Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/374

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seaux lymphatiques. Angeilogia. Il faut diviser la Sarcologie en trois, en Splanchnologie, en Myologie, & en Angeiologie. Dionis. Ce mot vient d’ἄγγος, vase, d’où se forme ἀγγεῖος, qui appartient aux vases, ou vaisseaux ; & de λόγος, discours ; discours touchant les vaisseaux du corps humain.

ANGEL. s. m. Vieux mot, Ange.

Angel. s. m. Angelus. Oiseau dont le bec & les pieds sont noirs, & les plumes d’une couleur brune, noirâtre, & d’un jaune roussâtre, de la grosseur de la perdrix, à laquelle il ressemble assez. Sa chair est fibreuse & dure. On ne peut la préparer, ni la manger, sans en ôter la peau. Encyc.

ANGELE. s. f. Nom de femme. C’est le féminin d’Ange. Angela. La bienheureuse Angele de Bresse institua des Ursulines en 1637. On dit aussi Angéline.

Los ANGELES. La puebla de los Angeles, la peuplade, la ville des Anges. Ville de l’Amérique septentrionale. Angelopolis. C’est la capitale de la province de los Angeles, ou des Anges, autrement de Tlascala. Elle est entre les villes de Mexique, & de Saint Juan D’Ulva.

ANGÉLINE. s. f. Angelina. C’est un arbre dont le tronc a quelquefois seize pieds d’épaisseur, qui croît parmi les rochers & dans les lieux sabloneux du Malabar, dans les Indes Orientales. Ses feuilles sèches & chauffées soulagent les douleurs & les engourdissemens des jointures, dissipent l’enflure des testicules occasionnée par une contusion, ou par quelque cause étrangère, aussi-bien que l’hydrocèle, ou pneumatocèle. Voyez le Dict. de James.

Angéline. s. f. Nom de femme. Angelina. On dit aussi Angéle. Quelques-uns disent que la bienheureuse Angéline de Corbare a fondé le premier monastère du Tiers-Ordre de S. François en 1597. P. Hélyot. T. VII, p. 227.

ANGÉLIQUE. adj. m. & f. Qui tient de l’Ange, qui a rapport, qui appartient à l’Ange. Angelicus. La Salutation Angélique, c’est l’Ave Maria, que l’Ange dit à la Sainte Vierge, lorsqu’il lui annonça le mystère de l’Incarnation, avec quelques mots pris d’ailleurs, & ajoutés par l’Eglise. Voyez Ave, Esprits Angéliques.

Angélique, se dit figurément des qualités excellentes d’une chose. Mirificus, mirabilis, egregius. Une vie angélique. Un esprit angélique. Un visage angélique. Une chère angélique. On appelle en Théologie Saint Thomas, le Docteur Angélique, & l’école des Thomistes, l’Ecole Angélique, parce qu’ils se glorifient de suivre la doctrine de S. Thomas. Vous vous proposez de concilier S. Augustin avec S. Thomas & avec l’école angélique. Mém. de Tr. On a quelquefois appelé le Saint Siége, Siége Angélique, comme on l’appelle, Siége Apostolique. Voyez le Concile de Calcedoine, art. 3.

On appelle habit angélique, l’habit de certains Moines Grecs de S. Basile. On distingue deux sortes de Moines : ceux qui font profession d’une vie parfaite, sont appelés les Moines du grand & angélique habit ; les autres, qu’on nomme du petit habit, sont d’un rang inférieur, & ne menent pas une vie si parfaite. Allat. de cons. Eccl. Occid. & Or. l. 3, c. 8. Ce mot d’habit angélique a été aussi en usage chez les Moines Latins. Voyez Du Cange, dans son Glossaire latin.

La Couronne angélique, c’est la Couronne de Hongrie, qu’on appelle aussi le Royaume apostolique. La Hongrie pouvoit-elle mieux & plus heureusement déférer la couronne angélique qu’à votre auguste Maison archiducale ?… Elle n’aura pas à craindre que sous elle le Royaume Apostolique & la couronne angélique soient jamais dévolus à un autre qu’à un chef de la Religion Catholique Romaine. Ce sont les termes de la harangue des Etats de Hongrie, à l’Empereur, en 1722.

ANGÉLIQUES. Bernard Justiniani, au chap. III, de son Histoire Chronologique de l’origine de tous les Ordres de Chevalerie, parle d’un Ordre institué, à ce qu’il prétend, en 313 par Constantin, dont les Chevaliers furent appelés Angéliques, & Dorés de la Croix de Constantin, Angelici & aureati della Croce di Constantino. Angéliques, dit-il, à cause de l’Ange qui apparut à Constantin avec le signe de la Croix ; & qui lui dit, in hoc signo vinces ; Dorés, aureati, à cause du collier d’or qu’ils portoient. Cet Ordre fut mis sous la protection de S. Georges ; & si l’on en croit M. Justiniani, c’est de ces Chevaliers qu’il faut entendre une Médaille de Majorien, au revers de laquelle il y a une Croix, avec une légende, Gloria Cæsarum Georgianorum ; c’est-à-dire, la gloire des Césars Géorgiens. Je doute que tous les Antiquaires soient de son sentiment. Il distingue trois ordres de Chevaliers sous le Grand-Maître. Le premier, sont les Grands-Croix, qui s’appellent Torquati, à cause du collier qu’ils portent : ils sont au nombre de cinquante, en mémoire des cinquante Guerriers que Constantin destina à la garde du Labarum imperiale : ils portent au cou une croix placée entre plusieurs Labarums ; c’est-à-dire, plusieurs monogrames de Jésus-Christ représentés sur les mailles qui forment le grand collier, auquel pend par-devant l’image de saint Georges à cheval, tuant de sa lance un dragon qui est sous les pieds de son cheval. Le second ordre sont les Chevaliers de justice, qui son ecclésiastiques. Ils portent au cou une croix d’or émaillée de gueules. Ces deux premiers Ordres portent au côté gauche la Croix de velours fleurdelisée, marquée d’un I en haut, d’un S en bas, d’un V renversé à droite, & d’un H renversé à gauche, & d’un monograme de Jésus-Christ, avec un Α à droite, & un Ω à gauche, que cet Auteur appelle Labarum. Les Chapelains la portent au côté droit, & non pas de velours, mais de drap cramoisi. Ils prouvent quatre quartiers. Le troisième ordre sont les Chevaliers servans, qui portent la Croix rouge, mais coupée & non fleurdelisée par en haut, & sans autres lettres que celles du Labarum, qui se voit au centre. Il prétend que S. Léon parle de cet Ordre dans la lettre qu’il écrivit l’an 456, à l’Empereur Marcien, & au Prince Alexius Angelus Flavius, alors Grand-Maître de cet Ordre. L’Empereur Léon I, lui accorda de grands priviléges en 489. Cet Ordre rendit des services signalés, selon le même Auteur, en 615, contre des hérétiques qui ravagerent la Perse ; ensuite dans les Croisades de la Terre-Sainte, & contre les Albigeois. Enfin en 1191, Isacius Angelus Flavius Commenus, Empereur de Constantinople, le rétablit ; il falloit dire l’institua. Car que Constantin l’ait institué, ou même qu’en ce temps l’on connût ce que nous appelons des Ordres militaires ; c’est une fable. Michel Paléologue le confirma en 1293 & 1294, & Paul III en 1540 & 1545, aussi-bien que plusieurs de ses successeurs, qui lui ont accordés différens priviléges, que cet Auteur rapporte. Voyez le ch. III de la seconde édition, qui est in-fol à Venise en 1692.

Angéliques. Saint Epiphane & Saint Augustin font mention de certains Hérétiques appelés Angéliques, parce qu’ils rendoient aux Anges un culte excessif & qui tendoit à l’idolâtrie. S. Epiphane néanmoins dit qu’on leur donna ce nom, parce qu’ils croyoient que le monde avoit été créé par les Anges.

Angéliques. Nom de Religieuses fondées en Italie par Louise Torelli, Comtesse de Guastalla, ce qui leur a fait donner le nom de Guastallines. Voyez ce mot. Angelica, Guastallina monialis.

Angélique. s. f. Instrument de musique à cordes, qui est composé du luth, & du théorbe.

Angélique. s. f. C’étoit le nom d’une danse des anciens Grecs, qui se dansoit dans les festins. Elle étoit ainsi appelée du mot grec ἄγγελος, Nuntius, Messager, parce que ceux qui la dansoient, étoient habillés en Messagers, comme Pollux nous l’apprend, Liv. IV, ch. 14. Voyez aussi Hésychius au mot ἀγγελὸν, où il faut corriger ἀγγελιϰὴ, selon la remarque de Meursius, Angelica saltatio.

Angélique de Bohème. Imperatoria sativa. Inst. R. Herb. Sa racine est épaisse d’un pouce & demi, ou de deux pouces, divisée en quelques branches garnies de fibres chevelues ; son écorce est brune, ridée. Sa sub-