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exploitation forestière

madriers, de planches et de produits secondaires. C’est là un genre relativement moderne d’exploitation qui permet de tirer économiquement parti des « limites » éloignées des cours d’eau. Les demandes progressives de bois manufacturé ont donné aux « limites » une énorme valeur, partout où le transport du bois est aisé.

Le bail de ces limites est adjugé par encan, à raison d’une somme déterminée pour un mille carré. Les licences doivent être renouvelées chaque année et, outre le loyer, on paye annuellement une rente foncière fixée à deux dollars, (environ 10 francs) par mille. De plus, toute espèce de bois coupé est sujette au paiement de droits qui varient avec les provinces.


IV.


Chaque hiver, trente à trente-cinq mille bûcherons se répandent dans la forêt pour le compte des grands commerçants de bois. Ceux-ci exploitent, presque sans conditions d’aménagement et de repeuplement, les sections de forêt mises aux enchères par le gouvernement provincial.

Grâce à la facilité de transport qu’offre la neige durcie sur le sol et les rivières gelées, les bois équarris sont réunis sur différents points pour former au printemps, lors de la débâcle, des radeaux de bois flottés qui descendent les nombreux affluents des grandes rivières pour gagner les immenses chantiers de Québec, d’où a lieu l’exportation en Europe. Plusieurs centaines de navires, montés par quinze à