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le quatrieme s’appelloit le tétracorde hyperboleon ou des excellentes. L’Arétin ajouta à tout cela, un cinquieme tétracorde que Meibomius prétend qu’il n’a fait que rétablir ; quoi qu’il en soit, les systèmes particuliers des tétracordes firent bientôt place à celui de l’octave qui les contient tous.

Les cinq tétracordes dont je viens de parler étoient appellés immuables, parce que leur accord ne changeoit jamais ; mais ils contenoient chacun deux cordes qui, bien qu’accordées de la même maniere dans tous les cinq tétracordes, étoient pourtant sujettes, comme je l’ai dit, à être haussées ou baissées, selon le genre, ce qui se faisoit dans tous les tétracordes également ; c’est pour cela que ces cordes s’appelloient mobiles.

L’accord diatonique ordinaire du tétracorde formoit trois intervalles, dont le premier étoit toujours d’un semi-ton, & les deux autres d’un ton chacun, de cette maniere, mi fa sol la.

Pour le genre chromatique, il falloit baisser d’un semi-ton la troisieme corde, & l’on avoit deux semi-tons consécutifs, puis une tierce mineure mi fa fa diese, la.

Enfin, pour le genre enharmonique il falloit baisser les deux cordes du milieu jusqu’à ce qu’on eût deux quarts de ton consécutifs, puis une tierce majeure : ainsi mi mi demi-diese fa la ; ou bien, à la maniere des Pythagoriciens, mi mi diese fa & la.

Il y avoit après cela plusieurs autres modifications de chaque genre qu’on pourra voir aux mots Syntonique, Tonique mol, Hémiolien. (S)

TETRACTIS, (Arithmét. pythagoric.) je ne sais comment on rendroit ce mot en françois, si ce n’est par celui de quaternaire, nombre sur lequel le fils de Pythagore composa, dit-on, quatre livres. L’amour des Pythagoriciens pour les propriétés des nombres est connu des savans. Il est vrai que les recherches des questions que présentent les rapports des nombres, supposent la plûpart une théorie utile ; mais il faut convenir que le foible des Pythagoriciens pour ce genre de subtilités fut extrème, & quelquefois ridicule.

Herhard Weigelius s’est imaginé que cette tetractis fameuse étoit une arithmétique quaternaire, c’est-à-dire usant seulement de période de 4, comme nous employons celle de 10. Il a fait sur cela deux ouvrages, l’un intitulé Tetractis summum tùm arith. tùm philos. compendium, artis magnæ sciendi, gemina radix : l’autre, Tetractis, tetracti Pythagoricæ respondens, 1672, 4 Ienæ. On voit par le premier que cet écrivain entrant dans les idées pythagoriciennes, croyoit tirer de grandes merveilles de cette espece d’arithmétique ; mais il est sans doute le seul qui en ait conçu une idée si fort avantageuse.

L’illustre Barow a formé une ingénieuse conjecture au sujet de cette tetractis, ou de ce quaternaire si fameux chez Pythagore, & qui occupa tant son fils. Il pense qu’ils avoient voulu désigner par-là les quatre parties des Mathématiques qui n’étoient pas alors plus étendues ; il explique donc ainsi cette forme de serment pythagoricien, assevero per illum qui animæ nostræ tradidit quaternarium : je le jure par celui qui nous a instruit des quatre parties des Mathématiques ; il y a quelque vraissemblance dans cette conjecture. Montucla. (D. J.)

TÉTRADI, (Géog. mod.) riviere d’Asie, dans l’Anatolie, que les Turcs nomment Chersan-Baresir. Elle se jette dans la mer Noire, à quarante milles de celle d’Argyropotami. (D. J.)

TÉTRADIAPASON, en Musique, c’est le nom grec de la quadruple octave, qu’on appelle aussi vingt-neuvieme. Les Grecs ne connoissoient que le nom de cet intervalle, car il n’entroit point dans


leur système de musique. Voyez Son, Système, Musique, Octave. (S)

TÉTRADITES, s. m. pl. (Hist. ecclés.) nom qui se donnoit autrefois à plusieurs sectes d’hérétiques, à cause d’un respect particulier qu’ils avoient pour le nombre de quatre, que l’on exprime en grec par τέτρα.

Les Sabbathaires s’appelloient Tétradites, parce qu’ils vouloient célébrer la fête de Pâques le 14e, jour de la lune de Mars, & qu’ils jeûnoient le mercredi, ou le quatrieme jour de la semaine.

On appelloit de même les Manichéens & autres qui admettoient en Dieu une quaternité ou quatre Personnes au-lieu de trois. Voyez Manichéens.

Les sectateurs de Pierre le Foulon portoient aussi le nom de Tétradites, parce qu’ils ajoutoient quelque chose au trisagion pour favoriser une erreur, savoir que ce n’étoit pas le Fils, ni aucune des trois Personnes particulieres de la Trinité qui eût souffert dans la passion de Notre Sauveur, mais la Divinité toute entiere. Voyez Trisagion.

Les anciens donnoient aussi le nom de Tétradites aux enfans qui naissoient sous la quatrieme lune, & ils croyoient que le sort de ces enfans ne pouvoit être que malheureux.

TÉTRADRACHME de Tyr, (Monnoie ancienne de Tyr.) suivant Josephe, la piece d’argent νόμισμα de Tyr, valoit quatre dragmes attiques ; ainsi le tétradrachme de Tyr, étoit à-peu-près la même chose que le statere, ou le sicle des Juifs. Le cardinal Noris assure que les tétradrachmes de Tyr, mis dans la balance, se sont trouvés de même poids que les sicles des Juifs. En même tems, il observe que les Tyriens & les Juifs fabriquoient, pour la facilité du commerce, des monnoies d’argent de même poids, & de même valeur.

On trouve en France au cabinet du roi, & chez des particuliers, plusieurs especes de ces anciennes monnoies, dont il est facile de faire la comparaison. On peut voir dans le tome XXI. de l’acad. des Belles-Lettres, la description de deux de ces tétradrachmes, que les Antiquaires nomment médaillons, & qui étoient dans le cabinet de M. Pellerin. Ils sont très bien conservés, & pesent trois gros, & cinquante-un grains. En supposant qu’ils sont au même titre que l’argent qui a cours en France, le tétradrachme de Tyr vaut au poids cinquante-sept sols six deniers de notre monnoie actuelle. (D. J.)

TÉTRAÉTERIS, (Chronolog. d’Athènes.) τετραετηρίς ; c’étoit dans la chronologie athénienne un cycle de quatre ans, sur lequel voyez Potter, Archæol. græc, l. II. c. xxvj. t. I. p. 459. & suiv. (D. J.)

TÉTRAGONE, s. m. en Géométrie, c’est une figure de quatre angles. Voyez Quadrangulaire.

Ce mot est formé du grec τέτρα, quatre, & γωνία, angles. Ainsi le quarré, le parallélogramme, le rhombe, le trapese, sont des figures tétragones. Voyez Quarré, &c.

Tétragone, en Astrologie, est un aspect de deux planetes par rapport à la terre, dans lequel ces deux planetes sont distantes l’une de l’autre de la quatrieme partie d’un cercle, ou 90 degrés, comme AD, (Planche astron. fig. 3.) Voyez Aspect. L’aspect tétragone se marque par le caractere ☐. Voyez Quadrat. (O)

TÉTRAGONIA, s. f. (Hist. nat. Botan.) nom donné par Linnæus à un genre de plante que les autres botanistes appellent tétragonocarpos, dont on peut lire l’article. Voici cependant ses caracteres, selon le système du savant botaniste suédois.

Le calice est composé de quatre feuilles ovales, colorées, frêlées dans les bords, & qui subsistent après que la fleur est tombée ; il n’y a point de pé-