen) : parait dér. du même radical que hugen, cf. ital. ugola « luette ».

Huler (V.), s. m., suie : pour *huc’hl-er, dér. de *huc’hel, qui est une variante dialectale de huzel ; ou pour huzel, par changement de z en r, soit *hurel, et métathèse (Loth). V. ce mot.

Hûn, s. m., sommeil (pour *hûnv, cf. hunv-ré)[639], mbr. et corn. hun, cymr. hûn, vir. « aan, ir. suan, gael. saam id. : soit un celt. *stoow-no- pour *$wop’no- 9 dér. de la rac. SWEP « dormir », sk. svâp-i-ti « il dort » et scâp-na« sommeil », gr. ὕπ-νο-ς, lat. *sop-no-s > somnus et sôp-ire, ags. swef-n « songe », lit. sâp-nas « songe », vsl. sûnû « sommeil ».

Hunégan, s. m., loir, marmotte : dér. du précédent.

Hunvré, s. f., songe : dér. de hûn. V. ce mot.

Hurlink, s. m., cauchemar, cf. cymr. hun-llef id. : ce dernier parait signifier « cri de sommeil ». V. sous hûn le premier terme ; le second (éventuellement sous lenv) a subi une corruption en cymr. ou en br.

Hurlou, s. m. pl., goutte, crampe : le nom complet est drouk Sant Ourlaou, appellation plaisante construite sur le radical hurl-, à cause des cris que la douleur arrache au malade. Empr. fr. hurler.

Huvré, s. f., variante usuelle de hunvré. V. ce mot.

Huzel, huzil, s. f., suie, cymr. hudd-ygl (et cf. hudd « sombre »), vir. suid-i > mir. suithe, ir. sûithche, gael. sùith id. : soit un {abréviation|celt.|celtique}} *soidy& ou *soudyà, altération inexplicable pour *sod-ya «[substance] qui s’assied », c’est-à-dire « s’agglutine, se dépose », dér. de rac. SED, ags. sôt > ag. soot (le fr. suie est empr. germ.), al. ruas (pour *suss ?). V. sous azèza.
CH

Chaga, vb., s’arrêter, s’amasser : variante obscure de sac’ha.

Chajel (V.)» s. f., mâchoire : dér. du même radical que chaoka.

Chai (V.), s. m., flux. — Étym. inc.

Chala, vb., chagriner, s’affliger. Empr. fr. ancien chaloir (« que m’en chaut-W !») devenu par corruption vb. personnel 1.

Chaoka, vb., mâcher (aussi chakein V.). Empr. germanique probable (ags. eëowan > ag. to chew, et al. kauen), mais peut-être contaminé de chzk. Cf. chajel et a.%.jaw « mâchoire » (sousjaved).

Charoùs, s, m., espèce de vesce. Empr. îr.jarosse.

Chatal, s. m., bétail. Empr. fr. ancien chatel « cheptel ».

Chédé, chétu, adv., variante de sètu. V. ce mot.

Chévech(V.), s. f., fresaie. Empr. fr. chevêche.

Ghik, s. f., menton. Empr. fr. chique « bille ».

Chika, vb., frapper avec un outil à gros bout (et chikein V. « meurtrir ») ’• dér. du précédent au sens de « bille ».

Chîf, s. m., chagrin. Emprunt probable, mais d’où ?

Ghilpa, vb., japper, glapir. Empr. germanique probable, cf. visl. gjàlpa, ags. gilpan et gielpan > ag. lo yelp.

Ghilpion, s. m., pluvier de mer : dér. du précédent. Ghipôd (T.), s. m., petite huche : peut-être « récipient où l’on chipote, où Ton prend par menues portions » 8. Empr. fr. Ghita, vb., piauler. Onomatopée.

Ghoanen, s. f., miche. Empr. fr. ancien choine « [pain] blanc ».

Choka, vb., variante contractée de chaoka.

Chomm, vb., rester : autrefois « chômer ». Empr. fr.

1 Chouk, s. m., nuque, mbr. scouc ; cf. fr. ancien suc, provençal zuc, ital. zucca « courge », d’où « tête ». — Conj. Ern.

2 Chouk (V. ), s. m., le séant : identique à 1 chouk*.

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Choum (L.), vb., variante de chomm.

Chourik (V., C), s. f., bruit de frottement. Onomatopée ?

Chugein (V.), vb., sucer : dér. d’un mot *chug = mbr. sug, « suc, jus », corn. syg-an, cymr. sug. Empr. lat. sûcus « suc », et cf. fr. sucer et br. sùn (= cheunein V.). Le tout compliqué d’onomatopée.

Chuchuer, s. m., musard, tatillon. Empr. fr. ancien *chuchilleur, « chuchotant, balbutiant » ? Ou onomatopée plaisante ?

Chupen, s. f.. veste (aussi jupen). Empr. fr. ancien Jupe (en tant que vêtement masculin).


C'H

C’hoalen, s. m., sel : pour *hoalen, variante métathétique de haloen. V sous holen et cf. l’évolution de môger.

C’hoanen, s. f., puce, cymr. chwain pl. : paraît dér. d’une rac. SWI « disparaître » (cf. al. schwinden, etc.), de même que a£. fiea et al. floh t< puce » se rattachent à la rac. germ. qui signifie « s’enfuir ».

C’hoant, s. m., désir, mbr. hoant, corn. whans, cymr. chwant, vir. sant, gael. sannt id. : d’un celt. *swand-iio- ppe passé de rac. SWAD « être agréable », sk. scàd-à « doux », gr. *σϝᾱδ-ύ-ς (swâd-u-s) ἁδός (ados) ἡδύς (hêdus) id. et *σϝανδ-άν-ω (swand-an-ô) ἁνδάνω (handanô) « je plais », lat. suāvis ( *suād ui-s, cf. suādère « persuader »), germ. *swôt-i- <( doux », d’où ag. sweet et al. sites, etc. 1

C’hoar, s. f., sœur, mbr. hoar, corn. huir, cymr. chioaer, vir. siur etjlur id. : d’un celt. *swesor- identique au sk. svàsâ et au lat. soror, et cf. ag. sister, al. schwester> vsl. sestra. etc. (ne manque qu’au grec).

C’hoari, s. m. f jeu, cymr. chvoar-aua jouer »etcf. vir. fuir- ec « festin » : supposent un vb. celt. *sicer-ô, « je chante, je fais du bruit, je m’amuse », etc., dér. d’une rac. SWER « bruire », sk. svàr-a-ti <( il bruit », lat. su-surr-u-s « murmure », got. swar-an « bruire »*, secondairement al. schwirr-en « bruire » et schwar-m « essaim » = ag. sioarm. Cf. choarz.

Choarvézout, vb., arriver, survenir, corn. wharfos id. : avec aspiration prothétique 3. V. sous war et béza, et cf. cymr. cyfar-fod « assemblée ».

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G’hoarz, s. m., rire, mbr. huerzin t corn. htoerthin, cymr. chwarddu, vb. « rire » et cf. cymr.. chwyr-nu « ronfler » : soit un celt. *swer-d-ô « je ris », dér. de la même rac. que c’hoari.

C’hoaz, adv., encore, mbr. hoaz, corn. whâth et whêth, cymr. chwaithià. : parait le même mot que br. gwéz > gwéach, soit « [encore] une fois », avec aspiration prothétique. V. sous gwéach.

C’houéac’h, six, mbr. chouech, corn. wheh, cymr. chwech, vir. se, ses et fes id. : d’un celt. *sweks t sk. çâ$, gr. *σϝεξ ϝέξ ἕξ, lat. s« r, got. « a/As (ag. six, al. secAs), lit. szeszi, etc.

C’houék, adj., doux, aimable, corn. whec, cymr. chwêg id. : soit un celt. *swek-o-, dér. d’une rac. SWEK « avoirde la saveur ou de l’odeur » qui ne se retrouve que dans les vieux dialectes germaniques (ags. swaec, « goût, odeur », vhal. swehh-an « avoir de l’odeur », etc.).

C’houéda, vb., vomir, mbr. huedaff, corn. hweda (hwedzha), cymr. chwydu, et cf. cymr. chwyd, vir. sceith, gael. sgeith « vomissement » : d’un celt. *sqeti- t dont il n’existe nulle part d’équivalent sûr.

C’houénia, vb., jeter sur le dos, se jeter sur le dos : dér. de c’houen (vieilli) « couché sur le dos » = ir.fàen, lequel équivaut à un celt. *swino- pour *sup-ino-, ayant le sens du lat. sup-inus et du gr. ὕπ-τιο-ς ; la rac. est SWEP, cf. lat. *sup-ô « je jette » et dis-sup-àre « disséminer » > dmi pare, vsl. sûp-q, « je répands » et s&ti « répandre », etc.

C’houenna, vb., sarcler, mbr. huennat, issu d’un mot *kuenn = cymr. chwyn « mauvaise herbe » : cf. cymr. cy-chwyn, « bouger, marcher », dont l’élément radical se rattache au vir. scend-i-m « je saute » et, par lui, au lat. scandere, « monter, s’élever » 1.

C’houérô, adj., amer (aussi chouert», mbr. hueru, corn. wherow, cymr. chwerw, vir. seri, ir. et gael. searbh id. : d’un celt. *swer-wo-, dont la rac. se retrouve dans lit. soar-ù-s « salé », stlras id., ags. sur > ag. sour et Vhal. sû-r > al. sauer « aigre », etc.

C’houervizon, s. m., pissenlit : dér. du précédent.

C’houés, s. f., odeur : forme féminine de 1 c’houèz, et cf. 3 c’houéz.

C’houévrer, s. m., février, corn. hwevral, cymr. chwefrawr > chwefror > chwefrol. Empr. lat. februàrius >febrarius*.

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1 C’houéz, s. m., souffle, mbr. huez, corn. whyth-e et cymr. chwyth-u « souffler »> vir. sét-i-m « je souffle », ir. aéidim et gael. séid id : soit un celt. *swiddo-, qui s’analyse en *&wiz-dho- (i.-e.), « souffler, siffler », cf. vsl. scisi-ati « siffler » (avec sourde au lieu de sonore) et lat. sîfilus et sïbilus, tous deux pour *swïz-dhlo-, onomatopée primitive probable. Cf. aussi c’houibana et c’houitel.

2 C’houéz, s. m., sueur, mbr. choues, corn. whys, cymr. chwys id. : soit un celt. *swit-so-, dér. de la rac. SWID « transpirer », sk. soid-ya-ti « il sue », gr. *σϝιδί-ω ἰδίω, {abréviation|lat.|latin}} *svoid-àre > sûddre, ag. sweat « sueur », et to sweat, al. schweiss, et schwitz-en vb., etc.

3 C’houéz, s. f. : le même que c’houés, soit « exhalaison ».

C’houéza, vb., souffler, se gonfler, mbr. huezaff, etc. : dér. de 1 chouéz (de 2 chouéz on a c’houézi « être en sueur »).

Chouézégel, s. f., vessie, ampoule, mbr. huysiguenn, corn. gusigan, cymr. gwysigen > chwysigen. Empr. lat. cèsîca, contaminé par étymologie populaire d’une dérivation de c’houéza.

C’houi, vous, corn. why, cymr. chwi, vbr. hui, vir. si, etc. : d’un celt. *swès, à peu près identique au sk. vas et au lat. vos, mais compliqué de la prothèse qu’accuse le duel gr. σφῶ-ι. Cf. 1 hô, ni et hon.

Chouibana, vb., siffler des lèvres, cymr. chwib <c pipeau » et chwiban w sifflement » : se rattache visiblement au même radical que 1 c’houéz, le b venant peut-être de contamination du lat. sibiltis.

C’houibu, s. m., variante defubu. V. ce mol.

C’houll, s. m., hanneton, scarabée, mbr. huyl, cymr. chwilen id. : ou abstrait du suivant (br. c’houll-cac’h « fouille-merde », mais alors Tétymologie de ce dernier nous échappe) ; ou empr. ags. wifel > ag. tceevil id. Cf. c’houibu qui militerait en faveur de l’emprunt.

Chouilia, vb., fouiller, cymr. chwilio : dér. de c’houîl dans la seconde hypothèse. Ou empr. fr. ancien foeillier > fouiller ( ?).

Chouiliorez, s. f., frelon : dér. de c’houll ou de c’houilia.

C’houirina, vb., hennir, mbr. c’huirinnai, cymr. gweryru id, et cf. cymr. chwyr-nu, « ronfler, s’ébrouer » : parait se rattacher au même radical que c’hoari et c’hoarz. V. ces mots.

Chouita, vb., être mal à son aise, mbr. huytout. — Étym. inc.

C’houitel, s. f., sifflet, mbr. czulell (mais cf. suta), cymr. chwythell, vir. fet etfetân, ir. et gael. fead id. V. la rac. sous 1 c’houéz.
I

Ia, oui, cymr. ie, cf. gr. « en vérité », got. ja, ag. yea (> y es) et al. ja, lit. je et ja, particule affirmative. Cf. aussi iéz.

Iac’h, adj., bien portant, corn. et cymr. iach, vbr. tac id. : d’un celt. *yakko-, cf. sk. yâç-as « prospérité » et yaç-âs « prospère », gr. ἄϰ-ος ; « remède » et ἰά-ο-μαι « je guéris »[649].

Ialc’h, s. m., bourse : soit une dérivation de forme indéterminable sur un radical *pell- qu’on trouvera sous 2 lenn (objet en cuir). — Conj.

Iaou, s. m., jeudi. Empr. lat. Ioois diê$].

Iaouank, adj., jeune, mbr. youanc, corn. iouenc, cymr. ieuangc. gaul. lovincillo-s n. pr., vir. oac, etc. : d’un celt. *yownko$ t cf. sk. yuoàn et yuvaçn « jeune », gr. Ὑάϰινθος n. pr., lat. juven-i-s « jeune » et juven-cu-s « jeune taureau », got. jugg-s, ag. young et al. jung (tous contractés d’un germ. *ynwuhga- identique au lat. juvencus), lit. jaùnas, etc.

Iaouher, adj., puîné, cadet, mbr. youaer « jouvenceau » : dér. du radical *yuv- du mot précédent.

Iâr, s. f., poule, mbr. et corn. yar, cymr. iâr, vbr. iàr, mir. eirin, ir. eireog, gael. eireag id. : soit un celt. *yur-o- ou *yarà, qui n’a nulle part d’équivalent sûr, sauf peut-être en balto-slave.

Iaren, s. f., quenouillée : métaphore tirée du précédent ?

Ibil, s. m., cheville, goupille, mbr. ebil, cymr. ebill, vbr. epill id. : d’un celt. *ak-willo-, à peu près identique au lat. aculeus « aiguillon » et à l’ags. awul > ag. awl « alêne », et dér. comme eux de rac. AK « pointu ». V. sous ék.

Iéc’hed, s. m., santé : dér. de iac’h. V. ce mot.

Ién, adj., froid, mbr. yen, exactement « glacial », cf. corn. iey, cymr. met iâen, vir. ai g et aig-red « glace », gael. oigh-re et d-eigh, etc. : dér. d’un celt. *yagi- « glace », qui ne se retrouve qu’en germanique, visl. jaki « glace » etjôkull « glacier », ags. gicel « glaçon », d’où ag. (ic-)icle.

Iéô, s. f., joug, mbr. yen, corn. ieu et ion, cymr. iau, ir. ugh-aim « attelage » : d’un celt. *yug-o-, dér. de rac. YUG, « joindre, atteler », sk. yug-a « joug » et yu-nâ-k’ti yuhk-té « il attelle », gr. ζυγ-ό-ς  ; et ζεύγ-νῡ-μι, lat. jug-u-m et jung-ere, got. Juk, ag. yoke et al. joch, lit. jùngas et vsl. igo « joug » ; commun à toute la famille.

Iéot, s. m., variante de yéot. V. ce mot.

Iéz, s. m., langage, mbr. ye* t cyrar. iaith « dialecte » : soit celt. *yek-ti’, d’une rac. YEK qui ne se retrouve avec certitude qu’en germanique, vha.jeh-an « dire », jiht et bi-jih-t « aveu »

Ifern, s. m., enfer (aussi icern, ihuern V.), corn. ifarn > yffarn, cymr. uffern, t. ifurnn, ir. ifrionn, gael. ifrinn. Empr. lat. infernum.

Iforn, s. m., pelle à enfourner : abstrait du mbr. yffornofj « enfourner ». Empr. bas-lat. *infornare. V. sous i en et/orn.

Ijin, s. m., adresse, ruse, industrie (aussi ifijin). Empr. fr. ancien engin <C lat. ingenium.

Ilboéd, s. m., disette, mbr. elboet, cymr. ellbwyd id. : le premier terme est inintelligible*. V. le second sous boéd.

Ilin, s. m., coude (aussi élin), corn. et cymr. elin, vir uil-in, ir. Mï7/e, gael. uileann id. : d’un celt. : :, o/-éno-, gr. ὠλένη, lat. u/na « l’étendue des bras », ags. eln, d’où ag. el-bow (exactement « pli du coude »), cf. al. elle « aune » et ellen-bogen « coude ».

Iliô, s. m., lierre, mbr. ilyeauen, corn. tâAi’o, cymr. eiddew, ir. ecten/ ? > eidhean, gael. eidheann* id : d’un celt. *edenno- pour *ped-enno-, dér. de rac. PED, « saisir, lier » (plante grimpante) ; cf. gr. πέδ-η) « lien », lat. ped-ica et com-ped-ës, ag. fett-er « lien », al. fass-en etfess-el, etc.

Iliz, s. f., église, mbr. i/«, corn. e#/os et cymr. eglwys, etc. Empr. lat. ecclësia, mais contaminé en br. du fr. église.

Inam, s. m., bouillon blanc : altéré pour di-nam « l’innocent, le salutaire », sobriquet*. V. sous 1 di- et nam.

Inkruzun, adj., mal bâti : exactement « affligeant, désagréable [à voirj », dér. de ehkrez. V. ce mot et burzud. — Conj.

Ingéd, s. m., pluvier de mer. — Étym. inc 5

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Iṅgroez, s. m., variante de eṅgroez. V. ce mot.

Inodein (V.), vb., monter en épis : le même que di-oda, mais avec le préf. in- = 1 en, V. ces mots et cf. nodi.

Inrok (V., C), s. m., avance. V. sous a-raok.

Iṅtaṅv, iṅtaoṅ, iṅtav, adj., veuf, mbr. eintajf, vir. ein-tam « célibataire » : d’un celt. *oino-tamo- « tout à fait seul », superlatif de *oino-, « un, seul »[655]. V. sous eunn, unan, itrôn, etc.

Iṅtr, s. m., tache, etc. : abstrait de iṅtret, « sali, imbibé ». Empr. bas-lat. 'intrâtus au sens de « pénétré, imbibé », ou simplement fr. entré.

Iôd, s. m., bouillie, mbr. yot, corn. et vbr. iot, cymr. uwd, vir. ith id. : d’un celt. *yu-to- y rac. YU f dont les autres dérivés connus sont sk. yûs et yusa « bouillon », gr. ζύ-μη « pâte aigrie », lat. jus et vsl. jucha « jus ».

Iooli(V.), s. f. (aussi iuc’h V.), monceau, mbr. yoh « meule » : contamination du radical de 1 hôgen et du fr. jucher. — Ern.

Iouc’ha, vb., crier : cf. mbal. jùch-ezen > al. jauchzen, bien que les deux mots s’expliquent isolément par onomatopée. Cf. le cri br. you you yoù-oû.

Ioul, s. f., volonté, projet, mbr. eoull, corn. atoell, cymr. ewyll (et cf. vbr. aiul « de plein gré »), vir. Ail, gael. àill « désir » : soit un celt. *aw-illà « désir » et *aw-illo- adj., dér. de rac. AW, « souhaiter, être favorable ». sk. Av-a-ti « il seconde », lat. av-ëre « désirer », acidus, etc.

Iour (V.), s. m., variante dialectale de èôr.

Iourc’h, s. m., chevreuil, mbr. yourch, corn. yorch, cymr. iwrch, vbr. iurg-chell id. : d’un celt. *yorko-, auquel on ne voit de répondant que le gr. ζόρξ et ζορϰός « daim », aussi δόρϰος, δορϰάς, ἴορϰος.

Ioust, adj., mou, délicat : peut-être d’un celt. *aisto- « brûlé > amolli », cf. lat. aestus « chaleur ». V. la rac. sous oaz[656].

Irien (C), s. f., trame, mbr. iryenn, et ilyanenn <( pièce de toile » : l’un et l’autre pour *ir-lien- <i*ar-lien- « à travers la toile ». V. sous ar- et lien. — Conj. Ern. — Ou simplement éré lien « lien de la toile ». V. ces mots.

Irin, s. m., variante plus ancienne de hirin.

Irvin, s. m., navet, cymr. erfin « grosse betterave » : soit un celt. *arbïno-, métathèse pour *rab-îno-, et cf. gr. ῥαφ-άνη « rave », lat. ràp-a. al. rûb-e (le mot a voyagé sans qu’on en puisse tracer la route).

Is, adj., bas, cymr. is, vir. iss « en bas », ir. s-ios « vers le bas », etc., gael. ios « en bas » : tous d’un adv. celt. *end-sô, dér. d’un radical i.-e. *ndh-s-, sk. adh-às « au-dessous », lat inf-rà, inf-imu-s, et îmus (< *ind-s-mo-), got. und-ar, ag. under, al. unter « sous », unten « en bas ».

Isa, vb., exciter (un chien), exciter. Onomatopée (hiss !).

Iskiz, adj., vil, laid. V. sous is et 2 kîz.

Itrôn, itroun, s. f., dame, mbr. ytron id. : pour *in-tron, qui suppose un celt. *oino-trawon- « [épouse] unique > maîtresse de maison »[657] par opposition aux concubines. — Loth.

Iûd, adj., traître. Empr. lat. Judas, contaminé du fr.[658]

Iuda, vb., crier, hurler, mbr. iudal, cymr. udo (aussi br. udeinV.) : rapprochements douteux, étymologie très peu claire[659].

Iûn, s. m., jeûne. Empr. lat. jëjUnium.

Iuzéô, s. m., juif, corn. yudhow > yedhoœ > edhow, cymr. iuddew. Empr. lat. Jûdaeus, venu du nom de la tribu de Juda.

Ivé, ivéz, adv., aussi, de même (aussi éc’hué >> éhué V.) : pour *in-goez « en [même] aspect », cf. 1 en Qihervez.

Ividik, s. m., tempe : exactement « [endroit] sensible », dér. d’un mbr. *iou, « mou, coi, bon », qui jusqu’à présent n’est pas identifié[660].

1 Ivin, s. m., ongle, corn. ewin, cymr. eguin> ewin, vir. inga (gén. ingen), ir. et gael. ionga (gén. iongan et ing-ne) id. : d’un celt. *eng-ïnà, dont le radical i.-e. est *ngh-, cf. sk. nakh-â[661], gr. ὄνυξ (ὄνυχ-ος), lat. ungu’i-s, ags. naeg-el > ag. nail, al. nag el, lit. nâg-a-s « ongle » et nag-à « sabot », vsl. nog-a « pied » et nog-Uti « ongle ».

2 Ivin, s. m., if, corn. hiuin, cymr. yw, vir. eo id. : pour *iw-in[662], dér. d’un celt. *iwo- > gaul. *ivos, d’où procède aussi le fr. if et peut-être l’ai. eibe.

Izar, s. m., lierre terrestre, cymr. eidr-al Empr. lat. hedera[663].

1 Izel, adj., bas, corn. yssel > ysel, cymr. et vbr. isel, etc. : soit un dér celt. *end-s-ello-. V. le radical sous is.

2 Izel, s. m., variante altérée de ézel[664].


J

Jakudi, jagudi (C), vb., monter en graine (comme la ciguë, le persil, etc.) : pour *chagudi, dér. de chagud, autre nom d’emprunt de la ciguë (lat. cicûta), mais venu de l’ancien fr. Cf. kêgit empr. lat.

Jalod, jalord, s. m., chaudronnier : pour *chalord, qui serait métathèse de *chaldro. Empr. fr. ancien chaldron « chaudron » ?

Jaô, s. m. f., monture. Empr. fr. ancien jou « attelage », du lat. Jugum. Cf. iéo qui est le mot celt. authentique.

Jaodel, s. f., soupe à l’oignon ou au gruau : confusion de l’empr. fr. chaudel « chaudeau » > br. chaodel, et d’un mot *chavoled qui équivaudrait comme formation à l’italien cipollata « chipolata, ragoût d’oignon ».

Jaodré (C), s. m., rêverie, radotage : dér. de *jaod pour *chaod, qui serait empr. fr. [fièvre] chaude « délire ». — Conj.

Jaritel, s. f., jarret : dér. d’empr. fr. Cf. gàr.

Javed, s. f., mâchoire, joue : la graphie mbr. gacet doit se prononcer jaoet. Empr. fr. ancien joeite <C lat. gàbata, « écuelle, jatte > mâchoire > (argot) et cf. ag. j’aie « mâchoire » et br.jôd. — Loth.

Jéd, s. m., calcul : abstrait de jéder « calculateur », exactement < jeteur » [de sorts][665]. Empr. fr., et cf. fr. jeton [à calculer].

Jelken, s. f., rouelle, tranche mince. Empr. germanique probable, cf. ag. sleek et stick « poli », hollandais slecht et al. nchlicht « plane », etc.

Joa, s. f., plaisir, mbr. yoajf, etc. Empr. îr.joie.

Jobélinen, s. f., voile, fichu ; cf. mouchour jubile « fichu de jour de fête » : dér. d’empr. fr. jubilé. V. aussi moucha.

Jôd, s. f., joue (aussi jôt)> mbr. chot. Empr. fr. ancien jode et jolie, du lat. gâbala. V. sous jaced.

Jodouin, s. m., feu nocturne, lutin. Empr. biblique Gedeon > *jedoen (à cause de l’histoire des lampes cachées dans les cruches en vue d’une surprise nocturne, Juges, vii, 15 sq.). — Conj.

Jolori, s. m., joie, clameur de joie : aussi cholori et chalcari (T.), qui marquent les étapes de la transformation de l’empr. fr. charivari.

Joser, s. m., sébile à écrémer : comme qui dirait « un chausseur », dér. de l’empr. fr. chausse (à filtrer les liquides).

Jôt, s. f. (et dérivés), variante usuelle de jôd.

Jôtôrel, s. f., goitre : pourrait signifier par dérivation « ventrée de mâchoire » ou « gorge en ventre ». V. sons jôt et tôrad.

Jualen, s. f., judelle (oiseau) : parait une contamination d’empr. fr. et de br. duanen id. (oiseau noir). V. sous .

Juben, s. m., entremetteur de mariage, interprète : peut-être empr. fr. ancien *droujemen « truchement », dont la 1re syllabe a été supprimée comme impolie, en tant qu’elle paraissait contenir le mot drouk « mauvais »[666]; puis l’m a pu devenir b par dissimilation.


L

Lâb, s. m., hangar, mbr. lap id. : exactement « pan, appentis ». Empr. ags. laeppa > ag. lap, « pan, lambeau », al. lapp-en.

Labaaken, s. f., guenille : dér. péjoratif du précédent.

Labenna, vb., babiller, médire : par dissimilation pour *blabenna, et celui-ci par emprunt d’une onomatopée très répandue, ag. to babble, hollandais babbelen, al. pappeln, fr. babiller. Cf. lanchenna.

Labéza, vb., lapider. Empr. lat. lapidare.

Labistr, s. m., congre, cf. cymr. llabwst « grand flandrin ». Empr. ag. ancien lopystre, « sauterelle, homard »[667].

Labour, s. m., travail, corn. lafur. Empr. fr. ancien.

Labouz, s. m., oiseau, mbr. lapous. Empr. lat. locusta > bas-lat. *loquusta ou ags. lopust « sauterelle ». Cf. labistr.

Lakaat, vb., mettre, poser. Empr. lat. locàre.

Lakébod, s. m., estafier,

Laképod, s. m., brigand,

cf. aussi aklépod « polisson » : contamination de halébod par le mbr. lakés « laquais » ; tous empr. fr. plus ou moins étrangement corrompus.

Laer, s. m., voleur (pl. laéroun), mbr. laezr, corn. lader (pl. ladron), cymr. lleidr (pl. lladron), etc. Empr. lat. latrô (pl. latrônës).

Laérez, s. f., mal de côté, bonde (latérale) d’un étang : représente une dérivation bretonne sur une base *lazr- équivalente à une base latine later- > *latr-. Empr. lat. latus « côté ». Cf. 2 léz.

1 Laez, s. m., le haut. Empr. fr. ancien lais (laiens), « léans, là, là-haut »[668].

2 Laez, s. m., legs. Empr. fr. ancien lais.

3 Laez, s. m., lait : variante ancienne de lèaz.

Lagad, s. m., œil, mbr. et corn. lagat, cymr. Uygad id. : d’un celt. *lukato-, qui n’a d’équivalents, encore très approximatifs, qu’en germanique, ags. lôc-ian > ag. to look « regarder » et al. (dialectal) lug-en id. ; cf. sk. lak-ç-a-ie « il considère ». V. la note sous burzud.

Lagaden, s. f., cercle : dér. du précédent.

Lagen, s. f., lac, mare, corn. lagen. Empr. lat. lacus.

Lamm, s. m., bond, chute, cymr. llam, vbr lamm-am « je saute », vir. léimm > lèim et gael. leum « saut » : d’un celt. *leng-men- dér. nt. de rac-LENGH, sk. langh-a-ti a il saute », al. ling-en « aller de l’avant » d’où ge-ling-en « réussir », ags. lih-t >> ag. light « léger », al. leicht id.[669]

1 Lammen (C), s. f., épi : parait signifier « pointe » et dépendre de la même dérivation que lemrn. V. ce mot.

2 Lammen, s. f., contamination de laonen par le fr. lame.

Lampr, adj., poli, glissant. Empr. fr. (ancien et dialectal lamper « glisser », lambre « revêtement poli », etc., eux-mêmes d’origine peu claire.

Lampréz, s. m., lamproie. Empr. bas-lat. lampréda.

Laṅdar, adj., paresseux, lâche ; cf. gael. lunndair id. Empr. fr. ancien landore « lourdaud », lui-même empr. germ. probable.

Laṅdourc’hen, s. f., femme publique (terme très grossier) : exactement « pâture à verrats ». V. sous lann et tourch. — Conj.

Laṅfaz, s. m., étoupe, mbr. lanface. Empr. fr. (normand) lanfais < lat. *lânificium. Cf. aussi Bas-Maine lâfey Dn.

Laṅgouinek, s. m., efflanqué, grand flandrin. Empr. fr. probable (patois ou argot), cf. fr. berlingouin id. — Conj. Ern.

Lavchenna, vb., médire : contamination de labenna et d’une dérivation du br. laṅgach. Empr. fr. langage avec sens péjoratif.

Lann, s. f., monastère, lieu saint, endroit plan, corn. lan, cymr. llan, vbr. lann « région » (et cf. éd), vir. land, ir. et gael. lann « enclos » : d’un celt. Handâ « étendue de sol », qui représente un i.-e. *landha, cf. ag. land et al. land « pays », vsl. Içd-ina « lande » et russe Ijad-ina ’.

Lanô, lanv, s. m., flux, cymr. liante id., cf. corn. lan-w-es, « plénitude, abondance » : dér. secondaire du même radical que leùn. V. ce mot.

Laon, s. f., variante de laon-en. V. ce mot.

Laoak, adj., lâche, desserré, mbr. lamq, etc. : abstrait du vb. mbr. laoscat, « lâcher, desserrer ». V. sous leùskel.

1 Laouen, s. f., pou, mbr. louen, corn. louen et lewen, cymr- lleuen, vbr. leu- id. : soit un celt. *low-es-, dont le radical se retrouve en germanique, ags. lu-» > ag. louse, vhal. lus > al. laus.

2 Laouen, adj., joyeux, mbr. et corn. louen, cymr. llawen, et cf. vir. laine, ir. et gael. loinna joie » : d’un celt. # /aw ?-eno->gaul. -launos dans Ca/alauni’ « Châlons » et autres noms de lieux, rac. LAW « jouir » attestée par sk. lô-ta et lô-tra « butin », gr. ἀπο-λαύ-ειν « jouir de », lat. lû-cru-m « gain », got. lâu-n étal, lohn « salaire », vsl. Zoo-# « prise de chasse », etc.

Laouénan, s. m., roitelet : dér. du précédent.

Laouer, s. m., auge, mbr. louazr, vir. làalhar, gaul. Hautron « bain » : d’un celt. *lowo-tro-, cf. gr. λου-τρό-ν « bain », tous deux dér. de rac. LOW. V. sous glao — Aucun rapport avec le suivant.

Liaour, s. f., cercueil : cf. mbr. laur, « douleur, peine », empr. fr. labour altéré ; mais bien plutôt empr. fr. ancien laor s. f., « largeur, étendue », d’où « mesure du corps étendu » (par euphémisme). — Conj.

Lapa, vb., laper. Empr. fr. d’origine germanique.

Lapas, s. m., lavette : dér. de mbr. lap. V. sous lab.

1 Lark, adj., libéral, généreux, mbr. larg, cymr. llary « aimable ». Empr. lat. larg us, et cf. fr. larg-esse (mais le k fait difficulté).

2 Lark, adv., loin, profondément : identique au précédent 3.

Lard, s. m., graisse animale non fondue. Empr. fr. ancien lard, ou abstrait du vb. larda (empr. fr. larder), avec extension de sens.

Larein (V.), laret (T.), vb., parler, dire : pour laoarout (L. J, par contraction du radical de lacar.

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Larjez, s. f., graisse de cuisson : pour *lard-yex, dér. de lard.

Las, s. m., lacs, lacet, mbr. lace. Empr. fr.

Lastézen, s. f., ordure, souillure matérielle ou morale, corn. last id. : parait dér. d’un emprunt à un dialecte germanique qu’on ne saurait préciser, cf. ag. (ancien) last, visl. lost-r, al. laster « vice ».

Lastr, s. m., lest : emprunté, comme le fr. lest, au bas-al. (hollandais) last « charge » avec finale altérée d’après lestr.

Latar, s. m., brouillard, humidité, cf. corn. lad « liquide », vir. lath-ach « boue » : tous dér. d’une rac. LAT, d’ailleurs peu répandue en dehors du celtique, gr. λάτ-αξ « goutte », lat. lat-ex « source » (peut-être empr. gr.), mhal. lette « boue » et al. dialectal lettern « patauger ».

Lavar, s. m., parole, corn. lauar y cymr. llafar « sonore », vir. labar « éloquent », ir. et gael. labhar « sonore », vir. labr-ur « il parle », etc. : soit un celt. *lab-ro-, très difficile à identifier ; cf. lat lab-ru-m- « lèvre », gr. λαβρ-εύ-ο-μαι « je parle avec volubilité » ; ou encore bas-allemand flappen, « bruire, bavarder », qui ramènerait à *plabro-. Cf. leàc.

Lavnen, s. f., lame (aussi laon, laoun), cymr. llafn. Empr. lat. lamina > lamna.

Lavrek, s. m., culotte, mbr. laurec, corn. la/roc (voc.) et cymr. llafrog id. ; cf. cymr. llafru, « s’étendre, se répandre ». — Etym. inc

Lftz, s. m., perche, gaule, cymr. llath et yslath, ir. et gael. slat id. : soit un celt. *slat-to- ou *slat-tà pour splat-to- ppe passé de la rac qui suit. V. aussi goulaz. Cf. pourtant Kluge, s. v. Latte.

Laza, vb., tuer, mbr. lazaff, corn. ladhe, cymr. llâdd, vbr. lad-a-met vir. xlaid-i-m « je frappe » : soit un celt. *slad-ô « je frappe » (d’une gaule, etc., cf. làz), d’une rac. SPLAD qui ne se retrouve que dans les plus anciens dialectes germaniques.

Lazout, vb., importer : faux verbe, abstrait d’un substantif vieilli pris pour une3 e pers. du sg. dans des phrases telles que pé lâz d’inn t exactement « quel intérêt à moi ? » corn. les, cymr. Iles, vir. less, ir. et gael. leas « avantage », d’un celt. *les$o- pour *ples-so-> ppe passéd’une rac. PLED, cf. vsl. plod-û « profit », sans autre équivalent connu.

, s. m., serment, cymr. llw, vir. luige, gael. lugh « jurer » : soit un celt. *lug-io- « engagement », de rac. LUGH « lier », cf. got. liug-an v se marier »,

[673] ags. or-lege et hollandais oor-log « guerre » (rupture d’alliance), lit. lug-na-s « flexible », lat. lig-are « lier »[674], etc. — Douteux.

1 Léac’h, s. m., lieu, mbr. lech, d’un celt. *lek-s-o-[675], dér. secondaire de *leg-os> « situation, lit » (cf. gtcélé), et celui-ci de rac. LEGH « être couché » ; cf. vir. laig-i-m « je me couche », gaul. leg-as-it « il a placé », gr. λέχ-ε-ται (lech-e-tai) », ag. to lie et to lay, al. lieg-en et leg-en, etc.

2 Léac’h, s. m., rachitisme, corn. leauh « fièvre maligne » : peut-être identique ou apparenté au précédent (drouk-léac’h[676]).

Liéal, adj., loyal. Empr. fr. ancien leial.

Léanez, s. f., religieuse : dér. de rabr. lean> cymr. lleian id. : fm. pléonastique refait sur un ancien fm. (cf. maérounez), lequel est dér du nom de couleur dont témoigne cymr. liai, « gris, brun, sombre ». — Étym. inc.

Léaz, s. m., lait (aussi léac’h V.), mbr. lûez, corn. lait>leyth, cymr. llaeth. Empr. bas-lat. lact-em accusatif de lac.

Léd, s. m., largeur, mbr. lehet, et cf. lec’hed « lé » : contamination d’un empr. fr. ancien lé-esse « largeur » et d’un substantif abstrait du suivant.

Lédan, adj., large, cymr. llydan, vbr. lilan, vir. lethan, ir. et gael. leathan, gaul. # lit-ano-s dans divers n. pr. : d’un celt. *lit-ano-, pour *plitano-, de rac. PLT, sk. prth-à « vaste » et prth-iv-î « la terre »[677], gr. πλάτ-ύ-ς (plat-u-s), « large, plat », πλάτ-ανο-ς (plat-ano-s) « platane » (arbre qui s’étale) et πλάθ-ανο-ς (plath-ano-s) « planche à gâteau », lat. plant-a « plante (partie plate) du pied », ag. fiai « plat » et al. flad-en « tartine », etc. laéenn, s. m., variante plus ancienne de S lenn.

Légestr, s. m., homard, cymr. Ile g est à. : corrompu d’un bas-lat. Hecista, lui-même corrompu de lat. locusta « sauterelle » ( > fr. langouste). Cf. laboux et lahistr. Altérations en partie inexplicables.

Lech, s. m., variante delich. V. ce mot.

Lec’h, s. f., grosse pierre plate[678], cymr. llech, vir. lecc, gaul. *licca probable : d’un précelt. *plk-nâ, cf. gr. πλάξ (plax) surface plate » et πλαϰ-οῦς (plak-ous) « gâteau », bas-lat. planc-a « planche » (fr. planche et plaque), al. flach « plat ». V. aussi lédan.

Lec’hed, s. m., lé d’étoffe, mbr. lehet. V. sous léd.

Lechid, s. ra., vase, lie, mbr. lechit id. : proprement « dépôt, ce qui gît » [au fond], dér. de 1 léach « lit »[679]. V. aussi gwélézen.

Leien, s. m., serpillière, grosse toile : légère variante de lien, avec différenciation accidentelle de sens. V. ce mot.

1 Lein, s. m., sommet : pour mbr. blein > *vlein, puis chute du v initial. V. sous bléña, et sous ab, etc., pour la chute du v.

2 Lein, s. f., dîner, mbr. leiff et leynff, corn. li « déjeuner », sans autre répondant même celtique. — Étym. inc.[680].

3 Lein (V.), adj., variante dialectale de le un.

1 Leiz, adj., adv., plein, pleinement (aussi lei V.) : identique au suivant, par la filière « humide — mouillé — plein d’eau — plein » (tout court), et par influence accessoire du sens de S lein.

2 Leiz, adj., humide (aussi lei V.), cymr. llaith « humide » et dad-leith-io « se fondre », vir. leg-ai-m, ir. et gael. leagh id. : soit un radical celt. *leg-ô, d’où procède aussi fr. dè-lay-er, et qui a deux ou trois répondants germaniques (cf. ags. leccan « mouiller » et ag. leak « voie d’eau »).

Lémel, vb., ôter, retrancher, : le ppe lam-et semble dénoncer une parenté ancienne avec lamm[681]. V. ce mot, et cf. le sens de la rac. LENGH dans sk. lahgh-àya-ti « il endommage », gr. ἔλεγϰος « blâme » et ἐλαχύς « petit », lat. *leh-ui-s > leois, lit. lèng-oa-s et vsl. lïg-û-kû « léger ».

Lemm, adj., aigu, tranchant, cymr. llym, vbr. lim id. : soit un celt. *slib-mo-, à peu près identique en formation au celt. *slib-no-, qui a donné cymr. lly/n « poli » < vbr. limn « flexible », vir. slemon, ir. sleamhuin et gael. sleamhuinn « glissant » ; dérivations diverses de la rac. SLIB « glisser » qu’on trouvera sous libonik.

Leùkernen, s. f., ver intestinal, mbr. lencquernenn, cymr. llyngyr pl. : d’un celt. Hengro-, qui, si le g représente un gh vélaire, est aussi à la base du lat. lumbr-ïcus id. > fr. lombric.

Lêné, s. m., année : fausse forme abstraite par étymologie populaire des locutions héolénê et warléné. V. ces deux mots.

Léned, s. m., les Quatre-Temps : empr. ag. Lent « Carême » ; ou abstrait de la locution ar zul ened « le dimanche gras ». V. sous sût et ènet[682].

1 Lenn, s. f., étang, corn. lin, cymr. llynn, vir. lind, ir. linn, gael. linne id. : soit un celt. *li-nnos nt., dér. d’une rac. Ll à sens général de « liquide », sk. ri-ya-te « il coule », gr. λί-μνη, « étang », lat. lî-mus a vase », lit. ly-jù et vsl. li-jç « je verse », etc.

2 Lenn, s. f., couverture, corn. len, cymr. lien, vbr. et vir. lenn, gaul. lenna et linna « manteau » : d’un celt. *linna, pour *pl-innà « pel-isse », dont la syllabe radicale est la même que celle de gr. πέλλ-α (et πέ-πλ-ο-ς), lat. pell-i-s, ag. fell et al. fell « fourrure ».

3 Lenn. s. m., lecture : contracté de léenn, corn. lenn « lire », cymr. lleen > llèn « instruction ». Empr. lat. legendum « ce qu’on doit lire ».

Leṅt, adj., timide, abasourdi. Empr. fr. lent.

Leṅv, s. m., gémissement, mbr. Içff, cymr. llèf et dérivés : soit un celt. *lemo’, pour *lep-mo-, issu d’une rac. LEP (d’ailleurs fort rare) ; sk. lapa-ti « il murmure », qui à la grande rigueur pourrait être apparenté à lacar, en admettant une alternance indo-européenne de b et p.

Léo, s. f., lieue, mbr. leau. Empr. bas-lat. légua pour leuca, nom de mesure itinéraire venu d’ailleurs du gaulois.

1 Léon, s. m., lion : contamination de i’empr. lat. leô > *leoô > cymr. llew et corn. leu (voc.) et du fr. lion.

2 Léon, s. m., le pays de Léon. Empr. lat. Legiônes (toponymique fréquent en pays conquis par les Romains), brittonisé en * Legiônes.

Léor, s. m., variante de leor. V. ce mot.

Ler, s. m., cuir, mbr. lezr, cymr. lledr, vir. lethar, gael. leathar id. : soit un celt. letro-[683], pour *pl-etro-, dont la rac. semble la même que celle de *pl-innd. V. sous 2 lenn.

Lerc’h, s. m., suite, trace, corn. lerch et lyrch, cymr. llwrw et llyry « direction », vir. lorc, ir. et gael. lorg « trace » : d’un celt. *lorgo-, sans apparentation bien définie (bas-al. lurken « traîner les pieds » Bzzbg.)

Les-, particule (dans leshanô « sobriquet », les-vâb « beau-fils », etc.), cyrar.,*-, vir. less-, ir. etgael. leas- id. : d’un celt. *#«-« o- « blâme », dér. de rac. LEÏD t blâmer » ; cf. mir. lâidh-i-m « je réprimande », gr. λοιδ-ορέω « j’injurie » et λαιδ-ρό-ς « insolent », sans autre répondant.

Leski, vb., brûler, mbr. lesquiff, corn. losc « brûlure », oymr. llosg « incendie » et llosgi « brûler », vir. losc-ud, ir. losc-adh et gael. losg-adh « combustion » : soit un celt. *loskô « je brûle », pour *lop-skô t dont la rac. se retrouve avec vraisemblance dans le groupe bal tique (lelt. lapa « torche », etc.) et dans le gr. λάμπ-ειν « étinceler ».

Léspôz, adj., déhanché, cf. pôzlést (T.) id. : exactement « à qui la hanche pèse ». V. sous 2 lèz et poéz (ce dernier contracté).

Lestr, s. m., navire, vaisselle (pl.lisiri), corn. lester (pl.listri), cymr. llestr, vbr. lestir, vir. lestar « écuelle » : soit un celt. *lestro- auquel on ne connaît pas ombre d’équivalent ailleurs.

Léton, létoun, s. m., jachère, gazon, cf. mbr. leter « litière », qui naturellement est empr. fr. 1 — Étym. inc.

Leûé, s. m., veau, mbr. lue, corn. loch, cymr. tto, vbr. to, vir. làeg, ir. et gael. laogh id. : d’un celt. *loig-o-( ?) t qui peut signifier « sauteur » (sk. réj-, got. làik-an, lit. laig-yti <( bondir »)ou « lécheur » (sk. rih- et lih-, gr. λείχ-ω, ag. to lick, al. lecken « lécher »), etc. Cf. loa.

Leûn, adj., plein, corn. leun et Ze/i, cymr. llawn, vbr. laun, vir. W/i, ir. lân, gael. /an id. : d’un celt. */âno-, pour *p/â-no-, qui est, comme sk. pur-nà et lat. plê-nu-s, un ppe passé de rac. PELA « remplir » ; sk. pipar-ti « il emplit », etc. ; gr. πίμ-πλη-μι « j’emplis », πλή-ρης « plein » ; goX.full-s (pour *ful-n-s <*/)J-nd-«), ag./a/Z et al. po/Z « plein », etc.

Leur, s. f., sol, aire, corn. lor (voc. )>luer, cymr. llawr y vbr. Jaar, vir. Zdr, ir. /4r, gael. làr « sol » : d’un celt. *làro+ *larâ y pour *plà-rd, à peu près identique à ag.Jloo-rel zX.fiu-r « sol », tous dér. de rac. PLÀ « étendre » ; cf., avec un autre suff., lat. plà-nu-s et gaul. # /â-no-s, « uni, plane »*, etc. V. sous lédan une amplification de la même racine.

Leûri, vb., envoyer, mbr. leuariff id. : paraît être une dér. secondaire à rattacher au celt. *loudiô « je meus » (pour *ploud-iô, cf. vir, im-luad

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« agitation »), et dépendre, par cet intermédiaire, de la rac PLU au sens général et vague de « mouvement », dont les principales amplifications sont sk. plâv-a-te « il nage », gr. # 7tXip-« D > nllu « je navigue », lat. plu-i-t « il pleut », ag. to fly et ai. Jliegen « voler », ag. to fiée et al. fiiehena s’enfuir » (cf. lôgôden), al. Jliessen « couler », etc.

Leûskel, vb., lâcher, mbr. lauscaff, et cf. adj. laosk. Empr. bas-lat. *Zaa ?icàre, fréquentatif de laxàre. — Loth.

1 Lév, s. m., variante de lefiv. V. ce mot.

2 Lév, s. f., variante de léô. V. ce mot.

Levé, s. m., rente, revenu. Empr. fr. ancien levée id.

venez, s. f., gaieté : dér. de 2 laouen. V. ce mot.

Levier, s. m., pilote, mbr. leuyaffu gouverner », corn. leu, cymr. llyw et vir. lui « gouvernail » : soit un celt. *lowyo- « gouvernail », pour *lopuyo-, dont le correspondant, existant dans les langues germaniques, a produit par emprunt le terme de marine fr. loff-er.

Levr, s. m., livre, corn lioer, leoar el lyvyr, cymr. llyfr, vir. lebor, ir. et gael. leabhar. Empr. lat. Itber.

Levriad, s. m., chalumeau (où les doigts glissent) : dér. d’une base *leor- < celt. *slib-ro- « glissant », cf. cymr. llyfr « la partie (du véhicule) qui traîne à terre », vbr. libir-iou pl. « traîneaux »,lat. Itxbr-icus « glissant ». V. la rac. sous lemm et libonik.

1 Léz, s. m., cour, mbr. les, cymr. llys, vbr. lis, vir. liss et less, ir. etgael. lios « jardin » (aucun rapport avec le br. liorz) : d’un celt. *lisso-, pour *plisso- < i.-e. *plt-so- « enclos », dont on trouvera la rac. sous lèdan.

2 Léz, s. f., hanche, cymr. lied, « côté, moitié », vbr. let, vir, ir. et gael. leth id. : soit un celt. *te/-«-o-, dér. secondaire par rapport à celt. Het-os « côté », qui répond au lat. liU-us, sans autre équivalent connu.

3 Léz, s. m., lisière, bord. Empr. fr. ancien lez « côté » « lat. lotus), d’où aujourd’hui l’adv. fr. lez « près ».

4 Léz, prép., près de. V. le précédent.

Léza, vb., allaiter : dér. deléaz. V. ce mot.

Lézel, vb., quitter, mbr. lesell. Empr. fr. laisser.

Lézen, s. f., loi : dér. d’empr. fr. ancien leis id.

Lézen, s. f., lisière : dér. de 3 léz. V. ce mot.

Lézen, s. f., laitance : dér. de léaz. V. ce mot.

Lézirek, adj., oisif : dér. de mbr. lesir. Empr. fr. loisir. Cf. lurè.

Lézou, s. m. pl., glas : pour *c’hlézou, pl. de 3 glâz. V. ce mot.

Liac’h, s. f., pierre, vir. et gael. lia id., cf. gael, leug « gemme » : contamination du celt. *lèwink- (cf. gr. λᾶας « pierre » et λᾶιξ « caillou », ital. lavagna et al. leie « ardoise ») a r ec le br. lec’h. V. ce mot.

Liamm, s. m, lien. Empr.fr. ancien « lat. ligàmen).

Libistr, s. m., boue, mbr. libostren (douteux) : pour *c’hlib-istr, même radical que dans gléb. — Conj.

Libonik (V.), s. m., rémouleur, aussi limonik, et cf. vbr. lemhaam « j’aiguise » : dér. d’un radical •//6- 1 qui représente une rac. SLEIB (et SLEUB), dont le sens s’accuse par le lat. lab-ricu-s « glissant », ag. to slip « glisser », al. schleif-en (ppe ge-schliff-en) « aiguiser » et schleif-en (ppe ge-schleif-t) « traîner ». Cf. arléc’houein, bréôlim, lemm, leoriad, luban, et les mots cités sous jelken.

Libourdien, s. f., souillon : dér. du radical de libistr.

Llk, adj., laïque, lascif 1, corn. leie. Empr. lat. lâicus.

Likaoui, vb., cajoler : dér. probable du précédent.

Likéta, vb., placarder. Empr. ags licettan et liccettan « simuler »’.

Lîd, s. m., fête, mbr. lit, vir. lilh, gaul. Litu- dans plusieurs noms propres : soit un celt. *lilo- <l*lêto-, le même que gr. *λητο- dans λητουργία^^4, etc. ; sans autre équivalent connu.

Lien, s. m., toile, corn. (ancien) Hein et cymr. lliain « linge » : d’un celt. *lesanyo- peut-être apparenté à *plinnà >£ lenn.

Lies, adj., plusieurs, beaucoup, cymr. liaus^> lliaw, vir. lia, gael. Uuih id. : d’un celt. pl. *leises, pour *pleis-es 9 comparatif du mot signifiant « beaucoup » ; cf. gr. πλείων comparatif de πολ-ύ-ς, lat. pleor-es > plûr-ès. visl.,/feiW « plus »*. (Le vocalisme manque partout de netteté.)

Lioh, s. m., liège. Empr. fr., et cf. sich pour le vocalisme.

Lilien, s. f., lis, corn. Mie, etc. Empr. lat lïlium.

Lim, s. m., lime. Empr. fr. Cf. cymr. llifn scie », empr. lat. tima.

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Limeetra, adj., violet, pourpre : cf. fr. limestre « sorte de serge » ; mais il n’est pas dit qu’elle fût nécessairement violette (lat. limbus ostreus ?).

1 Lin, s. m., lin, corn. lin, cymr. llin. Empr. lat. linum.

2 Lin, s. m., pus, cf. cymr. lliant « flot » : soit un dér. celt. de la rac. LI « couler », qu’on trouvera sous 1 lenn et licaden.

Linad, s. m., ortie, corn. linhaden (voc.) et linax : pour *nenad vir. nenaid, celt. *ne-nad-i, soit une forme redoublée du même radical primitif *nad- qui a produit ag. nettle et al. nessel « ortie » ; cf. aussi gr. à$-(x7) < *nd-ika, qui a la rac. à l’état réduit.

Link, liàkr, adj., glissant : contamination de mbr. lencr et de lihtr. V. ce mot, et cf. (pour le sens) lenkernen, 2 Un, lemm, etc.

Lindag, s. m., lacet : exactement « lin à étrangler ». V. sous taga.

Linen, s. f., ligne, cymr. llin. Empr. lat. linea.

Liùtr, adj., luisant, corn. ter-lentr-y « scintiller », cymr. llithr-o « glisser » (cf. link), lleih-r « pente h et llath-r « poli », vir. et gael. leit-ir « pente » : il y a eu corruption par mélange de formes de diverses quantités et issues de racines différentes ; mais celle qui parait prépondérante est SLIDH du gr. ôXtoôdlveiv « glisser », ag. to slide, al. schlitten « traîneau.».

Liorz, s. f., jardin, corn. luworth (voc.) > lowarth, cymr. lluarth, vir. lub-gort id. : d’un celt. Hubi-gorto- (-gortà), exactement « enclos à plantes ». V. le premier terme sous louzou et le second sous 2 garz.

Lion, s. m., couleur, corn. liu, cymr. lliw, vbr. liou, vir. lii > li, gael. Il id. : d’un celt. */îw ?-es-, cf. le surnom gaul. latinisé Lîo-iu-s « coloré » et le lat. lio-or « pâleur » ; les deux sens se conciliant par la valeur initiale de la rac. LI, « s’attacher, se superposer à », gr. à-X(-v-etv « enduire », lat. li-n-ere, vir. le-n-im « je m’attache », sk. li-ya-te « il se colle contre » ’, etc. V. un autre dér. sous goulenn,

Lipa, vb., lécher : dér. d’empr. fr. lippe, lippée, etc.

Lipouz, adj., friand : dér. du précédent.

Lireû, s. m., lilas. Empr. fr. altéré par une cause inconnue.

Liaer, s. f., drap de lit, mbr. licel (pour *lincel> cf. la variante actuelle ninsel T.). Empr. fr. linceul (aujourd’hui spécialisé).

Lisiou, s. m., lessive, cymr. leisvo> vbr. lissiu et lisiu. Empr. lat. lixivum.

Listrier, s. m., buffet : dér. de lestr. V. ce mot.

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Liva, vb., peindre : dér. de lie. V. sous liou.

Livaden, s. f., inondation, cf. cymr. llifn flot », vir. lie, ir. lia, gael. lighe « inondation » : amplifié sur la rac. d’où sont issus 1 lenn et 2 Un.

Livastred, s. m. pl., canaille. — Étym. inc.

Livrin (C), adj., bien portant, dispos, mbr. liffrin. Empr. ags. liflic (>ag. lively) avec nouveau suffixe de type breton. — Conj.*.

Livriz, adj., frais, doux (lait), mbr. liufriz, vbr. leverid, cymr. llefritk, cf. vir. lemnacht « *lem-lacht ?). — Étym. obscure.

Lizen, s. f., plie (aussi pleizenV., contaminé du fr.), mbr. leizen, cymr. llythien, et cf. adj. llyth, « plat, mou » : contamination ancienne d’un dér. du radical de lédan et d’un dér. du radical de leiz. V. ces mots.

Lizer, s. m., lettre missive, corn. lither, cymr. llythyr. Empr. lat. litlerae pl.(Au singul. lizérerm caractère d’écriture »).

Loa, s. f., cuiller, corn. lo t cymr. llwy, vir. liag, ir. liach, gael. liaghid. : d’un celt. *leig-â, dont l’équivalent lat. a produit le diminutif lïg-ula « cuiller » ; le tout de rac. LEIGH « lécher », mbr. leat, cymr. Uyf-u > llyo, vir. lig-i-m « je lèche », sk. rih-à-ti et lih-a-ti « il lèche », gr. Xefy-*», lat. ling-ere (qui explique le g irrégulier de ligula), ag. to Uck et al. leck-en, vsl. liz-ati et lit. lësz-ti « lécher ». Cf. leàé.

Loakr (T.), adj., louche, mbr. loes pour *loesk, etc. : altérations diverses et peu claires de l’empr. lat. luscus par le radical de lagad.

Loar, s. f., lune, corn. luir, cymr. lloer. — Étym. inc. *.

Lôd, s. m., portion, mbr. lot. Empr. fr. lot.

Loen, s. m. f., animal, mbr. lozn^> loezn, corn. lodnei cymr. llwdna petit d’animal », cf. vir. et gael. loth « poulain » : soit un celt. *lutno-, isolé 1.

Loer, s. f., bas, cf. cymr. llawdr « culotte », corn. loder « bottine ». mbr. louzr « chausse » : soit un celt. *làtro-, sans répondant sûr ailleurs (al. Iode « lambeau » ?? ? Bzzbg.).

Lôgôden, s. f., souris, corn. logoden, cymr. llyg et llyg-oden, vir. luch (gén. loch-at), gael. luch id. : soit un celt. *luk-oto-, peut-être de rac. PLUK « s’enfuir ». V. sous leûri, et cf. lus et c’hoanen.

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Loch, s. f., levier. Empp. germanique probable : cf. visl. làg « arbre abattu », d’où ag. log, « bloc, souche, loch ».

Lomber, s. m., lucarne, soupirail. Le fr. ancien a lombre <c nombril » : dans la supposition d’un emprunt bien invraisemblable, l’identité de forme (enfoncement circulaire) justifierait le sens breton. — Conj.

Lomm, s. m., goutte, cymr. llym-aid « gorgée », vir. loimm id. : soit un celt. *lommen, pour *lop-men, qu’on rapproche de gr. λάπ-τειν et lit. làk-ti, « lécher, siroter ». — Aucune donnée ferme.

Loàk, s. m., gouffre : abstrait du suivant.

Loàka, vb. engloutir, avaler, cymr. llyngc-u, vbr. ro-lunc-as « il avala », cf. vir. slucci-m « j’avale » : soit un celt. *sluAkô et *slukkô, dér. de rac. SLUG > LUG, gr. λύζ-ειν et al. schluck-en « avaler », gr. λυγγ-άνειν et al. schluch-zen, « sangloter, avoir le hoquet ».

Lonec’h, s. f., rognon : dér. d’empr. fr. ancien logne « longe » 1.

Loàtek, s. m., gourmand : dissimilé pour*lofikek. Cf. loftka.

Lorbein (V.), vb-, ensorceler : plus anciennement, « corrompre, séduire », et lorbour « trompeur » ; cf. fr. ancien lorberie pour loberie « séduction », de lobber et lober « cajoler » (God.). — Empr. fr. probable.

Loré, s. m.» laurier. Empr. fr. altéré laurel. Cf. morse.

1 Lorc’h, s. m., flatterie : identique au suivant f. — Conj.

2 Lorc’h (V.), s. m., effroi : comme qui dirait « [coup de] massue », d’un celt. *lorgo* « gourdin », attesté par mbr. lorchen « timon », corn. lorch « bâton », vir. lorg et lorc « massue »*.

Look, s. m., brûlure. V. la formation sous leski.

Lost, s. m., queue, mbr. lost, cymr. llost, vir. los id. : d’un celt. *losto- ou *lostà sans autre équivalent connu ; tout à fait isolé.

Lôsten, s. f., jupe : dér. du précédent.

Louad, adj., benêt, paresseux. — Aucune donnée ferme.

Louan, s. f, courroie, mbr. lovtffan, corn. louan, cymr. llyfan, vir. loman, ir. lomna « corde », gael. lomhainn « laisse » : d’un celt. # /oma/ia, dont aucun équivalent ne se rencontre nulle part.

Louarn, s. m., renard, corn. et vbr. louuern, cymr. llywern-og (dans un

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nom de lieu), vir. Loarn id., gaul. dér. Aouépv-io-c : d’un celt. *luerno-, pour *lup-erno-, dont l’équivalent le plus approché 1 est sk. lop-àçà « chacal », et gr. à-Xanc-tjÇ emprunté sans doute à une langue asiatique.

Loudour, adj., malpropre : dér. d’une base */ourf- qui signiBerait « ordure », cf. vir. Loth « marais », ir. lod-an t gael. lod et lod-an « motte de terre », celt. *Zu/-, lat. lut’U-m « boue », lit. lut-ynas « fondrière ».

Loued, adj., moisi, gris 1, mbr. loet, corn. luit, cymr. llwyd et vbr. loii « chenu », vir. llath, ir. et gael. liath « gris » : d’un celt. *leito Tt pour *pl-eito-, de même dérivation que sk. pal-itâ « gris », gr. ™X-itv<5-< id. et iroX-t<5-c « chenu », lat. pul-lus « noirâtre » et pall-idu-s a pâle », ag. fallow et al. Jalb « fauve », lit. pàl-vas « pâle », vsl. pla-cû « blanchâtre ».

Loufa, vb., vesser : dér. de mbr. louff « vesse ». Empr. fr. populaire et dialectal, cf. provençal loufa et picard loufée.

Loui (C), puer 1 : dér. du précédent (*loufi > *louvi > loui).

Lounez, s. f., variante de lonec*h k. V. ce mot.

1 Louz, adj., malpropre, obscène. Empr. fr. ancien lous « misérable » ; mais cf. aussi loufa, loui et 2 louz.

2 Louz (C), s. m., blaireau : identique au précédent (puant).

Louzaou, louzou, s. m., herbe, légume, mbr. lousouenn, corn. losow pl.. cymr. llys(p. llysiau), vir. luss, ir. et gael. lus id. :d’un celt. */u*$u-, pour *lup-su-, et celui-ci dér. du même radical que celt. *lub-i- « herbe », attesté par vir. luib, ir. et gael. luibh « herbe » et br. liorz*. V. ce mot

Lovr, adj., ladre, lépreux, mbr. lojjfr, cymr. llwfr « souffreteux », vbr. lobur « faible », vir. lobur id., ir. et gael. lobhar « lèpre » ; d’un celt. *lob-ro-, cf. vir. lobat « qu’ils pourrissent », ir. lobhaim « je me corromps », gael. lobh id., lat. làb-î « s’écrouler », taé-ês « ruine », sans autre équivalent connu ; on songe aussi à got. thlaq-us « mou ».

Lu, adj., ridicule : parait abstrait de luia. V. ce mot.

Luban, adj., insinuant : soit un celt. *sloib-ano-« qqi se glisse ». V. la rac. sous libonik, mais avec les mêmes réserves. — Conj. Ern.

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Ludu, s. m., cendre, corn. lusow, cymr. lludw, vir. lùaith, ir. luaith, gael. luath id. : d’un celt. Houtwi-, auquel on ne connaît pas d’équivalent ; cf. pourtant al. lod-ern « couver sous la cendre ».

Lufr, s. m., éclat, lustre, cymr. lleufer, vbr. louber id. : d’un celt. *lou’broluminaire », cf. lat. lac-ubrâre « travailler à la lumière ». V. la rac nue sous goulou et amplifiée sous lâcha.

Lûg, adj., lourd (temps) : exactement « blanc » d’un celt. fléchi *louk-o-, cf. gr. (normal) λευϰ-ό-ς « blanc », dont la rac. est sous luc’ha.

Lugern, s. m., éclat, corn. lugarrm lampe », cymr. llugorn, vir. làcharn, ir. làchrann et gael. Ibchran « flambeau » : d’un celt. Houk-orno-, cf. lat. luc-erna « lampe », tous dér. de la rac. LUK. V. sous luc’ha.

Lugud, s. m., lenteur, paresse : dér. de làg*.

Lugustr, s. m., troène, nénufar. Empr. lat. ligustrum. Cf. burzud.

Luc’ha, vb., luire : soit un celt. */ou/c-a-ô « je brille », dér. de rac. LEUK LUK, universellement répandue ; sk. ràc-a-ti « il brille », rue à « brillant », rokâ « éclat », etc. ; gr. λευϰ-ό-ς « blanc », ἀμφι-λύϰ-η « crépuscule », λύχ-νο-ς « Lampe », etc. ; lat. *louk-s > lûx, lac-ère, *louk-s-nà >lana, lumen, etc., etc. : cymr. llùg« lumière » et vir. luach « blanc », etc. (cf. les précédents à partir de lufr) ; got. Uuh-atha lumière », ag. light, al. licht, et leuchten « éclairer » ; lit. laúk-a-s « φάλιος » (sous 1 baḷ).

Lucliéden, s. f., éclair, corn. luhet, cymr lluched (singul. lluched-en), cf. vir. lâche (gén. làchet) et gaul. Leuc-etio-s (surnom du dieu Mars) : d’un celt. * louk-s-etâ. V. la rac. sous luc’ha.

Luia, vb., brouiller : variante possible de luzia.

Lûn, s. m., lundi. Empr. lat. lunae (diès).

Lupr, adj., en rut. Empr. fr. ancien labre, abstrait de l’empr. lat. savant lubricus > fr. lubrique.

Luré(V., C), s. m., paresse, négligence : contraction dialectale àeHizouré. V. sous lézirek et cf. ag. leisure. — Conj.

Lurel, s. f., bande, ligature : contraction de Hezurel, dér. et altéré de l’empr. fr. lisière. Cf. 3 lézet 2 lézen. — Conj. Lus, s. m., airelle, cymr. llus id. (singul. llusen) : se rattache à un celt. *luk-o- « noir » qu’attestent cymr. llwg « pâle » et vir. loch « noir » 3.

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Luska, luskella, vb., agiter, bercer, mbr. queu-lusq « mouvement », vbr. pl.lusc-ou « berceaux », ir. luasg-aim « je secoue » et gael. luaisg « agiler », etc., etc. : soit un celt. *louk-skô « j’agite », pour *ploug-skô, qui se rattache aux racines qu’on trouvera sous leùri.

1 Lusen, s. f., brouillard : dér. du même radical que lus ou que lùg, et probablement de l’un et de l’autre, vu la variante luzen.

2 Lusen, s. f., le premier lait d’une vache qui vient de vêler : pour usen [708] qui s’est partiellement maintenu, et celui-ci d’une base celt. *ous- pour */)ous-, cf. sk. piyàs-a et gr. *m><j-o ç > mio ; qui ont le même sens.

Luzen, s. f., vaciet : pourrait signifier « lampe, lanterne » ; cf. le nom de la luzerne ( « ver-luisant » en provençal), le fr. veilleuse, nom populaire du colchique d’automne, etc.

Luzia, vb.. brouiller, confondre, mbr. luz « embarras », cymr. lludd « obstacle » : soit un celt. *loud-o-, qui peut se rattachera la rac. LUDH, sk. runâd-dhi et rodh-a-ti, « il arrête, encombre », etc.


M

1 Ma, mon : le radical m- pour le sg. du pronom et du possessif de 1** personne est commun à toute la famille et ne requiert pas d’exemple.

2 Ma, si, corn. mû, vir. ma > ma, gael. ma id. : le sk. a une particule sma ou smd, bien connue, qu’il possède en outre, en commun avec le germanique, à titre d’élément de déclinaison des pronoms et démonstratifs, et qu’on reconnaît aussi dans l’emphatique lat. -met[709].

3 Ma, particule correspondant au fr. -ci. V. sous man, et cf. ama et éma.

4 Ma, où (interrogatif) : cf. les deux précédents et le suivant.

5 Ma, que : paraît identique au précédent[710].

Mâb, s. m., fils, corn. mab, cymr. mâb, vbr. map, vir. macc, ir. et gael. mac « fils » bien connu par les patronymiques : d’un celt. *mak-wo-, soit « nourrisson », dont on trouvera la rac sous maga

Mâd : adj., bon ; adv., bien ; s. m., richesse ; mbr. mat, corn. mas, cymr. mad, vir. et gael. maith> math id. : d’un celt. *ma-ti- (gaul. Matidomnus n. pr.), dont le sens originaire est « mesuré, bien composé » ; dér. de rac. MÊ « mesurer », qu’on trouvera sous amzer, ou peut-être de celle plus obscure du lat. mâ-turu-s, « mûr, à point ».

Madré, s. m., séneçon. Empr. fr. madré. V. sous baré.

Maé, s. m., mai, corn. mê, cymr. mai. Empr. lat. maius.

Maérounez, s. f., marraine : féminin pléonastique refait sur le mbr. mazron id., qui est empr. lat. matrôna. Cf. aussi niz et léanez.

Maga, vb., nourrir, élever, mbr. maguaff, corn. maga, cymr. mag-u id. : d’un celt. *mak-ô, « je nourris, je fais grandir », qui se rattache à la rac. MAK « grand », zd maçafih « grandeur », gr. μαϰρ-ό-ς « large » et μῆϰ-ος largeur », lat. mag-nu-s, etc. V. aussi mâb et bagol.

Maclia, vb., fouler (aussi mahein V.j. Empr. bas-lat. *maccâre, attesté notamment par l’espagnol macar « meurtrir ».

Mac’haâa, vb., mutiler. Empr. fr. ancien mehaingnier.

Mac’homer, s. m., usurpateur : dér. d’un type *mac’kom « oppression », qui est à mac’ka ce que fr. pression est à fr. presser, c’est-à-dire dér. d’un vb. br. par un procédé emprunté au français. Cf. dalif, etc.

1 Mal, s. m., béquille, mbr. mail, cf. cymr. bagl « bâton » : contamination de l’empr. lat. baculus et du représentant de Tempr. lat. maliens (à cause du gros bout de la béquille). Cf. 1 mal et bélek.

2 Mal, s. f., coffre. Empr. fr. malle.

1 Maḷ, s. m., maillet. Empr. fr. ancien mail<i lat. malleus.

2 Maḷ, s. m., maille. Empr. fr. maille < lat. macula.

3 Maḷ, adj., expert, savant : paraît abstrait d’une locution telle que eunn den mal, « un homme de maléfice, un sorcier », etc. Empr. fr. ancien malie « sortilège ». — Conj.

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Mala, vb., moudre, mbr. malaff, cymr. malu, vir. mel-i-m « je mouds », ir. meilim, gael. meil id. : d’un celt. *mel-ô, rac. MELA, cf. sk. mr-nà-ti « il broie », gr. μύλ-η « meule » et ἀλεῖν moudre », lat. moUa et molere % al. mahl-en « moudre » et meM « farine », lit. mâl-ti, vsl. mel-jç, etc.

Malan, s. f., gerbe, mbr. malazn pour *manazl, cf. br. a/an et corn. mana/ id. : d’un celt. *man-atld, qui correspond comme racine et sens au lat. man-ipulu-s « poignée »*, lequel signifie aussi « gerbe ».

Malard, s. m., canard mâle. Empr. fr. ancien maillart id.

Mall, s. m., hâte, corn. mal « désir », cymr. malio « soigner » etgo-fal « souci » : on rapproche le gr. μέλει μοι « il m’est à soin », qui a en grec de nombreux dérivés, mais point d’équivalent sûr ailleurs.

Mallc’héot, s. m., jusquiame : exactement « herbe molle », le premier terme étant le même que cymr. mail « mou » et ir. mail « lent », soit un celt. *mallo- t pour *mal-wo- > à peu près pareil à lat. mollis et ag. mellow.

Malloz, s. f., malédiction, mbr. malloez, corn. molleth (pour *malloeth), cymr. melldith, etc. Empr. lat. maledictiô et cf. millisien.

Malô, s. m., mauve. Empr. lat. maloa.

Majok (V., aussi bafok), s. m., menton. Empr. fr. ancien mailloque « surface arrondie de l’extrémité du maillet », etc. (métaphore).

Majur, s. m., maillot, mbr. mailluraoupl. : soit un empr. fr. *maill-ure, dér. de maille comme l’est aussi maill-ot.

Malven, s. f., cil, mbr. maluenn « paupière », vir. mala (gén. malach)et gael. mala « sourcil » : d’un celt. *malw- et *malaks-, dont on ne trouve d’équivalent (douteux) que dans les langues lettiques.

Malzen, s. f., flocon : pourrait se rattacher, par le sens « tendre, délicat » (cf. vir. meled « agréable »), au même radical que la syllabe initiale de mallc’héot. V. ce mot. — Rien de précis.

Mamm, s. f., mère, corn., cymr. et ir. mam. Cette réduplication enfantine et caressante de l’i.-e. *mâtër (cf. moéreb) se retrouve dans presque toutes les langues de la famille. Cf. aussi tâd.

Mammen, s. f., source, origine : dér. du précédent.

Man, adv., ici, ci : pour amaà, et cf. 3 ma et éma.

Man, s. f., mine, apparence : peut-être altéré de 2 mîn sous l’influence de l’empr. fr. manière > mbr. manier. Cf. 3 mann.

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Manacli, s. m., moine. Empr. Jat. monachus.

Maàk, adj., manchot, mbr. manc. Empr. lat. mancus.

Mandok, s. m., goujon, gardon (poisson à grosse mâchoire) : pour *mantok, dér. de *mant = cymr. et vir. mant « mâchoire », et celui-ci d’un celt. *mand-eto- dér. de la rac. peu répandue qui a donné lat. mand-ere « mâcher », mand-ucàre > fr. manger, et mand-ibula.

Manek, s. f., gant. Empr. lat. manica.

Maner, s. m., manoir. Empr. fr. ancien maneir. IMann, s. m-, mousse terrestre (la vraie graphie serait man Loth), cf. cymr. mawn et ir. main « tourbe » : soit un celt. *mak-ni- ou *màk-nimarais », etc., dont on peut à peine rapprocher lat. muscus, ag. moss.

1 Mann, s. m., corbeille. Empr. fr. manne.

2 Mann, rien, corn. man : identique à mdn, au sens de « [pas]… apparence », devenu négatif par le contact avec une négation ; ou bien à cymr. man, qu’on trouvera sous marbléô. V. sous 3 kammed.

Mannon, s. m. pl., menu fumier : pl. de 1 mann.

Mannouz (V.), adj., nasillard. — Étym. inc, mais cf. mohkluz.

Manooner, s. m., chaudronnier : dér. d’empr. fr. ancien maignan (conservé comme n. pr.) = ital. magnano < bas-lat. *machinânus.

Mantra, vb., accabler, navrer ; cf. cymr. mathru « fouler aux pieds » : dérivation secondaire du même radical primitif d’où est issu le vb. mont.

Maô, adj., bien portant, gai, mbr. mau, corn. maw « garçon », cymr. *mau- « serviteur », gaul. *mag-us dans le n. pr. Magu-rix, cf. got. mag-u-s « garçon » ’ : soit un celt. *mag-u-, dér. de rac. MEGH « grandeur », sk. mah-ànt « grand » ( gr. μέγ-ας, lat. ing-ens), got. mag-an vb. « pouvoir », ag. I may et al. ich mag 9 got. mah-t-s « puissance », ag. might et al. macht, vsl. mog-q. « je puis », etc., etc.

Maouez, s. f., femme, mbr. moues, corn. mowes id. : fm. du précédent.

Maout, s. m., mouton, corn. mois, cymr. molli, ir. rnolt, gael. malt id. : d’un celt. *mol-to-, ppe passé de la rac. de mala, cf. lat. mul-tu-s, « moulu, écrasé, châtré » (d’où le dér. fr. mout-on) f et russe mollit « châtrer ». V. les mots cités sous mala et la note sous kalz. Mar, si. V. sous la forme plus simple 2 ma*.

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Mâr, s. m., doute, corn. mar id. : soit un celt. *mar-o-s « inquiétude » ; cf. gr. μέρ-ιμνα « souci », sans autre équivalent connu.

Marbigel, s. f., étrape. V. sous marr etpigel

Marbléô, s. m., poil follet : le premier terme, mar- pour *man, équivaut au cymr. man « petit », cf. vir. min et menb id., gr. μείων, lat. minor, etc. ; ou bien *marv-bléô « poil mort ». V. ces mots’.

Mare, s. m., marée. Empr. fr. (d’où maréad « foule »).

Marella, vb.. bigarrer. Empr. fr. (marelle, méreau, etc.).

Marc’h, s. m., cheval, corn. et cymr. march, vir., ir. et gael. marc, gaul. *marc-o-s et fm. μάρϰ-α : d’un celt. *mark-o-s, qui ne se retrouve qu’en germanique, vhal. marah « cheval » (d’où marah-scalc, « valet de cheval, palefrenier », latinisé mariscalcus > f r. maréchal), al. mahreet ag. mare « jument » ; tout à fait isolé, si le germ. est empr. celt.

Marc’had, s. m., marché. Empr. lat. mercàtw.

Marital, s. m., inquiétude, jalousie : dér. de mar > mâr, mais peut-être contaminé, quant au sens et à la forme, de fr. ancien marri. Marlouan, s. m., merlan. Empr. fr. altéré.

Marmouz, s. m., singe. Empr. fr. ancien marmotte id. et cf. marmouset

Marô, s. m. etadj., mort, mbr. maru etmarf, corn. marow, {abréviation|cymr.|cymrique}} marw, vir. marb, ir. et gael. marbh « défunt » : d’un celt. *mar-wo-, dér. de rac. MER « mourir », sk. mr-iyà-te « il meurt » et mr-tà « mort » (mâr-ta « mortel »), gr. βρότος (pour *μρο-το-ς) « mortel », lat. mor-io-r. mor-s, mor-tuu-s, etc., lit. mif-ti « mourir », vsl. mrè-ti, etc.

Marr, s. f., grande houe. Empr. fr. ancien marre id.

Martézé, adv., peut-être, mbr. martese, corn. martesen id. : les variantes matrézé et matrèzen indiquent une locution du même type que cymr. o thry hyn « si cela tourne > en admettant que cela arrive », dont on trouvera les éléments sous 2 ma, treiei se (le démonstratif qui est contenu dans azé) ; la métathèse vient de la variante *mar-tré-sé (sous mar).

Martôlod, s. m., matelot. Empr. fr. peut-être contaminé de merdéad.

Marvel, adj., mortel : dér. de maro > marô.

1 Marz, s. m., merveille, miracle, corn. marth, mais cymr. gwyrth inàiquant la forme inaltérée. Empr. lat. olrtas, et cf. burzud.

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2 Marz, s. m., frontière, mbr. mars. Empr. fr. ancien marche, lui-même empr. germanique, et cf. brô.

Mastara, vb., salir. Empr. fr. ancien matrasser « ébaucher ». — Conj.

Mastin, s. m., mâtin. Empr. fr. ancien mastin.

Mastokin, s. m., coquin : contamination de mastin et coquin.

Matez, s. f., servante, corn. maghteth > mahtheid, cymr. machteith id., vir. -macdacht « adulte » : d’un celt. *mag-wa-takta, dér. secondaire par rapport à got. mag-ath-s « jeune fille », ag. maid, al. magd « servante », cf. màdchen « jeune fille ». V. la rac. sous mâo et cf. mével.

1 Mé, je, moi : accusatif devenu nominatif. V. sous 1 ma.

2 Mé (V.), s. m., pétrin. Empr. fr. ancien mait > maie.

Méan, s. m., pierre, corn. men, cymr. maen, vbr. main id. : d’une forme celtique, qu’on peut rapprocher de lat. moen-ia « murailles », isolé.

Méar, s. m., maire, mbr. maer, cymr. maer, « intendant, administrateur », vbr. mair, etc. Empr. lat. major (d’où vient aussi fr. maire, dont l’influence sémantique a amené la restriction de sens en breton).

Méaz, s. m., campagne, mbr. maes, corn. mes, cymr. maes « champ » : d’un celt. *mag-es-tu- t dér. d’un celt. nt. *mag-es- « champ », corn. et cymr. ma, vir. mag, ir. et gael. magh, gaul. -magos dans un grand nombre de noms propres ; cf. sk. mah-i « la terre », exactement « la grande », dér. de la rac. qu’on verra sous maô. V. aussi amaû.

Médi, vb., moissonner, mbr. midifc vbr. met-etic « moissonné » : soit un celt. *met-ô « je moissonne », lat. met-ere, cf. gr. à-fidt-u>, ag. to moto et al. mâh-en id., mat-te « prairie », ohmet « regain », etc.

Mégel, s. f., tique : pour bègel. V. ce mot 1.

Mégin, s. f., soufflet : variante de bégin. non sans influence possible d’empr. lat. machina qui est à la base de manouner.

Mécher, s. f., métier. Empr. fr. (t + y > br. ch).

Méc’hi, s. m., morve : pour *moc, A-i, dér. du même radical que môc’h. V. ce mot, et cf. moûkluz et la variante mic’hi.

1 Mél, s. m., miel, corn. et cymr. mel, vbr. mél, vir., ir. et gael. mil id. : d’un celt. *mel-i-, cf. gr. μέλ-ι (-ιτ-ος), lat. mel (meW-w), got. milrith.

2 Mél, s. m., moelle, sève : peut-être empr. lat. medulla*, mais altéré

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[719] par contamination du précédent ou contact du roman (prov. melha).

1 Meḷ, s. m., mulet (poisson), mbr. meill. Empr. lat. mugil, ou plutôt empr. fr. ancien meuil (du même). Cf. moullek (tout différent).

2 Meḷ, s. m., poing, mbr. meilh et (plus complet) meilh an dorn, vir. mul-dorn, exactement « tête [formée par] la main » ; cf. mbr. melle « sommet de la tête », vir. et gael. mull-ach « sommet », ags. mold-a « suture du crâne » et sk. mûrdh-àn « tête ». V. aussi mêliez.

Mélaouen, s. f., mélilot : dér. de 1 mél.

Mélen, adj., jaune, corn. milin, cymr. melyn id. : d’un celt. *mel-ino- (couleur de miel ?), cf. sk. mal-inâ « sombre », gr. μέλας « noir », lit. mèl-yna-s « bleu »[720] (dont le radical est *mèl-).

Mélének, s. m., verdier : dér. du précédent.

Melchen, s. m., trèfle, mbr. melchonenn, cymr. meiUion id. : dér. de 1 mél avec évolution normale du y brittonique en ch breton.

Melc’houéden, s. f., colimaçon, mbr. melfeden, etc., et cf. melhuenn (V.) « morve », cymr. malw-od-en « limaçon » : dér. du radical *mall-[721] « mou », mais cf. ir. et gael. mall « lent ». V. sous mallc’héot.

1 Mell, s. m., articulation, vertèbre, corn. mal (pl. mell-ow), cymr. cymmal « jointure » : d’un radical celt. *mel-s-, qui est le même que celui du gr. μέλ-ος « membre », cf. sk. mâr-ma « organe » et lit. mel-m& « dos ».

2 Mell, s. f., gros ballon ; le même que mbr. melle (sous 2 meḷ).

3 Mell, s. m., millet : soit un celt. *millo- pour *mil-yo-, de même formation que lat. mil-iu-m (> fr. mil), isolé par ailleurs.

Mêllez, s. f., suture de la tête : dér. de melle (sous 2 meḷ).

Mellézour, s. m., miroir : dissimilé pour *merezour. Empr. lat. romanisé *miradàrio < bas-lat. mirâtôrium. Cf. aussi mirout.

Mellon, s. m. pl., renouée : pl. de 1 mell « nœud ».

Melré (C), s. m., souci. — Étym. inc. Cf. mall.

Melv (V.), s. m., morve. V. sous melc’houéden.

Melven, s. f., variante de balafen, et cf. mégel.

Men, s. m., variante de méan. V. ce mot.

Ménaoued, s. m., alêne, mbr. menauet, cymr. mynawyd, vir. menad id. : soit un celt. *minaw-eto-, cf. gr. σμινύ-η « pioche » (objet pointu).

Mének, s. m., mention, souvenir : cf. cymr. mynag « rapport », vir. muinig-in « confiance », etc. V. la rac. sous koun et cf. menna.

Ménéc’hi, s. m., asile, franchise, mbr. menehy, etc. Empr. bas-lat. monachia, « enclos de moines, terre ecclésiastique ».

Ménez, s. m., montagne, corn. menedh, cymr. mynydd, vbr. -monid, gael. monadh, gaul. *-menios dans Herminius mons, etc. : d’un celt. *men-iyo-, dér. d’une rac. MEN « être élevé », cf. lat. ë-min-ëre, etc., et mons < *mon-t-s, dont le radical se retrouve dans le gr. μοῦσα (mousa)[722] « ( *μον-τ-yα (*mon-t-ya)).

Mengleûz, s. f., mine, carrière, cymr. mwyn-glawdd id. Le premier terme, que le br. a confondu par étymologie populaire avec men, est en réalité cymr. mwyn « métal brut », vir. méinn « métal », qui ne se trouve avec certitude que dans le domaine celtique (soit *meinni- < *smei-n-ni-, et cf. ag. smith, al. schmid « forgeron ») et a donné par emprunt le fr. mine. V. le second terme sous kleàz, et cf. men = méan et minier.

Menna, vb., penser, estimer, désirer, cf. cymr. myn « désir », vir. mian et gael. miann « désir », ag. to mean et al. mein-en « avoir l’intention de » : se rattachent à la rac. qu’on trouvera sous koun. Cf. mének.

Mennont, vb., demander, offrir. Empr. lat. mandare.

Meut, s. f., grandeur, taille, corn. myns, cymr. maint, vbr. -mint, vir. met > mèity gael. meud id. : d’un celt. *mn-ti, auquel on ne connaît pas d’équivalent précis (cf. pourtant menez), mais dont relève le fr. maint.

Méra, vb., manier, administrer, mbr. maerat id. : dér. de mbr. maer > br. méar. V. ce mot et meneur.

Merk, s. m., marque : contamination de l’empr. fr. ancien marque et de l’empr. fr. ancien merchier « remarquer », tous deux au surplus venus du germanique. Cf. 2 marz et merzout.

Merdéad, s. m., marin, cf. mbr. mordeiffei cymr. mordwy « naviguer », cymr. mordwyad « matelot ». V. le premier terme sous môr ; le second est peut-être une des formes originaires de dont. V. ce mot.

Méren, s. f., goûter. Empr. lat. merenda.

Méreur, s. m., fermier : dér. de méra[723].

Mergl, s. m., rouille, vir. et gael. meirg (les deux mots ne sont pas identiques) : soit une base celt. *merg-, dont le sens étymologique pourrait être « sombre » (cf. ag. murk) ou « émoussé » (cf. gr. μάργ-ο-ς (marg-o-s) ?).

Merc’h, s. f., fille, corn. myrch, cymr. merch, etc. : d’un celt. *merg-eka, qui est comme un diminutif par rapport au lit. merg-à « jeune file » ; cf. aussi sk. màr-ya et mar-ya-kâ « jeune garçon », gr. μεῖραξ et gael. smarach id. (et br. mâb venu d’un celt. *mago-qo ???).

Merc’her, s. m., mercredi. Empr. lat. Mercurii (dies).

Merc’hoden, s. f., poupée : dér. de merc’h.

Mériénen, s. f., fourmi, mbr. merien, cymr. myr-ion et myr (singul. myr-ion-en), cf. vir. moirb id. : d’un celt. *mor-yon-, cf. vsl. mra-cija, gr. μύρ-μηξ (lat. for- mica, sk. vamrâ, ags. mÿre et mire, etc.[724]).

Merl, s. m., engrais de rivage, cf. cymr. marl (empr. ag.). Empr. fr. (picard merle) < bas-lat. margila[725], lui-même d’un gaul. marga.

Mern (V., C), s. f., dîner : variante de méren.

Merrad, adv., apparemment : la variante merchad (V.) semble indiquer un rapport avec merzout (cf. armerc’h) ; mais, d’autre part, la forme mohad (V.) pour morhad est difficile à séparer de la locution moarvad (L., C), abrégée de mé oar oâd « je sais bien ». Série de confusions peu claires dues à l’étymologie populaire. — Loth.

Mervel, vb., mourir : dér. de marc > marô.

Merveùt, s. m., vent de sud-ouest : exactement « le grand vent » (d’Arb.), ou « le vent de mer » (Loth). V. sous meûr, môr et gwefit.

Merzout, vb., apercevoir, cf. cymr. ar-merth-u et dar-merth-u « pourvoir ». — Aucune étymologie bien satisfaisante.

Mésa (C, T.), faire paître les bestiaux : pour *maesa, dér. de mbr. maes, soit « mener aux champs » ; ou de 1 méz « pâture ». V. sous î et 4 méz.

Meski, vb., mêler, cymr. mysg-u, vir. mesc-aim « je môle » ; cf. sk. mlmikç-a-ti « il môle », gr. μισγ-ειν, lat. mise-ère, al. misch-en, etc. (rac. à amplifications variées MIK MIKS MISK).

Meski, s. m., moule (coquillage}. Empr. lat. altéré musculus.

Mesper, s. m., nèfle. Empr. lat. mespilum.

Métou, s. m., milieu : aucun rapport possible avec la rac. MEDH, qu’on trouvera sous émesk, sauf peut-être une contamination de sens ; mais la locution é métou « au milieu » pourrait être à meṅt ce que la locution akétaou = égétaou est à keht. V. tous ces mots. — Loth.

Meûd, s. m., pouce, mbr. meut, cymr. maut > bawd id. : suppose un celt. *māt-o-, qui se rattacherait à une rac. MAT « tâter », cf. gr. ματ-εύω (mat-euô) « je cherche », lett. mat-it « sentir », lit. mat-ẏti « voir », vsl. -mot-riti « regarder », et surtout arménien mat-n « doigt » (Meillet).

Meûli, vb., louer, honorer, mbr. meuliff, cymr. moli (et mawl « louange »), vir. molid « il loue », ir. mol-aim « je loue » et gael. mol « louer » : rac. indécise, mais cf. gr. μάλα (mala) « beaucoup », lat. mel-ior, vsl. iz-mol-èti « prédominer ». Ou de même rac. que le suivant ?

Meûr, adj., grand, corn. maur, vbr. mââr, cymr. mawr, vir. màret mâr, ir. et gael. màr, gaul. -màros et -mura dans beaucoup de noms propres : d’un celt. *mdr-o- « grand », dont les corrélatifs ne se retrouvent en général aussi que comme derniers termes de composés, savoir gr. μωρ-ο-ς (-môr-o-s) (ἐγχεσί-μωρος (egchesi-môros) « fameux par les coups de lance »), got. -mers (n. pr. al. Waidemar), vsl. -mêril (mais celui-ci empr. germ. probable).

Meurbed, adv., très, mbr. meurbet, exactement « grandement combien ». V. sous meàr et pet.

Meurs, s. m., mars, mardi, cymr. mawrth, etc. Empr. lat. martis (gén.), et martius, mais prononcé *màrtis, *mdrtius.

Mével, s. m., valet : soit un celt. *mogw’illO’ dimin. de celt. *mog-u- « serviteur » (attesté par vir. mug « esclave »), et celui-ci se rattachant directement à la rac. qu’on trouvera sous maô. Cf. matez.

1 Méz, s. m., gland, mbr. mesenn, corn. mesen, cymr. mes, vir. mess « fruit », ir. meas, « fruit, gland », gael. meas « fruit » : d’un celt. *messu- « nourriture », cf. ag. buck-mast « faîne », al. eichel-mast « gland » et màsten « engraisser », dont on rapproche sk. méd-as « graisse ».

2 Méz, s. f., honte, pudeur (aussi méc’h V.), mbr. mezz, cymr. methu « manquer de cœur », vir. met-acht « lâcheté » : soit un vb. celt. *met-tô « je suis en défaut », cf. vir. mad-ach k vain », gr. μάτ-ην (mat-ên) « en vain », ματ-ά-ω (mat-a-ô) « j’hésite », d’une rac. MAT ( ?) qui ne se rencontre pas ailleurs [726].

3 Méz, s. m., hydromel, corn. med, cymr. medd, vir. mid id. : d’un celt. *med-u t sk. mâdh-u, « miel, liqueur douce et enivrante », gr. μέθ-υ (meth-u) « vin », ag. mead et al. met « hydromel », lit. midrù-s id., vsl. med-U, « miel, vin » ; ne manque qu’au lat. Cf. mézô.

4 Méz, s. m., variante contractée de méaz. V. ce mot.

Mézec, s. m., médecin, cymr. meddyg. Empr. lat. medicus.

Mézer, s. m., étoffe. Empr. lat. mâteria > roman *madéria.

Mézéren, s. f., lange : dér. du précédent.

Môzévelli, vb., éblouir, fasciner (aussi méz-évén-ein V., etc.) : dérivation compliquée de 2 méx, soit « faire baisser les yeux »[727].

Mézéven, s. m., juin, cymr. mehefin, et cf. br. méjéüen (V.) : serait en vbr. *med-ham-in-, soit « [mois] du milieu de l’été ». V. sous émesk et hanv et cf. éven, gouhéré, gourèlin et le suivant.

Mézévennik, s. m., juillet : diminutif du précédent.

Mézô, adj., ivre, cymr. meddw, etc. : soit un ceit. *med-wo- dér. de celt. *med-u-. V. sous 3 méz, et cf. gael. misg « ivresse » = ir. meisge < vir. mesce<C celt. *med-skyo- ( gr. μεθ-ύ-σϰειν « enivrer »).

Miaoua, vb., miauler. Onomatopée.

Mibiliez, s. f., enfantillage : dér. de mâb. Cf. le suivant.

Mibin, adv., vite, mbr. mibin « agile », cymr. mabin « juvénile », mabinogi « enfance » : dér. de mab > mâb, dont le pl. est mipien > mibien.

Mîk, adv., entièrement, mbr. mie et moue id. : formé sur un radical apparenté à celui de mouga, soit « d’une manière serrée, étouffante », etc.[728].

Midi, vb., variante de mêdi. V. ce mot.

Migourn, s. m., cartilage, cymr. migwrn y etc. Empr. ags. miegern « graisse », et cf. askourn et mudurun. — Conj.

Micher, s. f., variante de mécher. V. ce mot.

Mic’hi, s. m., variante de mée’hu V. ce mot.

1 Mil, s. m., animal, corn. mil, cymr. mil, vir. mil et ir. miol, « animal, pou, baleine », gael. midi, « pou, animal » : soit un celt. *mèlo- « bétail », le même que gr. μῆλον « petit bétail, brebis », cf. visl. smale id., ag. small et al. schmal « menu ».

2 Mil, mille, cymr. mil. Emp. lat. mille.

Milfid, s. m., mauvis (aussi miloid, et milc’houid V.), mbr. milhuyt. Emprunt du breton au roman, ou réciproquement, on ne sait.

Milgin, s. f., manche d’habit : dissimilé pour *min-g-in> et celui-ci dér. d’empr. lat. man-iea. Cf. manek, mais peut-être rapprocher gin.

Milin, s. f., moulin. Empr. bas. -lat. molina. Cf. mala.

Millisien, vb., maudire, cymr. melldith « malédiction » et melldithio « maudire ». Empr. lat. maledïctio (cf. binnuien), tandis que mbr. milliga = cymr. melldigo sort directement de maledïcere.

Milzin (G.), adj., délicat, difficile en fait de nourriture : pour *mlizin, et celui-ci de *bli*-in, dér. de même base que bliz-ik. — Conj.

1 Min, s. f., museau, corn. meyn > min, cymr. min> vir. mén (> gael. mèanan « bâillement ») : d’un celt. *mikna < *mëk-nâ « bouche », qu’on a rapproché de l’ag. maw « jabot » et de l’ai, magen « estomac ».

2 Mîn, s. f., mine : le même influencé par le fr. mine, qui d’ailleurs parait être empr. br. et avoir d’abord signifié « visage ».

2 Mîn, s. m., cap : le même, ou celt. *mikno- m.

Minel, s. f., fer à talon, etc. : dér. de 1 mîn[729].

Mingl, adj., tiède (aussi mig V.), cymr. mwygl. — Étym. inc.

Minoc’h, s. m., musaraigne : dér. de 1 min.

Miâon, s. m., ami. Empr.fr. mignon.

Minôten (V.), s. f. f sentier : variante dialectale de gwénôden.

Minter, s. m., chaudronnier : parait dér. du radical qui se dissimule sous la syllabe initiale de mengleû». V. ce mot.

Mintin, s. m., matin (aussi mitin V.}, corn. metin, mettin et myttyn. Empr. bas-lat. *mattinus < lat. mātūtīnus. Cf. beṅdel.

Mintrad, s. m., peu, un peu : dér. secondaire d’un type celt. inconnu, mais assez voisin du lat. minûtus. Cf. munud et le suivant.

Minvik, s. m., mie, mbr. mynhuiguenn, cf. corn. minoto « menu », etc. : originairement « miette », dér. d’un celt. *min-wo- « petit », cf. ir. menb- >meanbha petit », lat. min-or, min-u-ô « je diminue », wm-û-/u-«, etc., sk. min-à-ti « il diminue », got. min-s et al. min-der « moins », vsl. mïnijï « petit », etc. Cf. aussi moan, peut-être moal, et marbléô.

Mirout, vb., regarder, observer, corn. miras. Empr. lat. miràrî.

Mistr, adj. propre, coquet. Empr. fr. ancien misée, a joli, élégant, adroit ».

Mitouik, s. m., patelin. Empr. fr. ancien mitouin id. Cf. Bas-Maine mit « chatte » Dn, et le fr. vieilli chatte-mite.

1 Mîz, s. m., mois, mbr. et corn. mis, cymr. mis, vir. mi id. : d’un celt. *mèns->*mïns- f cf. sk. mas « lune » et màs-a « mois », gr. μήν et μήν-η, (lat. mēns-i-s), ag. moon et mon-th, al. mond et mon-at, etc.

2 Mîz, s. m., frais, cf. cymr. mwys « panier à provisions » et corn. moys « table » : donc originairement « table, frais de table », puis « dépense » en général[730]. Empr. lat. mènsa « table » > lat. populaire mësa.

Moal, adj., chauve, cymr. moel, vbr. mail « mutilé », vir. mâel, ir. et gael. maol id. : d’un celt. *mai-lo- sans équivalent sûr[731].

Moan, adj., mince, corn. muin (voc.) > mon, cymr. main « mince » et mwyn « doux », vbr. pl. mein, vir. min et gael. min « délicat » : d’un celt. *mei-no-> dér. de rac. MEÏ MI « petit ». V. sous minoik et mihtrad.

Moell, s. m., moyeu. Empr. fr. ancien moiuel id.

Moeltr, adj., humide. Empr. fr. altéré moite.

Moéreb, s. f., tante, mbr. mozrep, corn. modereb, cymr. modryb « matrone », vbr. motrep « tante » : d’un celt. *mâtrqà, dér. de *màtër « mère » ; cf. sk. mâtrka « grand-mère » et lat. màtertera « tante maternelle ».

Môg, s. m., feu[732], exactement « fumée », corn. moc> cymr. mwg et vir. mdch « fumée » (cf. le suivant et mouga) : d’un celt. *muko- et *mako apparenté par emprunt ou autrement à l’ag. smoke.

Môged, s. m., fumée : dér. du précédent.

Môgéden, s. f., vapeur, exhalaison : dér. de môged.

Môger, s. m., mur : pour *moager, métathèse de vbr. macoer, et cf. cymr. magwyr. Empr. lat. màcéria « maçonnerie ». Cf. c’hoalen.

Môc’h, s. m., pourceau, corn. et cymr. moch, vir. mucc, ir. et gael. mue id. : d’un celt. *muk-ku-, dont la rac. paraît la même que celle de lat. muccus et mucus « morve » mung-ere « moucher » (nasalisée), gr. μύξα « morve » et μυϰτήρ « groin », ἀπομύσσω « je me mouche », sk. muñc-á-ti « il lâche » (sens général spécialisé partout ailleurs).

Môc’hik, s. m., cloporte : diminutif du précédent.

Môjen (C), s. f., conte : dér. et corrompu de mbr. bauche « pièce pour rire ». Empr. fr. (argot) se baucher « se gausser », etc.[733]. — Ern.

Mon, s. m., excrément humain. Empr. fr. ancien moun « jaune d’œuf » ou telle autre métaphore d’argot. Cf. pourtant cymr. monoch a intestins ».

Moû, adj., manchot. Empr. fr. ancien moign « mutilé »[734].

Moṅk, adj., manchot : contamination de maṅk et moñ.

Moṅkluz (C), adj., nasillard : doit se rattacher au même radical que môc’h (soit « qui a de la morve » ou « qui grogne en parlant » ).

Moneiz, s. m., monnaie. Empr. lat. mohèta > roman monëda.

Moṅt, vb., aller, devenir, mbr. monet, corn. mortes, cymr. myned id. : dér. d’une rac. MEN, « aller, marcher », d’ailleurs fort peu répandue, gr. (éolien) μά-τη-μι « je marche », lit. mìnti et russe po-mjatĭ « marcher » [735].

Môr, s. m., mer, corn. et cymr. mor, vir., ir. et gael. muir id. : d’un celt. *mor-i-, à peu près identique à lat. mar-e, got. mar-ei, ag. mère « pièce d’eau w, al. meer et vsl. mor-je « mer » [736], lit. màrès « lagune ».

Mora], s. m., verrou. Empr. fr. ancien moraillea verrou de la visière du casque ».

Môred, s. m., variante déaspirée de morc’hed.

Moren, s. f., vapeur, surtout au pl. morennou « les vapeurs » (accidents nerveux) : dér. de môr, soit « flux et reflux, caprices ». — Conj.

Morgaden, s. f., sèche (lièvre de mer ?). V. sous môr et gdd.

Morgô, s. m., collier de cheval, cf. cymr. myngci id. : soit donc pour *mon-go, dont le premier terme est cymr. mwn « cou », et le second cymr. caw « lien », tous deux perdus en breton.

Morgousk, s. m., assoupissement : contamination de mor-ed (cf. môred) et de kousk. V. ces mots.

Morc’hed, s. m., assoupissement, mbr. morchet « souci », corn. moreth (pour *morheth, cf. môred) « chagrin », et cf. ir. et gael. murc-ach « triste » : soit un celt. *murk-eto— « fait de se flétrir », lat. Murc-ia « déesse de la paresse », murc-idu-s « lâche », marc-ère « se flétrir » [737], lit. mark-atnu-s « chagrinant » (douteux) ; isolé par ailleurs.

Môrian, s. m., nègre : dér. d’empr. fr. More[738].

Môrlargez, s. m., carnaval, mbr. marlarjez, meurzlargiez, etc. : dér. de meurs-lard « mardi-gras » (par d + y > j). V. ces deux mots.

Môrlivet, adj., pâle : soit « grisâtre, verdâtre ». V. sour môr et liou, et cf. môrlivid s. m., « biset, chevalier » (plumage ardoisé).

Mormouz, s. m., morve du cheval : assimilé, pour *morbouz, formé sur Tempr. fr. morve, comme br. babouz sur fr. bave.

Mors, adj., engourdi, lent : d’un celt. *murso-, pour *murk-so-, dér. probable de la même rac. que morc’hed. V. ce mot.

Morse, ad v., jamais (au présent), mbr. morcé. Empr. fr. morsel « morceau », employé comme mie pour renforcer la négation. Cf. 3 kammed.

Morsen, s. f., mulot : dér. de mors[739].

Morser (V.), s. m., gourmand : dér. d’empr. fr. (morceau, etc.).

Moruklen, s. f., morille. Empr. fr. ou germanique[740].

Môrvran, s. f., cormoran. V. sous môr et bran.

Morzed, s. f., cuisse, cymr. morddwyd, corn. mordoit (voc.) > mordkos et vbr. morduit id. : soit un celt. *màr-yeito- J construit sur la même base que gr. μηρ-ό-ς « cuisse », μηρ-ία « fémur ». — Très douteux.

Morzi}, s. m., vent de sud-ouest, mbr. morzuill. V. sous môr et sûla (vent qui vient de mer et pourtant brûle les plantes).

Morzol, s. m., marteau, corn. et vbr. morthol, cymr. morthwyl et mwrthwyl. Empr. lat. martéllus > *martélus.

Moualc’h, s. f., merle, corn. moelh, cymr. mwyalch (cf. gael. smèor-ach « grive ») : d’un celt. *meis-alka, dont le radical se retrouve altéré dans le lat. mer-ula « merle » et intact dans l’ai, meis-e « mésange ».

Mouar, s. m., mûre, corn. moyar, cymr. mwyar, vir. smér, ir. et gael. smeur, gael. smiar id. : cf. lat. môr-u-m et gr. μόρ-ο-ν[741].

Mouk, s. m., coquillage à pourpre : écourté de Tempr. lat. bucinum id., peut-être par contamination de fucus « teinture ». — Conj.

Mouden, s. f., motte, mbr. moten. Empr. fr.

Moue, s. f., crinière, mbr. moe, vbr. pl. mong-ou, cymr. rnwng, vir. mong y ir. et gael. muing id. : soit un celt. *mong-à, auquel se rattachent aussi sk. màn-yà « nuque », ag. marie, al. màhne « crinière »[742].

Moues, adj., humide (aussi mouëst V.). Empr. fr. ancien moiste. Cf. aussi moeltr, et rattacher peut-être à 2 mouéz, mours, etc.

1 Mouéz, s. f., voix (aussi mouec’h V.), mbr. moez y pour *voez (le v pris pour une mutation douce). Empr. fr. ancien vois, mais emprunté vraisemblablement à une époque où la gutturale latine de vôx y sonnait vaguement encore ; fait de chronologie indéterminable.

2 Mouéz, s. m., puanteur : abstrait d’empr. fr. ancien moiseure « moisissure » ; ou empr. fr. moise « caque ». — Conj.

Mouga, vb., étouffer : dér. de môg. V. ce mot.

Mougéô, s. m., caverne, cymr. gogof« celt. *too-kow-yo-) : pour *gwogeo contaminé de mouga. V. sous *gw- et kèô.

Moucha, vb., couvrir le visage. Empr. fr. ancien se musser « se cacher », contaminé de mouchouer « fichu », autre empr. fr.

Moulbenni, vb., rechigner (aussi mouspenni). Empr. germanique probable : cf. al. actuel maulen et schmollen « bouder »[743].

Moullek, s. m., pluvier, cf. mbr. moullecgu mulet » (poisson) : dér. d’empr. lat. mullus, mais le changement de sens est bien bizarre.

Mouûa, vb., manger comme les gens qui n’ont plus de dents, remuer les lèvres sans bruit : paraît une onomatopée assez expressive ; cf. pourtant fr. marmonner et br. munzun (peu clair lui-même).

Mouren, s. f., sourcil, moustache : variante de gourrenn[744].

Mours (V.), s. m., excrément humain : altéré pour mbr. mous (cf. aussi mouzenn V. « c souillon »), cymr. mws « excrément », ir. mos-ach et gael. mus-ach « malpropre », qui supposent un celt. *musso- < *mwd-« o-, gr. μύσος *μυδ-σος « souillure », μύδ-ο-ς, « humidité, moisissure », lit. mud-a-s « algue » (?) ; cf. aussi ag. mud « boue » (avec une autre dentale) et br. moues, car fr. moite relève peut-être de cette souche.

Mousc’hoarz, s. m., sourire : exactement « rire qui se dissimule », composé hybride de fr. et de br. Cf. moucha et c’hoarz.

Monstre, vb., accabler, fouler. Empr. fr. ancien mousser « froisser » (cf. mousse « émoussé »), contaminé de mantra. V. ce mot.

Mouza, vb., bouder. Empr. fr. ancien et dialectal (picard) mousse « moue » d’origine inconnue comme moue lui-même.

Mûd, adj., muet, cymr. mud. Empr. lat. mutus.

Mudurun, s. f., gond, cf. cymr. migwrn[745] et ir. mudharn, « la cheville du pied » : dér. d’empr. lat, môtôrium « servant à faire mouvoir ».

Mui, muioc’h, adv., plus (comparatif de meû-r comme lat. maj-or l’est de mag-nu-s), corn. moy, cymr. mwy, vbr. mui, vir. mâa, màa, mà, ir. ma, gael. mb « plus grand » : d’un celt. *may-os-, cf. got. mais, ag. more, al. mehr, etc.

Munud, adj., petit, (in. Empr. lat. minatus. V. sous burzud.

Munudik, s. m., serpolet : dér. du précédent.

Munzun, s. f., gencive sans dents. Cf. mouha.

Musa, vb., flâner, flairer, écornifler. Empr. fr. muser, mais évidemment contaminé par muzel dans les deux derniers sens.

Muturnia, vb., estropier : contamination de deux empr. fr., soit mut-iler, et bes-tourner, « tordre, faire biaiser », etc.

Muzel, s. f., lèvre, museau. Empr. fr. ancien musel.

Muzul, s. f., mesure. Empr. fr. altéré. Cf. munud.


N

Na, ne, ni : pour nag devant consonne. Cf. hag et ha.

Naka, vb., dissimuler : dér. de nak > nag. V. ce mot et cf. nac’ha.

Nadoz, s. f„ aiguille, mbr. nadoez, cymr. nodwydd, vbr. notuid, et cf. vir. snâthat, ir. snâthad, gael. snàthat id. ; cf. encore got. në-thla, ag. nee-dle, et al. na-del, tous dér. de rac. SNÊ, « filer, coudre ». V. sous nèxa.

Nag, ni : juxtaposition de né et hag. V. ces mots.

Nagen, s. f., querelle. — Étym. inc[746].

Nahen (V., C), s. f., tresse, ruban : variante dialectale de *naz-en, d’un celt. *na-t-to-. V. la rac. probable sous nadoz.

Nac’ha, vb., nier, cofn. nacha, cymr. nacau : dér. de nag. Cf. naka et nagen, présentant les trois variétés de gutturale.

NAm, namm, s. m., tache, vice : peut-être exactement, « défaut, chose [qui manque parce qu’elle a été] enlevée », en tant que dér. de la rac. NEM qu’on verra dans la note sous lémel. Cf. német.

Nann, non : sorte de redoublement de la négation ; cf. aussi lat. non, al. nein « pas un », fr. nenni, etc.

Naô, neuf, corn. et cymr. naw, vir. nài n-> gael. naoi, etc. : d’un celt. *nawan, à vocalisme un peu différent de celui de l’i.-e. *newn, sk. náva, gr. ἐννέα, lat. novem, got. niun, ag. rime et al. neun, lit devynï, vsl. devetï, ces derniers avec initiale altérée.

Naon, s. f., faim, mbr. naffn, cymr. newyn, vir. noine id. : d’un celt. *nawenyâ, dont le type radical paraît se retrouver dans les langues lettiques (pruss. nau-ti- « besoin ») et germaniques (got. nâu-th s et nâu-di-, ag. nèa-d^> ag. nee<f, al. not id.).

Naon, s. m., pente : pour *tnaou, devenu en mutation douce *dnaou > *nnaou. V. la forme primitive sous traon.

Naouac’h (V.), néanmoins : correspond au cymr. na chwaith « pas encore, pas plus, non davantage », etc. V. sous gwéach et c’hoaz.

Naoz, s. f., lit de rivière, canal. V. sous 2 aoz[747].

Napléz, s. m., syphilis. Empr. fr. [mal de] Naples.

Nask, s. m., lien, vir. nasc et gael. nasg> « collier, lien », et cf. peut-être sk. niqkà « collier » : le tout se rattachant à la rac. du sk. nàh-ya-ti « il lie », vir. fo-nasc-ar <( on le lie » et ro-ne-nasc « je liai », peu répandue hors de ces domaines. Cf. un de ses dér. italiques sous nés.

, particule négative, cymr. ni, vir. n/, etc. : d’un celt. *ne, *nëou *nei, cf. sk. nâ, lat. ne, got. ni, vsl. ne et ni, etc., etc. Cf. 2 am.

Néannérez (V.), s. f., nageoire. V. sous neùi.

Néat, adj., propre, pur. Empr. fr. diphtongue net.

Nébeûd, adv., peu : pourrait, à la rigueur, en br., être composé de né et paot (cf. les variantes vocaliques kaouled et keûlé, daoust et deâst, diroestla et reâslla, pénaoz et neùz, etc.) ; mais le cymr., qui répond par nebawd, ne vocalise jamais / devant t. — Étym. inc.

Nédélek, s. m., Noël, corn. Nadelic, cymr. Nadolyg, vir. Notlaic, ir. Nodlog, gael. Nollaig. Empr. lat. *Natalicium.

Nec’h, s. m., chagrin, cymr. nych « langueur » : exactement « suffocation », d’un celt *nekso-, pour *pnekso-, métathèse pour *pnesg-o-, de même dérivation que gr. πνῖγος « suffocation » et πνίγω « j’étouffe ».

Neiz, s. m., nid, corn. neith (voc.) > neid, cymr. nyth> vir. nelt y etc. : d’un celt. *nizdo-[748], dont les équivalents sont sk. nïdà, lat. nïdus (pour *nizdus), ag. nest, al. nest> vsl. gnêzdo, lit. ludas, arménien nul « siège ».

Neizer, adv., hier au soir, mbr. neyzor, corn. neihur et nehuer, cymr. neithiwyr, neithwyr et neithiicr id. : soit un composé celt. *nokti-gestro-[749], dont on trouvera les deux éléments sous ad ? et déac’h.

Némét, adv., excepté (aussi nameit V.) : exactement « enlevé », ppe passé de la rac. qu’on trouvera dans la note sous lémel. Cf. nâm. Némeûr, adv., peu. V. sous néeX meûr.

Néô, s. f., auge, mbr. néau, cymr. noe, vir. naua vaisseau » : d’un celt. *nau-> commun à presque toute la famille, sk. naû-s « vaisseau », gr. ναῦ-ς, lat. nâo-i-s, visl. nô-r, al. dér. nachen « barque », etc.

Nép, quiconque (aussi néb), corn. nep et neb, cymr. neb, vir. necA, ir. et gael. neach « quelqu’un » : soit un celt. *ne-qo- « n [importe] qui », composé de la négation et du radical des pronoms commençant par p-. V. sous *p-, et pour la formation et le sens cf. bennâk.

Népréd, adv., jamais (au présent). V. sous néeipréd.

Ners, s. f., force, corn. et cymr. nerth, vir. nert, ir. et gael. neart, gaul. *nerto- dans divers noms propres, et n. pr. Nertacus > cymr. nerthog « fort », vbr. nerth-i « tu fortifieras » : soit un celt. *ner-tâ « force », dont la rac. est NER, « mâle, fort, héros », sk. nàr et nâr-a « homme vigoureux », gr. ἀ-νήρ, lat. Àer-ô n. pr. dér. d’origine sabine, ombrien accus, pl. ner-f « les principaux citoyens », etc.

Nerven, s. f., nerf. Empr. fr.

Nés, adj., adv., proche, près (superl. nésa < mbr, nessaff), corn. ne* et nessa y cymr. nés et netaf, vir. nessa et nessam, etc. : d’un celt. *ned-so- et */ietf-« amo-, dér. de rac. NEDH « lier »[750], cf. sk. nâh-us « voisin », osque accus, sg. nesimum et ombrien advb. nesimei. V. sous nask.

Nétra, rien (comme ag. nothing). V. sous et trâ.

Neûd, s. m., fil, mbr. neut, corn. snod, cymr. nod-en et y-snod-en, vir. snâthe, ir. snath, gael. snath id. : d’un celt. *sna-to-, forme fléchie ou altérée du ppe passé de la rac. de néza. V. ce mot.

Neûi, vb., nager (aussi neûnvi > neùni, et nèannein V.), mbr. neuff, cymr.

nawf « natation », vir. snâm id. et snâ-im « je nage », ir. snâmhainet gael. snàmh id. : soit un celt. *snâ-ô, de rac. SNÂ, sk. snà-ti « I1 se baigne », gr. νά-ειν « couler » et νή-χ-ειν « nager », lat. nà-re.

Neûz, s. !., façon, forme, mbr. neuz (et *nao* dans 1 aoz et pénaoz, cf. nébeût), cymr. tiaw ?/ ?, ir. nos et gael. ne* « coutume » : déviations diverses, soit d’un dér. de la rac. GNÔ « connaître » (sous anaf), soit d’un celt. *nom-so- à peu près identique au lat. num-eru-s et apparenté au gr. νόμ-ο-ς « loi » ; deux dérivés distincts ont pu se confondre.

Neûzé, adv., alors, ensuite, mbr. neuse id. : paraît abrégé de enn eur se « à cette heure » (eùr empr. fr., et cf. azé, se, zé).

Névez, adj., nouveau, cymr. neicydd, vbr. nouuid, vir. nùe, gaul. novio dans Novio-dunum* etc. : d’un celt. *noto-iâ-, dont les équivalents exacts sont sk. nâry-ya, gr. (ion.) νειός ( *νεϝ-ιό-ς), lat. n. pr. Nov-iu-s, got. niu-ji-s (ag. new, al. neu), lit nàu-ja-s id. ; un dér. plus simple est sk. náv-a, gr. *νέϝ-ο-ς νέος, lat. nov-u-s 9 vsl. noo-# id. ; le tout issu de la rac. et particule # m< « maintenant », allongée */ia, sk. nd et nw, gr. νύ « or » et νῦ-ν « maintenant », lat. amplifié nu-m et nu-nc, ags. nu > ag.now, « maintenant, or », al. nu-n, vsl. ny-nè, etc.

1 Néz, s. m., lentes (sg. nèzen), corn. nedhan, cymr. nedden(p. nedd), vir. sned, ir sneagh, gael. « neadAid. : d’un celt. *snida (pour *sknida), cf. gr. ϰονίδ- ες, ags. hnitu^> ag. wï, al. ms«.

2 Néz, adj., variante de nés. V. ce mot.

Néza, vb., filer, tordre, tresser, mbr. nezaff, corn. nedhe, cymr. nyddu, vir. sni-im « je tresse », gael. sniomh « filer » : soit un celt. *snë-yô « je file », dér. de rac. SNÊ, sk. snâ-ya-tiu il enveloppe » (douteux), snà-yu « ligament », etc., vhal. snuo-r > al. schnur « cordon » ; plus répandue est la variante radicale NÉ, gr. νέ-ω et νή-θω « je file », νῆ-μα « tissu », lat. nê-re « tiler », al. nâh-en « coudre ». Cf. neûd et nadoz.

Nézé, s. m., doloire, cf. mbr. eseff* « besaiguë », vbr. necftm « hache », cymr. nadd-u « hacher » et nedd-yf« hache », vir. snaid-i-m « je coupe » et snass « coup », ir. snaidhim et snoighim^ gael. snaidh « hacher » : soit un celt. *snad-ô « je coupe », sans équivalent sûr ailleurs’.

Ni, nous, corn. ny, cymr. et ir. ni, etc. : d’un celt. *nës, contenant le même radical que sk. nas (accus.), gr. νώ (duel), lat. nos, vsl. n^fgén. nasii), etc.

[751]

[752]

Nikun, aucun : singulier hybride, semble contaminé de Pempr. fr. aucun et de l’empr. espagnol ninguno avec mbr. negun = lat. nec unm.

Nîch, nîj, s. m., vol des oiseaux (d’où nija « voler »), mbr. nigal (prononcer nijal), corn. nyge « voler » et nygethys « oiseau » : exactement « quitter le nid », dér. ancien du radical *nizdo-. V. sous neiz.

Niûv, s. m., chagrin, mbr. niff, vir. snim « détresse » : semble un dér. très ancien de rac. SNÊ qu’on trouvera sous néza

Niver, s. m., nombre, corn. niver et neoer, cymr. nifer, vbr. nimer. Empr. lat. numerus qui a dû être altéré en *numerus.

1 Nîz, s. m., neveu, mbr. ni « neveu » et niz* « nièce » : le msc. ni, corn noi (voc), cymr. nai, vbr. pl. mon, ir. niae, estl&celt. *neôt-, pour •nepôf-, sk. nâpàt-, « fils, petit-fils », gr. νέποδ-ες « descendants », lat. nepôs, « petit-fils, neveu », lit. nep-otis id. ; le fm. niz t corn. noith (voc), cymr. et vbr. nith, ir. necht, est le celt. *neptï t sk. napti, lat. neptis « nièce », lit. neptis, vhal. nift (aujourd’hui nichte), etc. Cf. ketiderf.

2 Nîz, s. m., variante de / nèz. V. ce mot.

Niza, vb., vanner, cymr. nith-io id. : dér. d’un celt. *nikto- « nettoyé », qu’accusent vir. necht « propre », sk. nik-tà « lavé » et ἄ-νιπ-το-ς « non lavé » ; la rac. est NIGw, sk. né-nej-mi « je lave », gr. νίζω, vir. do-fo-nug id. et nig-ther « on lave », al. nixe « nymphe aquatique », etc.

1 Noaz, s. m., tort, querelle. Empr. fr. noise.

2 Noaz, adj., nu, corn. noeth, noyth et noth, cymr. noeth, vir. nocht, gael. nochd id. : d’un celt. *nokto- 1 ppe passé à peu près identique à got. naq-aths, ag. nafc-ed et al. nack-t, et dér. du même radical que sk. nag-nâ, lat. *nogv-edo-s > nudus et vsl. nag-û.

Nodi, vb., éclore (et nodein V. « mettre bas »), mbr. nodas « il produisit » : peut-être pour *en-odi, avec un préf. différent de ceux de di-oda et èc-odi. V. ces mots, mais cf. surtout inodein.

Noed v s. m., gouttière. Empr. fr. ancien noete f., dimin. de noe, « canal, chéneau, gouttière », mais avec changement de genre.

Nouen, s. m., extrême-onction, mbr. ouenn, d’où avec l’article ann ouenn > an nouen*. Empr. lat. unguentum*. Mais cf. Ernault, R. celt., XIX, p. 320.

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[754]

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Nôz, s. f., nuit, corn. et cymr. nos, ir. in-nocht et gael. nochd « cette nuit » : d’un celt. *nok-ti-, sk. nákti, gr. νύξ (νυϰτ-ός), lat. nox (noct-is), got. naht-s, ags. œaÀl > ag. night, al. nacht, lit. nak-ti-s, vsl. nosti, etc.

Nozélen, s. f. t glande, bouton. Empr. bas-lat. nôdellus « petit nœud ».


O

O, particule verbale, variante de oc’h devant consonne.

Oabl, s. m., ciel, mbr. oabren et noabrenn (cf. koabr et naoz), corn. huibren « nuage » et eèron « ciel », cymr. gtoybr > œ^ôr (ou plutôt l’inverse, Ern.) : soit un brittonique *oepr, qui peut répondre au lat. aequor, « plaine, vaste étendue » ; cf. l’expression aequora caeli.

Oad, s. m., âge, cymr. oed, mbr. et vbr. oet id. : d’un celt. *aiw’ito- t dér. du radical qui se retrouve dans sk. âyus, « vie, âge », gr. *αἰϝ-ών αἰών « siècle », αἰεί et αἰέν « toujours », lat. aeou-m, aetàs « *aio-itât-s), corn. Àtti » et o^s, cymr. oes et vir. 4es « celt. *aiw-estu-) « siècle », got. &&-*, « temps, siècle », al. euo-ig « éternel », etc. — Stokes.

Oaled, s. f., foyer, corn. oilet (voc.) > olas, cymr. aelwydid. : soit un celt. *dgileitâ, dont la syllabe radicale paraît la même (à l’état allongé) que celle du sk. ag ni « feu », lat. ig-ni-s, vir. an, lit. ugnï-s, vsl. og-njï. (Ags. fle/ed « feu » serait dès lors empr. celt. )

Oan, s. m., agneau, corn. oin (voc), oan, on, cymr. oen, vir. dan, ir. et gael. uan id. : d’un celt. *og-no-, cf. gr. *ἀβ-νό-ς ἀμνός, lat. ag-nu-s, vsl. jagnÇy ags. vb. ëanian > ag. to yean « agneler ».

Oaz, s. m., jalousie, zèle, cymr. airfd « ardeur », vir. aed « feu », gaul. n. pr. Aedu-î (« les ardents » ?) : d’un celt. *aid-u-, rac. AIDH « brûler » ; cf. sk. édha « combustible » et aidhà « flamme », gr. αἶθος « feu » et αἰθω « brûler », lat. aed-ës[756], aes-tu-s, etc. — Stokes.

Ober, vb., faire : identique au mbr., corn. et cymr. ober « œuvre ». Empr. lat opéra. (Pour la conjugaison, cf. gra et helluz.)

Od, s. m., variante contractée de aod. V. ce mot.

Odé, s. f., brèche, mbr. aode, cymr. adtoy, cf. vir. àth « gué ». — Étym. inc, sauf empr. possible du brittonique à l’irlandais.

Of (V.), s. m., auge, mbr. nof[757] « crèche » : variante de nèô.

Oféren, s. f., messe, mbr., corn. et cymr. offeren, ir. oifrend, gael. aifrionn. Empr. lat. offerenda, « chose à offrir, offrande ».

Oged, s. f., herse, corn. (ancien) ocet, cymr. oged, etc. : d’un celt. *ok-età, identique à ags. eg-ethe et à vhal. eg-ida > al. egge « herse » ; cf. lat. occa et occ-àre « herser », lit. ak-èti id. et ah-èles « herse », tous dérivés dont on trouvera sous èk la racine au moins probable.

Oglen, s. f., saline. Empr. lat. oculus « œil » > *oclus, d’où vient aussi le dimin. fr. oeillet [de marais salants] ; métaphore.

Oc’h, particule : variante atone de ouch, dans la formation des gérondifs[758], et aussi dans la locution oc’h-penn, « de plus, en outre », exactement « en tète » ou « au bout » [de cela].

Oléou, s. f. pl., les saintes huiles[759], cymr. olew et vbr. oleu « huile ». Empr. lat. savant oleum, prononcé oléum, ou olica. Cf. éôl. OU, tout icf. holl dont l’aspiration est illégitime), corn. hol y cymr. oll, vir. huile > uile, ir. et gael. uile : d’un celt. *olyo-, dont la rac. ne se retrouve qu’en germanique, got. al-l-s, ag. ail, al. ail.

Or, s. m., bord, mbr. eur-yen, corn. urr-ian, « bord, limite », cymr. or, vbr. or-ion : soit un dér. d’une base celt. *5r- pour *ôr-, qui n’a aucun autre répondant que le lat. ôr-a f. « rivage ».

Orbid, s. m., grimace, minauderie : peut-être « cécité > grimace provenant de la cécité », dér. d’empr. fr. ancien orb « aveugle » < lat. orbus, « privé de, infirme ».

Orged, s. f., amourette, mbr. or guet. — Étym. inc.

Ormel, s. m., ormeau (coquillage) : empr. fr. ormel dissimilé pour *ormer = lat. auris maris « oreille de mer » (à cause de sa forme).

Orsel, s. m., burette, fiole. Empr. fr. ancien orçuel > orseul[760].

Ouf (V.), s. m., coin, détour, golfe. Empr. fr. golfe > *gwolf > *wolf > *wouf> ouf (le dernier sens serait le primitif ). — Conj.

Ouc’h, prép., variante de ouz. V. ce mot.

Oujen (V.), s. m., entremetteur : abstrait d’empr. fr. ancien vochier > vougier, « appeler, sommer, dénoncer, assigner ». Cf. juben.

Ounézer, s. m., crasse de la peau : semble altéré pour annézer (Le Pell.) ; ce dernier serait dér. d’un type privatif de même sens et de même formation que gr. ἄνιππος (anippos) « non lavé ». Cf. 2 am- et niza.

Ounn, s. m., frêne (sg. ounnen), corn. onnen, cymr. onn, on et onen, ir. uin-seann, etc. : d’un celt. *onno-, pour. *o«-/io-, identique aulat. or-na-s et (à la longue radicale près) au russe j as-enï id. ; pour la syllabe radicale, cf. ag. ash, al. esche, lit. ùs-i-s.

Ounner, s. f., génisse (aussi annewer V.), nibr. annoer, cymr. anner, vbr. ender-ic « jeune taureau », vir. ainder « jeune fille »[761] : d’un celt. *andëra et *and-erà, cf. gr. ἀνθ-ηρό-ς (anth-êro-s) ; « florissant » ou àô-opic « lascif ».

Ouz, prép., vers, contre, corn. orth, vbr. gurt, cymr. gwrtk, vir./riïA-, fri et ri, ir. re, gael. ri, « vers, contre » : d’un celt. *u>r-ti, cf. lat. versus (pour *0or*-fo-s), ag. -war-d-s (towards, etc.) et al. -wâr-t-s « dans la direction de » (vorwârts « en avant », etc.). V. larac. sous gwerzid.

Ozac’h, s. m., mari (aussi oac’h T., oec’h V.), mbr. ozech, vir. aitkech « maître de maison » : soit un celt. *otiko-[762], pour *poti-ko-, celui-ci dér. de l’i.-e. *poti-, « chef, maître, époux », sk. pâti, gr. πόσις (posis)[763], lat. potis « qui est à la tête de » (d’où pot-io-r « je dispose »), com-pos, im-pos, possum « je puis » < potis sum, etc.


P

*P- : les pronoms relatifs et conjonctions, très nombreux, qui commencent par cette lettre, correspondent à ceux qui en latin commencent par qu- et en germanique par hw[764]. Cf. pa, 2 pé, pep, pet, piou, etc.

Pa, quand, puisque, mbr. pan, cymr. pan, ir. can, etc. ; cf. lat. quan-dô, sk. ka-dâ, got. hwan, ag. when, al. wann a quand » et wenn « si » : radical celto-latin *qu-. V. sous *p-.

Pâb, s. m., pape, mbr. pab. Empr. fr.

Pabaonr, s. m., chardonneret : sobriquet, cf. pâbetaour r

Pak, s. m., paquet : cf. ag. pack. — Étym. indécise[765].

Pâd, s. m., durée : abstrait de padout, « durer, persister », cf. cymr. peidio, « céder, cesser ». Empr. lat. patï « souffrir »[766].

Padal, cependant : dér. de pâd < épâd « pendant »[767].

Paéa, vb., payer, mbr. paeaff. Empr. fr. payer.

Paéroun, s. m., parrain. Empr. lat. ecclésiastique patrinus, influencé par patrônus en imitation de màtrôna. Cf. maèrounez.

Pafala, vb., tâtonner, cymr. palfu et palfalu id. : métathèse d’une dérivation de palf, contaminée sans doute d’empr. lat. palpàre.

1 Pal, s. m., palet. Empr. fr. ancien pale ou pal id.

2 Pâl, s. f., pelle, bêche, corn. pal et cymr. pâl id., corn. pal-as et cymr. pal-u « fouir », vir. to-chl-ai-m « je fouis », etc. : soit un celt. *qalà « je creuse », cf. russe kolôtï, « fouir, fendre », et lat. (gaul. latinisé ?) pàla > fr. pelle. Cf. Bas-Maine pal Dn, « pelle, vanne ».

3 Pâl, s. f., vanne d’écluse : identique au précédent.

Palaren, s. f, poêle à frire. Empr. fr. ancien paelle d’arain « poêle d’airain ». V. les deux termes sous pézel et aren.

Palastr, s. m., emplâtre. Empr. fr. altéré (em)plastre.

Palévars, s. m., quarteron, mbr. parefarth, etc. : abrégé de pevare farz « quatrième partie », celui-ci avec mutation forte d’après pevar farz « quatre parties », cf. pévar et parz (Ern.) ; ou plutôt le premier terme équivalant au cymr. pedry- qu’on trouvera sous péran (Loth).

Palf, s. m., paume de la main, mbr., cymr. et corn. palf Empr. lat. palma. Cf. pafala et ampafal. Le br. seul a changé le genre.

Paliked, s. f., pelle à feu, mbr. palliquet : dér. de pal > 2 pâl.

1 Palier, s. m., buffet. Empr. fr. altéré panier, au sens du lat. panàrium (endroit où l’on serre le pain). — Conj. — Cf. paner.

2 Palier, s. m., galerie, corridor. Empr. fr. palier.

Pallen, s. f., couverture, housse, cymr. pall « baldaquin ». Empr. lat. palla « robe », ou fr. ancien palle « dais » > fr. poêle.

Palouer, s. m., brosse : soit avec dissimilation un fr. *paroir « objet destiné à parer, à nettoyer ». Empr. fr. probable, mais indécis[768].

Paltôk, s. m., surtout. Empr. fr. ancien paltoke > paletot.

Paluc’ha, vb., échalasser, paisseler [le lin] : pour *pac’hula. Empr. bas-lat. paxillàre, dér. de paxillus (> fr. paisseau). — Conj. Ern.

Pan, s. m., pays : n’existe pas, mais seulement la locution peban « d’où », où pan pris au sens local est le même que pan au sens temporel. V. sous pa, et cf. inversement lat. ubi « où > quand »[769].

Panen, adj., azyme : dér. de l’empr. lat. savant panis[770], venu par la langue ecclésiastique et exclusivement appliqué au pain liturgique.

Paner, s. f., panier. Empr. fr. Cf. 1 palier.

Panévéd, prép., sans : dér. de la liaison pa n’efe [ma], exactement « quand [cela] n’était, si ce n’était, ne fût-ce ».

Panez, s. m., panais. Empr. fr.

Panvrek, adj., mûr : dér. d’un radical *pa/tor-, qui est, soit le lat. pômàrium > bas-lat. *pàmerio « verger » (cf. vbr. Pumurit> Panorit nom de lieu), soit le roman *mawr- procédant du lat. màturus. — Conj. Ern. (la première est de beaucoup la plus probable).

Paô, s. m., patte, corn. et cymr. paw, « pied, sabot » : le mot le plus voisin est ag. paw ; puis viennent provençal pauta, al. pfote et fr. patte ; le mot est répandu, mais l’origine inconnue. Empr. bas-lat. ou germanique.

Paol, s. f., barre du gouvernail, timon : semble une simple variante depeûl, différenciée en forme et en genre. Cf. nébeùd et neàz.

Paot, adj., abondant, corn. pals, gael. pailt (ce dernier dénoncé par son p comme empr. brittonique) : soit un celt. *qal-to-, ppe passé qu’on peut rattacher à la rac. du vir. cl-and > ir. et gael. clann, « famille, tribu, clan », vbr. plant « enfants », sk. kâl-a « race », etc. — Conj. Mcb.

Paotr, s. m., garçon, valet, mbr. pautr. Empr. roman ou germanique ; cf. fr. ancien pautr -aille « valetaille » et ag. paltr-y « vil ».

Paouéza, vb., cesser (aussi poézeinV.), cymr. powyso, corn. powesy. Il est impossible de ne pas songer au lat. vulgaire pausàre « faire une pause », avec lequel on n’aperçoit pourtant aucun lien phonétique[771].

Paour, adj., pauvre (aussi peur V.). Empr. fr. ancien povre.

Pap, papa, s. m., bouillie. Onomatopée enfantine (cf. ag. pap et al. pappe id.), qui remonte à un lat. vulgaire pappa.

1 Par, s. m., observation, affût : abstrait d’une locution telle que [être] paré y « prêt à tout événement, aux aguets » ; cf. paréa etparédi. Empr. fr.

2 Par, adj., pareil, égal, cymr. par. Empr. lat. parem (accus.).

3 Par, adj., mâle (d’où parez « femelle ») : abstrait du vb. mbr. paraff, <( accoupler, faire la paire ». Empr. lat. par « couple ».

Park, s. m., champ, corn. et cymr. parc, ir. paire, gael. paire. Empr. fr. parc ou ag. park « enclos », suivant la langue emprunteuse.

Pardaez, s. m., soir : écourté et altéré de abardaez[772].

Paréa, vb., guérir : dér. de paré « guéri ». Empr. fr. paré, « prêt, en bon état, dispos », ou comme qui dirait ré-paré.

Parédi, vb., cuire : dér. de pared « cuit », cymr. parawd « apprêté », corn. parys et parez id., parmi/ « préparer ». Empr. lat. pardtus.

Parz, s. m., partie (mot vieilli), Gjmt.parth. V. sous abarz.

Pas, s. m., toux, mbr. et corn. pas, cymr. pas et pes-wch, ir. cas-achdack, gael. cas-ad > casd id. : soit un celt. *qa$-to-, ppe passé de rac. QÂS a tousser », cf. sk. kâts et kdsâ « toux », kûs-a-te « il tousse », lit. kô*-iu « je tousse », vhal. huos-t-an^> al. husten « tousser », etc.

Paska, vb., nourrir, cymr. pesgi. Empr. lat. pasc-ere.

Pastel, s. f., tranche : originairement « de pain, de pâte », etc., dér. d’empr. fr. paste, d’où aussi pesiez s. m. « pâtisserie ».

Patéled, s. m., bavette : dér. d’empr. fr. ancien pâte « chiffon »[773].

Paz, s. m., variante de pas. V. ce mot.

1 Pé, ou bien, corn. po etpe, etc. : pour *be, exactement « soit », forme de subjonctif du vb. « être ». V. sous béza et bout, et cf. fr. soit.

2 Pé, quel, qui, corn. py et pe, cymr. pa et py, vir. ca-, co-, etc. : d’un celt. *0O-, sk. ká, gr. πο- (dans πό-θι, πό-θεν, πότε, etc.), lat, qui et qui-*, got. hwa-s, ag. tcho et al. we-r, lit. kàs, etc. V. sous *p-, et cf. piou.

Pébez, quoi (quelle sorte, chose, etc.). V. sous 2 pé et péz.

Pebr, s. m., poivre. Empr. lat. piper.

Pék, s. m., poix (d’où péga « poisser »), corn. pêk, peyk etpêg, cymr. pyg. Empr. lat. pic-em (accusatif). Cf. kroug elpéoc’h.

Péd, adv., variante de pet. V. ce mot.

Péden, s. f., prière. Empr. lat. petenda. V. sous pidi et cf. nouen.

Péder, quatre (au fm.[774]), corn. pedar, cymr. pedair, vir. ceiheoir id. (gael. ceithir sans distinction) : d’un celt. *qet-esr-es, sk. càt-asr-as, zd cataûrô « quatre » (au fm.). V. sous péoar, tri et teir.

Pégeit, adv., combien. V. sous 2 pé et 1 keit.

Pégémeùt, adv., combien. V. sous 2 pé et kémeM.

Pégen, péger, adv., combien. V. sous 2 pé, 1 ken et 4 ker.

Pégouls, quand, à quel moment. V. sous 2 pé et 1 kouls.

Pelbîz, s, m., osselet à dévider : composé de 2 pell et biz[775].

Pelkâs, s. m., bris de navire. V. sous 2 pell et 3 kas[776].

Péléac’h, adv., où : composé de 2 pé et léac’h.

Peler, s. m., timon de charrue : dér. probable depaol ou peûl.

Pélestr, s. m., cuvier : pour béol-lestr. V. ces mots. — Conj.

Pelgent, s. m., messe de minuit, cymr. pilgeint > pylgain ou plygain « le point du jour ». Empr. bas-lat. *pulli-cantiô « chant du coq ».

Pélia, vb., peler, plumer. Empr. fr., ou dér. de 1 pell.

1 Pell, s. m., paille, bale[777]. Empr. lat. palea > *palia.

2 Pell, adv., loin, corn. et cymr. pellid. : soit un celt. *qel-lo-, dér. d’un radical *qēl- > *qel- > *qḷ-, accusée par le gr. τῆλ-ε et (éol.) πήλ-υι « loin » et le lat. (pro-)cul, sans autre équivalent assuré.

Pellen, s. f., balle à jouer, corn. et cymr. pel. Empr. lat. pïla.

Pelleter, s. m., peaussier. Empr. fr. pelletier.

Pelloe’h, adv., désormais : comparatif de 2 pell.

Pemdéziek, adj., quotidien. V. sous bemdez.

Pémô’ch, s. m., pourceau : pour penn-môc’h. V. ces mots.

Pemp, cinq, corn. pymp, cymr. pump, vbr. pimp t gaul. *pempe dans πεμπέδουλα quintefeuille », vir. côic, etc. : soit donc un celt. *qenqe = lat. quïnque, tous deux altérés pour i.-e. *péàqe, sk. páñca, gr. πέντε, got. firnf(ags.fif> ag.^foe, al. funf) t lit. penkl, etc., etc. Cf. pibi.

Pempiz, s. f., quintefeuille : dér. de pemp. V. ce mot.

Pénaoz, adv., comment. V. sous 2 pé et neùz.

Pendôk, s. m., chabot (poisson à grosse tête), mbr. pendoc, « têtu, nain, coquin » : écourté de pendolok. — Conj. Em.

Pendôgi, vb., culbuter : dér. du précédent : et cf. pendolok[778].

Pendolok, s. m., têtard, cf. mbr. penndolein « étêter »[779] etc. : les composants sont penn, et l’équivalent br. du cymr. tol-i « écourter » lequel répond à une forme hypothétique gallo-lak *tàliàre (> f r. tailler).

Penduen, s. f., roseau à tête noire : ) dér. de penn-du.

Penduik, s. m., mésange : ) V. ces deux mots.

Pengamm, s. m., torticolis. V. sous penn et 2 kamm.

Pengap, s. m., garniture du bout du fléau : exactement « tête du bout ». V. sous penn et kab, et cf. penvestr.

Pengenn, s. m., sillon, arpent, mbr. penguen. — Étym. inc.[780]

Penglaou, s. m., mésange. V. sous penn, glaou et penduik.

Pengoat, s. m., massue, mbr. pengot altéré par étymologie populaire (cf. koat) de penn-scod « tête de souche ». V. sous penn et skôd. — Ern.

Penn, s. m., tête, pièce [de bétail], corn. et cymr. pen, gaul. *pennos dans Πεννο-ούινδο-ς (Penno-ouindo-s) ; et le nom des Alpes Penn-ines, vir. cenn cend, ir. et gael. ceann id. : d’un celt. *qenno-, sans équivalent sûr.

Pennaoui, vb., glaner : dér. de penn, employé par ellipse pour penn-éd « tête de blé > épi de blé »[781] (on les glane un à un).

Pennaska, vb., entraver. V. sous penn et nask[782].

Pens, s. f., fesse. Empr. fr. altéré et nasalisé[783]. Cf. behdel.

Pensac’h, s. m., abcès, tumeur, goitre : soit « poche en forme de tête » ou « poche unique ». V. sous penn, pennaoui et sac h.

Pensac’hen, s. f., cervelas : dér. du précédent.

Pensaouta, vb., courir çà et là[784], extra vaguer. V. sous penn et saout.

Pensé, s. m., bris, naufrage : pourrait se rattacher au suivant.

Pensel, s. m., pièce de rapiéçage : paraît dér. d’une forme nasalisée de péz. V. ce mot ; mais cf. fr. (picard) r’pincheu « rapiéceur ».

Penvers, adj., opiniâtre (on dit aussi kil-vers) : soit « tête à l’envers » composé de penn et d’empr. lat. versus « tourné ».

Penvestr, s. m., licou : substitué à kabestr par calembour, à cause de la synonymie de kab et de penn. V. ces trois mots.

Péoc’h, s. m., paix, mbr. peuch. Empr. lat. pâx et cf. pok.

Pep, chaque, tout, corn. pup > pob, cymr. pawb, vbr. paup, vir. câch, ir. et gael. gach id. : soit un celt. *qo-qe ou *qû-qe, à peu près formé comme le lat. quis-que, c’est-à-dire contenant, à la suite d’un pronom relatif et indéfini (cf. *p-) la particule i.-e. *qe, sk. ca, gr. τε, lat. que, etc., qui insiste sur le sens indéfini.

Pér, s. m., poire. Empr. lat. pira.

Pérâk, pourquoi. V. sous 2 pé et ràk[785].

Péran (V.), s. m., quart : syncopé par dissimilation de la forme complète que montre le cymr. pedry-ran id. V. sous pèt>ar s péder et rann, et cf. lat. quadri- et quadru- en composition.

Pergen : adj., propre, pur ; adv., expressément. — Étym. inc.

PercTien, s. m., propriétaire, corn. perhen y cymr. perchen et perchenog, et cf. perchi « respecter » : dér. d’empr. lat. parc-ere « épargner », peut-être avec influence d’un bas-lat. *percentare « toucher le tant pour cent », et, pour le br., de l’empr. fr. aparchent « il appartient ».

Pers, adj., bleu d’azur. Empr. fr. ancien pers.

Person, s. m., curé. Empr. fr. ancien persone id.[786]

Pervez, adj., avare, corn. perfeyth et cymr. perffaith « parfait ». Empr. lat. perfectus (parfait > bien avisé[787] > économe >> avare).

Perz, s. f., part, côté. Empr. bas-lat. partis (de pars). Cf. parz. Pésavad, quoi (« plaît-il ? ») : analyser pè da mâdf « quoi pour [votre] bien ? = qu’y a-t-il pour votre service ? » V. ces trois mots.

Pésk, s. m., poisson, corn. pysc et pesc y cymr. pysg. Empr. lat. piscis.

Pet, combien : soit un celt. *qeti- ou *qeto^ cf. zd caiti « combien », lat. quot, quotus, et *cottus dans cottï-diè « chaque jour », gr. πόστος, πόσσος, πόσος, et sk. katithá « le quantième ». V. sous *p-.

Pétiz, s. m., petit ver d’appât cf. fr. (normand) pestiche id. Empr. bas-lat. *pasticius « appât », dér. depastus « pâture ». — Ern.

Pétoun, s. m., palourde : soit un empr. fr. dialectal *pétonque ( ?), pour pétoncle < lat. pectunculus « petit peigne » (nom de ce coquillage).

Pétra, quoi. V. sous 2 pé et trâ (« quelle chose ? »).

Peûk, s. m., bourrade, corn. et ir. poc « coup », gael. pue « pousser ». Empr. ag. ancien pukken > to poke, « frapper, pousser ».

Peûl, s. m., pieu, cymr. pawl. Empr. lat. palus.

Peur, quand : analyser 2 pé et eùr « heure » empr. fr.

Peur-, particule indiquant l’accomplissement total (peur-ôber « achever », etc.) : forme atone de pur au sens adverbial « purement, beaucoup, très », et ayant pris devant les verbes le sens du préf. lat. per- dans per-ficere, etc. Double empr. lat. (Sur û > eri, cf. leûri, etc.)

Peûreu], s. m., palourde. Empr. bas- lat. *perolia, avec métathèse pour le vrai mot pelàrida, d’où vient le fr. palourde.

Peûrgedged, adv., nommément, surtout : analyser en peûr-ket-kent « très tant premier », altéré par assimilation. — Ern.

Peûri, vb., paître, mbr. peuriff, cymr. pori. Empr. bas-lat. pàburàre (Du Cange), corrompu de pàbulàre, qui est le vb. dér. de lat. pàbulum « pâturage ». — Conj. à peu près désespérée.

Pévar, quatre (msc), corn. peswar 9 cymr. petguar> pedwar, vir. cethir. etc. : d’un celt. *qet-war-es, sk. catcâras, gr. τέσσαρες, etc., lat. quattuor, got.Jidwôr (ag. four et al. vier), lit. ketur-i, etc. Cf. péder.

Péz, s. m., morceau, corn. et cymr. peth, gaul. *pet-tis[788], vir. cuit, gael. cuid « part » : d’un celt. *qet-ti-, dér. du radical distributif *qet-, soit « quantième ». V. sous pet. — Conj. Mcb.

1 Pézel, s. f., jatte. Empr. roman *padella, issu du lat. patella « écuelle » et aboutissant à fr. paelle. Cf. palaren.

2 Pézel, adj., mou, blet : paraît altéré (Ern. s. v.) de mbr. mezel (cf. hvr) « lépreux > pourri > mou ». Empr. lat. misellus > Bas-Maine mézel Dn.

Piaoua, vb., posséder : dér. de locutions telles que ouz piou, da piou, « à qui [cela appartient -il ?] ». V. sous piou.

Piben. s. f., tube, fistule, pustule, corn. pib « musette », cymr. pib « tuyau », vbr. pip-enn-ou « canaux ». Empr. bas-lat. pipa.

Pibi, vb., cuire, cymr. pobi, corn. pobas, cf. corn. peber « boulanger » : soit un britt. *pep-ô « je cuis », pour celt. *qeq-ô (lat. coqu-ô et osque latinisé pop-ïna « taverne »), et celui-ci altéré par assimilation (cf. pemp) pour i.-e. *peq-ô, sk. pàe-a-ti « il cuit », gr. πέπ-ων « mûr » et πέσσω « je cuis » ( *πεq-yω), lit. kep-ù (métathèse) et vsl. pek-a* Cf. poca.

Pibit, s* f., pépie. Empr. bas-lat *pipita < lat. pituïta. Cf. birc’houidik.

1 Pîk, s. m., pic, pique. Empr. fr.

2 Pîk, s. f., pie. Empr. lat. pïca.

Pikol, adj., gigantesque, très grand. — Étym. inc. 1

Pikouz, adj., chassieux, cf. pik « taie sur l’œil ». Empr. roman probable : l’analogue se retrouve en provençal (piquerno « chassie »). — Ern.

Piden, s. f., membre viril, cymr. pidyn id. : dér. d’une souche romane *pitqui rappelle l’ai, spiess « broche » et spitzti pointu ».

Pigel, s. f., houe » pioche : dér. de 1 pik.

Piger, s. m., ergot du seigle : id., à cause de sa forme pointue.

Pigosa, vb., cogner, becqueter : contamination évidente de pilgosa(ct. pilgoz) et de l’empr. fr. picoter « becqueter », cf. / pîk.

Pioher, s. m., petit pot. Empr. fr. ancien pichier id., du bas-lat. *biccàrium « vase à bec », cf. ag. pitcher étal, bêcher. Cf. bèk.

Pioholou, s. m. pl., broussailles, menu bois : exactement « [choses] menues », pl. de pikol au sens étymologique. — Conj.

Pil, s. m., guenille, cymr. pilyn « couverture », ir. pillin et gael. pillean « bât », ag. écossais pillions « chiffons » : dér. d’empr. lat. pelhs*. — Mcb.

Pila, vb., piler, broyer. Empr. ir. piler.

Pilgoz, s. m., billot : composé du suivant et d’un mot vieilli scoss qui a le sens de skôd. V. ces mots et cf. pengoat.

Pill, s. m., tronçon de bois, cymr. pill, « tronc, fût ». Empr. lat. pila « colonne » (avec doublement inexplicable), d’où aussi fr. pile.

Pillik, s. f., poêlon, cf. cymr. pilig « cuve » : diminutif de l’empr. lat. pila « mortier ». Cf. le précédent et palaren.

Pilpouz, s. m., fil ou laine d’effilochage : dissimilé pour pil plouz « guenille en brins ». V. ces mots. — Conj.

PiiLa, vb., monter : dér. de mbr. (en) pign « en suspens » (cf. diribin), lui-même abstrait d’empr. lat. pend-ëre* « être suspendu ».

Pinia, vb., orner, parer : abstrait d’empr. fr. altéré pimpant ; cf. aussi pipeler, pipeloter, etc., <( parer, enjoliver ».

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Pinsin, s. m., bénitier. Empr. fr. nasalisé piscine.

Pint, s. m., pinson, cymr. pingc. Empr. ag. altéré spink, et cf. ag. Jinch et al. Jink, dont le prototype germanique a aussi passé au roman, bas-lat. pinthioy ital. pincione, fr. pinson.

Pinvidik, adj., riche : métathèse (sous l’influence de pinvizic[792]) pour *pindivik = corn. pendeuig et cymr. pendefig, « prince, grand personnage », d’un celt. *qenno-tam-ïko- « tout à fait principal », dér. de *qenno-tamo-, qui est superlatif de *qenno-[793]. V. sous penn et cf. intaAo.

Piou, qui, corn. pyw, pour *pwi = cymr. pwy = vbr. />eu = vir. ce > cm id. : d’un celt. *^ei, qui répond au lat. qui. V. sous*/)-.

Pirc’hirin, s. m., pèlerin, corn. pirgirin (voc.) > pryerin « étranger », cymr. pererin. Empr. lat. peregnnus avec métathèse.

Pismik, adj., qui fait la petite bouche, délicat, dégoûté : exactement « petite miette », sobriquet. V. sous 2 pîz et empr. lat. mica.

Pistik, s. m., point de côté : semble une formation hybride mal définie ; cf. fr. ancien pis « poitrine », et al. stich, « point, piqûre ».

Pistri, s. m., empoisonnement, corn. pystyc etpystry « magie », et cf. ir. piseôg id. : dér. d’empr. lat. pyxis « boîte [pharmaceutique] ».

Pitou), adj., friand. Empr. fr. ancien pitoulz « piteux »[794].

1 Pîz, s. m., pois (aussi péz), corn. pês, cymr. pys. Empr. lat. pisum.

2 Pîz, avare (aussi pic’h V.) : soit donc un radical *pitt-. qui paraît être le même que celui du fr. pei-it d’étymologie inconnue ( « petit > mesquin > chiche > avare ») ; apparenté peut-être à péz ou bihan.

Plâd : adj., plat ; s. m., plat. Empr. fr.

Plac’h, s. f., fille, servante, cf. ir et gael. caile id. : soit *pal-ac'h, qui semble empr. gr. byzantin παλλαϰή ou lat. pellex « concubine ».

Planken, s. f., planche. Empr. fr. (normand) planque.

Planson, s. m., tresse, cf. rabr. planczonenna a natter les cheveux », dér. de planczonenn « plant »[795]. Empr. fr. plançon.

Plaouia, vb., attaquer, blesser, mbr. plaouhyet, « très malade », cymr. plau « tourmenter » : dér. de cymr. pla « fléau », corn. pla « peste ». Empr. lat. plàga > *plâga 9 « plaie, fléau ».

Plarik (V.), adv., tout doucement : pour *plan-ik y diminutif du radical *plan- emprunté au roman ; cf. lat. pldnus a aplani », ag. plain « simple » et ital. piano « lentement ». — Conj. très hasardée.

Plék, s. m., pli, tendance, corn. pleg : abstrait de plèga < mbr. plegaff « plier », cymr. plygu. Empr. lat. plicâre.

Pléd, s. m., attention. Empr. fr. ancien plaid « action en justice », pris au sens de la locution tenir plaid de « tenir compte de ».

Pleûstra, vb., s’accoutumer, hanter : proprement « habituer [la bête de trait] au chariot ». Empr. bas- lat. *plostrâre (dér. de lat. plaustrum).

Plijout, vb., plaire : formé sur un radical empr. fr. *plez-, abstrait de plaisir, plaisant et de la conjugaison du vb. plaire.

Ploué, s. m., campagne, village : autrefois, et dans les noms de lieux (Plou-), « paroisse, communauté d’habitants », corn. plui>plu > plew, cymr. plwgf^> plicy, vbr. pluio. Empr. lat. plèbes.

Ploum, s. m., plomb, corn. plom, cymr. plie m. Empr. lat. plumbum.

Plouz, s. m., fétu. Empr. fr. ancien pelous « velu ».

Plû, s. m., plume, mbr. pluff et pluoenn, corn. pliv, cymr. pluf> plu. Empr. lat. pluma.

Pluia, vb., plonger : pour plouma*, qui existe aussi, et qui est dér. de ploum comme lat. *plumbicare ( > fr. plonger) de plumbum ; ou simplement pour *plunia qui serait empr. fr. plonger.

Plusk, s. m., cosse, pelure, cymr. pl. plisg, ir. plaosg id. : très anciennement altéré (p pour 6), comme l’indiquent cymr. blisg et gael. blaosg, d’un celt. *bloi-sko- qui parait se rattacher au même radical que gr. φλοι-ό-ς (phloi-o-s) ; « cosse », etc. (sous bléô). Cf. fr. ancien et dialectal (venu du celte ?) pluskier « épelucher » (God.), espelucher id. (Hatzf.).

Plustren, s. f., signe sur la peau : soit exactement « hantise, objet qui s’attache », à rattacher à la dérivation de pleûstra. Cf. peur-, etc.

Poan, s. f., peine, douleur, travail, corn. et cymr. poen. Empr. bas-lat. pèna (> fr. peine) < lat. poena « châtiment », empr. gr. ποινή (poinê).

Poaz, adj., cuit, cymr. poeth « chaud » : d’un celt. *çoy-^o-, sk. pak-tâ, gr. πεπ-τό-ς (pep-to-s), lat. coc’tu-s, etc., ppe passé de la rac. de pïbi.

Pober (V.), s. m., boulanger. V. sous poaz et pibi.

[796]

Pobl, s. f., peuple, corn. pobel (voc.) > pobyl, cymr. pobl, vir. popul, gael. pobull. Empr. lat. pôpulus > bas-lat. poplus, changé de genre.

Pok, s. m., baiser, cymr. poc, vir. pàc, ir. pôg, gael. pbg etpàg id. Empr. lat. très ancien pâcem* (accus.). Cf. pdoc’h, kroug et kroaz.

Pôd, s. m., pot. Empr. fr. (abstrait du lat. pôtdre).

Poell, s. m., prudence, raison, corn. *pull [gor-bull-oc « fou »), cymr. pwyll, vir. ciall, gael. cta// « intelligence » : d’un celt. *qeislû J dér. de rac. QI >> QIT « comprendre », sk. cèt-a-ti « il connaît », cit-tà « pensée », ket-u « signe de reconnaissance » = got. hàid-u-s, « manière, espèce » (ag. -hood et al. -heit devenus simples suff.), etc.

Poéz, s. m., poids, corn. poes, poys et pds, cymr. pwys. Empr. lat. pensum « pesé » > lat. populaire pësum « poids » (d’où aussi fr. poi(d)s).

Poc’han, s. m., plongeon (oiseau), plongeur. Empr. ags. pohha « poche » (surnom dû à la forme spécifique du bec). — Conj.

Polos, s. m., prune sauvage : pour bolos, qui existe aussi, cymr. bwlas, etc. • dér. d’empr. lat. huila « boule ». Cf. boulas,

Ponner, adj., lourd. Empr. lat. ponderis (gén.) « de poids ».

Poùsin, s. m., poulet. Empr. fr. nasalisé poussin. Cf. ronsé.

Poùt, s. m., pont, corn. pons, cymr. pont. Empr. lat. ponlem. Pora) (C), s. m., tique : dér. du radical *podr-,. Cf. pore.

Porbolen, s. f., ampoule, mbr. pl. porfolennou, cf. mbr. bulbuenn « pustule », fr. bourbillon [d’une pustule], sk. budbuda « bulle », etc. : ces semi- onomatopées sont irréductibles entre elles.

Pore, s. m., maladie subite et dangereuse : exactement « infectieuse », corn. podreth « gangrène », cymr. pydredd « pourriture » dér. ’de pwdr « pourri », soit donc br. *pozr-e : le tout dér. d’empr. lat. putris.

Porc’hel, s. m., pourceau, cymr. porchell et parchell. Empr. lat. porcelhu.

1 Pors, s. m., porte, cour, corn. et cymr. porth id. Empr. lat. porta 1.

2 Pors, s. m., port, corn. et cymr. porth. Empr. lat. portus.

Post, s. m., poteau, pilier, corn. et cymr. id. Empr. lat. postis.

Potal, s. f., serrure, entrave : se rattache, dans le dernier sens, à la souche du fr. poteau, dér. du lat. postis. Empr. fr. probable, et cf. post.

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Potéô, s. m., aiguière. Empr. fr. pot d’eau ou pot d’ève.

Pouch, s. m., poulain. Empr. fr. altéré poul(i)che.

Pouc’h, adj., sale, vilain : semble abstrait de quelque onomatopée récente de mépris ou de dégoût ; cf. fr. peuh ! et pouah !

Poulc’hen, s. f., mèche, mbr. pourchen îd. : à rapprocher avec doute de gael. et ir. cuilc « roseau », d’origine obscure. — Conj. Ern.

Poull, s. m., fosse, étang, corn. pol « puits », cymr. pwll « mare », vir., ir. et gael. poil. Empr. ags. probable pôl > ag. pool id.

Poulout, s. m., pelote, grumeau. Empr. fr. altéré pelote[800].

Poultr, s. m., poussière. Empr. fr. ancien pouldre.

Pounner, adj., variante de ponner. V. ce mot et cf. le suivant.

Pour, s. m., poireau. Empr. lat. porrum ou fr. patois pour.

Pourc’ha, vb., vêtir, cf. ir. cuilce « toile » : paraît se rattacher vaguement à la même dérivation que poulc’hen. — Étym. inc.

Pràd, s. m., pré, corn. pras. Empr. lat. tardif prâtum.

Pratel, s. f., tonnelle. Empr. lat. très tardif pratellum[801].

1 Préd, s. m., temps, heure, mbr. prêt, corn. prit (voc.) > prys, cymr. pryd id. : d’un celt. *qrit-u- « fois », cf. sk sa-kft « une fois » et -kfitc-as pl.« fois », osque petiro-pert « quatre fois », lit. kar-ta-s et vsl. krat-û « fois », qui se rattache à rac. QERT « couper, diviser » (sk. krnt-â-ti, etc.).

2 Préd, s. m., repas : proprement « [heure du] repas », écourté de préd boèd ou autre locution par suppression du déterminant[802].

Préder, s. m., souci, occupation, cymr. pryder « soin », corn. priderys « soucieux », vbr. pritiri « hésitation » et preteram « je me soucie » : dér. de la forme primitive de / préd (ce qui fait perdre le temps).

Preiz, s. m., proie, cymr. praidd. Empr. lat. praeda.

Préna, vb., acheter, corn. prenne et perna, cymr. prynu, vbr. prinit « acheté », vir. cren-i-m « j’achète » (ir. et gael. creic id.) : soit un radical celt. *qri-nà- « acheter », sk. krî-nà-ti « il achète », gr. πέρ-νη-μι « je trafique » et πρία-μαι « j’achète », lit. per-k-ù id., russe krï-nuti.

Prénest, s. m., fenêtre : dissimilé pour mbr. prenestr, lequel est altéré de mbr. penestr < fenestr. Empr. It. fenestre et cf. prenna[803].

Prenn, s. m., bois en œuvre, corn. pren, cymr. pren, vir., ir. et gael. crann « arbre » : d’un celt *qrenno-, qui rappelle gr. ϰράνον et lat. cornus « cornouiller » (bois très dur), lit. kér-a-s « tronc dépouillé », etc. ; cf. aussi lat. quer-nu-s « de chêne ». — Rien de satisfaisant.

Prenna, vb., fermer (par une barre de bois). Cf. prenn.

Prénv, prév, préoù, s. m., ver, corn. et cymr. pryf, vit. cruim, gael. cruimh id. : d’un celt. *qrimi- < i.-e. *qrmi-, sk. kfmi, lit. kirmi-s, et cf. lat. vermis (< *qvermi- ?), mais sans rapport avec ag. worm.

Prézek, s. m., parole, discours, sermon : abstrait de mbr. prexec, « prêcher, parler », cf. ir. pritchaim. Empr. lat. praedicàre.

Prî, s. m., argile, corn. pry, cymr. pridd, vir. cré (gén. criad), gael. crè id. : d’un celt. *qrë-yâ, sûrement apparenté à lat. crë-ta, « marne, craie », mais sans aucun autre équivalent connu.

Pried, s. m. f., époux, épouse, corn. priot (voc.) > pries, cymr. priodii. Empr. lat. prîvâtus « qui appartient en propre à ».

Prim, adj., trop petit, avare, prompt, cf. cymr. prin « rare » : paraissent deux dérivations légèrement différentes, ayant eu primitivement le sens de « cher », de la rac. à voyelle longue signifiant « acheter » qu’on trouvera abrégée sous préna. Cf. aussi cymr. prid « précieux ».

Priz, s. m., prix, valeur. Empr. fr. ancien pris.

Prof, s. m., offrande, présent de noce (T.) : abstrait d’empr. fr. ancien profrer « offrir ». — Loth.

Pudask, s. m., putois : suppose un vb. perdu *puda « puer ». Dér. d’empr. lat. patëre, et cf. le nom français.

Pucha, vb., s’accroupir : proprement « se faire petit », dér. d’un mot perdu qui est à peu près identique au cymr. pwt « petit ». Dér. d’empr. lat. pittus « petit » contaminé de putidus « affecté ». — Conj.

Pu), adj., abondant, mbr. puill id. : abstrait de mbr. puilla > pula, « se multiplier, abonder ». Empr. fr. altéré pulluler. — Conj.

PufLez, s. m., abcès, furoncle. Empr. fr. ancien pugnès, « punais, fétide ».

Pons, s. m., puits. Empr. fr. nasalisé. Cf. bendel[804].

Pur, adj., pur, propre, corn. par, « très, tout à fait » (cf. br. peur-), cymr. pur, « pur, sincère ». Empr. lat. parus.

Pût, adj., acre, sauvage. Empr. fr. ancien put id.

Puzé, s. m., chien courant : pour *buzé, cf. cymr. bytheuad id. Empr. ags. bicce > ag. bitch « chienne ». — Conj.

R

Ra, particule marquant le subjonctif ; cf. cymr. ri- > rhy-, vbr. ro-> ru-, gaul. ro-, vir. ro->ru-, ir. roet gael. ro a très », particules intensives en composition et conjugaison : d’un celt. *ro pour *pro « avant », sk. prà, gr. πρὸ, lat. prô-, got. fra- (ag. fore, al. vor), lit. pra-, vsl. pro-, etc. Cf. 7 rai, lequel équivaut peut-être à un adj. dér. *pro-ko-.

*Ra-, particule verbale, tombée comme telle en désuétude, mais encore reconnaissable dans quelques dérivations, telles que ramps, rehkout, réoerzi, ros, diréza, etc. : identique au précédent.

Rabin, s. m., avenue. Empr. fr. ancien rabine « ravin », etc.

1 Rak, prép., devant, avant, cymr. rhag, corn. et vbr. rac id. : d’un celt. *rak pour *prak (dér. de *pro, cf. ra), qu’on peut rapprocher approximativement de sk. pràk « en avant », gr. πρόϰ-α « aussitôt », etc.

2 Rak, car : écourté de rak ma « parce que », où rak est identique au précédent. V. sous 5 ma et, pour le sens, cf. pérak.

Raktal, adv., de front > aussitôt. V. sous 1 rak et tâl.

Raden, s. m., fougère, mbr. radenn, corn. reden, cymr. rhedyn, gaul. ratis, ir. raith, ir. et gael. raith-neach > raineach id. : dér, d’un celt. *ra#-, pour *prati-, cf. lit. papàrtis, russe paporotï, dont le radical se retrouve dans sk. par-iyà « feuille », ag. fern et al. farn-kraut a fougère ».

Raé, s. m., raie (poisson). Empr. fr.

Ragéost, s. m., automne. V. sous 1 rak « devant » 1 et éost.

Rambré, s. m., rêverie, radotage : contamination possible de ambren et randon. V. ces mots, mais cf. ag. to r amble « errer ». — Conj.

Rampa, vb., glisser, mbr. rampaff. Empr. fr. ramper.

Ramps, s. m., géant, cf. ir. roimse « perche » : parait contenir le préf. rodevant le radical de Tir. mess « mesure * » > gael. meas « opinion », soit « grande taille ». V. sous *ra-, et cf. rems, mâd, amzer.

Ran, s. f., grenouille. Empr. lat. ràna > bas-lat. râna*.

RaÀklez, adj., insatiable : dér. secondaire par rapport à cymr. rhangcol « très désireux », de rhangc « appétit ». — Étym. inc.

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Raùdon, s. m, rêverie, radotage. Empr. fr. ancien à randon, « à la hâte, au hasard », d’où aussi ag. ai random.

Raàjen, s. f.. rêne (aussi rehjen). Empr. bas-lat. *retina(> fr. rêne), qui eût donné br. *reden ou *rezen, contaminé du vb. fr. ranger [à l’obéissance ] ou arranger [le harnais]. - Conj. très hasardée.

Rann, s. m., partie, corn. ran radn, cymr. rhann, vbr. pl. rannou « parties » et rannam « je partage », vir. rann et rannaim, ir. et gael. rann, etc. : d’un celt. *ranna^ pour *pr-annā, dér. de la rac. PERÄ « distribuer », que supposent gr. πορ-εῖν « fournir », πέ-πρω-ται « il est assigné », et lat. pars (pour *par-ti-s, cf. par-ti-m adv.), por-ti-ō* etc.

Ranvel, s. f., seran à égrener le lin. V. sous rimia.

Raô, s. m., cordage en chaîne de fer (pour attelage), mbr. rou et raou, cymr. rhaw « chaîne » : rappelle d’un peu loin ag. rope « corde ». Empr. ags. ràp id., altéré par une influence inconnue ?

Raoskl, s. m., canne : dér. de raoz au moyen d’un suff. assez rare.

Raouen, s. f., empan, mbr. ronhenn, cymr. rhychwant id. : soit un celt. *rokk-inâ, pour *rog-n-inâ, dérivation assez compliquée et diversement altérée de rac. REG qu’on trouvera sous rén et reiz[808].

Raouia, raoula, vb., enrouer, s’enrouer, cf. le ppe raouet « enroué » : respectivement dér. et altéré d’empr. bas-lat. râvus (lat. ràvus id.).

Raoulin, s. m., linteau, mbr. raulhin id. : dissimilé pour *raourin <i*ragourrin, soit le mot gourin v linteau » précédé du préf. *ra-. — Ern.[809]

Raoz, s. m., roseau : semble, comme fr. roseau, un empr. germanique très ancien ; cf. got. râus « roseau » (al. rohr « tuyau »).

Raskl (T.), s. m., tiroir. Empr. fr. (objet qui racle). Cf. araskl.

Rastel, s. f., râteau. Empr.fr. ancien rastel.

Rât, s. f., pensée, dessein, cf. vir. raithu il remarqua », etc. : d’un celt *rat-â, dont on rapproche lat. inter-pret-[810], got j rat h- j an <f comprendre » et frôth-s « sage », lit. su-prant-ù « je remarque », etc.

Ratouz, adj., ras, tondu : contamination de 4 râz et touz. Cf. torgammed.

Ratoz, s. f., surtout dans a-ratoz « à dessein » : dér. de rât.

Raveùt, s. m., sentier : soit *rac-heàt « chemin en cordon » (qui se tord, sinueux). V. sous raô et hefit. — Conj. (cf. gwénôden).

Ravesken (C), s. f., synonyme de haṅvesken (V. ce mot) : soit donc *ra-haṅv-hesk- « stérile depuis plus d’une année ». — Ern.

1 Raz, s. m., rat. Empr. bas-lat. rattus.

2 Raz, s. m., chaux. Empr. lat. rasis « poix crue ». — Douteux.

3 Râz, s. m., détroit, courant en contre-marée : identique au suivant, au sens de « rasure, râclement des contre-courants ». — Conj. Ern.

4 Raz, adj., ras, plat, uni (aussi ràc’hV.) : abstrait de mbr. razaff (rahein V.) = cymr. rhath-u, « gratter, racler », le tout se ramenant à un celto-lat. *raz-dô « je racle », d’où procède aussi lat. râdô, sans autre équivalent sûr. V. un dér. secondaire sous rozel.

1 Ré, dans ar ré « ceux », va ré « les miens », etc., cf. cymr. rhai et rhyw « quelques-uns » : d’origine obscure et compliquée de contamination.

2 Ré, s. m., paire : identique au précédent[811].

3 Ré, trop : variante de ra pris au sens intensif. V. ce mot.

Real, s. m., cinq sous. Empr. espagnol real.

Rébeoh, s. m., reproche, remords. Empr. fr. ancien rebecher « reprocher » < rebrecher < lat. rubricàre « marquer [une faute] à l’encre rouge ».

Rébet, s. m., violon. Empr. fr. ancien altéré rebec.

1 Réd, s. m., cours, course, flux, cymr. rhed « course » et rhed-u < courir », vir. reth-i-m « je cours », ir. riothaim et gael. ruith id. : d’un celt. *ret-o « je cours », lit. rit-u « je roule », et cf. la rac. RET fléchie sous rôd.

2 Réd : adj., nécessaire ; s. m., nécessité ; corn. reys et rès, cymr. rhaid id. : d’un celt. *ra-tyo-, qu’on peut ramener à rac. AR, « ajuster, mettre en ordre », ppe sk. ṛ-tá « ordre immuable » et ṛ-tú « saison », gr. ἀρ-αρ-ίσϰ-ω « j’ajuste », lat. ar-tu-s « articulation », etc.

Réga, vb., fouir, tracer de petits sillons : dér. de mbr. et vbr. rec « sillon », cymr. rhych et vir. -rech id., d’un celt. *riko-[812] et *rikko-, qui lui-même se ramène à un i.-e. *prko-, lat. porca « le rehaut entre deux sillons », ags. furk > ag. furrow, et al. furche « sillon ».

Régez, s. m., braise, corn. regihten, cymr. rhysod, vir. richis id. L’extrême dissemblance de ces formes ne permet pas de les ramener à l’unité.

Régi, vb., déchirer : variante probable de réga « sillonner ».

Réc’h, s. f., chagrin : soit originairement « déchirement » ; se ramène à *rikkâ, « sillon, déchirure ». V. sous réga et régi. — Ern.

Rei, vb., donner, mbr. reiff, corn. rei et ry, cymr. rhoi, et cf. vir. rath « grâce » (cymr. rhâd) et é-ra « refus » : rac. i.-e. RÊi, sk. rà-ti « il donne », ra-tâ « donné », rai et « richesse », lat. rë-s « chose ».

Reiz, s. f., ordre, loi, raison (aussi reih V.), mbr. reiz « juste », cymr. rhaith, vbr. reith, vir. recht, ir. et gael. reachd « loi » : d’un celt. *rektu-, à peu près identique à lat. rec-tu-s, got. raih-t-s, ag. righ-t, et al. rech-t, tous issus de rac. REG « diriger » ; sk. raj-â-ti « il s’étend » et rj-u « droit », gr. ὀ-ρέγ-ω « je tends », lat. reg-ere, vir. rig-i-m, got. -rak-jan et al. reck-en « étendre », etc., etc. Cf. encore rén et raouen.

Remm, s. m., rhumatisme. Empr. fr. ancien reume.

Rems, s. m., durée, cf. vir. rémes > ir. reimheas, lequel s’analyse « temps » et mess « mesure » (tous deux perdus en br.) : le premier est un doublet de vir. roe « espace », qu’on rattache à la même origine que lat. rus « campagne », ag. room et al. raum « espace » (cf. ir. et gael. raon « champ ») ; on trouvera le second sous ramps.

Rén, s. m., conduite, mbr. ren « conduire », cf. vir. ren « empan » : soit celt. *rég-no- « rection », dér. de rac. REG. V. sous reiz et raouen.

Renk, s. f., rang, ordre, cymr. rhencg. Empr. fr. ancien reng.

Renkout, vb., devoir : identique au cymr. rhyng-u « s’interposer », dér. de rhwng « entre » ; ou bien au vb. vir. ricc-i-m « je manque », qu’on explique par préf. *ro- (sous *ra-) et rac. ENEK du sk. àn-ârriç-a « j’ai atteint », gr. ἐν-εγϰ-εῖν, etc. [813] ; ou enfin cymr. rhangc (sous ranklez).

Rendael, s. f., dispute : tiré de l’expression mbr. ren dael « mener dispute », et passé au fm. par analogie de dael tout court. — Ern.

Réô, s. m., gelée, mbr. reau, corn. rew, cymr. rhew, vbr. reu, vir. reo, ir. reo, et cf. vir. réud, ir. reodhadh, gael. reodh « gelée » : soit un radical celt. *rewos-, pour *prewos- ( ?), d’une rac. PRUS, que reproduisent lat pru-ïna « frimas » (< *pruso-ina), sk. prusva « gelée blanche », ags. frëos-an > ag. to freeze, vhal. frios-an > al. frier-en « geler », etc.

Réol, s. f., règle, corn. reol et cymr. rheol. Empr. lat. régula.

Réor, s. m., derrière, anus, cymr. rhefr id., et cf. cymr. rhef et vir. remor, « gros, gras » : soit un celt. *rem-ro-, peut-être pour *prem-rofort », dont les équivalents sont peu sûrs. V. sous gourem[814].

Répui, vb., accueillir en hospitalité : dér. d’empr. fr. repu.

Réter, s. m., orient, ir. air-ther id. : altéré pour *er-der ( ?), d’un celt. *arei-tero- pour *parei-tero- « situé en avant », cf. gr. παροί-τερο-ς, forme de comparatif de la prép. primitive qui est devenue br. ar-[815].

Reûd, adj., raide, ferme. Empr. fr. ancien roide[816].

Réuein (V.), vb., variante de raoula. V. ce mot.

Reûn, s. m., crin, soie de porc, cymr. rhawn, ir. ràinne, gael. rbin, « poil, crin » ’• soit un celt. *râra-, pour *rà-mni-, et cf. sk. rà-man et lô-man « poil », mais sans lien phonétique appréciable.

Reûstla, vb., brouiller, mêler (aussi rouestla), cymr. rhwystro « empêcher », dér. de rhwystr « obstacle », et celui-ci de rhwyd. Cf. roued.

Reûz, s. m., malheur, mbr. reux « souci », cf. peut-être corn. wryth > ryth « malheureux » et wryth « chagrin ». Empr. ag. ancien reuthe « chagrin » > ag. ruth « pitié ». — Conj.

Reûzeûlen, s. f., butte, éminence : dér. de ros. V. ce mot.

Revend, s. f., grande marée, cymr. rhyferthwy « tempête », vir. ro-bar-ti, etc., « grande marée » : exactement « poussée en avant », préf. *ro- et rac. BHER « porter » avec suff. V. sous *ra-, aber, kémérout, etc. — Ern.

Révi, vb., geler : dér. de rév > réo V. ce mot.

Revr, s. m., variante de réor. V. ce mot.

Réz, adv., à fleur, à niveau. Empr. fr. ancien rez id.

Ribin, s. f.,. brèche. Empr. lat. rapina[817] (d’où aussi fr. racine).

Ribl, s. m., bord, corn. ryb « à côté ». Empr. lat. ripa et rîpula.

1 Ribla, vb., vagabonder : soit ribla « côtoyer », dér. de ribl, mais influencé sans doute dans un sens péjoratif par 2 ribla.

2 Ribla, vb., filouter, cf. mbr. ribler « brigand ». Empr. fr. (populaire ou argot) ribleur « voleur », et cf. ribaud, d’origine germanique.

Ribot, s. m., baratte. Empr. fr. ribotte id. (Bretagne et Bas-Maine).

Riboul, s. m., pompe : cf. fr. dialectal (Bas-Berry, etc.) rabouiller « tripoter dans l’eau » (Balzac, Un Ménage de Garçon). Abstrait d’empr. fr. probable, mais peu clair et en tous cas altéré.

Ridel, s. m., crible, corn. ridar, cymr. rhidyll, vir. rethar, gael. rideal. Empr. ags. hridder[818] > ag. ridil > ag. moderne riddle.

Riel (C), s. m., glace, verglas : dér. du même radical que riou.

Richona, vb., gazouiller, caqueter. Empr. fr. popul. richonner « rire » ; cf. fr. ancien rinchon « sifflement du vent », fr. ricaner, rechigner, br. rinchana « beugler », et autres semi-onomatopées. — Ern.

Rimia, vb., frotter, racler (aussi rinvia, etc., et cf. ranvel). Empr. fr. ancien riffer, « griffer, gratter, racler ». — Ern.

Rinkin, s. m., ris moqueur. Empr. fr. ricaner, et cf. richona.

Rinchana, vb., meugler. Onomatopée, et cf. richona.

Rinsa, vb., rincer, fourbir. Empr. fr. (d’origine germanique).

Riot. s. m., querelle. Empr. fr. ancien riote (d’où ag. riot).

Riou, s. m., froid : soit un radical *rinv-, empr. ags. hrîm « gelée » > ag. rime, et contaminé de réô ; ou dialectal pour *rew > réô.

Riska, riskla, vb., glisser : soit un celt. *rit-skô « je glisse », que reproduit à peu près exactement l’al. rut-schen « glisser », mais auquel on ne connaît non plus qu’à rutschen d’autre équivalent. Cf. ruza.

Riva, vb., refroidir : dér. de riou. V. ce mot.

Rizen, s. f., cordon, corniche (aussi rézen). Empr. fr. frise, contaminé de br. réz « de niveau avec ». V. ce mot. — Conj.

(V.), s. m., don, vœu : base du vb. rei. V. ce mot.

Rok, adj., brusque, arrogant. Empr. fr. rogue.

Rokéden, s. f., veste. Empr. normand roquet = fr. rochet. Cf. roched.

Rôd, s. f., roue, corn. ros, cymr. rhod t vir., ir. et gael. roth id. : d’un celt. *rot-o- et *rot-à< cf. gaul. latinisé petor-ritum « char à quatre roues », sk. rath-a « char », lat. rot-a, al. rad et lit. rât-a-s « roue ». V. la rac. sous 1 réd. (Ou tout simplement empr. lat. ?)

Rodella, vb., rouler, enrouler : dér. d’empr. lat. vulgaire rotellus « rouleau », et cf. rodel « boucle » < lat. rotella > fr. rouelle.

Roéùv, roév, s. f., rame, mbr. roeff, corn. ruif, cymr. rhwyf (cf. vir. ràm qui est authentiquement celtique). Empr. lat. rëmus.

1 Rog, s. m., déchirure, accroc : abstrait de régi[819].

2 Rog, s. f., rogue. Empr. fr. d’origine germanique.

Roched, s. f., chemise d’homme. Empr. fr. rochet d’origine germ. (al. rock).

RocTi, s. f., rocher, cf. fr. roc et roche. — Étym.inc. *.

Roc’ha, vb., ronfler, râler, cf. cymr. rhock « grognement », gael. roc « voix rauque » : contamination, sous la forme *rocc-âre, des empr. lat. roncâre, « grogner, ronfler », et raucàre « émettre un son rauque » ; cf. ag. rook « freux ». V. aussi raouia, roûkeleX roûken.

Roll, s. m., rôle, rouleau. Empr. fr. ancien rolle.

Rollec’h, s. m., ornière (rod-lec’h). V. sous rôd et léac’h*.

Ronkel, s. f., râle (aussi roc’hken V.). Cf. roc ha.

Ronken, s. f., glaire (qui enroue). V. sous roc ha.

Ronsé, s. m., cheval, mbr. roncet et roncin. Empr. fr. nasalisé roussin, et cf. en fr. même (Bas-Maine) rose Dn. V. sous befidel. Rob, s. m., tertre, cymr. rhosu plateau nu », vir. ross, « promontoire, bois », ir. et gael. ros « promontoire » : d’un celt. *rosto-, pour *pro-st-o-, « qui se tient en avant, qui prédomine » (cf. sk. prastha « plateau »), composé de préf. *pro- et rac. STÂ. V. sous *ra- et saô. Rôst, s. m., rôti. Empr. fr. ancien rost (d’où aussi ag. roast). Rouanez, s. f., reine, pervenche, clématite (sobriquet) : fm. refait sur une base *rouan-, soit celt. *rëg-enâ (mais la concordance vocalique est en défaut), à peu près identique au lat. rëg-ïna fm. de rëx. V. sous roué. Rouanv (V.), s.f., variante dialectale de roéûo. Rouden, s. f., raie, marque : contamination d’un dér. de rôd, soit « ornière », avec l’empr. fr. route au sens de « trace, sentier ». Roué, s. m., roi, mbr. roe, corn. ruy et ruif, cymr. rhwyf, gaul. -rîx et -rëx à la fin de beaucoup de noms propres : soit un celt. *rëg- > *rïg- y sk. râj et ràj-an « roi », lat. rëx, vir. ri (gén. rig), got. reik-s « chef » (empr. celt.), d’une forme allongée de la rac. qu’on trouvera sous reiz.

Roued, s. f., filet, corn. ros, cymr. rhwyd, vbr. pl. roit-ou. Empr. lat. rëtia « filets », pl. nt pris pour un fm. sg.

Rouez, adj., clair, rare, cymr. rhwydd, vbr, ruid, « vide, libre », vir. réid, ir. et gael. réidh « uni » : proprement « chevauchable, carrossable », d’un celt. *reid-i-, cf. got. ga-râid-s « bien disposé », ag* read-y et al. be-reit <( prêt » ; tous issus de rac. REIDH, cf. ag. to ride et al. reiten

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« chevaucher », vir. riad-ai-m « je me fais voiturer », gaul. latinisé rëda « char » ; exclusivement celto-germanique. — Uhlenbeck.

Roufen, s. f., ride, froncis. Empr. ag. ruffa froncis ».

Rouû, s. m., gale. Empr. fr. rogne.

Rousin, s. m., résine. Empr. fr. altéré, ou ag. rosin.

Roz, s. m., rose. Empr. fr. rose ou lat. rosa.

Rozel, s. f.» instrument à étendre et aplatir (raser) la pâte : soit un baslat. *ràsella 9 de lat. ràdere. Cf. 4 râz, qui est celtique.

Rufla, vb., humer, renifler. Empr. fr. populaire r’nifler.

Rujôden, s. f., rouge-gorge : pour rûz-jàd-en. V. ces mots.

Ruja, vb., rouler, mbr. ruilhal, etc. Empr. roman *rodulyâre> *roûllar, dér. de lat. rotulus ou *rotillus, etc. 1 Ou simplement fr. rouller.

Rumm, s. m., nombre, espèce, génération, mbr. rum « bande ». Il importe de bien préciser la relation de ce mot avec ses quasi-homophones ou quasi-synonymes. On distinguera : 1° br. ra-m, qui peut procéder d’un celt. *roi-mo- et dont le seul répondant à ce degré vocalique est corn. ru-th « foule » ; 2° le cymr. rhi-f « nombre » et cyf-rif « calcul », qui ramène à un type de même rac, soit *rl-mo-, que reproduit ags. rim « nombre » et al. reim « cadence », cf. gr. ἀ-ριθ-μό-ς à rac. réduite (mais avec une épenthèse inexplicable) ; 3° enfin, sans rapport avec ceux-ci, vbr. pl. ruimmein et cymr. rhwym « lien », dont on ne sait que penser, mais qu’en tout cas il faut séparer de *rigmen-, dér. nt. d’une rac. RIG « lier », cf. vir. ad-riug et con-riug « je lie », lat. (peut-être empr. gaul.) cor-rig-ia « courroie », en sorte qu’il n’y a qu’homonymie superficielle entre cymr. cyfrifeX br. kéfré. V. ce dernier mot*.

Rûn, s. m., colline, mbr. reân id. : soit un celt. *roino-, perdu ailleurs qu’en br. ; cf. al. rain « éminencc », d’où fr. ancien rain.

Rusk, ruskl, s. m., écorce, corn. ruse, cymr. rhisg, vir. rdsc, ir. ruse, gael. rùsg, gaul. romanisé *rûsca id. 3 : le mot parait celtique, mais emprunté au rameau irlandais par le corno-breton, qui autrement aurait Vi cymrique ; on ne lui connaît nulle part d’équivalent.

Rusken, s. f., ruche (faite d’écorce) : dér. de rusk.

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Rusia, vb., rougir (aussi ruia T., C, ruein V.). Cf. rûz.

Rust, adj., rude, brutal. Empr. fr. rustre.

Rustériou, s. f. pl., hémorrhoïdes : altéré, par l’influence de rûz, pour mbr. rudher, qui paraît se rattacher, comme gael. ruith- « flux » ( ?), à la rac. « courir > couler » qu’on trouvera sous 1 réd. — Ern.

Rûz, adj., rouge, corn. rudh, cymr. rhûdd, vir. rûad, ir. et gael. ruadh id. : d’un celt. *roud-o-> dér. de rac. RUDH, sk. loh-â, ràh-ita et rudhirâ, « rouge, sang », gr. ἔ-ρευθ-ος « rougeur » et ἐ-ρυθ-ρό-ς « rouge », lat. ruf-u-s (empr. d’autres dialectes italiques) et rub-er, got ràuth-s, ags. rêad > ag. red, vhal. rôt > al. rot, lit. raud-à « rougeur », etc.

Ruza, vb., glisser, se glisser, ramper, cf. mbr. rusaffa tromper ». Empr. fr. ancien reûser > ruser[825] « faire des détours pour tromper la meute » (de la bête de chasse qui rentre en cachette au gîte). — Ern.

Ruzel, s. f., rougeole : dér. de râz.

Ruziéruz, s. m., liseron : dér. probable de ruza.


S

Sabr (T.), s. m., sève. Empr. ags. saep > ag. sap « sève »[826].

Sadorn, s. m., samedi. Empr. lat. Sàtdrni(diês).

Saé, s. f., habit, robe, cymr. sae, vir. sâi « tunique ». Empr. bas-lat. *saia (> fr. ancien saie et dim. sayon), pour *saga, cf. gaul. **yoç « blouse militaire », gaul. latinisé sagum et sagulum.

Saez, s. f., flèche, corn. seth, cymr. saeth, vir. saiget, ir. et gael. saighead. Empr. lat. sagitta (> fr. ancien sae te, savant sagette).

Saézen, s. f., rayon :