Monographie ou Histoire Naturelle du Genre Groseillier/Avertissement

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AVERTISSEMENT
DE L’ÉDITEUR.


Le Traité des Groseilliers que nous offrons au public, est de feu M. Claude-Antoine Thory, auteur de plusieurs ouvrages justement estimés, et notamment de la Monographie du genre Rosier, et du savant texte des Roses peintes par M. Redouté.

Les soins que réclamait de cet amateur distingué la précieuse collection de Rosiers et les plantes rares qu’il possédait, d’abord dans ses jardins de Belleville, et ensuite dans sa maison de campagne à Clamart-sous-Meudon, ne lui faisaient pas négliger le modeste, mais utile Groseillier : il s’appliquait depuis longues années à étudier sa nature, ses mœurs, à réunir, à classer méthodiquement les espèces et les variétés connues tant en France qu’à l’étranger.

Persuadé que cet arbrisseau, peu honoré jusqu’ici par les amateurs de jardins, et mal conduit par les cultivateurs en grand, pouvait donner des fruits plus gros, plus abondans et plus savoureux à l’aide d’une culture mieux appropriée à sa nature, il résolut de publier le résultat de ses recherches et de son expérience.

Dans le cours de l’été de 1827, il rassembla donc et mit en ordre toutes ses observations sur le genre Ribes ; il fit soigneusement peindre sous ses yeux les figures dont on donne ici vingt-quatre lithographies représentant les beaux fruits que sa culture lui avait fait obtenir.

De retour à Paris, au mois d’octobre suivant, il comptait, par un examen scrupuleux de son ouvrage, et quelques recherches nouvelles dans les trésors de nos bibliothèques publiques, lui imprimer ce cachet de science et de perfection qui distingue ses autres productions, lorsqu’une mort inattendue est venue l’enlever à sa famille et à ses nombreux amis.

Craignant d’abord que ce Traité, dans l’état où il a été laissé, ne fût pas digne du mérite connu de l’auteur, nous avons longtemps balancé à le livrer à l’impression.

Cependant un plus mûr examen nous a fait reconnaître, 1°. qu’il ne serait pas sans intérêt pour les botanistes par le grand nombre d’espèces qu’il contient, par les soins apportés dans leur synonymie, par l’indication des auteurs qui en ont parlé, et la citation des nombreux ouvrages consultés ; 2°. qu’il serait utile à l’économiste, à la maîtresse de maison, auxquels il offre les divers usages de la groseille dans l’économie domestique ; 3°. que l’amateur y trouverait un guide dans le choix des espèces les plus intéressantes ; 4°. et enfin que le cultivateur, même le plus instruit, y verrait des procédés de culture et de multiplication qu’on ne rencontre dans aucun autre ouvrage, et qu’il lui serait avantageux d’introduire dans sa pratique. D’après ces considérations, nous avons pensé qu’en publiant ce Traité on suivrait les vues philanthropiques de l’auteur, qui n’a jamais écrit par intérêt, mais dont le noble but a toujours été de propager des connaissances utiles.

Le public honorera donc la mémoire de M. Thory pour tout ce que ce volume renferme de neuf et d’intéressant, et n’attribuera les imperfections qu’il pourra y remarquer qu’au malheureux événement qui a empêché l’auteur d’y mettre la dernière main.

Cette publication est d’ailleurs un hommage que nous nous faisons un devoir de rendre à la mémoire d’un homme de bien, dont toute la vie a été consacrée aux sciences utiles et au bonheur de la société.