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ABHORRÉ, ÉE. part. Odiosus. Une chose, une personne abhorrée de tous les honnêtes gens.

ABI.

ABIA, ou ALBIA. s. f. Petite rivière de la grande Tartarie. Abia, Albia. Elle coule dans le Zagathay, & après avoir reçu la rivière d’Amu, elle prend le nom d’Abiamu, ou Albiamu, ou plus communément Giehun. Voyez Giehun.

☞ ABIAD. Ville d’Afrique, sur la côte d’Abex.

ABIAGRASSO. Bourg du Milanez, en Italie. Albiatum, Albiatum crassum. Il est entre Milan & Vigévano, sur la petite rivière de Ticinello.

ABIAMU, ou ALBIAMU. Voyez Abia, ou Giehun.

☞ ABIANNEUR. Voyez Abienheur.

ABIB. s. m. Nom que les Hébreux donnoient au premier mois de l’année sacrée, & qui répond à la fin de notre mois de Mars, & au commencement de celui d’Avril. Saint Jérôme a traduit le mot Abib par Fruits nouveaux ; & c’est ainsi qu’il est dans la Vulgate. Le P. Calmet dit qu’il signifie des épis verts. On donna dans la suite le nom de Nisan à ce même mois.

ABIBES. Voyez Abaïbes.

ABIBON. s. m. Abibon. Nom d’homme. Abibon étoit le puîné des fils de Gamaliel. Baill. Ce mot est Hébreu, formé de אב, ab, pere, & בון, bun, ou bon, Comprendre, être intelligent, & signifie, Pere de l’intelligence. M. Baillet l’appelle Abibas. Quoique ce mot puisse absolument se dire, il paroît mieux de dire Abibon, comme on le trouve dans le Martyrologe.

ABICUREN. s. m. Petite rivière de Perse. Abicurenus. Elle arrose Ispahan, capitale de Perse, & la province d’Erak-Atzem.

ABIDOS. Voyez Aveo et Abyde, Abydos.

ABJECT, ECTE. adj. Bas, vil, méprisable, dont on ne fait aucune estime. Abjectus, vilis, contemptus. Un homme de néant, & dont la personne lui paroissoit si abjecte. Bouh. On le dit aussi de l’esprit, du courage. C’est un esprit vil & abject, une ame basse & abjecte, qui n’a aucune élévation, qui ne pense à rien de grand.

☞ ABJECTION, s. f. Etat de mépris où est une personne. Abjectio. L’abjection, dit M. Girard, se trouve dans l’obscurité où nous nous enveloppons de notre propre mouvement, dans le peu d’estime qu’on a pour nous, dans le rebut qu’on en fait, & dans les situations humiliantes où l’on nous réduit.

Ce mot n’est synonyme avec bassesse, qu’autant qu’ils marquent l’un & l’autre l’état où l’on est. La bassesse se trouve dans le peu de naissance, de mérite, de fortune & de condition. On doit dire, état d’abjection, & bassesse d’état.

On emploie souvent ce mot dans les livres & dans les discours de dévotion. La piété diminue les amertumes de l’état d’abjection. M. l’Abbé Girard. Le mérite des premiers Chrétiens, des premiers Religieux, a été de vivre dans l’abjection, dans l’humilité, dans le mépris du monde. Ab. d. l. Tr.

ABIENHEUR, & ABIANNEUR. s. m. Terme de Coutume. Dépositarius. Sequester. Ce sont en Bretagne les Dépositaires, les Sequestres ou Commissaires d’un fonds saisi. Voyez M. Hevin sur Frain.

ABIENS. s. m. plur. Abii. Peuple de Scythie, qu’Homère appelle, Les plus justes de tous les hommes, Δικαιοτάτους ἀνθρώπων. Iliad. V. Quelques Auteurs les placent dans la Thrace. Quoique les Abiens aimassent leur liberté au dernier point, & qu’ils l’eussent toujours conservée depuis Cyrus, ils vinrent se soumettre volontairement à Alexandre, lorsqu’il étoit à Maracande.

On rapporte trois ou quatre étymologies de ce mot. 1°. On dit qu’il vient du fleuve Abien, Abianus, sur les bords duquel ils habitoient. Si cela étoit, ils eussent été appelés Abianiens, Abiani, plutôt qu’Abiens, Abii. 2°. On le fait venir de l’α privatif, & de ϐίος, vie, comme qui diroit : Des gens qui ne vivent pas, quorum non est vita vitalis, parce qu’ils vivoient dans le célibat, ne se nourrissant que de lait, & demeurant toujours dans des chariots. Le célibat entier d’une nation paroît une fable ; comment se fût-elle perpétuée ? Bien d’autres chez les Scythes menoient une vie encore moins humaine, qu’on n’appeloit point pour cela Abii. 3°. D’autres tirent ce nom de l’α privatif, & de ϐιός, un arc, parce qu’ils ne s’en servoient point. 4°. Enfin, & c’est ici ce qu’il y a de plus probable, d’autres veulent qu’ils fussent ainsi appelés de l’α privatif, & de βία, violence, force, parce qu’ils n’usoient point de force, ni de violence, & n’avoient jamais fait la guerre, à moins qu’on ne voulût attenter à leur liberté. L’épithète que leur donne Homère, confirme ce sentiment.

ABIGEAT. s. m. Terme de Droit Romain. L’Abigeat est une action qui consiste à emmener les troupeaux des pâturages, pour se les approprier. C’est une espèce de vol, qui se commet, non pas en enlevant & en transportant d’un lieu à un autre la chose dont on veut profiter, mais en la détournant, en la faisant aller devant soi. Abigere, ante se agere. Celui qui n’enlève qu’un mouton, ne commet point le crime d’abigeat, mais un simple vol. La distinction de l’abigeat, & du vol simple, n’est pas connue en France.

☞ ABIGIRAS. Peuple peu connu de l’Amérique Méridionale, à l’Orient de la rivière de Moyobamba, au-dessus de sa jonction avec la rivière des Amazones.

ABIHAIL. s. m. ou f. Selon qu’il est nom d’homme ou de femme. Car c’est le nom de plusieurs personnes dans l’Ecriture. Quand il est écrit par un ה, on l’interprète Pere de lumière ou de louange. Et quand il s’écrit par un ח, Abihhail, Pere de force, ou Pere de l’armée, ou de douleur, ou la force du Pere. Leur prince est Suriel, fils d’Abihahiel. Sacy. Nomb. III, 35. Il faut lire Abihhail.

ABIMALIC. La langue d’Abimalic, c’est la langue des Africains Bérebéres, ou anciens & véritables Africains naturels du pays. On la nomme ainsi, à ce que l’on croit, de l’Auteur de leur Grammaire, nommé Abimalik, qui n’est apparemment autre chose qu’Abimelech, c’est-à-dire, Pere de Roi, ou Mon pere Roi.

ABIME, ABIMER. Voyez Abyme, Abymer.

ABIMELECH. s. m. Abimelech. Ce nom, qui est Hébreu, composé de אבי, abi, pere, ou mon pere, & de מלך, Roi, & qui signifie par conséquent pere de Roi, ou plutôt, mon pere Roi, comme qui diroit mon pere & mon Roi, est 1°. un nom propre d’homme dans l’Ecriture. 2°. C’est un nom appellatif, ou comme appellatif, qui paroît commun à tous les Rois de Gérare, comme celui de Pharaon l’étoit à ceux d’Egypte. Car le Roi de Gérare, qui reçut Abraham, s’appelle Abimelech ; & Achis, qui reçut David, est aussi appelé Abimelech dans le titre du xxxiii. Pseaume. C’est un nom très-convenable aux Rois de ces premiers temps, qui furent les peres ou les chefs des familles, en sorte qu’on pourroit les appeler Peres & Rois en même temps. Il est croyable que ce fut là un des premiers que les Rois porterent.

☞ ABIN. Château d’Arabie, à l’Orient de la ville d’Aden, à douze milles de la mer.

ABINGTON. Bourg du comté de Bar en Angleterre. Abindonia, Abingtonia. Il est au-dessous d’Oxford, au confluent de la Tamise & de l’Ock.

AB-INTESTAT. Terme de Jurisprudence, qui se dit de celui qui meurt sans avoir fait de testament, ou qui en a fait un qui n’est pas valable, qui a été cassé, & qui ne peut avoir son exécution. On ne dit point d’un mineur, qu’il est mort ab-intestat ; mais on dit d’un fils, qu’il est héritier de son pere ab-intestat, lorsque le pere est mort sans avoir fait de testament. Il y a eu un temps où l’on privoit de sépulture ceux qui étoient décédés ab-intestat : ce qui donna lieu à un Arrêt du 19 Mars 1409, portant défenses à l’Evêque d’Amiens d’empêcher, comme il faisoit, la sépulture des décédés ab-intestat.

☞ ABIOURD, ou ABIURD. Ville d’Asie, dans le Corasan, Province de Perse. Elle a donné naissance à plusieurs grands hommes.