Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/725

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sont droites & oblongues ; le germe du pistil est ovale, & divisé en trois lobes, il n’y a point de stile, mais trois stigma obtus, & qui subsistent ; le fruit est une baie ovale, ayant une seule loge qui renferme une graine de même figure.

Selon le système de Ray, la fleur du saururus ressemble à celle de l’arum ; elle est à pétale, garnie de deux étamines, & hermaphrodite. Son ovaire est ovale, mol, ne contient qu’une semence, & a un tube divisé en trois. Ses fleurs & ses fruits forment des épis longs & foibles ; Plumier compte quatre especes de ce genre de plante. (D. J.)

SAUSSAYE, s. f. (Jardinage.) est un lieu planté de saules. Voyez Saule.

SAUSSE, voyez Sauce.

SAUSTIA, (Géog. mod.) bourgade d’Asie, dans l’Anatolie, & dans l’Aladoulie ; cette bourgade délabrée, étoit autrefois la métropole de la premiere Arménie, dans l’exarchat du Pont. (D. J.)

SAUT, s. m. (Gymnas.) un des cinq exercices qui composoient le pentatle. Le saut consistoit ou à franchir un fossé, quelque élévation ou quelque espace marqué. Ainsi, les anciens distinguoient plusieurs sortes de sauts, comme on peut le voir dans Mercurialis, liv. II. ch. xj. il suffit de dire ici, pour ne point ennuyer le lecteur d’une compilation de termes scientifiques, que celui qui sautoit le mieux & le plus loin, obtenoit le prix. (D. J.)

Saut de l’outre, (Antiq. Rom.) le saut de l’outre, étoit un jeu d’exercice des gens de la campagne, dont Virgile & Athénée font mention. L’adresse de ce jeu consistoit à demeurer de bout sur l’outre après avoir sauté. (D. J.)

Saut de niagara, (Hist. nat. Géog.) c’est ainsi que l’on nomme une cascade formée par la chûte des eaux du fleuve de saint Laurent, qui produit un des spectacles les plus étonnans qu’il y ait au monde. Suivant les descriptions que les voyageurs du Canada nous en ont données, cette cascade forme la figure d’un fer à cheval, coupé en deux par une île fort étroite, & qui peut avoir un demi-quart de lieue de longueur ; ce qui fait deux nappes d’eau d’une largeur considérable, & que l’on juge avoir à-peu-près cent vingt piés de hauteur perpendiculaire. Cette prodigieuse cascade est reçue sur un rocher qu’elle a creusé, comme on en juge par le bruit qu’on entend, qui ressemble à celui d’un tonnerre souterrain ou éloigné. La riviere se ressent très-long-tems de la secousse qu’elle éprouve par cette chûte précipitée, dont le fracas se fait entendre à une distance très grande ; d’ailleurs l’eau divisée & atténuée par la violence de sa chûte, forme un brouillard épais que l’on apperçoit de fort loin, & qui sert encore à relever un spectacle si merveilleux.

Saut de breton, voyez l’article Embrassade.

Saut, en Musique, est tout passage d’un son à un autre par dégrés disjoints. Voyez Degré & Disjoint. Il y a saut régulier qui se fait toujours sur un intervalle consonnant ; (voyez Consonnance & Intervalle), & saut irrégulier, qui se fait sur un intervalle dissonnant. Cette distinction vient de ce que toutes les dissonnances, excepté la seconde qui n’est pas un saut, sont plus difficiles à entonner que les consonnances ; observation nécessaire dans la mélodie, pour composer des chants faciles & agréables. (S)

Saut, (Danse.) se dit d’un pas de ballet, des danses par-haut, où l’on éleve en même tems son corps & ses deux piés en l’air pour friser la cabriole ; ce qu’on fait ordinairement à la fin d’un couplet, & pour marquer les doubles cadences.

Le saut simple ou pas sauvé, c’est lorsque les jambes étant en l’air ne font aucun mouvement, soit qu’on le fasse en-avant, en-arriere, ou de côté.


Le saut battu, c’est lorsque les jambes étant en l’air, les talons battent une ou plusieurs fois l’un contre l’autre : & quand on les passe l’une par-dessus l’autre par trois fois, cela s’appelle entrechat.

Le saut de basque, est un coupé sauté en tournant ; on appelle aussi le saut majeur, cabriole, lorsqu’on remue les piés en l’air ; quelques-uns l’appellent cadence. Voyez Coupé, Cabriole, &c.

Saut, un pas & un saut, (Manége.) est un des sept airs ou mouvemens artificiels d’un cheval. Il est composé, pour ainsi dire de trois airs, savoir le pas, qui est d’aller terre à terre ; le lever, qui est une courbette, & le tout finit par un saut. Voyez Air & Sauts.

Le pas, à proprement parler, met le cheval en train, & lui donne la facilité de se dresser pour sauter ; de même qu’une personne qui court avant de sauter, afin de le faire plus haut & plus loin.

Dans toutes sortes de sauts, le cavalier ne doit donner aucune aide avec les jambes ; mais seulement le bien soutenir de la bride, quand il s’éleve du devant, afin qu’il puisse se lever plus haut en-arriere : quand il commence à lever du derriere, il faut le soutenir un peu du devant, & l’arrêter sur le tems, comme s’il étoit suspendu en l’air, marquant le mouvement avec la main de la bride, de sorte qu’on le prenne comme une balle au bond ; c’est-là le grand art de sauter.

On appelle le saut de l’étalon, le moment où il couvre la jument.

Saut de loup, terme de Terrassier, fossé que l’on fait au bout d’une allée ou ailleurs, pour en défendre l’entrée sans ôter la vue. (D. J.)

SAUTAGE, s. m. (Pêche de hareng.) terme d’usage dans le commerce du hareng blanc, pour signifier l’action de ceux qui foulent le poisson, à mesure qu’on l’a pacqué dans les barrils : ce mot est principalement en usage en Normandie & en Picardie. (D. J.)

SAUTE, (Marine.) c’est un commandement qui est synonyme à va : on dit, saute sur ce pont, saute sur le beaupré, saute sur la vergue, &c. pour dire va à ce pont, au beaupré, &c.

SAUTELLE, s. f. (Agriculture.) c’est un sarment qu’on transplante avec sa racine. La maniere d’élever la vigne par sautelles est assez heureuse, & fort facile à pratiquer, puisqu’on a la commodité de coucher quelque branche si on veut autour de chaque sep. On dit quelle branche on veut coucher ; car ordinairement sur chaque sep on n’en marcotte qu’une ; encore faut-il qu’elle soit venue entre la branche qui doit être taillée, & le courson qu’on doit laisser. Cette opération est préférable à la marcotte, d’autant que souhaitant du fruit, & en ayant de tout près à venir en apparence, il est hors de raison d’en aller chercher ailleurs, qui n’est pas si assuré, à-moins qu’il n’y ait quelque place vuide qu’il faille absolument remplir.

Ces sautelles se font donc en couchant la branche en terre ; mais de telle maniere qu’étant couchée ainsi, elle fasse un dos de chat à trois yeux éloignés de l’origine de cette branche, & cela par une espece de ménage qu’on fait du bois, en l’obligeant en cet état de faire deux piés de vignes ; au lieu qu’il n’en produiroit qu’un, si la marcotte étoit couchée tout de son long ; on observe aussi pour réussir dans cette opération, que directement sur ce dos de chat il y ait un bourgeon ; que l’élévation de ce dos soit des deux côtés recouverte de terre, & que l’extrémité de la branche qui passe au-delà de ce dos, sorte de terre des deux yeux seulement. Ce n’est pas qu’il soit permis à un vigneron de faire des sautelles dans la vigne de son maître, à dessein de regarnir quelques places vuides ; car c’est une porte ouverte à la fri-