Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/428

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LETTRES DE MADAME PAUL MEURICE

[1865 ?]

i.

« Je m’étais impose de ne pas vous inonder de mes réponses, mais… ; il survient toujours un mais, pour triompher d’une résolution difficile, et ce mais avait l’habileté de se présenter à moi avec l’apparence de vous être bon à quelque chose. Le lundi qui a suivi ma première épître, la conversation ci-après avait lieu devant moi, entre mon mari et le représentant de la maison Lacroix Verboecke…(2) vous parlez de mots impossibles, en voilà un qui me trouble, rien qu’à le lire ;

(i) Lettres publiées par M. Féli Gautier dans ses Documents sur Baudelaire [Mercure de France, 15/3 1906). V. les lettres de Baudelaire à Mme Meurice, 3 janvier et 24 mai 1805, et aussi la lettre à Malassis du i3 décembre 1862.

Dans les premiers temps que Baudelaire fréquentait dans le salon de l’avenue Frochot, ses rapports avec Mme Meurice n’avaient été rien moins que sympathiques. « Mme Meurice rencontra une fois Baudelaire, qui avait un crêpe à son chapeau, — me contait l’autre soir M. Troubat, — et lui dit : « Est-ce bien sincère, ce crêpe ? N’est-ce pas un simulacre de deuil ? Avez-vous réellement perdu un de vos parents ? »

Avec le temps cependant, Mme Meurice avait reconnu quelles hautes vertus s’alliaient à tant de faiblesses dans la nature quelque peu déconcertante du poète. Et une grande, compréhensive et sincère amitié avait succédé à sa défiance peu déguisée.

(2) Lacroix-Verboeckhoven.