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HISTOIRE DU CANADA.

soutien de l’état, fussent exactement connues. Le revenu annuel n’atteignait pas le tiers des dépenses de l’administration civile, qui s’élevaient à £25,000, laissant ainsi un découvert de plus de £17,000 qui était comblé par le budget impérial.

Les recettes provenaient des droits sur les vins, les spiritueux, la mélasse, de la taxe sur les aubergistes et des amendes et confiscations. Dans le vrai l’on pourrait presque dire que la taxation était inconnue en Canada.

Le gouverneur, sans demander expressément un vote de subsides pour couvrir la totalité des dépenses, avait appelé l’attention de la chambre sur les moyens d’augmenter le revenu et de pourvoir par elle-même à tout le budget, ce qu’elle ne parut pas s’empresser de goûter pour le moment. Plus tard cependant lorsqu’elle voulut y revenir pour mieux contrôler l’administration, on lui fit un crime de son offre tant les intérêts et les passions peuvent mettre les hommes en contradiction avec eux-mêmes.

Tandis que l’on s’occupait ainsi avec assez d’unanimité de la question des finances, les idées révolutionnaires faisaient toujours des progrès et le gouvernement canadien ne paraissait pas plus rassuré que les autres malgré la tranquillité qui régnait dans le pays. Lord Dorchester qui se surprenait quelquefois avec ces craintes, saisit l’occasion de la fermeture des chambres pour recommander la soumission à l’ordre établi. « Je n’ai aucun doute, dit-il, aux membres, qu’en retournant dans vos foyers vous ne répandiez avec zèle, parmi les habitans, ces principes de justice, de patriotisme et de loyauté qui ont distingué vos travaux publics pendant le cours de cette longue session ; que vous ne fassiez tous vos efforts pour découvrir et amener devant les tribunaux les personnes mal-disposées qui, par leurs discours et leurs conversations inflammatoires, ou la diffusion d’écrits séditieux, chercheraient à séduire ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, et à troubler la paix et le bon ordre de la société, et que vous ne saisissiez toutes les occasions de persuader à vos compatriotes que les bienfaits dont ils jouissent sous une constitution vraiment libre et heureuse, ne peuvent être conservés que par une sincère obéissance aux lois. »

Le clergé catholique faisait tout en lui de son côté pour rassurer