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courtes, qui de la partie antérieure de ces os vont se rendre à la postérieure des quatre derniers du métatarse.

Il seroit inutile d’entrer dans de plus grands détails ; les figures même ne les rendroient pas sensibles. Pour comprendre l’arrangement de tous ces os en place, leurs articulations, les divers ligamens qui les attachent, il faut avoir devant les yeux un squelete frais préparé, & un démonstrateur pour guide. Cet art. est de M. le Chevalier de Jaucourt.

CUNETTE ou CUVETTE, s. f. en terme de Fortification, est une profondeur de dix-huit à vingt piés de large, pratiquée dans le milieu d’un fossé sec, pour en faire écouler l’eau, ou pour en mieux disputer le passage à l’ennemi. Voyez Fossé.

Cet ouvrage doit être construit de maniere à ne pas donner de couvert à l’ennemi lorsqu’il veut passer le fossé ; c’est pourquoi il est nécessaire qu’il y ait des caponieres dans le fossé, pour flanquer la cunette. Voyez Caponiere, & Pl. I. de Fortif. fig. 11 une cunette marquée par les lettres a, a. (Q)

CUNEUS, est le nom latin d’une des puissances méchaniques, appellée plus communément coin. Voyez Coin.

* CUNINA, s. f. (Myth.) divinité sous la protection de qui on mettoit ou l’on supposoit les petits enfans ; si elle présidoit à leurs premiers cris, c’étoit un dieu, & elle s’appelloit vaticanus deus ; si elle les disposoit à faire les premiers pas, elle devenoit déesse, & elle prenoit le nom de dea levana ; si elle veilloit pour eux dans le berceau, on la nommoit cunina ou cunaria. Voyez l’art. Cuba.

CUNNINGHAM, (Géograph. mod.) province de l’Ecosse méridionale, bornée par celles de Kye, de Cluydesdale, de Lenox, & par la mer : elle est une des plus abondantes de l’Ecosse.

CUNGEHANG, (Géogr. mod.) ville forte de la Chine dans la province de Chiensi. Lat. 26. 51.

CUNTUR, CONTOUR, ou CONDOR, s. m. (Hist. nat. Ornithol.) très-grand oiseau ; il a quinze piés d’envergure ; ses ongles ressemblent plûtôt à ceux des poules qu’aux griffes des oiseaux de proie, cependant son bec est assez fort pour ouvrir le ventre à un bœuf. Il a sur la tête une crête qui n’est pas découpée comme celle du coq ; son plumage est noir & blanc, comme celui d’une pie. Les cunturs font un très-grand bruit en s’abattant sur terre ; aussi les Indiens du Pérou où il y a de ces oiseaux, & même les Espagnols, en ont-ils grand’peur. On en a tué un sur la côte de Chily, qui avoit seize piés d’envergure. La longueur de l’une de ses plumes étoit de deux piés quatre pouces ; le tuyau avoit cinq pouces trois quarts de longueur, & un pouce & demi de largeur à l’endroit le plus gros ; la plume entiere pesoit trois gros & dix-sept grains & demi ; sa couleur étoit d’un brun-obscur.

Les cunturs restent sur les montagnes, ils n’en descendent que dans les tems de pluie & de froid ; ils vivent alors de quelques gros poissons que la tempête jette assez souvent sur les côtes : on dit qu’ils ont quelquefois dévoré des enfans de dix à douze ans. On prétend, dit M. de la Condamine, que les Indiens présentent à ces oiseaux pour appas une figure d’enfant d’une argille très-visqueuse ; ils fondent dessus, & y engagent leurs serres de façon qu’ils ne peuvent plus s’en dépétrer. M. de la Condamine a vû des cunturs dans plusieurs endroits des montagnes de Quito, & on lui a rapporté qu’il s’en trouvoit aussi dans les pays-bas des bords du Marannon. Voyage de la riviere des Amazones, & hist. des Incas, &c.

On croit qu’il y a aussi de ces oiseaux dans la région de Sophala, des Caffres & de Monomotapa, jusqu’au royaume d’Angola, & on soupçonne qu’ils ne


different pas de ceux que les Arabes ont appellés rouh. (I)

CUPANIE, s. f. (Hist. nat. bot.) cupania, genre de plante dont le nom a été dérivé de pere François Cupani de Sicile, religieux du tiers ordre de saint François. La fleur des plantes de ce genre est en rose composée de plusieurs pétales disposés en rond : il s’éleve du fond du calice un pistil qui devient dans la suite un fruit dur comme du cuir, fait en forme de poire, qui s’ouvre d’un bout à l’autre en trois parties, & qui renferme des semences rondes, dont chacune est attachée à une petite coeffe charnue. Plumier, nova plant. Amer. gener. Voyez Plante. (I)

CUPIDITÉ, s. f. (Morale.) Voyez Concupiscence.

CUPIDON, s. m. (Myth.) voyez l’art. Amour.

CUPOLO, (Métallurg.) Les Anglois donnent ce nom à un fourneau à reverbere dont on se sert pour faire fondre les mines de plomb. On emploie le charbon de terre dans ces fourneaux ; on s’en sert aussi à Kunsberg en Norwege pour traiter des mines de cuivre. Voici comme ce fourneau est construit. Le minerais se met sur un plan couvert d’une voûte ovale, oblongue : le foyer où se mettent les charbons, est à l’un des bouts de cette voute avec qui il communique par une ouverture : le métal fondu va se rendre dans un creux qui est à côté. On peut en voir une description dans la Métallurgie de Schlutter, ch. xiij. (—)

* CURA, s. f. (Myth.) l’inquiétude, déesse qui a formé l’homme, & qui depuis ce tems n’a jamais perdu de vûe son ouvrage : post equitem sedet.

CURAÇAO ou COROSSOL, (Géog. mod.) île de l’Amérique à seize lieues de la terre-ferme, sur la côte de Venezuela. Longit. 31. latit. 12. 40. Elle appartient aux Hollandois, qui dans la partie méridionale de cette île ont construit une jolie ville & une citadelle, laquelle défend l’entrée d’un port très-commode pour les gros vaisseaux, qui y mouillent fort près de terre à différentes profondeurs.

Quoique ce lieu ne produise que du gingembre & des citrons, il passe cependant pour un des plus commerçans de l’Amérique équinoxiale, servant d’entrepôt aux nations qui trafiquent le long de la côte. Par M. le Romain.

CURATAY, (Géog. mod.) riviere de l’Amérique méridionale dans la province de Quixos : elle se jette dans la riviere des Amazones.

CURATELLE, s. f. (Jurispr.) c’est la charge & fonction de curateur, c’est-à-dire la commission donnée à quelqu’un d’administrer les biens d’un autre, qui, par rapport à la foiblesse de son âge ou par quelqu’autre empêchement, ne peut le faire par lui-même. La curatelle a quelquefois seulement pour objet d’assister quelqu’un en jugement, ou de l’autoriser à passer quelqu’acte important & de stipuler ses intérêts dans quelqu’affaire, soit judiciaire ou extrajudiciaire. Voyez ci-après Curateur. (A)

CURATEUR, s. m. (Jurisprud.) est celui qui est établi pour veiller aux intérêts de quelqu’un qui ne peut y veiller par soi-même. Voyez ci-devant la définition de la Curatelle.

La fonction de curateur a quelque rapport avec celle de tuteur ; mais elles different en un point essentiel ; c’est que le tuteur est donné principalement pour prendre soin de la personne du mineur ; l’administration des biens n’est à son égard qu’un objet subordonné, au lieu que le curateur est donné principalement pour prendre soin des biens ; de sorte qu’un mineur sans biens n’auroit pas besoin d’un curateur comptable. Mais on donne aussi un curateur pour d’autres objets.

Le cas le plus ordinaire de la curatelle, c’est lors-