Page:Adolphe de Coston - Étymologies des noms de lieu de la Drôme.djvu/93

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d’un ruisseau ; la Borne, un des premiers affluents que reçoit la Loire, ont la même étymologie. Lang ou Long-Bourne est un ruisseau qui traversait autrefois une partie de Londres à ciel ouvert, et qui coule aujourd’hui dans un canal après avoir laissé son nom à un quartier de la ville. Un bourneau, bornellus, en b. l., est un conduit destiné à renfermer l’eau d’une fontaine : voir Jabron.

Le Buesch de Lus prend sa source dans le canton de Châtillon et se jette dans la Durance. Ce nom veut dire torrent, dans l’ancien idiome alpin (bouel et bouet en pyrénéen, buat et buais en anc. normand). Les noms analogues sont ceux du Bez, affluent de la Drome, et du diminutif Besset (ruisseau), empruntés à la même racine que bessa, bessale, ruisseau, en b. l., besse, en v. fr., etc. Voir Baix. Citons encore buée, amphore ; buer, laver, lessiver ; beuchen, en all., peuchen, en t., etc. Pour Dive, voir § 5, v.o Divajeu, et pour Darentiaca, v. Saillans, § III.

La Drome, Droma en 1203 (Cart. de Die, p. 42), est appelée Druna dans Ausone (Éloge de la Moselle), seul auteur latin qui ait mentionné cette rivière. Cette forme me paraît être le résultat d’une erreur de copie. M. Quicherat semble avoir la même opinion, puisque dans son Vocabulaire géographique, p. 53, il adopte la forme latine Druma, en citant Ausone. On trouve en Normandie un autre cours d’eau appelé la Drome. L’idée que renferme ce nom est celle d’une course rapide, δρομας en gr., d’où ϰαμηλος δρομας, chameau coureur, ou dromadaire, δρομων, vaisseau de course, etc. Le quartier de Dromette, près de Montélimar, est traversé par un torrent. Tous ces mots se rattachent au s. c. t. dram, drava et dru, courir, couler, se mouvoir, qui ont formé dravanti, rivière, torrent, et les noms de la Drave, du Drac, Dravus, en latin[1], et peut-être celui de la Durance (Druentia, en l.), la coureuse , la rapide (Druanti, en s. c. t.).

Notons en passant un néologisme qui pourrait bien « aux

  1. Burnouf, Dictionnaire sanscrit, p. 334 ; — Pictet, Origines, t. I, p. 143.