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HISTOIRE DU CANADA.

conduite en Canada était loin d’être désavouée du cabinet. Il n’est donc pas étonnant de voir le ministre élever la voix contre les colons, puisque leurs plaintes étaient la censure la plus grave de ses propres fautes et de celles de ses prédécesseurs.

L’un des membres marquans des communes, M. Labouchère, homme d’origine française comme les Canadiens, prit leur défense et exposa avec force les droits de cette race en face de tous les préjugés qui s’élevaient contre elle : « Je considère, dit-il, l’acte de 91 comme la grande charte des libertés canadiennes. Je crois que si l’intention de Pitt et des législateurs de son temps avait été suivie d’une manière plus efficace, le Bas-Canada aurait eu meilleure chance de parvenir à la prospérité qu’on lui destinait et de jouir de cette concorde et de cette tranquillité que son alliance avec la métropole devait lui assurer. Il me paraît évident que l’intention de Pitt a été de donner au Bas-Canada une assemblée populaire et un conseil législatif, mais non pas de composer entièrement ce conseil de la plus petite portion de la population, c’est-à-dire de la partie anglaise des habitans. Le secrétaire des colonies ne rendait pas justice aux Canadiens ni à leur chambre d’assemblée en disant que l’expérience de Pitt n’avait pas réussi, puisqu’il était vrai que cette expérience n’avait jamais été tentée ou mise à l’épreuve de bonne foi… Je suis fâché que le nom du ministre des colonies se trouve attaché au bill d’union de 1822, qui a si puissamment contribué à exciter le mécontentement qui existe généralement aujourd’hui. L’on se rappelle que vers la fin de juin, lorsqu’il n’y avait pas soixante membres présens, il introduisit un bill pour anéantir la constitution que Pitt, le gouvernement et la législature de ce pays avaient donnée aux Canadas ; la manière dont cette mesure fut introduite était une marque évidente qu’on voulait prendre les Canadiens par surprise, afin de les empêcher d’exprimer leur opinion sur la conduite du gouvernement. » Sir James Macintosh maintint qu’on ne pourrait conserver longtemps le Canada sans le gouverner avec justice. « Mes maximes en politique coloniale, dit cet homme d’état, sont simples et peu nombreuses. Protection pleine et efficace contre l’influence étrangère ; liberté complète aux colonies de conduire elles-mêmes leurs affaires locales ; obligation pour elles de payer les dépenses raisonnables de leur propre gou-