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Cham, ou quelqu’autre chef, peu de tems après la dispersion, ou même auparavant, selon le sentiment de quelques Auteurs ; ou bien c’étoit une colonie que quelqu’autre Nation y avoit envoyée, & qui ayant chassé les anciens Sicules s’établit en leur place. Or il y a beaucoup de partage entre les Auteurs touchant le nom de cette Nation primordiale : quelques-uns veulent que ç’ait été des Arcadiens qui vinrent en Italie en différens tems ; les premiers sous la conduite d’Ænotrus, fils de Lycaon, 450 ans avant la guerre de Troye, & d’autres sous là conduite d’Hercule. Quelques-autres font venir cette colonie de Lacédémoniens qui quitterent leur pays, rebutés par la sévérité du gouvernement de Lycurgue ; & ils prétendent que les uns & les autres unis ensemble avoient formé la Nation des Aborigenes. D’autres les font venir des Contrées barbares plûtôt que de la Grece, & les prétendent originaires de Scythie, d’autres des Gaules ; d’autres enfin disent que c’étoit les Cananéens que Josué avoit chassés de leur Pays. (G)

ABORTIF, adj. avorté, qui est venu avant terme, ou qui n’a point acquis la perfection, la maturité. Fruit abortif. Voyez Avortement ou Accouchement. (L)

Abortif, adject. pris subst. est un enfant né avant terme. Dans le Droit civil un abortif, aussi bien qu’un posthume venu à terme, rompt le testament par sa naissance. L. Uxoris, cap. de post hæred. Instit. (H)

* ABOUCOUCHOU, s. m. sorte de drap de laine qui se fabrique en Languedoc, en Provence, en Dauphiné, & qui s’envoie au Levant par Marseille.

ABOUEMENT, s. m. synonyme à arasement ; ils se disent l’un & l’autre des joints des traverses avec les montants, & même des joints de tout autre assemblage ; lorsque ces joints sont affleurés ou affleurent (car affleurer chez les Artistes est actif, passif & neutre) & qu’une des pieces n’excede point l’autre ; ensorte que si l’on passoit l’ongle sur leur union, il ne seroit point arrêté. L’abouement de ces joints est imperceptible. Voilà un abouement bien grossierement fait.

* ABOUGRI, adj. bois de mauvaise venue dont le tronc est tortueux, court & noueux. Voyez Rabougri.

ABOUQUEMENT, s. m. dans les Ordonnances en matiere de salines, signifie l’entassement de nouveau sel sur un meulon ou monceau de vieux sel, qu’elles défendent expressément, si ce n’est en présence des Officiers Royaux. (H)

ABOUT, s. m. se dit d’un bout de planche qu’on joint au bout d’un bordage, ou à l’extrémité d’une autre planche qui se trouve courte. Cet ébranlement fit larguer à notre bâtiment un about de dessous la premiere ceinte. Voyez Ceinte. (Z)

About, c’est en général l’extrémité de toute sorte de pieces de charpente, coupée à l’équerre, façonnée en talud, & en un mot, mise en œuvre de quelque maniere que ce soit. On dit l’about des liens, l’about des tournices, l’about des guettes, des éperons, des tenons.

ABOUTÉ, adj. terme de Blason, se dit de quatre hermines, dont les bouts se répondent & se joignent en croix.

Hurleston en Angleterre, d’argent à quatre queües d’hermines en croix, & aboutées en cœur.

ABOUTIGE, ABUTICH, ABOUHEBE, lieu de la haute Égypte proche le Nil. Long. 26. lat. 50.

ABOUTIR, v. a. V. Suppurer, Suppuration.

Aboutir, en Hydraulique, c’est raccorder un gros tuyau sur un petit : s’il est de fer, de grès, ou de bois, ce sera par le moyen d’un colet de plomb qui viendra en diminuant du gros au petit. Quand le tuyau est


de plomb, l’opération est encore plus aisée : mais quand il s’agit de raccorder une conduite de six pouces sur une de trois, il faut un tambour de plomb fait en cone, en prenant une table de plomb dont on forme un tuyau que l’on soûde par-dessus. (K)

Aboutir, se dit des arbres fruitiers lorsqu’ils sont boutonnés. L’on entend alors que la seve s’est portée jusqu’au bout des branches. (K)

Aboutir, c’est revêtir des tables minces de plomb ; ce qui se pratique aux corniches, quelquefois aux cimaises, & autres saillies, soit d’Architecture, soit de Sculpture.

ABOUTISSANT, adj. qui touche, qui confine par un bout ; ainsi l’on dit : telle terre est aboutissante d’un bout au grand chemin, de l’autre au pré appellé N.

Aboutissans, s. m. pl. ne se dit jamais seul, mais se joint toûjours avec le mot tenant, de cette maniere tenans & aboutissans. Voyez Tenans.

Une déclaration d’héritage par tenans & aboutissans, est celle qui en désigne les bornes & les limites de tous les côtés ; telle doit être la description portée en une saisie-réelle de biens roturiers.

Les tenans & aboutissans sont autrement appellés bouts & joûtes. Voyez Bouts & Joûtes. (H)

* ABOY, s. petite Ville d’Irlande dans la Province de Linster.

* ABOYEURS, s. m. pl. c’est ainsi qu’on nomme des chiens qui annoncent la présence & le départ du sanglier, ou d’une autre bête chassée, qui ne manquent jamais de donner à sa vûë, & d’avertir le Chasseur.

ABRA, s. m. ce terme est générique, pour signifier une fille d’honneur, une demoiselle suivante, la servante d’une femme de condition. L’Ecriture donne ce nom aux filles de la suite de Rebecca, à celles de la fille de Pharaon, Roi d’Egypte ; à celles de la Reine Esther, & enfin à la servante de Judith. On dit qu’abra signifie proprement une coëffeuse, une fille d’atours. Gen. XXIV. 16. Ex. II. 5. Esther IV. 15. Judith VIII. 32. Eutych. Alex. Arab. Lat. p. 304. (G)

Abra, s. m. monnoie d’argent de Pologne, qui vaut trois sols six deniers de France.

Cette monnoie a cours en quelques Provinces d’Allemagne, à Constantinople où elle est reçûe pour le quart d’un asselain ; à Astracan, à Smyrne, au Caire ; elle est évaluée sur le pied du Daller d’Hollande. Voyez Daller. (G)

* ABRACADABRA, parole magique qui étant répétée dans une certaine forme, & un certain nombre de fois, est supposée avoir la vertu d’un charme pour guérir les fievres, & pour prevenir d’autres maladies. Voyez Charme & Amulete.

D’autres écrivent ce mot abrasadabra ; car on le trouve ainsi figuré en caracteres grecs ΑΒΡΑϹΑΔΑΒΡΑ où le Ϲ est l’ancien Σ qui vaut S. Voici la maniere dont doit être écrit ce mot mystérieux pour produire la prétendue vertu qu’on lui attribue.

Triangle magique

Serenus Simonicus, ancien Medecin, Sectateur de l’hérétique Basilide qui vivoit dans le deuxieme siecle, a composé un Livre des Préceptes de la Medecine en vers hexametres, sous le titre De Medicinâ