Page:Chaupy - Découverte de la maison de campagne d’Horace, Tome 2.djvu/64

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grand Peuple qui avoir habité ſi long-tems une grande Ville, la vit diſparoitre un jour comme ſi elle n’avoit été qu’un ſonge de la nuit. De tant & de ſi magnifiques demeures qu’on avoit vuës ſur pied le matin il ne reſtoit pas le ſoir un seul toit ſous lequel on put ſe mettre à couvert. Il fallût aller chercher des gîtes à Rome composée alors de trois Monts Palatin, Capitolin, & Aventin, & qui s’accrut d’un quatrième c’eſt-à-dire du Célius par cet événement.

On a remarqué ſans doute la Religion qui épargna les Temples : mais ce ne fût pas ſans l’aveu de la politique qui ruina la Ville. Il n’ eſt pas douteux que Rome ancienne n’ait été ſingulièrement Religieuſe, mais elle fût encore plus ambitieuse, & on peut dire même peut-être que c’eſt ſon ambition extrême qui fût la principale ſource de ſa Religion, parceque ce vice regarda cette vertu comme le plus efficace moïen d’intéreſſer les Dieux & les hommes à l’Empire qui étoit l’unique paſſion. Quoiqu’il en ſoit, les évenemens prouvèrent les vues politiques qu’elle pût avoir dans la conſervation de Temples d’Albe.

Elle s’étoit efforcée de ſe rendre le centre & le chef des Latins par un Temple