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MAURIN DES MAURES

sirent la tête brune. Pour la défense, vite, au bruit, elle s’était retournée, les bras en avant, et elle était tombée sous l’assaut, le corps tout contourné, contre la terre, la face vers le visage du cher bandit qui respirait dans son souffle.

— C’est toi ! dit-elle. Ah ! Maurin, Maurin ! va-t’en, va-t’en, que tu me perds !

Et comme il tendait sa bouche entr’ouverte toute prête au baiser sauvage, elle lui mordit les dents !

Alors il l’emporta sous bois. Il la portait assise sur le fer de son fusil, entre les deux bras qui tenaient l’arme. Elle se laissait faire, les bras autour du cou de son ravisseur ; ses souliers toujours suspendus à l’un des coudes battaient contre elle, et ses jambes nues et fraîches frôlaient la main velue du chasseur…