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LETTRE DE RICHARD WAGNER


Paris, 15 avril 1861.
« Mon cher monsieur Baudelaire,

» J’étais plusieurs fois chez vous sans vous trouver. Vous croyez bien combien je suis désireux de vous dire quelle immense satisfaction vous m’avez préparée par votre article [1] qui m’honore et qui m’encourage plus que tout ce qu’on a jamais dit sur mon pauvre talent. Ne serait il pas possible de vous dire bientôt, à

    On sait l’influence considérable qu’exerça Baudelaire et son œuvre sur l’œuvre et l’esprit de Villiers de l’Isle-Adam. — C’est chez Baudelaire que l’auteur de l’Ève future avait rencontré Wagner. Lui-même, musicien inspiré, au dire de ses intimes, avait mis en musique plusieurs poésies des Fleurs du mal, dont Le vin de l’assassin, La mort des amants, et Recueillement. — V. d’ailleurs sur tous ces points le Villiers de l’Isle-Adam de M. R. du Pontavice de Heussey (Albert Savine, éd. 1893).

  1. L’article de la Revue Européenne, Richard Wagner et Tannhauser (avril 1861).

    Nous n’avons guère de renseignements sur les relations de Wagner et de Baudelaire qui fut, on le sait, l’un des premiers de ce côté du Rhin, à discerner le génie du maître allemand, et à le saluer dans les termes qui convenaient. Tout fait présumer cependant qu’elles furent éphémères. Baudelaire, dans sa correspondance, mentionne seulement une invitation (billet à Mme Sabatier, non daté), qu’il refusa, et la réception d’un livre, qu’il ne désigne pas autrement. Mais, deci delà, il marque combien étaient sincères son enthousiasme pour le musicien (16 février 1860), et l’intérêt qu’il vouait au génie méconnu (24 février 1860).