Page:Adolphe de Coston - Étymologies des noms de lieu de la Drôme.djvu/94

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Saumaises futurs préparer des tortures », c’est celui de Drome, pour orage, dû aux prédictions atmosphériques et aux almanachs de Mathieu de la Drome. Pour Eurre ou Urre, voir le § IV, et pour Eygalayes, v. Aigues.

L’Estagnol, près de Baume-de-Transit, où se trouvaient autrefois de nombreux étangs, et Lens-Lestang n’ont pas besoin d’explication. Du latin forts, fontaine, dérivent : Fontgrand, Fontbonne, Fondeville, fontis villa, maison de la fontaine, fief situé près d’Ànneyron qui appartenait, dans le XVIIe s., aux Brunier de Larnage, et dans le XVIIIe, aux princes de Rohan-Soubise, comtes d’Albon ; c’est aujourd’hui la propriété de M. Gagnière.

Fontager (fontis ager, domaine de la fontaine). Ce fief, qui est près de Saint-Vallier, d’après M. l’abbé Vincent, appartenait en 1339 à Lancelot de Briord ; il passa plus tard aux de Gruel et aux Châtelard ; le château appartient aujourd’hui à M. le baron de Croze. Le mot font était autrefois féminin, comme le prouvent les noms de Fonfrède, Lafont, etc. Pour Galaure, voir le § II, v.o Valloire.

Le nom de la Gervanne, affluent de la Drome, qui brise ses eaux contre des rochers, et coule dans un étroit vallon profondément encaissé, qu’on appelle les Gorges d’Omblèze, veut dire rivière des rochers. On retrouve la première partie du mot guer, guuer, ruisseau, cours d’eau, en corn., gouer et goez, en br. (Zeuss, p. 1119), et dans les noms du Gers, de la Gère, (Jaira, dans le Xe s.), qui se jette dans le Rhône, à Vienne ; de la Gérène ou Gérine, en Suisse ; de Gières, près de Grenoble, Geria, en latin, sur le bord d’un torrent ; du Guiers-Vif (Isère), qui ne tarit jamais ; du Guiers-Mort, qui est souvent à sec pendant l’été ; du village appelé Entre-deux-Guiers ; quant à van et ven, ils veulent dire en c. montagne, rocher, v. le § I, v.o ben. Je ne sais si l’on peut traduire de la même manière le nom du quartier appelé Gervans, entre Hostun et la Motte, et celui du village de Gervans, canton de Tain, près d’un petit torrent qui descend de la montagne, dont le nom était Gervanciacum, en 909 (M. Giraud, Preuves, t. I, p. 132), Girvant, en 1323, Girvandum, en 1470, et qui appartenait dans le siècle dernier aux Saint-Vallier. Pour ac, v. § I, v.o Aleyrac.