Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/35

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des murailles qui sont des casiers où les objets sont disposés selon le numéro d’ordre qu’ils ont reçu au bureau des engagements. Une ingénieuse précaution évite encore toute cause d’erreur : le bulletin des articles engagés porte un numéro pair, celui des articles renouvelés porte un numéro impair ; on coud le second sur le premier en ayant toujours soin de mettre le chiffre bien en évidence ; les recherches sont donc d’une facilité extrême, et le nombre des objets adirés[1] est singulièrement restreint.

Il n’y a pas que des casiers à claire-voie dans la première division ; il y a aussi de fortes caisses en fer, ne s’ouvrant qu’à deux clefs, dont l’une est confiée au garde-magasin et l’autre au contrôleur. Ces armoires de sûreté, à l’abri de l’effraction et de l’incendie, sont destinées à renfermer ce qu’on nomme les quatre chiffres, c’est-à-dire les objets précieux sur lesquels on a prêté 1 000 francs et plus ; d’autres caisses se manœuvrant à l’aide d’une seule clef contiennent les articles dont la valeur dépasse 500 francs. Ces caisses sont intérieurement disposées de façon à offrir l’image d’un énorme calendrier ; elles sont divisées en douze casiers correspondant aux douze mois : chaque casier est séparé en deux compartiments représentant les quinzaines, chaque compartiment est partagé par trois petits gradins dont chacun figure cinq jours. Le point de repère par le numérotage, par le chiffre pair ou impair, est donc complété, pour ces objets précieux, par l’indication méthodiquement apparente de la date.

L’aspect général du magasin est triste ; deux ou trois garçons, munis de lanternes, glissent silencieusement

  1. Adiré est un vieux mot que la jurisprudence a gardé avec le sens d’égaré ; il était fort usité jadis ; Ronsard a dit :

    Voici venir Bellin qui seul avait erré
    Tout un Jour, en cherchant son mouton adiré.