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toine Morigia, Barthelemi Ferrera, & François Marie Zacharie de Cremone, gentilshommes Milanois, qui jetterent les premiers fondemens de leur ordre en 1533. Ils furent alors approuvés par Clément VII. & par Paul III. en 1553. Quoiqu’ils soient vulgairement connus sous le nom de Barnabites, leur véritable titre est celui de Clercs réguliers de la congrégation de S. Paul. Ils portent l’habit noir, à peu près semblable à celui des Jésuites. Cette congrégation a produit beaucoup d’hommes distingués par leur savoir & leur piété. Les catéchismes, les missions, & l’instruction de la jeunesse dans les sciences & les lettres, sont leurs emplois ordinaires. Ils ont plusieurs colléges en Italie, en Savoie, & quelques-uns en France ; sur-tout celui de Montargis, fondé par la libéralité des ducs d’Orléans. (G)

BARNACLE, BARNAQUE, voyez Bernacle.

BARNACLES, (terme de Blason Anglois.) Voyez Bernacle.

* BARNAGASSE, (Géog.) royaume d’Afrique entre la haute Ethiopie, le Nil & la mer Rouge, le long de la côte d’Abex ; Barra en est la capitale.

* BARNEVELDT, (Géog.) ile de l’Amérique dans le détroit de Magellan, au midi de la terre de Feu. Long. 340. lat. 56. 20.

Il y a une autre île de même nom proche du Japon, lat. 34. 10.

* BARNSTABLE, (Géog.) ville d’Angleterre dans le Devonshire, sur la riviere de Taw, avec port. Long. 13. 42. lat. 51. 10.

* BAROCHE, (Géog.) ville d’Afrique dans les états du Mogol, au royaume de Gusarate, sur la riviere de Nerdaba. Lat. 21. 55.

Baroché, adj. terme de Peinture dont on se sert pour exprimer que le pinceau n’a pas tracé nettement un contour, & qu’il a éclaboussé de la couleur sur le fond ; on dit : vous barochez toûjours vos contours. Voyez Rechampir. (R)

* BAROCO, (Log.) terme qui désigne le quatrieme mode d’argument de la seconde figure. Un syllogisme en baroco a la majeure universelle affirmative, & la mineure & la conclusion particulieres négatives. Voyez Syllogisme.

BAROMETRE, s. m. (Phys.) Le barometre est un instrument qui sert à mesurer la pesanteur de l’atmosphere & ses variations, & qui marque les changemens du tems. Voyez Atmosphere & Tems.

Ce mot est composé de βάρος, poids, & de μέτρον, mesure. On confond ordinairement, quoique mal-à-propos, le barometre avec le baroscope : celui-ci cependant ne fait, suivant la signification du mot, que marquer les altérations du poids de l’atmosphere : le barometre non-seulement marque ces altérations, mais encore les mesure. Voyez Baroscope.

Le barometre & ses usages sont fondés sur l’expérience de Toricelli, ainsi nommée de Toricelli son inventeur. On prend un tuyau de verre rempli de mercure, dont un côté est fermé hermétiquement, & dont l’autre bout qui est ouvert est plongé dans une cuvette remplie de mercure : quand le poids de l’atmosphere diminue, la surface du mercure qui se trouve vers le bout inférieur, & sur laquelle l’air presse, se trouve moins comprimée : ainsi le mercure qui est dans le tuyau descend ; & au contraire si le poids de l’air augmente, le mercure monte ; car la colonne de mercure suspendue dans le tuyau est toûjours égale en pesanteur au poids de l’atmosphere qui pese dessus, comme il est démontré à l’article .

Dans cette explication nous supposons que la pression de l’air vienne uniquement de son poids, qui comprime les parties supérieures sur les inférieures. Cependant il est certain que plusieurs causes concourent à altérer la pression de l’air : en général la


cause immédiate de la pression d’un fluide élastique tel que l’air, c’est la vertu élastique de ce fluide, & non son poids. On ne doit donc attribuer la suspension du mercure dans le barometre au poids de l’air, qu’autant que ce poids est la cause principale de la pression de l’air. En effet le mercure du barometre se soûtient aussi bien dans une chambre exactement fermée qu’en plein air ; parce que l’air de cette chambre, quoiqu’il ne porte pas le poids de l’atmosphere, est comprimé de la même maniere que s’il le portoit. Si l’air demeure de même poids, & que la compression de ses parties vienne à augmenter ou à diminuer par quelque cause accidentelle, alors le mercure descendra ou montera dans le barometre, quoique le poids de l’air ne soit pas augmenté. Traité des fluides, Paris 1744. p. 61.

Il y a différentes especes de barometre, dont nous allons détailler ici les principales.

Barometre commun. La construction du barometre commun est telle. On remplit de mercure un tuyau de verre, fermé hermétiquement par sa partie supérieure, ayant son diametre d’environ 1/10 de pouce, & sa longueur au moins de 31 ; on remplit ce tuyau de maniere qu’il ne reste point d’air mêlé avec le mercure, & qu’aucun autre corpuscule ne s’attache aux parois du tuyau. Pour y réussir, on peut se servir d’un entonnoir de verre terminé par un tuyau capillaire, & remplir le tube par le moycn de cet entonnoir.

On peut encore chasser les bulles d’air par deux autres méthodes : la plus ordinaire est de remplir de vif argent tout le tube, à la réserve d’un pouce environ qu’on laisse plein d’air ; on bouche avec le doigt l’orifice du tuyau, on le renverse, & en faisant promener la bulle, on lui fait entraîner avec elle toutes les petites bulles imperceptibles, après quoi on acheve de remplir le tube. Mussch. ess. de Phys.

L’autre méthode consiste à faire chauffer un tube presque plein sur un brasier couvert de cendres ; on le tourne continuellement ; & la chaleur raréfiant les petites bulles d’air, les fait sortir par l’orifice.

Quand on a ainsi rempli le tuyau jusqu’au bord, on bouche exactement avec le doigt son orifice, en sorte qu’il ne puisse s’introduire d’air entre le doigt & le mercure ; ensuite on plonge le tuyau dans un vaisseau plein de mercure, de façon cependant que le tuyau ne touche pas le fond du vase : à la distance de 28 pouces de la surface du mercure, sont attachées 2 bandes divisées en 3 pouces, & ces pouces sont subdivisés en un certain nombre de plus petites parties ; enfin on applique le tuyau sur une planche de bois, pour empêcher qu’il ne se brise : on laisse découvert le vaisseau où le tuyau est plongé, ou si l’on veut on le couvre, afin qu’il n’y entre point de poussiere, & le barometre est achevé.

Au lieu de plonger le tuyau dans un vaisseau, on se contente souvent d’en recourber l’extrémité, de sorte que le tuyau a deux branches verticales, dont l’une est beaucoup plus petite que l’autre, & se termine par une espece d’entonnoir fort large, qui se trouve rempli de mercure, sur la surface duquel l’atmosphere presse, & fait monter ou descendre le mercure du tuyau d’une maniere d’autant plus sensible, que la variation du poids de l’atmosphere est plus grande. C’est le barometre simple ou ordinaire. Voyez Planche Pneumat. fig. 1.

On a essayé plusieurs fois s’il étoit possible de rendre les variations du barometre plus sensibles, afin de pouvoir mesurer la pression de l’atmosphere avec plus de justesse ; ce qui a donné lieu à un grand nombre de barometres de différentes structures, comme le barometre à roue, le barometre diagonal, le barometre horisontal, &c.

Descartes, & ensuite Huyghens, se sont servis d’un