Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/241

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Histoire de la diplomatie française depuis le 18 brumaire (1799) jusqu’en 1815 (14 vol. in-8°). On a de lui, outre de nombreux écrits de circonstance, des Discours et opinions politiques, aussi remarquables par la lucidité que par la force de l’argumentation. Bignon entra à l’Académie des sciences morales dès son rétablissement (1832). M. Mignet a lu à cette académie une Notice historique sur ce diplomate.

BIGNAN (Anne), littérateur, né à Lyon en 1795, m. en 1861, obtint plusieurs prix dans les concours de poésie de l’Acad. française, et a donné d’estimables traductions en vers de l’Iliade (1830), de l’Odyssée (1840), des Beautés de la Pharsale (1859).

BIGORRE, Bigerrones, province de la Gascogne, au S. O., entre le Béarn et le Nébouzan ; ch.-l. Tarbes. Il se divisait en 3 parties : 1° la plaine ; 2° les montagnes, comprenant les 3 vallées de Lavedan, de Campan, de Barèges ; 3° le Rustan. Villes principales : Tarbes, Vic-Bigorre, Ibos, Antin, Lourdes, Luz, Campan, Bagnères, Barèges, Saint-Sever. Il forme auj. la majeure partie du dép. des Htes-Pyrénées. — Le Bigorre, érigé en comté en 819, dépendait du duché d’Aquitaine ; il fut réuni à la couronne en 1284, par le mariage de Philippe le Bel avec Jeanne, héritière du comté de Bigorre ; le Prince Noir s’en empara en 1369, mais il fut reconquis par Charles V. Cédé en 1425 par Charles VII au comte de Foix, il passa ensuite à la maison d’Albret. Henri IV, héritier de cette maison, le réunit définitivement à la couronne en 1589.

Bigot de préameneu (Félix), ministre des cultes sous l’Empire, né à Rennes en 1747, mort en 1825, était avocat au parlement de Paris avant la Révolution, et fut député en 1791 à l’Assemblée législative. Il y professa des opinions très-modérées et s’éloigna des affaires après le 10 août pour ne reparaître que sous le consulat. Nommé en 1802 président de la section de législation au conseil d’État, il concourut de la manière la plus active, avec Portalis et Tronchet, à la rédaction du nouveau code. En 1804 il fut fait comte ; en 1807 il remplaça Portalis comme ministre des cultes ; il conserva ces fonctions jusqu’à la Restauration. Il était membre de l’Académie française.

bigot de morogues (P. M. Sébastien), minéralogiste et agronome, né à Orléans en 1776, mort en 1840, a publié un grand nombre d’ouvrages utiles sur les sciences naturelles et agricoles, entre autres : Mémoire sur les aérolithes, 1812 ; Essai sur le moyen d’améliorer l’agriculture, 1822 ; et a dirigé la publication du Cours complet d’agriculture. Il a aussi écrit sur la politique des livres empreints d’un sage libéralisme : Politique religieuse et philosophique, 1827 ; Politique basée sur la morale, 1834. Il fut nommé pair en 1835.

BIHAR, comitat de Hongrie, à l’O. de la Transylvanie, a pour ch.-l. Gros-Varadin et Debreczin, et compte 445 000 h. Il tire son nom d’un anc. bourg de Bihar, à 20 k. N. O. de Gros-Varadin. Ce comitat renferme des montagnes à l’E. et des marais à l’O. Métaux précieux, beaux marbres.

BIKANIR, v. de l’Inde anglaise, à 23 kil. N. O. d’Adjmir, dans le désert ; capit. d’un État de même nom, jadis indépendant, soumis aux Anglais depuis 1818. Murs flanqués de tours, citadelle.

BIKEND, bourg de la Grande-Boukharie, à 44 k. S. O. de Boukhara, fut capitale avant Boukhara.

BILBAO, Amanes portus ou Flaviobriga, v. d’Espagne, capit. de la prov. de Biscaye, sur l’Ansa, près de la mer, à 290 k. N. E. de Madrid ; 15 000 h. Portugalète en est le port. Air très-sain ; rues très-propres, belles maisons, quelques fresques au dehors. Belle place, superbe quai, hôtel de ville, pont en bois d’une seule arche. Commerce considérable, entrepôt de toutes les laines d’Espagne qui s’expédient à l’étranger, etc. — Agrandie et presque créée en 1300 par Diégo Lopez de Haro. Prise et reprise dans les guerres de la France et de l’Espagne, notamment en 1795, 1808 et 1809 ; vainement assiégée par les carlistes en 1835 et 1836.

BILBILIS, auj. Calatayud ou Baubola, v. de l’Hispanie (Tarraconaise), sur le Salo (Xalon). Patrie de Martial. — Le fleuve Xalon, qui arrose cette ville, portait aussi le nom de Bilbilis.

Bilderyck (Guill.), poëte hollandais, que ses compatriotes placent à côté de Goethe et de Byron, né à Amsterdam en 1756, mort à Harlem en 1831. On a de lui une traduction d’Ossian, 1802 et 1806 ; une imitation de l’Homme des champs de Delille, 1804 ; des tragédies, imitées de Corneille et de Racine, un poëme didactique, l’Astronomie, un poëme épique, la Destruction du premier monde, et une Grammaire hollandaise estimée, 1824.

Biledulgérid ou mieux belad-el-djérid, c.-à-d. pays des dattes, contrée de l’Afrique sept., au S. de l’Atlas et au N. du Sahara, se compose de plusieurs portions appartenant à des États divers, savoir : 1° à l’O. les 3 pays de Sous, Tafilet, Sedjelmesse, dans le Maroc ; 2° au N. ceux de Tegorarin et de Zab, situés au S. de l’Algérie ; 3° le Bilédulgérid proprement dit, dans l’État de Tunis ; 4° le Fezzan, l’Audjélah et le Siouâh, à l’E. des précédents. Vastes déserts coupés par quelques oasis, et arrosés par des ruisseaux d’eau saumâtre ; on y récolte surtout des dattes et autres fruits tropicaux. Les habitants sont Maures, Kabaïls, Touaregs et Tibbous.

Bilfinger (G. Bernard), savant allemand, né en 1693, dans le Wurtemberg, mort en 1750 ; enseigna à Tubingue, où il jouit d’un grand crédit ; devint conseiller privé, président du consistoire, et contribua à la prospérité du Wurtemberg. Ses principaux ouvrages sont : De harmonia præstabilita, Tub., 1721 et 1735 ; De origine et permissione mali, 1724 ; De Deo, anima et mundo, 1725. On lui doit aussi un nouveau genre de fortifications, qui porte son nom. Il remporta le prix proposé par l’Académie des sciences de Paris sur la Cause de la pesanteur.

Billaud-Varenne (J. Nic), conventionnel, né à La Rochelle en 1762, fut d’abord oratorien, puis avocat ; embrassa avec ardeur les idées révolutionnaires, et se lia avec Danton, Marat et Robespierre ; fut après le 10 août substitut du procureur de la commune, et dirigea de concert avec Danton les sanglantes journées de septembre (1792). Député de Paris à la Convention, il poursuivit avec acharnement Louis XVI, puis les Girondins. Membre du comité de salut public, il organisa avec Robespierre le système de la Terreur et pressa le supplice de Marie-Antoinette ; puis se sépara de son collègue, et contribua puissamment à la journée du 9 thermidor. Il n’en fut pas moins, peu après, déporté à Cayenne avec Collot-d’Herbois (1795). Il refusa sa grâce après le 18 brumaire, et mourut à St-Domingue en 1819. Ses ouvrages, tous de circonstance, sont oubliés aujourd’hui. On a publié sous son nom en 1821 des Mémoires qui sont apocryphes.

BILLAUT (Adam), poëte.V, adam (Maître).

BILLAUT (Aug.-Ad.-Marie), avocat et homme d’État, né à Vannes en 1805, mort en 1863, se fit un nom comme avocat à Nantes ; fut nommé député (1837) par trois collèges électoraux, et siégea dans l’opposition jusqu’en 1840, où il devint sous-secrétaire d’État sous le ministère de M. Thiers, rentra dans l’opposition et y demeura jusqu’en 1848 ; fut représentant à la Constituante, où il vota avec le parti démocratique modéré ; ne fut pas réélu à la Législative ; devint, après le 2 décembre 1851, député puis président du Corps législatif ; contribua au rétablissement de l’Empire ; fut à deux reprises (1854 et 1859) ministre de l’intérieur ; puis (1860-63), comme ministre sans portefeuille, défendit avec un grand éclat de parole la politique impériale.

BILLITON, une des îles de la Sonde, au S. O. de Bornéo ; 100 kil sur 80. Possession hollandaise depuis 1822.