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de chaque métropolitain a pris le nom de diocèse, & ce nom a été enfin communiqué au territoire de chaque évêque soûmis à un métropolitain ; de sorte que le terme de diocèse a été pris pour le spirituel en trois sens différens, d’abord pour un patriarchat ou exarcat seulement, ensuite pour une métropole, & enfin pour le territoire particulier d’un évêque.

Présentement on entend également par là le territoire de l’évêque & celui du métropolitain, comme on le voit dans le canon nullus 3. causâ 2. quest. 2.

Le concile de Constantinople tenu en 381, défend aux évêques, qui sont hors de leur diocèse, de rien entreprendre dans les églises qui sont hors leurs limites, & de ne point confondre ni mêler les églises.

Le métropolitain ne peut même, sous prétexte de la primauté qu’il a sur ses suffragans, rien entreprendre dans leur diocèse, ce rang ne lui ayant été donné que pour l’ordre qui se doit observer dans l’assemblée des évêques de la province ; & cette assemblée peut seule corriger les fautes qui seroient échappées à un des évêques de la province : c’est ce que portent les decrets des conciles de Sardes, & les second & troisieme conciles de Carthage. Celui d’Ephese dit aussi la même chose ; & le premier concile de Tours ajoute que celui qui feroit au contraire sera déposé de sa charge. Martin, évêque de Bracare, en son livre des conciles Grecs, rapporte un chapitre, suivant lequel, ce que l’évêque fait hors de son diocèse est nul. Bede rapporte la même chose d’un concile tenu en Angleterre en 670 sous le regne d’Egfredus ; l’évêque de Nicée fut accusé de cette faute au concile de Chalcédoine tenu sous Valentinien III & Marcien II ; ce fut aussi l’un des chefs de la condamnation prononcée par Félix évêque de Rome, contre Acace schismatique.

Au surplus la division de l’église soit en diocèses ordinaires ou en diocèses métropolitains, n’a jamais donné atteinte à l’unité de l’église ; ces divisions n’étant que pour mettre plus d’ordre dans le gouvernement spirituel.

Présentement par le terme de diocèse on n’entend plus que le territoire d’un évêque ou archevêque, considéré comme évêque seulement ; le ressort du métropolitain s’appelle métropole, & celui du primat s’appelle primatie. Le métropolitain n’a plus le pouvoir de visiter le diocèse de ses suffragans, il n’a que le ressort en cas d’appel.

Quoique pour la division des diocèses on ait originairement suivi celle des provinces, on n’a pas depuis toûjours observé la même chose ; & les changemens qui arrivent par rapport à la division des provinces pour le gouvernement temporel, n’en font aucun pour la division des diocèses.

Chaque diocèse est ordinairement divisé en plusieurs archidiaconés, & chaque archidiaconé en plusieurs doyennés.

L’évêque n’a ordinairement qu’un official, à moins que son diocèse ne soit situé en divers parlemens, ou en partie sous une domination étrangere ; dans ces cas il doit avoir un official dans le territoire de chaque parlement ou de chaque souveraineté.

Le clergé de chaque diocèse nomme un syndic pour stipuler les intérêts aux assemblées diocésaines. (A)

* DIOCLEIDES ou DIOCLIES, adj. pris substantivement, fêtes célébrées en Grece en l’honneur de Dioclès, un de ses héros.

* DIOCLÉTIENNE, (Epoque) Histoire moderne, cette ere qu’on appelle aussi celle des martyrs, a commencé sous Dioclétien ; sa premiere année tombe sur le vingt-neuvieme Août de la période julienne. Les Ethiopiens qui la suivent & qui en appellent les


années années de grace, en ont formé un cycle de 534 ans, dont la premiere année a été la premiere des années de grace ; la seconde année, la seconde des années de grace, & ainsi de suite jusqu’à 534 ; au bout de ce nombre, ils ont compté la premiere année du second cycle des années de grace ; la seconde année du second cycle des années de grace ; la troisieme année du second cycle des années de grace, &c. d’où l’on voit que le nombre des cycles dioclétiens écoulés étant donné avec le nombre des années de grace écoulées du cycle courant, on peut facilement rapporter l’année de l’époque dioclétienne à telle autre ere qu’on le jugera à propos.

DIOIS, (le) Géogr. mod. contrée du Dauphiné en France ; elle est située entre le Grésivaudan, le Gapençois, & le Valentinois. Die en est la capitale.

* DIONÉ, s. f. (Myth.) déesse du Paganisme ; elle est fille de l’Ocean & de Thétis, & mere de Vénus qu’elle eut de Jupiter. C’est entre les bras de Dioné que Vénus se précipita toute en pleurs, lorsque Diomede lui eut éfleuré la peau de la main à-travers la gase legere qu’elle tenoit étendue sur son fils Enée, & contre laquelle tous les traits de l’armée des Grecs venoient s’amortir : cet endroit est un des plus beaux morceaux de l’Iliade ; & il n’y a guere de poëte à qui il ne pût faire tomber la plume des mains.

DIONYSIENNES, adj. (Hist. anc. myth.) fêtes solennelles célébrées par les anciens en l’honneur de Bacchus. Ce mot vient du nom grec de Bacchus ; lequel vient lui-même de διὸς, génitif de ζεὺς, Jupiter, & de Nysa, ville d’Egypte sur les frontieres de l’Arabie, où l’on dit que Bacchus fut élevé par les nymphes.

Les Dionysiennes sont les mêmes fêtes que les Orgies appellées chez les Romains Bacchanalia & Liberalia.

Il y avoit plusieurs fêtes que l’on appelloit dionysienne, dionysia, sur-tout deux ; la premiere étoit l’ancienne, probablement la même que la grande dionysienne, que l’on appelloit aussi par excellence dionysienne, sans rien ajouter, comme étant celle de toutes les fêtes de Bacchus que l’on célébroit le plus chez les Athéniens sur le mont Elapheboli : la seconde étoit la nouvelle, probablement la même que la petite dionysienne ; elle se célébroit en autonne comme pour servir de préparation à la grande.

On voyoit dans ces fêtes des femmes échevelées le thyrse en main courant çà & là comme des furieuses, des hommes travestis en satyres, pans & silenes. Chacune avoit des singularités qui les distinguoient, mais un point fixe d’uniformité, c’étoit la licence & la débauche. Voyez Bacchanales & Bacchantes. Chambers. (G)

* DIONYSIUS ou DYONISUS, s. m. nom formé de διὸς & de Nysa ; on le donna à Bacchus, parce qu’il passoit pour fils de Jupiter & pour avoir été nourri à Nysa. Voyez ci-dessus l’article Dionysiennes.

DIOPHANTE, (Problèmes ou questions de) On appelle ainsi certaines questions sur les nombres quarrés, cubes, les triangles rectangles, &c. du genre de celles qui ont été examinées & résolues autrefois par Diophante, mathématicien d’Alexandrie, qu’on croit avoir vêcu vers le troisieme siecle. Nous avons son ouvrage qui a été commenté & publié à Paris en 1621, par Bachet de Meziriac ; il y a une autre édition faite en 1670, avec des observations de M. Fermat sur quelques-unes des questions de Diophante. Dans ces questions il s’agit de trouver des nombres commensurables qui satisfassent à des problèmes in-