Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/229

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que l’aqueduc versait dans les réservoirs, dix-huit étaient attribués à la maison royale et douze seulement aux besoins de la population[1].

En 1632, Barbier, contrôleur général des forêts de l’Île-de-France[2], voulant mettre les Tuileries et le faubourg Saint-Germain en communication facile et supprimer le bac qui servait de va-et-vient entre les deux rives de la Seine, construisit ce pont de bois que les historiens nomment indifféremment le pont Barbier, le pont Sainte-Anne et le pont Rouge. On y installa une machine hydraulique dont parle John Evelyn, qui visita Paris en 1645 : « C’est, dit-il, une statue de Neptune qui fait sortir de l’eau par la gueule d’une baleine : le tout est en plomb, mais fort inférieur à la Samaritaine. » Le groupe était sans doute contenu dans la maison bâtie sur pilotis que Gomboust a figurée dans son plan de Paris. Les poutres, les madriers, le Neptune et la baleine disparurent le 20 février 1684, dans une crue de la Seine qui emporta le pont de bois auquel le pont Royal allait succéder. L’eau montée par l’appareil avait été réservée à l’arrosage du jardin des Tuileries et aux usages du « logement de Mademoiselle ». La population n’en profita donc pas, mais elle reçut vers la même époque, 1651, de nouvelles sources découvertes entre Arcueil et Cachan, et dont le produit s’élevait à vingt-quatre pouces environ.

Cependant les concessions, auxquelles on ne parvenait pas à mettre fin, diminuaient chaque jour la portion congrue attribuée au public. Le 22 janvier 1653, le prévôt des marchands rend une ordonnance qui déclare

  1. On mesurait l’eau alors par pouce et par ligne, système de jauge très-défectueux et qui entraînait à bien des erreurs. Le pouce fontainier équivalait en chiffres ronds à 20 mètres cubes en vingt-quatre heures (exactement 19m,195). Le mètre correspond à 1 000 litres ; Arcueil versait donc quotidiennement 600 000 litres d’eau à Paris.
  2. Voir t. I, chap. v ; la Seine à Paris.