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que trois, en laissant les intervalles doubles de ce qu’ils étoient auparavant. Il en va autrement quand on double les demi-files, parce qu’alors trois rangs demeurent, & les trois autres viennent les doubler ; c’est-à-dire que le premier, le second, & le troisieme sont doublés par le quatrieme, le cinquieme, & le sixieme ; ou au contraire.

Doublez vos files : à ces mots chaque file doit marcher à celle qui la suit immédiatement sur la droite ou sur la gauche, selon le commandement ; auquel cas des six rangs l’on en fait douze, c’est-à-dire qu’alors les soldats sont à douze de profondeur, la distance entre les files étant double de ce qu’elle étoit auparavant. Chambers. (Q)

Doubler les files ; c’est, dans l’art militaire, doubler le nombre des soldats de chaque file : pour cela on fait entrer chaque file de la droite dans celle qui est immédiatement à sa gauche, ou chaque file de la gauche dans celle qui la précede immédiatement à droite. (Q)

Doubler les rangs, c’est, dans l’art militaire, faire entrer les soldats du second rang dans le premier rang, ceux du quatrieme dans le troisieme, & ainsi de suite, si les troupes sont rangées sur six ou huit rangs. (Q)

Doubler un vaisseau, (Marine.) c’est lui donner un doublage ou revêtement de planches. Voyez Souffler. (Z)

Doubler un cap ou une pointe, Parer un cap, (Marine.) c’est passer au-delà de ce cap & le laisser derriere. (Z)

Doubler, c’est, en terme de Blondier, l’action d’assembler un ou plusieurs fils de soie, pour n’en faire qu’un seul. On se sert pour cela d’un doublet & d’un roüet. Voyez Doublets. On observera en doublant, de ne point tordre les fils, ce qui rendroit les filets ronds, & les toilés ne seroient pas applatis comme ils doivent être.

Doubler, en terme de Cirier, c’est assembler plusieurs brins de coton en les tournant sur un tour, pour en faire des meches. Voyez Tour.

Doubler ou Doubler large, en termes de Manége, c’est tourner son cheval vers la moitié du manége, & le conduire droit à l’autre muraille sans changer de main. Doubler étroit, c’est tourner son cheval en lui faisant décrire un quarré à un coin du manége, ou aux quatre coins. Doubler les reins, est un saut que le cheval fait en voûtant son dos.

Doubler, (Relieure.) les Relieurs appellent doubler le carton en-dedans, lorsqu’ayant relié un livre en marroquin, ils garnissent le dedans du carton d’un marroquin de la même couleur, ou d’une couleur différente.

* Doubler, (Manufact. en soie.) c’est accoupler deux ou plusieurs brins de soie.

DOUBLETS, s. m. (Art méchan.) fausses pierreries, ou pierres prétieuses imitées avec deux morceaux de crystal, entre lesquels on renferme ou une feuille, ou des couleurs empatées de mastic & de terebenthine. Voici la maniere de faire les doublets ; elle est tirée de l’art de la verrerie de Kunckel, p. 285. & suiv.

On fera fondre ensemble dans un vaisseau d’argent ou de cuivre jaune, du mastic en larmes & de la terebenthine : on prendra telle matiere colorante qu’on voudra, comme du verd-de-gris, du sang-dragon, de la laque de Florence, &c. suivant les pierres prétieuses qu’on voudra imiter : on réduira ces couleurs en une poudre très-fine par la trituration : on joindra celle qu’on aura choisie avec le mêlange fondu de mastic & de terebenthine. Pour mettre ces couleurs dans un état de division encore plus grand, Kunckel conseille d’avoir une boîte de bois de tilleul, qui soit de la forme d’un gland, & dont


le fond soit tourné si mince qu’il soit presque transparent : on met dans cette boîte le mélange de couleur de mastic & de terebenthine ; on couvre la boîte de son couvercle, & on la suspend au soleil en été, ou sur un feu de charbon en hyver, ce qui fait suinter au-travers de la boîte la partie la plus déliée du mélange, qu’on détachera pour s’en servir. La couleur étant ainsi préparée, on aura deux morceaux de crystal bien polis, & qui puissent se joindre bien exactement : on chauffera le mélange indiqué ci-dessus, aussi-bien que les crystaux, desorte que le tout soit à un point de chaleur égale ; on portera la couleur sur le côté poli d’un des crystaux avec un petit pinceau ; on appliquera promptement l’autre crystal sur le premier ; on les pressera pendant qu’ils sont échauffés ; on les laissera refroidir, & on montera ces doublets de la façon qu’on jugera convenable. Pour reconnoître les doublets, & les distinguer des vraies pierres prétieuses colorées, il suffira d’interposer un des angles de la pierre entre l’œil & le jour ; si c’est un doublet on verra que la pierre est blanche & transparente, au lieu qu’une vraie pierre est colorée par-tout. Voyez l’art. Verrerie. (—)

Doublet, en terme de Blondier ; c’est l’instrument avec lequel on double, voyez Doubler. Il est composé d’un petit banc, de la même forme que celui des tournettes, & surmonté à chaque bout d’un bâton percé de distance en distance, les trous de l’un répondant à ceux de l’autre. On passe dans ces trous des bobines qui y jouent aisément, & les fils séparés de toutes ces bobines remplissent au moyen du roüet une autre bobine, sur laquelle ils sont rassemblés tous en un. Ces deux bâtons s’ôtent & se remettent quand on y a passé les bobines, qui sont immobiles sur leurs boulons.

Doublet, en terme de faiseur de cardes ; c’est un instrument de bois quarré, terminé d’un bout par une espece de poignée, & de l’autre d’une espece de tête armée de deux plaques de fer postiches, & appliquées sur le bois avec deux clous à vis. L’une de ces plaques excede le bois d’un demi-pouce, & forme par cette extrémité un bourlet arrondi seulement du côté qui répond à l’autre plaque. Celle-ci, moins haute que la premiere, mais plus que le bois, est percée au niveau du fust, jusqu’à deux lignes des bords. On passe le fil dans cette fente, & il est retenu par l’autre plaque ; ensorte qu’en le pliant sur la carne intérieure de la fente, & sur l’extérieure, le fil se partage en deux branches égales, & une courbure à deux angles également distans.

Il y a un autre doublet, qui n’est autre chose qu’une piece de bois quarrée, dans laquelle est enfoncé un morceau de fer percé de la profondeur d’une ligne & demie, avec lequel on plie le fil pour la seconde fois. Il y a apparence que ces deux outils sont ainsi appellés, parce qu’ils doublent en quelque sorte la matiere qu’ils façonnent. Voyez les Planches.

Doublet, (Jeu.) c’est un coup de jeu de billard, par lequel on fait frapper la bille de son adversaire seulement contre une des bandes du billard, d’où elle va entrer dans une belouse. Si c’est dans une des belouses du milien, le coup s’appelle un doublet du milieu ; & doublet du coin, quand la bille va tomber dans une des belouses des coins.

Doublet, c’est au jeu du trictrac, un jet de dés, par lequel on amene le même point des deux dés, comme deux as, deux 4, deux 3, &c.

DOUBLETTE, s. f. jeu d’orgue, (Luth.) ce jeu est d’étain, & sonne l’octave au-dessus du prestant, voyez l’art. Orgue, où sa facture est expliquée, & la table du repos de l’étendue des jeux de l’orgue ; & la figure 4. Pl. de l’Orgue, qui représente le plus gros tuyau de la doublette sonnant ut, dont la longueur est de deux piés. Ce jeu a quatre octaves.