Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/494

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ces deux Auteurs ne s’accordent pas. Voyez Angélique.

Archangélique. Lamium. Plante dont le casque est entier & concave, la barbe divisée en deux parties, & faite en cœur, le calice divisé en cinq segmens, & oblong comme un tube, & la semence triangulaire. Boerhaave en compte dix-sept espèces. Il y a l’archangélique rouge, & l’archangélique blanche, Voyez Ortie blanche.

ARCHARAGE, ou ARCAIRAGE, ou ARQUAIRAGE. s. m. Droit par lequel on est obligé de faire un soldat, ou un archer au Seigneur. Ce mot vient d’archer. Borel. Mais il n’est plus en usage, depuis qu’il n’y a plus d’archers dans les troupes ; & il ne se trouve plus que dans des vieux titres.

ARCHARD. s. m. Fruits verts qu’on met confire dans le vinaigre. Ils sont tous extrêmement estimés dans toutes les Indes orientales. Les meilleurs viennent de Perse.

ARCHE. s. f. L’espace qui est entre les deux piles d’un pont couvert d’une voûte en arcade. Fornix. On le dit aussi d’un pont de bois, quoiqu’il soit seulement couvert d’un plancher soutenu sur des pieux. La maîtresse arche est celle du milieu qui est la plus large, & où l’eau est la plus profonde, qui est destinée au passage des bateaux. Fornix primarius. Il y a des ponts en Orient qui ont jusqu’à 300 arches.

Arche, est la même chose qu’arcade, c’est-à-dire, une voûte de peu de profondeur en portion de berceau ; mais le mot d’arche ne se dit que des ponts.

On appelle une arche en plein ceintre, celle qui est formée d’un parfait demi-cercle. Fornix integer. Arche elliptique, celle dont le trait est un demi-ovale, ou une ellipse. Fornix compositus. Arche surbaissée, celle qui a moins de montée, & dont la courbure n’est pas fort remarquable. Fornix diminutus. Arche extradossée, celle dont les voussoirs sont égaux en longueur, & parallèles à la doüelle, & ne font point liaison avec les assises des reins. La plûpart des ponts antiques sont ainsi construits. Arche d’assemblage, se dit de tout cintre de charpente bombé, & tracé d’une portion de cercle pour faire un pont d’une seul arche.

Arche, se dit aussi d’un coffre carré & plus long que large, qui s’ouvre par-dessus, & dont le couvercle ou l’ouverture est égale à toute la grandeur du coffre. Arca. Ce mot vient du latin, en aspirant, ou amolissant le c ; bien que le P. Pezron prétende qu’il a été pris des Celtes, qui disent arch pour marquer la même chose.

Arche, en termes de l’Ecriture, c’est le vaisseau que fit Noé au temps du Déluge, pour y retirer les hommes que Dieu en voulut sauver, & les animaux, pour en conserver l’espèce. Arca. L’Arche de Noé avoit 300 coudées de long, 50 de large, & 30 de hauteur, & sa fenêtre étoit d’une coudée. Noé fut cent ans à la construire, depuis l’an 1557 du monde, jusqu’au déluge, qui arriva l’an 1656. C’est le sentiment le plus commun. Origène, Liv. IV, contra Cels. S. Aug. De Civ. Dei, L. XV, Cap. 27, & contra Faust. Lib. XII, C. 18, & dans les questions sur la Gen. V, & XXIII. S. Grégoire, Hom. V, in Ezech. Rupert, Lib. IV, in Gen. XX, le tiennent, & ils sont suivis par Salien, Tomiel, & Sponde son abréviateur. Voyez ces Auteurs à l’an du monde 1557. Jean Pelletier de Rouen suit aussi ce sentiment, dans sa Dissertation de l’Arche de Noé, imprimée à Rouen en 1700. Il le prouve même par l’Ecriture, comme d’autres Auteurs l’ont fait avant lui. Voici comment il s’y prend, C. 3. On lit dans le sixième ch. de la Genèse, que Dieu se voyant obligé de punir les hommes à cause de leur malice, en avoit différé l’exécution pendant cent vingt ans, apparemment pour leur donner lieu de se repentir & d’appaiser sa colère, Eruntque dies illius centum viginti annorum. Dans le vingtième v. du même ch. il paroît que Noé eut trois enfans, Sem, Cham & Japhet. Dans le 31e v. du cinquième ch. on voit que ce Patriarche avoit 500 ans quand il les engendra (c’est-à-dire, quand il engendra le premier.) Dans le treizième v. du VIe. ch. on remarque que Dieu avoit averti Noé du dessein qu’il avoit de perdre les hommes. Dans le 14e v. du même ch. qu’il lui avoit commandé de bâtir une arche. Dans le 22e du même ch. que ce Patriarche avoit exécuté tout ce qu’il lui avoir ordonné ; & enfin dans le sixième v. du septième ch. il est marqué que Noé avoit 600 ans quand le déluge arriva. Or puisque l’indulgence pour le repentir précéda de 110 ans le déluge, qui arriva l’an 600 de Noé, il en résulte que Noé avoit 480 ans, lorsqu’elle fut accordée. Ce Patriarche avoit 500 ans quand il eut ses enfans. L’Ecriture semble dire que ce fut dans ce même temps que Dieu lui révéla la résolution qu’il avoit prise de perdre les hommes, qu’il lui ordonna de faire une arche : & elle remarque qu’il exécuta tout ce qu’il lui avoit ordonné. D’où l’on peut conclure que l’arche avoit été 100 ans à bâtir ; car Noé avoit 600 ans quand il y entra. Le faux Bérose dit que Noé commença à bâtir l’arche 78 ans avant le déluge. Salomon Jarchi veut qu’elle ait été 120 ans à bâtir ; & Tanchuma, dans les petits chapitres de R. Eliézer, qu’elle n’ait été que 52 ans. L’Ecriture semble favoriser l’opinion du second de ces Auteurs ; mais celles du premier & du dernier se trouvent sans appui. Le P. Fournier, dans son Hydrographie, suit l’opinion commune des Peres ; mais il croit qu’il n’y eut d’ouvriers pour y travailler que Noé & ses trois fils, & il apporte l’exemple d’Archias de Corinthe, qui bâtit le navire de Hiéron de Syracuse en un an, aidé de 300 Charpentiers ; car il n’est pas plus difficile, dit-il, que trois personnes aient bâti un navire en cent ans, que 300 en aient bâti un en un an. Le premier des trois enfans de Noé ne naquit que lorsqu’il commença à bâtir l’arche, & les autres ensuite. Ainsi ils ne furent pas sitôt en état de rendre service à leur pere. De plus, il fallut pour ce prodigieux bâtiment un très-grand nombre de gros arbres, qui demandoient un très-grand nombre d’ouvriers pour les manier seulement, bien loin que trois ou quatre personnes eussent pu les mettre en œuvre. L’Ecriture dit que Noé la construisit, & ne parle que de lui ; mais c’est qu’en hébreu comme en françois, bâtir & construire se disent également, & de celui qui met en œuvre, & des ouvriers qui travaillent. L’Ecriture, Gen. VI, 14, appelle le bois dont l’Arche fut bâti גפר עצי, etse, gopher. Les Septante ont traduit ces deux mots par ξύλα τετράγονα, des bois équarris. Onkélos & Jonathan ont rendu gopher par קדרוס, Kedros ; du Cèdre. Philon de Biblos l’a tourné de même ; S. Jérôme dans la Vulgate, par ligna lævigata, du bois aplani, rabotté, poli ; & ailleurs, ligna bituminata ; c’est à-dire, enduits de bitume, poissés, goudronnés ; les anciens Rabbins, par du bois de cèdre, aussi-bien qu’Onkélos ; Kimhi, du bois propre à flotter ; Vatable, du bois léger qui flotte sur l’eau sans s’y corrompre ; Trémellius & Junius, l’espèce de cèdre que les Grecs appeloient Κερδελάτη, & Buxtorf de même ; Avénarius & Munster, du pin, à cause que les Allemands nomment le pin Kyfer ; Fullerus, du cyprès, parce que si l’on ôte la terminaison de κυπάρισσος, il reste κυπάρ, très-approchant de gopher, dont il prétend que cupressus, cyprès, est dérivé. Bochart confirme ce sentiment dans son Phaleg. I, 4. Quelques-uns ont traduit du buis ; mais cet arbre est trop petit & trop pesant pour que cette opinion soit vraie. D’autres en général des bois incorruptibles ; d’autres du sapin ; Castalio, du térebinthe. Pelletier préfére le sentiment de ceux qui disent que l’arche étoit de Cèdre. 1°. Parce que cet arbre est incorruptible, & que sans cela l’arche ayant été cent ans à bâtir, une partie eût été pourrie. 2°. Parce que le cèdre est commun en Asie, & qu’Hérodote & Théophraste disent que les Rois d’Egypte & de Syrie faisaient construire des flottes de cèdre faute de sapin. 3°. La tradition de tout l’Orient, qui a cru que l’arche s’est conservée & se conserve même encore sur le mont Ararat ; & il cite sur cela S. Augustin, Bérose dans Josephe, Antiq. Liv. I, ch. 5. Abydène, Assirien, dans Eusèbe, Præp. Ev. Lib. IX, c. 12. Nicolas de Damas dans Josephe, Antiq. Liv. I, ch. 5. Théophile d’Antioche, Saint Isidore, Orig. Lib XIV 3 cap. 8, & Jean Struys, dont nous avons rapporté les revéries au mot Ararat, & Hayton dans son Histoire Orientale.

Il y avoit trois étages dans l’Arche, Gen. VI, 16.