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l’église, par la destruction totale de l’église, par l’extinction de la famille à laquelle ce droit étoit réservé, ou lorsque le patron a été homicide du titulaire, ou qu’il devient collateur du bénéfice. V. aux décrétales le tit. de jure patronatûs, Vanespen de jure patronatûs, de Roye, Ferrieres, Drapier, de Hericourt. V. aussi les mots Droits honorifiques, Titre, Nomination, Patronage, Présentation. (A)

Patron, (Marine.) c’est le maître ou le commandant d’un bâtiment marchand. Ce mot de patron est levantin ; sur l’Océan on dit maître.

Patron de barque ou de quelqu’autre petit bâtiment, c’est la qualité que l’on donne à ceux qui commandent ces sortes de petits bâtimens. On dit patron de bâtimens, bateaux & gabarres.

Patrons de chaloupes, c’est ainsi que l’on appelle certains officiers mariniers qui servent sur les vaisseaux de guerre françois, à qui l’on donne la conduite des chaloupes & des canots. On dit patron de chaloupes & patron de canot. (Z)

Patron, (Arts & Métiers.) modele & dessein sur léquel on fait quelques ouvrages. Ce mot ne signifie quelquefois qu’un morceau de papier, de carton ou de parchemin, taillé & coupé de certaine maniere, sur lequel quelques artisans reglent leur besogne. Les Tailleurs, par exemple, ont de ces sortes de patrons pour la coupe des différentes pieces de leurs habits : les Cordonniers pour tailler les empeignes & les quartiers de leurs souliers ; & les marchandes du palais, & autres ouvrieres qui travaillent en linge de femme, pour dresser & couper les coeffures & engageantes, suivant les différentes modes qui ont cours, ou qu’elles imaginent. Il y a encore quantité d’autres ouvriers qui se servent de ces sortes de patrons. Savary.

Patron de chef-d’œuvre, (Aiguiller.) c’est ainsi que les statuts des maîtres Epingliers de la ville de Paris appellent le modele ou échantillon des épingles sur lequel l’aspirant à la maîtrise doit travailler pour être reçu. Voyez Epinglier.

Patron, en terme de Cardier, n’est autre chose qu’une planche de la forme d’un feuillet (voyez Feuillet), mais un peu plus grande, sur laquelle il s’appuie quand on passe la pierre, &c. il sert de contrepoids pour empêcher les pointes de sortir en-dessous quand on les frappe par-dessus, & pose lui-même sur le bloc, voyez Bloc. Voyez Pl. d’Epinglier.

Patron, (Dessein.) Les patrons sont des desseins sur lesquels les ouvriers en points & en dentelles à l’aiguille travaillent à leurs ouvrages. On le dit pareillement des desseins des dentelles au fuseau, soit d’or, d’argent, de soie ou de fil, & des broderies.

Patron de Hollande, (Lingerie.) sorte de linge ouvré qui vient de Flandres.

Patron, (Manufacture.) Ce mot dans les manufactures d’étoffes d’or, d’argent & de soie figurées, est le dessein fait par le peintre, & rehausse de couleurs, qui sert à monter le métier, & à représenter sur l’ouvrage les différentes figures de fleurs, d’animaux & de grotesques, dont le fabriquant veut l’embellir. La beauté & la nouveauté des patrons servent beaucoup au débit des étoffes.

Patrons, (Luth.) ce sont différens morceaux de bois d’après lesquels on travaille la plûpart des pieces d’un instrument de musique ; il y a des patrons pour les violons, les violes, les guittares, les mandores, &c.

Patron, (Rubanier.) on entend par ce mot en général tout ce qui représente les desseins des ouvrages de rubanerie exécutés sur le papier réglé, soit le dessein qui le fait voir au naturel, ou celui qui est translatté & rendu propre à être monté sur le métier ; c’est ce qu’il faut expliquer plus en particulier. Le dessein que j’appelle simplement représentatif, est celui qui fait voir le trait & l’effet du dessein, c’est-à-dire par lequel on en voit les différens contours &


leurs parties, ce que l’on pourroit en appeller le portrait ; l’autre que j’appelle démonstratif, est celui qui par l’arrangement méthodique des points qui le composent, le rend propre à être exécuté sur le métier, ce qui s’appelle plus proprement patron. Je vais détailler ces deux sortes le plus clairement qu’il sera possible : le dessinateur, autrement appellé patronneur, après avoir mis son idée de dessein sur le papier réglé & s’y être fixé, l’arrange suivant l’ordre qui doit être observé par l’ouvrier qui le montera, c’est-à-dire que par cet ordre, que l’on doit suivre très-exactement & sans en omettre quoi que ce soit, on aura la maniere de passer les rames comme elles sont prescrites par ce patron, qui marque, à la faveur de cet arrangement, les hautes lisses qu’il faut prendre & celles qu’il faut laisser (ce qui s’entend par les points noirs du patron qui sont sur le papier, & qui marquent les hautes lisses à prendre, & aussi par les points blancs qui marquent les hautes lisses qu’il faut laisser) ; on aura, dis-je, la maniere de passer les rames qui rendront l’ouvrage capable de parvenir à sa perfection.

Patron, modele ou dessein, (Tailleur.) sur lequel on fait quelqu’ouvrage.

Les patrons des Tailleurs sont des morceaux de papier, de parchemin ou de carton, tailles d’une certaine maniere, sur lesquels ces ouvriers se reglent pour la coupe des différentes pieces des habits. Les Tailleurs n’ont besoin que d’un patron de chaque piece qui entre dans la composition des ouvrages de leur métier. Le patron sert uniquement à donner aux différentes pieces d’un habit la figure qu’elles doivent avoir. A l’égard de la largeur & de la longueur différente de ces pieces, c’est au tailleur à suivre les mesures qu’il a prises sur le corps de la personne qui l’emploie.

Patron, (terme de Vitrier.) Les Vitriers appellent patron ou table à patron, une table de bois blanchie sur laquelle ils tracent & dessinent avec de la pierre noire les différentes figures des compartimens d’après lesquels ils veulent couper les pieces de leurs panneaux ; cette table, qui est ordinairement de 4 à 5 piés de long & de 3 à 4 de large, est mobile & couvre la futaille où ils jettent le groisil.

PATRONAGE, s. m. (Jurispr.) signifie le droit qui appartient au patron.

Chez les Romains le patronage étoit le droit que le maître conservoit sur l’esclave qu’il avoit affranchi. Voyez ci-devant Patron.

Parmi nous, le patronage en matiere bénéficiale est le droit qui appartient sur une égl se à celui qui l’a fait construire ou qui l’a fondée & dotée. Voyez ci-devant Patron.

Patronage alternatif est celui qui appartient à plusieurs co-patrons, & qu’ils exercent tour-à-tour.

Patronage aumoné à l’église est celui qui a été donné à l’église à titre d’aumône, ad obsequium precum. Voyez Aumône & Franche-aumône.

Patronage ecclésiastique est celui qui appartient à un bénéficier, ou à quelque chapitre ou communauté ecclésiastique.

Patronage effectif est celui qui donne droit de présenter au bénéfice. Voy. ci-après patronage honoraire.

Patronage honoraire, c’est lorsque le patron a cédé à quelqu’église le droit de présentation au bénéfice, & qu’il ne s’est réservé que les droits honorifiques.

Patronage laïc est celui qui appartient à un laïc, soit qu’il soit attaché à une glebe ou non.

Patronage mixte est celui qui étant laïc dans son origine, a été aumôné à l’église.

Patronage personnel est celui qui est affecté à une certaine personne ou à une famille, à la différence du patronage réel qui est attaché à une glebe.

Patronage réel. V. ci-devant patronage personnel. (A)