Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/261

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tive[1]. Ils sont tous situés sur des points élevés, où quelquefois l’eau ne peut parvenir que sous la pression d’une machine à vapeur ; mais, lorsqu’elle est arrivée dans ces vastes bassins, il s’en faut de beaucoup qu’elle soit à destination ; elle pénètre alors méthodiquement dans des conduites en fonte qui, longeant les parois des égouts ou cheminant sous terre, la font aboutir au point précis qu’elle doit desservir. Mises les unes au bout des autres, ces conduites atteignent une longueur de 1 418 058 mètres ; si, à ce chiffre déjà considérable, on ajoute l’étendue des aqueducs de ceinture, de Belleville, des Prés-Saint-Gervais, d’Arcueil, de la Dhuis et de la Vanne, qui équivaut à 323 549 mètres 81, on arrive à un total extraordinaire. Il faut 1 741 kilomètres 1/2 de conduites, de tuyaux, de canaux de toute sorte pour que Paris ait à boire. C’est un tiers de plus que la distance qui nous sépare de Vienne.

Si l’on veut, du reste, se rendre compte des inconcevables progrès qui ont été faits depuis cinquante ans pour la distribution des eaux, il suffit de comparer l’Atlas administratif publié par Maire en 1821 et le Plan général des conduites que M. Haussmann a fait lever en 1867. D’un coup d’œil on verra combien la toile d’araignée s’est étendue, quel périmètre elle entoure et jusqu’où elle pousse ses ramifications les plus éloignées, qui maintenant pénètrent toutes les rues et peuvent entrer dans chacune de nos maisons. En outre, tous les robinets par où l’eau s’échappe sont disposés de telle sorte que l’on peut y brancher la pompe à incendie des pompiers, et l’on a modifié la fermeture de cer-

  1. Ces seize réservoirs sont situés à Passy (deux), à Monceaux, rue Racine, rue Saint-Victor, à Vaugirard (deux), au Panthéon, à Ménilmontant, à Belleville, à Gentilly (deux), à Charonne (deux), à Montmartre (deux).