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au-delà du Jourdain, & appartenoit à la tribu de Gad. Les cantons de ce nom étoient célebres dans le pays, pour leur agrément & leur fertilité ; car Isaïe dit comme en proverbe, la beauté du Carmel & du Saron. (D. J.)

Saron, s. m. (Mythol.) dieu particulier des matelots ; les Grecs par cette raison lui avoient donné le nom du bras de mer qui est proche de Corinthe ou du golfe Saronique. Ce Saron, divinité, n’est autre vraissemblablement que le prince dont parle Pausanias, in Corinth. & qui étoit roi de Corinthe. « Althépus, dit-il, fut le successeur de Saron, qui bâtit un temple à Diane Saronique dans un lieu nommé le marais Phabéen. Ce prince chassant sur le bord de la mer un cerf qui se mit à la nage, il le poursuivit de même ; mais épuisé de forces, & lassé de luter contre les flots, il se noya. Son corps fut apporté dans le bois sacré de Diane, & inhumé dans le parvis du temple ; cette aventure a été cause que le marais a changé de nom, & s’appelle le marais Saronique ». (D. J.)

Saron, (Géog. anc.) lieu du Péloponnèse, dans la contrée de Troezène, selon Etienne le géographe. Eusthathe parle aussi du fleuve Saron qui étoit dans la même contrée, & qui, selon lui, avoit donné le nom au golfe Saronique. (D. J.)

Saron, (Géog. mod.) ville de Perse, dans la province de Ghilan ; les géographes du pays, selon Tavernier, la mettent à 76. 20. de longitude, & à 36. 15. de latitude. (D. J.)

SARONIDES, s. m. plur. (Hist. des Gaulois.) druides du second ordre, autrement nommés Bardes ; ils jouoient des instrumens & chantoient à la tête des armées avant & après les combats, pour exciter & louer la valeur des soldats, ou blâmer ceux qui avoient trahi leur devoir. Le premier, & originairement l’unique collége des Saronides, étoit entre Chartres & Dreux ; c’étoit aussi le chef-lieu des druides, & l’on en voit encore des vestiges. (D. J.)

SARONIES, (Mythol.) Σαρώνια, fêtes que l’on célébroit tous les ans à Troezene en l’honneur de Diane Saronide, ainsi nommée de Saron, le troisieme roi de Troezène, qui bâtit un temple à la déesse, & institua la fête en son honneur. Potter, Archæolog. græc. t. I. p. 439. (D. J.)

SARONIQUE Golfe, Saronicus sinus, (Géog. anc.) golfe au midi de l’Attique : ce golfe, selon Strabon, l. VIII. étoit appellé pont par quelques-uns, & détroit par d’autres ; ce qui fait, ajoute-t-il, qu’on l’appelle aussi mer Saronique, πέλαγος Σαρωνικόν. Sa longueur se prenoit depuis Cenchrées jusqu’au promontoire Sunium ; & sa largeur ou son entrée, depuis ce promontoire jusqu’à celui du Péloponnèse, appellé Scyllœum ; car Euripide Hippolyto, v. 1200. en parlant de Troezène, dit qu’elle étoit située sur la mer Saronique :

Πρὸς πόντον ἤδη κειμένη Σαρωνικὸν,
Sita jam ad mare Saronicum.

Pline, l. IV. c. v. remarque que ce golfe étoit anciennement bordé d’une forêt de chênes, & que c’étoit-là l’origine de son nom.

Ce golfe si célebre dans l’histoire ancienne, est enfermé entre le promontoire Sunium, appellé aujourd’hui capo-Coloni, sur la côte de l’Attique, & le cap Scyllœum, à présent capo-Skillo, sur la côte de la Morée : ces promontoires sont éloignés l’un de l’autre d’onze lieues. Il y a plusieurs îles dans ce golfe ; les principales sont Egine, Coulouri, & Porus ; & ce sont les seules qui soient habitées. Ceux qui y demeurent avoient un vaivode & un cadi, qui étoient communs à ces trois îles ; mais ils ont jugé à propos de s’accommoder avec le capitan bacha, & de lui donner tous les ans sept cens quatre-vingt piastres ;


ce qui les exempte de tous les droits qu’on auroit pu exiger d’eux. Ils pourroient vivre à leur aise, si les corsaires ne les incommodoient pas si souvent qu’ils font ; puisqu’ils ont assez de terres à cultiver pour le petit nombre d’habitans qui occupent ces trois îles.

Ce golfe prend aujourd’hui son nom d’Egine, quoique nos mariniers lui donnent celui d’Engia. C’est la plus haute pointe du promontoire Sunium, qu’on voit ouest-nord-ouest. On la découvre du mont Himette du sud-ouest à l’ouest, & de Coulouri ou Salamine plus au sud ; on la compte à neuf lieues de la côte la plus proche de l’Attique, à douze de Porto-Lione, & environ à six de la Morée. Elle a près de quinze lieues de tour : il n’y a point de port pour les vaisseaux, & ils sont obligés de donner fond entre les îlets Angestri, Douronite, & Moni. Il n’y a plus ni ville ni village, à la réserve de celui d’Egine.

Le nom de Saronique donné à ce golfe, vient de ce que le fleuve Saron s’y décharge à l’ouest vers l’Hexamile ; car c’est ainsi qu’on appelle maintenant l’isthme de Corinthe : la longueur du golfe est à-peu-près de 24 lieues. (D. J.)

SAROS, s. m. (Astron.) ou période chaldaïque, est un cycle qui contient 223 lunaisons. Cette période est de 18 ans, & d’environ 11 jours, & elle ramene les éclipses à-peu-près dans les mêmes points du ciel. M. Halley, après avoir restitué un passage de Pline, où il est parlé du saros chaldaïque, ou retour périodique des éclipses après 223 lunaisons, avoit fait usage de cette période dès l’an 1684, pour en déduire les irrégularités du mouvement de la lune. Voyez Lune. (O)

SAROZ, (Géog. mod.) comté de la haute Hongrie, aux confins de la Pologne, qui le borne à l’orient septentrional. Il a les monts Krapach à l’orient, & les comtés de Scépus au couchant. (D. J.)

SARPEDON, (Géog. anc.) promontoire de la Cilicie ; Strabon, l. XIV. p. 670. le met au voisinage de l’embouchure du fleuve Calycadnus ; Ptolomée, l. V. c. viij. qui le nomme Sarpedorum extrema, le marque sur la côte de la Cétide, entre Aphrodysia, & l’embouchure du Calycadnus.

Ce promontoire devint célebre par le traité de paix des Romains avec Antiochus ; c’est de lui qu’Apollon avoit pris le nom de Sarpedonius : il y avoit à Séleucie, selon Zosime, l. I. c. lvij. un temple d’Apollon Sarpédonien, & dans le temple un oracle. Strabon dit la même chose de Diane, sans néanmoins marquer que ce temple fût à Séleucie. Il y a aussi dans la Cilicie, dit-il, l. XIV. p. 676. un temple de Diane Sarpédonienne avec un oracle. (D. J.)

SARRASIN, voyez Blé noir.

Sarrasins, ou Sarasins, & Sarazins, (Hist. mod.) peuples de l’Arabie, qui descendoient des Saraceni. Ils faisoient la principale force de l’armée de Mahomet, & ses successeurs acheverent par leur bravoure, les conquêtes que ce fondateur de la religion musulmane avoit commencées, & qu’il se proposoit de poursuivre quand il mourut en 633.

Les califes unissant comme lui l’autorité souveraine à la puissance pontificale, joignirent à l’Arabie déja conquise, le reste de la Palestine, la Syrie, l’Egypte, & la Perse.

Cet empire se démembra, & s’étendit dans la suite sous la puissance de divers conquérans. Les Turcs, peuple venu du Turkestan en Asie, après avoir embrassé la religion musulmane des Sarrasins, leur enleverent avec le tems de vastes pays, qui joints aux débris de Trébisonde & de Constantinople, ont formé l’empire ottoman : l’Egypte eut pour gouverneurs ses soudans particuliers.

Les Sarrasins qui avoient soumis les côtes de l’Afrique le long de la Méditerranée, furent appellés