Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/937

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parties semblables ou égales de leurs circonférences respectives. Voyez Arc.

Les segmens semblables de cercles sont ceux qui contiennent des angles égaux. Voyez Segment.

Les sections coniques semblables sont celles dont les ordonnées à un diametre, dans l’une, sont proportionnelles aux ordonnées correspondantes à un diametre semblable dans l’autre, & dont les parties de diametres semblables qui sont entre le sommet & les ordonnées dans chaque section sont semblables. Voyez Conique.

La même définition convient aussi aux segmens semblables des sections coniques. Voyez Segment.

Les nombres plans semblables, sont ceux qu’on peut disposer en rectangles semblables, c’est-à-dire, en rectangles, dont les côtés sont proportionnels : comme 6 multiplié par 2, & 12 par 4 : le produit de l’un qui est 12, & celui de l’autre qui est 48, sont des nombres semblables. Chambers. (E)

Les quantités semblables, en algebre, sont celles qui contiennent les mêmes lettres, & précisément le même nombre de lettres. Voyez Quantité.

Ainsi 2b & 3b, 9ff & 3ff sont des quantités semblables ; mais 2b & 3bb, 9ff & 3fff sont des quantités dissemblables ; parce qu’elles n’ont pas les mêmes dimensions des deux parts, & que les lettres n’y sont point également répétées.

On dit encore, en algebre, que des quantités ont des signes semblables, quand elles sont toutes deux affirmatives, ou toutes deux négatives. Voyez Caractere.

Si l’une est affirmative & l’autre négative, on dit alors qu’elles sont de différens signes ; ainsi & + ont le même signe, ou sont de même signe ; mais & sont de différens signes. (E)

Les figures solides semblables, (en Géométrie.) sont celles qui sont renfermées sous un même nombre de plans semblables, & semblablement posés. Voyez Semblable.

SEME, s. m. (Com.) c’est une mesure angloise qui contient huit boisseaux.

Seme est aussi, en Angleterre, une mesure de bois ; la charge d’un cheval.

On appelle, dans le même royaume, seme de verre, la quantité de cette marchandise pesant cent vingt livres, ou de vingt-quatre poids pesant chacun cinq livres. Dictionn. de Chambers.

Semé, participe passif, du verbe semer. Voyez l’article Semer.

Semé, bien semé, (Vénerie.) se dit de la tête d’un cerf, d’un dain & d’un chevreuil lorsque le nombre des andouillers se trouve pair ; on dit mal semé, quand le nombre est impair.

Semé, (Blason.) ce terme se dit en blason, des meubles dont un écu est chargé, tant plein que vuide, en un nombre incertain, & dont quelques parties sortent de ses extrémités. Un écu fleurdelisé, se dit de celui qui est semé de fleurs de lis sans nombre. Ce fut au sacre de Philippe-Auguste, qu’on commença de semer de fleurs de lis tous les ornemens d’église qui devoient servir en cette cérémonie. Ménestrier.

SEMECHON, lac de, (Géog. anc.) lac de la Palestine. Joseph donne à ce lac soixante stades de long & trente de large. Il doit être assez près de Dané & des sources du Jourdain, & à cent stades du lac de Tibériade. Il est étrange que ce lac ne soit nommé dans aucun endroit de l’Ecriture. (D. J.)

SEMEDE, ou SEMMEDE, (Géog. mod.) montagne d’Afrique, au royaume de Maroc. Elle s’étend environ sept milles d’occident en orient. Ses habitans n’ont d’autres lits que la terre. Ils vivent d’orge bouilli dans de l’eau. (D. J.)

SEMEIOTIQUE, ou SEMEIOLOGIE, (Médecin. semeiotiq.) science des signes. Ce nom est grec, dérivé de σημεῖον, signe, & λόγος, discours. La plûpart


des institutaires distinguant la semeiotique de la physiologie & de la pathologie, avec qui elle devroit être confondue, en font la troisieme partie des instituts ou principes de médecine. Son objet est l’exposition des signes propres à l’état de santé & aux différentes maladies. Voyez Signe. De-là naît la division de cette partie en semeiotique de la santé & semeiotique de la maladie. Elles ne sont l’une & l’autre que des corollaires, qui devroient être déduits à la suite des traités de pathologie & de physiologie. Ce n’est en effet que par la connoissance exacte de l’homme dans l’état sain qu’on peut connoître sa santé présente, & déterminer si elle sera constante ; c’est dans les divers phénomenes que présente l’exposition de la santé, qu’on peut puiser les signes qui la font reconnoître & qui servent à juger de sa durée. J’en dis de même par rapport à la pathologie : après avoir détaillé les causes générales de maladie & les symptômes qu’elles excitent, il n’y avoit qu’à remonter des effets aux causes, qu’à fixer leur correspondance réciproque, leur enchaînement mutuel, & cette gradation naturelle auroit établi les signes de maladie.

Il n’y a point de partie dans le corps humain qui ne puisse fournir à l’observateur éclairé quelque signe ; toutes les actions, tous les mouvemens de cette merveilleuse machine sont à ses yeux comme autant de miroirs, dans lesquels viennent se réfléchir & se peindre les dispositions intérieures, soit naturelles ou contre nature ; il peut seul porter une vue pénétrante dans les replis les plus cachés du corps, y distinguer l’état & les dérangemens des différentes parties, connoître par des signes extérieurs les maladies qui attaquent les organes internes, & en déterminer le caractere propre & le siége particulier. Il semble, à la facilité avec laquelle il est instruit de ce qui ce passe dans l’intérieur du corps, que ce soit une machine transparente ; mais s’élevant plus haut & presque au-dessus de l’homme, le semeioticien instruit porte plus loin ses regards : le voile mystérieux qui cache aux foibles mortels la connoissance de l’avenir se déchire devant lui ; il voit d’un œil assuré les changemens divers qui doivent arriver dans la santé ou les maladies ; il tient la chaîne qui lie tous les événemens, & les premiers chaînons qui sont sous sa main lui font connoître la nature de ceux qui viennent après, parce que la nature n’a que les dehors variés, & qu’elle est dans le fond toujours uniforme, toujours attachée à la même marche. D’autres fois le médecin, à l’occasion des phénomenes présens, rappelle le souvenir des événemens qui ont précédé ; telle est la base de la division générale de la semeiotique, ou des signes en diagnostics, prognostics & anamnestiques. Les uns sont uniquement destinés à répandre de la lumiere sur des objets dérobés au témoignage des sens intérieurs, ou cachés ; les seconds servent à peindre les événemens futurs comme présens, à en former une espece de perspective diversement éclairée ; les derniers enfin retracent la mémoire des changemens passés. Voyez tous ces articles & Signe.

Les auteurs classiques ont distingué trois principales sortes de signes, ce qui forme une autre division de la semeiotique. Parmi les signes, disent-ils, les uns sont tirés de l’examen des fonctions, tels que le pouls, la respiration, &c. les autres de ce qui s’observe dans les excrétions, tels sont les signes que fournissent les selles, les sueurs, les urines, &c. & les derniers enfin des phénomenes dans les qualités changées in qualitatibus mutatis. De ce nombre sont les signes qu’on puise dans l’observation des changemens qui arrivent dans la couleur, la chaleur, & les autres qualités des différentes parties ; cette division, assez mal entendue, tout-à-fait arbitraire, qui semble indiquer que les secrétions ne sont pas des fonctions, peut cependant servir, au défaut d’autres meilleures, à fixer l’esprit