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qui se rendent dans cette jurisdiction. Savary. (D. J.)

Retenue, (Marine.) voyez Corde de retenue, & Attrape.

Retenue, (Charpent.) on dit qu’une piece de bois a sa retenue sur une muraille ou ailleurs, quand elle est entaillée de telle sorte, qu’elle ne peut reculer ni avancer de part & d’autre. (D. J.)

RETFORD, (Géog. mod.) petite ville à marché d’Angleterre, dans la province de Nottingham, à 140 milles de Londres ; elle envoie deux députés au parlement. Long. 16. 36. latit. 53. 15. (D. J.)

RETHEL, (Géog. mod.) ville de France, en Champagne, capitale du Réthelois, sur une montagne, près de l’Aisne, à 10 lieues au nord-est de Rheims, à 14 au sud-ouest de Sedan, & à 45 au nord-est de Paris. Long. 22. 6. lat. 49. 37.

Rethel est fort ancienne ; c’étoit un fort du tems de Jules-César, qu’on nommoit castrum retectum. On appelloit anciennement le château de Rethel, Reteste, qui eut plusieurs seigneurs de ce nom dès le xiij. siecle. Le comté de Rethel est aussi de très-ancienne érection ; car dès le tems de Clovis, saint Arnould est qualifié comte de Réthel.

La ville de Rethel a été souvent prise & reprise dans le dernier siecle ; elle fut érigée en duché par Henri III. en 1581, en faveur de Charles de Gonzague. Ensuite le cardinal Mazarin acheta le duché de Rethel, & la confirmation lui en fut accordée en 1663. C’est un des plus beaux duchés du royaume, dont le revenu va au-delà de soixante mille livres ; l’élection de Rhetel est composée de 296 paroisses, presque toutes du diocèse de Rheims. (D. J.)

RETHELOIS le, (Géog. mod.) pays de la Champagne, borné au septentrion par les Pays-bas, à l’orient par le pays d’Argonne & le Clermontois, au midi par le Rhémois, & à l’occident par le Laonnois. Une partie de ce pays est couverte de bois, où il y a beaucoup de forges de fer & de charbon : le reste est très-abondant en pâturages ; il y a plusieurs rivieres, dont la plus considerable est l’Aîne. La ville capitale est Rethel ; les autres villes sont Rocroy, Mauber-Fontaine, Chateau-Porcien, Mezieres, & Charleville. (D. J.)

RETHEM, (Géog. mod.) petite ville d’Allemagne, au duché de Lunebourg ; elle est presque entierement ruinée, quoiqu’elle soit située sur les bords de la riviere d’Aller, qui étant navigable & poissonneuse, pourroit servir à la rétablir. (D. J.)

RETIAIRE, s. m. gladiateur ainsi nommé, parce qu’en combattant contre le myrmillon, il portoit sous son bouclier un filet (rete) dans lequel il tachoit d’envelopper la tête de son adversaire, afin de le renverser & de le tuer. Outre ce filet d’où le retiaire avoit tiré son nom, il étoit encore armé d’un javelot à trois pointes, ou d’une espace de trident. Juste Lipse, & d’autres auteurs, disent qu’il combattoit vétu & portoit plusieurs éponges, soit pour essuyer la sueur qu’il contractoit en poursuivant le myrmillon, soit pour étancher le sang qui couloit des blessures qu’il pouvoit en recevoir ; car ces sortes de gladiateurs se faisoient rarement quartier. On attribue l’invention de ce genre de combat à Pittacus, l’un des sept sages de la Grece, qui dans un combat singulier contre Phrynon, pour terminer une contestation mûe entre les Argiens & les Mytileniens, apporta un filet caché sous sa cuirasse, dont il embrassa la tête de son ennemi. Cette supercherie fut depuis réduite en art, & figura aux jeux publics. Voyez Myrmillon & Gladiateur.

RETICENCE, s. f. (Belles-Lettres.) figure de rhétorique, par laquelle l’orateur s’interrompt lui-même au milieu de son discours, & ne poursuivant point le propos qu’il a commencé, passe à d’autres choses ; de sorte néanmoins que ce qu’il a dit fasse suffisam-


ment entendre ce qu’il vouloit dire, & que l’auditeur le supplée aisément. Dans l’Athalie de Racine, cette princesse parle ainsi à Joad, lorsqu’il l’a attirée dans le temple, sous prétexte de lui livrer Eliacin & des trésors :

En l’appui de ton Dieu tu t’étois reposé ;
De ton espoir frivole es-tu désabusé ?
Il laisse en mon pouvoir & son temple & ta vie ;
Je devrois sur l’autel où ta main sacrifie ;
Je… mais du prix qu’on m’offre il faut me contenter ;
Ce que tu m’as promis songe à l’exécuter.

Ces interruptions brusques peignent assez bien le langage entrecoupé de la colere : la reticence est quelquefois plus expressive que ne le seroit le discours même ; mais on ne doit l’employer que dans des occasions importantes : on nomme encore cette figure aposiopese. Voyez Aposiopese.

D’autres appellent aussi reticence, une figure par laquelle on fait mention d’une chose indirectement, en même tems que l’on assure qu’on s’abstiendra d’en parler. Par exemple : « sans parler de la noblesse de ses ancêtres ni de la grandeur de son courage, je me bornerai à vous entretenir de la pureté de ses mœurs ». Mais cette notion n’est pas exacte, & ce tour oratoire s’appelle proprement prétérition ou prétermission. Voyez Prétérition & Prétermission.

RETICULAIRE, en Anatomie, nom d’un corps qui s’observe entre la peau & l’épiderme ; il a été ainsi nommé par Malpighi, parce qu’il ressemble à un réseau.

Ce corps fut d’abord découvert dans la langue des animaux & dans les piés des oiseaux où on l’observe très-distinctement. Ce fut-là la source des fausses descriptions qu’on nous en a données. Quoi que Malpighi ait aussi par la suite découvert dans le bras de l’homme ce corps dont les trous sont très-visibles ; dans la langue de bœuf, quoique plusieurs prétendent qu’il n’est point percé, mais simplement couvert de petites fossettes qui reçoivent les papilles ; c’est, suivant Albinus, la partie interne la plus molle de l’épiderme ou le corps muqueux ; ce corps a différentes couleurs dans les negres. Voyez Papille, Muqueux, & Negre.

RÉTICULE, s. m. en Astronomie, est une machine qui sert à mesurer exactement la quantité des éclipses. Cette machine a été inventée, il y a près de 80 ans, dans l’académie royale des Sciences. Voyez Éclipse.

Ce qui n’est dans l’Astronomie que de pratique & de détail, est d’une extrème importance ; souvent même il en coute autant d’efforts d’esprit, pour trouver les moyens de faire certaines observations, que pour remonter de ces observations aux plus sublimes théories qui en dépendent. En un mot, la maniere d’observer, qui n’est que le fondement de la science, est elle-même une grande science. Qu’une éclipse de soleil ou de lune ait été d’une certaine grandeur, on sera étonné de la quantité & de la finesse des conséquences qu’un Astronome saura en tirer ; mais on ne songera pas combien il aura eu de peine à s’assurer de la grandeur précise de cette éclipse, & que peut-être ce point-là a été le plus difficile.

Le réticule est ordinairement composé de treize fils de soie fort fins paralléles, également éloignés les uns des autres, & placés au foyer du verre objectif du télescope, c’est-à-dire, dans l’endroit où l’image de l’astre est représentée dans sa pleine extension. C’est pourquoi on voit par ce moyen le diametre du soleil ou de la lune divisé en douze parties égales ou doigts ; de sorte que pour trouver la quantité d’une éclipse, il ne faut que compter le nombre des parties lumineuses & des parties obscures. Voyez Doigt.