Page:Garneau - Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, tome IV, 1852.djvu/186

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
190
HISTOIRE DU CANADA.

sont exposés, à la considération immédiate et favorable du secrétaire d’état de sa Majesté… »

Cette réponse contenait un appel à tous les partisans du château de s’agiter comme leurs adversaires. Il continua à s’exprimer dans le même sens à l’occasion de chaque adresse qu’on lui présentait. Les townships de l’est imitèrent leurs compatriotes de Montréal et préparèrent aussi des pétitions à l’Angleterre.

Les partisans de la chambre n’étaient pas en reste. Ils continuaient leur agitation partout avec activité. Ils tinrent encore une grande assemblée à Montréal sous la présidence de M. Jules Quesnel, l’un des principaux citoyens de la ville. M. D. B. Viger et M. Cuvillier y furent les principaux orateurs. On y passa des résolutions qui furent incorporées dans une pétition au roi et aux deux chambres du parlement impérial, dans lesquelles le gouverneur fut accusé d’avoir commis des actes arbitraires tendant à rompre les bases du gouvernement et à aliéner l’affection des habitans ; tiré par warrant, ou autrement, des mains du receveur-général, des sommes considérables sans être autorisé par la loi ; supprimé volontairement ou soustrait à la connaissance du parlement, divers documens et papiers nécessaires à l’expédition des affaires ; conservé, en violation de son devoir envers son souverain et envers le Canada, M. John Caldwell dans l’exercice de ses fonctions longtemps après que ce fonctionnaire eut avoué sa défalcation ; nommé en violation de son devoir, John Hale, écuyer, pour le remplacer ; usé en différens temps, de son autorité, comme commandant en chef, pour influencer et intimider les habitans dans l’exercice de leurs droits civils et politiques ; destitué un grand nombre d’officiers de milice sans raison suffisante ainsi que plusieurs officiers civils ; maintenu et conservé en place plusieurs fonctionnaires dont la nomination et la conduite étaient préjudiciables au service public ; multiplié sans nécessité les cours d’oyer et terminer ; nui aux intérêts publics en empêchant la passation d’actes utiles par des prorogations et des dissolutions violentes et subites du parlement ; porté des accusations fausses dans ses discours contre les représentans du peuple afin de les déprécier dans l’opinion de leurs constituans ; toléré et permis que les gazettes publiées sous son autorité portassent journellement les accusations les plus men-