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HISTOIRE DU CANADA.

La chambre remporta une victoire complète. Les élections accrurent encore sa force de plusieurs membres malgré l’opposition éprouvée en plusieurs endroit. Au quartier ouest de Montréal, à Sorel, à St.-Eustache, il y eut des rixes entre les deux partis et beaucoup de désordres ; mais les libéraux l’emportèrent. « Les élections sont presque finies, s’écriait le Spectateur, les amis du roi, de la constitution et du pays, ont remporté une victoire signalée. Les employés de l’administration de lord Dalhousie et l’administration elle-même ont éprouvé une désapprobation générale et formelle. » Cette feuille était rédigée par M. Waller, fervent catholique et journaliste de talens distingués, qui s’était acquis par ses idées libérales la haine du gouvernement, dont il était un des plus rudes adversaires. Il était frère d’un baronnet d’Irlande, et pour cela même entouré d’un certain prestige aux yeux de ses compatriotes en Canada, qui avaient voté avec plusieurs Anglais ou Écossais pour M. Papineau, au quartier ouest de Montréal. Le gouverneur dont la politique était si solennellement condamnée par la voix du peuple dans une élection générale, ne vit plus désormais de justification que dans une persistance plus opiniâtre à voir des rebelles dans tous les chefs de l’opposition. Il prit occasion d’un nouvel ordre général de milices pour porter une accusation contre elle. « Son excellence s’empresse, disait-il, de faire connaître aux milices ses sentimens sur des faits récens qui affectent leur fidélité et leur honneur. Les lois temporaires qui les concernaient étant expirées les anciennes ont repris leur première vigueur ; des personnes mal disposées ont cherché à répandre des doutes sur la légalité de ces ordonnances ; à ces doutes elles ont ajouté des faussetés et des calomnies grossières sur les intentions du gouvernement, tendant à exciter au mécontentement, et surtout à la désobéissance aux officiers de milice ; son excellence a vu échouer leurs efforts avec la plus grande satisfaction, et sauf l’absence de quelques officiers, les revues de juillet et d’août ont été plus nombreuses qu’à l’ordinaire ; elle en témoigne sa plus vive reconnaissance aux miliciens qui ont ainsi fait preuve de leur fidélité et su apprécier leur devoir ; mais en même temps elle se croit obligée de priver de leur commission tous les officiers qui ont négligé d’assister aux revues, ou qui dans leurs discours