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reliquaire ; & le bon ecclésiastique resta très satisfait ».

L’auteur des nouvelles de la république des lettres parlant d’un livre qui traitoit du S. Suaire, rapporte ces paroles de Charles Patin : « je suis fâché de voir trop souvent le portrait de la Vierge peint par S. Luc ; car il n’est pas vraissemblable que S. Luc ait tant de fois peint la mere de notre Sauveur. »

C’en est assez sur la folle crédulité des hommes, & sur les erreurs qui n’ont fait que se multiplier dans la vénération des reliques. Je ne suis point curieux d’examiner la question, si leur origine est payenne, ce dont S. Cyrille, lib. X. p. 336, est convenu dans sa réponse à l’empereur Julien, qui le premier a reproché aux Chrétiens le culte des morts & de leurs reliques. Je reconnois avec plus de plaisir que les lumieres du dernier siecle ont mis un grand frein à la superstition qui s’étoit si fort étendue sur les fraudes pieuses à cet égard ; mais en même tems il faut avouer qu’il n’en reste encore que trop de traces dans plusieurs lieux de la chrétienté ; c’est sans doute ce qui a engagé d’habiles gens de la communion romaine à s’élever courageusement contre les fausses reliques. M. Thiers, que je ne dois pas oublier de nommer, a discuté dans ses écrits, l’état des lieux où peuvent être les corps des martyrs ; il a publié en particulier des dissertations contre la Ste. Larme de Vendôme, & les reliques de S. Firmin. Le p. Mabillon a cru devoir aussi donner des conseils sur le discernement des reliques ; il me semble qu’on auroit dû les écouter ; mais le chancelier de France ne fut pas de cet avis ; il fit supprimer par arrêt du conseil, l’ouvrage de M. Thiers sur S. Firmin ; & l’ordre de S. Benoît condamna le p. Mabillon. On sait le bon mot qu’un sous-prieur de S. Antoine dit alors sur ces deux condamnations. Moribus antiquis, &c.

Cependant je ne crois point aujourd’hui d’être blâmé, pour avoir considéré avec M. l’abbé Fleury, sans satyre & sans irreligion, « les abus que l’ignorance & les passions humaines ont produit dans la vénération des reliques, non-seulement en se trompant dans le fait, & honorant comme reliques ce qui ne l’étoit pas, mais en s’appuyant trop sur les vraies reliques, & les regardant comme des moyens infaillibles d’attirer sur les particuliers & sur les villes, toutes sortes de benédictions temporelles & spirituelles. Quand nous aurions, continue cet illustre historien, les saints même vivans & conversans avec nous, leur présence ne nous seroit pas plus avantageuse que celle de Jesus-Christ, comme il le déclare expressément dans l’évangile, Luc xiij. 26. Vous direz au pere de famille, nous avons bu & mangé avec vous, & vous avez enseigné dans nos places ; & il vous répondra, je ne sais qui vous êtes ». Tom. I. disc. ecclésiast. (Le chevalier de Jaucourt.)

RELIQUIAE, (Antiq. rom.) ce mot qu’on trouve dans Suétone, dans Pline le jeune, & autres anciens auteurs latins, désigne les os, les cendres des morts, leurs reliques, ce qui nous reste d’eux après avoir été brûlés ; les anciens conservoient religieusement ces restes dans des urnes, qu’ils enfermoient ensuite dans des tombeaux. (D. J.)

RELIRE, v. act. (Gram.) lire pour une seconde fois. Relisez souvent vos ouvrages. Il faut relire souvent les anciens.

RELOCATION, s. f. (Jurisprud.) signifie en général l’acte par lequel on reloue une chose à quelqu’un.

Ce terme de relocation peut s’appliquer en plusieurs cas : savoir,

1°. Lorsque le propriétaire d’une chose la loue de nouveau à celui auquel il l’avoit déjà louée.

2°. Lorsqu’un principal locataire reloue à d’au-


tres, c’est-à-dire sous-loue ce qu’il tient lui-même à loyer.

3°. Le sens le plus ordinaire dans lequel on prend le terme de relocation, c’est en matiere de contrats pignoratifs mêlés de vente, dont la relocation ou reconduction est le principal caractere. Le débiteur vend à son créancier un héritage pour l’argent qu’il lui doit, avec faculté perpétuelle de rachat ; & cependant, pour ne point déposseder le vendeur, l’acheteur lui fait une relocation de ce même héritage moyennant tant de loyer par an, lequel loyer tient lieu au créancier des intérêts de son principal, c’est ce que l’on appelle relocation ou reconduction.

Lorsque la faculté de rachat, stipulée par un tel contrat, est fixée à un certain tems, à l’expiration du terme on ne manque pas de la proroger, ainsi que la relocation. Voyez Brodeau sur M. Louet, let. P. n. 10. & 11. & les mots Antichrese, Contrat pignoratif, Engagement, Location, Louage, Reconduction. (A)

RELOGER, v. n. (Gramm.) c’est retourner au même logis. Voyez les articles Loger, Logis.

RELOUAGE, s. m. (Pêche de hareng.) c’est le tems que ce poisson fraye, ce qui arrive vers Noël. Le hareng dans cette saison est de très-mauvaise qualité ; & c’est pour cela que les Anglois en défendent la pêche ; outre qu’elle dépeuple la mer de ces poissons, qui ne peuvent multiplier étant pris dans le tems que la nature a marqué pour leur génération. Les François n’ont pas cette précaution, & font presque toute cette pêche, qui est si abondante à la hauteur du Havre-de-Grace, qu’il y a des années que dans les ports de cette côte, on en donne jusqu’à trente-deux pour dix-huit deniers. Il n’y a guere pourtant que les pauvres qui en mangent dans ce tems-là. Diction. de com. (D. J.)

RELOUER, v. act. (Gramm.) c’est louer une seconde fois. On reloue sa maison. On reloue un livre. Voyez les articles Louer & Louage, & les articles Louer & Louange.

RELUIRE, v. n. (Gram.) c’est avoir de l’éclat, briller, réfléchir la lumiere. Tous les corps polis reluisent plus ou moins. Il se dit au simple & au figuré. Tout ce qui reluit n’est pas or. Sa modestie ne peut dérober aux y eux l’éclat de ses vertus, elles reluisent malgré lui.

RELUSTRER, v. act. (Gramm.) c’est rendre le lustre. Voyez les articles Lustre & Lustrer.

REMACHER, v. act. (Gramm.) c’est mâcher derechef. Voyez les articles Macher & Machoire.

REMACONNER, v. act. (Gramm.) c’est réparer par le moyen d’un maçon.

REMANCIP ATIO, (Jurisprud. rom.) c’est ainsi qu’on nommoit chez les Romains la formule de divorce observée dans les mariages qui avoient été contractés par coemption, coemptione. Cette formule de divorce se faisoit en remettant la femme entre les mains du mari qui devoit l’épouser, ou entre les mains de toute autre personne, ainsi qu’ils en étoient convenus entre eux. (D. J.)

REMANDER, v. act. (Gramm.) c’est mander de nouveau. Voyez Mandement & Mander.

REMANDURES, s. f. (Sal.) fontaines salantes. Maniere de compter le travail des poëles. Il se fait par remandures. La remandure est composée de seize cuites, & la cuite dure douze heures. Voyez l’article Saline.

REMANGER, v. act. (Gramm.) c’est reprendre des alimens. Voyez l’article Manger.

REMANIEMENT, s. m. (Gramm.) c’est l’action de manier une seconde fois. Voyez Remanier.

Remaniement à bout, terme de Couvreur, ce mot s’entend de l’ouvrage qu’on fait sur une couverture, lorsqu’on la découvre entierement, qu’on la