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chapitre en matiere de discipline sont exécutoires par provision, comme celles de l’évêque.

Les appels des jugemens des premiers supérieurs des monasteres en congrégation, se portent de degré en degré jusqu’au général de l’ordre, & de-là au pape, qui délegue des juges sur les lieux pour juger l’appel.

La voie d’appel que les réguliers ont devant leurs supérieurs, n’empêche pas qu’ils ne puissent aussi se pourvoir devant leur évêque, dans les cas où il a jurisdiction sur eux, ou aux juges royaux dans les cas royaux, ou au parlement par appel comme d’abus.

Un régulier qui commet quelque délit hors du monastere est justiciable de l’official.

Quand les délits des réguliers ne méritent qu’une légere correction, les supérieurs ne sont pas astraints à instruire le procès dans toutes les formes ; mais s’il s’agit d’une peine grave, il faut se conformer à l’ordonnance criminelle.

La reforme des réguliers appartient à leurs supérieurs & à l’évêque ; & si ceux-ci négligeoient de le faire, ou ne croyoient pas avoir assez d’autorité ; le roi, comme protecteur des canons, & les parlemens y pourvoient. Voyez les lois ecclésiastiques de M. d’Héricourt ; ch. x. du gouvernement des réguliers, & les mots Chapitre, Monastere, Reforme, Religieux. (A)

RÉGULO, s. m. (Hist. mod.) titre qu’on donne aux fils des empereurs de la Chine.

Le fils de l’empereur qui avoit alors la qualité de premier régulo, étoit seulement celui de ses enfans qui étoit le plus en faveur ; mais tout-à-coup les choses changerent de face : l’empereur fut instruit par quelques intelligences secretes qu’il s’étoit ménagées, de l’innocence du prince héréditaire, qu’il avoit déposé, & des artifices qu’on avoit employés pour le perdre auprès de lui ; & singulierement que le régulo, pour lui succéder avoit eu recours à la magie & à l’instigation de certains lama, ou prêtres tartares, avoit fait enterrer une statue dans la Tartarie, cérémonie qui avoit été accompagnée de plusieurs opérations magiques. L’empereur donna promptement des ordres pour se saisir du lama & déterrer la statue ; & le régulo eut son palais pour prison. Leteres édif. & cur.

REGULUS, s. m. en Astronomie ; c’est le nom d’une étoile de la premiere grandeur, qui est dans la constellation du lion ; on l’appelle aussi, à cause de sa situation, cor leonis, ou le cœur de lion ; les Arabes la nomment alhabor. Voyez Étoile. (O)

RÉHABILITATION, s. f. RÉHABILITER, v. act. (Gramm. & Jurisprud.) c’est l’acte par lequel le roi remet en sa bonne forme & rénommée quelqu’un qui auroit été condamné à quelque peine infamante. Cette réhabilitation s’opere par des lettres du grand-sceau, par lesquelles le roi veut que pour raison des condamnations qui étoient intervenues contre l’impétrant, il ne lui soit imputé aucune incapacité ou note d’infamie, & qu’il puisse tenir, posséder & exercer toutes sortes d’offices. Voyez le tit. 16 de l’ordon. de 1670.

On trouve, dit M. le P. Hénault, un fait bien singulier dans des lettres du 20 Juin 1383, qui sont au registre 123 du trésor des chartres, piece 2. Le roi (Charles VI.) voulant réhabiliter un coupable, nommé Jean Mauclerc, habitant de Senlis, à qui le poing avoit été coupé pour avoir frappé un flamand nommé Jean le Brun, lui permit de remplacer ce poing par un autre, fait de la matiere qu’il voudra.

On peut aussi faire réhabiliter ou purger la mémoire d’un défunt en appellant de la sentence rendue par contumace, ou si c’est un jugement en dernier ressort, il faut se pourvoir devant les mêmes juges ; mais si le défunt est décedé après les cinq ans de la con-


tumace, on n’est point reçu à purger sa mémoire sans lettres du grand-sceau. Voyez le tit. 17 de l’ordon. de 1670.

Réhabilitation de noblesse, est l’acte qui fait revivre la noblesse que quelqu’un avoit perdue, par quelque jugement qui l’en avoit déclaré déchu, lui ou ses ancêtres, ou bien lorsqu’elle avoit été perdue par quelqu’acte dérogeant.

Cette réhabilitation s’opere aussi par des lettres qui doivent être registrées au parlement, en la chambre des comptes, & en la cour des aides. Voyez Bacquet, des francs-fiefs.

Réhabilitation de mariage, est une nouvelle célebration de mariage que l’on fait pour réparer le vice d’un premier mariage.

Cet acte est qualifié improprement de réhabilitation ; la nouvelle célebration de mariage est le seul acte que l’on considere, & elle n’a point l’effet de valider le premier mariage qui étoit nul.

Le parlement ordonne quelquefois qu’un mariage sera réhabilité lorsqu’il ne peche que par quelque défaut de forme, & que les parties consentent de demeurer unies ; mais le juge d’église ne peut ordonner une telle réhabilitation. Voyez au mot Mariage. (A)

RÉHABITUER, v. act. & neut. (Gram.) reprendre une habitude. REHACHER, v. act. (Gram.) hacher de-rechef. REHANTER, v. act. (Gramm.) fréquenter de nouveau. REHAZARDER, v. act. (Gram.) abandonner une seconde fois au hazard. Voyez Habituer & Habitude, Hacher & Hachure, Hanter & Fréquentation, Hazarder & Hazard.

REHAUSSER, v. act. (Comm.) augmenter ou faire augmenter le prix. Les blés & les vins rehaussent quand il n’y a pas apparence d’une belle moisson ou d’une vendange abondante. Les acaparemens sont prohibés, parce qu’ils font rehausser le prix des marchandises. Voyez Acaparement & Acaparer. Diction. de Commer. & de Trév.

REHAUTS, s. m. on appelle rehauts en Peinture, les lumieres d’un dessein faites avec du blanc, ou d’autres couleurs lumineuses, lorsque ce dessein est sur du papier coloré ; & si ce papier est blanc, sa couleur conservée fait les rehauts.

On appelle encore rehauts en Peinture, les lumieres qu’on place par hachure, lorsqu’on veut imiter quelque morceau de sculpture, bas-relief, ou ronde-bosse.

Le plus communément tous ces rehauts sont faits avec de l’or-couleur si l’ouvrage est en huile, & de mordant, s’il est en détrempe. L’on y applique de l’or, de l’argent ou du cuivre en feuilles, qui ne s’attachant qu’à ces hachures, fait les rehauts ou lumieres, & c’est ce qu’on appelle rehausser d’or. Rehauts, réhausser ne convient qu’à ces sortes d’ouvrages ; on ne dit point les rehauts d’un tableau, ni rehausser un tableau.

RÉHEURTER, v. act. heurter de-rechef, voyez Heurter.

REI, (Géog. mod.) ville d’Asie, dans l’Irak persienne, voyez-en l’arcicle au mot Rey. (D. J.)

REJAILLIR, v. n. (Gramm.) il se dit de tous les corps qui sont poussés contre d’autres qui les renvoient. La balle a rejailli jusqu’ici. La honte en rejaillira sur vous.

Il se dit du mouvement direct d’un fluide mû avec violence hors de son canal. Le sang a rejailli jusqu’au pié de son lit.

RÉJALLAGE d’une cuve. RÉJALLER une cuve, (Teinture.) c’est la remplir d’eau chaude deux ou trois jours après qu’elle aura travaillé, si elle se trouve trop diminuée.

REICHENAW, (Géog. anc.) en latin Augia dives ;