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4. La ronce commune sans épines, ou la ronce de S. François. Elle n’a d’autre différence que cette particularité ; on en peut faire usage pour des endroits ou d’autres arbrisseaux ne peuvent réussir, d’autant mieux qu’elle conserve ses feuilles pendant presque tout l’hyver.

5. La ronce à fleur blanche double. Cet arbrisseau est très-épineux ; ses feuilles sont d’un verd tendre dessus & blanchâtre en dessous, il donne pendant tout l’été des fleurs très-doubles, qui sont rassemblées en bouquet & d’une très-belle apparence.

6. La ronce à feuilles de persil. Sa feuille & sa fleur sont si joliment découpées, qu’elles peuvent faire une variété d’agrément.

7. La ronce à fruit bleu. Elle est très-commune & plus petite que les précédentes ; son fruit est de meilleur goût.

8. La ronce de Pologne. Elle n’a point d’épines, & son fruit est plus gros que celui de la ronce commune ; cet arbrisseau n’est pas encore bien connu en France.

9. La petite ronce des Alpes. Elle ne s’éleve qu’à deux ou trois piés, & elle n’a point d’épines ; son fruit est rouge & de bon goût.

10. La ronce fraise. C’est un joli arbrisseau qui est très-petit ; son fruit est rouge, & il a le goût de la fraise.

11. La ronce de Canada. Ses feuilles sont au nombre de cinq rassemblées à l’extremité d’une queue commune, elles sont lisses & brillantes ; son fruit est noir & fort gros.

Il y a encore quelques especes de ronces dont les tiges sont annuelles.

Les framboisiers sont aussi du genre de la ronce. Voyez le mot Framboisier.

Ronce, (Mat. médec.) la ronce est comptée parmi les plantes vulnéraires, astringentes, résolutives & détersives. Les anciens faisoient beaucoup d’usage de son bois, de ses racines, de ses feuilles & de ses fruits ; ils les donnoient intérieurement contre le cours de ventre, les fleurs blanches, le crachement de sang, & même le calcul ; & ils les appliquoient extérieurement sur les dartres, les hémorrhoïdes, &c.

On ne se sert presque plus aujourd’hui des racines, des branches & des feuilles de cette plante ; & si l’on employe quelquefois ses fruits qu’on appelle vulgairement mûres de ronces ou mûres sauvages ; c’est comme succédanées de la mûre proprement dite ou mûre de mûrier, voyez Murier, avec lequel les mûres sauvages ont réellement le plus parfait rapport.

Il est rapporté dans les Mém. de l’acad. royale des Sciences de Suéde pour l’année 1750. que la décoction de la ronce (c’est-à-dire apparemment de son bois & de ses racines) augmente beaucoup l’efficacité d’un remede spécifique contre les maladies vénériennes, que fournit la décoction des racines de la plante que Linnæus appelle ceanothus ou cenolastus, inermis, &c. H. Clifford, 73. & c’est-là l’un des secrets que M. P. Kalm a appris des sauvages de l’Amérique septentrionale, dans un mémoire dont on a donné un extrait ; Journal de Médecine, Février 1760.

Les sommets des tiges des ronces entrent dans l’onguent populeum. (b)

Ronce du mont Ida, (Botan.) rubus idæus. Voyez Framboisier. (D. J.)

Ronce sans épines, (Botan.) especes de ronce nommée par Tournefort rubus idæus lævis ; c’est un petit arbrisseau qui pousse à la hauteur de 2 ou 3 piés plusieurs tiges, garnies de feuilles semblables à celles du framboisier, blanchâtres & lanugineuses par-dessous : ses fleurs sont à cinq feuilles, disposées en rose ; quand elles sont tombées, il paroît un fruit


gros comme une framboise, ovale, rouge, composé de plusieurs baies pleines d’un suc acide, entassées ensemble comme une pyramide sur un placenta, & renfermant chacune une semence oblongue ; cette plante croît aux lieux montagneux. (D. J.)

Ronce, s. f. (Hist. nat. Icthyolog.) la raie que l’on nomme ronce en Languedoc ressemble beaucoup à la raie bouclée, par la forme de ses aiguillons ; cependant elle en differe, en ce qu’elle n’a point d’aiguillons à la partie antérieure de la tête, qui est aussi beaucoup moins pointue que celle de la raie bouclée. La ronce differe de toutes les autres raies, en ce qu’elle a des arrêtes sur la peau. Sa couleur est cendrée, sa chair a une mauvaise odeur, & elle est dure. Rondelet, hist. nat. des Poissons de mer, liv. XII. ch. xiij. Voyez Poisson.

RONCEVAUX, (Géog. mod.) bourg d’Espagne, au royaume de Navarre, dans la vallée de même nom, entre Pampelune & Saint-Jean Pié-de-Port.

On sait que la Navarre s’étend fort avant dans les Pyrénées, & qu’elle comprend l’espace de 26 lieues le long de ces montagnes. Elle est divisée en quatre vallées, dont celle de Roncevaux est la plus commode & la plus courte, n’ayant que 8 lieues de traverse dans les montagnes. Elle est fameuse dans l’histoire de France, à cause d’une bataille donnée entre les François & les Espagnols en 778. Charlemagne y fut vaincu par la trahison de Ganelon ; plusieurs braves paladins demeurerent sur la place, entr’autres Roland, neveu de Charlemagne, Renaud & quelques autres que les romans ont tant chantés. Lorsqu’on traverse cette vallée, on voit chemin faisant, le champ de batailie, où l’on a bâti une église nommée Notre-Dame de Roncevaux. Dom Sanche le Fort fonda dans le bourg, l’église royale de sainte Marie pour sa sépulture, avec un college de chanoines, & un prieuré. (D. J.)

RONCIGLIONE, (Géog. mod.) ville ou bourgade d’Italie, chef-lieu d’un petit état enclavé dans le patrimoine de S. Pierre, sur la Tereia, à 6 lieues au midi de Viterbe. Cette petite ville est assez marchande, & a un college occupé par les peres de la Doctrine. L’état de Roncigli ne appartenoit autrefois aux ducs de Parme, mais il dépend aujourd’hui du pape. Long. 29. 48. latit. 42. 14. (D. J.)

ROND, adj. (Gram.) il se dit de toutes lignes, de tout espace, & de tout corps terminé par un cercle ou une portion circulaire. Voyez Cercle, Sphere, &c.

Rond, voyez Poisson rond.

Rond, en Anatomie, est un nom qu’on donne à plusieurs muscles à cause de leur figure. Voyez Muscle.

Ainsi il y a le grand rond & le petit rond. Voyez Pl. anat.

Le premier des pronateurs du coude se nomme aussi pronateur rond. Voyez Pronateur.

Le grand rond est attaché à toute l’empreinte musculaire qui se remarque à l’angle postérieur, inférieur de l’omoplate, & un peu à la côte inférieure de cet os, & va se terminer par un tendon plat au rebord de la gouttiere qui répond à la grosse tubérosité de l’humerus, de même que le grand dorsal avec le tendon duquel il se confond.

Le petit rond s’attache depuis l’angle inférieur jusqu’à la partie moyenne de la côte de l’omoplate, & va se terminer par un fort tendon qui se confond avec celui du sousépineux, dont ce muscle est quelquefois une portion, à la facette inférieure de la grosse tubérosité de l’humerus.

Rond d’eau, s. m. (Archit. hydraul.) grand bassin d’eau, de figure ronde, pavé de grès, ou revêtu de plomb ou de ciment, & bordé d’un cordon de gazon, ou d’une tablette de pierre. Tel est le rond d’eau