Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/279

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qui vole la perdrix & le lièvre. Tunetanus accipiter. Les Grecs lui ont donné ce nom de la première lettre de leur alphabet ; mais en France on l’appelle Tunissien, parce qu’il vient de Tunis, en Barbarie, où il est fort estimé.

ALPHANO. Village d’Alentéjo, en Portugal, Alphanum. Il est entre Lisbonne & Elvas. On croit que c’est l’ancienne Fraxinum de la Lusitanie.

ALPHARD. s. m. Etoile de la première grandeur, qui s’appelle autrement Cœur de l’hydre. Hyngin l’appelle Alphard, & dit qu’elle n’est que de la deuxième grandeur, Voyez Cœur de l’Hydre.

ALPHÉE. s. m. Alpheus. Fleuve du Péloponèse, aujourd’hui Orsea. Les Italiens le nomment Carbon. Il arrose l’Arcadie & l’Achaïe, & se décharge dans la mer Ionienne au-dessous de Pise. Les Poëtes ont feint qu’Alphée, conservant la passion qu’il avoit eue pour Aréthuse, qui fut changée en une fontaine qui est en Sicile, & porte son nom, passe sous les flots de la mer sans s’y mêler, & vient joindre ses eaux avec celles de cette fontaine. Pomponius Mêla & Pline disent qu’on retrouve dans la fontaine d’Aréthuse ce que l’on jette dans le fleuve Alphée. Cette opinion a donné lieu à la fable.

ALPHEN, ou ALPEN. Ville & citadelle d’Allemagne, que quelques-uns croient être les Castra Ulpia des Anciens, que d’autres placent à Clèves. Alphenum, Alpenum. Elle est dans le diocèse de Cologne, près du Rhin, & du duché de Clèves, entre Rhimberk & Santen.

Alphen, est aussi un village de Hollande, que l’on prend pour les albina ou Albiniana castra des Anciens. Alphenum. Il est sur le Rhin, entre Leyde & Woerde.

ALPHÉSIBÉE. s. f. Fille de Phlégée, ayant épousé Alcméon, en reçut pour présent de noces le fameux collier d’Eriphile ; mais ayant été répudiée, peu de temps après, elle engagea ses freres à venger l’affront qu’elle recevoit, & fit assassiner son mari.

ALPHÉTA. Terme d’Astronomie. C’est une étoile fixe de la seconde grandeur, autrement appelée Lucida Coronæ, luisante de la Couronne. Elle est dans la Couronne septentrionale. Sa longitude est 217°, 38’, sa latitude 44°, 23’; son ascension droite 250°, 12’.

☞ ALPHIONIA, ou ALPHIUSA. Surnom de Diane, qui lui venoit d’un bois qui lui avoit été consacré dans le Péloponèse, à l’embouchure de l’Alphée. Au lieu de l’un ou l’autre de ces deux mots qu’on trouve dans Strabon, Gyraldus Syntag. Deor. aime mieux lire Alphia.

☞ ALPHITA. Préparation alimentaire, faite de la farine de quelque grain que ce soit, pelé & grillé.

ALPHITÉDON. s. f. Sousentendu fracture. C’est une espèce de fracture dans laquelle l’os est écrasé en petites pièces. Ce mot est grec, ἀλφιτηδόν, farinæ instar, en manière de farine:de ἄλφιτον, farine.

ALPHITOMANCE, ou ALPHITOMANTIE. s. f. C’est la même chose qu’Aleuromance. Voyez ce mot.

Alphitomantie vient d’ἄλφιτον, farine, & μαντεία, divination.

ALPHONSE. Voyez ALFONSE.

ALPHONSIN. s. m. Instrument de Chirurgie. C’est une espèce de tire-balle, ainsi appelé du nom de son inventeur Alphonse Février, Médecin de Naples. Voyez Tire-balle.

ALPHONSINE. adj. f. Tables Alphonsines. Terme en usage parmi les Astronomes. Tabulæ Alphonsinæ. Ce sont des tables astronomiques de Ptolomée, corrigées par ordre & par les soins d’Alphonse X, Roi de Castille, auxquelles ce Prince mit lui-même une Préface de sa façon, & publiées sous son nom. Ce Monarque avoit pour cet effet assemblé à grands frais plusieurs habiles Mathématiciens-Astronomes. C’est pour ces raisons qu’on les appelle Tables Alphonsines. On écrit aussi Alfonsines, comme on écrit Alphonse & Alfonse. Les Tables Alfonsines excèdent d’une heure seize minutes le temps de l’observation de l’éclipse de lune, faite à Babilone l’année 366, de Nabonassar le 27e du mois-Thot, 21 Décembre de l’année Julienne 333 avant l’époque de Jésus-Christ. Acad. des Sc. 1703. Mém. p. 23, 24. Voyez Alfonsine.

ALPHOS. s. m. En latin Vitiligo. Nom qu’on a donné à une maladie cutanée qu’on distingue en trois espèces, l’alphos proprement dit, le mélas & la leucé. L’alphos consiste en taches quelquefois fort larges, quelquefois distinguées & parsemées comme par gouttes, de couleur roussâtre. Il n’occupe que la superficie de la peau. Le mélas est noirâtre, de couleur de terre d’ombre. Il est aussi superficiel. La leucé est à-peu-près semblable à l’alphos; mais elle est plus blanchâtre & plus profonde. Ces mots sont grecs:ἀλφός vient du verbe ἀλφαίνειν, mutare, changer. μέλας signifie noir, & λευϰη, blanche, claire.

ALPIOU. s. m. Terme de Bassette. Alpiou est une marque que l’on fait à sa carte, pour marquer qu’on double sa mise après l’avoir gagnée. J’ai fait six alpious, que j’ai tous perdus.

ALPISTE s. f. Terme de Grainetiers de Paris. C’est la semence d’une espèce de Chiendent, qu’on appeloit autrefois Phalaris. Le propre nom de cette semence, c’est Graine de Canarie, parce qu’on en nourrit les sereins de Canarie. Cette graine est un peu plus menue que le millet, tantôt blanche, tantôt noirâtre, tantôt grise, ou de couleur isabelle. C’est la graine d’une plante qui s’appelle Gramen spicatum semine miliaceo albo. On croit que cette graine a été apportée des îles de Canarie. On la cultive maintenant en France, en Espagne & en Italie. Voyez M. de Tournefort, Instit. Rei Herhar.

ALPON. s. m. Rivière du Véronnois, en Italie. Elle se jette dans l’Adige. On l’appelle Alpon Vecchio, Alpon le vieux.

ALPUJARES. Montagnes du royaume de Grenade, en Espagne. Elles s’étendent depuis la Sierra-Nevada, jusqu’à la Méditerranée, & sont situées du midi au septentrion, & du levant au couchant, depuis Aléria jusqu’à Morril.

ALQ.

ALQUAQUENGE. Voyez Alkekenge.

ALQUIER. s. m. Qu’on nomme aussi Cantar, est pris en deux sens, ou comme mesure de choses séches, ou comme mesure de choses liquides. L’alquier, mesure de grains à Lisbonne est très-petite ; ensorte qu’il ne faut pas moins de 240 alquiers pour faire dix-neuf septiers de Paris. La mesure de Porto en Portugal s’appelle aussi alquier ; mais elle est de vingt pour cent plus grande que celle de Lisbonne. L’alquier pour la mesure des huiles contient six cavadas. Il faut deux alquiers pour faire l’almude.

ALQUIFOUX. s. m. C’est le nom que les Ouvriers donnent à la mine de plomb, ou au plomb minéral. Lémeri. Ce plomb minéral est très-pesant, facile à mettre en poudre, & difficile à fondre. Les Potiers de terre s’en fervent pour vernir leurs ouvrages en vert. L’alquifoux vient d’Angleterre en paquets de différentes grosseurs & pesanteurs.

ALQUITTE. Terme de Fleuriste. Tulipe panachée de jaune & de rouge.

ALR.

ALRAMECH. Terme d’Astronomie. C’est le nom Arabe de l’Arcturus ; il signifie Cavale.

ALRE. Voyez Aller.

ALRÉDE. s. m. Alredus. Nom propre corrompu de Athelréde, ou Ethelrède, de la même manière que Albert a été fait de Aldebert.

ALRICK, ou ELRICK. s. m. Rivière d’Ecosse. Alrika, Elrika. Elle coule dans le comté de Tuwede, passe à Selkirk, & peu après se mêle à la Tuwede.

ALRUNES. s. m. plur. Nom que les anciens Germains donnoient à certaines petites figures de bois, qu’ils regardoient comme leurs Dieux Pénates ou Lares. On faisoit ces statues des racines les plus dures des plantes, sur-tout de la mandragore. On les habilloit proprement : on les couchoit mollement dans des petits coffres ; toutes les semaines on les lavoit avec du vin & de l’eau, & à chaque repas on leur servoit à boire & à manger.